Lekjaa confirme une nouvelle baisse du déficit budgétaire en 2025

Les propos de Fouzi Lekjaa avaient parfois un air de pré-passation. Ou de recommandation. On lui a demandé les chiffres concernant l’exécution de la loi de finances 2025, il les a fournis. Mais il a précisé, comme s’il prenait la salle à témoin, le cadre général.

« Les chiffres ne suffisent pas. Il est nécessaire d’examiner l’évolution. Les recettes du budget de l’État ont augmenté à un rythme sans précédent au cours des dernières années : + 127 milliards de DH. Cette hausse des recettes de l’État montre que l’économie se porte mieux. Sa Majesté a fait le diagnostic et a constaté que le Maroc avance à deux vitesses. Nous avons appliqué les orientations royales. Si le gouvernement, lors du prochain mandat, garde la même trajectoire, la dette tombera en dessous de 64% du PIB ».

Il faut dire que les réalisations macro-économiques sur une période de 5 ans sont réelles, comme le montrent ci-après les courbes de l’endettement du Trésor et du déficit budgétaire. En 2020, le déficit budgétaire était de 7,1% du PIB. En 2025, il a été ramené à 3,5%. La dette du Trésor était de 72,2% en 2020 et elle est évaluée pour 2025 à 67,2%.

L’exécution de la loi de finances 2025

Présenté devant le Parlement par le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, le bilan de l’exécution de la loi de finances 2025 met en avant une amélioration significative des principaux équilibres économiques et financiers du Royaume, dans un contexte international pourtant contraignant.

Selon le ministre, ces résultats traduisent à la fois la solidité des fondamentaux macroéconomiques du Maroc et l’impact des choix stratégiques opérés ces dernières années.

Rebond marqué de l’activité agricole

Après une année 2024 difficile, marquée par une contraction de 4,8%, le secteur agricole devrait enregistrer une croissance de 4,6% en 2025. Cette amélioration est principalement attribuée à des conditions climatiques plus favorables, laissant entrevoir une meilleure campagne agricole. Les récentes pluies confortent cet optimisme.

Poursuite de la dynamique hors agriculture

Les activités non agricoles confirment, quant à elles, leur résilience, avec une croissance prévisionnelle de 4,6%, légèrement supérieure à celle de 2024.

Parmi les indicateurs mis en avant dans le cadre de la dynamique hors agriculture: +8,2% des ventes de ciment en 2025, signe de la vigueur du secteur de la construction ; et près de 20 millions de touristes estimés sur l’ensemble de l’année 2025, soit une progression de plus de 14% par rapport à 2024.

Des réserves en devises à un niveau historique

La balance des paiements bénéficie de plusieurs facteurs favorables :

Dans ce contexte, les réserves de change ont dépassé 440 MMDH à fin 2025, en hausse de 18% sur un an. Ce niveau historique couvre plus de 5,5 mois d’importations, renforçant la position extérieure du pays.

Une forte progression des recettes de l’État

Sur le plan budgétaire, l’exécution de la loi de finances 2025 s’est caractérisée par une nette amélioration des ressources ordinaires.

Les recettes ont atteint près de 424 MMDH, en hausse de 53 MMDH par rapport à 2024 (+14,2%).

Cette performance est portée essentiellement par les recettes fiscales, qui :

Pour le gouvernement, ces résultats reflètent à la fois l’impact des réformes fiscales engagées et l’amélioration de la conjoncture économique.

Priorité aux engagements sociaux et au pouvoir d’achat

L’amélioration des recettes a permis de renforcer les dépenses sociales, tout en respectant les équilibres budgétaires.

Masse salariale et protection sociale

15 MMDH ont été mobilisés pour financer l’augmentation de la masse salariale des fonctionnaires dans le cadre du dialogue social ; le budget consacré à la généralisation de la protection sociale a été porté à 37,7 MMDH, contre 32 MMDH en 2024.

Soutien aux prix et aux secteurs sensibles

Plusieurs enveloppes ont été dégagées pour préserver le pouvoir d’achat :

Selon le ministre, la coordination entre politique budgétaire et politique monétaire a contribué à maintenir l’inflation en dessous de 1%, renforçant ainsi la stabilité des prix.

Déficit maîtrisé et endettement en recul

Grâce à la hausse des recettes et à une gestion prudente des dépenses, le déficit budgétaire a été contenu à 3,5% du PIB en 2025, conformément aux objectifs fixés par la loi de finances.

Cette trajectoire a permis une légère décrue de l’endettement du Trésor : 67,2% du PIB en 2025, contre 67,7% en 2024.

Les projections tablent sur une poursuite de cette tendance, avec un taux d’endettement autour de 64% à l’horizon 2028, parallèlement à une stabilisation du déficit proche de 3%.

Une trajectoire saluée à l’international

Pour le gouvernement, ces résultats renforcent la crédibilité financière du Royaume sur la scène internationale.

Les institutions financières internationales, notamment le FMI et la Banque mondiale, ainsi que les agences de notation, ont salué la solidité des perspectives économiques et la soutenabilité des choix budgétaires.

Dans ce contexte, le Maroc consolide sa position comme destination attractive pour l’investissement et acteur de plus en plus intégré aux chaînes de valeur mondiales.

Lekjaa conclut que ces résultats traduisent la pertinence des stratégies de développement et la justesse des orientations économiques et financières adoptées par le Royaume sous la conduite du Roi Mohammed VI.

Finale Maroc-Sénégal : voici les points forts de la position marocaine

Un arbitrage dépassé et qui n’a pas appliqué le règlement; des supporters qui ont agressé les forces de l’ordre et ont tenté d’envahir le terrain; un entraîneur qui demande à ses joueurs de quitter le terrain, encouragé par des officiels de la Fédération sénégalaise; des joueurs qui quittent effectivement le terrain sans l’autorisation de l’arbitre et qui ne reviennent que dix minutes plus tard; un penalty tiré alors que des étrangers au match se trouvaient sur la pelouse; des accusations fallacieuses qui ont commencé deux ou trois jours avant le match, proférées par l’entraîneur sénégalais et qui visaient à déstabiliser les Marocains et créer une atmosphère émotionnelle et violente.

Pour le cadre réglementaire de référence, le Maroc aura l’embarras du choix :

– les règlements de la CAN.

– L’article 82 des règlements de la CAN : « Si, pour n’importe quelle raison, une équipe se retire de la compétition ou ne se présente pas à un match, ou refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l’autorisation de l’arbitre, elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours ».

– L’article 84 des règlements de la CAN prévoit les sanctions en cas de violation de l’article 82: « L’équipe qui enfreint les dispositions des articles 82 et 83 sera définitivement exclue de la compétition. Elle perd le match 3-0. Si l’équipe adverse menait par un score plus avantageux au moment de l’arrêt du match, le score sera maintenu ».

Pour ce qui concerne les témoignages, preuves et pièces à conviction :

– Les séquences télévisées, les nombreuses vidéos des violences, les déclarations des uns et des autres, y compris l’entraîneur sénégalais qui a reconnu avoir ordonné à ses joueurs de quitter le terrain;

– Les rapports de l’arbitre et du commissaire du match. Ces rapports n’ont pas été rendus publics, mais il est évident qu’ils ont consigné les incidents et les violations commises par le Sénégal. D’autres rapports ont pu être produits, par la CAF ou par la DGSN;

– Les messages et déclarations de la FIFA (Gianni Infantino) et de la CAF (Patrice Motsepe) après la fin du match.

97e minute: l’entraîneur ordonne à ses joueurs de rentrer aux vestiaires

C’est l’élément central et le fait générateur. Cet incident gravissime a été documenté. Le règlement est clair: l’équipe dont les joueurs ont quitté le terrain sans l’autorisation de l’arbitre est considérée comme ayant perdu le match par 3-0, l’équivalent d’un forfait. Dépassé, l’arbitre n’a pas sifflé la fin du match et donc n’a pas appliqué le règlement.

La violence s’abat sur le stade

Violence dans les tribunes, tentative d’envahissement du terrain, attaque coordonnée contre les forces de l’ordre marocaines et les stadiers, destruction volontaire de l’infrastructure et du mobilier. Dès que l’arbitre a entrepris de consulter la VAR, le bloc de supporters sénégalais jouxtant le terrain s’est enflammé. Les supporters jettent des chaises et des plaques métalliques sur les forces de l’ordre. La violence se poursuivra même après le retour des joueurs sénégalais et la reprise du jeu.

Des accusations fallacieuses

Différentes pièces vidéo et posts de réseaux sociaux prouvent que l’entraîneur sénégalais a voulu créer une atmosphère de déstabilisation des joueurs marocains et une ambiance chargée d’émotions négatives, de méfiance et d’agressivité avant le match. Cet élément est très facile à prouver. C’est également le cas pour les accusations fallacieuses lancées contre le Maroc et le comité d’organisation.

Au final, les agissements de l’équipe sénégalaise, de ses supporters et de son staff, ainsi que la passivité de l’arbitre sont accablants. Il semble difficile que la justice ne soit pas rétablie par la CAF. Sinon, c’est le sport, la réputation du football marocain ainsi que l’image de la CAF qui en paieraient le prix.

Après la CAN, la vie reprend son cours et l’actualité ses droits

Le 21 décembre 2025, au lancement de la Coupe d’Afrique des Nations, le temps politique a été suspendu au Maroc ou presque. Ce qui est sûr, c’est que l’agenda médiatique marocain, lui, a basculé.

Pendant un mois, et plus encore lors des matches à élimination directe, la compétition a pris le dessus, a éclipsé l’actualité générale, politique, économique ou sociale. Elle a monopolisé l’espace médiatique, les réseaux sociaux et l’agenda public.

Et c’est normal. Non que ces sujets ont disparu, mais parce qu’ils ont perdu en visibilité et ont été suspendus un temps. Exemple : les avocats qui, dans le cadre de leur mobilisation contre le projet de loi régissant leur profession, ont limité leurs actions jusqu’à la fin de la CAN.

L’actualité générale a été reléguée au second plan, comme si le bruit du monde était volontairement baissé. C’est parce que le sport de masse de haut niveau captive, mobilise et monopolise l’attention du public. Une grande compétition qui se joue sur son sol donne à un pays un “rythme national” quasi quotidien.

Ces quatre semaines ont fait beaucoup de bien aux Marocains, malgré la déception de la finale.

Au-delà du sport, le football agit comme un vecteur de cohésion nationale. La joie partagée est un ciment social puissant. Les émotions collectives étaient synchronisées autour des mêmes événements heureux ou malheureux. Les Marocains ont ainsi un nouveau récit partagé. Malgré les évènements fâcheux de la finale, il faut retenir surtout les aspects positifs : l’immense succès organisationnel, la qualité logistique, l’excellence des infrastructures, la performance sécuritaire et aussi l’exploit sportif car le Maroc est finaliste.

Le football, plus qu’un sport

La puissance du football est inédite et exceptionnelle. L’importance symbolique du football a rencontré une société qui a fait preuve d’une maturité remarquable à travers le langage commun du sport. Le Maroc est terre de football. Le ballon rond est présent dans tous les coins de rue, dans les terrains vagues, en montagne comme en bord de mer.

Le Roi Mohammed VI a très justement voulu transformer cette passion en un atout stratégique pour le pays. Sa passion personnelle pour ce sport rejoint celle de tout Marocain. Il l’avait déjà démontré quand il était encore prince héritier.

Le Souverain, alors Prince héritier, donnant le coup d’envoi de la CAN 1988.
Le Souverain, alors Prince héritier, remettant le trophée lors de la CAN 1988.

Et cette passion a été transmise de père en fils. Nous en avons eu l’illustration pendant cette CAN. Les princes Moulay El Hassan et Moulay Rachid, malgré les protocoles, n’ont pu retenir leurs émotions pendant les matchs de la sélection nationale.

Et le résultat vu aujourd’hui est tout sauf le fruit du hasard. Le Maroc ne réussit pas par une « grâce soudaine ». Très tôt, le Souverain a tracé la trajectoire d’un développement structurel de ce sport pour en faire un vecteur de développement humain, social et économique. Une politique sportive qui a commencé à prendre une forme claire au début des années 2000, avec deux jalons qui reviennent sans cesse quand on parle de structuration.

D’abord, en 2003, avec les terrains de proximité, qui ont représenté un choix d’aménagement et de société, qui part du quartier et du douar, et qui considère que le sport est un droit d’accès, pas un luxe.

Ces terrains constituent un vivier de talents et un puissant levier d’émancipation et d’épanouissement pour la jeunesse. Ils ont fait l’objet d’une vingtaine d’activités royales, dont la première remonte au 13 novembre 2003 à Oujda.

Ensuite, en 2005, l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) entre en scène avec le déploiement d’un nombre considérable de projets sportifs : 1.340 projets sportifs, près de 1.808 équipements, pour un investissement global d’environ 2,5 milliards de dirhams ; 73% des équipements accessibles gratuitement, les autres appliquent une tarification mixte, à vocation sociale ou modulée.

Dans cette politique de proximité, le football pèse lourd, représentant près de 70% des équipements sportifs de proximité réalisés dans le cadre de l’INDH, soit 1.258 terrains, répartis sur tout le territoire, urbain et rural.

En 2008, avec les Assises du sport, la lettre royale pose un cadrage et une projection. Puis vint l’ossature de la formation, avec notamment l’Académie Mohammed VI, qui a donné au foot marocain et international de grands joueurs.

Nous ne faisons, ici, aucune révélation, mais un rappel important et nécessaire. Certaines séquences de la finale de ce 21 janvier 2026, ainsi que le « morocco bashing » qui a suivi, sont tristes et regrettables.

Que faut-il retenir ? Le souverain l’a résumé dans son message avec des mots justes et précis.

« A travers ce parcours distingué, vous avez démontré que la persévérance, le sérieux et l’esprit d’équipe sont la voie pour l’accomplissement des performances, de même que vous avez présenté au monde un exemple de ce que la jeunesse marocaine et africaine peut réaliser lorsqu’elle a confiance en ses talents et ses capacités », souligne le Souverain.

« Vous avez également prouvé, par la détermination et la performance héroïque et honorable dont vous avez fait montre, l’importance de notre vision stratégique d’investir dans le capital humain et de moderniser les infrastructures du Royaume, qui ont démontré leur résilience et leur niveau mondial de préparation en prévision de l’accueil de la Coupe du monde 2030 », poursuit le Roi Mohammed VI.

« Autant que nous considérons que l’accueil par notre pays de ce prestigieux championnat, avec une qualité d’organisation et une chaleureuse hospitalité, qui tire son origine de la noblesse et des valeurs séculaires de notre Nation marocaine, constitue un brillant exploit sportif, autant que Nous y voyons également un message d’espoir et de confiance du Maroc envers son continent, confirmant que le talent africain est capable d’exceller et d’innover dans tous les domaines », affirme le Roi dans ce message.

Persévérance, sérieux, esprit d’équipe, détermination, performance héroïque et honorable, noblesse, valeurs séculaires… Voilà ce qui caractérise le Maroc. Voilà sa ligne de conduite. Et c’est ce qu’il faut garder comme cap, que ce soit dans le sport ou ailleurs.

Car la CAN est finie, mais les chantiers nombreux et stratégiques du Royaume se poursuivent… La vie reprend son cours et l’actualité politique et économique ses droits.

À Davos, Anthropic revendique une IA capable d’automatiser l’ingénierie logicielle

À Davos, Dario Amodei ne s’est pas exprimé en observateur inquiet de l’avenir du travail, mais en dirigeant technologique mettant en avant la puissance croissante de son produit.

Le PDG d’Anthropic, entreprise américaine spécialisée dans l’intelligence artificielle générative et à l’origine du modèle « Claude », a expliqué que les progrès récents de l’IA permettent désormais d’envisager une automatisation très large des tâches de développement logiciel.

Une transformation en cours des besoins en compétences

Selon lui, dans un avenir proche, les modèles d’IA pourront écrire, tester, corriger et maintenir du code de bout en bout, avec une intervention humaine réduite à des fonctions de supervision. « Nous pourrions être à un horizon de six à douze mois de modèles capables d’assurer, de bout en bout, l’ensemble des tâches réalisées par les ingénieurs logiciels« .

Amodei a d’ailleurs souligné que, dans certaines équipes, les ingénieurs passent déjà moins de temps à coder eux-mêmes qu’à relire, orienter et valider le code produit par l’IA.

La valeur ajoutée humaine se déplacerait ainsi vers la définition des objectifs, l’architecture des systèmes et le contrôle de la qualité, plutôt que vers l’exécution technique.

Cette prise de position s’inscrit dans un discours plus large tenu à Davos par plusieurs dirigeants du secteur de l’IA.

Demis Hassabis, PDG de Google DeepMind, a notamment évoqué une transformation en cours des besoins en compétences.

Sans annoncer de suppressions massives d’emplois, ces dirigeants convergent sur l’idée que l’automatisation par l’IA modifie rapidement la structure de la demande de travail dans les métiers technologiques.

Dans ce contexte, certaines entreprises pourraient revoir leurs stratégies de recrutement. Plutôt que de constituer de larges équipes de développeurs, elles pourraient privilégier des profils plus expérimentés, capables de concevoir des systèmes complexes, de piloter des agents d’IA et de formuler des instructions efficaces, ce que l’on désigne de plus en plus comme le prompt engineering.

L’ingénieur logiciel ne disparaît pas, mais son rôle se recompose autour de fonctions d’orchestration et de responsabilité, dans un environnement où l’exécution est largement automatisée.

En 2024, la moitié des salariés déclarés à la CNSS gagne au plus 3.200 DH (OMTPME)

Selon le rapport annuel de l’Observatoire marocain de la TPME, l’emploi formel déclaré à la CNSS s’est établi à 4.931.100 salariés en 2024, contre 4.766.924 en 2023 et environ 3,8 millions en 2021.

La masse salariale déclarée à la CNSS s’est établie, en 2024, à 221,8 MMDH, en hausse annuelle de 8,6%, après 9,7% en 2023.

Cette progression traduit une dynamique continue de formalisation du marché du travail, portée par la reprise économique post-Covid et par l’élargissement de la base déclarative des entreprises.

Emploi formel et rémunérations

Sur la période récente, la croissance de l’emploi formel reste néanmoins plus rapide que celle des salaires, ce qui pose la question de la qualité des postes créés.

La structure des rémunérations illustre clairement ce constat. En 2024, 46,6% des salariés déclarés, soit environ 2,3 millions d’employés, perçoivent un salaire n’excédant pas le SMIG, contre 54,8% en 2023 et 44% en 2022.

Si cette baisse relative traduit un léger déplacement vers les tranches supérieures, la concentration des bas salaires demeure très marquée.En 2024, 72,7% des employés perçoivent un salaire mensuel inférieur à 4.000 DHPlus de 72,7% des employés gagnent moins de 4.000 DH par mois en 2024, contre 74,3% en 2023. À l’autre extrémité de l’échelle, seuls 2,8% des salariés déclarent un salaire supérieur à 20.000 DH, une proportion quasi inchangée depuis plusieurs années.

Le salaire mensuel moyen s’élève à 5.862 DH, tandis que le salaire médian est de 3.173 DH, ce qui indique que la moitié des salariés déclarés perçoivent un salaire inférieur ou égal à ce niveau.

Situation de l’emploi féminin

La configuration salariale pèse particulièrement sur l’emploi féminin. En 2024, les femmes représentent 1.596.881 salariées déclarées, soit 32,4% de l’emploi total, en léger recul par rapport à 2023 et à 2022.

En valeur absolue, l’emploi féminin progresse, mais sa part relative stagne autour de 32% depuis plus de cinq ans. Cette stabilité reflète des difficultés structurelles d’insertion sur le marché du travail formel.

L’analyse par tranche de salaires met en évidence une surexposition des femmes aux bas revenus. Plus de la moitié des salariées, soit 51,6%, perçoivent un salaire inférieur ou égal au SMIG, contre 44,2% chez les hommes.

À l’inverse, seules 2,8% des femmes accèdent à des rémunérations supérieures à 20.000 DH, une proportion identique à celle des hommes mais qui reste marginale au regard de l’ensemble du marché.

Dans les régions du Sud, plus de 80% des femmes déclarées se concentrent dans la tranche du SMIG ou en dessous. À l’opposé, Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra présentent une structure salariale relativement plus équilibrée.

Sur le plan sectoriel, l’emploi formel demeure dominé par les services, le commerce et l’industrie manufacturière. Ces secteurs concentrent l’essentiel de l’emploi féminin déclaré, en particulier dans le textile, les services sociaux, l’enseignement et certaines activités de commerce.

Cette spécialisation sectorielle contribue à expliquer la faiblesse des rémunérations moyennes des femmes et la lenteur de leur progression vers des emplois à plus forte valeur ajoutée.

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Ces données portent exclusivement sur l’emploi formel privé déclaré, hors fonction publique, auto-emploi et secteur informel.

L’Observatoire marocain de la TPME publie la 6e édition de son rapport annuel

Le rapport montre qu’en 2024, le nombre total d’entreprises personnes morales actives (EPMA) déclarantes s’élève à 380.230. Les microentreprises représentent 86,6% des entreprises, les TPE 7,4%, les petites entreprises 4,5%, les moyennes 1,0% et les grandes entreprises 0,5%.

Au titre de l’année 2024, les créations d’entreprises personnes morales atteignent 67.796 unités, dont 98,5% sont des microentreprises et 99,2% emploient moins de 10 salariés.

La répartition sectorielle des créations montre que le commerce représente 30,5%, la construction 18,3%, les services aux entreprises 15,4%, les transports et entreposage 7,8%, l’hébergement et restauration 6,3% et l’industrie manufacturière 5,6%.

Les dissolutions d’entreprises personnes morales enregistrées en 2024 s’établissent à 11.596 entreprises. Les secteurs les plus touchés sont le commerce avec 30,5%, la construction 18,3%, les services aux entreprises 14,3%, les transports et entreposage 6,9% et l’industrie manufacturière 5,5%.

Près de 40,4% des entreprises dissoutes ont entre deux et cinq ans d’existence, tandis que 13,1% ont moins de deux ans.

Concernant l’activité économique, le chiffre d’affaires cumulé des EPMA atteint 2.628,1 MMDH en 2024. Les grandes entreprises concentrent 63,7% de ce chiffre d’affaires, les moyennes 12,8%, les petites 13,8%, les TPE 5,7% et les microentreprises 4%.

Les secteurs dominants sont le commerce 34,9%, l’industrie manufacturière 25,4% et la construction 12,8%.

La valeur ajoutée cumulée des entreprises personnes morales s’établit à 536,5 MMDH. Les grandes entreprises représentent 64,7% de la valeur ajoutée, les moyennes 13,2%, les petites 13,0%, les TPE 6% et les microentreprises 3,1%.

Du côté de l’emploi déclaré à la CNSS, la masse salariale se répartit majoritairement entre les services aux entreprises 19,9%, le commerce 17,7%, l’industrie manufacturière 15,8% et la construction 9,9%.

 

CAN 2025. Le tableau définitif des huitièmes de finale

Place aux huitièmes et à l’élimination directe.  Pour le Maroc, chaque match sera désormais une finale.

Le Maroc sera opposé le dimanche 4 janvier à la Tanzanie. Si, comme le veut la logique, il gagne, il devrait retrouver en quarts l’Afrique du Sud , ou bien le Cameroun.

Si, comme nous l’espérons tous, il remporte les quarts, il sera opposé en demi finale probablement à l’Algérie ou au Nigeria.

Et enfin, en finale, en cas de victoire en demi-finale, il sera en principe confronté à l’Egypte ou au Sénégal.

Voici l’arbre définitif des huitièmes de finale:

Ubérisation. La « grima » a dérivé vers un modèle de rente et de clientélisme (PCNS)

Le débat sur l’ubérisation est souvent réduit à une opposition simpliste entre illégalité et innovation.

Avec la montée des applications de transport urbain, le Maroc fait face à un test de cohérence entre l’innovation et le cadre juridique.

Le système de la « grima » : un modèle de rente et de clientélisme

Selon le Policy Bref du PCNS, les plateformes prospèrent parce que le transport urbain traditionnel est enfermé dans un régime rigide d’agréments, peu adapté à une demande urbaine qui veut de la rapidité, de la flexibilité et une expérience plus transparente.

La question devient alors politique au sens strict. Le système des agréments « grima », piloté par le ministère du Transport et de la logistique, repose sur une autorisation préalable et individuelle pour exercer le transport public.

Créé en 1963, il obéissait à une logique de régulation et de redistribution sociale, mais il a, selon le PCNS, dérivé vers un modèle de rente et de clientélisme, avec des titulaires souvent non exploitants et des chauffeurs qui portent les risques et paient une redevance fixe, sans véritable protection.

« L’attribution des agréments se faisait de manière discrétionnaire, sans appel d’offres public ni critères objectifs transparents. Cela a conduit à une opacité persistante et à une concentration d’autorisations entre les mains des bénéficiaires. Le marché du transport est ainsi fragmenté, difficile à moderniser et peu concurrentiel », lit-on dans le rapport.

« Ce système d’agrément, hérité d’une logique étatique de contrôle et de redistribution, apparaît aujourd’hui inadapté aux exigences d’un marché de la mobilité moderne et ouvert. Il freine la professionnalisation du transport, entrave la concurrence, et empêche l’intégration légale des nouveaux acteurs. La question de sa réforme est donc devenue centrale pour concilier équité sociale, efficacité économique et innovation technologique dans le secteur du transport au Maroc », poursuit le rapport.

Sortir de la zone grise

Dans ce cadre, la collision avec les plateformes est mécanique. Elles n’ont ni flotte ni agrément et mettent en relation chauffeurs et clients via une application, avec tarification algorithmique et notation.

Les conducteurs se retrouvent dans une zone grise, considérés comme illégaux par la réglementation en vigueur, et l’État oscille entre tolérance, laxisme et interdiction selon les territoires. Cette ambiguïté est précisément ce qui produit une forte incertitude.

Le PCNS décrit des zones grises juridiques et institutionnelles, renforcées par des signaux publics contradictoires, ne pas freiner l’innovation tout en gérant la pression des acteurs traditionnels, justifier le laisser-faire au nom de l’emploi tout en laissant durer l’incohérence.

Pour le PCNS, l’ubérisation du transport met en lumière l’urgence d’une réforme structurelle qui pourrait :

Une régulation bien conçue n’aurait pas seulement vocation à calmer les tensions ; elle pourrait transformer une rivalité désordonnée en levier de modernisation, d’emplois mieux encadrés et de mobilité urbaine plus fiable pour les citoyens.

Maroc-Ouganda en amical : quelle heure, quelles chaînes

Dans le magnifique stade Ibn Batouta de Tanger, actuellement le plus grand du Maroc, une affiche Maroc-Ouganda ce mardi soir à 20H.

Quelques jours après le match Maroc-Mozambique, voici donc une deuxième occasion qui s’offre à Walid Regragui pour faire tourner son effectif. On s’attend à une composition bien différente, dans tous les compartiments du jeu.

Ces deux matchs amicaux sont destinés à préparer la CAN 2025 qui débute dans un mois au Maroc. C’est également le cas de l’Ouganda qui livre une sérieux de matchs amicaux et qui vient de battre le Tchad (2-1).

Nayef et Aguerd et Achraf Hakimi, blessés, seront tous les deux absents.

Maroc-Ouganda : quelle heure, quelles chaines

Le match débutera donc à 20H, au stade Ibn Batouta de Tanger.

Il sera retransmis par Arridya.

Document. Le pv intégral de la réunion historique sur le Sahara au Conseil de sécurité

Voici donc, à titre de document, le pv officiel de cette réunion historique ainsi que son enregistrement vidéo.

 

100 km à la nage dans la lagune de Dakhla pour célébrer la Marche verte : un exploit sportif majeur

N’ayons pas peur des superlatifs, car la performance le mérite. Trois sportifs marocains, nageurs en eau libre, viennent de parcourir en quatre jours (autant d’étapes), la distance de 100 km dans la lagune de Dakhla. Et ce, à l’occasion de la Marche verte. Un exploit sportif de niveau international.

Les trois sportifs en question sont Dino Sebti, Nadia Benbahtane et Sébastien Desflandre. Tous trois sont déjà adeptes de la nage en eau libre, avec des parcours connus comme le détroit de Gibraltar, le détroit de Bonifacio, les Glénans… Tous sont actifs dans ce domaine.

Nager 100 km en eau libre en 4 jours (soit 25 km par jour) est incontestablement un exploit sportif majeur, même pour un nageur expérimenté. C’est l’équivalent de 4 marathons de natation (25 km est la longueur d’un marathon aquatique officiel). Les nageurs d’élite, participant à un circuit mondial tel que la Coupe du monde de la FINA (Fédération internationale de natation, devenue World Aquatics) disputent des épreuves de 10 km par jour, et rarement deux jours de suite.

25 km par jour pendant 4 jours d’affilée, cela nécessite un mental solide, une endurance physique et une organisation bien calibrée. La dépense énergétique quotidienne pour 25 km de nage correspond à 6.000 jusqu’à 10.000 kcal (kilocalories) par jour. C’est l’équivalent de trois traversées de la Manche en une semaine (34 km par étape).

La performance de nos trois nageurs n’est donc pas inédite, mais c’est un exploit qui les place parmi l’élite en termes d’endurance. Il faut dire que la Marche verte le vaut bien.

Comment l’idée a germé

La lagune de Dakhla fait 25 km de longueur. Il y a deux ans, à l’occasion du 48e anniversaire de la Marche verte, Sébastien Desflandre et Dino Sebti avait lancé la « Nage verte » qui consistait à parcourir la lagune sur toute sa longueur d’une traite.

Cette année, à l’occasion du 50e anniversaire, l’idée a germé de réaliser quelque chose de plus fort, par exemple 50 km. Dino Sebti raconte la suite :

« Un jour, dans une discussion (comme souvent pleine d’idées un peu folles) avec Sébastien, on se demandait quel défi serait à la hauteur du 50e anniversaire de la Marche Verte.
Il y a deux ans, on avait déjà nagé 25 km d’un coup à Dakhla, lors de la 1re édition nommée La Nage verte : 7 h 30 dans l’eau, la peau fripée mais le cœur fier. Alors, naturellement, j’ai proposé de faire 50 km cette fois, pour ce 50e anniversaire : logique, non?!
Et là, Sébastien me regarde et me dit :
— Non. Faisons 100 km.
— T’es sûr ?
— Oui et en 4 jours.
Un “oui” tellement convaincant qu’on a embarqué Nadia dans cette douce folie. Elle aussi a dit banco.
Les entraînements ont suivi : plus de deux mois et demi, à raison de 6 km par jour. Autant dire qu’on connaissait la piscine et la mer devant le CCC Sun Beach par cœur ! ».

Aucun challenge n’est impossible

Le défi a débuté le 1er novembre et s’est achevé le 4 novembre. Puis, ils ont organisé une cérémonie symbolique le 6 novembre, date anniversaire de la Marche verte. Les conditions météorologiques les avaient en effet obligés à avancer le challenge.

Les temps réalisés montrent à quel point le défi était de taille, voire surhumain :

« Jour 1 : 25 km en 8h30.
Jour 2 : 25 km en 8h31.
Jour 3 : 26 km en 9h30, avec le vent et les courants ligués contre nous.
Jour 4  : Miracle : la nature, après nous avoir bien testés, décide enfin d’être clémente ! Courant favorable, mer et vent calme, et là… on explose tout : 1er 10 km en 1h55, mieux que le record du monde (1h59), mais avec des conditions météo favorables.
Et les 25 derniers km en 5h12 ! »

Voici l’histoire en quelques phrases. Dino Sebti en tire la conclusion « qu’aucun challenge n’est impossible ».

Divers sponsors les ont accompagnés: BOA, CTM, Somagec pour la partie mission scientifique ; Ocean Vagabond, WDC et Open Water Event.

Une lagune à préserver

L’édition de la « Nage verte cette année s’est déroulée également sous le signe de la préservation de l’intégrité écologique de la baie de Dakhla. Cette dernière s’étend sur 400 km².

« Elle abrite un écosystème lagunaire d’une grande richesse, refuge de plusieurs espèces marines menacées, notamment des grands dauphins (Tursiops truncatus), des lamantins, des oiseaux migrateurs, ainsi qu’une diversité notable de mollusques et poissons », nous explique Dino Sebti. Cette zone est soumise à de grandes pressions humaines telles que le développement touristique, l’urbanisation, la pêche, l’aquaculture intensive… Des espèces menacées de mégafaune marine y sont régulièrement observées.

L’État a payé 2,46 milliards de DH de condamnations entre 2021 et 2025

Selon des données recueillies par Médias24 auprès de sources gouvernementales, l’État a été condamné à verser 2,46 milliards de DH (MMDH) sur la période 2021-2025 au titre de jugements définitifs.

Sur ce total, 2,24 MMDH ont déjà été exécutés via des ordres de paiement, tandis que 222,7 MDH ont été réglés sous forme de dépenses sans ordre préalable.

Ces chiffres permettent de mesurer l’ampleur des condamnations prononcées contre l’État et le niveau d’exécution budgétaire effectivement assuré par l’administration sur cette période (2021-2025).

Montants des condamnations : un pic en 2024

Dans le détail, les montants des condamnations judiciaires prononcées annuellement s’élèvent à :

L’évolution montre un pic marqué en 2024, année durant laquelle les condamnations ont dépassé les 655 MDH, avant de revenir à un niveau inférieur l’année suivante.

Les paiements exécutés via les circuits budgétaires classiques (ordres de paiement) atteignent :

Le cumul atteint 2,241 MMDH, traduisant un taux d’exécution élevé.

Les dépenses effectuées sans ordres de paiement représentent une part beaucoup plus faible, mais elles restent significatives certaines années. Elles s’élèvent à 77,4 MDH en 2021, chutent nettement à 900.348 DH en 2022, puis repartent à la hausse en 2023 avec 1 MDH, avant d’atteindre 54,85 MDH en 2024 et 88,53 MDH en 2025.