Dans la tête d’un hacker : « Rien n’est jamais totalement sécurisé »

Il était hacker. Aujourd’hui, il est influenceur en cybersécurité et investigateur de cybercrimes. Sankarraj Subramanian était sur le plateau de Médias24 pour témoigner de ce qui se passe dans la tête d’un pirate informatique.

Et le mindset du hacker : traquer la faille, coûte que coûte. « L’état d’esprit d’un hacker, c’est de chercher ce qu’il peut vous prendre : vos données, votre argent ou votre réputation. Il ne part jamais du principe que quelque chose est sécurisé. Au contraire, il est toujours à l’affût de la faille, même infime », explique Sankarraj Subramanian.

Selon lui, il existe deux grands types d’attaques. « Les attaques financières, qui visent directement vos ressources bancaires, et les non-financières, qui ciblent vos données ou cherchent à vous nuire ».

Et de prévenir : « Vous pouvez investir des millions dans la cybersécurité. Il suffit de 0,01% de vulnérabilité pour que tout s’effondre. Une fois que le hacker entre, il n’y a plus de retour en arrière ».

Ne jamais cliquer sur un lien

Notre interlocuteur distingue deux approches : les attaques ciblées, menées avec méthode contre une victime spécifique, et les attaques massives, basées sur le volume.

« Un mass hacker envoie 100 e-mails ou messages pour voir qui mord à l’hameçon. C’est comme jeter un filet de pêche : il prend ce qu’il attrape. Le hacker ciblé, lui, suit une méthode. Il collecte vos infos, trouve vos réseaux sociaux, puis envoie un lien en apparence anodin », poursuit-il.

Un lien YouTube, une interview soi-disant professionnelle… et en arrière-plan : « Je peux activer votre caméra, exporter vos contacts, écouter vos conversations. Tout cela sans que vous vous en rendiez compte. C’est pourquoi il ne faut jamais cliquer sur un lien, même si la personne semble fiable », recommande cet enquêteur en cybercriminalité.

Hacker éthique vs hacker criminel : une frontière claire

Il insiste sur la différence fondamentale entre les deux profils. « Le hacker criminel cherche à nuire. Le hacker éthique, lui, connaît les mêmes techniques, mais il les utilise pour protéger, au sein des entreprises. C’est comme un policier qui pense comme un criminel, mais œuvre pour le bien ».

Présent au GITEX Africa 2025, il se réjouit de la montée en puissance des enjeux cyber sur le continent. « Après Dubaï, je découvre ici une forte implication du public et des professionnels. Ces événements créent une prise de conscience essentielle pour les économies en croissance comme celles d’Afrique ».

Pourquoi certaines organisations sont-elles ciblées ?

Interrogé sur le cas de la CNSS, l’attaque récente contre la Caisse au Maroc illustre, selon lui, un phénomène récurrent. « Quand une organisation centralise toutes ses données, elle devient une cible de choix. Centraliser n’est pas une mauvaise chose en soi, mais cela exige des mécanismes de protection solides ».

Pour lui, les erreurs humaines sont souvent à l’origine des vulnérabilités, même au sein des entreprises les mieux protégées. « Il n’existe aucun correctif contre la vulnérabilité humaine. Un clic sur un lien piégé suffit. J’ai vu une société russe, mandatée par l’État pour traquer des hackers, se faire elle-même pirater parce qu’un employé a ouvert un mauvais e-mail ».

Et de poursuivre, « Un message avec une offre de 60% de réduction sur Amazon suffit à piquer la curiosité. Le but, c’est de vous faire cliquer. C’est tout ».

Ses conseils pour rester à l’abri : lucidité et hygiène numérique

Son message de fin est clair : « Internet est un lieu dangereux. Rien n’y est réellement sûr. Il faut le savoir, l’accepter et adapter son comportement en conséquence ».

Quelques règles simples :

« Pas besoin d’être experts en cybersécurité. Suivez quelques règles de base, et vous serez déjà bien mieux protégés ».

Gitex. Maroc Digital 2030. Former 100.000 talents numériques : le rôle des universités

Alors que le Maroc s’est fixé pour objectif de former 100.000 talents numériques par an d’ici 2030 dans le cadre de sa stratégie Maroc Digital, les universités sont appelées à jouer un rôle central dans cette transformation.

Pour Amine Bensaïd, président de l’Université Al Akhawayn, cette ambition ne peut être atteinte sans une mobilisation collective de l’ensemble du système éducatif, qu’il soit universitaire ou professionnel.

« C’est un défi national. Tous les types de formation sont concernés. Il ne s’agit pas uniquement d’augmenter le nombre d’ingénieurs ou de diplômés en informatique dans les universités, mais aussi de proposer des formations courtes, flexibles, qui répondent à des besoins ponctuels et évolutifs du marché », souligne-t-il.

À l’échelle de son établissement, cette dynamique est déjà bien engagée. L’Université Al Akhawayn a revu à la hausse ses capacités d’accueil dans les filières numériques, lancé de nouvelles spécialités, et renforcé ses partenariats avec le secteur privé pour mieux coller aux exigences du terrain.

Dans cette course aux talents, le Maroc mise également sur l’ouverture. La stratégie prévoit la mise en place d’un visa « tech » destiné à attirer les compétences étrangères. Une initiative que le président d’Al Akhawayn accueille positivement : « Il ne faut pas voir cela comme une concurrence aux talents locaux, mais comme une opportunité de créer une émulation, d’élever le niveau global. L’essentiel est de garantir que nos jeunes soient suffisamment bien formés pour rester compétitifs, même dans un environnement plus ouvert».

C’est dans cet esprit que l’université a multiplié les initiatives ces dernières années. Plusieurs programmes ont été lancés autour de l’intelligence artificielle, des data sciences, de la fintech ou encore de la cybersécurité.

Ce dernier domaine fait d’ailleurs l’objet d’un partenariat stratégique avec le cabinet Deloitte pour la création d’un master spécialisé. Une formation conçue en réponse à un besoin criant du marché, illustré récemment par les attaques informatiques ayant visé des institutions marocaines. « Ce master a été co-développé avec des professionnels du secteur. Les étudiants y travaillent sur des cas réels, utilisent les mêmes outils que ceux utilisés en entreprise. C’est une façon de réduire le fossé entre la formation académique et les attentes du marché du travail », explique Amine Bensaïd.

Pour le président d’Al Akhawayn, l’enjeu va bien au-delà de la simple actualisation des programmes. Il s’agit d’anticiper les métiers de demain, dans un contexte technologique en mutation constante. Cela implique de mettre en place une veille stratégique active, mais aussi de cultiver chez les étudiants des capacités d’adaptation, de pensée critique, et une culture de l’apprentissage permanent. «Le rôle de l’université n’est plus seulement de transmettre un savoir figé, mais de préparer les jeunes à apprendre tout au long de leur vie».

Dans un monde de plus en plus façonné par l’intelligence artificielle, cette capacité d’adaptation devient essentielle. Certains métiers sont appelés à disparaître, d’autres à émerger. « Il faut accompagner les jeunes, mais aussi les professionnels en poste, à travers des programmes de formation continue certifiants, accessibles, et adaptés à leurs contraintes. »

Alors que le pays s’engage résolument dans la transition numérique, Amine Bensaïd identifie plusieurs leviers essentiels à activer pour en assurer la réussite. D’abord, l’investissement dans les infrastructures éducatives, aussi bien physiques que numériques. Ensuite, une réforme pédagogique de fond, qui privilégie les approches collaboratives, la modularité des formations et l’ancrage dans la réalité professionnelle. Enfin, une revalorisation de l’image des métiers du digital, afin que les jeunes y voient un champ d’opportunités et non une voie technique subie.

À travers l’expérience de son université, le président d’Al Akhawayn incarne cette vision proactive et partenariale de l’enseignement supérieur, au service d’un Maroc numérique, compétent et inclusif.

Gitex. Maroc Digital 2030 : comment passer du discours à l’impact ? (acteurs)

Dans le cadre de son émission spéciale, Médias24 s’est penché sur le virage technologique au Maroc et les enjeux liés à la mise en œuvre de Maroc Digital 2030, la nouvelle stratégie nationale du digital.

Comment ses objectifs seront-ils concrètement atteints, et cette stratégie suffira-t-elle pour rattraper le retard du Maroc dans un secteur en mutation permanente ?

Maroc Digital 2030 : une vision sans plan d’action ?

« C’est une stratégie qui a pris du temps à sortir, mais elle a été globalement bien accueillie au début par l’écosystème. C’est un bon lancement. Maintenant, nous avons beaucoup d’attentes. Comment cette stratégie sera-t-elle déployée sur le terrain ? Est-ce qu’on garantira une continuité, même après un changement de ministre ? Comment cela va-t-il s’appliquer ? », nous répond Hassan Belkhayat, président de la Commission Écosystème Tech à la CGEM.

En l’absence de mécanismes clairs d’intervention, on est en train de rater le coche

« Il y a aussi quelques réserves parce qu’il y a des mécanismes qui ne sont pas clairs. Comment les marchés publics vont-ils être impactés afin de favoriser l’écosystème tech quand on parle de e-gov  ? Comment l’État sera-t-il concrètement impliqué financièrement parlant ? Et comment ces programmes vont-ils être lancés ? Aujourd’hui, ces mécanismes-là ne sont pas encore établis, en tout cas, à notre connaissance, et la frustration vient plutôt du retard que cela prend par rapport à la stratégie qui a été dévoilée », précise-t-il.

« Le plan d’action lui-même n’a pas été défini, mais en tout cas, il y a des annonces qui ont été faites sur la 5G, sur la partie infrastructures de façon générale. Les ambitions sont là. C’est clair… Mais ce qui est important à comprendre, c’est qu’aujourd’hui, le monde évolue très vite et qu’en revanche, en l’absence de mécanismes clairs d’intervention, on est en train de rater le coche”, fait savoir en outre Hassan Belkhayat.

Quid des start-up ?

Des zones d’ombre de la stratégie Maroc Digital 2030 existent, mais il y a aussi des leviers positifs. L’un des points forts mis en avant, dans la stratégie, c’est le soutien accru aux start-up digitales : un label national, des bourses, un accès facilité à la commande publique et privée.

« C’est une stratégie, aujourd’hui, qui consacre tout un axe sur l’écosystème numérique et l’importance [du rôle] que doivent jouer les start-up sur la mise en place justement de ces nouvelles solutions technologiques basées sur l’IA », affirme de son côté Lamiaa Benmakhlouf, directrice générale de Technopark Maroc.

« Mais, bien évidemment, il faut bien qu’on les accompagne. Donc la stratégie a été très ambitieuse en termes d’objectifs déjà. Atteindre 3.000 start-up en 2030 et révéler une ou deux licornes à l’horizon 2030, c’est beaucoup de travail qui doit être fait par l’ensemble des acteurs », affirme notre invitée.

On l’a toujours dit, même avant cette stratégie. On ne peut pas juste financer sans accompagner

« En commençant par l’accès au financement avec des dispositifs de financement qui sont adaptés à toutes les phases de développement de la start-up, de la bourse de vie pour les salariés qui veulent se convertir en start-up jusqu’aux subventions, prêts d’honneur et financements. Le financement doit être absolument jumelé à l’accompagnement. On l’a toujours dit, même avant cette stratégie. On ne peut pas juste financer sans accompagner. C’était l’une des erreurs qui avait été faite au préalable. On donnait de l’argent, on prêtait, on subventionnait, mais c’était des fois de l’argent perdu ».

« Cet accompagnement aussi n’est pas complet quand il n’y a pas la facilitation à l’accès au marché. Il faut que ces start-up aient une vocation internationale, mais d’abord elles doivent avoir des références au niveau local. Donc le marché marocain doit au moins se porter comme un marché test, comme un marché de premier déploiement de ses solutions avant de rêver de les internationaliser. Et cette stratégie Maroc 2030 envisage des mécanismes justement pour que ces entreprises soient des entreprises globales et pas seulement locales ».

« Si on veut vraiment atteindre ces objectifs, il faut qu’il y ait une réglementation spécifique à la start-up, qu’on puisse avoir ce label qui va pouvoir lui permettre de bénéficier d’un certain nombre de mesures et d’accompagnement. Il faut qu’on lui ouvre le marché. Cela dit, la préférence nationale doit être effective. On en a parlé depuis longtemps, mais on ne l’observe pas réellement », souligne en outre Lamiaa Benmakhlouf.

Un an après l’intégration de Webhelp, Concentrix mise sur l’innovation avec un deuxième tech lab au Maroc

Racheté en avril 2023 par l’Américain Concentrix, Webhelp est l’un des acteurs majeurs de la gestion de la relation client au Maroc. Un an plus tard, quel bilan au Maroc pour les activités de Concentrix+Webhelp, commercialisé aujourd’hui sous le nom Concentrix ?

Redouane Mabchour, directeur général Maghreb chez Concentrix, répond à nos questions.

« L’opération d’intégration est positive. C’est le premier point à retenir. Nous en sommes ravis, d’autant que nous sommes promis à un avenir radieux. Le merging entre Concentrix et Webhelp a été marqué par plusieurs étapes significatives. L’objectif était d’associer nos ressources et nos forces respectives locales afin d’améliorer la qualité de nos services, d’élargir notre portefeuille de solutions et d’étendre notre présence hors de la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique), notamment en renforçant notre position sur le marché américain », se félicite notre interlocuteur.

En effet, le rapprochement entre ces deux leaders outsourcing a largement bénéficié aux activités du groupe au Maroc.

L’étendue de notre présence sur les marchés américain et nord-américain a largement bénéficié à nos activités au Maroc

« L’étendue de notre présence sur les marchés américain et nord-américain a largement bénéficié à nos activités au Maroc, en sachant que l’outsourcing au Maroc était axé ces vingt-trois dernières années sur le marché français. Nos activités au Maroc se sont également diversifiées. Nous sommes passés de la relation client à l’expérience client, qui apporte plus de valeur ajoutée, sans oublier de citer l’intégration de nouveaux métiers dans le domaine des services IT et des technologies de manière un peu plus large ».

11.000 collaborateurs dans quatre régions marocaines 

Le groupe compte aujourd’hui environ 11.000 collaborateurs au Maroc. « Cela fait de nous un acteur outsourcing leader sur place. Nous sommes présents dans quatre régions. D’abord à Rabat-Salé-Kénitra où nous sommes installés depuis 23 ans et où se trouve notre siège. Nous sommes également présents à Fès-Meknès, qui compte un nombre important d’étudiants et où l’expertise est remarquable, ainsi qu’à Agadir et à Marrakech. Cette dernière est la zone d’implantation la plus récente où nous comptons aujourd’hui près de 1.500 collaborateurs. Elle a réussi à progresser en seulement trois ans grâce à son multilinguisme. Nous comptons par ailleurs des collaborateurs à distance qui travaillent hors site. 20% à 25% de nos collaborateurs marocains sont en télétravail », note Redouane Mabchour.

Nous cherchons à étendre davantage notre présence au Maroc et à continuer d’y investir, non pas pour une question de coût ou de compétitivité, mais pour la valeur ajoutée que nous apportons dans le secteur

« Nous cherchons à étendre davantage notre présence au Maroc et à continuer d’y investir, non pas pour une question de coût ou de compétitivité, mais pour la valeur ajoutée que nous apportons dans le secteur ».

À notre question sur le chiffre d’affaires généré en 2024 par Concentrix et Webhelp au Maroc, Redouane Mabchour reste discret, mais reconnaît que l’outsourcing au Maroc connaît, plus globalement, une forte croissance.

« Le groupe ne communique pas ses chiffres par pays ou par activité. En 2024, notre chiffre d’affaires global a atteint 9,6 milliards de dollars. Ce qui est évident, c’est que l’outsourcing au Maroc, plus globalement, qu’il s’agisse du business process outsourcing (BPO), de la gestion de la relation client (CRM) ou de l’IT, est en forte croissance. Environ 18 MMDH ont été générés par l’outsourcing au Maroc en 2023, selon les données de l’Office des changes, tandis que la Stratégie Maroc digital 2030 table sur 40 MMDH dans les trois prochaines années ».

Des perspectives prometteuses pour le Maroc

Quid des perspectives du groupe au Maroc ? « Nous avons une feuille de route, une vision et une stratégie sur les trois ans à venir, voire à plus long terme, qui sont claires. Nous avons de grands objectifs et de grandes ambitions. Est-ce que, même après le rachat, nous continuerons à investir dans un pays comme le Maroc ? La réponse est oui, sans aucun doute », précise le directeur général Maghreb chez Concentrix.

Nous comptons introduire et investir de plus en plus dans toutes les technologies de pointe pour former nos collaborateurs et donner de la valeur ajoutée à nos clients

« Nous souhaitons renforcer davantage nos capacités opérationnelles et élargir nos offres de services, notamment dans les services IT. Nous comptons introduire et investir de plus en plus dans toutes les technologies de pointe pour former nos collaborateurs et donner de la valeur ajoutée à nos clients. Nous épousons parfaitement la Stratégie digitale 2030 du Maroc, que nous considérons comme un levier pour y arriver ».

Parmi ces investissements figure la création d’un deuxième tech lab d’une portée plus importante, qui sera inauguré lors du Gitex Africa 2025.

« Nous disposons d’un premier tech lab de renommée mondiale à Salé. C’est un site de dernière génération qui bénéficie à 1.400 collaborateurs. Grâce à ce deuxième tech lab, nous allons pouvoir aller un peu plus loin, puisque nous allons pouvoir former et acculturer aux nouvelles technologies même des gens de l’extérieur, notamment des start-up et des partenaires. La portée de ce nouveau tech lab sera plus importante, car elle sera à la fois interne et externe ».

« Nous accordons une attention particulière à nos investissements au Maroc. Le Maroc reste un pays important pour nous, car nos besoins en vélocité, rapidité, dynamisme, appétence intellectuelle et technologique, y sont satisfaits. Nous sommes ainsi heureux de pouvoir continuer à opérer au Maroc », conclut le directeur général Maghreb chez Concentrix.

Études en médecine : les ministères de tutelle promettent d’élargir les terrains de stage

Dans une note conjointe adressée aux doyens des facultés de médecine et de pharmacie, aux directeurs des centres hospitaliers universitaires (CHU) et aux directeurs régionaux de la Santé et de la protection sociale, les ministères de tutelle convoquent des réunions de coordination, dans les plus brefs délais, pour l’activation du décret n° 2.24.687 relatif à la supervision et à l’encadrement des stages dans les établissements de santé constituant les groupements sanitaires territoriaux (GST).

Une décision qui s’inscrit dans le cadre de l’élargissement des terrains de stage, une des principales revendications des étudiants en médecine. Les réunions ont pour objectif de définir les besoins en formation pratique dans les métiers de la santé, notamment en ce qui concerne les espaces dédiés aux stages, les modalités d’organisation et de répartition des stages et les listes des superviseurs et des encadrants.

Un signal de bon augure 

L’initiative est bien accueillie par les étudiants en médecine qui y voient un signal de bon augure pour l’activation des points convenus lors de la signature du procès-verbal. Signé le jeudi 7 novembre 2024 entre le gouvernement et le corps étudiant, ce PV a mis fin à la plus longue grève des étudiants en médecine au Maroc.

« Effectivement, l’élargissement des terrains de stage, suite à l’augmentation des places pédagogiques, fait partie des demandes émises par les étudiants en médecine. C’est un bon signal, mais encore faut-il qu’il soit activé sur le terrain, affirme une source estudiantine à Médias24.

La paix sociale a effectivement regagné les campus des facultés de médecine où un retour progressif à la normale est aujourd’hui observé depuis la signature du PV. Mais la transition post-boycott n’est pas totalement fluide.

Les étudiants en médecine demandent, à ce titre, une réunion avec les ministères de tutelle pour faire le suivi des points convenus, mais également pour soulever de nouveaux points problématiques, dont le retard du versement des bourses et des indemnités d’externat aux étudiants.

« Nous attendons toujours un retour de la part des ministères de tutelle pour tenir cette réunion. Peut-être que cela va se faire dès que les représentants des étudiants finiront leurs examens. Nous restons ouverts au dialogue », insiste notre source.

« Fraises marocaines contaminées » : une ancienne rumeur qui refait surface

Un enregistrement audio appelant à éviter les fraises marocaines du fait de leur supposée contamination par le virus de l’hépatite circule en ce moment sur les réseaux sociaux. Joint par nos soins, l’ONSSA nous confirme qu’il s’agit d’une ancienne rumeur qui date de mars 2024. En effet le même audio avait été diffusé il y a un an, juste avant le Ramadan.

« Suite aux rumeurs et fausses informations circulant sur certains sites et réseaux sociaux prétendant la présence du virus de l’hépatite A dans les fraises marocaines, malgré les démentis et clarifications précédents émanant de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), sur la base des analyses minutieuses réalisées, et compte tenu de la persistance de ces informations erronées dénuées de tout fondement, émanant d’entités visant à ternir la réputation des produits agricoles marocains, le ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, réfute catégoriquement la véracité de ces rumeurs », indiquait alors un communiqué du ministère.

Ce dernier se réserve le droit de prendre des mesures légales contre les diffuseurs de ces fausses informations et de lutter contre les diverses sources qui propagent des rumeurs infondées sur les produits agricoles nationaux, conformément aux lois en vigueur, et encourage les consommateurs à faire preuve de prudence et à se référer aux sources officielles pour obtenir toute information concernant la sécurité alimentaire.

Un contrôle rigoureux 

Face aux informations circulant à nouveau sur la salubrité des fraises marocaines, l’ONSSA affirme que la filière des fruits rouges au Maroc est soumise à un contrôle rigoureux garantissant la sécurité sanitaire de ces produits.

« Tous les opérateurs du secteur des fruits rouges sont autorisés par l’ONSSA. Ils sont régulièrement inspectés afin de garantir leur conformité aux normes sanitaires et réglementaires en vigueur. Chaque année, l’ONSSA met en œuvre un plan national de contrôle des fruits rouges durant la campagne de production et de commercialisation », explique l’office à Médias24.

« En 2024, près de 700 échantillons ont été prélevés et analysés au niveau des champs, dans les stations de conditionnement et en grande distribution. Tous les résultats ont confirmé la conformité aux normes sanitaires, notamment en matière de résidus de pesticides et de critères microbiologiques (absence de Salmonelles, Coliformes fécaux, Escherichia coli, Hépatite A, Norovirus) ».

Aucune alerte sanitaire sur les fruits rouges marocains

Le contrôle sanitaire à l’exportation est aussi rigoureux, insiste l’ONSSA. « En 2024, 48.600 certificats phytosanitaires ont été délivrés pour l’exportation des fraises, framboises, myrtilles et mûres. Près de 160.000 tonnes ont été exportées vers l’Union européenne, l’Asie, la Russie, le Canada, les États-Unis et l’Afrique, répondant aux exigences internationales les plus strictes ».

« Le système d’alerte rapide (RASFF) de l’Union européenne n’a émis aucune notification concernant les fruits rouges marocains durant la campagne agricole actuelle. L’Union européenne a mené un audit en 2023 sur le contrôle des contaminations microbiologiques des fruits rouges exportés vers l’UE. Cet audit a conclu à une évaluation très satisfaisante, confirmant ainsi la qualité irréprochable des fruits rouges marocains », précise en outre l’ONSSA.

Une alerte espagnole à l’origine de la rumeur

À l’origine de la rumeur qui a refait surface, une alerte sanitaire du Rapid Alert System for Food and Feed (RASFF) déclenchée à la suite d’une notification émise le 4 mars 2024 par l’Espagne, faisant état de la détection de la présence du virus de l’hépatite A dans des fraises importées du Maroc. Les analyses avaient révélé un risque qualifié de « sérieux ».

Les services de l’ONSSA avaient alors ouvert une enquête auprès de la société exportatrice concernée afin de vérifier la traçabilité et les auto-contrôles. Des échantillons de fruits rouges avaient été prélevés et envoyés au laboratoire agréé pour des analyses microbiotiques approfondies.

« Les analyses relatives à l’hépatite A et au norovirus s’étaient révélées négatives, et aucune contamination des eaux souterraines n’a été détectée. De plus, les employés de l’exploitation sont soumis à un contrôle strict pour garantir la sécurité sanitaire », indiquait l’ONSSA.

La société dont les fraises ont fait l’objet de l’alerte sanitaire du RASFF ne dessert pas le marché national, nous précisait antérieurement l’ONSSA, notant que celle-ci se contente uniquement de l’export.

« Les fraises marocaines commercialisées sur le marché local sont toutes conformes selon le plan de surveillance et de contrôle de l’ONSSA. L’Office dispose d’un plan de contrôle et de surveillance sur l’année. Des sorties d’inspection sont effectuées régulièrement, au niveau des fermes, des stations de conditionnement…, où des échantillons sont prélevés », rassurait l’ONSSA.

Attaques contre les produits agricoles marocains en Europe

Les produits agricoles marocains ont fait l’objet ces derniers mois d’une hostilité inquiétante en Europe.

Ces derniers sont ciblés à différents niveaux. Les camions transportant les fruits et légumes marocains sont menacés, retardés et parfois même attaqués, et les marchandises détruites. L’autre terrain sur lequel les produits marocains sont dénigrés est celui du « sanitaire » et de « la conformité ».

Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait en effet exprimé l’inquiétude du Maroc vis-à-vis de l’installation d’une certaine géopolitique de la peur et du rejet en Méditerranée.

« Si je prends le problème de l’agriculture, qui est aujourd’hui posé sur la table, on s’attaque aux produits agricoles venant du Sud, mais on oublie deux choses. […] L’Union européenne exporte plus vers le Maroc de produits agricoles, céréales et autres […], avec un excédent de près de 600 millions d’euros. Donc, mettre la pression sur les produits du Sud n’est pas juste. Le libre-échange lui-même était une initiative européenne. Aujourd’hui, l’Union européenne réalise un excédent de 10 milliards d’euros avec le Maroc. Et donc, il faut rappeler ces chiffres pour dire que le libre-échange ne peut pas être à la carte », a-t-il plaidé.

Le commentaire du chef de la diplomatie soulève une question de fond. Ne ferait-on pas face à un protectionnisme pur et dur de la part des pays européens qui, pour empêcher les produits des pays tiers d’intégrer leur marché, cherchent à les décrier en durcissant les normes ?

Atriplex, une plante fourragère résistante à la sécheresse en pleine expansion au Maroc

Entre février 2023 et février 2025, pas moins de 23 marchés ont été lancés pour les travaux de plantation d’Atriplex et le suivi de ces travaux, selon des données non exhaustives compilées par Médias24.

Ces appels d’offres ont concerné différentes régions du Maroc, notamment l’Oriental (Figuig), Rabat-Salé-Kénitra (Sidi Kacem, Khémisset), Marrakech-Safi (Essaouira, Safi, Rehamna), Drâa-Tafilalet (Midelt) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (Tétouan).

La superficie totale à planter est de 5.213 ha.

Pourquoi le Maroc augmente-t-il ses superficies plantées en Atriplex ?

L’arbuste fourrager privilégié au Maroc

L’Atriplex ou arroche nummularia est une espèce végétale arbustive fourragère.

« L’Atriplex est l’arbuste fourrager privilégié, en termes de plantation, au Maroc, depuis le lancement des opérations d’amélioration pastorale. Les premières plantations ont été initiées dans l’Oriental. Aujourd’hui, ces opérations se généralisent. L’Atriplex est aujourd’hui planté dans d’autres régions comme Marrakech-Safi (Rehamna), Guelmim-Oued Noun et Rabat Salé-Kénitra (Khémisset) », explique à Médias24 Jaouad Zemamou, ingénieur pastoral.

Pour une bonne production, la pluviométrie doit être supérieure ou égale à 250 mm. Mais l’Atriplex peut même survivre avec des précipitations annuelles de 100 mm seulement

Hautement adaptée aux zones arides et semi-arides, cette plante a l’avantage de résister à la sécheresse, même si elle a besoin d’un minimum d’eau. « Pour une bonne production, la pluviométrie doit être supérieure ou égale à 250 mm. Mais l’Atriplex peut survivre avec des précipitations annuelles de 100 mm« , précise Jaouad Zemamou.

« L’Atriplex réalise son cycle sur deux ans. Des systèmes d’irrigation sont installés au moment de la mise en terre, en attendant la croissance de la plante. Une fois qu’il a poussé, l’Atriplex devient tributaire des conditions climatiques ».

Intégrer des compléments alimentaires pour une nutrition animale complète

Consommée davantage par le cheptel ovin, il s’agit d’une plante riche en protéines et en fibres, mais faible en valeur énergétique, souligne notre interlocuteur.

Seulement 2,5 à 3 kg de matière sèche peuvent en effet être extraits d’une plante Atriplex, de quoi répondre aux besoins alimentaires quotidiens d’un seul animal d’élevage« Elle ne permet donc pas de couvrir la totalité des besoins alimentaires du bétail. Elle peut constituer un aliment fourrager de base, mais elle doit de préférence être accompagnée d’un complément alimentaire, comme l’orge ou le foin, lors du pâturage. Les animaux d’élevage ont en outre besoin d’une ration quotidienne d’eau plus importante quand ils se nourrissent de cette plante, car elle est très concentrée en sel« .

« Il s’agit en outre d’une plante peu productive. Raison pour laquelle elle est plantée sur de grandes superficies, notamment des superficies de 100 ha et plus, afin justement d’améliorer le rendement et d’en faire bénéficier le plus grand nombre d’éleveurs. Seulement 2,5 à 3 kg de matière sèche peuvent en effet être extraits d’une plante Atriplex, de quoi répondre aux besoins alimentaires quotidiens d‘un seul animal d’élevage« .

Une plante aux multiples bienfaits

Au-delà d’être une plante fourragère, l’Atriplex remplit également une autre fonction essentielle : la restauration du sol.

« La plantation de l’Atriplex permet d’améliorer la fertilité du sol et la rétention de l’eau, et de renforcer l’équilibre écologique entre la faune et la flore, favorisant la croissance de la strate herbacée sur laquelle le cheptel pourra se nourrir plus tard », souligne Jaouad Zemamou.

Vitales pour l’élevage pastoral, les terres de parcours se dégradent, notamment à cause de la désertification, qui est à l’origine de la perte moyenne de 30.000 ha de végétation par an, selon l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Pour y remédier, des actions de gestion sont ainsi indispensables, dont la plantation d’arbustes et la formation des éleveurs.

Mais l’efficacité de ces actions dépend de la mise en place d’un suivi spatio-temporel des ressources pastorales. Grâce à ce suivi dit de « télédétection satellitaire », les actions de gestion et de réhabilitation des terres de parcours dégradées sont mieux ciblées.

https://medias24.com/2023/02/21/pastoralisme-comment-preserver-les-terres-de-parcours/

Ryad Mezzour alerte sur les blocages freinant les zones industrielles: foncier, financement, spéculation…

Quatre défis majeurs ont été identifiés au niveau du programme des zones industrielles, comme l’a évoqué Ryad Mezzour devant les membres de la Commission des secteurs productifs à la Chambre des représentants.

Le premier étant la programmation des projets. Le ministre de l’Industrie et du commerce déplore à ce titre :

– La multiplicité des intervenants dans la programmation et la mise en œuvre des projets de zones industrielles.

– La différence dans l’échéance de programmation des projets d’infrastructures industrielles. Les plans d’orientation de l’aménagement urbain s’étendent sur 25 ans, tandis que la programmation des projets de zones industrielles est généralement prévue sur 5 ans.

– La programmation de certains projets de zones industrielles sur des terrains ne disposant ni de l’emplacement ni des qualifications requises pour ce type de projet.

Pour corriger ces dysfonctionnements, Ryad Mezzour fait savoir que le gouvernement coopère et coordonne avec les différents intervenants aux niveaux national et local, en particulier avec le ministère chargé de l’Urbanisme, à travers les commissions de travail conjointes, notamment celles chargées du suivi de l’élaboration des plans d’aménagement urbain, et les conseils régionaux pour l’élaboration des programmes de développement régional.

Le financement et le foncier posent aussi problème

Le coût de réalisation des projets de zones industrielles, en particulier les travaux d’aménagement hors site, est l’autre défi pouvant compliquer la concrétisation de ces projets. Ryad Mezzour évoque en outre le faible engouement du secteur privé pour la réalisation de ce type de projets, en raison de leur rentabilité limitée par rapport aux projets d’aménagement résidentiel, par exemple.

Deux mesures phares ont été initiées à ce titre. Il s’agit notamment de :

– réaliser le maximum de projets de zones industrielles sur des sites facilitant leur raccordement aux différents réseaux (électricité, routes…) ;

– fournir un soutien financier et technique pour la réalisation des projets d’infrastructures industrielles, tout en encourageant le secteur privé à travers le partenariat public-privé et le lancement du Fonds des zones industrielles durables.

La mobilisation du foncier destiné aux projets pose aussi problème. Dans son exposé, le ministre fait état de :

– la hausse du prix d’acquisition du foncier, ce qui impacte le coût global et limite l’attractivité du projet de zone industrielle ;

– la lenteur des procédures liées à la régularisation et à la mobilisation du foncier ;

– l’impact de la spéculation foncière sur le coût d’aménagement des zones industrielles.

Pour surmonter ce défi, Ryad Mezzour affirme travailler avec les différents acteurs locaux pour atténuer ces impacts en choisissant des terrains à coût raisonnable pour l’implantation des projets d’infrastructures industrielles, et en renforçant la concertation avec les autorités locales afin d’accélérer les procédures de régularisation et de mobilisation du foncier.

Défis juridiques du foncier industriel

Autre défi : le cadre juridique relatif au foncier industriel, notamment en ce qui concerne le phénomène de la spéculation foncière et la valorisation des terrains industriels qui ont été cédés.

Le gouvernement a initié deux mesures à ce titre :

– Minimiser la spéculation foncière et encourager la valorisation des terrains industriels par l’adoption de la loi n° 102.21 relative aux zones industrielles, qui permettra de lutter contre la spéculation sur le foncier industriel. Cette loi prévoit des dispositions permettant de récupérer les parcelles de terrain non valorisées.

– Un projet de décret appliquant la loi susmentionnée a été préparé et est actuellement en cours de signature par les parties concernées, après avoir été soumis à la procédure d’adoption.

Le Maroc compte en somme 152 zones industrielles établies sur une superficie globale de 13.626 ha. Quelque 60 projets d’infrastructures industrielles sont aujourd’hui accompagnés par le gouvernement, dont des zones d’accélération industrielle, des zones industrielles et des zones d’activité économique.

L’Ozempic pour « maigrir à tout prix », une tendance controversée qui s’installe au Maroc

Et si une simple injection à domicile permettait de perdre du poids ? Il ne s’agit pas d’une idée fantaisiste car le produit existe bel et bien, et il a un nom : les analogues du GLP-1, ou l’hormone de satiété.

La dulaglutide, l’exénatide, le liraglutide et le sémaglutide sont quelques analogues du GLP-1. Ces molécules, utilisées à l’origine pour traiter le diabète, ont gagné en popularité puisqu’elles permettent également une efficacité en matière de perte de poids, stimulant la sécrétion d’insuline et réduisant l’appétit.

Depuis quelque temps, ces molécules font beaucoup parler d’elles. Le taux d’obésité chez les adultes aux États-Unis est tombé à 40,3% en 2023 contre 41,9% en 2020, selon les autorités sanitaires américaines qui estiment que ces traitements ont pu jouer un rôle.

Un médicament est particulièrement populaire aujourd’hui : Ozempic. Ce traitement par injection, à base de sémaglutide, envahit les réseaux sociaux. Mais il fait aussi l’objet de controverses, eu égard aux complications qu’il peut engendrer.

Une tendance qui s’installe au Maroc

« Les analogues du GLP-1 sont initialement prescrits pour les personnes diabétiques. Mais il existe des analogues du GLP-1 qui sont prescrits également pour les personnes souffrant d’obésité. Ces médicaments ont commencé à être demandés de plus en plus au Maroc aussi. Les demandes seraient généralement initiées par des femmes », explique à Médias24, le Pr Mohamed El Hassan Gharbi, chef du service d’endocrinologie à l’hôpital Ibn Sina de Rabat.

Si l’Ozempic reste l’analogue du GLP-1 le plus populaire à l’échelle mondiale, les Marocains qui se tournent vers des antidiabétiques en vue de perdre du poids ont recours à un médicament de la même famille qui, contrairement à l’Ozempic, est commercialisé au Maroc.

« D’autres analogues du GLP-1 sont commercialisés au Maroc, comme la liraglutide« , fait savoir le Pr Mohamed El Hassan Gharbi.

Cette molécule est présente dans plusieurs médicaments. Mais une seule marque pharmaceutique contenant de la liraglutide est commercialisée aujourd’hui sur le marché national. Il s’agit du médicament Victoza, sous forme d’une boîte de deux stylos préremplis de 3 ml, chaque ml contenant 6 mg de liraglutide, selon la base de données sur les médicaments disponible sur le site de la Direction des médicaments et de la pharmacie (DMP).

Un médicament sur ordonnance 

C’est un médicament qui n’est pas à la portée de tous, puisqu’une seule boîte coûte près de 1.200 dirhams.

« Il est important de souligner que seulement certains antidiabétiques sont prescrits en cas d’obésité. La forme commercialisée au Maroc n’en fait pas partie. Elle est donc moins efficace en termes de perte de poids », tient à souligner le chef du service d’endocrinologie à l’hôpital Ibn Sina de Rabat.

Notre interlocuteur met en garde contre les risques de l’automédication liés à l’utilisation de ces antidiabétiques. « Les antidiabétiques sont prescrits sur ordonnance. Le risque d’effets indésirables augmente quand un médicament est utilisé hors indication ou de façon abusive. L’indication est posée par le médecin. Si le poids est conséquent et que le médecin juge que le malade peut suivre ce traitement et que ce dernier sera efficace pour son cas, dans ce cas-là, oui, l’antidiabétique peut être prescrit pour la perte de poids ».

Perdre du poids, mais à quel prix ?

Ces médicaments ne doivent surtout pas être considérés comme la panacée. S’ils ont démontré une efficacité pour se débarrasser de quelques kilos superflus, ces antidiabétiques ne sont pas sans risque.

Sur X, un utilisateur relate la mésaventure d’une amie avec l’Ozempic.

Une étude évaluant les avantages et les risques liés à l’utilisation des médicaments GLP-1, menée par le Pr Ziyad Al-Aly, médecin et scientifique à la tête d’un centre d’épidémiologie clinique, et son équipe, a effectivement démontré que ces médicaments réduisent les risques de survenue de près d’un quart des pathologies étudiées (42 sur 175), comme Alzheimer ou la démence, les problèmes d’addiction, ou encore certains troubles de la coagulation, pour ne citer que quelques exemples.

Mais les scientifiques ont également constaté que les médicaments GLP-1 entraînent des effets secondaires importants et augmentent le risque de 19 affections, dont certains troubles gastro-intestinaux, les calculs rénaux ou la pancréatite aiguë (une pathologie se traduisant par une inflammation et un dysfonctionnement du pancréas).

« Ces effets indésirables, ainsi que, dans certains cas, le coût exorbitant de ces médicaments, expliqueraient pourquoi un grand nombre de patients arrêtent leur traitement. Cet abandon est problématique, car il peut s’accompagner d’une prise de poids rapide. L’obésité est en effet une maladie chronique. Les médicaments GLP-1, bien qu’efficaces pour la traiter, ne s’attaquent pas à ses causes sous-jacentes et aux dysfonctionnements métaboliques qui l’accompagnent », observent-ils.

D’autres recherches indiquent que ce médicament pourrait être à l’origine de graves troubles oculaires chez certains patients. En 2024, une étude américaine a suggéré pour la première fois que les patients sous sémaglutide pourraient présenter un risque plus élevé de développer une neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique (NOIA-NA).

Des chercheurs danois ont vérifié si des études de suivi, sur des cohortes plus vastes, permettaient de confirmer l’hypothèse. Deux études indépendantes, menées par l’Université du Danemark du Sud, sont parvenues à la même conclusion que l’étude américaine.

Les auteurs de ces deux études danoises rappellent néanmoins que cette neuropathie optique reste un effet secondaire extrêmement rare. « Ni plus grave ni plus fréquent que les effets secondaires rares de nombreux autres médicaments », précise Anton Pottegård, qui a dirigé la seconde étude.

Attention aux dérives du marché noir 

À l’heure actuelle, un adulte nord-américain sur huit déclare avoir déjà eu recours à un médicament de cette famille, et selon les prévisions, il est probable qu’en 2030, 1 sur 10 les utilisera. Le nombre total d’utilisateurs de GLP-1 aux États-Unis pourrait atteindre 30 millions d’ici 2030, soit environ 9% de la population totale.

De plus en plus d’individus sont séduits par le potentiel de ces molécules qui représentent une solution alternative pour la perte de poids. Néanmoins, l’obligation de prescription sur ordonnance et le prix élevé du médicament laissent la place à la vente de ces antidiabétiques sur le marché noir, ainsi qu’à la circulation de contrefaçons potentiellement dangereuses.

Il y a par ailleurs des conséquences pour les personnes qui ont du diabète, et pour qui ces médicaments sont essentiels. La médiatisation des médicaments GLP-1 à des fins de perte de poids pourrait engendrer à terme des pénuries dans le monde entier.

Agriculture. Une campagne céréalière « catastrophique » en perspective (Expert)

« La campagne céréalière s’annonce catastrophique« , déplore Larbi Zagdouni dans un échange avec Médias24.

Trois principaux facteurs justifient cette perspective. « D’abord, la superficie réellement ensemencée est largement inférieure à la superficie annoncée au début de la campagne », explique l’agro-économiste et ruraliste.

D’après le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, les superficies dédiées à la culture des céréales et des légumineuses, au titre de la campagne agricole 2024-2025, devraient en effet atteindre environ 5 millions hectares.

La réalité est tout autre sur le terrain. Car, selon l’expert, il existe un écart entre la superficie initialement programmée et celle effectivement productive.

La superficie ensemencée ne dépasse pas les 3 millions d’hectares

« Nous sommes loin des 5 millions d’hectares annoncés. De visu, la superficie ensemencée devrait se situer autour de 3 à 4 millions d’hectares au plus. Beaucoup d’agriculteurs ont été contraints d’abandonner leurs terres et le semis, car financièrement saignés par la succession des années de sécheresse. Le ministère est attendu néanmoins pour communiquer les données sur les emblavements effectifs », souligne l’agro-économiste.

En outre, la campagne céréalière est compromise à cause des faibles précipitations ayant marqué le début de la campagne agricole, mais aussi durant le mois de janvier, ce qui affecte négativement le cycle de ces cultures, ajoute notre interlocuteur.

Un autre facteur qui laisse présager une faible campagne céréalière est celui de l’inégale répartition spatiale des précipitations dans le pays.

« Les quelques épisodes pluvieux se sont concentrés, pour l’essentiel, dans la moitié nord du pays. Certains des grands bassins de production céréalière, malgré l’effort de semis que certains agriculteurs ont consenti, n’ont pas suffisamment bénéficié des pluies. La Chaouïa en est l’exemple emblématique. Il en est de même pour d’autres zones dont le plateau de Zaër, Doukkala, Abda et Rehamna », note notre source.

Les précipitations en mars et en avril sont décisives 

La campagne céréalière peut être partiellement préservée, en cas de bonne pluviométrie en mars et en avril, rassure Larbi Zagdouni. « S’il pleut suffisamment pendant les mois de mars et d’avril, nous pourrons toutefois espérer une production de 30 à 40 millions de quintaux« , affirme-t-il.

« Mais, même avec ces précipitations, la campagne restera plutôt moyenne. Or, quelle que soit l’évolution de la pluviométrie dans les mois à venir, la récolte céréalière est déjà entamée. Nous ne pouvons pas nous attendre à une excellente campagne », conclut notre interlocuteur.

Le Maroc a atteint des niveaux record de baisse des nappes phréatiques (Baraka)

Le Maroc connaît aujourd’hui des ruptures et des changements inédits au niveau de son cycle de l’eau, expose le ministre de l’Équipement et de l’eau.

« Nous sommes en train de vivre la septième année consécutive de sécheresse. Historiquement, le Maroc n’a jamais dépassé quatre ans consécutifs de sécheresse. Nous avons enregistré, en 2023, 1,8 degré de plus que la norme, soit plus que le seuil fixé aux termes de l’Accord de Paris sur le climat qui est de +1,5 degré. Chaque jour, nous assistons à l’évaporation de 1,5 million de m³, due à l’augmentation de la température. En 2023, nous avons également dépassé la température record de 50 degrés, notamment à Agadir ».

Les précipitations ont connu une amélioration par rapport à l’année dernière. Néanmoins, nous restons en deçà de 45% par rapport à la moyenne habituelle

« Ce mois de janvier, nous sommes à 3 degrés de moins comparé à la normale, à cause des épisodes neigeux. Nous avons cumulé environ 3.000 km² de neige, soit l’équivalent de 1,5 milliard de m³ qui entrent dans les nappes phréatiques et dont une partie va aux nappes souterraines. Les précipitations ont connu une amélioration par rapport à l’année dernière. Néanmoins, nous restons en deçà de 45% par rapport à la moyenne habituelle« .

Une situation particulièrement délicate

« Entre 1940 et 2024, la moyenne des apports en eau était de 22 MMm³. De 2018 à aujourd’hui, cette moyenne se chiffrait à 3,7 MMm³. Nous sommes dans une situation particulièrement délicate. Pour garantir l’eau agricole et l’eau potable, nous sommes contraints de surexploiter les nappes souterraines. Nous consommons de 6 à 7 MMm³. Mais nous avons un déficit de 3 MMm³, ce qui se traduit par une baisse des nappes souterraines. Nous avons atteint des niveaux record de baisse des nappes souterraines. Nous avons atteint 7 mètres de baisse par an dans les régions de Zagora et d’Errachidia et 3,5 mètres de baisse par an dans la région de Berrechid. Nous risquons de nous retrouver demain sans capacité hydrique au niveau des nappes phréatiques ».

À cause du réchauffement climatique, le Maroc perdra entre 30% et 50% de ses capacités hydriques en fonction des zones

« Selon les données actualisées du dernier recensement, nous sommes aujourd’hui autour de 600 m³ par habitant par an. Je tiens à rappeler que nous étions à environ 2.600 m³ par habitant par an en 1960. Nous nous acheminons vers la pénurie hydrique (seulement 500 m³ par habitant par an à l’horizon 2040). À cause du réchauffement climatique, le Maroc perdra entre 30% et 50% de ses capacités hydriques en fonction des zones ».

« Les apports en eau dans les barrages ont par ailleurs connu une baisse importante. La situation est meilleure cette année. Le niveau de remplissage des barrages a connu une amélioration de 72% par rapport à l’année dernière, mais une baisse de 73% par rapport à la normale. Le taux de remplissage des barrages est aujourd’hui de 27,7% contre un taux de 23% en 2023. Il y a une légère amélioration qui a concerné essentiellement l’Oriental et le Sud-Est ».

Aujourd’hui, seulement 55% des ressources en eau dans les barrages sont destinées à l’agriculture, ce qui est largement en deçà des besoins de l’agriculture

« Par le passé, 85% des ressources en eau dans les barrages allaient à l’agriculture. Le reste à l’eau potable. À cause de la baisse importante en apports en eau, et le fait que nous sommes descendus à 3,3 MMm³ en apports en eau en 2023 et 2024, nous avons dû privilégier l’eau potable (910 Mm³) au détriment de l’agriculture. Aujourd’hui, seulement 55% des ressources en eau dans les barrages sont destinées à l’agriculture, ce qui est largement en deçà des besoins de l’agriculture ».

La politique des barrages a contribué largement au maintien de la garantie de l’alimentation en eau potable et de l’eau agricole, malgré les changements climatiques, note Nizar Baraka. « Sa Majesté a apporté une nouvelle impulsion en accélérant le rythme de réalisation des barrages, mais aussi en apportant d’autres formes de mobilisation d’eau à travers ce que nous appelons les eaux non conventionnelles. Aujourd’hui, nous avons 154 grands barrages, avec une capacité de 27 MMm³. Nous avons 150 petits et moyens barrages. Nous sommes en train d’en construire d’autres. Nous avons 16 stations de dessalement qui existent déjà, avec une capacité de 277 Mm³. Nous avons également 17 ouvrages de transfert d’eau entre les barrages ».

Football. Le calendrier et les premiers détails des grands événements de 2025 au Maroc

Du 30 mars au 19 avril, le Maroc organisera la Coupe d’Afrique des nations des moins de 17 ans (CAN U17). Trois stades accueilleront cette compétition : les stades de Khouribga, de Berrechid et Père Jégo à Casablanca. Nous signalons que ces trois stades nécessitent néanmoins une maintenance de pelouse et certains aménagements.

Sept terrains d’entraînement ont été choisis pour la CAN U17, répartis entre Casablanca et Khouribga : deux terrains à l’académie du Raja (Casablanca), deux terrains au Wellness (Casablanca), un terrain à l’annexe Mohammed V (Casablanca), les terrains Adel 1 et 2 à Khouribga.

La CAN féminine se jouera du 5 au 26 juillet au stade d’honneur d’Oujda, au Grand Stade d’Al Hoceima et au stade municipal de Berkane. Selon nos informations, des aménagements doivent être apportés au stade Hoceima, notamment l’ajout de trois vestiaires : deux pour les joueurs et un pour les arbitres.

Huit terrains ont été sélectionnés pour l’entraînement : deux nouveaux terrains au niveau de l’annexe du stade d’honneur d’Oujda et quatre terrains dont deux nouveaux au Centre fédéral de Saïdia.

Coupe du monde féminine des moins de 17 ans et CAN 2025

Le Maroc organisera également la Coupe du monde féminine des moins de 17 ans (CDMF U17) du 17 octobre au 8 novembre.

Quatre terrains accueilleront cette compétition, à savoir le stade Moulay El Hassan, le stade Al Barid, le stade Olympique et les terrains de l’Académie Mohammed VI. Les entraînements sont prévus à Rabat et mobiliseront treize terrains d’entraînement, dont quatre nouveaux ont été en effet sélectionnés à ce titre : six au complexe Mohammed VI de football, deux au Lydex (MU6P), un terrain à l’annexe Moulay Abdellah, un terrain au CS FAR, deux au stade Moulay Rachid et un terrain au FUS (arbitres).

Pour la CAN 2025 qui se déroulera du 21 décembre au 18 janvier 2026, neuf terrains de compétition ont été choisis :

51 terrains d’entraînement ont été sélectionnés pour la CAN 2025, répartis entre plusieurs villes, notamment Rabat, Casablanca, Tanger, Fès, Marrakech, Agadir, Tétouan, Ben Guérir, Mohammédia et El Jadida.