Nador West Med. Un potentiel de près de 100.000 emplois

Le Maroc s’apprête à franchir une nouvelle étape de sa stratégie portuaire avec la mise en service progressive du complexe Nador West Med.

Nador West Med : bien plus qu’un port

L’entrée en activité de Nador West Med est appelée à produire des effets profonds sur la dynamique économique de la région de l’Oriental, un territoire qui demeure structurellement en décalage par rapport à la moyenne nationale.

Selon les données socioéconomiques du HCP, l’Oriental affiche l’un des taux de chômage les plus élevés du Royaume hors régions du Sud, à 21,1%, traduisant une fragilité persistante du marché du travail et une faible capacité d’absorption de la population active.

Cette vulnérabilité se reflète également dans le niveau de richesse produite. En 2024, le PIB par habitant de la région s’établit à 31.597 DH, un niveau inférieur à la moyenne nationale, confirmant le retard économique de l’Oriental et la faiblesse de sa base productive.

Dans ce contexte, la vocation de Nador West Med dépasse largement la seule fonction portuaire. À l’image de Tanger Med, dont l’impact s’est étendu bien au-delà des activités maritimes pour transformer en profondeur le tissu productif et social de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Nador West Med est conçu comme un levier de rééquilibrage territorial.

L’expérience du Nord montre en effet qu’un port intégré, adossé à des zones industrielles et logistiques, peut enclencher une dynamique cumulative d’investissement, d’emploi et de création de valeur, contribuant durablement à la montée en puissance économique de son hinterland.

Un port adossé à un écosystème industriel

Le port est conçu comme une infrastructure à haute capacité dès sa mise en service, avec une capacité annuelle d’environ 5 millions de conteneurs et des volumes significatifs de trafic en vrac liquide et solide pouvant atteindre 35 millions de tonnes.

À terme, la capacité du trafic conteneurisé pourrait atteindre 12 millions de conteneurs par an, tandis que le vrac liquide, principalement à vocation énergétique, est prévu pour des volumes pouvant aller jusqu’à 15 millions de tonnes par an.

Nador West Med n’a jamais été pensé comme un simple « Tanger Med bis ». L’étude d’impact réalisée selon les standards des bailleurs internationaux décrit le projet comme une plateforme portuaire intégrée, dans une logique de développement territorial intégré.

Et c’est là qu’intervient le second pilier du projet, à savoir la zone d’activités industrielle et logistique adossée à Nador West Med. Le rapport d’évaluation de la Banque africaine de développement publié en 2024 indique que cette zone est destinée à accueillir des industries relevant de plusieurs secteurs et qu’elle sera dotée d’infrastructures de base, notamment une station de dessalement, des installations électriques et des stations de traitement des eaux usées, afin de permettre l’implantation et le fonctionnement des activités industrielles.

Selon l’étude d’impact environnemental et social du complexe, la zone industrielle et logistique adossée au port est destinée à accueillir un éventail d’activités comprenant notamment l’agro-industrie, le textile et le cuir, les industries métallurgiques, mécaniques et électriques, la chimie et la parachimie, le stockage des hydrocarbures, ainsi que les services directement liés aux activités portuaires et logistiques.

Le développement d’infrastructures routières et ferroviaires est censé renforcer l’effet d’entraînement du port, en facilitant la circulation des biens et des personnes, en soutenant l’activité économique régionale et en améliorant l’accessibilité et les conditions de vie des populations.

Les retombées économiques du Nador West Med

Dans une étude publiée en 2022, Mokhtari et Mizab, chercheurs à l’École Supérieure de Technologie de Nador, rappellent la vocation industrialo-portuaire du projet et soulignent que son impact attendu dépasse la seule fonction de transit maritime, en visant l’activation de l’arrière-pays à travers l’implantation d’activités industrielles et logistiques.

Ils précisent toutefois que les retombées économiques demeurent conditionnées à l’exploitation effective du port et à la capacité à attirer des activités productives dans les zones prévues autour du complexe.

Une étude publiée en 2025 par Mansri et Belghiti, chercheurs à l’Université Mohammed Premier d’Oujda, souligne le rôle potentiel de Nador West Med comme facteur de renforcement de l’attractivité économique de la région de l’Oriental. Selon leur analyse, le port constitue un levier susceptible de favoriser la concentration d’activités productives et la création d’emplois durables, à condition que des investissements industriels s’y implantent effectivement et que le tissu économique régional se consolide autour du complexe.

La création d’emplois constitue la première attente associée à un projet de cette envergure. Si la phase de construction a généré des emplois temporaires, le lancement effectif des activités portuaires et industrielles est appelé à produire des emplois plus stables et durables, à travers l’exploitation du port et le développement des zones industrielles.

Le rapport de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement évoque un potentiel d’environ 100.000 emplois à terme, dont 45.000 emplois directs et 55.000 emplois induits à l’horizon 2034, dans un scénario de montée en charge complète du complexe.

La BERD souligne que ces retombées ne se limiteraient pas à la région de l’Oriental, mais pourraient produire des effets d’entraînement au-delà de son périmètre, notamment en soutenant le développement économique de la région voisine de Fès-Meknès.

https://medias24.com/2026/01/28/nador-west-med-le-roi-mohammed-vi-donne-ses-instructions-pour-un-demarrage-optimal-et-un-impact-territorial-elargi-1618661/

Accord UE-Inde. Ce qui change pour le marché européen et les impacts pour le Maroc

L’Union européenne et l’Inde ont conclu un accord de libre-échange présenté comme historique, reliant deux économies et près de 2 milliards de consommateurs.

Derrière l’ampleur démographique et le discours politique, l’accord modifie concrètement les équilibres du marché européen. En ouvrant largement l’accès aux exportations indiennes, il crée de nouvelles possibilités d’arbitrage pour les importateurs européens.

Pour le Maroc, dont l’Europe est le principal débouché commercial, cet accord introduit des risques réels de concurrence.

Selon la Commission européenne, l’accord n’est pas encore entré en vigueur. Son application reste conditionnée à la finalisation de l’examen juridique et à la ratification par le Parlement européen, les États membres de l’Union européenne et les autorités indiennes. À ce stade, l’entrée en vigueur est attendue d’ici la fin de 2026 ou au début de 2027.

Zéro droit de douane sur 90% des exportations indiennes

Il s’agit d’une libéralisation massive des échanges entre deux blocs économiques majeurs. Selon Reuters, dès son entrée en vigueur, l’Union européenne supprimera les droits de douane sur 90% des produits indiens, avec une extension à 93% en sept ans.

Cela signifie que l’Inde accède au marché européen dans des conditions proches de celles dont bénéficient déjà les partenaires privilégiés de l’Union.

Ce point est central, car le marché européen n’est pas extensible à l’infini. Lorsqu’un nouvel acteur gagne un avantage tarifaire, ce sont les fournisseurs existants qui subissent la pression.

L’accord ne crée pas seulement des flux supplémentaires, il redistribue les parts de marché. Les importateurs européens disposent désormais d’un levier supplémentaire pour comparer, arbitrer et renégocier leurs sources d’approvisionnement.

Selon Reuters, l’accord prévoit une suppression totale des droits de douane européens sur plusieurs exportations clés de l’Inde.

Ci-après les secteurs concernés par la suppression des droits de douane, ainsi que les taux qui leur étaient appliqués avant l’accord :

Ce ne sont pas des secteurs émergents pour l’Inde. Ce sont des filières où le pays exporte déjà massivement, avec des capacités industrielles importantes et une forte compétitivité-prix.

Impact potentiel sur les exportations marocaines

Pour le Maroc, le principal point de friction se situe dans le textile et l’habillement. L’Europe est le premier débouché du textile marocain. C’est aussi un secteur déjà fragilisé.

En 2025, malgré des droits de douane encore en vigueur côté européen, l’Inde, le Bangladesh et la Chine ont réussi à capter des parts de marché en Europe, en partie à la suite des hausses de droits décidées par les États-Unis sous l’administration Trump.

Les exportateurs asiatiques ont redirigé leurs flux vers l’Union européenne et accepté des marges plus faibles pour rester présents. Le textile marocain a subi cette pression, avec des difficultés accrues sur les segments sensibles au prix.

Avec cet accord, les droits européens sur les textiles et l’habillement indiens passent à 0%. L’écart tarifaire disparaît. L’Inde devient immédiatement plus compétitive sur le marché européen.

Le cuir et la chaussure suivent la même logique. L’Inde dispose d’une industrie structurée et orientée vers l’export. La suppression de droits de douane élevés (17%) renforce sa position. Le Maroc est présent sur ce segment, mais de façon plus limitée. Ici, le risque est une pression continue sur les prix et les marges, qui rend la concurrence plus difficile.

À l’inverse, certains piliers des exportations marocaines ne sont pas directement exposés, mais peuvent présenter une opportunité. L’automobile, qui a généré plus de 80 MMDH d’exportations vers l’Europe en 2024, ne constitue pas un segment sur lequel l’Inde apparaît comme un concurrent direct. Du moins pour le moment.

L’accord prévoit une baisse progressive des droits indiens sur les voitures européennes, dans un système encadré par des seuils de prix, des segments et des quotas. Les véhicules européens de moins de 15.000 euros sont exclus du dispositif, tandis que ceux situés au-dessus de ce seuil bénéficient de réductions tarifaires graduelles, ramenant les droits de 35% au lancement de l’accord à 10% à terme.

Cette ouverture pourrait améliorer l’accès des constructeurs européens au marché indien et soutenir leurs volumes globaux. Selon l’organisation de leurs chaînes de valeur, une partie de cette production supplémentaire pourrait être réalisée au Maroc et se traduire, indirectement, par une hausse des exportations automobiles marocaines vers l’Union européenne.

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La Commission européenne a publié davantage de détails sur les produits concernés, les volumes d’exportation en 2024, ainsi que les anciens et les nouveaux tarifs.

Intermédiaires et inflation alimentaire : un dysfonctionnement qui interroge le rôle du gouvernement

Invité de l’émission Le 12/13 de Médias24, Rachid Benali, président de la Comader, a présenté des données mettant en évidence des écarts particulièrement élevés, parfois difficiles à justifier, entre les prix à la sortie des producteurs et ceux pratiqués sur les marchés de détail.

« À titre d’exemple, le prix de la viande nette se situe entre 75 et 80 DH chez le producteur et se vendait auparavant sur le marché entre 85 et 90 DH au maximum. Aujourd’hui, avec pratiquement les mêmes prix à la sortie de l’exploitation, la viande dépasse les 100 DH au détail. En tant que producteurs, nous ne comprenons pas d’où vient cet écart », souligne-t-il.

« C’est la même situation pour l’huile d’olive. L’année dernière, les producteurs vendaient le litre autour de 80 DH, alors qu’on le retrouvait sur le marché entre 110 et 120 DH le litre ».

L’analyse de Rachid Benali a remis sur la table une question à laquelle les réponses font encore défaut. Comment expliquer que des produits agricoles quittent les exploitations à des prix relativement modérés pour arriver sur les marchés à des niveaux sans rapport apparent avec leurs coûts de production ?

Un dysfonctionnement structurel du marché

On ne peut pas dire que ces écarts soient conjoncturels ou exceptionnels. Ils relèvent de dynamiques propres au fonctionnement du marché des produits agricoles, un marché où la chaîne de formation des prix est dominée par les intermédiaires et reste faiblement reliée aux fondamentaux économiques.

Étant donné que la part de l’alimentaire représente près de 40% du panier de consommation (IPC), les écarts de prix, souvent injustifiables et excessifs, exercent un impact négatif sur la situation financière des ménages et plombent le climat social.

Par ailleurs, l’agriculture marocaine fonctionne encore largement dans l’informel, ce qui rend les coûts réels invisibles et les marges incontrôlables. Entre le champ et le marché, la valeur s’accumule sans transparence.

Ainsi, les prix alimentaires persistent dans les mêmes niveaux alors que l’économie connaît une phase de désinflation.

Les intermédiaires deviennent alors un facteur inflationniste à part entière. Chaque choc devient un argument. Quand il n’y a pas de pluie, les prix augmentent au nom de la rareté. Quand les pluies reviennent, les prix ne baissent pas et d’autres justifications apparaissent liées au transport ou à la logistique.

Cet argumentaire est d’autant plus fragile que les prix de l’énergie en 2025 sont nettement plus bas que ceux observés en 2024, 2023 et 2022.

Quand le diagnostic est connu, l’inaction devient un choix politique

À chaque épisode, le diagnostic est redécouvert. Pourtant le problème est identifié depuis longtemps.

Tant que le gouvernement n’assumera pas pleinement son rôle de structuration des marchés, la désinflation restera un concept abstrait. Le marché des produits agricoles continuera de produire de l’inflation sociale, même lorsque l’inflation économique recule.

Le rôle du gouvernement ne peut plus se limiter au constat ou à la communication conjoncturelle. À partir du moment où, pour plusieurs produits alimentaires, les marges cumulées dépassent fréquemment 50%, on ne peut plus parler d’un fonctionnement normal du marché.

Ce n’est plus un marché libre au sens économique du terme, mais un marché mal régulé, marqué par une incapacité de l’offre publique à discipliner les comportements opportunistes.

Alors quelles actions concrètes engager pour corriger ce dysfonctionnement ?

La réponse appropriée ne réside pas dans une fixation des prix, qui serait inefficace et difficilement soutenable, mais dans un encadrement ciblé des marges sur les produits de première nécessité.

Il s’agit de définir des marges maximales indicatives ou des plafonds dynamiques sur certaines denrées alimentaires sensibles, notamment lorsque les coûts de production, de transport et de stockage sont relativement observables et stables. Ce type de mécanisme n’est pas théorique. Il a été mis en œuvre, sous différentes formes, dans plusieurs économies comparables au Maroc, notamment en Hongrie et en Égypte.

Un deuxième levier, souvent sous-estimé, est la structuration des circuits courts et des organisations de producteurs. En renforçant les coopératives, les marchés de gros modernisés et les plateformes logistiques publiques ou semi-publiques, l’État peut réduire la dépendance excessive aux intermédiaires informels.

Ce n’est pas une intervention directe sur les prix, mais une action sur la structure du marché, qui permet de rééquilibrer le rapport de force et de rapprocher les prix finaux des fondamentaux économiques.

Le Maroc et le Sénégal explorent de nouvelles perspectives de coopération économique

La rencontre s’inscrit dans un contexte de montée en puissance des relations économiques entre Rabat et Dakar, portée par une présence marocaine de plus en plus affirmée au Sénégal dans plusieurs secteurs, et par les ambitions de transformation économique affichées par les deux pays. Cela étant, elle intervient également dans un moment sensible après les débordements qui ont affecté la finale de la CAN 2025 entre les deux pays.

Renforcer et accélérer la coopération économique

Lors de son intervention, Chakib Alj, président de la CGEM a déclaré que la relation entre le Maroc et le Sénégal repose sur un socle politique et humain solide, qui s’est traduit par un partenariat économique significatif. « Le Maroc et le Sénégal ont une relation de longue date, fondée sur la confiance, le respect, et une réelle proximité humaine, politique, sociale, culturelle et religieuse ».

« Les exportations marocaines vers le Sénégal ont dépassé 4 milliards de DH en 2024, tandis que les importations marocaines ont plus que doublé pour atteindre près de 600 millions de DH« .

Selon lui, cette trajectoire confirme l’existence d’un partenariat gagnant-gagnant, tout en appelant à une diversification plus poussée des échanges et à un renforcement des co-investissements.

« Les opérateurs économiques marocains sont prêts à investir plus, en partenariat avec les entreprises locales et dans un esprit de win-win. Le Groupe d’impulsion économique Maroc-Sénégal a un rôle clé à jouer dans ce sens. Il doit être un outil d’accélération, pour passer plus rapidement de l’intention à l’action, identifier des projets concrets, lever les obstacles et accélérer le déploiement des investissements », a souligné Chakib Alj.

Dynamique des investissements marocains au Sénégal

Selon Bakary Sega Bathily, directeur général de l’APIX, les IDE marocains représentent un levier de croissance au Sénégal. « 36 projets marocains ont été agréés au Sénégal entre 2010 et 2025, pour un montant cumulé d’environ 320 millions de dollars, donnant lieu à la création de près de 1.900 emplois », a-t-il indiqué.

« Ces investissements concernent principalement les infrastructures portuaires, l’agro-industrie, l’aviculture et les matériaux de construction ».

Dans le même sens, Pierre Goudiaby Atepa, président du Club des investisseurs du Sénégal, a insisté sur le climat de confiance qui caractérise l’accueil des investisseurs marocains au Sénégal. « Les entreprises marocaines évoluent au Sénégal comme chez elles, soulignant la proximité des relations économiques et la volonté des autorités sénégalaises de créer un environnement favorable aux investissements étrangers, en particulier ceux en provenance du Maroc. Cette déclaration s’inscrit dans une logique de continuité politique visant à rassurer les opérateurs économiques et à encourager de nouveaux projets.

La dynamique macroéconomique du Sénégal a également été mise en avant par Pierre Goudiaby Atepa. « Le Sénégal affiche une dynamique de croissance soutenue avec un taux de croissance de 7,8% en 2025, reflétant une expansion rapide de l’économie au cours de la dernière décennie. Cette trajectoire s’accompagne d’une inflation contenue, projetée à environ 1,2% en 2025″.

Par ailleurs, le président du patronat sénégalais a tenu à rassurer les opérateurs marocains sur leur place au Sénégal, en mettant en avant un climat de confiance durable. « Les entreprises marocaines qui investissent au Sénégal font partie intégrante de notre écosystème économique et elles opèrent comme chez elles, dans un esprit de partenariat, de respect mutuel et de confiance réciproque », a-t-il souligné.

« L’accès à une énergie compétitive est une condition essentielle pour le développement industriel. Nous sommes en discussion avec l’État sénégalais afin de négocier des conditions énergétiques plus favorables, permettant aux investisseurs de déployer leurs projets dans de bonnes conditions, avec une visibilité à moyen et long terme », a conclu Pierre Goudiaby Atepa.

Économie marocaine. Comment s’annonce l’année 2026

L’exercice 2026 s’annonce dans un contexte où la prudence s’impose. L’environnement international reste instable et les tensions géopolitiques persistent, notamment autour du Groenland et au Moyen-Orient, entre les États-Unis et l’Iran.

Dès lors, l’approche retenue ici ne consiste pas à produire une prévision ferme, mais à examiner méthodiquement les conditions économiques observables à ce stade, à partir des données officielles disponibles, afin d’en dégager le scénario le plus probable.

Inflation et pouvoir d’achat

Sur le front des prix, l’élément central est désormais la désinflation. Après le choc inflationniste des années 2022 et 2023, le régime de prix a clairement changé. En 2024, l’inflation moyenne s’est établie à 0,9%, puis autour de 0,8% en 2025.

Cela ne veut pas dire que la question du coût de la vie est réglée, car l’inflation est cumulative et les niveaux de prix atteints restent élevés. Mais cela signifie que la pression additionnelle sur le pouvoir d’achat s’est largement dissipée. À ce stade, sauf choc externe majeur sur l’énergie ou les matières premières, l’inflation moyenne pourrait rester contenue en 2026, généralement en dessous de 2%.

Cette configuration serait renforcée par les perspectives sur le marché pétrolier, les projections indiquant un baril autour de 59 à 60 dollars. Une telle trajectoire contribuerait à limiter les coûts de transport et les charges énergétiques, réduisant ainsi les pressions indirectes sur les prix à la consommation, tant du côté des biens alimentaires que des produits non alimentaires.

Les perspectives sur les prix alimentaires vont globalement dans le sens d’un apaisement, mais elles restent entourées de nuances importantes. Les précipitations enregistrées devraient contribuer à une détente des prix des produits alimentaires, qui représentent près de 40% du panier de l’indice des prix à la consommation.

Toutefois, la consolidation réelle de la campagne dépendra largement des précipitations en mars et avril, déterminantes pour les cultures de printemps et pour le maraîchage, dont l’impact sur l’offre alimentaire est direct et rapide.

Dans une économie où l’agriculture est largement informelle, les prix à la production sont en principe plus flexibles et plus sensibles aux conditions d’offre. Cette flexibilité ne se transmet cependant pas toujours intégralement aux prix à la consommation, en raison de rigidités persistantes liées aux circuits de distribution et au rôle des intermédiaires.

Autrement dit, même si l’amélioration de l’offre agricole se confirmait, la détente des prix pourrait rester partielle du point de vue du consommateur final, limitant ainsi l’effet immédiat sur le pouvoir d’achat.

Par ailleurs, le pouvoir d’achat des ménages ne serait plus contraint par l’inflation, mais par l’absence d’impulsions positives fortes sur les revenus. À ce stade, aucune nouvelle mesure générale de revalorisation des salaires n’est explicitement annoncée pour 2026, en dehors des mécanismes déjà actés, notamment la revalorisation du SMIG et du SMAG.

L’amélioration du pouvoir d’achat reposerait donc essentiellement sur la stabilité des prix et sur les revenus agricoles, plutôt que sur des transferts ou des hausses salariales généralisées.

Les enquêtes de conjoncture montrent d’ailleurs que, malgré une légère amélioration de la confiance, une large majorité de ménages continue de juger la conjoncture peu favorable aux achats importants, ce qui suggère une consommation prudente, orientée vers l’essentiel.

Croissance et emploi

Selon le HCP, la valeur ajoutée agricole pourrait progresser d’environ 10,4% en 2026, sous l’effet de conditions climatiques plus favorables.

Étant donné que l’agriculture représente près de 10% du PIB, une progression de l’ordre de 10,4% de sa valeur ajoutée pourrait contribuer à plus d’un point de pourcentage à la croissance globale en 2026. À l’inverse, selon le HCP, la valeur ajoutée hors agriculture devrait progresser seulement de 4,3% en 2026, après une croissance estimée à 4,5% en 2025.

Cette configuration a des implications directes sur l’emploi. L’agriculture capte près de 24% de la population active. Une bonne campagne se traduit généralement par une reprise de l’emploi agricole, en grande partie non rémunéré, notamment au premier et au troisième trimestre, compte tenu du caractère cyclique de l’activité agricole.

Cela pourrait mécaniquement réduire le chômage, dans la mesure où les destructions d’emplois observées lors des mauvaises campagnes concernaient principalement ces emplois agricoles. Mais cette amélioration resterait conjoncturelle et pourrait s’accompagner d’une aggravation du sous-emploi, qui touche déjà une part importante des actifs.

Finances publiques et échanges extérieurs

La politique budgétaire resterait un pilier de l’activité. L’orientation expansionniste devrait se poursuivre, portée par des investissements en infrastructures dont l’exécution s’étale sur plusieurs années. Les réformes fiscales, notamment celle de la retenue à la source, devraient continuer à soutenir les recettes, mais la dynamique des dépenses resterait plus rapide.

La prise en compte des recettes issues des financements innovants permettrait un ajustement du déficit aux objectifs fixés par le MEF, financé par un mix d’endettement intérieur et extérieur.

Par ailleurs, les échanges extérieurs continueraient, pour leur part, de constituer un point de fragilité. La contribution de la demande extérieure nette devrait se détériorer, sous l’effet d’une progression soutenue des importations.

Cette dynamique s’expliquerait par la baisse continue des prix à l’importation, conjuguée à une demande intérieure encore vigoureuse en intrants et en biens intermédiaires, nécessaires aux processus d’investissement. À cet égard, le HCP estime que l’investissement brut devrait afficher une croissance de 9,8% en 2026, maintenant une pression élevée sur les importations.

Le ralentissement observé des exportations ne s’explique pas uniquement par un effet prix, mais aussi par un effet volume marqué, notamment dans l’automobile.

Le recul des exportations de véhicules thermiques s’inscrit dans une tendance structurelle liée à la montée de l’électrique et à l’évolution de la demande européenne, principal débouché du Maroc. Les chiffres d’immatriculation dans l’Union européenne confirment que cette transition est structurelle. À noter que les exportations automobiles pèsent plus d’un tiers des exportations totales du pays, soit 34,6% en 2024.

Les exportations du secteur textile devraient également continuer d’évoluer dans un environnement difficile, sous l’effet d’une concurrence chinoise accrue sur le marché européen.

Inflation. Pourquoi deux chiffres coexistent

Inflation annuelle négative, moyenne annuelle positive. À la lecture des chiffres de l’inflation de décembre 2025, la confusion s’installe.

En réalité, ces indicateurs ne se contredisent pas. Ils racontent des choses différentes sur des horizons de temps différents. Encore faut-il savoir les lire.

Lorsque le HCP publie l’IPC (indice des prix à la consommation), plusieurs lectures sont possibles et chacune a une signification économique précise.

À titre d’exemple, les chiffres de décembre 2025. En glissement annuel, l’inflation ressortait à -0,3%, tandis que l’inflation moyenne sur l’ensemble de l’année 2025 s’établissait à +0,8%.

Ces deux chiffres sont corrects, mais ils ne racontent pas la même histoire.

Inflation : deux lectures possibles

L’inflation en glissement annuel compare un mois donné au même mois de l’année précédente. En décembre 2025, l’IPC s’établit à 118,7 contre 119,0 en décembre 2024, ce qui fait apparaître une inflation négative de 0,3% (déflation). Ceci laisse croire que l’année 2025 a été une année de légère baisse des prix.

Ce chiffre est exact sur le plan arithmétique, mais il est très dépendant du point de départ. Il capte avant tout un effet de base. Lorsque les prix étaient déjà élevés l’année précédente, la comparaison peut mécaniquement conduire à une inflation faible ou négative, même si le niveau général des prix reste élevé au cours des différents mois de l’année.

C’est pour dépasser ce biais que l’inflation moyenne annuelle peut être mobilisée comme outil de lecture complémentaire. Elle consiste à comparer la moyenne de l’indice sur l’ensemble d’une année à celle de l’année précédente. Il ne s’agit donc pas d’une moyenne des taux d’inflation mensuels.

En 2025, la moyenne de l’IPC s’établit à 119,6 contre 118,7 en 2024, soit une hausse de 0,8%. Ce chiffre ne décrit pas un moment précis, mais le niveau moyen des prix auquel les ménages ont été exposés tout au long de l’année.

Un exemple simple permet de comprendre la différence. Après la forte accélération des prix en 2022 et 2023, l’indice a atteint 118,2 en décembre 2023.

En 2024 et 2025, il se stabilise autour de 119. Le glissement annuel peut alors devenir très faible ou négatif, car la comparaison se fait entre deux niveaux proches. Pourtant, le niveau général des prix reste nettement plus élevé qu’avant le choc inflationniste.

La moyenne annuelle capture cette réalité, là où le glissement annuel peut donner une impression trompeuse de désinflation rapide.

Source : HCP.

C’est pour cette raison que Médias24 distingue clairement ces approches dans son dashboard et dans ses articles. Dans notre publication du 22 janvier, nous avons fait le choix de titrer sur l’inflation moyenne annuelle.

Ce choix vise à éclairer le niveau général des prix sur une période longue et à éviter une lecture excessivement conjoncturelle d’un chiffre mensuel ou d’un glissement annuel ponctuellement négatif. Le glissement annuel y était bien présenté, mais replacé dans son contexte.

Ci-dessous, notre dashboard reconstitue l’historique de chacun de ces deux indicateurs (lecture réservée à nos abonnés):

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Ménages. Au T4-2025, la confiance se redresse légèrement, mais les anticipations restent prudentes (HCP)

Le moral des ménages est important pour l’activité économique, car leurs perceptions et leurs anticipations pèsent sur les décisions de consommation, d’investissement et d’épargne.

Selon les résultats de l’enquête, le T4-2025 marque une amélioration sensible de l’Indice de Confiance des Ménages (ICM).

L’indice atteint 57,6 points, contre 53,6 points au T3-2025 et 46,5 points au T4-2024. Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis le T4-2021.

Ce redressement est significatif après une longue phase de détérioration. Il s’explique surtout par l’amélioration des perceptions et des anticipations des ménages, et non par une amélioration généralisée de leur niveau de vie, l’ICM étant construit à partir de plusieurs sous-indicateurs liés à la situation actuelle et aux perspectives.

Ce que révèlent les indicateurs

Sur le niveau de vie, la situation reste toutefois tendue. Au cours des 12 derniers mois, 77,8% des ménages déclarent une dégradation de leur niveau de vie, 16,9% estiment qu’il est resté stable et seulement 5,3% évoquent une amélioration.

Le solde d’opinion correspondant reste très négatif à -72,5 points, traduisant un malaise social encore profond, même s’il est légèrement moins marqué qu’un an auparavant.

Les perspectives à court terme apparaissent néanmoins moins pessimistes. Pour les 12 prochains mois, 49,4% des ménages s’attendent à une dégradation du niveau de vie, 40,7% anticipent une stabilité et 9,9% une amélioration.

Le solde d’opinion ressort à -39,5 points, en amélioration par rapport aux trimestres précédents.

Les perceptions liées au chômage suivent une dynamique similaire. Au T4-2025, 65,2% des ménages s’attendent à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois, contre 17,5% qui anticipent une baisse.

Le solde d’opinion s’établit à -47,7 points, en nette amélioration par rapport au trimestre précédent et surtout par rapport au T4-2024. Le chômage demeure une source majeure d’inquiétude, mais la crainte d’une aggravation rapide recule.

Cette prudence des ménages se reflète dans leurs décisions d’achat. Une large majorité des ménages, soit 67,1%, considère que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables, contre 14,2% qui jugent le contexte favorable.

Le solde d’opinion atteint -52,9 points. Bien qu’encore négatif, il s’améliore par rapport aux trimestres antérieurs, signalant un léger desserrement des comportements de report.

Concernant la situation financière, au T4-2025, 58,4% des ménages déclarent que leurs revenus couvrent leurs dépenses, tandis que 39,2% s’endettent ou puisent dans leur épargne. Seuls 2,4% parviennent à épargner une partie de leur revenu.

Le solde d’opinion sur la situation financière actuelle reste négatif à -36,6 points, indiquant une stabilité sous contrainte plutôt qu’un réel soulagement.

Sur les 12 derniers mois, 48,6% des ménages estiment que leur situation financière s’est dégradée, contre 5,1% qui évoquent une amélioration.

En revanche, les perspectives financières à court terme sont moins défavorables. Pour les 12 prochains mois, 16,4% des ménages s’attendent à une amélioration de leur situation financière, contre 20,6% qui anticipent une dégradation, ramenant le solde à -4,2 points, un niveau proche de l’équilibre.

La capacité d’épargne reste toutefois très limitée. Seuls 10,7% des ménages s’attendent à pouvoir épargner au cours des 12 prochains mois, contre 89,2% qui ne s’y attendent pas.

Les prix alimentaires continuent de peser lourdement sur le ressenti des ménages. Au T4-2025, 91,7% déclarent une hausse des prix des produits alimentaires au cours des 12 derniers mois.

Pour les 12 prochains mois, 75% anticipent une poursuite de la hausse, contre 2% seulement qui anticipent une baisse.

Trump lance le Conseil de la paix : Rabat se place dans la nouvelle donne multilatérale

En marge du Forum économique mondial de Davos, le Conseil de la paix a été officiellement lancé. Lors d’une cérémonie tenue ce 22 janvier 2026 à Davos, 19 pays ont signé la charte fondatrice du Conseil de la paix, dont le Maroc.

Sur scène, Donald Trump a affirmé que cette instance pourrait être pleinement opérationnelle une fois constituée, tout en assurant qu’elle agirait en conjonction avec les Nations unies.

Qui signe, qui refuse, qui temporise

Les signataires présents lors de la cérémonie sont l’Argentine, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, Bahreïn, la Bulgarie, la Hongrie, l’Indonésie, la Jordanie, le Kazakhstan, le Kosovo, la Mongolie, le Maroc, le Pakistan, le Paraguay, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie, les Émirats arabes unis et l’Ouzbékistan.

Le Maroc a signé la charte lors de cette cérémonie, représenté par son ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

Plusieurs pays invités étaient absents de la cérémonie et n’ont pas signé à ce stade. La France a indiqué ne pas rejoindre l’initiative. Le Royaume-Uni a déclaré qu’il ne serait pas signataire lors de cette réunion.

L’Allemagne n’a pas pris de position formelle et n’a pas participé à la cérémonie. L’Italie a indiqué avoir besoin de davantage de temps avant de se prononcer.

D’autres pays ont exprimé des réserves ou ont décliné l’invitation. La Belgique a confirmé ne pas avoir signé et a indiqué souhaiter une approche européenne coordonnée. La Suède, la Norvège et la Slovénie ont également décliné l’invitation, selon des déclarations publiques relayées par leurs autorités nationales.

Par ailleurs, certains pays n’ont pas signé à Davos mais examinent encore la proposition. L’Espagne n’a pas envoyé de représentant et a indiqué que l’invitation était en cours d’examen. La Russie a reçu une invitation et a indiqué étudier la proposition, sans être représentée lors de la cérémonie. La Chine n’a pas communiqué de position officielle à ce stade.

Il convient de noter que, selon la charte constitutive, le Conseil peut être formellement mis en place dès lors que trois pays ont signé. Aujourd’hui, 19 l’ont signé, ouvrant la voie à sa constitution.

Quel rôle pour le Maroc au sein du Conseil de la paix ?

Durant son passage à l’émission Le 12/13 de Médias24, Hafid Boutaleb, analyste géopolitique, indique que la participation du Maroc relève d’un choix stratégique visant à peser sur une réflexion multilatérale en cours, plutôt que de rester en marge d’un processus structurant.

« Le Maroc se doit de participer à cette réflexion, d’autant plus que, cette fois, nous avons l’occasion, contrairement à 1945, de peser sur la balance ».

« Parmi les pays forts du continent africain appelés à prendre part au Conseil, le Maroc s’impose. C’est un pays qui a toujours prôné la paix depuis des siècles et qui a toujours été un allié des États-Unis », poursuit-il.

Pour Aziz Boucetta, journaliste politique, la décision du Maroc de répondre rapidement à l’invitation repose sur une logique pragmatique, fondée sur l’idée qu’il est préférable d’influencer les décisions de l’intérieur.

« Il vaut mieux être dedans que dehors, parce que, de toute manière, Donald Trump a encore au moins un an de majorité absolue chez lui. Il lui reste plus de trois ans de mandat. Il vaut mieux y être. Et si on y est, on peut influer de l’intérieur », souligne-t-il.

Selon lui, cette démarche s’inscrit dans l’évolution de la diplomatie marocaine, qui privilégie la présence active et le dialogue avec l’ensemble des acteurs internationaux.

« Il faut y être, il faut parler avec tout le monde. Il faut être là. Nous sommes une puissance régionale », souligne Aziz Boucetta.

L’inflation moyenne sur 2025 ressort à 0,8%

En décembre 2025, le régime désinflationniste se confirme. Selon les données du HCP, l’IPC recule de 0,1% par rapport au mois de novembre.

Cette évolution mensuelle résulte d’une baisse de 0,3% des prix des produits alimentaires, alors que les prix des produits non alimentaires demeurent stables.

L’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatils et ceux à tarifs publics, enregistre également une baisse de 0,2% en décembre par rapport au mois précédent.

Inflation moyenne annuelle en 2025

Sur l’ensemble de l’année 2025, l’IPC affiche une hausse moyenne de 0,8% par rapport à 2024. Cette progression résulte d’une augmentation de 0,8% des prix des produits alimentaires et de 0,5% des produits non alimentaires.

Les évolutions sectorielles demeurent contrastées. Les prix du transport enregistrent une baisse annuelle marquée (2,6%), tandis que les restaurants et hôtels affichent la hausse la plus soutenue parmi les composantes non alimentaires (3,3%).

L’inflation sous-jacente évolue sur la même trajectoire que l’inflation globale, avec une hausse annuelle moyenne de 0,8% en 2025.

Sur le plan territorial, l’évolution annuelle de l’IPC fait apparaître des disparités entre les villes. Les hausses les plus importantes sont observées à Fès, Kénitra et Guelmim, tandis que d’autres villes enregistrent des progressions plus limitées.

Ce qu’il faut retenir :

-oOo-

Voici par ailleurs, la note intégrale du HCP :

L’IPC du mois de décembre 2025 a connu une baisse de 0,1% par rapport au mois précédent ; au terme de l’année 2025, l’IPC annuel moyen et l’indicateur annuel d’inflation sous-jacente auront progressé de 0,8%.

Baisse de 0,1% de l’IPC et de 0,2% de l’indicateur d’inflation sous-jacente au cours du mois de décembre 2025

L’indice des prix à la consommation a connu, au cours du mois de décembre 2025, une baisse de 0,1% par rapport au mois précédent. Cette variation est le résultat de la baisse de 0,3% de l’indice des produits alimentaires et de la stagnation de l’indice des produits non alimentaires.

Les baisses des produits alimentaires observées entre novembre et décembre 2025 concernent principalement les «Huiles et graisses» avec 3,9%, les «Fruits» avec 2,8% et les «Viandes» avec 1,2%. En revanche, les prix ont augmenté de 3,3% pour les «Poissons et fruits de mer», de 2,8% pour les «Légumes», de 0,6% pour le «Lait, fromage et œufs» et de 0,4% pour le «Café, thé et cacao». Pour les produits non alimentaires, la baisse a concerné principalement les prix des «Carburants» avec 0,5%.

Dans ces conditions, l’indicateur d’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatiles et les produits à tarifs publics, aurait connu une baisse de 0,2% au cours du mois de décembre 2025 par rapport au mois précédent.

Hausse de l’IPC annuel et de l’indicateur annuel d’inflation sous-jacente de 0,8%

L’IPC annuel moyen a enregistré, au terme de l’année 2025, une augmentation de 0,8% par rapport à l’année 2024. Conséquence de la hausse de l’indice des produits alimentaires de 0,8% et de celui des produits non alimentaires de 0,5%. Les variations enregistrées pour les produits non alimentaires vont d’une baisse de 2,6% pour le «Transport» à une hausse de 3,3% pour les «Restaurants et hôtels».

Sur cette base, l’indicateur d’inflation sous-jacente aurait connu une hausse de 0,8% au cours de l’année 2025 par rapport à l’année 2024.

Les plus fortes hausses à Fès, Kénitra et Guelmim

Les hausses les plus importantes de l’IPC annuel ont été enregistrées à Fès avec 1,7%, à Kénitra avec 1,3%, à Guelmim avec 1,2%, à Settat avec 1,1%, à Tétouan avec 1,0%, à Rabat et Errachidia avec 0,9%, à Agadir et Tanger avec 0,8%, à Casablanca avec 0,7%, à Meknès, Dakhla et à Al-Hoceima avec 0,5%, à Beni-Mellal avec 0,4% et à Marrakech avec 0,2%.

PRIX

INDICE DES PRIX A LA CONSOMMATION

EVOLUTION PAR DIVISION DE PRODUITS

Divisions de produits Indices mensuels
Novembre

2025

Décembre

 2025

Var.%
Produits alimentaires 128,6 128,2 -0,3
  01 – Produits alimentaires et boissons non alcoolisées 127,9 127,5 -0,3
  02 – Boissons alcoolisées et tabac 145 145 0,0
Produits non alimentaires 112,5 112,5 0,0
  03 – Articles d’habillements et chaussures 117,4 117,5 0,1
  04 – Logements, eau, électricité et autres combustibles 109,5 109,6 0,1
  05 – Meubles, articles de ménages et entretien courant du foyer 113,1 113,2 0,1
  06 – Santé 101,5 101,5 0,0
  07 – Transport 115,8 115,7 -0,1
  08 – Communication 103,8 103,8 0,0
  09 – Loisirs et culture 104,9 104,9 0,0
  10 – Enseignement 124,4 124,4 0,0
  11 – Restaurants et hôtels 122,2 122,8 0,5
  12 – Biens et services divers 117,8 117,9 0,1
Ensemble 118,8 118,7 -0,1

       Source : Division des Indices Statistiques.

Divisions de produits Indices mensuels Indices  moyens annuels
Décembre

2024

Décembre

2025

Var.% 2024 2025 Var.%
Produits alimentaires 129,9 128,2 -1,3 129,7 130,8 0,8
  01 – Produits alimentaires et boissons non alcoolisées 129,5 127,5 -1,5 129,2 130,3 0,9
  02 – Boissons alcoolisées et tabac 140,1 145 3,5 140 144,7 3,4
Produits non alimentaires 112,0 112,5 0,4 111,6 112,2 0,5
  03 – Articles d’habillements et chaussures 116,5 117,5 0,9 116,1 117,1 0,9
  04 – Logements, eau, électricité et autres combustibles 108,9 109,6 0,6 107,4 109,3 1,8
  05 – Meubles,articles de ménages et entretien courant du foyer 112,4 113,2 0,7 112,2 112,8 0,5
  06 – Santé 101,2 101,5 0,3 101,1 101,4 0,3
  07 – Transport 117,4 115,7 -1,4 119,6 116,5 -2,6
  08 – Communication 104,2 103,8 -0,4 104,1 103,9 -0,2
  09 – Loisirs et culture 105,4 104,9 -0,5 105,5 105 -0,5
  10 – Enseignement 121,8 124,4 2,1 120 122,7 2,3
  11 – Restaurants et hôtels 119,5 122,8 2,8 117,5 121,4 3,3
  12 – Biens et services divers 115,9 117,9 1,7 115 116,9 1,7
Ensemble 119 118,7 -0,3 118,7 119,6 0,8

 Source : Division des Indices Statistiques.

INDICE DES PRIX A LA CONSOMMATION

EVOLUTION PAR VILLE

Villes Indices mensuels Indices  moyens annuels
Novembre

2025

Décembre

2025

Var.% 2024 2025 Var.%
Agadir 117,8 117,8 0,0 117,7 118,6 0,8
Casablanca 117,5 117,7 0,2 117,5 118,3 0,7
Fès 122,1 121,6 -0,4 120,6 122,6 1,7
Kénitra 120,3 119,5 -0,7 119,1 120,6 1,3
Marrakech 120,4 120,1 -0,2 120,9 121,2 0,2
Oujda 117,5 117,1 -0,3 118,1 118,2 0,1
Rabat 117,7 117,6 -0,1 117 118 0,9
Tétouan 119,8 119,6 -0,2 119,1 120,3 1,0
Meknès 117 116,6 -0,3 117 117,6 0,5
Tanger 118,8 118,5 -0,3 118,2 119,2 0,8
Laâyoune 121,4 121 -0,3 121,8 121,9 0,1
Dakhla 118,2 118,3 0,1 118,4 119 0,5
Guelmim 122 122,1 0,1 121,7 123,1 1,2
Settat 116,4 116,7 0,3 116,7 118 1,1
Safi 121,8 122,7 0,7 124,6 124 -0,5
Beni-Mellal 122,2 121,8 -0,3 122,9 123,4 0,4
Al-hoceima 122,6 122,1 -0,4 124,5 125,1 0,5
Errachidia 121,6 121,1 -0,4 121 122,1 0,9
Ensemble 118,8 118,7 -0,1 118,7 119,6 0,8

            Source : Division des Indices Statistiques.

Tensions financières au Japon. Le Maroc reste, pour l’instant, relativement épargné

Ce mouvement n’est pas nouveau. Les rendements des obligations d’État japonaises augmentent progressivement depuis plusieurs années, en particulier sur les maturités longues.

Mais ce qui change aujourd’hui, c’est l’ampleur du mouvement, sa rapidité et, surtout, le contexte macroéconomique dans lequel il s’inscrit.

Source : world government bonds.

Les premiers effets commencent déjà à se faire sentir en Europe et aux États-Unis. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a ainsi adressé un message à son homologue japonais, l’appelant à intervenir, par crainte d’un durcissement plus marqué des conditions financières et de répercussions plus graves sur les marchés mondiaux, aussi bien dans les économies avancées que dans les pays émergents.

Quel impact pour le Maroc ?

Contacté par Médias24, un directeur de salle de marché indique qu’une réallocation des capitaux japonais peut durcir durablement les conditions financières mondiales. Le Maroc, pour l’instant, reste relativement épargné, mais n’est pas immunisé« C’est déjà en cours. Il n’y a qu’à regarder les chiffres : les investisseurs japonais ont ralenti leurs achats nets de Treasuries depuis fin 2023. Résultat ? La prime de terme US remonte, même avec une Fed qui a coupé. Ce n’est pas anodin. Est-ce durable ? Cela dépend de variables clés :

Pour les émergents, c’est plus direct : moins de liquidité globale = moins d’appétit pour le risque = spreads qui s’élargissent. On l’a vu sur certains souverains d’Asie du Sud-Est et d’Amérique latine ces derniers mois. Le Maroc, pour l’instant, reste relativement épargné, mais on n’est pas immunisés », précise notre interlocuteur.

Pour ce qui est des canaux par lesquels un durcissement des conditions financières mondiales pourrait affecter le marché marocain, notre source indique qu’ils sont multiples.

« Concrètement, voici ce qu’on surveille en tant que trader :

– Canal obligataire : si les taux longs US/Europe montent durablement, ça peut tirer notre courbe domestique par le haut, surtout sur les maturités longues. Pas mécaniquement, mais via les anticipations et le pricing relatif. Un Trésor marocain qui veut lever à 10 ou 15 ans devra composer avec un environnement global moins favorable.

– Canal FX et réserves : un dollar fort (souvent corrélé à une remontée des taux US) peut peser sur nos réserves de change et renchérir nos importations énergétiques.

– Canal actions et sentiment : une volatilité accrue sur les indices internationaux peut se transmettre au MASI via les investisseurs étrangers (OPCVM, fonds régionaux), surtout en cas de risk-off global. Cela dit, le MASI reste moins corrélé que d’autres marchés émergents, ce qui limite l’impact. On l’a vu en 2022 : quand le risk-off global s’installe, les flux se tarissent, mais Casablanca absorbe mieux que d’autres places.

– Canal crédit corporate : les grandes entreprises marocaines qui lèvent en devises (euro-obligations, club deals) vont sentir la pression si les spreads émergents s’élargissent. Ça reste marginal pour l’instant, mais c’est un point d’attention ».

Pour notre interlocuteur, le marché marocain est suffisamment protégé face à un choc financier international d’origine externe. « On est dans une position bien meilleure qu’on ne le dit souvent. Et pour plusieurs raisons structurelles qui vont au-delà de la simple résilience.

Ce qui joue massivement en notre faveur :

Dette majoritairement domestique et en dirhams : on n’a pas le profil Turquie ou Argentine. Nos besoins de refinancement externe sont gérables. Cela nous donne une véritable autonomie financière.

– Système bancaire solide et bien capitalisé : peu d’exposition aux marchés de gros internationaux, liquidité domestique correcte, ratios prudentiels respectés. Les banques marocaines ont traversé 2008, 2020, et les crises émergentes sans broncher. C’est un atout majeur.

– Politique monétaire crédible et flexible : Bank Al-Maghrib a de la marge de manœuvre, une communication claire et une crédibilité établie. Ça compte énormément en période de stress – les investisseurs font confiance.

– Réserves de change confortables : on a reconstitué un matelas solide qui nous permet de tenir un choc temporaire. C’est un véritable filet de sécurité.

Inflation maîtrisée : on est à ~0% d’inflation, ce qui est exceptionnel dans un contexte mondial où tout le monde lutte contre l’inflation. Cela nous donne une flexibilité monétaire considérable en cas de besoin.

Le Maroc n’est pas en première ligne face à un choc financier international. Et contrairement à beaucoup d’autres pays émergents, on dispose des outils pour l’absorber.

Mais surtout, on n’est plus en mode défensif. On est en mode offensif : la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030 créent une dynamique positive qui va renforcer notre résilience et attirer des capitaux (pas juste des flux spéculatifs, mais des investissements structurels).

L’essentiel, c’est de capitaliser sur cette dynamique : continuer à investir dans les infrastructures, maintenir la discipline budgétaire et monétaire, et profiter de cette fenêtre d’opportunité pour diversifier l’économie et approfondir les marchés financiers.

Si on fait ça bien, un choc financier international ne sera qu’une perturbation temporaire, pas une menace existentielle. Et franchement, c’est une position bien meilleure que celle de la plupart des émergents », conclut notre interlocuteur.

Comprendre la mécanique des taux japonais et ses effets au-delà du Japon

Pendant près de trois décennies, le Japon a occupé une place importante dans la finance mondiale. La Banque du Japon a maintenu des taux d’intérêt proches de zéro, parfois négatifs, dans un environnement marqué par une croissance faible, une inflation quasi inexistante et une démographie en déclin.

Ce régime de taux extrêmement bas n’a pas seulement soutenu l’économie japonaise. Il a aussi joué un rôle stabilisateur à l’échelle mondiale.

Tant que les rendements japonais restaient proches de zéro sur toute la courbe, les investisseurs japonais étaient incités à placer leur épargne à l’étranger, notamment aux États-Unis et en Europe. Le Japon est ainsi devenu l’un des plus grands exportateurs nets de capitaux au monde, contribuant à contenir les taux longs internationaux.

Source : world government bonds.

Mais ce régime est aujourd’hui sous tension. Le Japon connaît désormais une inflation importée. La faiblesse du yen renchérit les importations d’énergie et de matières premières, ce qui alimente la hausse des prix domestiques.

Dans le même temps, le gouvernement japonais a adopté une orientation budgétaire plus expansionniste, avec des dépenses accrues pour soutenir le pouvoir d’achat et l’activité.

Ce double mouvement change les anticipations des marchés. Une inflation plus élevée réduit la marge de manœuvre de la Banque du Japon pour maintenir des taux durablement bas.

Une politique budgétaire expansionniste, dans un pays déjà très endetté, alimente l’anticipation de déficits plus importants et donc de nouvelles émissions de dette publique.

C’est ici que la mécanique obligataire devient centrale. Lorsque l’État émet davantage d’obligations, l’offre de titres sur le marché augmente. Si la demande n’augmente pas au même rythme, les prix des obligations baissent. Or, le rendement d’une obligation évolue en sens inverse de son prix.

Prenons un exemple simple. Une obligation japonaise verse un coupon annuel fixe de 3 yens pour une valeur faciale de 100 yens. Si cette obligation s’échange à 100 yens, son rendement est de 3%. Si, en raison d’une hausse de l’offre, son prix baisse à 90 yens, l’investisseur paie 90 aujourd’hui pour recevoir toujours 3 yens par an.

Le rendement passe alors d’environ 3% à 3,3%. Il augmente non pas parce que le coupon change, mais parce que le prix d’achat est plus bas.

C’est exactement ce qui se produit aujourd’hui sur le marché japonais. Les anticipations d’émissions de dette font baisser les prix des obligations et monter les rendements, en particulier sur les maturités longues. Ainsi, la courbe des taux japonaise se redresse et se tend, atteignant des niveaux inédits depuis des décennies.

Ce mouvement ne reste pas confiné au Japon. Lorsque les rendements domestiques augmentent, les investisseurs japonais réévaluent leurs arbitrages. Les actifs japonais deviennent plus attractifs, sans risque de change et avec un risque souverain perçu comme faible. Certains investisseurs rapatrient alors une partie de leurs capitaux placés à l’étranger.

Pour rapatrier ces capitaux, il faut vendre des actifs étrangers, notamment des obligations américaines et européennes. Ces ventes font baisser le prix de ces obligations sur les marchés internationaux, ce qui entraîne mécaniquement une hausse des taux longs aux États-Unis et dans l’Union européenne.

Autrement, lorsque les obligations déjà en circulation offrent des rendements plus élevés, les émetteurs doivent proposer des taux plus attractifs sur les nouvelles émissions pour trouver preneur, ce qui entraîne une hausse générale des taux longs.

Ce canal de transmission est purement financier, mais ses effets sont macroéconomiques.

Une hausse des taux longs américains et européens durcit les conditions de financement. Elle renchérit le coût de la dette publique, pèse sur l’investissement privé et fragilise les valorisations des actifs financiers. Les marchés actions, le crédit et certains segments plus risqués deviennent plus vulnérables.

-oOo-

JGB : Japanese Government Bonds (obligations d’État japonaises).

L’or bat un nouveau record à 4.881 dollars l’once

Le marché mondial de l’or a connu une envolée spectaculaire ce mercredi 21 janvier 2026. Le prix du métal jaune a dépassé 4.881 dollars l’once, établissant un nouveau record historique, avant de se replier légèrement.

Cette progression s’inscrit dans une semaine déjà marquée par une hausse cumulée de plus de 6% du cours de l’or, dans un environnement de grande nervosité sur les marchés financiers.

L’ensemble des marchés des métaux précieux a été soutenu par une dynamique similaire. L’argent a atteint un niveau record au-dessus de 95 dollars l’once, tandis que le platine s’est élevé à près de 2520 dollars avant de modérer ses gains, ce qui illustre l’ampleur du mouvement vers les actifs perçus comme des valeurs refuges.

Les facteurs derrière la flambée de l’or

Les raisons sous-jacentes de cette envolée sont multiples mais convergent vers trois facteurs principaux. Le premier facteur est l’intensification des tensions géopolitiques liées au débat international sur le Groenland et aux frictions commerciales entre les États-Unis et leurs partenaires européens.

Le deuxième facteur est le recul du dollar américain. Un dollar plus faible rend l’or libellé en dollars mécaniquement moins coûteux pour les investisseurs détenant d’autres devises, ce qui renforce la demande pour l’or.

Le repli du dollar est en partie lié à des anticipations de futures baisses de taux aux États-Unis et à des interrogations sur la trajectoire de la politique monétaire américaine.

Le troisième facteur tient aux fondamentaux économiques plus larges, notamment l’augmentation de l’aversion au risque dans un contexte d’incertitudes persistantes sur la croissance mondiale, l’inflation et les marchés obligataires.

Ce climat de stress financier, associé à de possibles ajustements de politique monétaire, augmente l’attrait des actifs non rémunérateurs comme l’or pour les investisseurs cherchant à préserver leur capital.

Il convient de noter qu’à court terme, ce type de sommet peut être suivi de phases de consolidation ou de prises de bénéfices avant qu’un nouveau cycle haussier ne s’installe.

L’évolution des prix dans les prochains jours dépendra notamment de l’actualité géopolitique, en particulier de ce qui se passera à Davos, ainsi que des décisions des grandes banques centrales, notamment la Banque du Japon, qui tiendra sa réunion de politique monétaire le 23 janvier 2026.

Produits du terroir. Les coopératives marocaines en vitrine à Berlin

Le Royaume dispose d’un pavillon de 623 m², l’un des plus importants du salon. 20 coopératives issues des 12 régions du pays y présentent une panoplie de produits, dans un espace regroupant également des pays comme la Pologne, la Tchéquie, la Norvège, la Suède, le Brésil, le Portugal ou le Sri Lanka.

Le pavillon marocain a été inauguré le vendredi 16 janvier par le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, en présence du ministre allemand de l’Agriculture, Alois Georg Josef Rainer, ainsi que de représentants diplomatiques et de responsables institutionnels.

Les retombées économiques

Interrogée par Médias24 sur l’impact concret de la participation à la Semaine verte de Berlin sur les revenus des coopératives, Ghita El Ghorfi, directrice générale de Morocco Foodex, met en avant des résultats immédiats et mesurables.

Selon elle, la présence marocaine sur le salon répond à une demande réelle du marché européen, en particulier pour les produits du terroir.

« Aujourd’hui, on a une vingtaine de coopératives présentes. On reçoit beaucoup plus de demandes, mais l’espace ne permet pas d’en accueillir davantage. Le premier indicateur, c’est que les produits marocains, notamment les produits du terroir, sont très connus et très demandés ici », explique-t-elle.

« On est situés à l’entrée du salon, ce qui offre une très bonne visibilité. Les coopératives réalisent un chiffre d’affaires concret pendant le salon », poursuit notre source.

Pour ce qui est des retombées commerciales à moyen terme, Ghita El Ghorfi indique que la participation au salon permet à certaines coopératives marocaines de conclure des accords commerciaux.

« Certaines coopératives arrivent à faire du business après le salon, notamment avec des grandes surfaces ou des revendeurs en Allemagne », précise-t-elle.

Sur les critères de sélection des coopératives participantes, la responsable de Foodex évoque en priorité les exigences réglementaires liées à l’export.

« Le premier critère, c’est la conformité à la réglementation pour l’exportation. Il y a un certain nombre de normes à respecter, et on essaie d’être très rigoureux pour fiabiliser l’origine marocaine et être irréprochables sur ce plan », indique-t-elle.

La sélection vise également une certaine diversité de l’offre. « On cherche à diversifier. Des produits classiques, mais aussi des produits un peu plus novateurs. Et chaque année, on essaie de donner la chance à de nouvelles coopératives », ajoute la DG de Foodex.

Sur la capacité des coopératives présentes à répondre à des commandes à l’export, Ghita El Ghorfi souligne que les situations varient selon les structures.

« Pas toutes, bien sûr. Certaines ont la capacité, en termes de travail et de capital, de fournir des volumes à l’export, mais ce n’est pas le cas de l’ensemble ».

Elle précise toutefois que l’objectif de la participation ne se limite pas aux seules structures déjà prêtes à exporter.

« Le but n’est pas de ramener uniquement des coopératives qui exportent déjà ou celles qui ont cette capacité. Certaines participent aussi à l’image du Maroc et à la valorisation du modèle coopératif », souligne-t-elle.

Selon elle, le salon constitue souvent une première étape dans un processus de montée en gamme. « Certaines coopératives viennent, puis grandissent progressivement. Lorsqu’elles perçoivent un potentiel, elles peuvent s’agréger avec d’autres coopératives », conclut-elle.

Ce qu’en disent les coopératives exposantes

Médias24 a également sondé l’avis de quelques coopératives participantes.

Parmi ces coopératives, Tigmi Ouargan, basée à Guelmim et active dans les produits alimentaires et cosmétiques. La coopérative produit notamment de l’amlou et de l’huile d’argan.

Présente depuis plus de 14 ans au sein de la coopérative, Yamina Hammou participe pour la première fois à un salon international. Jusqu’ici, Tigmi Ouargan avait surtout pris part à des événements nationaux, dont le SIAM à Meknès.

« C’est ma première participation à un salon à l’étranger. J’ai déjà exposé au Maroc, mais Berlin représente une grande opportunité pour nous », indique-t-elle.

La coopérative regroupe aujourd’hui 5 femmes, toutes impliquées dans les différentes étapes de production.

Autre coopérative rencontrée, Tighzratine, présidée par Khadija Elhamss, est implantée dans la province de Taza. Créée en 2011, la coopérative est spécialisée dans la production et la commercialisation d’amandes naturelles et brutes, sans transformation.

Pour la présidente, la participation à la Semaine verte constitue une première expérience à l’international. « C’est ma première sortie à l’étranger, même si j’ai déjà participé à plusieurs salons au Maroc », indique-t-elle.

Elle estime que ce type d’événement offre une visibilité importante aux produits marocains et crée des opportunités concrètes. « Le salon permet de faire connaître nos produits et d’ouvrir des perspectives commerciales. J’ai déjà pu réaliser quelques ventes », précise-t-elle.

La coopérative emploie aujourd’hui 69 collaboratrices, un chiffre qui illustre le rôle économique et social de ces structures dans les zones rurales.

« La coopérative est une source de revenus pour beaucoup de femmes de la région », souligne Khadija.

Une autre coopérative, implantée à Dakhla et spécialisée dans la production du couscous aux cinq céréales, a également été sondée par nos soins. Présidée par Fatma Lghalia Charraradi, celle-ci est habituée des salons et cumule plusieurs participations aux niveaux national et international.

Fatma a pris part à des événements au Maroc, mais aussi en Allemagne à deux reprises, ainsi qu’en Suisse, en France, en Italie, en Espagne et aux Émirats arabes unis.

Pour elle, l’impact de ces salons est important. « Que ce soit au Maroc ou à l’étranger, les salons sont bénéfiques. Ils ouvrent des opportunités de partenariats et de réseautage, y compris avec d’autres coopératives marocaines », explique-t-elle.

« Nos produits sont 100% naturels et reflètent un savoir-faire traditionnel que nous cherchons à valoriser à l’international », conclut la présidente.