Souveraineté numérique. « La cybersécurité est l’affaire de tous » (Imade El Baraka)

Dans la continuité des émissions spéciales GITEX Africa 2025, Médias24 aborde cette fois-ci une nouvelle thématique : la cybersécurité, qui s’impose aujourd’hui plus que jamais comme un enjeu de souveraineté nationale. Les institutions et organismes doivent s’armer, tandis que les opérateurs en cybersécurité doivent rester en alerte face aux innovations.

Dans ce cadre, Médias24 s’est entretenu avec Imade Elbaraka, managing partner Cyber chez Deloitte France, Europe et Afrique francophone.

Médias24 : Alors on ne peut pas parler de cybersécurité, qui est donc la thématique principale de cette émission, sans évoquer le récent événement malheureux de la cyberattaque subie par la CNSS. Peut-être un commentaire à faire dessus ?

Imade Elbaraka : Il faut savoir raison garder. Je pense que les cyberattaques n’ont pas attendu la semaine dernière pour émerger. La cyberattaque est une réalité, et pas seulement au Maroc. Elle touche d’abord les pays qui sont les leaders mondiaux sur le plan économique : en Amérique, en Europe. Bien sûr, le Maroc émerge à bien des égards, et c’est normal qu’on soit ciblé. Il faut savoir raison garder et investir, bien sûr, pour être résilient. Puisqu’on parle d’investissement, la souveraineté numérique, c’est un axe aujourd’hui hyper crucial.

– Quel rôle joue justement la souveraineté numérique dans les stratégies de cybersécurité actuelles ?

-La souveraineté numérique, comme vous l’avez cité, est un élément clé, qui consiste d’abord en une posture très simple : sourcer localement, acheter localement et aussi protéger nos données sensibles.

Maintenant, soyons réalistes, parce que le faire seul, ça paraît impossible ou très difficile. Le Maroc n’a pas encore la capacité de produire l’ensemble de la suite logicielle de bout en bout. On n’a pas encore les moyens de produire les infrastructures nécessaires. Cela dit, on a accompli beaucoup de chemin sur le sujet.

Il faudra réussir à établir des liens, je dirais, intelligents entre les acteurs économiques, les acteurs technologiques nationaux, et aussi internationaux. C’est aussi le rôle de Deloitte sur le sujet : on a fait venir des partenaires internationaux fiables qui souhaitent investir au Maroc, et qui, en se combinant avec des acteurs locaux sur la souveraineté, offriront des solutions intéressantes sur le marché marocain, et qui respecteront bien sûr la directive en vigueur en matière de souveraineté numérique.

– Qui dit numérique dit aussi intelligence artificielle. Comment, justement l’IA change-t-elle la donne en matière de cyber défense ? Si c’est le cas, si elle a effectivement un rôle à jouer, comment ?

-L’IA est un outil du côté des attaquants. Ils vont aussi s’en servir pour être beaucoup plus efficients, beaucoup plus efficaces pour mener des cyber attaques, malheureusement. Mais c’est aussi un moyen de défense très intéressant, car elle permet d’augmenter les capacités de réponse. Même si l’on est limité par le nombre de talents formés, on peut renforcer cette capacité grâce à l’IA. Elle permet aussi d’être plus proactif.

L’IA peut détecter des schémas complexes liés à des virus informatiques avancés, et permettre ainsi d’anticiper et de cibler plus efficacement la réponse. Il est essentiel de former, former et encore former, notamment en deep tech, sur l’IA et sur son interconnexion avec la cybersécurité.

– En parlant de la formation, quel est son rôle dans la construction d’un écosystème cyber résilient ?

-La cybersécurité — en tout cas, une posture cyber réussie — repose sur la combinaison de plusieurs aspects : l’aspect réglementaire, où le Maroc est vraiment en avance sur le sujet ; l’aspect économique, et là aussi, on le voit, les acteurs économiques commencent à s’intéresser à la question.

Sur le plan académique, il faudra réfléchir à une stratégie de bout en bout, allant de la recherche fondamentale appliquée jusqu’au lien entre les universités et l’entreprise, et enfin, bien sûr, la reconversion. Cette dernière est un élément clé pour convertir les talents informatiques vers la cybersécurité.

– Pendant cet événement (le GITEX), vous avez signé un partenariat stratégique avec Atlas Cloud Service. Comment cette alliance va-t-elle contribuer à la souveraineté numérique du Maroc ?

-Dans le prolongement de ma réponse sur la souveraineté, Atlas Cloud Service (ACS) offre des solutions d’infrastructures souveraines sur le plan de l’infrastructure. Deloitte vient y ajouter la couche cybersécurité : le bon chiffrement, la bonne réponse à l’incident, pour offrir au marché marocain des solutions à la fois résilientes sur le plan cyber et robustes sur le plan de l’infrastructure. C’est en ce sens, justement, que le partenariat a été établi avec ACS, qui, je le rappelle, est une filiale de l’UM6P.

– Ce n’est pas le seul partenariat, puisque vous avez également signé deux autres conventions, notamment avec HarfangLab et l’Université Al-Akhawayn d’Ifrane. Pouvez-vous nous expliquer ce que chacune de ces conventions va apporter à Deloitte Morocco Cyber Center ?

-Al Akhawayn est une université de renom. Le partenariat, comme celui que nous avons mis en place avec l’UM6P il y a deux ou trois ans, vise, d’une part, à offrir un accompagnement aux chercheurs en cybersécurité sur les volets de la recherche fondamentale et appliquée, et, d’autre part, à garantir un accès prioritaire au marché de l’emploi pour les diplômés d’Al Akhawayn. Enfin, nous allons coorganiser une journée “CyberSecDay” au service de l’écosystème marocain.

Sur la solution HarfangLab, dans le prolongement de la collaboration internationale appliquée au Maroc, l’objectif est vraiment d’attirer des software vendors issus d’une entreprise européenne qui développe des produits extrêmement avancés en matière de protection contre les cybermenaces sophistiquées. Ainsi, l’entreprise s’installe à Casablanca, au sein de notre capacité locale, et, combinée avec Atlas Cloud Services (ACS), nous allons offrir au marché marocain une solution avancée et proactive, capable de détecter les menaces en temps réel et de proposer une alternative aux solutions marocaines, américaines ou européennes existantes.

-Toujours dans le cadre de la souveraineté numérique, l’intégration d’une plateforme IA souveraine est une annonce forte, quel usage anticipez-vous pour les entreprises marocaines ?

-D’une part, elle est liée à beaucoup de cas d’usage pour les métiers. Je pense qu’effectivement, l’IA générative, en particulier, s’appliquera à des domaines comme le customer care, la relation client, ou encore l’efficience opérationnelle au sens très large. Il faut savoir qu’en cybersécurité, l’efficience est aussi un élément clé. Donc j’imagine, par exemple, que les plateformes IA vont aussi offrir une capacité maîtrisée en termes de coûts, pour mieux se protéger sans avoir à investir des montants assez faramineux en matière de protection cyber.

-Peut-être un dernier mot pour clôturer cet entretien très intéressant sur la cybersécurité ? 

-Je pense qu’il faut que chacun garde du recul sur le sujet. C’est un sujet qui a émergé il y a au moins vingt ans, même si on l’a beaucoup dans l’actualité. Il faut que chacun joue son rôle, à la fois sur le plan académique, sur le plan de la sensibilisation, sur le plan de la collaboration internationale et nationale. Il faut rappeler que la cybersécurité est l’affaire de tous, et pas uniquement de l’État. Les Marocains, en entreprise comme ailleurs, cela reste une affaire collective.

« Une menace réelle nous provient d’Iran et du Hezbollah avec le concours de l’Algérie » (Directeur du BCIJ)

Invité du magazine « Défense » de la chaîne de télévision israélienne i24NEWS, le directeur du Bureau central des investigations judiciaires, Habboub Cherkaoui, a commenté plusieurs questions, allant du Polisario à l’Iran en passant par les accords d’Abraham.

A la question de savoir s’il « existe aujourd’hui des menaces concrètes du Polisario, de l’Iran et du Hezbollah au Maroc », Habboub Cherkaoui a répondu : « Une menace réelle nous provient, effectivement, de l’Iran et du Hezbollah avec le concours de l’Algérie. »

L’Algérie et l’Iran alimentent en armes le Polisario

L’Iran apporte, depuis 2017, son soutien aux séparatistes du Polisario via le Hezbollah et avec l’aide de l’Algérie, poursuit le directeur du BCIJ. Le soutien iranien représente selon lui une source de déstabilisation pour le Royaume du Maroc.

« Des rapports démontrent clairement que l’Iran fournit au Polisario des milices et des drones par l’intermédiaire du Hezbollah et avec l’aide de l’Algérie. Un rapprochement important s’est effectué ; d’une part entre l’Iran et le Hezbollah ; d’autre part entre le Polisario et l’Algérie. Ce rapprochement représente une menace pour la sécurité et la stabilité du Maroc. »

Le directeur du Bureau central des investigations judiciaires est aussi revenu sur les liens financiers entre le Polisario et le Hezbollah, sur lesquels la chaîne israélienne i24NEWS a enquêté en janvier dernier.

« Ce scoop diffusé sur votre chaîne confirme ce que nous ne cessons de répéter depuis longtemps ; autrement dit qu’il existe un réseau secret de financement des crimes du Front Polisario et que ce dernier vit d’un système clandestin et illégal de transfert de fonds via des intermédiaires secrets agissant sous de fausses identités. Il démontre également le niveau d’accointance qui existe entre le Polisario, le Hezbollah, l’Iran et l’Algérie. »

« Les accords d’Abraham, une aubaine sécuritaire pour le Maroc »

Le Maroc a privilégié la conclusion d’accords avec des partenaires stratégiques dans sa lutte contre ces menaces.

Selon Habboub Cherkaoui, signer des accords est l’une des actions les plus importantes afin de lutter contre les menaces qui pèsent sur Rabat. Dans le même registre, il a souligné l’importance de la coordination et des échanges de renseignements, et de l’expertise entre le Maroc et plusieurs pays pour y faire face.

Les accords d’Abraham sont, à titre d’exemple, une aubaine sécuritaire pour le Maroc, a précisé le directeur du BCIJ. « Le renforcement des relations stratégiques entre Israël et les pays ayant adhéré aux accords d’Abraham a permis de consolider la coopération sécuritaire via l’échange de renseignements sécuritaires et d’expertises. Les accords d’Abraham ainsi que notre coopération avec la communauté internationale nous aideront sans doute à endiguer l’expansion de l’hégémonie iranienne dans la région. »

Stratégie marocaine de lutte anti-terroriste

Les efforts déployés par le Maroc pour contrer les menaces terroristes ont également été au cœur de l’entretien du directeur du BCIJ avec i24NEWS.

A la question de comprendre « comment le Maroc empêche la formation de nids djihadistes sur son sol », Habboub Cherkaoui a répondu : « Le Royaume du Maroc est très actif en matière de lutte contre les cellules terroristes dormantes. Il s’adapte en permanence aux évolutions des moyens technologiques dont disposent les groupes terroristes. »

« La Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), à laquelle le BCIJ est affilié, développe constamment ses capacités technologiques, qui jouent un rôle majeur dans la lutte contre l’extrémisme violent. Les interventions sont menées en coordination avec nos différents partenaires, occidentaux comme orientaux, car nous estimons que notre sécurité est liée à celles des autres Etats. »

L’approche sécuritaire et militaire ne suffit pas, à elle seule, à contrer le terrorisme, a néanmoins rappelé Habboub Cherkaoui. Une lutte anti-terroriste efficace implique l’identification des mobiles qui ont conduit en premier lieu les terroristes à se radicaliser, estime-t-il.

Olives : les plateformes Al Moutmir induisent une forte hausse de la production (+19%)

L’échange sur la filière oléicole a été au cœur d’un webinaire organisé ce lundi 27 février par l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguérir (UM6P). Il a permis de dresser le bilan des plateformes de démonstration pour la culture de l’olivier, au titre de la campagne agricole 2021-2022, relevant de l’initiative Al Moutmir.

Cette conférence en ligne a réuni des intervenants de l’UM6P, de l’Institut international de la recherche en eau (IWRI), de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), de l’Ecole nationale d’agriculture (ENA) de Meknès et de l’African Plant Nutrition Institute (APNI).

“La superficie plantée en oliviers s’est élevée à plus de 1 million d’hectares”

La production d’olives dans le Royaume a atteint un niveau record durant la campagne agricole 2020-2021, avec 1.968.000 tonnes d’olives produites et une superficie plantée en oliviers qui s’est élevée à plus de 1.000.000 d’hectares, a souligné Belkacem Boulouha, professeur à l’UM6P.

La culture d’olives a augmenté par rapport à 2019-2020 et 2018-2019 ; périodes durant lesquelles la production d’olives avait atteint respectivement 1.623.000 tonnes et 1.911.000 tonnes.

L’oléiculture impactée par les facteurs climatiques

Sur le plan météorologique, l’année agricole 2021-2022 s’est caractérisée par une sécheresse débutée en mai 2021 jusqu’à novembre 2022, mais également par des périodes de vent chaud et sec, des températures maximales atteignant les 50°C et une oscillation entre les rafales de vent chaud et celles de vent froid durant la période de floraison, a également relevé Belkacem Boulouha.

Cet épisode météorologique n’a pas été sans conséquences sur l’oléiculture, poursuit-il : « Il y a eu insuffisance des ressources en eau dans les zones irrigués, due à la baisse des niveaux des eaux souterraines et de la réserve des barrages. Les faibles précipitations ont impacté la récolte dans les zones sous pluie, et les étés caniculaires ont provoqué la hausse de l’évaporation de l’eau ». Les oliviers sont habituellement affectés par les températures, en particulier celles des mois de décembre et janvier, ainsi que par les vents printaniers, a-t-il rappelé.

Plateformes de démonstration : des résultats prometteurs malgré le climat difficile

Malgré les conditions climatiques difficiles ayant caractérisé la campagne 2021-2022, les plateformes de démonstration pour la culture de l’olivier ont montré des résultats prometteurs, s’est félicitée l’UM6P lors de ce webinaire.

Les plateformes de démonstration relèvent de l’initiative Al Moutmir, lancée par le groupe OCP, qui vise à accompagner les agriculteurs par la promotion de meilleures pratiques agricoles.

Co-construites et mises en place en partenariat avec l’écosystème agricole et en particulier l’écosystème scientifique, notamment l’UM6P, l’INRA, l’APNI et l’ENA de Meknès, elles portent sur l’application des meilleurs intrants, les opérations et les techniques agricoles, du travail du sol à la récolte.

Les plateformes de démonstration permettent aux agriculteurs d’optimiser l’utilisation des nutriments NPK à travers des formules personnalisées recommandées à partir des résultats des analyses de sol, produites par des Smart Blenders. Cette technologie vise à fournir une formule NPK sur mesure pour chaque parcelle agricole, en fonction des besoins en nutriments des plantes, basés sur les analyses du sol et du rendement potentiel.

Au total, 1.270 plateformes de démonstration d’olivier ont été installées durant la campagne agricole 2021-2022, a fait savoir l’UM6P.

Réparties sur sept régions du Royaume, elles ont bénéficié à 480 agriculteurs. Elles ont touché l’ensemble des variétés présentes au Maroc (picholine marocaine, picholine Languedoc, Haouzia-Menara…) et les différents modes de conduite (bour, irrigation gravitaire et irrigation localisée).

Amélioration du rendement, du poids et de la marge bénéficiaire

A l’échelle nationale, les plateformes de démonstration d’olivier ont permis un rendement agricole de 3,7 tonnes par hectare contre 3,1 tonnes par hectare, observées au niveau des parcelles témoin réalisées selon les pratiques agricoles classiques, soit une amélioration de 19%.

D’autres critères ont été étudiés, notamment le poids de 100 olives (en grammes) et la marge bénéficiaire (en dirhams par hectare).

Le poids de 100 olives a été de 313 grammes pour les plateformes de démonstration d’olivier, et de 279 grammes pour les parcelles témoin (amélioration de 12%). Les plateformes de démonstration d’olivier ont par ailleurs permis d’obtenir une marge bénéficiaire de 28.700 dirhams par hectare, contre 22.640 dirhams par hectare obtenus grâce aux pratiques agricoles classiques (amélioration de 27%).

L’amélioration a également été constatée à petite échelle, notamment au niveau des plateformes irriguées, des plateformes bour et des zones montagneuses. Voici les résultats en détail.

*Plateformes irriguées

Plateformes de démonstration Parcelles témoins classiques
Rendement agricole (T/ha) 4,6 3,9
Poids de 100 olives (g) 324 284
Marge de bénéfice (dh/ha) 33.190 26.432

*Plateformes bour

Plateformes de démonstration Parcelles témoins classiques
Rendement agricole (T/ha) 1,8 1,5
Poids de 100 olives (g) 303 279
Marge de bénéfice (dh/ha) 17.571 13.306

*Zones montagneuses

Plateformes de démonstration Parcelles témoins classiques
Rendement agricole (T/ha) 2 1,5
Poids de 100 olives (g) 259 243
Marge de bénéfice (dh/ha) 18.094 14.460

 

Aucun cas de vache folle identifié parmi les bovins importés du Brésil (ONSSA)

Après avoir suspecté des cas de vache folle, une infection dégénérative du système nerveux central des bovins, le ministère brésilien de l’Agriculture et de l’élevage confirme ce jeudi l’identification d’un bœuf infecté, rapporte le quotidien argentin La Nación.

Le cas de vache folle a été observé dans la municipalité de Marabá, dans l’État du Pará (nord du Brésil). Les autorités sanitaires brésiliennes en ont informé l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), et des échantillons ont été envoyés aux Laboratoires de précision de l’Alberta, au Canada.

Aucun cas de vache folle parmi les bovins importés du Brésil (ONSSA)

Le Maroc a reçu, le 14 février dernier, le premier lot de bovins importés d’Amérique latine destinés à l’abattage immédiat, et ce, dans le cadre des mesures visant à mettre un terme à la hausse des prix des viandes.

L’abattage des tout premiers veaux de ce lot importés du Brésil et de l’Uruguay a eu lieu, selon la MAP, le mercredi 15 février dans un abattoir de la ville de Béni Mellal, en présence du directeur de l’entreprise importatrice et des représentants de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et de la division des affaires économiques et de la coordination de la wilaya de la région Béni Mellal-Khénifra.

Joint au sujet de la suspicion au Brésil de cas de vache folle, confirmée au moment où nous publions cet article, l’ONSSA nous explique que seuls les animaux sains sont autorisés à entrer sur le territoire national.

Aucun cas de vache folle parmi les bovins importés du Brésil n’est ainsi à signaler, rassure l’Office.

« Tous les animaux vivants importés sont soumis à un contrôle strict et systématique au niveau des postes d’inspection frontaliers, à travers l’examen de leur état de santé (contrôle physique) et la vérification des certificats et des documents sanitaires (contrôle documentaire). Nous effectuons aussi un contrôle d’identité qui consiste à s’assurer que les animaux importés sont ceux couverts par le certificat sanitaire. »

À l’issue de ces contrôles, le vétérinaire inspecteur de l’ONSSA délivre un certificat sanitaire d’admission en cas de conformité.

« Seuls les animaux sains sont autorisés à entrer sur le territoire national et sont mis en quarantaine dans des étables lazarets agréés par l’Office. Au cours de cette période, les animaux sont soumis au contrôle d’un vétérinaire sanitaire mandaté et d’une commission relevant du service vétérinaire de l’ONSSA, afin d’assurer l’encadrement de l’opération de mise en quarantaine. »

Une maladie mortelle 

Une circulaire de l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII), datée du 5 janvier, annonçait l’arrêt de l’importation en 2023 des bovins et de leur viande en provenance du Royaume-Uni et d’Irlande du Nord, pour cause de vache folle.

La suspension va durer un an, d’après la circulaire susmentionnée.

La maladie de la vache folle, ou encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) selon la terminologie scientifique, est une maladie mortelle, similaire à la tremblante des ovins et des caprins. Elle est causée par un agent infectieux moléculaire d’un type particulier (ni virus ni bactérie) appelé « protéine prion ».

En théorie, l’encéphalopathie spongiforme bovine peut se transmettre aux humains. Cité par le quotidien français Le Monde en 2016, l’ancien ministre français de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, avait pourtant affirmé que « la consommation de viande bovine ne présente aucun risque pour l’homme ».

Les agents de contamination, les prions, ne se trouvent pas dans la viande, mais peuvent l’être potentiellement dans certains abats, comme la colonne vertébrale, la cervelle, les yeux, une partie de l’intestin et les amygdales, précisait Le Monde. Toujours d’après la même source, ces abats sont désignés sous le nom de « matériaux à risques spécifiés » (ou MRS). Ils sont interdits à la consommation humaine depuis 2001.

Pays-Bas : vers un assouplissement de la délivrance des visas pour les Marocains

Les signaux d’apaisement des relations diplomatiques entre le Royaume et les Pays-Bas se multiplient. Après la conclusion d’un plan d’action bilatéral en 2021 et la déclaration des Pays-Bas en 2022 en faveur du Sahara marocain, des avancées considérables dans la coopération sur le front migratoire sont actuellement constatées.

Le secrétaire d’État néerlandais à la Justice et à la sécurité, chargé de l’asile et des migrations, Eric van der Burg, en visite le mardi 21 février dans le Royaume, s’est entretenu avec le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit. Les deux responsables se sont félicités de la forte dynamique insufflée à la coopération entre les deux parties, notamment dans le domaine migratoire.

Du chemin parcouru…

« Les relations avec le Maroc sont très importantes pour les Pays-Bas. Ma rencontre personnelle avec le ministre Laftit est une autre étape importante dans notre solide relation. Beaucoup a déjà été investi durant la période écoulée. C’est très bien de pouvoir en parler en personne aujourd’hui, dans une atmosphère ouverte », a déclaré Eric van der Burg en marge de son entretien avec Abdelouafi Laftit, lit-on sur le site du gouvernement central des Pays-Bas.

Des délégations des Pays-Bas et du Maroc se sont rencontrées à plusieurs reprises afin d’approfondir la coopération entre les deux pays, en particulier sur le front migratoire, précise la même source, rappelant la signature, en juillet 2021, du plan d’action bilatéral qui porte, entre autres, sur le renforcement du partenariat maroco-néerlandais sur les migrations.

Le Maroc facilite la réadmission de ses ressortissants en situation irrégulière

La coopération entre le Maroc et les Pays-Bas en termes de réadmission des immigrés s’est considérablement améliorée, se félicite le gouvernement central des Pays-Bas. Depuis la signature de la conclusion du plan d’action bilatéral, 125 demandeurs d’asile marocains, ayant épuisé toutes les voies de recours, ont été rapatriés dans le Royaume, souligne-t-il.

Selon les médias De Gelderlander et De Telegraaf, 83 Marocains sont retournés au Maroc et 42 ont été éloignés de force. Le Maroc a livré un laissez-passer à vingt-six d’entre eux.

Une avancée considérable, estiment ces médias, soulignant qu’avant 2021, pratiquement aucun demandeur d’asile marocain ayant épuisé toutes les voies de recours n’avait été réadmis au Maroc.

Les Pays-Bas envisagent d’assouplir l’octroi de visas aux Marocains

Si le Maroc se veut de plus en plus coopératif dans la réadmission de ses ressortissants en situation irrégulière, les Pays-Bas, de leur côté, se penchent sur l’assouplissement de la délivrance des visas pour les Marocains en vue de favoriser une émigration marocaine régulière.

Selon De Gelderlander et De Telegraaf, les responsables néerlandais envisagent, depuis juin 2022, de faciliter l’octroi de visas aux ressortissants marocains et de fournir une aide pour éviter que les migrants d’autres pays africains ne soient bloqués au Maroc.

Les médias néerlandais voient donc d’un bon œil la récente visite du secrétaire d’État néerlandais chargé de l’asile et des migrations, bien qu’elle n’ait pas abouti à de nouveaux accords concrets. « Eric van der Burg a promis que Laftit viendrait bientôt aux Pays-Bas », rapportent-ils.

Le Maroc n’a pas fixé de date pour le Sommet des accords d’Abraham prévu à Dakhla

Des doutes planent sur la tenue du Sommet des accords d’Abraham au Maroc qui doit l’abriter, selon le nouveau ministre israélien des Affaires étrangères, en mars 2023.

Le Sommet du Forum du Néguev, qui devait se tenir dans quelques semaines au Maroc, sera reporté, selon le quotidien Israel Hayom. Des sources politiques – et anonymes – consultées par ce quotidien israélien confirment que le sommet se tiendra éventuellement aux Etats-Unis.

Le ministère israélien des Affaires étrangères était récemment en contact avec les Etats-Unis et le Maroc au sujet de la date et du lieu de l’évènement, alors que les préparatifs de ce dernier allaient bon train. En ce mois de février, se sont d’ailleurs tenues la troisième réunion du comité directeur et la première réunion des six groupes de travail du forum à Abu Dhabi, poursuit Israel Hayom.

Derrière le retrait du Maroc, l’intrusion israélienne dans la mosquée al-Aqsa…

En réalité, tout indique que ce sont les agissements de certains membres du nouveau gouvernement israélien qui sont à l’origine de cette valse-hésitation. Selon les communications du Maroc au ministère israélien des Affaires étrangères, citées par des médias israéliens, le Royaume redoute, suite aux dernières attaques, une montée des escalades en Israël à l’approche du mois de ramadan. « La tournée du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gabir, au Mont du Temple, et les déclarations qu’il y a faites, ont suscité le mécontentement de Rabat », ajoute Israel Hayom.

Une intrusion alors fortement condamnée par le Maroc qui, rappelons-le, a appelé à préserver le statu quo juridique et historique existant dans la ville d’Al-Qods et la mosquée al-Aqsa, et à éviter toute forme de provocation.

« Alors que l’on s’attendait à ce que le Maroc accueille la deuxième réunion ministérielle du Forum le mois prochain, Rabat n’a pas non plus fixé de date », indique de son côté The Times of Israel, citant un fonctionnaire américain et un diplomate du Moyen-Orient. Les excès du nouveau gouvernement israélien sont à l’origine du ralentissement de l’élan du Forum du Néguev, explique la même source.

Les ennuis du premier ministre Benyamin Netanyahou, reconduit à la tête du pouvoir fin 2022, ont commencé moins d’une semaine après son élection, lorsque le ministre de la Sécurité nationale d’extrême droite, Itamar Ben Gvir, qui fait campagne depuis longtemps pour bouleverser le fragile statu quo sur le Mont du Temple, a visité l’enceinte vénérée par les musulmans comme le noble sanctuaire, poursuit The Times of Israel.

Et de conclure en indiquant que sa visite de treize minutes a suscité des vagues de condamnations internationales, notamment de la part des Etats-Unis, allié le plus proche d’Israël, et de l’un de ses plus récents alliés, les Emirats arabes unis.

“Changez de pays !”, le conseil du ministère espagnol de l’Industrie aux entreprises implantées en Algérie

Des entreprises espagnoles implantées en Algérie se sont récemment réunies avec le ministère espagnol de l’Industrie, du commerce et du tourisme au sujet des pertes subies suite aux représailles algériennes, annonce El Independiente.

Rappelons qu’au lendemain de la reconnaissance de la marocanité du Sahara par l’Espagne, l’Algérie avait suspendu, unilatéralement, le Traité d’amitié de bon voisinage et de coopération conclu en 2002 avec l’Etat ibérique.

Avançant les pertes en capital subies à la suite de ce revirement, estimées à plus de 600 millions d’euros selon des sources consultées par El Independiente, les entreprises espagnoles affectées ont appelé à engager des mesures pour apaiser les tensions diplomatiques entre les deux pays.

Prééminence des intérêts commerciaux de l’Espagne 

« La situation avec l’Algérie est compliquée à tous les niveaux », répond le ministère aux entreprises espagnoles en Algérie.

« Les intérêts commerciaux de l’Espagne au Maroc surpassent ceux en Algérie », poursuit le ministère espagnol de l’Industrie notant qu’en 2021, les exportations espagnoles vers le Maroc se sont élevées à près de 9,5 milliards d’euros, alors que celles à destination de l’Algérie n’ont représenté que 2,7 milliards d’euros.

Le ministère prévient les entreprises que l’exécutif espagnol ne pourra pas garantir un redressement qui mettrait en péril les relations commerciales avec le Maroc. Il les a par ailleurs encouragées à changer de pays et à investir ailleurs qu’en Algérie.

L’Espagne mise sur le Maroc

« Miser sur le Maroc » est la stratégie portée par le palais de la Moncloa, poursuit El Independiente, soulignant que l’Espagne souhaite profiter des appels d’offres lancés à Rabat pour drainer les investissements privés.

Le gouvernement espagnol a l’œil sur l’appel d’offres ayant trait à l’achat à court terme de 80 à 100 nouveaux trains à 200 km/h, pour environs 893 millions d’euros. Les entreprises espagnoles Talgo et Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles (CAF) ont manifesté leur intérêt pour ce marché, dont les résultats devraient être rendus publics au premier semestre 2023.

« L’extension de la ligne à grande vitesse Kénitra-Tanger jusqu’à Marrakech, à laquelle seront accordés pas moins de 3 milliards d’euros, est une autre opportunité attrayante », ajoute la même source, rappelant que l’Espagne sera toutefois fortement concurrencée par la France, déjà implantée dans le pays, mais également par la Chine.

Le dessalement est l’autre secteur qui intéresse l’Espagne, à l’instar de l’entreprise Acciona qui aspire à construire des stations de dessalement au Maroc, à commencer par celle de Casablanca.

Recherche ethnique, liens de parenté… Que valent les tests ADN généalogiques ?

Les tests ADN généalogiques suscitent de plus en plus la curiosité et l’intérêt d’individus désireux d’en apprendre davantage sur leurs origines ethniques et leur patrimoine génétique.

Au Maroc, Yahya et Najd ont confié leur expérience à Médias24. Tous deux ont eu recours à des plateformes en ligne. Yahya a effectué son test auprès de MyHeritage. Najd a réalisé le sien sur la plateforme Ancestry.com.

Une démarche avant tout ludique

Ce test a permis à Yahya de découvrir qu’il avait huit origines différentes, l’appartenance nord-africaine étant la plus représentative, nous explique-t-il. « Le site sur lequel j’ai effectué mon test m’a également permis de retrouver des utilisateurs qui partagent des séquences génétiques identiques aux miennes. »

Il s’agit de correspondances d’ADN, une technologie qui permet de comparer les données des résultats des tests d’ADN autosomique et des arbres généalogiques, afin didentifier les correspondances entre les utilisateurs ayant testé leur ADN sur le site ou avec d’autres sociétés qui partagent des séquences génétiques indiquant une relation familiale, lit-on sur le site de MyHeritage.

« On m’a affiché les noms et prénoms de cousins éloignés au deuxième degré et ceux éloignés au premier degré. Ils étaient majoritairement d’origine franco-marocaine. On m’a aussi mis en contact avec des cousins éloignés américano-marocains et maroco-canadiens », ajoute Yahya.

Najd, lui, a partagé avec nous une capture d’écran des résultats obtenus via la plateforme Ancestry.com, que nous avons reconstitués. Dans son cas, nous remarquons une prévalence des origines africaines, plus particulièrement maghrébines.

Yahya et Najd indiquent avoir effectué ces tests dans une démarche purement ludique – « pour le fun », nous disent-ils –, ce qui n’est pas le cas de tous ceux qui en ont fait l’expérience. Car pour certains, les tests généalogiques peuvent être un moyen de trancher une question récurrente chez les Marocains : suis-je d’origine arabe ou amazighe ?

 Arabité versus berbérité 

Une étude réalisée par National Geographic en 2017 montrait que le génome « arabe » n’était pas dominant en Afrique du Nord. Elle indiquait à titre d’exemple que la population tunisienne ne possédait que 4% du génome « arabe » et 88% du génome « nord-africain », essentiellement constitué du génome « berbère ».

Au demeurant, qu’est-ce qui justifie précisément cette quête d’arabité ou de berbérité ? Selon Xavier Luffin, professeur de langue et littérature arabes à l’Université libre de Bruxelles (ULB), le besoin d’un mythe des origines est constant dans l’ensemble des civilisations. La quête d’arabité prend toutefois des formes particulières, pour des raisons propres à la fois à l’islam et à l’histoire de l’Afrique.

« Un élément de taille confère aux Arabes un rôle particulier dans l’histoire de l’islam. Même si son message se veut universel, le Qur’ān a été révélé en arabe à un prophète arabe (…) Les Arabes ont donc une place particulière non pas dans l’islam – qui est clair sur ce point – mais dans sa diffusion. Dans le cas d’individus ou de familles (…) une généalogie garantissant une origine arabe offre donc des avantages à la fois politiques et religieux », explique-t-il dans la revue d’anthropologie et de sciences humaines Civilisations.

Il ajoute que « les origines arabes d’un clan lui donnent une assise politique plus importante dans l’imaginaire populaire ».

Tassadit Yacine, anthropologue et spécialiste algérienne du monde berbère, estime quant à elle que la revendication par les Berbères d’une identité qui leur est propre les fera transiter d’un état d’« objet » qui subit l’histoire à celui de « sujet » de l’histoire ; d’un peuple accroché à une mémoire mythique à la tentative de recherche de l’histoire événementielle ; d’une culture ancienne à une culture réinterprétée, actualisée ; d’une culture fondamentalement recluse dans l’oralité aux nouveaux défis de la scripturalité.

« Aujourd’hui, il est difficile d’imaginer qu’il n’y a pas si longtemps, il fallait encore lutter contre un discours idéologique arabo-islamique absolument féroce dans son exclusion et qui tentait, par exemple de ‘démontrer l’origine arabe des Berbères et de leur langue’ et que n’étant qu’un ‘sous-produit des Arabes, les Berbères ne peuvent évidemment prétendre à aucune spécificité’« , souligne Tassadit Yacine.

Pas totalement berbère, mais pas totalement arabe non plus

Méditerranéen et africain par sa géographie, arabo-musulman par sa culture et sa religion, le Maroc repose sur un fond ethnoculturel originel foncièrement berbère.

A notre question « laquelle des origines berbère ou arabe domine le plus, génétiquement parlant, au Maroc ? », Abdelaziz Sefiani, directeur du département de la génétique médicale à l’Institut national d’hygiène, nous explique que les Marocains contemporains ont un mélange d’ADN berbère et arabe. « Aucun Marocain n’est pratiquement à 100% berbère ni à 100% arabe, à moins que ses aïeux soient parvenus à établir au fil des siècles des mariages entre membres d’une même ethnie. »

« Génétiquement parlant, nous ne pouvons pas, à l’heure actuelle, établir une différence très importante entre les Marocains berbères et les Marocains arabes. Il faudrait mener d’autres études pour savoir s’il y a des variants que l’on retrouve chez les uns et pas chez les autres. Mais ce serait compliqué… Il y a eu une mixité dès l’arrivée des Arabes au Maroc », poursuit Abdelaziz Sefiani.

Une méthode « probabiliste »

Les Marocains, qui fondent leurs espoirs sur les tests généalogiques pour trancher la question de leurs origines ethniques, doivent cependant se fier à des résultats de tests similaires. Car il s’agit avant tout d’une pratique probabiliste. « Les tests d’ADN généalogiques s’appuient sur une méthode probabiliste », confirme Abdelaziz Sefiani.

La molécule de l’ADN, porteuse de l’information génétique, est en effet composée de quatre sortes de nucléotides (aussi appelés bases), symbolisés par les lettres A, C, G et T et respectivement nommés Adénine, Cytosine, Guanine et Thymine.

« Avec ces quatre lettres, il est possible d’écrire six milliards de bases. Trois milliards de bases sont héritées du père, tandis que le reste est hérité de la mère », précise notre interlocuteur. C’est le changement de l’ordre de ces bases qui donne naissance aux variations génétiques chez les individus. Plus le lien de filiation est important, plus il y a des chances de tomber sur les mêmes variations génétiques.

Une pratique non encadrée au Maroc 

En plus d’être probabilistes, les tests généalogiques sont interdits dans de nombreux pays, y compris au Maroc où la pratique n’est pas encadrée. Utilisés notamment pour l’estimation du brassage et des origines ethniques d’une personne, ils relèvent de la pratique génétique à but uniquement lucratif, prévient Abdelaziz Sefiani. « La pratique génétique à but exclusivement lucratif, contrairement à la pratique génétique médicale, s’intéresse à la réalisation de tests génétiques en dehors du cadre médico-scientifique. Elle est généralement interdite sur le plan réglementaire dans plusieurs pays. »

« La plupart des pays où la pratique génétique est réglementée interdisent la réalisation de tests génétiques pour l’identification de personnes en dehors du cadre médical ou de celui de la recherche scientifique. En France par exemple, les personnes qui réalisent ce type de tests risquent des amendes pouvant atteindre 3.500 euros. »

Ces tests sont interdits car ils sont porteurs d’informations génétiques très sensibles. « Supposons qu’ils permettent par exemple de savoir si telle personne développera une maladie en 2060. Cette personne risquerait alors de se voir refuser des emplois, des assurances, des retraites et bien d’autres choses encore si une telle donnée était divulguée. Les résultats d’un test génétique peuvent même, dans certains cas, détruire une famille, entraîner des divorces et des litiges », prévient encore Abdelaziz Sefiani.

Au Maroc, aucun cadre juridique ne règlemente la pratique génétique en général. « Malgré l’absence d’une réglementation, les tests génétiques médicaux sont fréquemment réalisés au Maroc. Nous avons des laboratoires et des centres spécialisés dans les CHU afin de répondre aux demandes des médecins. Nous réalisons en parallèle des tests génétiques pour l’identification de personnes dans le cadre médico-légal (test de paternité, prélèvements sur une scène de crime…), une expertise sollicitée par les tribunaux et réalisée dans les laboratoires de la police scientifique et ceux de la gendarmerie. »

Comment ça marche

Pour les personnes qui souhaitent malgré tout effectuer ce type de test, voici le mode d’emploi.

Il faut dans un premier temps choisir un laboratoire spécialisé qui en propose la réalisation en ligne. Nous avons repéré, outre MyHeritage et Ancestry.com, d’autres plateformes telles que FamilyTreeDna et 23andMe. Ces laboratoires proposent pratiquement tous des tests par écouvillons buccaux, une petite brosse à tête cylindrique permettant de gratter l’intérieur de la joue.

Après l’inscription sur la plateforme, il faut commander des kits généalogiques composés de deux écouvillons buccaux (un pour la joue droite et un autre pour la gauche). Ils seront expédiés à l’adresse de livraison indiquée.

L’étape suivante consiste à renvoyer les kits dans une enveloppe dédiée reçue lors de l’étape précitée. Les résultats seront ensuite envoyés par mail.

Dans le cas de Najd et Yahya, les prélèvements devaient être envoyés aux Etats-Unis, où sont basés les laboratoires en question. Le coût des tests varie entre 500 et 600 dirhams selon eux. Pour la livraison des kits, comptez trois à quatre semaines.

Najd et Yahya ont cependant mentionné des difficultés lors de l’étape du renvoi des kits aux Etats-Unis. Tous deux se sont vu refuser l’envoi par voie postale de leurs échantillons ADN au motif qu’ils allaient être bloqués à la douane. Ils ont dû envoyer leurs échantillons par l’intermédiaire de personnes qui effectuaient le voyage depuis le Maroc vers les Etats-Unis. Une fois le renvoi des kits aux laboratoires effectué, ils ont reçu les résultats trois semaines plus tard.

Dr Saïd Benchekroun : « Au Maroc, 60% à 70% des enfants cancéreux pris en charge guérissent »

Entre 1.000 et 1.500 cas de cancers pédiatriques sont diagnostiqués chaque année dans le Royaume. Un chiffre en hausse depuis l’amélioration significative des infrastructures sanitaires du pays ces dernières années.

« L’augmentation des cas de cancers pédiatriques est indiscutable. Dans les années 1980, seul le CHU Ibn Rochd de Casablanca abritait un service d’hématologie-oncologie pédiatrique vers lequel tous les patients étaient redirigés. Actuellement, nous disposons de trois autres services similaires, dans les CHU Ibn Sina de Rabat, Hassan II de Fès et Mohammed VI de Marrakech, sans compter les pôles oncologie pédiatrique disponibles actuellement dans les établissements de santé privés », explique le Dr Saïd Benchekroun.

La leucémie aiguë, cancer pédiatrique le plus fréquent au Maroc

La leucémie aiguë, qui se forme dans les cellules souches du sang, est le cancer pédiatrique le plus fréquent au Maroc. Elle est suivie des lymphomes (tumeurs malignes des organes lymphatiques comme les ganglions et les amygdales), du cancer du rein, des cancers osseux, des cancers cérébraux et du cancer de la rétine.

Contrairement aux cancers d’adulte, les cancers pédiatriques sont difficiles à prédire en l’absence de facteurs de risque, tels le tabagisme ou l’alcoolisme, les causes étant principalement d’ordre génétique.

Les cancers de l’enfant affichent néanmoins un taux de guérison plus élevé par rapport aux cancers observés chez les adultes. « Au Maroc, 60% à 70% des enfants cancéreux pris en charge guérissent », indique le Dr Saïd Benchekroun, rappelant que le diagnostic précoce permet d’accroître les chances de guérison.

Quels symptômes doivent alerter ? 

Tout symptôme qui persiste doit amener les parents à consulter, à titre préventif, un pédiatre. Les symptômes alarmants varient en fonction du type de cancer. « Concernant le cancer du sang, la pâleur et l’hémorragie sont des signes à ne pas négliger. Une inflammation indolore des ganglions lymphatiques, quant à elle, peut être le signe d’un lymphome. »

Une fois diagnostiqués, les cancers pédiatriques doivent impérativement être pris en charge par des spécialistes, en l’occurrence des oncologues pédiatres. Les traitements dépendent du type de cancer et des protocoles sanitaires internationaux.

« Dans le cas d’une leucémie, nous procédons à une chimiothérapie qui dure de deux à trois ans. S’il s’agit d’un lymphome, une chimiothérapie de quatre mois est nécessaire. En cas de tumeurs osseuses, des médicaments à fortes doses doivent être administrés », explique le Dr Saïd Benchekroun.

Des progrès, mais des améliorations encore nécessaires

La prise en charge des cancers pédiatriques a beaucoup évolué au Maroc. « Les infrastructures sanitaires actuelles en matière d’oncologie pédiatrique sont à l’image de celles des pays occidentaux. Les chimiothérapies sont disponibles, et les hôpitaux disposent des médicaments anti-cancéreux nécessaires », assure le Dr Saïd Benchekroun.

« Grâce à la Fondation Lalla Salma de lutte contre le cancer et aux associations comme la nôtre, nous avons pu mettre en place des structures de greffe de moelle osseuse, construire des maisons de vie dédiées au logement des parents et aux tutelles des enfants cancéreux, et mettre la main sur des médicaments non disponibles. »

En dépit de ces progrès, l’accès aux médicaments anti-cancéreux doit encore être amélioré. « Des ruptures de stock sont observées de temps à autre. A cela s’ajoutent l’absence de commercialisation de certains médicaments au Maroc et l’indisponibilité de quelques traitements onéreux. Il y a encore des efforts à fournir dans ce sens », conclut le président d’AGIR.

À l’approche du ramadan, Akhannouch se veut rassurant sur les prix des produits alimentaires

L’accessibilité et les prix des produits alimentaires ont été au cœur du traditionnel mot d’ouverture prononcé par le chef du gouvernement, à l’occasion de la réunion du Conseil de gouvernement ce jeudi 9 février.

« Je voudrais rassurer les Marocains. La production de légumes au cours de cette année, en particulier celle des tomates, est satisfaisante. La hausse des prix des tomates ces derniers jours est due principalement à la vague de froid que connaît actuellement notre pays. Nous nous attendons à ce que leurs prix baissent à partir des prochaines semaines, avec le retour des températures minimales à leur niveau normal », relève Akhannouch.

« La baisse entraînera par conséquent une offre abondante de tomates sur le marché national », ajoute-t-il.

Baisse des prix des viandes rouges au détail 

« De nouveaux cycles de production d’oignons et de pommes de terre sont prêts. Cela contribuera à améliorer leur disponibilité pour répondre aux besoins de consommation et se reflétera sur leurs prix », affirme encore Akhannouch.

Les prix des viandes rouges devraient à leur tour baisser grâce à la décision du gouvernement de suspendre les droits d’importation des bovins, poursuit-t-il.

« Quelque 30.000 têtes de bovins destinés à l’abattage seront importées à ce titre avant le mois de ramadan, ce qui contribuera à réduire la pression sur le cheptel bovin national et à faire baisser, par extension, les prix de vente des viandes rouges au détail ».

« Garantir un approvisionnement continu en produits alimentaires » 

« A l’approche du mois de Ramadan, je voudrais vous inviter, mesdames et messieurs les ministres, à exhorter vos différents départements à renforcer le contrôle du marché national, à assurer un approvisionnement continu en produits alimentaires et à lutter contre la spéculation pour protéger le pouvoir d’achat des Marocains », insiste le chef du gouvernement.

« Les instructions royales soulignent la nécessité de protéger le pouvoir d’achat du citoyen et de veiller à ce que les marchés soient approvisionnés en produits alimentaires nécessaires. Aujourd’hui, en tant que gouvernement, nous sommes obligés d’accroître la mobilisation et la vigilance, en augmentant le suivi de l’état de l’approvisionnement des marchés du Royaume en produits alimentaires, en renforçant le contrôle de la commercialisation et de la qualité, et en traquant et en sanctionnant toute violation ou comportement opportuniste. »

 

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Tunnel de Gibraltar : une réunion du comité mixte hispano-marocain dans les prochaines semaines

Un pas de plus vers la redynamisation du projet de liaison fixe dans le détroit de Gibraltar. Médias24 apprend de source sûre qu’une réunion mixte intergouvernementale sera convoquée dans les prochaines semaines, dans le sillage du lancement officiel de ce mégaprojet par les deux Royaumes il y a quarante ans.

La dernière réunion du comité mixte hispano-marocain, organe de direction du projet de tunnel de Gibraltar, remonte à 2009. Le comité avait alors annoncé l’arrêt des forages marins en raison de la géologie complexe du tracé choisi, notamment le terrain situé entre Punta Paloma, sur la côte espagnole, et Ras Malabata au Maroc.

Depuis, aucune convocation du comité hispano-marocain du fait des achoppements techniques et de difficultés financières rencontrées à l’époque, nous explique notre source. Selon elle, une réunion du comité mixte hispano-marocain se tiendra dans les semaines à venir.

« Le comité hispano-marocain se réunira en principe fin février ou début mars. Ce qui est sûr, c’est que la réunion aura certainement lieu avant avril », nous confirme-t-elle.

Accélération de l’activation du projet

Les accords de coopération bilatérale maroco-espagnole de 1980 et 1989 prévoient que le comité mixte, composé en outre des présidents de la Société nationale d’études du détroit de Gibraltar (Sned) et de la Société espagnole d’études pour la liaison fixe à travers le détroit de Gibraltar (Secegsa), et de quatre à cinq membres désignés par les gouvernements marocain et espagnol, se réunisse deux fois par an.

La Sned et la Secegsa chapeautent le volet technique du projet. Les deux sociétés sont en effet chargées de la réalisation des études de faisabilité technique de la liaison fixe dans le détroit de Gibraltar.

« Des décisions seront prises à l’issue de la prochaine réunion du comité mixte en vue d’accélérer l’activation du projet », relève notre source.

Redémarrage des forages marins

Le comité hispano-marocain statuera sur les nouveaux plans de travail élaborés par la Sned et la Secegsa dans le but de mener de nouvelles études de faisabilité technique.

« Il y a bon espoir que le comité hispano-marocain approuve la reprise des forages marins mis à l’arrêt en 2009 à cause des incertitudes géologiques. La technologie a beaucoup évolué depuis. De nouvelles possibilités sont offertes aujourd’hui, qui n’existaient pas il y a dix ans, notamment les forages de reconnaissance dirigés et ceux exploités en matière de prospection pétrolière. Actuellement, il est même possible de s’introduire soi-même dans l’appareil de forage », s’enthousiasme notre interlocuteur.

Le tunnel de Gibraltar coûtera le triple du tunnel sous la Manche

« L’achèvement des études techniques permettra de s’atteler aux études financières et au lancement effectif des travaux de construction, d’autant que l’étude environnementale et celle du trafic sont déjà prêtes », ajoute notre interlocuteur. Selon lui, la construction du tunnel de Gibraltar risque de coûter le triple de ce qu’a coûté le tunnel sous la Manche reliant Folkestone, dans le sud-est du Royaume-Uni, à Peuplingues, près du terminal de Coquelles dans le nord de la France.

« Le tunnel sous la Manche, dont l’exécution a été beaucoup moins compliquée sur le plan technique en comparaison à ce projet de tunnel de Gibraltar, a coûté environ 15 milliards de dollars. Il faudra donc multiplier cette enveloppe par trois pour obtenir le montant qui devrait être consacré au tunnel de Gibraltar », poursuit notre source.

Et d’ajouter : « C’est aux gouvernements marocain et espagnol de voir, une fois les études de faisabilité technique achevées, s’ils feront appel aux investisseurs privés pour le financement des travaux de construction ou s’ils prendront eux-mêmes en charge les coûts financiers. »

Une réelle volonté politique

« Il y a une réelle volonté des deux Etats de faire avancer ce mégaprojet. Les déclarations sur la nécessité de réactiver ce projet lors ou en marge de la réunion de haut niveau Maroc-Espagne en sont la preuve », souligne encore notre source. « La liaison fixe à travers le tunnel finira par voir le jour. C’est une évolution immanquable », conclut-elle.

Dans un communiqué annonçant la reprise des réunions du comité regroupant la Sned et la Secegsa, repris par l’Agence France-Presse, la ministre espagnole des Transports, Raquel Sanchez, a déclaré : « Nous allons donner un coup d’accélérateur aux études sur ce projet stratégique. »

Covid-19 : « La situation épidémiologique actuelle est la meilleure depuis l’apparition du virus au Maroc » (Dr Merabet)

Ce mardi 7 février, dans une présentation du bilan bimensuel de la situation épidémiologique, Mouad Merabet, coordonnateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique du ministère de la Santé et de la protection sociale, a annoncé que « la situation épidémiologique actuelle est la meilleure depuis l’apparition du coronavirus au Maroc ».

Depuis quatre semaines, le Maroc est en cinquième phase intermédiaire, après une cinquième petite vague de propagation massive du virus SARS-CoV qui a duré dix semaines et s’est manifestée par un niveau moyen de propagation du Covid-19, signale le Dr Merabet.

La cinquième phase intermédiaire se caractérise par une faible propagation du variant Omicron et de ses sous-variants, notamment BQ.1 et BA.2, relève-t-il.

Seulement 27 cas admis en réanimation depuis début 2023

« Depuis le début de l’année en cours, seuls 27 cas ont nécessité une hospitalisation en réanimation, dont seulement deux cas admis au cours des deux dernières semaines. Deux personnes âgées sont décédées des suites de graves complications du Covid au cours des premières semaines de cette année », indique le Dr Mouad Merabet.

Au niveau mondial, les indicateurs de morbidité, de virulence et de létalité sont en baisse continue dans les six régions surveillées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), poursuit-t-il.

« Bien que les sous-variants d’Omicron circulant actuellement dans le monde soient hautement transmissibles, une discontinuité entre l’infection et la maladie grave a été observée, par comparaison aux variantes préoccupantes précédentes », note le responsable. « Le virus conserve la capacité de muter et de donner naissance à de nouvelles variantes aux caractéristiques imprévisibles », nuance-t-il toutefois.

Le Covid-19 est toujours très meurtrier par rapport aux autres maladies infectieuses respiratoires

Dans une déclaration à l’issue de la tenue de la 14e réunion du Comité d’urgence du règlement sanitaire international concernant le coronavirus, l’OMS considère que la pandémie de Covid-19 constitue encore une urgence de santé publique internationale, informe le Dr Merabet.

Et d’expliquer : « Malgré l’amélioration significative de la situation épidémiologique mondiale, le Covid-19 est toujours très meurtrier par rapport aux autres maladies infectieuses respiratoires. La réticence à la vaccination et la diffusion continue de fausses informations sont des obstacles additionnels à la mise en œuvre d’interventions essentielles de santé publique. »

Au Maroc cependant, « la situation épidémiologique est rassurante dans toutes les régions du pays. L’unité de dépistage veille toujours à suivre les indicateurs épidémiologiques, y compris les mutants circulants, dans le cadre de la surveillance génomique », conclut le Dr Merabet.