Après l’annonce d’Akhannouch, le RNI face à son test de maturité

Le séisme est d’abord interne, mais ses répliques se feront sentir bien au-delà des rangs du Rassemblement national des indépendants. Dimanche 11 janvier, Aziz Akhannouch annonce qu’il ne briguera pas un nouveau mandat à la tête du parti, refermant ainsi dix années de leadership partisan… à quelques mois d’une échéance législative décisive.

Au-delà de l’effet de surprise, l’annonce ouvre une séquence lourde de questions : pourquoi maintenant ? Le départ de la présidence du parti est-il définitif ? quittera-t-il la politique ? Et surtout, quel profil peut succéder à un patron qui a cumulé, pendant une décennie, l’appareil partisan, la capacité de mobilisation et l’incarnation électorale du parti ?

Aziz Akhannouch clôt une séquence de dix ans au RNI

Sur le papier, l’argumentaire de Aziz Akhannouch est difficile à prendre en défaut, et sa sortie est cadrée et cohérente. Il explique qu’il s’agit d’une décision “personnelle”, “mûrement réfléchie”, et invoque un principe que nul ne peut lui contester : après deux mandats, “il faut arrêter », d’autant plus que les statuts limitent à deux mandats la présidence du parti.

Dans sa formulation, Akhannouch ferme la porte : pas de troisième mandat, pas de candidature législative, et une volonté affichée de passer le relais “maintenant”. Mais en politique, une porte fermée n’est jamais complètement scellée. Quoi qu’il en soit, le parti est désormais appelé à mener deux batailles simultanées : la succession et la campagne.

Vingt-quatre heures après l’annonce, les cadors du parti se murent dans le silence. Entre ceux qui donnent rendez-vous après la date d’annonces de candidatures et ceux qui s’abstiennent de commenter, la posture est compréhensible.

Mais la nature a horreur du vide. Et déjà la bourse aux rumeurs s’est enclenchée. Certains interrogent le timing de l’annonce, d’autres font des pronostics. Le gotha politico-économique n’a qu’un sujet : qui sera le futur patron du RNI et éventuel chef du gouvernement ?

Or, la succession du président sortant ne se résume pas à un nom. Elle pose une équation à trois dimensions : un candidat capable de mobiliser des fonds et de pérenniser l’appareil du parti ; d’incarner le parti et de mener les législatives ; et, enfin, un profil à même de diriger potentiellement le gouvernement du Mondial et de l’autonomie.

Cela oblige le RNI à penser, dès aujourd’hui, un leadership qui puisse être crédible dans l’hypothèse – revendiquée par le parti – d’une nouvelle victoire.

Des scénarios… et des noms qui circulent

À ce stade, aucune liste officielle ou officieuse n’est sur la place publique. Juste des noms qui se murmurent dans les cénacles politiques. Et ce timing en particulier est favorable aux ballons d’essai. On entend parler de Rachid Talbi Alami, du retour de Moulay Hafid Elalamy ou d’un potentiel recours à Moncef Belkhayat. D’autres se font l’écho du nom de Nadia Fettah comme piste permettant au Maroc d’avoir éventuellement sa première femme cheffe du gouvernement.

Derrière ces spéculations, les options du RNI restent limitées d’autant que le calendrier est serré. À cela s’ajoute la contrainte des statuts qui exigent, pour candidater, d’avoir accompli au moins un mandat au sein du Conseil national.

Le RNI peut soit miser sur l’un des actuels hommes forts du parti et proches collaborateurs de Aziz Akhannouch, rompu aux équilibres du Conseil national, capable de tenir l’organisation, d’éviter les fractures et d’assurer la continuité.

Ou faire appel à d’anciens cadres du parti pour reprendre le flambeau. Dans ce registre, le nom de Moulay Hafid Elalamy (MHE) est régulièrement cité. Durant ses deux mandats de ministre, MHE a laissé une bonne impression. Il dispose de la capacité de mobilisation et de l’aisance de communication. Seule ombre au tableau, sa casquette d’homme d’affaires et de patron de banque, puisqu’il est, depuis 2025, l’actionnaire de référence de Saham Bank. Dans le climat actuel, l’entrée (ou le retour) d’un grand patron à la tête d’un parti au pouvoir nourrirait mécaniquement le débat sur les conflits d’intérêts et les suspicions.

MHE, Mezouar ou Belkhayat… font-ils réellement partie de la réflexion actuelle ? Nul ne peut répondre avec assurance à cette question.

Le débat de fond : faut-il “maintenir” le lien avec le monde des affaires ?

La succession d’Akhannouch remet au centre une question que le RNI a longtemps assumée, parfois subie : son ADN de parti des notables et des réseaux économiques.

Et à ce niveau, en période de compétition, les ressources et la compétence managériale comptent. Le RNI a bâti une partie de son avance sur l’organisation, la capacité de déploiement et une communication structurée. Mais à mesure que la demande de transparence augmente, le cumul (réel ou supposé) entre pouvoir politique et puissance économique devient un fardeau.

Autrement dit : le parti doit arbitrer entre l’efficacité de son modèle et le coût symbolique de ce modèle, dans une société plus sensible aux signaux d’éthique publique.

En somme, en décidant de trancher maintenant son départ, Akhannouch force le parti à faire, en un mois, ce que d’autres étalent sur le temps : produire un chef, un récit et une équipe de campagne.

Le 7 février, au congrès d’El Jadida, une chose sera jugée avant même le nom du vainqueur : la solidité du RNI sans Akhannouch. Le parti était-il une machine bâtie autour d’un homme – ou un appareil devenu autonome, capable d’encaisser le départ de son architecte ?

La réponse, elle, pèsera sur toute la séquence 2026.

SGTM : bugs, fixing et forte correction le 26 décembre… retour sur une séance qui a enflammé la place

Que s’est-il passé le vendredi 26 décembre à la bourse de Casablanca ? Cette séance a été, et demeure encore, au cœur d’échanges passionnés dans le microcosme financier de la place casablancaise.

Au centre du débat se trouve la valeur SGTM, dont le cours a concentré un volume important et atteint des niveaux de prix élevés, avant un net repli lors de son premier jour de cotation effective après son IPO.

Entre incompréhension, informations faisant état de bugs et, par moments, accusations de manipulation, les interrogations se multiplient.

Y a-t-il eu « une manipulation présumée autour de la cotation de SGTM », comme le titre notre confrère de LeDesk ? S’agit-il plutôt « d’une journée record marquée par des perturbations sur certaines plateformes de bourse en ligne » ?

Les chiffres sont ce qu’ils sont, et les lectures peuvent diverger selon les informations disponibles. Or, en Bourse, compte tenu de la confidentialité des transactions et de la complexité des mécanismes, seuls les organes de régulation peuvent trancher sur l’existence ou non de mouvements douteux.

Dans le cadre de sa mission de protection de l’épargne investie en instruments financiers, l’AMMC doit veiller à l’intégrité du marché par la supervision, la surveillance et, le cas échéant, l’ouverture d’enquêtes.

À ce titre, il semble que l’AMMC ait été saisie par des petits porteurs, certains l’ayant indiqué anonymement sur des forums spécialisés. À ce stade toutefois, aucune communication officielle n’a été faite. Les agents de l’AMMC sont soumis à une obligation de réserve professionnelle, impliquant un devoir d’abstention de toute prise de position publique sur des dossiers potentiellement en cours d’examen (article 17 du règlement général de l’AMMC).

Dans tous les cas, seul un examen approfondi et rigoureux pourrait éventuellement donner le fin mot de l’histoire, car les manipulations de cours sont toujours difficiles à prouver.

Dans cet article, nous avons tenté de restituer les données fiables de cette séance, ainsi que les explications d’experts financiers de plusieurs horizons.

Voici ce que nous savons sur cette folle séance du vendredi 26 décembre.

Les données de la séance et sa physionomie.

La Bourse de Casablanca a terminé la séance du vendredi 26 décembre dans le rouge. Le MASI et le MASI 20 ont reculé respectivement de 2,45 % et 2,43 %.

Le volume global des échanges s’est établi à plus de 4,4 MMDH dont 3,6 MMDH sur le marché central. Sur ces 3,6 MMDH, la valeur SGTM a concentré un volume de 1,95 MMDH.

Cette séance a enregistré un record : 27.099 contrats ont été exécutés sur le marché central. Là encore, SGTM concentre près de 70 % de ces contrats, soit 18.951.

Après un après-midi intense, la valeur clôture avec la plus forte baisse. Elle plie ainsi après plusieurs séances consécutives terminées en situation de réservation à la hausse.

Différents témoignages d’investisseurs et de traders collectés par Médias24 font état « d’une séance animée », au cours de laquelle « certains bugs de système ont été observés ». Certains évoquent également « des ordres d’achat à des prix élevés, jugés incompréhensibles, qui ont ensuite été annulés ».  Cela suffit-il à conclure qu’il y a anguille sous roche ? À ce stade, il s’agit surtout de ressentis et de perceptions d’investisseurs concernés.

Que nous disent les données relatives à la séance ? Voici toute la data que nous avons pu collecter.

Nous avons examiné l’ensemble des transactions exécutées ce jour-là. La cotation de SGTM lors de la séance du 26 décembre débute à 13:53:45 par trois opérations au prix de 989 dirhams. Pour les deux premières, les quantités sont faibles : 25 actions chacune.

La troisième opération, elle, concerne 1,555 million d’actions au prix le plus élevé, soit une valeur de 1,54 MMDH.

La seconde suivante, soit à 13:53:46, le cours décroche. Toutes les transactions suivantes se feront à des prix inférieurs.

Selon les données de la bourse, cette ligne de 1,555 million d’actions regroupe l’ensemble des transactions exécutées au moment de l’ouverture de la valeur au fixing. Elle concerne 11.299 transactions.

Ci-dessous, un replay des transactions de la SGTM lors de cette séance, minute par minute, reconstitué par nos soins.

Quand on analyse la séquence des événements, quatre moments de marché se dégagent :

  1. L’ouverture au fixing, qui concentre l’essentiel du volume et des transactions de la séance au prix le plus élevé.
  2. Une phase de correction progressive, au cours de laquelle le titre passe successivement sous 950 dirhams, puis sous 900 dirhams, et enfin sous 875 dirhams.
  3. Une phase de stabilisation, durant laquelle le cours évolue dans une zone intermédiaire comprise entre 830 et 850 dirhams.
  4. En toute fin de séance, un nouvel épisode de tension apparaît, conduisant le titre vers son plus bas de la journée, autour de 810 DH.

L’essentiel du volume s’est concentré sur quatre niveaux de prix, comme le montre le graphique ci-dessous.

Les profils des vendeurs et des acheteurs

En somme, l’essentiel de la séance s’est joué lors de la première opération, qui concentrait 11.299 transactions et correspond à l’agrégation de l’ensemble des ordres en attente, exécutés au fixing. Il s’agit donc de plusieurs vendeurs et acheteurs, et non d’une transaction isolée.

Selon des statistiques préliminaires collectées par Médias24, la répartition des acheteurs est la suivante :

Concernant la vente des actions, la répartition est la suivante :

Lors de cette séance, on observe ainsi que les personnes physiques étaient majoritairement vendeuses, avec 23 % à la vente contre 4 % à l’achat.

Les investisseurs qualifiés, en revanche, apparaissent clairement acheteurs. Les personnes morales, quant à elles, étaient davantage présentes à la vente qu’à l’achat.

Des bugs chez les plateformes de trading ?

Voilà pour les données et les chiffres. Qu’en est-il des bugs dont le marché s’est fait l’écho ? Deux sources jugées fiables confirment qu’il y a effectivement eu des dysfonctionnements, liés au trafic record et au volume exceptionnel.

Ce trafic record résulte de la conjonction de la forte demande sur SGTM et du fait que le 26 décembre correspondait au dernier vendredi de l’année, une journée historiquement tendue sur les marchés, les OPCVM devant procéder à des ajustements de portefeuilles, tandis que les investisseurs revoient leur allocation stratégique.

« Comme il y a eu des volumes très importants, certaines plateformes de trading ont connu des incidents techniques ou des encombrements. C’est comme une autoroute dimensionnée pour absorber 100.000 véhicules par jour et qui se retrouve soudainement avec 200.000 ou 300.000 véhicules. Il y a forcément des embouteillages et des ralentissements, obligeant les utilisateurs à faire la queue. Certaines personnes n’ont donc pas pu passer leurs ordres », affirme notre premier expert.

Le second abonde dans le même sens et ajoute : « Les plateformes de bourse en ligne ont effectivement saturé. Mais il existe aussi un facteur de méconnaissance des mécanismes de marché. Certaines personnes physiques pensaient qu’au moment où le cours commencerait à baisser, elles pourraient réagir instantanément. Elles ont eu l’impression que, sans les dysfonctionnements techniques, elles auraient pu vendre, ce qui n’est pas nécessairement exact ».

Et de poursuivre : « Les sociétés de bourse gagneraient à investir davantage dans leurs infrastructures. Leurs systèmes ne semblent plus calibrés aux volumes et aux flux actuels de la Bourse de Casablanca ».

L’analogie utilisée par notre interlocuteur est imagée: « C’est comme si un joueur participait à un match, se retrouvait brusquement exclu sans comprendre pourquoi, puis recevait à la fin un message lui annonçant qu’il a perdu. Il serait forcément frustré, à la fois par la défaite et par le fait de ne pas avoir pu jouer ».

Une lecture prudente de la journée du 26 décembre

Toutes les lectures possibles de la journée du 26 décembre demeurent partielles, dans la mesure où nous ne disposons pas de l’ensemble des données nécessaires à une analyse exhaustive. Seules la Bourse de Casablanca et l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) disposent de cette capacité.

Sous réserve des données disponibles et des explications d’experts, les points saillants à retenir sont les suivants :

Comme le rappelle l’AMMC sur son portail, la réservation est une procédure consistant à interrompre la cotation d’un titre lorsque le cours d’exécution est susceptible de dépasser les seuils de variation autorisés (10 %).

Sur la base du cours de référence, généralement celui de la clôture de la veille, la Bourse fixe un seuil haut et un seuil bas à ne pas dépasser. Si le marché ne parvient pas à traiter à l’intérieur de ces seuils, la cotation est réservée et la Bourse peut alors modifier les seuils pour la séance suivante. Par le jeu de ces réservations, les conditions de prix peuvent fortement évoluer entre le jour où un ordre est introduit et celui où il est exécuté.

Pour les deux experts interrogés, l’opération SGTM a, en définitive, « généré des rendements conséquents pour les investisseurs », notamment les petits porteurs, qui ont eu l’opportunité de céder leurs titres à des niveaux élevés et de matérialiser des plus-values significatives.

Les investisseurs ayant cédé leurs titres lors du fixing d’ouverture du vendredi 26 décembre à 989 dirhams ont réalisé des plus-values brutes exceptionnelles, comprises entre +135 % et +160 %, selon leur prix d’introduction. Les personnes physiques ont ainsi multiplié leur investissement initial par 2,6 en quelques séances.

Même en cédant à 810 dirhams, les investisseurs issus de l’IPO dégagent un rendement compris entre +93 % et +113 %, selon leur prix d’entrée.

Ce mardi 30 décembre, l’action SGTM finit dans le vert avec +9,99% à 835 DH. Le rendement demeure donc élevé pour les souscripteurs de l’IPO, mais place en territoire négatif les investisseurs ayant acheté le vendredi 26 décembre.

Un de nos experts conclut que « les personnes physiques ont souvent du mal à appréhender les mouvements techniques, surtout lorsqu’ils génèrent des pertes. Or, le marché marocain a permis à de nombreux particuliers de réaliser des gains importants pour des raisons techniques, mais ils doivent aussi comprendre que l’inverse peut se produire. L’euphorie actuelle autour de la Bourse doit être encadrée par davantage d’éducation financière, un meilleur accompagnement des conseillers et une meilleure segmentation des investisseurs particuliers ».

Closing de l’entrée du fonds Capmezzanine dans le capital de L’Assiette Nordique

L’opération avait été notifiée au Conseil de la concurrence en novembre. Début décembre, le régulateur a donné son feu vert à la transaction.

À la suite de l’autorisation du Conseil de la concurrence, CDG Invest Growth et R3M SA ont procédé au closing du deal, ce mardi 9 décembre 2025, par lequel le fonds Capmezzanine V FPCC-RFA entre dans le capital de L’Assiette nordique.

L’Assiette Nordique SA est une entreprise marocaine spécialisée dans la transformation, l’entreposage, la distribution et la commercialisation de produits de la mer, filiale de R3M SA. 

L’opérateur a été accompagné par Al Tamimi & Company en association avec Omar Zizi en tant que conseil juridique. Le cabinet DLA a agi en tant que conseil de la CDG, et West Capital était la banque d’affaires.

https://medias24.com/2025/11/14/la-cdg-entre-au-capital-dassiette-nordique-via-le-fonds-capmezzanine-v/

Une circulaire détaille la nouvelle Offre Offshoring Maroc

La publication de cette circulaire marque l’opérationnalisation du contrat-programme Offshoring signé en septembre 2024, lors du lancement de la stratégie « Digital Morocco 2030 ». Ce contrat-programme vise la création de 130.000 emplois directs stables additionnels, dont 50.000 à horizon 2026, et un chiffre d’affaires de 40 milliards de dirhams (25 milliards en 2026).

Cette circulaire est très attendue par l’écosystème car elle permet de déployer les nouvelles incitations validées dans la stratégie digitale. Elle définit les conditions et les modalités d’octroi des avantages de l’Offre Offshoring Maroc.

Les dispositions de la circulaire entrent en viguer à compter du 1er juillet 2025, par effet rétroactif.

Cinq filières d’activités clairement définies

Dans sa première partie, la circulaire détaille le champ d’application de l’Offre Offshoring Maroc en définissant l’offshoring, en identifiant ses cinq grandes filières et en apportant une définition des Plateformes Industrielles Intégrées dédiées à l’Offshoring (P2I Offshoring).

L’Offshoring, au sens de la circulaire, est « la délocalisation de certaines activités ou process d’entreprises vers le Royaume du Maroc, eu égard à la disponibilité de ressources humaines qualifiées et aux coûts compétitifs ».

Les cinq filières concernées sont :

Les P2I Offshoring sont structurées comme :

Selon la circulaire, les demandes d’installation sont instruites en 5 jours ouvrables, ou 25 jours lorsqu’elles nécessitent l’avis du Comité Technique de l’Offshoring (CTO).

Un dispositif d’incitations revu, valable jusqu’en 2030

La circulaire décline un ensemble d’avantages pour les entreprises opérant dans le secteur.

Hors P2I : des incitations maintenues dans certaines conditions

Les entreprises opérant dans les activités de l’Offshoring en dehors des P2I Offshoring bénéficient des mesures incitatives prévues dans la présente circulaire, à savoir :

Outre les mesures incitatives citées ci-dessus, les entreprises opérant dans les activités de l’Offshoring et installées dans les régions non dotées de P2I Offshoring, bénéficient des mesures suivantes :

Une gouvernance articulée autour d’un COPIL et d’un CTO

L’Etat assure le pilotage, la mise en œuvre et le suivi-évaluation de l’Offre Offshoring Maroc à travers deux instances qui structurent le dispositif.

Il y a le Comité de Pilotage (COPIL), présidé par le Chef du gouvernement, chargé des orientations, des arbitrages et de la conformité des P2I ;

Et le Comité Technique de l’Offshoring (CTO), présidé par l’Autorité en charge de la Transition numérique, responsable de l’instruction des incitations, du suivi des P2I et des ajustements à proposer.

Le Comité de Pilotage, appuyé par le Comité Technique de l’Offshoring, se réserve le droit de procéder à l’évaluation des mesures incitatives de l’offre offshoring Maroc, et au vu des conclusions de cette évaluation, le Comité de Pilotage jugera de la pertinence de la reconduction ou non de ces mesures.

Ryad Mezzour : « Notre vraie bataille, c’est celle de l’emploi et du bon emploi »

Médias24 : Le label Made in Morocco est l’un des moments forts de cette journée. En quoi s’inscrit-il dans une logique de souveraineté et de compétitivité, et comment va-t-il se concrétiser pour un industriel « lambda » ?

Ryad Mezzour : Permettez-moi d’abord une digression. Nous sommes très fiers de démarrer cette journée avec la célébration de la résolution des Nations unies et du discours de Sa Majesté, qui s’inscrivent dans une trajectoire de développement global : diplomatique, économique, industriel, culturel et sportif.

Le Maroc récolte aujourd’hui les fruits de plusieurs décennies d’efforts. Il est important que les Marocains en prennent conscience. Certains se demandent pourquoi nous investissons dans tel ou tel domaine, sans toujours percevoir la logique d’ensemble. Ces avancées sont le résultat d’un travail de long terme : développement des infrastructures, ports, ouverture économique… Aujourd’hui, les jeunes Marocains sont capables de fabriquer des pièces aussi complexes qu’un moteur d’avion. Nous pouvons être fiers de ce parcours.

Les investissements productifs, même s’ils représentent une part modeste du budget par rapport à la santé ou à l’éducation, créent des richesses, des compétences et des emplois. La résolution onusienne fondée sur le plan d’autonomie du Royaume va également libérer des énergies nouvelles pour le développement industriel dans nos provinces du Sud. C’est un moment important qu’il faut célébrer..

– Pour poursuivre sur ce que vous disiez à l’instant, nous reviendrons sur le label un peu plus tard. Justement, vous avez appelé les industriels à s’engager davantage dans la dynamique des provinces du Sud. Or, selon le baromètre de l’industrie, 83% à 84% de l’activité reste concentrée à Casablanca, Rabat et Tanger. Votre message est-il entendu ? Ce message est-il audible auprès des industriels ?

– Non seulement le message est audible, mais il y a un travail qui est engagé. Un travail de fond est mené avec les opérateurs, élus et acteurs régionaux pour identifier les potentialités de chaque région et renforcer leur attractivité.

Sur le plan des infrastructures, deux grands ports sont en construction : Nador West Med, qui ouvrira dès l’an prochain, et Dakhla Atlantique, prévu dans trois ans. Ces infrastructures ouvriront de nouvelles portes sur le monde, pour les provinces du Sud mais aussi pour l’Afrique et le Sahel.

Nous mettons également en place un soutien différencié à l’investissement selon les régions et leur niveau d’industrialisation. Nous orientons mieux les investisseurs grâce à des comparaisons sur la logistique, le coût de la vie, la main-d’œuvre, le turnover

Les provinces du Sud deviennent de plus en plus attractives. Le programme de développement lancé il y a dix ans par Sa Majesté leur a permis d’acquérir des infrastructures de classe mondiale : routes, ports modernisés, zones industrielles.

Elles attirent désormais des projets dans les énergies renouvelables et l’industrie lourde, notamment autour de l’hydrogène vert (Dakhla, Boujdour, Tarfaya, Tata). Le Maroc est en train de « crever le plafond de verre » dans plusieurs domaines et s’affirme comme un acteur régional, voire mondial.

– Revenons au label Made in Morocco. Alors en quoi consiste-t-il concrètement et, surtout, ce label est-il avant tout pensé pour renforcer la confiance des consommateurs marocains envers le produit fabriqué localement ou est-il destiné à conquérir d’autres marchés ?

– Les deux, mon général. Quand on dit à nos acheteurs – publics ou privés – d’acheter marocain, ils demandent souvent : « Qu’est-ce qu’un produit marocain » ?

Donc, il y avait un besoin important de définir le Made in Morocco, notamment pour les achats nationaux, et pour que n’importe qui ne puisse pas venir se réclamer du fabriqué au Maroc alors que la production se fait ailleurs. Il fallait donc une définition claire. Le label, géré par l’Institut marocain de normalisation (IMANOR), répond à ce besoin. Il repose sur trois critères :

  1. Un contenu local minimal de 40%, ou une transformation significative (intellectuelle, technologique ou industrielle).

  2. Le respect de normes de qualité, vérifiées par audit de l’outil de production et du produit.

  3. Une certification mesurable et renouvelable : un an pour la première fois, puis tous les trois ans.

Ce label permettra d’éviter les abus et garantira que le Made in Morocco soit un véritable gage d’origine et de qualité.

– On va faire un petit topo général de l’état des lieux des des filières industrielles au Maroc. Dans son dernier discours du Trône, le Souverain avait déclaré, je cite : « Il n’y a de place ni aujourd’hui ni demain pour un Maroc avançant à deux vitesses ». Je me suis permis de transposer cette citation, qui fait sens dans plusieurs domaines d’ailleurs, au secteur industriel. D’un côté, nous avons des filières qui performent, l’automobile, l’aéronautique, les nouveaux métiers mondiaux. De l’autre, nous avons d’autres filières avec des PME industrielles qui, à les écouter, souffrent toujours des mêmes problématiques, les délais de paiement, l’accès au financement… Est-ce que cette fracture, vous la constatez vous aussi ? C’est une réalité ? Votre rôle, c’est justement d’essayer de réduire au maximum cette fracture-là… 

– Alors, la même fracture sociale qu’il peut y avoir au niveau des individus existe aussi au niveau des entreprises. Il ne faut pas se tromper. Nous avons un tissu de PME qui souffre, pas forcément de la faute du climat des affaires seulement.

Il souffre aussi à cause de choix parfois difficiles, car l’entreprise est avant tout une aventure, une prise de risque, et il souffre également des transformations technologiques qui se produisent de plus en plus rapidement. Il souffre aussi parce que la mondialisation nous a permis de gagner des investisseurs qui sont dans la compétition mondiale, et certaines PME ont peiné à s’adapter à la compétition mondiale.

Concernant les délais de paiement, plusieurs révisions légales ont été faites. Les premiers rapports montrent une amélioration. Le secteur public a joué le jeu, et le privé commence à suivre.

D’ailleurs, cela se ressent également dans les octrois de crédit, car il y a un peu de cash qui commence à entrer dans les entreprises. C’est pas encore suffisant, mais ça s’améliore.

Au niveau de l’investissement, effectivement, on a des problématiques par rapport au financement entre le haut et le bas du bilan. Souvent, les PME sont sous-capitalisées, y compris certaines PMI qui, de ce fait, peinent à obtenir du crédit. Il y a toujours un rapport entre les capitaux propres et l’endettement qu’il faut régler, d’où les compartiments pour soutenir les investissements viables et soutenables par rapport à ces PMI au niveau du Fonds Mohammed VI pour l’investissement ; d’où la banque de projets pour essayer de les orienter vers des business plus rentables, plus soutenables, etc.

Puis, après, il y avait le problème de l’accès à l’innovation, à la technologie. Il y avait un besoin de modernisation, de transférer et d’acquérir de nouvelles technologies, de développer de nouveaux produits tout simplement. On a mis un fonds de soutien à l’innovation qui a accompagné 187 entreprises dans les deux dernières années, mais qui n’est pas complètement utilisé.  Nous essayons d’inciter et d’encourager les industriels à s’en saisir davantage.

C’est vrai qu’il y a des difficultés à adapter certaines formations à leurs besoins, mais il y a parfois un manque d’implication. Donc, un travail est en train d’être fait pour essayer de combler chaque compartiment de manque.

Cela dit, des entreprises marocaines commencent à devenir de belles success stories au niveau industriel. On le voit dans l’agroalimentaire, on le voit dans les produits de beauté, les produits de nettoyage… On commence à le voir dans l’automobile, que ce soit en fournisseur ou en constructeur.

On commence à le voir aussi dans l’aéronautique avec des fournisseurs directs, à capitaux marocains, de rang 1 des principaux constructeurs aéronautiques.  On le voit bien évidemment dans le textile qui a réussi à tirer son épingle du jeu…

Mais le vrai enjeu, la vraie bataille que j’ai maintenant, ce n’est pas la bataille du financement, pour être tout à fait honnête, la vraie bataille que nous avons maintenant, c’est la bataille de l’emploi et du bon emploi.  C’est une bataille, on va dire générationnelle.

C’est quelque chose qui se prépare depuis vingt ans. On savait qu’on allait avoir le gros du passage dividende démographique durant ces dix ans.

Il y a eu un développement économique exceptionnel, mais aujourd’hui, il y a aussi des aspirations qui ont changé. Il y a des secteurs où des emplois ne sont pas pourvus parce que les aspirations et la formation des jeunes sont supérieures.

– Lesquels par exemple ?

– Par exemple, dans l’agriculture, on n’arrive plus à trouver des gens qui travaillent. Dans le bâtiment aussi, il y a de plus en plus de tension sur le marché du travail. Sur certains secteurs industriels, notamment le textile et certains secteurs du câblage, des tensions se font sentir. Les jeunes aspirent à de meilleures conditions.

Donc la bataille n’est pas seulement quantitative en termes d’emploi, elle est aussi qualitative. Ainsi ma vraie bataille, c’est de continuer à développer et à attirer l’investissement innovant, même si son contenu en emploi par rapport à ce qui est investi est plus faible, pour accélérer cette croissance de notre pays, et crever le plafond de verre de manière importante, passer à une autre étape et à une autre échelle en termes de volume d’investissement pour être en mesure non seulement de l’accueillir, mais de le faire au bon niveau.

– Même dans la stratégie de l’emploi industriel, vous avez une approche, disons, sectorielle en fonction des besoins ?

– On a une approche régionale, sectorielle et écosystémique. Cela veut dire qu’on travaille bien évidemment à l’échelle régionale pour valoriser les potentialités, et également au niveau sectoriel pour croiser avec les régions et pouvoir atteindre les marchés internationaux dans des flèches de compétitivité et de chaînes de valeur.

Et puis après, on travaille sur la montée en gamme pour pouvoir au niveau écosystémique faire monter en gamme les chaînes de valeur et les approfondir et travailler sur la complexité.

– Pourquoi, malgré tout cela, le secteur industriel n’arrive-t-il pas à créer suffisamment de postes d’emploi ?

– C’est un secteur qui est dynamique, qui crée pas mal d’emplois. D’ailleurs c’est l’un des rares secteurs qui crée beaucoup d’emplois dans notre pays encore. Le reproche qu’on lui fait, c’est qu’il doit créer tous les emplois que les autres ont perdu. C’est assez incroyable. Nous avons trois vecteurs qui font qu’il est injustement traité de faible créateur.

Premièrement, parce que quand on mesure l’emploi dans le secteur industriel, on mesure l’emploi sur les chaînes de production. Et dans les chaînes de production, elles sont de plus en plus automatisées parce qu’on ramène de plus en plus de technologie. L’emploi créé dans un investissement industriel est aujourd’hui à plus de 70-75% non lié aux chaînes de production. C’est de l’emploi supply chain, c’est de l’emploi qualité, c’est de l’emploi recherche et développement, c’est de l’emploi ingénierie, etc. Tout cet emploi est considéré comme service, y compris si c’est dans une usine.

Donc quand on sort les statistiques, on dit que le secteur ne crée pas grand-chose. Quand je vais vérifier à la CNSS combien les entreprises industrielles ont créé d’emplois, j’ai un autre chiffre.

Le deuxième point, c’est qu’aujourd’hui, on ne tient pas compte de l’impact de l’outsourcing que crée cet emploi industriel. Quand on installe une usine dans une ville ou un village, tout le monde sait comment cette usine peut transformer les alentours. Quand cette usine disparaît, les conséquences sont significatives.

Je vous donne l’exemple célèbre de la Samir. La Samir s’effondre, 300 entreprises s’effondrent derrière dans le tissu environnant, une ville est en difficulté, c’est Mohammédia.

Donc on ne se rend pas compte de l’impact que peut avoir une usine sur d’autres usines, mais aussi sur d’autres services qui sont là pour travailler avec elle.

Et puis après, bien évidemment, il y a le troisième facteur qui est le facteur d’automatisation et de montée en gamme. Nous sommes en train de faire cette montée en gamme et d’élargir, mais l’élargissement ne va pas aussi vite qu’on le souhaite.

– Dernière question, la nouvelle stratégie industrielle que vous avez annoncée il y a quelques mois de cela, où en êtes-vous concrètement ?

– C’est un moment extrêmement important parce qu’on est dans un monde qui est en train d’être complètement bouleversé, et on est en pleine guerre commerciale.

On doit redéfinir de manière agile, au quotidien, notre positionnement. Pour faire simple, on travaille avec des objectifs qu’on s’est fixés, mais on les réajuste en permanence pour pouvoir être suffisamment agiles pour accompagner ce monde changeant.

Et donc, tant que le monde ne s’est pas encore complètement stabilisé, on ne peut pas dire qu’on va viser tant sur le marché européen, tant sur le marché africain…

Nous sommes dans un ajustement permanent pour nous fixer notre propre doctrine qui sera plus soutenable, malgré les changements. Donc, il a fallu faire un reassessment qu’on est en train de finaliser, et j’espère qu’on pourra vous la présenter bientôt.

Chakib Alj : “Simplifier, former, verdir : les trois urgences de l’industrie marocaine”

Médias24. L’un des moments forts de cette journée est le dévoilement du label Made in Morocco. En quoi ce label est-il important pour les industriels marocains et qu’est-ce qu’il va concrètement changer pour eux, sur le marché local comme à l’export ?

Chakib Alj : ce label est né pendant la période du Covid, lorsqu’on a ressenti le besoin de promouvoir les produits marocains fabriqués par des Marocains. L’idée a germé au sein de Maroc Industrie, dont l’un des premiers objectifs était justement de créer ce label Made in Morocco.

Comme l’a rappelé le ministre, au Japon, Made in Japan signifiait au départ « produit abordable », avant de devenir synonyme de qualité. Au Maroc, les industriels n’osaient pas afficher fièrement Made in Morocco, considérant que leurs produits étaient perçus comme moins qualitatifs.

Aujourd’hui, la tendance s’inverse : les industriels sont fiers d’afficher le drapeau marocain sur leurs packagings. Le label Made in Morocco va officialiser cette dynamique, créer un lien entre le consommateur et le producteur, et devenir un symbole de qualité, de patriotisme et d’excellence. Mais attention : ce label devra se mériter, il reposera sur des critères stricts de valeur ajoutée et de qualité.

-Ce label sera-t-il plus utile sur le marché local ou pour les PME exportatrices ?

– Pour les deux. Ce sera un véritable game changer. Sur le marché local, il garantira un produit de qualité à prix abordable. À l’international, il permettra de positionner le produit marocain comme synonyme de fiabilité et de compétitivité. Le label Maroc gagne déjà en reconnaissance à l’étranger.

-Selon le ministère de tutelle, 40 % des entreprises industrielles sont des PME. Quelles sont leurs principales préoccupations ?

– Leur première préoccupation, c’est l’administration. Les démarches sont encore trop lourdes et chronophages. Il faut simplifier, digitaliser et clarifier les procédures. Un entrepreneur devrait consacrer son énergie à son projet, pas à l’obtention d’autorisations.

Le deuxième grand défi, c’est la formation professionnelle. Si certains secteurs comme l’automobile, l’aéronautique ou le textile ont réussi, c’est souvent grâce à des programmes internes. La formation initiale reste déconnectée des besoins réels des entreprises. Il faut revoir cela de manière urgente.

-Cela fait des années qu’on parle de l’inadéquation entre formation et besoins du marché. Quels leviers concrets peuvent réduire ce fossé ?

– Les Instituts de formation déléguée (IFD) sont un excellent levier. Ce sont les professionnels eux-mêmes qui forment selon leurs besoins. C’est le modèle le plus efficace et le plus rapide. Mais il faut aller plus loin : la jeunesse doit bénéficier de formations adaptées à la réalité économique.

-Au-delà de la formation et des démarches, quels autres défis majeurs identifiez-vous ?

– L’énergie. Le Maroc paie encore cher son kilowattheure industriel. Cependant, grâce aux énergies renouvelables – solaire et éolienne – nous avons un avantage compétitif unique. Il faut en faire bénéficier l’industrie pour réduire les coûts et verdir notre production.

C’est essentiel, notamment face à la taxe carbone européenne. Plus de 65 % de nos exportations vont vers l’Europe, il faut s’y préparer dès maintenant.

-Aujourd’hui, 74 % de la consommation énergétique industrielle proviennent encore des énergies fossiles. Comment accélérer la transition ?

– En investissant massivement dans les renouvelables. C’est beaucoup moins coûteux à produire et à utiliser, surtout pour les industriels. Les obstacles techniques existent, mais la voie est claire: aller vite vers une énergie propre et compétitive.

-Un mot sur l’industrie 4.0. Quelles sont les filières prioritaires et les technologies à intégrer ?

– Le développement technologique va très vite, et même l’Europe peine à suivre la Chine. Les industriels marocains en sont conscients. Certains, notamment dans la pharmacie, ont déjà basculé vers des modèles 4.0. Les nouveaux projets d’investissement s’inscrivent dans cette logique. L’enjeu est d’amener les entreprises existantes à s’adapter et à intégrer progressivement l’intelligence artificielle, la robotisation et la digitalisation.

-Enfin, quel message adresseriez-vous aux jeunes industriels marocains qui souhaitent se lancer ?

– Il ne faut pas craindre l’erreur : on apprend par les erreurs. Il faut persévérer, croire en son projet et suivre la voie la plus logique. L’industrie marocaine est en pleine expansion.

Mais certains freins demeurent, notamment le Code du travail. Il n’est pas équilibré : il protège davantage les salariés que les employeurs, ce qui décourage le recrutement direct et pousse au recours à l’intérim. Il faut un code plus équilibré, élaboré de manière responsable par les syndicats et le patronat.

-Donc selon vous, ce déséquilibre du Code du travail freine l’emploi industriel ?

– Oui. Recruter coûte cher et fait peur à de nombreux entrepreneurs. Ils préfèrent payer plus pour des intérimaires, par sécurité. Il faut revoir le Code du travail pour encourager l’embauche stable et pérenniser l’investissement industriel.

Aziz Akhannouch : « Nous plaçons notre pari sur le secteur industriel pour qu’il soit au cœur de la bataille de l’emploi »

« Sa Majesté le Roi a toujours dirigé et orienté un ensemble de stratégies industrielles, accompagnées d’infrastructures avancées, à l’instar du port Tanger Med, de plus de 1.800 km d’autoroutes, ainsi que de la création d’environ 157 zones industrielles et de la mobilisation de plus de 14.000 hectares de foncier industriel. De plus, Sa Majesté a récemment inauguré le complexe industriel des moteurs d’avions, le chantier naval de Casablanca, et lancé les travaux d’extension de la ligne à grande vitesse entre Casablanca et Marrakech, avec le développement des services de transport régional, urbain et aérien », a rappelé le chef du gouvernement à l’ouverture de la 3ᵉ Journée de l’industrie.

« Le gouvernement, sous les Orientations royales, a poursuivi une série de réformes profondes visant à améliorer le climat des affaires, à développer et encourager l’investissement, et à soutenir les entreprises à tous les niveaux ».

« Dans ce cadre, le gouvernement a veillé à la mise en œuvre du nouveau Pacte de l’investissement, notamment à travers le déploiement de divers régimes de soutien, en particulier le système d’appui destiné aux très petites, petites et moyennes entreprises.

« Il a également œuvré à la mise en œuvre des réformes incluses dans la feuille de route d’amélioration du climat des affaires 2023-2026, afin d’améliorer les conditions structurelles de l’investissement et de l’entrepreneuriat, de soutenir la compétitivité nationale et de développer un environnement propice à l’entrepreneuriat et à l’innovation.

« Parmi les principales réformes structurelles réalisées à cet égard figurent la réduction des délais de paiement, ayant contribué à renforcer la liquidité des entreprises et à réduire leurs dettes de manière significative, ainsi que la réforme et l’amélioration du système des marchés publics, considéré comme un levier fondamental pour le développement du secteur industriel et un stimulant pour l’émergence de filières industrielles prometteuses.

« Le gouvernement a également entamé une réforme fiscale structurelle et ambitieuse au niveau des impôts.

« Parallèlement à cette réforme structurelle, des mesures concrètes ont été prises pour accroître la liquidité des entreprises, en veillant à son injection directe dans le tissu productif et en soutenant leur capacité d’investissement, sans oublier l’effort important du gouvernement concernant le remboursement de la TVA aux entreprises, qui a dépassé 30 milliards de dirhams au cours des deux dernières années, afin de préserver leur activité et leur fournir la liquidité nécessaire pour résister aux crises et maintenir la stabilité des contrats de travail.

« Dans le cadre de la protection du tissu économique et productif contre les fluctuations des prix de l’énergie qu’a connues le monde en 2022, notre pays a choisi de maintenir la stabilité des prix de l’électricité destinée aux entreprises industrielles. Alors que de nombreux pays ont répercuté les hausses mondiales sur la facture des consommateurs et des entreprises, l’État et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable ont pris en charge la totalité de ces augmentations, afin de protéger la compétitivité de nos entreprises nationales.

« Ce choix a été mis en œuvre à travers la prise en charge par l’ONEE de 41 milliards de dirhams durant la période 2022-2024, dont 17 milliards ont été versés par le gouvernement. En outre, la révision de la TVA a permis de réduire le tarif industriel d’environ 5% par rapport à 2022.

« Une circulaire a également été publiée afin d’atténuer les effets de la hausse des prix et de la rareté des matières premières sur les obligations contractuelles des entreprises dans le cadre des marchés publics, après la crise du Covid, garantissant ainsi la continuité de leur activité et leur compétitivité, et l’achèvement des projets contractuels, par la mise en place de mesures conjoncturelles exceptionnelles.

« Aujourd’hui, nous pouvons être fiers de la dynamique positive que connaît le secteur industriel grâce aux Hautes Orientations royales. La valeur ajoutée des activités non agricoles a enregistré une évolution notable, avec une hausse de 4,5 % en 2024 contre 3,7% en 2023, ce qui s’est particulièrement reflété sur la performance du secteur industriel, dont la valeur ajoutée des industries manufacturières a progressé de 3,3% en 2024 contre 3,1% en 2023.

« Quant aux revenus des investissements directs étrangers, la part destinée au secteur industriel s’est stabilisée, au cours des trois dernières années, à plus de 35% du total de ces revenus.

« Les exportations industrielles ont, quant à elles, augmenté d’environ 64% depuis 2019, passant de 243 milliards de dirhams à plus de 398 milliards de dirhams en 2024, profitant de la hausse des exportations du secteur automobile et aéronautique, du phosphate et de ses dérivés, ainsi que de l’industrie agroalimentaire.

« Les produits manufacturés ont continué, durant la même année, à renforcer leur présence dans la structure des exportations nationales, représentant environ 87% du total des exportations du Royaume.

« Cette dynamique a été accompagnée par la création de 46.000 emplois nets dans le secteur industriel en 2024, contre 7.000 l’année précédente, portant le total des employés du secteur à plus de 985.000, soit près du double de ce qu’il était il y a dix ans.

« Cette dynamique positive apparaît à travers plusieurs indicateurs enregistrés par l’économie nationale, notamment un taux de croissance de 3,8% l’année dernière, qui devrait atteindre 4,8% d’ici la fin de cette année, ainsi qu’un contrôle de l’inflation à 0,9% à fin septembre dernier, et du déficit budgétaire à 3,5% d’ici la fin de l’année, puis 3% fin 2026, en plus de la réduction du taux d’endettement à 67,4% du PIB à fin 2024.

« L’engagement constant du Royaume à maintenir les équilibres économiques et budgétaires s’est également renforcé avec le rétablissement de sa notation dans la catégorie « Investment Grade » par l’agence américaine Standard & Poor’s, après que le Royaume a réussi, en février 2023, à sortir de la « liste grise » à l’unanimité des membres du Groupe d’action financière (GAFI)… Ce qui traduit la confiance renouvelée des partenaires et investisseurs internationaux dans la solidité de nos fondements économiques.

« Grâce aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, l’industrie nationale inaugure une nouvelle ère qui fait du concept de souveraineté à la fois un objectif et un moyen.

« Ainsi, notre industrie nationale a connu ces dernières années un essor croissant, incarné par la dynamique de la marque « Made in Morocco », devenue un levier essentiel pour consolider la position de notre pays en tant que destination industrielle compétitive aux niveaux régional et international.

« Au cours de ces années, le secteur industriel national a réalisé des progrès notables, notamment dans les filières à forte valeur ajoutée telles que les industries automobile et aéronautique. Le secteur automobile est devenu le premier secteur exportateur, représentant près de 40% des exportations industrielles nationales, et le premier employeur, avec environ 25% de l’ensemble des emplois industriels.

« Le Maroc est devenu le premier producteur de voitures particulières en Afrique et le premier exportateur de voitures à moteur thermique vers l’Union européenne, en plus d’être le plus grand contributeur à la valeur ajoutée et au volume de production dans le Royaume.

« Parallèlement à cette évolution, notre pays œuvre à consolider sa position dans le domaine de la mobilité propre, en développant une chaîne de valeur intégrée allant de la fourniture des matières premières à l’assemblage des batteries, et en lançant des projets pionniers qui reflètent la confiance des partenaires internationaux dans la plateforme industrielle nationale.

« Le secteur aéronautique a poursuivi ses performances remarquables en matière d’exportations ; il compte aujourd’hui plus de 150 acteurs industriels et a enregistré une croissance de plus de 61% en 2024 par rapport à 2021.

« Cette trajectoire positive s’est renforcée avec le lancement de projets industriels structurants, parmi lesquels le complexe industriel des moteurs d’avions à Casablanca, inauguré par Sa Majesté le 13 octobre dernier.

« D’autre part, dans le domaine de l’industrie pharmaceutique, ce secteur a vu la création d’une unité industrielle avancée de fabrication de vaccins, dont ceux contre le Covid, ainsi qu’un accord de partenariat qui sera signé aujourd’hui pour développer la production de matières premières pharmaceutiques au Maroc, renforçant ainsi la souveraineté sanitaire de notre pays et consolidant sa position en tant que centre régional de production pharmaceutique.

« Ces résultats reflètent la dynamique continue de l’industrie nationale et renforcent la position du Maroc comme acteur majeur des chaînes industrielles et technologiques mondiales, ce que confirme le classement du Maroc en 2025 à la 12ᵉ place mondiale dans le domaine de la production industrielle à contenu technologique moyen et élevé, selon l’Indice mondial de l’innovation publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle – le meilleur classement obtenu par le Maroc au cours des cinq dernières années.

« Nous mesurons l’ampleur des défis auxquels fait face l’industrie nationale dans un monde marqué par des perturbations successives. Conscients de l’importance de préserver la dynamique du secteur, le gouvernement a lancé un ensemble d’initiatives visant à renforcer la souveraineté industrielle et à améliorer la compétitivité de la marque « Made in Morocco ».

« Le gouvernement a également poursuivi le déploiement du programme « Banque de projets industriels », qui a suscité un large engouement auprès des porteurs de projets à capital marocain, avec plus de 1.900 projets.

« En partenariat avec la Confédération générale des entreprises du Maroc, un programme de recherche et d’innovation industrielle a été mis en place pour accompagner les entreprises de la phase de recherche scientifique jusqu’à la production. Depuis son lancement en 2023, ce programme a financé 160 projets innovants pour un investissement total d’environ 852 millions de dirhams.

« Notre pays mise également sur la transition énergétique pour relever le défi d’une production décarbonée et renforcer la compétitivité industrielle, en favorisant l’accès de ce secteur aux énergies propres, notamment l’hydrogène vert, à travers « l’Offre Maroc » qui a attiré l’attention des grands acteurs mondiaux du domaine, et sur laquelle le Maroc, sous la conduite de Sa Majesté le Roi, fonde de grands espoirs pour être l’un des leviers majeurs de la transition énergétique et de la croissance durable du Royaume.

« Aujourd’hui, nous avons signé une convention tripartite entre le gouvernement, Masen, l’ONEE et l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGEPE), permettant de fournir de l’électricité verte à l’industrie marocaine. Cette convention comprend l’accélération de la mise à disposition de plus de 5 gigawatts supplémentaires avant 2030.

« Conscients de l’importance de l’emploi dans le soutien à la transformation économique de notre pays, le gouvernement a lancé une feuille de route pour l’emploi, dans laquelle le secteur industriel joue un rôle stratégique, à travers le lancement de programmes sectoriels intégrés offrant un soutien technique global, particulièrement aux très petites, petites et moyennes entreprises, notamment dans les domaines du soutien à l’exportation et de la transition vers une production bas carbone. À cela s’ajoutent des mesures supplémentaires, comme le système de formation par apprentissage professionnel, qui a permis la création de plus de 100 000 emplois.

« Aujourd’hui, nous plaçons notre pari sur le secteur industriel pour qu’il soit au cœur de la bataille de l’emploi. Dans ce cadre, nous avons le plaisir de superviser aujourd’hui la signature de plusieurs conventions visant à renforcer le tissu économique national, en tant que moteur principal de la croissance et de l’emploi.

« Les travaux de cette édition constituent une occasion propice pour les participants d’échanger leurs visions et leurs idées sur les moyens de développer le secteur industriel et de relever les défis actuels et futurs, afin de permettre à notre pays de renforcer sa position parmi les économies émergentes et d’asseoir celle du Maroc comme destination industrielle prometteuse, jouissant d’un fort attrait auprès des investisseurs nationaux et internationaux ».

Le ministère de l’Industrie lance un nouveau label « Made in Morocco »

« C’était compliqué, on a fait des choix. On a voulu lui donner sa force et sa puissance, parce qu’un label Made in Morocco doit d’abord être un gage de valeur ajoutée », explique le ministre. « On a choisi de mettre dedans un contenu marocain d’au moins 40% ou une transformation substantielle ».

« Il fallait aussi lui donner un label d’excellence. Tout le monde ne peut pas prétendre au label car il y a 40 % de contenu local. Donc il y a tout un système d’évaluation qui va être mis en place. C’est une norme claire qui sera mise en place par IMANOR », poursuit le ministre.

Pour Mezzour, l’idée de ce label est très simple, c’est rendre le Made in Morocco un gage de qualité avant d’être un gage de fierté pour tous, tout en permettant aux acheteurs d’identifier les produits réellement fabriqués au Maroc.

Ce label est une démarche volontaire ouverte aux producteurs installés au Maroc, indique le ministère de l’Industrie et du Commerce. L’objectif de ce label est d’attester que le produit est d’origine marocaine et qu’il est conforme aux normes de qualité et de sécurité, ainsi qu’aux exigences réglementaires auxquelles il est assujetti.

Le concept de labellisation est fondé sur l’origine, la conformité, la traçabilité et les preuves factuelles. Il a pour objectif de contribuer à la valorisation des ressources locales et de mettre en avant le savoir-faire marocain, souligne le ministère.

« Le label est destiné à contribuer à la promotion de la consommation des produits marocains sur les marchés national et international, à inverser la perception du consommateur marocain sur les produits fabriqués localement et à renforcer la fierté d’appartenance ».

En ce qui concerne les critères de labellisation, le ministère précise que pour bénéficier du Label, le producteur doit satisfaire aux critères suivants :

Le processus de labellisation, quant à lui, se présente comme suit :

Cash Plus dans les starting-blocs de l’IPO

Depuis quelques semaines, des informations insistantes circulent sur un projet d’introduction en bourse de Cash Plus.

À ce stade, il n’y a aucune information officielle à ce sujet. Selon nos informations, de sources du marché, le projet est en cours et l’opérateur prépare bien son dossier en vue d’une IPO avant la fin de l’année.

Le dossier est en traitement au niveau de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). La décision est attendue dans les prochains jours.

Une fintech marocaine qui vise les services du quotidien des citoyens

Dans un ancien échange avec le PDG de l’opérateur en décembre 2024, nous lui avions demandé si une IPO était en vue. Sa réponse fut : « Si nous avons besoin de plus de fonds pour soutenir notre croissance, une IPO pourrait être envisagée. (…) L’IPO serait une option, mais pas une finalité. Tout dépendra du contexte et des opportunités ».

Il semble que les conditions de l’opportunité et du soutien de la croissance soient réunies pour cet opérateur qui se définit comme « une entreprise technologique qui facilite la vie à ses clients ».

L’opérateur, qui a démarré dans le transfert d’argent avec 8.000 agences, activité qu’il continue d’exercer, se voit aujourd’hui comme une Fintech marocaine et se donne les moyens de cette vision. Cashplus affiche un chiffre d’affaires qui dépasse 1,2 MMDH.

Comme Nabil Ammar nous l’avait expliqué dans un grand entretien en deux parties, les services de Cash Plus ne se limitent pas seulement aux services financiers. « Chez Cash Plus, vous pouvez non seulement effectuer des transferts d’argent, mais aussi déposer un dossier maladie, envoyer un colis, et bientôt faire encore plus de choses. Notre objectif est de rapprocher les services du quotidien des citoyens, afin de les accompagner dans tous les aspects de leur vie quotidienne ».

Une ambition de 2,4 MMDH de chiffre d’affaires en 2027

Plus récemment, il a noué un partenariat stratégique avec PayPal pour permettre aux utilisateurs marocains de ce dernier de retirer leurs fonds directement en dirhams via l’application Cash Plus. Une première au Maroc.

À en croire l’ambition de l’opérateur, ces chiffres seront dépassés en 2027. Cash Plus compte atteindre les 10.000 agences et porter son chiffre d’affaires à plus de 2,4 MMDH à l’horizon 2027. 

Ainsi, l’introduction en bourse apparaît comme une voie naturelle pour Cash Plus, une entreprise initialement familiale qui s’est structurée et agrandie grâce au soutien des fonds d’investissement qui ont rejoint son capital.

Pour en savoir plus sur la stratégie de Cash Plus : 

https://medias24.com/2024/12/16/cash-plus-lambition-dune-fintech-marocaine-a-lassaut-des-2-milliards-de-dirhams-1-2/

https://medias24.com/2024/12/17/cash-plus-notre-vision-est-de-devenir-une-super-app-nabil-amar-2-2/

Médecins publics travaillant dans le privé : “l’étau va se resserrer”, avertit Akhannouch

« Nous avons des médecins et un personnel de santé de haut niveau, à qui il faut donner tous les moyens pour travailler. Mais il y a aussi, malheureusement, des personnes qui ne font pas leur travail. À leur égard, les décisions nécessaires devront être prises« , a déclaré Aziz Akhannouch, en s’adressant au ministre de la Santé, Amine Tahraoui. Cette scène a eu lieu à Marrakech lors de la cinquième étape de la tournée de communication “Massar Al-Injazat” qui s’est tenue à Marrakech, ce 20 septembre 2025. Cette étape a réuni le bureau politique, des ministres RNI et quelques milliers d’adhérents et de sympathisants.

Akhannouch ajoute: « Aucun médecin ne doit oublier qu’il a prêté serment. S’il a une mission à accomplir dans un hôpital, il doit prendre en charge les patients. Quant à certains partenaires qui ne respectent pas la loi et détournent les médecins de leur mission dans le public pour les employer ailleurs, nous ne laisserons pas faire. Qu’ils cherchent d’autres médecins, car l’étau va se resserrer. Le ministre de la Santé a reçu des instructions pour que les choses rentrent dans l’ordre dans les plus brefs délais« .

Le chef de l’exécutif s’est également prononcé sur le secteur de la santé plus globalement. Selon lui, ce gouvernement a ramené une grande réforme, mobilisé des moyens plus importants et mis en place de nouvelles lois.

« Nous avons construit et nous construisons des CHU. Ceux qui ne sont pas encore achevés le seront entre la fin de cette année et l’année prochaine. Nous allons aussi déployer les groupements territoriaux de la santé dans les régions. Ce groupement sera indépendant et aura ses propres médecins de la région, ses propres moyens et il décidera de la mobilité régionale avec une plus grande autonomie », explique Akhannouch qui rappelle que l’expérience pilote de ce nouveau schéma d’organisation sanitaire est en cours à Tanger.

« Le modèle sera déployé dans d’autres régions lors de l’année prochaine », assure-t-il.

Ce que change concrètement le partenariat Cash Plus-PayPal pour les e-commerçants et freelances marocains

Les utilisateurs marocains de PayPal peuvent désormais retirer leurs fonds directement en dirhams via l’application Cash Plus. Ce service permet des retraits instantanés et 100% digitaux, sans passage en agence ni démarches administratives. C’est la promesse faite par Cash Plus, qui qualifie son nouveau service de révolutionnaire.

En quoi l’est-il vraiment ? Nous avons posé la question au management de l’opérateur marocain. « C’est une première au Maroc. Avant, lorsqu’on avait un compte PayPal, la seule manière de convertir le solde disponible était via des virements bancaires. Et deux établissements seulement proposaient ce service », nous répond-on auprès de Cash Plus.

« Les clients ne maîtrisaient pas réellement le montant qu’ils allaient percevoir, car cela dépendait du cours de change du jour et des frais aux alentours de 150 DH. Ils ne maîtrisaient pas non plus la date de réception du virement qui pouvait prendre trois à cinq jours, selon le circuit », poursuit une source autorisée.

La proposition de valeur du service proposé par Cash Plus en partenariat avec Paypal, détaille notre interlocuteur, « consiste à recevoir instantanément leur solde PayPal sur un compte Cash Plus. Ensuite, ils peuvent soit transférer ce montant vers un compte bancaire, soit le retirer en espèces ».

« Le tout se fait en toute transparence : les frais de l’opération sont d’environ 30 dirhams par virement, et le taux de change est clair », ajoute-t-il.

Une avancée réglementaire

Selon notre source, le projet a nécessité trois ans pour obtenir les accords réglementaires. Il fallait convaincre l’Office des changes et Bank Al-Maghrib. Au terme des discussions, les autorités marocaines ont accepté d’autoriser la détention des comptes PayPal par des Marocains, à condition que les fonds collectés par ces activités commerciales soient rapatriés.

« C’est une avancée majeure de la réglementation marocaine en matière de détention de comptes à l’étranger, mais limitée à des fins professionnelles et avec obligation de rapatriement des revenus ».

« Au Maroc, un compte PayPal est assimilé à un compte étranger, or les Marocains n’ont pas le droit de détenir des comptes à l’étranger », nous explique-t-on. « Nous avons avancé des arguments pour démontrer que PayPal est aujourd’hui un outil indispensable à l’e-commerce marocain et au freelancing opérant sur le marché international. C’est le seul moyen, simple, fiable et rapide, qui permet aux freelances marocains de sécuriser leurs revenus et de recevoir des paiements instantanés afin de réaliser leurs prestations ».

« Même chose pour l’e-commerçant : lorsqu’un Marocain crée un site e-commerce, PayPal est le seul outil qui lui permet d’encaisser rapidement et efficacement, alors que les autres solutions sont plus complexes et coûteuses ».

Le contexte favorable de la croissance des exportations d’artisanat marocain a été un argument de plus en faveur de la mise en place du service.

Ce qu’il faut savoir sur le fonctionnement du service Cash Plus-PayPal

>> À qui s’adresse le service ?

Le service s’adresse à tous les e-commerçants marocains ainsi qu’aux freelances et créateurs de contenu qui reçoivent des paiements de l’international et qui doivent rapatrier des revenus engendrés par leurs activités professionnelles à l’étranger.

>> Comment se fait la connexion entre les comptes Paypal et Cash Plus ?

L’utilisateur doit associer son compte PayPal à son compte Cash Plus. Ce lien se fait via l’adresse e-mail et les identifiants PayPal saisis sur l’application Cash Plus. À partir de ce moment, l’association est effective.

Une fois connecté, il peut consulter directement son solde PayPal depuis l’application Cash Plus et retirer le montant souhaité.

>> Une fois les deux comptes associés, le solde Paypal est automatiquement transféré sur le compte Cash Plus ?

Non, le transfert du solde n’est pas automatique. L’utilisateur dispose d’une interface sur l’application Cash Plus lui permettant de consulter son solde PayPal. Et il décide du moment et du montant qu’il souhaite transférer sur son compte Cash Plus. Autrement dit, il n’est pas obligé de transférer la totalité de son solde. Par exemple, s’il a 1.000 dollars et veut n’en retirer que 200, il peut le faire, tout en conservant 800 dollars sur PayPal.

L’utilisateur garde toute la latitude de choisir de retirer ou non, et quelle somme.

>> Le transfert se fait-il instantanément ?

Oui, et l’opération de retrait est immédiate. C’est un accès direct à ses fonds via Cash Plus et s’il souhaite retirer de l’argent au Maroc, il le fait simplement. Les frais sont aux alentours de 30 dirhams par opération.

Bourse. Un rallye sans précédent propulse le MASI à 20.000 points

Où va le MASI ? En juin dernier, on s’interrogeait sur ces colonnes lorsque le principal indice boursier de Casablanca avait alors franchi les 18.600 points après avoir brisé le plafond des 16.000, puis des 17.000 points.

« La phase de consolidation a été courte et saine. Le marché a su absorber les prises de bénéfices sans remettre en cause la dynamique. Le prochain cap, c’est clairement celui des 19.000 points. Et les 20.000 points pourraient être testés avant fin décembre », estimait un analyste dans un échange avec Médias24 en juin.

Le 18 juillet, les 19.168 points pour le MASI ont été franchis et la capitalisation boursière dépasse les 1.000 milliards de dirhams.

Ce mardi 26 août, le MASI a réalisé un nouveau record à 20.000 points. Et depuis, il s’est maintenu au-dessus de ce seuil. Ce vendredi 29 août, à la mi-journée, il était à 20.105 points, avec une petite variation à la baisse (-0,16%) par rapport à la veille.

En glissement annuel, l’indice enregistre une hausse de 36%. 

Les 20.000 points ont donc été atteints bien plus tôt qu’anticipé, confirmant l’intensité du rallye en cours à la Bourse de Casablanca que rien ne semble stopper. Reste à savoir si l’indice parviendra à se maintenir durablement à ce niveau. Les prochaines séances seront déterminantes.

Cette accélération se fait dans un contexte porteur, soutenu par des facteurs tangibles tels que l’augmentation des investissements, les réformes structurelles et les chantiers d’infrastructures liés à la Coupe du monde 2030 (mais pas uniquement).

Cependant, la vitesse de cette progression interroge. Cette explosion de la capitalisation qui se poursuit émane-t-elle d’une croissance réelle ou est-elle portée par une euphorie spéculative ? La question que nous nous posions il y a à peine un mois est toujours d’actualité.

Certes, les récentes IPO et les secteurs porteurs (BTP, santé, banques, …) expliquent une bonne partie de cette croissance, avec le retour des investisseurs particuliers.  Mais nous avons également relevé certaines performances que rien ne semble justifier sur le plan économique.

Si la dynamique actuelle traduit une confiance accrue dans l’économie marocaine, elle comporte aussi le risque d’un décalage croissant entre valorisations boursières et réalité économique. L’optimisme des investisseurs, pour légitime qu’il soit, ne doit pas se transformer en un emballement irrationnel.