Aziz Akhannouch ne rempile pas à la tête du RNI, la course à la succession est lancée

Ce dimanche 11 janvier, Aziz Akhannouch a annoncé renoncer à briguer un nouveau mandat à la tête du RNI. Par cette décision, il renonce également à la possibilité de rempiler comme Chef du gouvernement si le RNI remporte les prochaines législatives.

« Nous avons convenu, dans le cadre du bureau politique, de programmer un congrès extraordinaire début février pour renouveler nos instances. Et j’ai demandé à ajouter un point, celui de l’élection du président ». C’est par ces mots que Aziz Akhannouch a introduit, avec subtilité et non sans émotion, la question de son départ de la présidence du RNI, dans un échange avec quelques éditeurs de presse à l’issue de la réunion du bureau politique.

Les arguments de Aziz Akhannouch

« C’était une réunion du bureau politique très intense, avec des discussions houleuses mais aussi beaucoup d’émotion. (…) Les camarades du bureau politique ont fini par accepter. Je pense que c’est la bonne décision. »

« C’est un moment qui n’est pas facile pour un chef de parti ».

Le président sortant du RNI confie être convaincu « qu’après deux mandats, il faut arrêter, car ce n’est pas un héritage. Je ne peux pas faire un troisième mandat ». Les statuts actuels du parti limitent en effet à deux le nombre de mandats du président.

Il évoque aussi un autre argument lié au calendrier politique. « On aurait pu penser à un prolongement de mon mandat jusqu’après les élections. Mais je ne peux pas me présenter aux élections ou guider le parti dans ces échéances alors que je sais que je veux et que je vais partir. Ce serait mentir aux citoyens. Nous avons nos chances pour remporter ces législatives, donc je préfère que le parti choisisse son nouveau président maintenant ».

Aziz Akhannouch affirme également qu’il ne se présentera pas aux prochaines élections législatives.

« Je suis serein, j’ai le sentiment du devoir accompli ».

Il s’agit aussi d’une décision personnelle, annoncée ce jour, mûrement réfléchie et arrêtée « pendant les vacances de fin d’année », selon lui.

Mais c’est aussi une décision qui rebat les cartes politiques pour les prochaines législatives et devrait produire un effet d’onde de choc dans l’ensemble du paysage politique. Une annonce inattendue, il faut le reconnaître.

Le retrait d’Aziz Akhannouch de la présidence du parti, à quelques mois des législatives, ne risque-t-il pas de fragiliser le RNI ? À cette question de Médias24, le président sortant répond : « Le parti a connu un changement structurel. Tout le monde reconnait que le RNI participe activement et dynamise la scène et la vie politique ».

« Nous avons développé les instances du parti et sa pensée. (…) Le RNI va bien, il est en excellente santé et a atteint une phase de maturité. C’est le meilleur moment pour passer le flambeau. Je suis serein, j’ai le sentiment du devoir accompli », ajoute-t-il.

Les prochaines étapes : le RNI dispose d’un mois chrono pour élire un nouveau leader

Aziz Akhannouch quittera la présidence du RNI, mais restera membre du parti et Chef du gouvernement jusqu’à la fin de son mandat. « Je vais poursuivre mes activités de chef du gouvernement sans interruption jusqu’à la fin du mandat et les priorités gouvernementales restent inchangées ».

Le RNI continuera à appuyer Akhannouch dans sa mission à la tête de l’exécutif, comme il le souligne dans le communiqué du BP publié ce dimanche : « Le Bureau politique réaffirme son soutien à Aziz Akhannouch en sa qualité de Chef du gouvernement, ainsi que son appui à la majorité gouvernementale à travers ses deux groupes parlementaires et l’ensemble de ses structures et instances, afin de permettre au gouvernement d’honorer ses engagements contractuels et de poursuivre la mise en œuvre de ses programmes jusqu’à la fin de son mandat constitutionnel ».

Le même communiqué détaille les prochaines échéances partisanes :

Le RNI a désormais la lourde tâche de trouver un nouveau président capable de mener la bataille des législatives, avec pour objectif de maintenir le parti dans la position à laquelle Aziz Akhannouch l’a placé, et la barre est haute, à savoir : arriver premier !

Les regards vont donc se tourner dans les prochains jours vers les candidats potentiels.

S’il est encore trop tôt pour avancer des noms, on sait, selon les statuts du parti, que tout candidat à la présidence du RNI doit « justifier d’au moins un mandat accompli au sein du Conseil national ».

Le RNI survivra-t-il au départ de Aziz Akhannouch de sa présidence ? Réussira-t-il le pari de trouver le bon leadership ? L’avenir nous le dira.

Personne ne peut nier qu’Aziz Akhannouch a repris un parti affaibli par l’échec cuisant de 2016 et l’a porté au sommet de la scène politique. Il a réorganisé le parti en interne, structuré ses instances et doté le RNI d’un véritable appareil.

En 2016, sur ces colonnes, nous écrivions que Aziz Akhannouch était appelé à conduire le big-bang du parti et que l’ambition de ce dernier, arrivé 4ᵉ aux dernières législatives 2016 (derrière le PJD, PAM, PI) était de concurrencer le parti de la Lampe pour lui ravir sa première place au scrutin de 2021.

Dix ans plus tard, c’est chose faite.

GWM lance quatre nouveaux modèles au Maroc

Great Wall Motors (GWM) poursuit son implantation sur le marché marocain en dévoilant quatre nouveaux modèles lors d’une conférence de presse organisée à Casablanca le 16 décembre.

Cette offensive produit, déployée sur plusieurs segments clés : SUV hybride, SUV essence, SUV hybride rechargeable et pick-up, traduit la volonté de la marque de renforcer sa compétitivité tout en démocratisant l’accès aux technologies avancées. Portée par un réseau de distribution en pleine expansion, cette nouvelle gamme ambitionne de couvrir un large spectre de besoins, du quotidien urbain aux usages professionnels et familiaux.

Haval Jolion FL Essence : le SUV compact accessible et technologique

Le Haval Jolion FL Essence marque une étape importante dans la stratégie de GWM sur le segment des SUV compacts. Déjà reconnu à travers sa version hybride, le Jolion revient ici avec une motorisation essence destinée à séduire un public plus large, à la recherche d’un SUV moderne et abordable.

Sous le capot, le Jolion FL Essence embarque un moteur 1.5L Turbo développant 150 chevaux, associé à une boîte automatique à 7 rapports. Cette configuration assure une conduite fluide et polyvalente, aussi bien en milieu urbain que sur route, tout en maintenant un bon compromis entre performances et consommation.

Proposé en trois niveaux de finition (Mid, High et Top), le modèle se distingue par une dotation technologique progressive allant jusqu’au toit panoramique et à la caméra 360°. Avec un prix à partir de 209.900 DH, le Haval Jolion FL Essence se positionne comme une alternative stratégique sur le marché des SUV compacts essence.

Haval H6 PHEV : le SUV hybride rechargeable nouvelle génération

Avec le Haval H6 PHEV, GWM introduit au Maroc un SUV hybride rechargeable à la fiche technique ambitieuse. Disponible en versions 4×2 et 4×4, il s’adresse aux conducteurs en quête de performances élevées et d’une autonomie électrique adaptée aux trajets quotidiens.

Le système hybride rechargeable associe un moteur essence 1.5L à une transmission hybride dédiée, développant jusqu’à 364 chevaux en version 4×4. L’autonomie électrique peut atteindre 106 km, permettant une utilisation urbaine en mode zéro émission, complétée par une recharge rapide DC capable de récupérer 80 % de batterie en une trentaine de minutes.

Entièrement équipé de série, le Haval H6 PHEV mise sur le confort, la technologie et la sécurité avec des aides à la conduite complètes et un habitacle spacieux. Il est proposé à partir de 339.900 DH, positionnant GWM sur le segment des PHEV à forte valeur technologique.

Haval H7 HEV : le SUV hybride au caractère affirmé

Le nouveau Haval H7 HEV vient enrichir la gamme avec une proposition au design robuste et à l’identité marquée. Son style baroudeur, caractérisé par des lignes musclées et une face avant imposante, vise clairement les amateurs de SUV au look affirmé.

Il est animé par une motorisation hybride 1.5 L développant 243 chevaux, associée à une boîte automatique DHT, offrant une conduite souple et réactive dans toutes les conditions. Son empattement généreux de 2.800 mm garantit un excellent niveau d’habitabilité, notamment à l’arrière.

À bord, le Haval H7 HEV se distingue par une présentation moderne et une dotation technologique complète, incluant un large écran multimédia et des systèmes ADAS avancés. Ce SUV hybride est proposé à partir de 369.900 DH, venant compléter l’offre GWM sur le segment des SUV hybrides familiaux.

Poer DC AT : le pick-up polyvalent à vocation mixte

Avec le Poer DC AT, GWM s’attaque au segment des pick-up double cabine à usage mixte, combinant capacités professionnelles et confort de conduite au quotidien. Ce modèle s’adresse aussi bien aux professionnels qu’aux amateurs d’activités de plein air.

Il est équipé d’un moteur 2.0L Turbo Diesel de 163 chevaux, couplé à une boîte automatique ZF à 8 rapports et à une transmission intégrale intelligente. Sa charge utile de plus d’une tonne et ses équipements off-road en font un véhicule taillé pour les usages exigeants.

Le Poer DC AT se distingue également par un habitacle soigné, intégrant des matériaux valorisants et une dotation technologique digne d’un SUV moderne. Il sera proposé à partir de 359.900 DH, positionnant GWM comme un acteur sérieux sur le marché des pick-up au Maroc.

Avec ces quatre nouveaux modèles, GWM Maroc confirme sa montée en puissance et son ambition de s’imposer durablement sur le marché national. En couvrant des segments clés avec des véhicules technologiquement aboutis et positionnés à des tarifs compétitifs, la marque chinoise renforce sa crédibilité et affirme sa volonté d’accompagner l’évolution des usages automobiles au Maroc.

Holmarcom in talks to buy Morocco’s BMCI from BNP Paribas

After Crédit Agricole and Société Générale exited the Moroccan banking sector, the market was abuzz with talk of BNP Paribas’ planned withdrawal, the French lender still holding a stake in BMCI.

Medias24 has learned from reliable sources that negotiations are underway between BNP Paribas and the Holmarcom group over the acquisition of BMCI. The deal has not yet been officially confirmed.

If successful, the deal would give the Bensalah‑led Moroccan group fresh momentum and a stronger foothold in the banking sector, following its takeover of Crédit du Maroc from France’s Crédit Agricole.

Between 2022 and 2024, two major French banks completed their exit from Morocco: Crédit Agricole, which sold its stake in Crédit du Maroc to Holmarcom, and Société Générale, which sold Sogé Maroc and its subsidiaries to Saham. BMCI is the last French bank still operating in the country. If the deal goes through, Holmarcom will have two listed banks under its wing.

Financial Data of BMCI

At the end of the first nine months of 2025, BMCI reported growth across its commercial and financial indicators:

Holmarcom en négociation pour le rachat de la BMCI

Après la sortie des Français Crédit Agricole et Société générale du secteur bancaire marocain, le marché se faisait l’écho d’une volonté de désengagement de la BNP, actionnaire de référence de la BMCI.

Médias24 apprend de sources sûres que des négociations sont en cours entre la BNP et le groupe Holmarcom pour une reprise de la BMCI.

L’opération n’est pas encore officialisée. Si elle se concrétise, elle donnerait au groupe marocain dirigé par la famille Bensalah un nouvel élan et une dimension plus importante dans le secteur bancaire, après sa prise de contrôle de Crédit du Maroc auprès du Crédit Agricole français.

Entre 2022 et 2024, deux grandes banques françaises ont acté leur départ du Maroc, à savoir le Crédit Agricole avec sa cession du capital dans Crédit du Maroc à Holmarcom, et la Société Générale pour la cession de la Sogé Maroc et ses filiales à Saham.

BMCI était la dernière banque française opérant au Maroc. Si l’opération se concrétise, Holmarcom se retrouve avec deux banques, toutes deux cotées de surcroit.

Voici l’actionnariat de la BMCI au 30/06/2025 :

Les données financières de BMCI

Au terme des neuf premiers mois de 2025, la BMCI affiche une progression de ses indicateurs commerciaux et financiers:

Face aux impératifs ESG, les experts-comptables devront assumer un nouveau rôle

Au moment où les entreprises sont sommées d’intégrer l’ESG dans leur modèle, la profession comptable se trouve propulsée dans un rôle élargi, entre pédagogie, accompagnement et future certification des données extra-financières. Sophia Guessous revient sur ce tournant, largement discuté lors de la dernière plénière du congrès.

Médias24. Vous avez modéré la dernière plénière consacrée à la durabilité. Que retenez-vous de ce débat qui vient de se terminer ?

Sophia Guessous : la plénière s’intéressait à la durabilité comme vecteur de performance. Les échanges ont été très fructueux, avec la participation de représentants de la CGEM, de l’Autorité marocaine du marché des capitaux, et du Conseil de l’ordre de France, représenté par M. Tonner, responsable de la commission durabilité.

Ce qu’il en ressort, d’abord, c’est que la durabilité n’est pas uniquement une exigence réglementaire : c’est une opportunité pour accompagner les entreprises, notamment celles qui souhaitent accéder au financement, faire appel public à l’épargne ou se développer à l’international. Les parties prenantes sont de plus en plus exigeantes en matière d’ESG : environnement, social et gouvernance.

Investir dans la durabilité n’est donc pas un coût supplémentaire, mais un investissement — technologique, matériel et surtout humain. C’est un investissement de long terme, dont les dirigeants doivent tenir compte.

Le deuxième point concerne le cadre réglementaire et les standards. Rien n’est figé aujourd’hui, même au niveau européen, où les législations évoluent très rapidement. Tous les participants s’accordent sur la nécessité d’un cadre réglementaire uniforme, mais flexible, évolutif et tenant compte des spécificités sectorielles. On ne peut pas exiger les mêmes informations d’une entreprise industrielle, d’une entreprise de services ou d’un établissement financier.

Troisième point : les rapports extra-financiers. Ils sont nouveaux pour nous, experts-comptables habitués à travailler sur le financier. Nous sommes désormais interpellés pour produire des travaux sur des éléments non financiers, ce qui nécessite formation, normalisation et adaptation.

– Vous avez parlé de la durabilité comme investissement plutôt qu’un coût. Sur le terrain, les entreprises ont-elles réellement conscience de cette opportunité ?

– En toute franchise, pas encore. Elles cherchent d’abord à comprendre. L’expert-comptable doit donc jouer un rôle pédagogique : accompagner, expliquer, établir une feuille de route claire. Une fois qu’elles franchissent le pas, elles prennent conscience de l’intérêt. Par exemple, lorsque leur banque leur demande des indicateurs ESG qu’elles ne sont pas en mesure de produire, alors qu’elles doivent lever des fonds.

C’est aussi un moyen de rechercher de la performance interne : mesurer, structurer, mettre en place des indicateurs pertinents en matière d’environnement, de social et de gouvernance.

– Et pour les experts-comptables eux-mêmes, qu’est-ce que la durabilité change ?

-La durabilité redéfinit les rôles de l’expert-comptable. C’est un enjeu essentiel pour la profession et pour son avenir. Le triptyque du congrès n’a pas été choisi par hasard : la durabilité va façonner notre métier et le profil de l’expert-comptable de demain.

Les économies du monde entier, y compris le Maroc, vivent une transition écologique. Nous devons accompagner ces évolutions et être capables de prodiguer conseil, accompagnement et diligences nécessaires pour la mise en conformité.

L’expert-comptable a toujours été un partenaire historique de l’entreprise. Comme pour d’autres réformes — par exemple la loi sur les délais de paiement — il est appelé à accompagner, structurer, organiser et, par la suite, certifier les éléments extra-financiers, sans être en situation d’incompatibilité.

– Vous l’avez évoqué : plusieurs référentiels coexistent. Le Maroc développe-t-il son propre cadre réglementaire ?

– Absolument. L’AMMC a pris les devants sur ce sujet. Des projets sont en cours et seront soumis à consultation. Nous, experts-comptables, serons sollicités pour donner nos avis et recommandations. L’objectif est d’obtenir un cadre conforme aux attentes de toutes les parties concernées.

Nous devrons ensuite maîtriser ces nouvelles règles, nous former et former nos collaborateurs. L’Ordre devra aussi adapter les normes et directives afin d’uniformiser les pratiques et les rapports, en cohérence avec les standards internationaux.

Je souligne que les actions de formation ont déjà commencé. Des formations certifiantes sur la durabilité ont été proposées, et d’autres suivront dans le cadre de cette transition écologique.

– En tant que présidente du comité scientifique, vous avez travaillé sur toutes les thématiques du congrès. Un mot de conclusion ?

– Je dirais que nous sommes prêts à accompagner ces développements. Nous avons nos missions classiques, mais nous devons évoluer avec notre environnement : révolution numérique, révolution écologique, révolution humaine liée aux talents.

Ce congrès a montré beaucoup d’optimisme et de solidarité entre toutes les parties prenantes : autorités de contrôle, établissements de formation comme l’ISCAE, experts-comptables, étudiants.

Les échanges, notamment sur les talents, ont montré un engagement clair pour former les experts-comptables de demain. Le profil de l’expert-comptable 2030, 2035 ou 2040 sera différent : capable d’intégrer de nouveaux outils, en phase avec les innovations technologiques et réglementaires.

Experts-comptables et IA : “Il faut s’y mettre sans attendre” (Ahmed Chahbi)

Sorti de la première plénière consacrée aux talents et à l’avenir du métier dans le cadre du congrès de l’Ordre des experts-comptables, Ahmed Chahbi revient pour Médias24 sur un débat qui traverse toute la profession : que reste-t-il de la technicité à l’heure où l’intelligence artificielle automatise une large partie du traitement comptable ? Le vice-président du Conseil national estime que l’IA redistribue les rôles, impose une montée en compétences et oblige cabinets et écoles à revoir leurs modèles. Entretien.

Médias24 : M. Chahbi, vous sortez à l’instant de la plénière qui était consacrée au débat autour des talents. Vous avez posé une question que l’on peut considérer comme un peu provocatrice : « Est-ce que la technicité a encore un avenir ? ». Qu’est-ce qui est ressorti après près d’une heure de débat ?

Ahmed Chahbi : En effet, aujourd’hui, on avait une plénière qui traitait la question de la technicité et de savoir si elle est toujours d’actualité avec l’avènement de l’intelligence artificielle. Par conséquent, nous avons souhaité parler de la notion de talent dans ce nouveau contexte.

Ce qu’il faut préciser, c’est qu’on ne pouvait pas parler de l’intelligence artificielle et de la durabilité sans parler de talent. Avec cette évolution, comme vous le savez, le changement est l’élément le plus important pour qu’on puisse s’adapter à notre nouvel environnement.

La première des choses à changer, ce sont les compétences. C’est pour cela que nous avons prévu ce panel, pour se poser la question : est-ce que la technicité sera toujours un atout, sera toujours une compétence importante pour un professionnel, notamment pour un expert-comptable ?

Nous avons invité des intervenants éminents du monde académique et du monde de la gestion des ressources humaines, qui ont partagé avec nous leur vision par rapport à cette notion de talent.

Nous avons notamment parlé des talents hybrides. C’est quoi, les talents hybrides ? Ce sont des personnes qui doivent maîtriser la technicité, mais également maîtriser tous les aspects de l’intelligence artificielle.

La technicité existera toujours, mais c’est le traitement nécessaire pour exercer une activité – notamment l’expertise comptable – avec l’ensemble des tâches qu’on faisait avant. L’IA va pouvoir nous aider à faire ces tâches-là et à exercer un certain nombre de fonctions, mais cela ne va pas enlever le savoir-faire de l’expert-comptable en termes techniques.

C’est très simple : pour que je puisse analyser, pour que je puisse savoir et évaluer une information, je dois la maîtriser en amont. Donc je dois maîtriser la technicité, mais je dois également maîtriser d’autres compétences qui vont me permettre d’avoir une capacité supérieure à exercer ma profession et ma mission.

– Justement, comme vous venez de le dire, l’IA va remplacer certaines tâches. Pour le métier d’expert-comptable, on peut imaginer que des tâches de traitement de données, de contrôle ou un certain nombre de tâches administratives ou répétitives vont être confiées à l’IA. Par conséquent, quelles vont être les compétences techniques que l’on doit maintenir au niveau de la compétence humaine ?

– Lorsqu’on parle des tâches qui sont faites par un professionnel de la comptabilité en général, et par un expert-comptable en particulier, j’attire l’attention sur une chose que disent les experts en IA : tout ce qui est lié à des documents ou à des informations peut être fait par l’intelligence artificielle. Et c’est déjà ce qu’on vit actuellement.

Quand on parle, par exemple, de traitement d’information, qu’on récupère des documents, il y a déjà l’OCR que nous utilisons aujourd’hui, c’est-à-dire la reconnaissance de l’information sur un document. Je donne un document scanné, ou que je scanne pour une intelligence artificielle, elle va reconnaître l’information, elle va même la traiter et faire une proposition de traitement, et, si on parle de comptabilité, une proposition d’écriture comptable. Cela va donner la possibilité à l’expert-comptable de valider ou de ne pas valider ce traitement qui a été fait.

Donc, l’intelligence artificielle va nous permettre essentiellement de gagner en productivité. Cela a été dit lors des plénières, l’intelligence artificielle va nous permettre de gagner en productivité entre 25% et 50%, ce qui est énorme. Par conséquent, on aura plus de temps pour faire un travail avec plus de valeur ajoutée. C’est-à-dire qu’on ne va pas rester dans le détail, on ne va pas rester dans le traitement que l’on considère actuellement comme un traitement basique.

Il y a quelques années, il fallait être un vrai comptable, maîtrisant le plan comptable, la partie double, le débit-crédit, beaucoup de choses, pour pouvoir tenir une comptabilité. Maintenant, non : il suffit, dans un premier temps, de savoir scanner un document pour pouvoir traiter une comptabilité.

Par la suite, l’apport de l’expert-comptable va se situer au niveau de l’analyse, au niveau de l’utilisation de l’information qui sera traitée par l’IA. Et surtout, l’expert-comptable a toujours été considéré comme un tiers de confiance. Cette confiance fait qu’on aura toujours besoin de lui pour vérifier et valider une information qui est produite par une intelligence artificielle.

Donc l’expert-comptable de demain aura un apport sur des activités à plus forte valeur ajoutée.

– Justement, vous avez déjà affirmé, avant la tenue du congrès, dans une sortie médiatique, que l’IA ne remplacera pas l’expert-comptable, mais qu’elle en fera un stratège, ce qui résume plus ou moins ce que vous venez de dire à l’instant. On est donc sur plus de valeur ajoutée… Ma question est plutôt d’ordre interne pour les cabinets : comment peut-on mesurer cette valeur stratégique, cet apport stratégique, pour les talents que l’on recrute ?

– Comme vous l’avez bien précisé, l’apport de l’expert-comptable sera avec une plus forte valeur ajoutée au niveau de son travail. On ne parle pas uniquement de comptabilité : on fait également de l’audit, du conseil, du conseil financier. Établir un business plan, aujourd’hui, vous pouvez le faire avec l’IA. Mais comment compiler toutes ces informations pour pouvoir dire : c’est ce qu’on veut comme résultat, c’est le résultat souhaité, et c’est un résultat qui respecte un certain nombre de normes et de critères ? C’est là où l’on a besoin d’un expert-comptable.

Par contre, par rapport aux collaborateurs, tous ceux qui faisaient le travail de comptabilité, par exemple, si je reste sur ce secteur, bien sûr, ils ne le feront plus de la même manière, mais ils doivent monter en compétences, d’où la nécessité de la formation. C’est ce que nous avons traité tout à l’heure avec nos panélistes, et ils ont beaucoup insisté sur ce point.

Il faut revoir la formation de ces personnes-là, de ces profils-là, parce qu’ils n’ont plus besoin uniquement d’aspects techniques. Peut-être qu’on va faire des rappels, des mises à niveau pour qu’ils sachent de quoi il s’agit, mais ils ont besoin d’autres compétences pour pouvoir utiliser l’intelligence artificielle correctement et, par la suite, s’assurer que l’information a été bien traitée.

Je pense que la notion de formation est très importante, qu’il s’agisse de la formation de base, de la formation initiale, ou de la formation continue. Si nous avons sur le marché des personnes déjà formées en comptabilité, demain, elles devront compléter cette formation. Elles ne vont plus travailler uniquement avec ce qu’elles savaient auparavant, elles doivent compléter, d’où l’importance de la formation continue.

Le deuxième point, toujours par rapport aux compétences dans les cabinets, c’est que les écoles, notamment les écoles de commerce, doivent également revoir leurs programmes. On ne doit pas continuer à former les mêmes profils et les mêmes compétences, sachant que nous avons désormais un autre contexte économique et un autre business model que celui que nous avions auparavant.

– Dans ce cadre-là, l’Ordre des experts-comptables a-t-il des contacts avec les établissements de formation pour les inciter, les orienter par rapport aux besoins quotidiens et futurs ?

– D’abord, pour la formation d’expert-comptable, comme vous le savez, actuellement, pour le diplôme marocain, il y a l’ISCAE qui forme les experts-comptables. Nous avons eu la chance d’avoir, au niveau de notre panel, M. Malki, directeur général du groupe ISCAE, et nous l’avons interpellé par rapport à cela.

L’objectif est de revoir déjà la formation des experts-comptables, pour qu’ils puissent intégrer, au niveau des programmes, des modules qui répondent à ce besoin spécifique, et qui est d’actualité.
Je pense que ce sont des choses qui vont prendre un peu de temps, malheureusement, parce que ce sont des programmes à mettre en place, des validations à obtenir, parce que c’est une école publique. Par conséquent, il y a des procédures à suivre. Mais nous sommes très conscients de l’importance de la formation et de la nécessité de revoir cette formation.

Ce qu’il faut noter aussi, et cela a été dit par un de nos panélistes, notamment M. Jamal Bharj, c’est la question de l’accessibilité de l’information au niveau international. Nous avons des écoles qui forment un certain nombre de technicités et de compétences. Actuellement, vous allez trouver des universités internationales qui offrent des formations certifiantes gratuites sur internet, et qui vont vous permettre d’améliorer et de monter en compétence en tant que professionnel de la comptabilité.

Comme je l’ai dit lors d’un précédent entretien, la problématique que nous avons actuellement, c’est la question du temps. Et c’est très important, parce qu’avant, lorsqu’on parlait de digitalisation et de technologie, tout cela venait doucement. Lorsqu’on voulait développer un logiciel, pour rester dans cet exemple, cela prenait quelques années. Le mettre en place prenait également une année ou deux. On avait le temps d’implémenter le logiciel avant d’avoir une nouvelle version.

Maintenant, avec l’intelligence artificielle, on n’a plus ce temps-là. Vous demandez à quelqu’un de vous préparer quelque chose en intelligence artificielle, il va le faire en une ou deux semaines. Et même si vous faites ce travail, trois ou quatre semaines après, il va revenir vous dire : la technologie que j’ai utilisée est obsolète.

Nous sommes donc sur une vitesse très élevée de changement technologique, qui va forcément nous influencer. Mais, comme disait l’autre, lorsqu’on a un changement extérieur supérieur au changement intérieur, il faut s’attendre à la fin. Et c’est justement ce que nous voulons éviter pour nos confrères et consœurs experts-comptables.

– Du coup, si vous deviez donner un conseil aux professionnels en exercice ou aux jeunes talents qui veulent exercer ce métier à l’avenir, quel serait ce conseil ?

– Premièrement, il faut s’y mettre le plus tôt possible. Il ne faut pas attendre que les choses changent et évoluent en restant dans une position d’observateur, à surveiller ce qui se passe autour de nous.

Il faut s’y mettre tout de suite. Tout ce qui est technologie est devenu accessible, même en termes de coût, pas comme avant. Par conséquent, tous les cabinets peuvent s’y mettre. Il faut absolument mettre en place les dispositifs nécessaires pour qu’il y ait un changement technologique au niveau de nos cabinets. Ça, c’est très important.

Deuxième chose : il faut investir dans les talents et les profils hybrides, c’est-à-dire ceux qui ont une double formation. Je peux partager avec vous une petite expérience personnelle au niveau de mon cabinet : j’ai déjà eu recours à un profil en intelligence artificielle que j’ai recruté. Lorsque je lui ai demandé de me développer des agents d’intelligence artificielle pour réaliser des petites tâches rapides, nous avons été agréablement surpris par les résultats, ne serait-ce que pour des petites choses : rédiger un rapport, une lettre, un mail spécifique à notre métier.

Il fallait le faire, parce qu’on ne peut pas travailler avec des solutions grand public ; ce sont des agents spécifiques. Cela nous permet de gagner énormément en productivité, au niveau des collaborateurs et du cabinet en général.

Donc, les talents et les profils hybrides, c’est quelque chose qu’on doit chercher. Si on ne les trouve pas, il faut essayer de les développer en interne. Formez vos collaborateurs à l’intelligence artificielle : ils en auront besoin et ils vont vous aider à améliorer votre productivité.

« La technicité ne suffit plus » : Hicham Zouanat décrypte le virage du marché du travail à l’ère de l’IA

Intervenant au congrès de l’Ordre des experts comptables lors d’un panel consacré aux talents et à l’impact de l’intelligence artificielle sur les métiers, Hicham Zouanat décrit un marché du travail en bascule : l’expertise technique se déplace vers les services partagés, les compétences comportementales prennent le dessus dans le recrutement, et la formation continue devient un impératif stratégique. Entre upskilling, reskilling et réforme du système de la formation professionnelle, il dresse un état des lieux sans détour.

Médias24 : Vous étiez l’un des intervenants dans le cadre du panel dédié aux talents où vous avez parlé de la technicité et de l’avenir de l’IA. Je vais élargir la question à toutes les entreprises. De votre point de vue, et du point de vue de l’entreprise, est-ce que la technicité a toujours un avenir, sachant que l’IA peut remplacer plusieurs aspects techniques ?

Hicham Zouanat : C’est une question très intéressante. Je vais essayer de la disséquer en deux temps. Est-ce que la technicité et l’expertise, en général, ont de l’avenir ? Oui, elles ont toujours leur place, mais ça dépend de ce qu’on appelle « l’avenir ». Dans les entreprises, on aura toujours besoin d’expertise et de technicité. Sauf que, de plus en plus, et avant même l’avènement de l’IA, tout ce qui est transactionnel, qui n’a pas besoin de trop d’analyse de l’humain dans l’entreprise, devient sujet à externalisation dans le cadre de ce qu’on appelle les shared services.

Tout ce qui est transaction, que ce soit la paie, la tenue de la comptabilité, tout ce qui est vraiment transactionnel parce que c’est lié à un référentiel normatif : tout le monde peut le faire, et maintenant on le fait en services partagés, avec une meilleure efficacité.

On aura toujours besoin d’une expertise et d’une technicité qui traitent également des données, avec de l’analyse derrière, et ça, ça a toujours sa place. Elle est très critique dans l’entreprise. Certaines entreprises demandent à avoir 20% d’expertise technique dans leurs effectifs. D’autres, dans le luxe ou les parfums par exemple, ont besoin de plus de 40%. Tout ce qui est R&D est beaucoup plus énergivore en la matière.

Sauf que si vous me dites : « Est-ce que la technicité a de l’avenir pour faire une carrière de general management, est-ce qu’elle est destinée à vous propulser vers des postes de DG ? ». Je vous dis : définitivement non, parce qu’elle est largement supplantée par la dimension leadership et par les aspects managériaux.

– Justement, aujourd’hui, vous êtes aussi recruteur. Si vous avez deux profils techniques, qu’est-ce qui va faire la différence pour trancher en faveur de l’un ou de l’autre ?

– Pour moi, la question est très facile, même si ce n’est pas le cas dans d’autres entreprises, et je vais vous dire pourquoi. Entre deux profils techniciens, je choisirai celui qui a le plus de soft skills, c’est-à-dire celui qui va s’insérer et s’intégrer le plus facilement chez moi : avec de l’esprit d’équipe, de l’agilité, de la pensée critique et de l’ouverture.

Dans d’autres entreprises, quand la fonction RH est faible, quand vous avez un DRH qui ne s’impose pas, un recruteur qui n’a pas la capacité de donner son point de vue, le métier exige davantage quelqu’un qui est très technicien plutôt que quelqu’un qui est moyen.

Moi, je vais vous choquer : entre quelqu’un qui est excellent sur le plan expertise et quelqu’un qui est moyen, je prendrai toujours celui qui est moyen avec de meilleures soft skills, parce que la technicité, ça s’apprend. En six mois, un an, il deviendra excellent. Par contre, les soft skills, c’est du long terme en matière de développement.

– Tout à l’heure, sur le plateau, on parlait de talents hybrides. Je voudrais mettre cette notion en lien avec l’opposition faite entre le profil spécialisé et le profil polyvalent. Est-ce qu’on peut considérer que ce que vous appelez aujourd’hui « profil moyen » correspond à cette polyvalence, celle de quelqu’un qui a la capacité d’être placé dans plusieurs métiers ou plusieurs services dans l’entreprise ?

– Ce sont deux choses différentes. La polyvalence est une tendance : les gens ont besoin de plus de polyvalence, mais pour moi, c’est plutôt de l’ »agilité augmentée », c’est-à-dire une polyvalence augmentée, c’est de l’agilité. C’est ce qui vous donne des chemins de carrière vers des postes de management. L’expertise, elle, est beaucoup plus confinée à la technicité. Pour moi, ce sont deux choses différentes.

– On parle d’IA, de data, de maîtrise de nouvelles technologies, qui sont une expertise. Mais aujourd’hui, on demande justement aux talents, même s’ils ne sont pas spécialistes, d’avoir ces compétences-là, d’être à l’aise avec la gestion des outils d’IA. Concrètement, dans les entreprises, dans les process de recrutement, la maîtrise de l’IA et de la data sont-elles aujourd’hui des demandes explicites dans les fiches de poste ?

– Il y a peu de temps, la réponse était non : on ne l’exigeait pas. Et, pour être plus précis, ça dépendait des postes. Il y avait des postes où l’on exigeait une maîtrise ou au moins une facilité à utiliser l’IA et, dans d’autres, lorsque quelqu’un était franchement loin de tout ça, on ne l’exigeait pas. Mais ça, c’est révolu. Maintenant, la maîtrise de l’IA ou les digital skills en général passent de compétences spécifiques à des compétences génériques, à demander à tout le monde.

– Quand l’entreprise a un effectif déjà en place mais qui n’a pas ces capacités, on est obligé de passer par la formation plutôt que par le renouvellement des effectifs. Cela me ramène à un sujet sur lequel la CGEM a toujours milité : la réforme du système de formation continue et l’adaptation des formations aux besoins des entreprises. Sur ces deux thèmes, quelles sont les évolutions ? Est-ce qu’il y a du nouveau ?

– Vous avez posé deux questions. La première est importante : on doit cesser de produire des gens qui ne s’insèrent pas dans le marché. Et ça, c’est la question que vous avez posée sur l’adéquation. Pour cela, il faut qu’on se batte pour plus de proximité entreprise-université. Ça ne passera pas autrement que par ça.

Deuxième question : si vous avez déjà un stock de ressources chez vous, comment va-t-on les développer, les former ? Pour être honnête avec vous, tout le monde n’est pas « développable ». D’accord ? Il y a deux chemins maintenant pour le développement : ce qu’on appelle l’upskilling et le reskilling.

Il y a des gens qui sont « upskillables« , qu’on peut développer rapidement, peut-être parce que l’âge, l’ouverture d’esprit, la facilité à utiliser les outils sont là. D’autres manifestent clairement qu’ils ne peuvent pas franchir ce cap. Ce n’est pas pour autant qu’ils ne servent à rien, au contraire : là intervient la dimension reconversion, qui passe par la formation.

Les deux, upskilling et reskilling, passent par la formation : on les développe, on les reconvertit et on les fait évoluer en termes de compétences par la formation. Ils prendront des chemins différents, jusqu’à l’avènement de la génération Z, qui est à la porte des recrutements, et où il n’y aura plus forcément ce phénomène de reskilling et de résistance au changement, parce que ce sont des digital natives.

Maintenant, le levier pour faire tout ça, c’est la formation, quoi qu’il arrive.

Cela fait vingt ans que j’assiste à des débats intestins, à des querelles entre, en général, l’entreprise et l’administration de la formation. Je ne veux jeter l’anathème ni la pierre à quiconque. J’ai une transversalité en termes de postes au niveau d’un conseil d’administration, celui de l’OIT, où je vois des pays quadrupler ou quintupler leur budget de formation pour faire face à l’upskilling et au reskilling.

Au Maroc, cela fait vingt ans qu’on se bat pour un manuel de procédure des remboursements des contrats spéciaux. C’est grave. À mon avis, il faut plus d’audace, plus de vision, plus de pleine conscience de ce qu’on vit en termes de risques et d’enjeux.

Il faut dépasser ces querelles-là, reposer le FPT sur un autre cadre de gestion, vers une S.A., avec une administration beaucoup plus fluide, laisser l’OFPPT gérer la formation initiale, et laisser cette S.A., avec une gouvernance tripartite (État, privé, FPT), gérer la formation continue, avec des process dédiés, au lieu de la mettre dans ce carcan administratif qui n’a rien donné depuis vingt ans.

– Il n’y a encore aucune évolution à ce niveau ?

– Si, il y a des discussions. Franchement, ces derniers mois, pour la première fois, j’ai vu une forme de prise de conscience et d’évolution.

On ne se bat plus sur du 30%/70% de remboursement, sur des manuels de procédures : on veut relever le niveau. Je l’ai vu à un très haut niveau, au niveau du gouvernement marocain qui prend ces sujets au sérieux, ainsi que le ministère de tutelle.

Je crois que, dans les prochaines semaines, vous allez voir le début de ce projet de réforme de la gouvernance de la formation continue.

Faïçal Mekouar : « Il est temps de repenser la formation de l’expert-comptable »

Médias24 : Ce congrès se tient sous le thème « IA, durabilité, talents : la stratégie gagnante ». Pour quelles raisons ce triptyque a-t-il été retenu comme fil conducteur du congrès ?

Faïçal Mekouar : Je dirais que c’est un triptyque qui s’est imposé à nous. Il s’est imposé à nous lorsqu’on a ouvert la réflexion pour choisir quelle thématique traiter. Il fallait qu’on identifie notre rôle : être dans l’anticipation, dans la prédiction, dans la prospective, tout en traitant des sujets auxquels nous sommes confrontés au quotidien.

Et le quotidien aujourd’hui, ça va tellement vite en matière d’intelligence artificielle. Nous sommes confrontés à des situations de durabilité, parce que ça touche la transformation et ça touche aussi des besoins qui sont aujourd’hui présents au niveau du management, au niveau du quotidien de l’entreprise, et auxquels l’expert-comptable doit apporter une certaine réponse et doit accompagner l’entreprise.

Et le troisième élément de ce triptyque, à savoir la ressource humaine. Dans la ressource humaine, on vit la même chose que dans tous les autres métiers, que ce soit au Maroc ou à l’international : il y a un problème de ressources. La ressource devient de plus en plus rare alors qu’elle est en fait le moteur, la clé, le point essentiel, l’essence même d’une entreprise, quelle que soit son activité.

Dans nos métiers, c’est quoi ? Nous sommes là pour accompagner l’entreprise dans une réflexion, dans une vision, dans une stratégie, dans le traitement d’un certain nombre de process, etc. Et l’humain est l’élément central. La ressource est stratégique, et en même temps on assiste – on en parlera certainement – à une mutation en termes de comportements, en termes de valeurs, en termes d’attractivité de la profession, de perception de la profession par rapport à la jeunesse d’aujourd’hui.

– Ce que vous avez dit fait écho à votre allocution d’ouverture où vous avez indiqué que la ressource, les compétences et les talents deviennent stratégiques et rares. On peut comprendre les raisons pour lesquelles le talent est stratégique, mais qu’est-ce qui le rend rare ? Alors que dans notre pays, il y a beaucoup de formations qui permettent que des talents accompagnent la progression et le développement de la profession. 

– Je pense que c’est une question qui est pertinente et la réponse est multiple. On peut d’abord dire que cette rareté est due à la transformation des métiers. Le métier d’expert-comptable tel qu’il était il y a quelques années est complètement dépassé. La formation de l’expert-comptable dont nous avons besoin est une formation qu’il faut vraiment revisiter, revoir.

Parce que les besoins en cabinet, les besoins pour accompagner l’entreprise et pour répondre à ses attentes, nécessitent un expert-comptable, je dirais, augmenté. Un expert-comptable doit posséder une formation qui ne se limite pas aux domaines comptable, financier, fiscal et juridique, comme cela a été le cas dans les formations dispensées dans les universités et les écoles.

Aujourd’hui, il faut qu’on réfléchisse autrement. Un cabinet doit avoir des talents et des formations multiples et diverses. On a besoin aujourd’hui aussi d’ingénieurs, d’ingénieurs en cybersécurité, d’ingénieurs en analyse de la data, et on a aussi besoin de gens qui communiquent.

On a aussi un sujet d’intérêt pour la profession : aujourd’hui, pour venir dans cette profession, il faut expliquer quelles sont ses lettres de noblesse, quels sont ses atouts, ses points positifs. Qu’est-ce qu’elle peut apporter ? Est-ce qu’elle répond aux besoins de carrière et d’ambition ?

On est confrontés aussi à cela. Aujourd’hui, un jeune, quand il vient nous voir, il pose des questions par rapport à la manière de travailler : est-ce qu’on est obligé d’être en présentiel à 100%, tous les jours, et de travailler avec un nombre d’heures important ? Ou bien est-ce qu’il y a une flexibilité, une agilité ? Quelle va être sa rémunération demain ? Comment il va pouvoir évoluer au sein de l’entreprise ? Etc.

Donc, ce sont tous ces éléments-là qui font que le comportement et l’attente du jeune par rapport à cette profession sont différents par rapport à la situation d’avant, et on doit répondre à cela pour pouvoir continuer à attirer de plus en plus de jeunes vers cette profession.

– On retient donc que la compétence et la ressource humaine restent importantes, stratégiques et font partie des enjeux de demain. Ce qui va peut-être à contre-courant de l’idée générale, ou de l’idée ambiante, que l’IA va remplacer la ressource humaine ou la compétence humaine… Pour le domaine de l’expertise comptable ou du commissariat aux comptes, comment l’IA transforme-t-elle aujourd’hui le quotidien des cabinets ?

– Depuis que nous avons ouvert ce congrès, tous les analystes, tous les intervenants s’accordent à dire qu’aujourd’hui, oui, l’IA transforme et va encore plus transformer les métiers, dont notre métier d’expert-comptable, mais elle ne va jamais remplacer l’humain.

On aura toujours besoin de l’humain, parce que l’humain, c’est le discernement, c’est l’éthique, c’est le tiers de confiance, etc. Maintenant, effectivement, l’IA va nous aider à améliorer la productivité au niveau des cabinets, au niveau de notre métier. Elle va nous aider à traiter la masse de data de manière rapide et quasi instantanée.

Demain, l’IA va pouvoir nous éditer des états financiers en instantané, chose qui demandait des jours et des jours de travail

Comme je l’ai dit dans mon discours, demain l’IA va pouvoir nous éditer des états financiers en instantané, chose qui demandait des jours et des jours de travail. Aujourd’hui, avec le traitement de la donnée et les algorithmes, on aura des états financiers rapidement.

Elle va faire des présentations en synthèse, bien structurées, en temps record. Tous ces outils existent déjà aujourd’hui, que ce soit dans le métier du conseil – le métier de conseil de l’expert-comptable, accompagnateur de l’entreprise – ou dans le métier de certification des comptes : analyse des données, identification des anomalies, anticipation des risques, prédiction, etc.

Tout cela se fait maintenant en un temps record, parce que nous avons des outils, nous disposons des outils et nous travaillons avec. Maintenant, qu’est-ce qu’on attend ? On attend que l’humain apporte cette valeur ajoutée : pour analyser, pour expliquer, pour mettre en place des plans d’action, etc. Chose qui, à mon sens, restera toujours, parce que c’est l’humain qui va orienter. Il y a cette sensibilité, et puis ce rôle de tiers de confiance. L’expert-comptable est le trait d’union, le tiers de confiance avec l’État, avec l’entreprise, avec la société de façon générale.

Nous croyons en l’humain, et son intervention sera toujours pertinente, toujours indispensable. Simplement, il va se baser sur l’amélioration des performances grâce aux outils qui vont être développés de plus en plus par l’IA.

-Pour résumer un peu ces différents points, et puisque ce congrès est placé sous le signe de la réflexion et de la vision d’avenir : en peu de mots, comment voyez-vous l’expert-comptable de demain ?

-D’abord, je reviendrai à la formation. Je pense qu’il est temps de repenser la formation de l’expert-comptable. La formation qui est dispensée aujourd’hui, à mon sens, n’est plus adaptée à notre époque.

L’expert-comptable doit être formé autrement. L’expert-comptable n’est plus un comptable avec le crayon, la gomme et les ciseaux. C’est comme ça que nous avons commencé le métier il y a plus de trente ans.

Aujourd’hui, justement, l’expert-comptable doit être familiarisé et être au fait de tous les outils qui existent au niveau de l’IA, de façon à ce qu’il puisse être en capacité d’analyser, de synthétiser, de donner de la vision, de travailler sur la stratégie. Il doit être en capacité d’emmagasiner toutes les informations qui sont à sa portée et qui sont accessibles, et qui vont l’aider à avancer encore plus loin et à répondre aux exigences qu’imposent l’évolution des entreprises et l’évolution des marchés.

On a parlé – et on en parlera, puisque dans le triptyque il y a l’IA – de sécurité, de souveraineté de la donnée, etc. Tout cela est important. Donc on aura de plus en plus d’ingénieurs-experts-comptables.

Il faudra peut-être orienter de plus en plus la formation de base sur des matières plus scientifiques, mathématiques, etc., qui vont aider l’expert-comptable à avoir à la fois le côté analyse, celui ingénieur et celui scientifique et mathématique.

Et comme, justement, l’IA touche tous les métiers – que ce soit le métier d’expert-comptable, le métier d’avocat… Aujourd’hui, vous faites des recherches sur un plan juridique ; vous pouvez le faire en un temps incroyable : elle va vous donner tous les textes, la jurisprudence, des interprétations.

Ce qui reste ensuite, c’est l’intervention humaine, qui apportera cette valeur, car, comme cela a été dit, la conception et d’autres aspects sont entre les mains des humains, et je pense qu’ils le resteront encore demain et après-demain.

Donc on aura toujours besoin de l’humain, mais d’un humain augmenté, pas d’un humain comme on l’a connu par le passé.

– M. Mekouar, je vais me permettre une petite digression – qui n’en est pas vraiment une – pour avoir votre lecture du débat autour du PLF qui est actuellement en cours d’examen ?

– L’expert-comptable est au cœur de l’action. C’est un des interlocuteurs privilégiés en matière fiscale, et au-delà. Donc, on est au fait de la réglementation, on accompagne, on donne notre avis, on essaie d’aider aussi à l’implémentation et au déploiement des décisions qui sont prises en matière de loi de finances.

On a assisté ces dernières années à un travail colossal accompli par la Direction générale des impôts, qui a donné beaucoup de résultats très positifs.

Lorsque l’on examine les chiffres et les statistiques annoncés par la Direction générale des impôts, on constate qu’ils affichent une croissance à deux chiffres d’année en année, grâce à la réforme en cours et aux nouvelles dispositions, notamment en matière de loi de finances et de retenue à la source, qui est au cœur du PLF de cette année, comme cela a été le cas les années précédentes.

Aujourd’hui, c’est vrai que tout cela améliore les recettes sur un plan national. On ne peut que le saluer. Ça améliore aussi l’élargissement de l’assiette, chose que nous avons toujours défendue et encouragée, car plus on élargit l’assiette, plus il y a de transparence au niveau des entreprises qui produisent les déclarations, et plus l’imposition peut baisser, être moins importante.

Aujourd’hui, toutes ces nouvelles dispositions vont améliorer les recettes, vont élargir l’assiette, vont dans le sens de la transparence et de la fiabilité des informations financières et comptables produites par les entreprises, avec l’accompagnement des cabinets. Mais cela génère aussi, il faut le souligner, un travail important au niveau des cabinets.

– C’est un point qui est discuté au sein de l’Ordre ? Il y a des discussions autour de ce sujet ?

– Bien sûr. On est là, on s’organise en conséquence, et je pense que c’est pour ça qu’on peut faire le lien avec l’IA. L’IA va nous permettre d’absorber ce surcroît de travail, ce surcroît de charge. Aujourd’hui, un cabinet doit se transformer, et c’est important.

Un cabinet qui ne réfléchit pas aujourd’hui à la transformation de ses processus et qui ne recherche pas les outils lui permettant d’absorber et d’améliorer ces processus, ainsi que l’accompagnement au sens large au niveau de l’entreprise, se met en difficulté.

Ainsi, l’IA est indispensable. On ne peut pas faire sans. C’est aussi une réponse à certaines contraintes. Mais l’humain reste toujours le point focal dans l’accompagnement de l’entreprise.

Financements innovants. Le détail des montants levés par institution et par année

Les opérations réalisées dans le cadre des mécanismes de financements innovants ont atteint un total d’environ 126 milliards de dirhams à fin octobre 2025, mobilisés à travers plusieurs investisseurs institutionnels publics.

Ces opérations ont concerné plusieurs actifs de l’État, à savoir des administrations, des établissements de santé, des tribunaux, en plus d’établissements d’enseignement supérieur et de l’Éducation nationale.

De 2019 à 2025, quatre institutionnels publics ont participé à ces opérations. Il s’agit de la CDG, la CMR, la CNSS et enfin le Crédit Agricole qui signe ses premières opérations lors de l’année en cours. Le montant mobilisé par ce dernier est de 15 MMDH. 

La CNSS n’a participé qu’en 2024 avec un montant de 4 MMDH, comme nous l’avions révélé dans un précédent article. La Caisse nous expliquait que l’investissement s’est fait à travers « un FPI RFA (Fonds de placement immobilier à règles de fonctionnement allégées) géré par AJARINVEST, filiale de la CDG ». « L’investissement dans ce véhicule de placement est réalisé moyennant un taux d’intérêt de 5,75 % net/an renouvelable tous les 5 ans, sur une durée de 30 ans », précise notre source.

Les détails des contrats conclus avec les autres institutions ne sont pas connus.

L’important recours à ces mécanismes fait débat, auquel nous avons consacré plusieurs articles. Au Parlement, lors des discussions du projet de loi de finances, Fouzi Lekjaa a été interpellé sur le sujet et a apporté des explications.

Les parlementaires appellent à la réglementation de ces financements, ce à quoi le ministre du Budget a répondu positivement.

En attendant, au cours de ces six années de recours à ce mécanisme, l’État a mobilisé près de 126 MMDH.

Voici la ventilation de cette enveloppe par institution et par année.

https://medias24.com/2025/09/23/lessentiel-a-retenir-de-la-conference-de-presse-dabdellatif-jouahri/

Quatre arrêtés complétant le dispositif de soutien à l’investissement des TPME publiés au BO

Le dispositif de soutien spécifique destiné aux TPME fait partie des dispositifs de la Charte de l’investissement. Son décret d’instauration a été publié en juillet dernier et devait être complété par des arrêtés du Chef du gouvernement qui en détaillent l’opérationnalisation effective.

Ces arrêtés ont été publiés dans le Bulletin officiel du 6 novembre.

Pour bénéficier de ce dispositif, les projets doivent respecter les critères d’éligibilité suivants :

Trois primes cumulables sont instaurées dans la limite de 30% du montant d’investissement éligible à la subvention :

1- Prime à l’emploi : 

2- Prime territoriale : 

3- Prime pour les activités prioritaires

Les quatre arrêtés publiés et que nous allons détailler ci-dessous concernent :

La liste des provinces et préfectures classées en catégories A et B

Le décret fixe une prime territoriale, qui a pour objectif de réduire les disparités régionales et de promouvoir la justice territoriale au niveau des provinces et préfectures du Maroc.

L’arrêté fixe la liste des provinces et préfectures classées en catégories A et B :

Quelles sont les activités prioritaires ?

Parmi les primes mises en place, la prime pour les activités prioritaires, en raison de leur dimension structurelle dans la réalisation du décollage économique. Elle est fixée à 10% du montant d’investissement éligible à la subvention.

Deux arrêtés du Chef du gouvernement fixent la liste des branches d’activité par région, ainsi que les activités prioritaires par branche.

Ils définissent ainsi 14 secteurs prioritaires comprenant 54 branches d’activités, dont ils précisent pour certaines les activités prioritaires.

Par exemple, le premier arrêté fixe le secteur de l’industrie manufacturière avec 27 branches d’activités définies éligibles dans toutes les régions du Royaume, qui sont :

  1. Industries alimentaires.
  2. Fabrication de boissons.
  3. Fabrication de textiles.
  4. Industrie de l’habillement.
  5. Industrie du cuir et de la chaussure.
  6. Travail du bois et fabrication d’articles en bois, en liège, en vannerie ou sparterie.
  7. Industrie du papier et du carton.
  8. Imprimerie et reproduction d’enregistrements.
  9. Industrie chimique.
  10. Industrie pharmaceutique.
  11. Fabrication des équipements médicaux et de dispositifs médicaux.
  12. Fabrication de produits en caoutchouc et en plastique.
  13. Fabrication d’autres produits minéraux non métalliques.
  14. Métallurgie.
  15. Fabrication de produits métalliques, à l’exception des machines et des équipements.
  16. Fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques.
  17. Fabrication de produits et d’équipements électriques.
  18. Fabrication de machines et équipements non classés ailleurs.
  19. Industrie automobile.
  20. Fabrication des autres moyens de transport.
  21. Fabrication de meubles.
  22. Autres industries manufacturières.
  23. Fabrication, installation et maintenance des machines et équipements.
  24. Industrie des énergies renouvelables.
  25. Industries de tabacs
  26. Industries liées à la technologie et à l’ingénierie mécanique.
  27. Industries actives liées aux métaux.

Le deuxième arrêté précise, par exemple, pour les industries alimentaires les activités prioritaires suivante :

Voici un tableau récapitulatif qui détaille les branches d’activités, les activités prioritaires et les régions.

Secteur

Branche d’activité Activités prioritaires Régions
Agriculture, sylviculture et pêche Aquaculture en mer et en zone littorale. Tanger-Tétouan-Al Hoceima ; L’Oriental ; Rabat-Salé-Kénitra ; Casablanca-Settat ; Marrakech-Safi ; Souss-Massa ; Guelmim-Oued Noun ; Laâyoune-Sakia Al Hamra ; Dakhla-Oued Ed-Dahab.
Aquaculture en eau douce.  

L’ensemble des régions.

Traitement et valorisation des produits aquacoles.
Industrie manufacturière

 

Industries alimentaires.
  • Transformation des produits d’origine végétale.
  • Transformation des produits d’origine animale et production d’aliments pour animaux.
  • Fabrication de biscuits et de biscottes, de chocolaterie, de confiserie, de produits de boulangerie-pâtisserie.
  • Fabrication d’aliments homogénéisés et diététiques et de compléments alimentaires.
  • Transformation, préparation et conservation des produits de la mer.
  • Production de coproduits des produits de la mer et de l’aquaculture (alginate, oméga 3, spiruline, collagène).
L’ensemble des régions.
Fabrication de boissons. Production de boissons, de café, de thé et d’infusions. L’ensemble des régions.
Fabrication de textiles.
  • Tissage/Bonneterie.
  • Teinture.
  • Finissage.
  • Impression.
Industrie de l’habillement.
  • Fabrication de l’habillement cuir.
  • Fabrication de l’habillement textile.
L’ensemble des régions.
Industrie du cuir et de la chaussure.
  • Tannerie.
  • Production de chaussures et de chaussures de sport.
  • Maroquinerie.
L’ensemble des régions.
Travail du bois et fabrication d’articles en bois, en liège, en vannerie ou sparterie.
  • Sciage, rabotage et imprégnation du bois.
  • Fabrication de panneaux de bois.
  • Fabrication de charpentes et de menuiseries.
  • Fabrication d’emballages en bois.
  • Menuiserie industrielle.
L’ensemble des régions.
Industrie du papier et du carton.
  • Fabrication de papier ou de carton et des articles en papier ou en carton.
  • Fabrication d’articles de papeterie.
  • Fabrication d’emballages en papier ou en carton.
L’ensemble des régions.
Imprimerie et reproduction d’enregistrements. Imprimerie industrielle. L’ensemble des régions.
Industrie chimique.
  • Fabrication de produits agrochimiques.
  • Fabrication de peinture et vernis.
  • Fabrication de savons, de parfums et de produits d’entretien et d’hygiène.
  • Fabrication de produits cosmétiques.
L’ensemble des régions.
Industrie pharmaceutique.
  • Fabrication de produits pharmaceutiques de base.
L’ensemble des régions.
Fabrication de produits en caoutchouc et en plastique.
  • Fabrication de produits et articles en caoutchouc.
  • Fabrication de plaques, feuilles, tubes, profilés et emballages en matières plastiques.
  • Fabrication d’éléments en matières plastiques pour la construction.
L’ensemble des régions.
Fabrication d’autres produits minéraux non métalliques.
  • Fabrication de verre et d’articles en verre.
  • Fabrication de préfabriqués en béton, produits en céramique et plâtres.
L’ensemble des régions.
Métallurgie.
  • Sidérurgie.
  • Fonderie.
L’ensemble des régions.
Fabrication de produits métalliques, à l’exception des machines et des équipements.
  • Fabrication de tubes, tuyaux, profilés creux et accessoires métalliques.
  • Fabrication d’emballages en métal.
  • Fabrication de produits de première transformation des métaux.
L’ensemble des régions.
Fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques.
  • Fabrication de produits informatiques, électroniques (composants électroniques, cartes électroniques), horlogerie, instruments de mesure et d’équipements de communication.
  • Fabrication d’appareils électroménagers et de produits électroniques grand public.
L’ensemble des régions.
Fabrication de produits et d’équipements électriques.
  • Fabrication de moteurs, génératrices, onduleurs, transformateurs électriques et de matériels de distribution et de commande électrique.
  • Fabrication de piles et d’accumulateurs électriques.
L’ensemble des régions.
Fabrication de machines et équipements non classés ailleurs.
  • Fabrication de machines, équipements et matériels à usage agricole.
  • Fabrication de machines, équipements et matériels destinés à l’industrie de dessalement de l’eau de mer et au recyclage de l’eau.
  • Fabrication de machines, d’équipements et de matériels à usage industriel.
  • Fabrication d’articles ménagers en métal ou en céramique.
L’ensemble des régions.
Industrie automobile.
  • Activités liées à la mobilité électrique.
  • Industrie de la micromobilité, y compris les 2 et 3 roues.
  • Fabrication des poids lourds et matériels roulants de transport.
  • Fabrication de batteries électriques et technologies et infrastructures de recharge.
  • Fabrication de machines-outils.
L’ensemble des régions.
Fabrication de meubles. L’ensemble des régions.
Autres industries manufacturières.
  • Traitements spéciaux des pièces aéronautiques.
  • Fabrication d’outillages aéronautiques.
  • Réparation, maintenance, opérations de modification d’avions.
  • Fabrication d’éléments de cabines/de l’intérieur d’avions.
  • Fabrication et assemblage de sous-composants ferroviaires.
  • Peinture, revêtement anticorrosion et traitement de surfaces de sous-composants ferroviaires.
  • Construction, maintenance et réparation de navires et de structures flottantes.
  • Développement et assemblage de systèmes navals (ingénierie électrique et électronique, ingénierie mécanique et propulsion, architecture et ingénierie navale).
  • Fabrication de composants dédiés aux navires (tuyauterie, coques, peinture et aménagement intérieur).
L’ensemble des régions.
Industrie des énergies renouvelables.
  • Fabrication de chauffe-eau solaires.
  • Fabrication de composants de la chaine de valeur solaire et éolienne.
  • Fabrication d’équipements et dispositifs de stockage d’énergie.
L’ensemble des régions.

 

 

 

Fabrication des équipements médicaux et de dispositifs médicaux. L’ensemble des régions.
Fabrication des autres moyens de transport. L’ensemble des régions.
Fabrication, installation et maintenance des machines et équipements. L’ensemble des régions.
Industries de tabacs L’ensemble des régions.
Industries liées à la technologie et à l’ingénierie mécanique. L’ensemble des régions.
Industries actives liées aux métaux. L’ensemble des régions.
Production et distribution d’eau, assainissement, gestion des déchets et dépollution

 

Recyclage, transformation et valorisation des déchets autres qu’importés. L’ensemble des régions.
Collecte, traitement et élimination des déchets dangereux L’ensemble des régions.
Réduction de la pollution et autres services de gestion des déchets non dangereux. L’ensemble des régions.
Transports et entreposage

 

Entreposage et services auxiliaires des transports.
  • Entreposage et stockage frigorifique.
  • Création d’unités logistiques aux ports.
L’ensemble des régions.
Activités de services postaux. L’ensemble des régions.
Hébergement et restauration Établissements d’hébergement touristique classés à l’exception des résidences immobilières adossées à un établissement d’hébergement touristique et des résidences immobilières de promotion touristique. L’ensemble des régions.
Restauration touristique. L’ensemble des régions.
Artisanat Artisanat de production d’art et utilitaire. Production de produits artisanaux à base de matières d’origine végétale ou animale, de terre, de pierre, de bois, de cuir, textiles ou de métaux. L’ensemble des régions.
Information et communication

 

Services de l’information : outsourcing, centres d’appels, intelligence artificielle, traitement des données, hébergement et activités connexes, datacenters.
  • Activités liées au cloud computing, à la cybersécurité, au big data, à l’intelligence artificielle, au commerce électronique, au blockchain.
  • Conception web.
  • Développement et tests de logiciels et d’applications mobiles.
  • Fabrication d’objets connectés.
  • Centres d’appels et services de réponse.
L’ensemble des régions.
L’édition L’ensemble des régions.
Production de films cinématographiques et vidéo, de programmes télévisés, d’enregistrements audio et de diffusion de contenus musicaux L’ensemble des régions.
Activités de programmation et de diffusion L’ensemble des régions.
Installation des infrastructures de télécommunications L’ensemble des régions.
Programmation, conseil en informatique et autres activités informatiques. L’ensemble des régions.
Enseignement. Formation professionnelle. Création d’établissements de formation professionnelle. L’Oriental ; Beni Mellal-Khénifra ; Drâa-Tafilalet ; Guelmim-Oued Noun ; Laâyoune-Sakia Al Hamra ; Dakhla-Oued Ed-Dahab.
Arts, spectacles et activités récréatives Activités créatives, artistiques et de spectacle.
  • Restauration de monuments historiques.
  • Création et gestion de musée.
  • Création de salles de cinéma.
  • Création de salles de théâtre.
  • Industrie des jeux vidéo.
L’ensemble des régions.
Activités récréatives et de loisirs.
  • Animation propre au tourisme de nature.
  • Animation touristique autour de la gastronomie.
L’ensemble des régions.

 

 

 

Industries extractives

 

Services liés aux activités extractives L’Oriental ; Fès-Meknès ; Marrakech-Safi ; Souss-Massa ; Guelmim-Oued Noun ; Laâyoune-Sakia Al Hamra ; Dakhla-Oued Ed-Dahab; Drâa-Tafilalet ; Beni Mellal-Khénifra

 

Traitement et transformation des produits métalliques. 

Extraction de minerais
La production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné

Production électrique de sources renouvelables

L’ensemble des régions.
Santé publique et travail social

 Activités de protection de la santé des citoyens

L’Oriental ; Beni Mellal-Khénifra ; Drâa-Tafilalet ; Guelmim-Oued Noun ; Laâyoune-Sakia Al Hamra ; Dakhla-Oued Ed-Dahab.
Activités de contrôle et d’analyses techniques spécialisées.

Activités scientifiques et techniques

L’Oriental ; Beni Mellal-Khénifra ; Drâa-Tafilalet ; Guelmim-Oued Noun ; Laâyoune-Sakia Al Hamra ; Dakhla-Oued Ed-Dahab.
Autres services personnels et domestiques

Réparation d’ordinateurs, d’équipements et d’outils personnels et domestiques

L’Oriental ; Beni Mellal-Khénifra ; Drâa-Tafilalet ; Guelmim-Oued Noun ; Laâyoune-Sakia Al Hamra ; Dakhla-Oued Ed-Dahab.

Les documents exigés pour bénéficier du soutien

Le quatrième et dernier arrêté, lui, fixe la liste des documents requis pour bénéficier du dispositif de soutien à l’investissement des TPME.

Ainsi tout investisseur doit constituer un dossier, à déposer électroniquement auprès du CRI compétent, comprenant les pièces suivantes :

Modalités de versement des subventions à l’investissement

Le montant de la subvention relative aux activités prioritaires et celui lié à la spécificité territoriale sont versés à l’investisseur en deux tranches :

Le montant de la subvention liée à la création d’emplois permanents est versé sur la base des documents justificatifs émis par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

La définition de la TPME au sens du décret

La très petite, petite et moyenne entreprise (TPME) au sens de ce décret est  « toute personne morale de droit privé soumise au droit marocain et remplissant toutes les conditions suivantes :

  1. Avoir réalisé, au cours de l’une des trois dernières années d’activité, un chiffre d’affaires égal ou supérieur à un million (1.000.000) de dirhams et inférieur à deux cents millions (200.000.000) de dirhams, hors taxes ;

  2. Ne pas être détenue à plus de 25 % de son capital, directement ou indirectement, par une société dont le chiffre d’affaires annuel dépasse deux cents millions (200.000.000) de dirhams, hors taxes ;

  3. Ne pas compter parmi ses associés ou actionnaires une personne morale de droit public ou une entreprise publique.

Le décret sur la fixation des prix des médicaments atterrit au Conseil de la concurrence

Après plusieurs réunions de concertation au sujet de la réforme de fixation des prix du médicament entre le ministère de la Santé et les différents acteurs du marché, le décret relatif à la régulation et à la fixation des prix des médicaments est désormais officiellement entre les mains du Conseil de la concurrence, apprend Médias24 de sources sûres.

Selon nos informations, après une première phase d’analyse approfondie, le régulateur a ouvert un cycle de consultations directes avec les professionnels du secteur. Le Conseil de la concurrence se concertera avec eux et collectera leurs propositions et recommandations.

Comme nous l’avions rapporté, plusieurs cycles d’échanges techniques et de concertations sectorielles ont déjà eu lieu. Des acteurs avaient exprimé certaines craintes, et les propositions initiales de la tutelle avaient été révisées.

Ces réunions, qui se comptent en dizaines, combinant échanges techniques et cycles de travail et de coordination, ont été menées avec l’ensemble des acteurs (industriels, pharmaciens, caisses d’assurance et AMMPS).

L’arrivée du décret au niveau du Conseil de la concurrence montre que le calendrier s’accélère.

Une fois les auditions des parties prenantes terminées, une période de réponses et de remarques sera ouverte avant que le Conseil ne rende son avis final. Un avis consultatif, non contraignant, sauf en cas de détection de problématiques majeures susceptibles d’affecter la concurrence.

Affaire à suivre.

https://medias24.com/2025/07/23/comment-sont-fixes-les-prix-des-medicaments-au-maroc/

Grand entretien avec Chakib Alj, président de la CGEM

À la veille de l’ouverture des débats parlementaires sur le PLF 2026, Chakib Alj décrit une rentrée économique où la confiance et l’optimisme prédominent parmi les chefs d’entreprise. “L’état d’esprit dominant est confiance, optimisme et mobilisation”, affirme le président de la CGEM, soulignant que cette confiance doit composer avec les perturbations géopolitiques et les risques de sécheresse accrue.

Selon Alj, l’économie n’avance pas uniformément : certains secteurs, comme le tourisme ou le BTP accélèrent, tandis que d’autres, notamment l’agriculture et les services à faible valeur ajoutée, peinent à suivre la cadence. « Plutôt que de parler d’atonie, il s’agit d’une économie en forte croissance… mais en mutation », insiste-t-il.

Pour la CGEM, les priorités pour le PLF sont : réforme de la fiscalité locale, neutralité de la TVA et clarification des sanctions fiscales. Pour Alj, ce sont là les chantiers qui permettront de renforcer l’attractivité du pays et de soutenir la compétitivité du tissu entrepreneurial.

Dans cet entretien pour Médias24, le président de la CGEM revient également sur les réformes sociales, la place de l’investissement privé, et le rôle du patronat entre bilans et batailles restant à mener.

Nous avons une économie globalement en forte croissance mais en mutation

Médias24 : Cette rentrée a été marquée par quelques tensions sur le plan social. Sur le plan économique, comment décririez-vous la situation de l’économie marocaine ? Lorsque vous échangez avec les chefs d’entreprise, quels sentiments prédominent : inquiétude, confiance ou attentes particulières ?

Chakib Alj : De ce que j’ai moi-même constaté de mes échanges permanents avec les chefs d’entreprises, l’état d’esprit dominant est confiance, optimisme et mobilisation, même si la vigilance demeure nécessaire face aux perturbations géopolitiques, ainsi qu’aux risques de sécheresse accrue.

Mais, globalement, la rentrée économique se déroule dans un contexte macroéconomique assez rassurant, je dirais. Les croissances du premier et second trimestres 2025 de 4,8% et 5,5% sont de bonnes performances qu’il faut souligner. L’inflation est à 0,3% à fin août.

La consommation et la confiance des ménages sont reparties à la hausse. Nous avons de bonnes raisons de penser que nous sommes dans une dynamique positive qui va durer plusieurs années. Avec la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, nous avons une feuille de route claire pour l’avenir.

– Vous parlez de confiance et de mobilisation, pourtant certains observateurs ont l’impression que rien ne bouge et que l’économie reste globalement atone… 

– Les chiffres que je vous ai évoqués à l’instant parlent d’eux-mêmes même si la réalité d’un secteur à l’autre peut être très différente. L’accélération des services en lien avec le tourisme (+15% à fin août) et du BTP qui profite des grands chantiers d’infrastructure du pays montrent qu’une réelle transformation est en cours.

Il est vrai que certains secteurs, notamment l’agriculture ou les services à faible valeur ajoutée par exemple, avancent plus lentement ou souffrent de la conjoncture mondiale. Plutôt que de parler d’atonie, il s’agit d’une économie globalement en forte croissance mais bien sûr en mutation.

Certains segments avancent plus vite (industrie, énergies renouvelables, BTP, tourisme) au point où certaines TPME membres nous remontent la difficulté qu’elles ont à suivre la cadence et à répondre à la demande du marché. D’autres secteurs doivent, en revanche, s’adapter.

– La croissance citée ne se reflète malheureusement pas par des créations d’emplois significatives. Qu’est-ce qui bloque la machine du recrutement dans laquelle le privé doit jouer un rôle moteur ?

– Il y a un certain nombre d’éléments qui, s’ils sont adressés, aideraient à fluidifier la création d’emplois. J’en citerai trois.

Le premier, c’est le sujet du Code du travail. Nous nous réjouissons de l’ouverture du dossier par le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences. C’est en effet, selon un sondage réalisé auprès de nos membres, le principal frein au recrutement. Le texte date de 2004 et entre temps, le monde a changé : le Maroc s’est ouvert, le digital a transformé notre rapport au travail et la sociologie des employés et demandeurs d’emplois a évolué.

Le second sujet est l’adéquation entre offre et demande en matière de formation. Il y a un écart entre ce que recherchent les entreprises et les compétences des demandeurs d’emploi. C’est la raison pour laquelle, la refonte de la formation professionnelle doit être menée, tout comme le système d’éducation nationale est en pleine évolution.

Le dernier point est relatif à l’investissement. Tout ce qui peut libérer l’investissement doit être fait et nous pensons notamment au système d’autorisations qui est complexe, perçu comme arbitraire parfois par certains entrepreneurs. Il faut que nous avancions sur ce sujet aussi.

– Nous sommes en plein dans le projet de loi de finances 2026. Quelles sont les attentes de la CGEM ? Ses priorités ?

– La CGEM a communiqué ses propositions au ministère de l’Économie et des Finances dans la perspective de la loi de finances 2026. Comme à notre habitude, ce travail a été mené de manière participative, avec l’ensemble de nos fédérations sectorielles, de nos CGEM Régions et de nos commissions.

Trois chantiers sont au cœur de nos priorités. D’abord, la neutralité de la TVA, il s’agit de résoudre définitivement les cas de butoir qui pénalisent certains secteurs.

Le stock du crédit TVA est de combien actuellement ?

– Pour vous donner un ordre de grandeur, on sait qu’en 2024, 22 milliards de DH de crédits de TVA ont été remboursés.

Il faut tout de même souligner que le délai moyen de remboursement est en baisse et donc nous allons dans le bon sens à ce niveau-là.

D’ailleurs, nous recevons moins de doléances concernant les délais de remboursement qu’il y a quelques années.

Si je devais retenir un seul sujet fiscal pour ce dernier trimestre, ce serait sans hésitation la réforme de la fiscalité locale

– Quelles sont les deux autres priorités ?

– Il y a la clarification et la proportionnalité des sanctions fiscales, en s’inspirant des meilleures pratiques internationales pour distinguer l’erreur de bonne foi de la fraude avérée.

Enfin, la facilitation des restructurations et transmissions d’entreprises, essentielles pour la compétitivité et la pérennité de notre tissu entrepreneurial.

Il y a bien sûr bien d’autres sujets comme l’exonération d’IR pour les pensions issues du régime complémentaire (CIMR) pour garantir un traitement égalitaire et juste entre public et privé.

Et puis une autre priorité qui n’est pas à proprement parler dans le périmètre de la loi de finances, c’est la refonte des taxes locales qui est un sujet important de la rentrée et qui concerne toute l’économie.

– Puisque les principales réformes ont déjà été menées (IR, IS, TVA), est-ce que ce projet de budget ne sera qu’un exercice technique ou d’ajustements ?

– Plusieurs réformes structurantes (réduction de l’IS à 20%, unification de l’IR, réforme de la TVA) ont en effet été engagées ces dernières années et ont permis une meilleure cohérence et justice fiscale, pour la très grande majorité des TPME.

Bien sûr, nous ne pouvons pas chaque année adopter des mesures de refonte profonde. Ce n’est d’ailleurs pas productif et cela réduit la visibilité pour les entrepreneurs et investisseurs.

La principale réforme inscrite dans la loi-cadre 69-19 qui n’a pas encore abouti reste celle de la fiscalité locale qui reste un sujet d’actualité.

– Si vous deviez choisir un sujet qui serait la principale bataille du patronat en termes de fiscalité, lequel serait-il ?

– Si je devais retenir un seul sujet fiscal pour ce dernier trimestre, ce serait sans hésitation la réforme de la fiscalité locale. Aujourd’hui, les entreprises supportent un système devenu excessivement complexe, avec 17 taxes différentes – taxe professionnelle, taxe de services communaux, taxe sur les terrains non bâtis, multiples taxes sectorielles qui se superposent et pèsent lourdement sur l’investissement.

C’est le dernier grand chantier de la réforme fiscale, après l’IS, l’IR et la TVA. Le moment est venu de l’ouvrir : simplifier et clarifier la fiscalité locale est indispensable pour renforcer l’attractivité de notre pays pour les investisseurs. Pour les autres sujets, nous sommes entrés dans une phase d’analyse et d’ajustements.

– Les recettes fiscales enregistrent des hausses à 2 chiffres depuis 2021. Entre 2020 et 2024, elles ont augmenté de 100 MMDH. Et la hausse se poursuit sur l’IS comme l’IR. Un commentaire ?

– Nous devons être fiers de nos TPME qui jouent le jeu. Ces chiffres s’expliquent, d’une part, par la croissance de l’économie, mais également et surtout par la formalisation des TPME qui doit se poursuivre. La CGEM a toujours milité pour cela. C’est ce qui permettra aux entreprises formelles de poursuivre leur développement.

Un entrepreneur a besoin d’un environnement où les règles sont les mêmes pour tous et où les règles de concurrence sont respectées pour pouvoir franchir des paliers. Ces chiffres montrent que la formalisation de l’économie est en cours. Avec 20 % d’IS, les entreprises n’ont absolument aucune raison de ne pas payer leurs impôts.

– En plus du PLF, d’autres réformes sont engagées avec cette rentrée, notamment celle du Code du travail. Les partenaires sociaux ont été appelés à formuler leurs propositions. Un chantier qui s’annonce ardu. Comment est-ce que vous vous y préparez ?

– La CGEM se prépare depuis plusieurs mois à la réforme du Code du travail annoncée par le gouvernement. Nous avons même eu des débats publics sur le sujet avec Monsieur le ministre de l’Inclusion économique, des compétences et de la Petite Entreprise et les syndicats, un débat organisé d’ailleurs par Médias24.

En interne, nous avons appliqué notre méthode habituelle qui consiste à demander l’avis de nos membres et de nos fédérations sectorielles afin qu’elles puissent enrichir les réflexions du groupe de travail créé pour l’occasion.

Vous savez, nous sommes pragmatiques : nous souhaitons améliorer la compétitivité des entreprises, nous serons donc comme à notre habitude force de propositions et moteurs pour établir cette réforme qui est inévitable. Il ne faut pas que nous perdions plus de temps.

– Quelles seront vos lignes rouges pour cette réforme ? Les points sur lesquels vous serez intransigeants ?

– Nous n’abordons pas ce type de dialogue avec des « lignes rouges ». De manière générale, nous abordons le dialogue social dans une posture d’écoute et d’ouverture plutôt que dans une attitude défensive.

Ce qui est sûr, c’est que la CGEM continuera à défendre des principes essentiels : moderniser le Code du travail pour qu’il réponde aux réalités de 2025 et améliorer la compétitivité des entreprises.

Pour ma part, il s’agit de l’une des clefs pour permettre un développement économique et social encore plus fort dans les prochaines années qui améliorera le niveau de vie des citoyens.

Nos positions seront présentées de façon argumentée lors des négociations, où l’on va essayer de démontrer le bien-fondé de ces propositions et leur impact positif pour le pays.

Si nous réussissons à faciliter le financement et à simplifier les procédures, nous donnerons envie aux entrepreneurs d’investir davantage dans l’économie réelle

– Sur un autre registre, 2026 marque l’échéance pour atteindre l’objectif fixé par le Souverain pour faire passer la part de l’investissement privé de 1/3 à 2/3 de l’investissement global. Franchement, est-ce atteignable ? Avez-vous une évaluation du niveau d’investissement privé et de sa part dans l’ensemble des investissements au Maroc ?

– Il y a deux objectifs en ce qui concerne l’investissement privé. Le premier, c’est d’atteindre entre 2022 et 2026 le niveau de 550 milliards de DH d’investissements privés et nous sommes en bonne voie pour atteindre cet objectif. Entre 2022 et 2024, environ 320 MMDH d’investissements privés ont été réalisés, dont 120 MMDH pour l’année 2024. Si nous maintenons le niveau de 2024 en 2025 et 2026, l’objectif sera donc dépassé.

Le second, c’est de faire passer l’investissement privé à deux tiers de l’investissement total d’ici 2035. Nous avons finalisé l’année 2024 à environ 40%. Pour ce second objectif, il est encore tôt pour se prononcer.

Sur les prochaines années, les investissements publics vont être très élevés pour porter les projets d’envergure que nous connaissons tous : EnR, ports, réseaux ferroviaire et routier, Coupe du monde, politique de l’eau et dessalement.

Il faut multiplier les PPP, poursuivre le chantier de simplification des procédures administratives pour atteindre l’objectif.

– Qu’est-ce qui empêche ou freine le Maroc de disposer d’un capitalisme réellement productif et créateur de valeur et d’emplois ?

– Nous avons mené en mai dernier un sondage à la CGEM auprès d’un échantillon d’un peu plus de 1.000 membres qui représentent le tissu économique marocain : une très grande majorité de TPE, des PME, des ETI et quelques grands groupes.

Les résultats sont clairs : les deux principaux freins à leur développement et leur investissement sont le financement (44%) et la complexité des procédures d’autorisations administratives (23%).

Il y a bien sûr d’autres sujets, comme la formation, le coût du foncier, etc., mais je pense que si nous réussissons à faciliter ces deux sujets, nous aurons un impact fort et immédiat sur le capitalisme productif. Nous donnerons envie aux entrepreneurs d’investir davantage dans l’économie réelle.

– Le financement reste le premier frein selon vos chiffres. Les banques sont-elles trop prudentes avec les entreprises et les PME en particulier ?

– Nous vivons une période particulière. Les ressources des banques, notamment leurs fonds propres et leurs capacités de refinancement, sont en grande partie absorbées par le financement des projets publics d’envergure et par les grands groupes privés, souvent considérés comme moins risqués. Ces acteurs captent donc une part importante du crédit bancaire, limitant mécaniquement la part allouée aux petites et moyennes entreprises.

C’est une sorte d’effet d’éviction. Les banques, en tant qu’agents économiques, privilégient naturellement les opérations avec un couple rendement/risque qu’elles jugent plus favorable.

Maintenant, à nous de trouver des solutions avec le gouvernement, le régulateur et les banques pour que le financement des TPME s’améliore et je sais que l’ensemble des parties partagent cet objectif.

– Investir et innover impliquent tous deux de prendre des risques. Dans ce contexte, la CGEM a longtemps plaidé pour la mise en place d’une subvention R&D en faveur des entreprises, et une enveloppe de 300MDH par an a finalement été débloquée. Pourtant, on constate que ce budget peine à être utilisé, faute de candidatures d’entreprises. Est-ce exact ? À quoi attribuez-vous ce manque de mobilisation ?

– Il était important pour moi d’instaurer ce programme. Beaucoup de pays dont les économies sont développées l’ont fait grâce à la R&D. Pour répondre à votre question, les seules statistiques fiables sur le sujet concernent la première édition, celle de 2023. Sur cette édition, il est vrai que sur 300 millions, seulement 213 millions ont été accordés aux entreprises.

Je pense que nous devons tirer les enseignements de cette édition. Bien sûr, il faut communiquer davantage auprès des entreprises et expliquer de manière plus claire les conditions d’éligibilité à la prime d’innovation industrielle de Tatwir R&D.

Plus de la moitié des projets soumis ne sont pas retenus car ils ne répondent pas au cahier des charges du programme. Il y a donc un sujet à ce niveau, qu’il faut traiter.

Après deux éditions, il faut désormais tirer les enseignements pour améliorer le dispositif de manière globale et répondre à l’objectif de départ : soutenir plus fortement l’innovation industrielle au Maroc.

Notre rôle n’est pas d’entrer dans une logique d’opposition systématique, mais de travailler à ce que des réformes concrètes et accélératrices voient le jour

– J’aimerais à présent vous interroger sur la vie interne de la Confédération. Lors de l’AGE tenue en mai dernier, la CGEM a révisé ses statuts pour introduire des dispositions, notamment sur la vacance de la présidence et le cumul des mandats. Quelle est la philosophie de ces changements et en quoi sont-ils importants ?

– En effet, lors de notre dernière assemblée, nous avons introduit plusieurs modifications à nos textes réglementaires.

Cette démarche confirme et réaffirme notre engagement en faveur d’une gouvernance exemplaire en alignement avec les valeurs d’inclusion, de militantisme et d’engagement qui constituent l’ADN de notre Confédération, au service de ses entreprises membres (TPE, PME et GE) dans toutes les régions du Maroc.

Parmi ces modifications, vous en avez cité deux ; la vacance de la présidence et le cumul des mandats.

La première vise à garantir la continuité de gouvernance en cas d’absence simultanée du président et du vice-président général, comme ce que la CGEM a vécu en 2019.

La seconde instaure le non-cumul des mandats. Il nous est paru naturel d’appliquer ce principe de bonne gouvernance, largement adopté ailleurs, afin de permettre à chaque élu de consacrer le temps nécessaire à la composante de la CGEM qu’il représente, qu’il s’agisse d’une Fédération sectorielle, d’une CGEM Région ou de la présidence de la Confédération.

D’autres changements importants ont été introduits, notamment ;

La possibilité que les présidents de fédérations sectorielles ou de CGEM Régions siègent au sein du Bureau du conseil d’administration.

Et la règle relative au renouvellement des instances dirigeantes, puisque désormais, le président de la CGEM ou celui d’une CGEM Région ne pourra plus se porter candidat au poste de vice-président général.

– Ces changements, en particulier le dernier point évoqué, ont-ils été approuvés sans résistances internes ?

– Les changements réglementaires suivent un processus bien défini : ils sont d’abord examinés et approuvés par le Comité des statuts, puis soumis au conseil d’administration, qui les valide avant de les présenter à l’Assemblée générale.

Celle-ci les a adoptés à l’unanimité. Bien entendu, chaque instance de notre confédération est représentative de l’ensemble des composantes de la CGEM, fédération et régions.

– Beaucoup pensent, et parfois disent, que la CGEM s’est « institutionnalisée », qu’elle se positionne souvent dans un rôle de partenaire de l’État, mais rarement force de débat ou de contradiction. Le patronat a-t-il perdu son rôle de contre-pouvoir ?

– Comme toute organisation patronale, la CGEM a pour mission première de défendre les intérêts de ses membres et d’œuvrer pour un environnement propice à l’entrepreneuriat et à la création d’emplois. Notre rôle n’est pas d’entrer dans une logique d’opposition systématique, mais de travailler à ce que des réformes concrètes et accélératrices voient le jour, et nous le faisons tous les jours à travers l’ensemble de nos instances, notamment notre groupe parlementaire.

Tant que nous avons l’écoute et la réactivité du gouvernement et des institutions, il est plus constructif de privilégier le dialogue et la co-construction plutôt que le bras de fer. D’ailleurs, cette co-construction se fait à l’initiative de la CGEM comme des pouvoirs publics. Sur bien des sujets, comme l’emploi ou l’environnement des affaires au sens large, nous avons initié une réflexion en interne et sommes allés présenter nos travaux pour initier les discussions et défendre en amont le point de vue du secteur privé.

Certains appelleront cela de l’“institutionnalisation”, nous considérons au contraire qu’il s’agit d’une gouvernance responsable, tournée vers des résultats durables et positifs pour l’économie et pour l’emploi, à un moment où notre pays traverse un moment unique et où toutes ses forces vives partagent les mêmes ambitions.

– Au-delà, pourquoi la CGEM ne crée-t-elle pas plus de débat économique public ?

– Faut-il critiquer gratuitement pour créer le débat ? À la CGEM, nous privilégions un débat constructif, centré sur les sujets qui intéressent directement l’entreprise et qui permettent de faire avancer les réformes utiles à l’économie et à l’emploi.

Ces sujets sont débattus dans le cadre de conférences que nous organisons, de rencontres que nous faisons avec les médias et dans le cadre de nos instances.

Nous ne créons pas le débat juste pour créer le débat, nous sommes concentrés sur notre vrai rôle, à savoir celui d’instaurer un climat des affaires sain et favorable au développement de notre tissu entrepreneurial.

– Il y a une question récurrente sur laquelle la CGEM peine encore à convaincre : celle de la représentativité des TPME. La CGEM garde l’image d’un patronat dominé par les grandes entreprises, peut-être à cause du système de vote qui leur donne plus de voix. En liant le vote au chiffre d’affaires, la CGEM ne donne-t-elle pas un avantage mécanique aux grandes entreprises ? N’avez-vous pas pensé à réformer pour donner plus de poids aux PME au sein de la CGEM ?

– Je profite de votre question sans détour pour vous répondre en toute transparence. Notre tissu entrepreneurial est composé de 95% de TPME.

A l’image de ce tissu, la CGEM est constituée de membres de toutes tailles, de tous secteurs et de toutes régions. D’ailleurs, 95 % de nos membres réalisent un chiffre d’affaires compris entre 0 et 200 millions de DH et 60% réalisent un chiffre d’affaires inférieur à 5 millions de DH. En termes de voix, ces 60% du membership pèsent 25% des voix contre 11% pour les GE. Comme vous pouvez le déduire, notre système de vote ne nécessite aucune réforme puisqu’il est juste et représentatif.

La force de la CGEM, c’est cette diversité. Petites, moyennes ou grandes, toutes les entreprises y trouvent leur place et portent ensemble la voix du secteur privé. Opposer les unes aux autres n’a donc pas de sens et relèverait même du populisme.

Mon conseil à mon successeur est de savoir prendre les décisions au bon moment

– Monsieur Alj, vous arrivez à la fin de votre deuxième mandat. Concrètement, qu’est-ce que les chefs d’entreprises peuvent mettre à l’actif de votre passage à la tête de la CGEM ?

– Tout d’abord, il faut souligner que c’est un travail d’équipe. Tout ce qui a été obtenu l’a été grâce à l’ensemble des composantes de la CGEM : régions, fédérations, commissions, groupe parlementaire et équipe permanente.

Je ne peux pas parler des réalisations sans citer la mobilisation de la CGEM pendant le COVID-19 où nous avons été en première ligne pour défendre les entreprises et les protéger au maximum. Cela a été une période exceptionnelle et intense et je pense que le patronat a pleinement joué son rôle.

Sur la fiscalité, la CGEM a contribué fortement à la réforme fiscale entamée sur les 4 dernières LF, notamment la baisse des taux d’imposition, notamment l’IS à 20% pour la très grande majorité des entreprises, ce qui est une grande avancée, la TVA sur certains produits, l’IR et aussi le remboursement du stock de crédit de TVA.

Il y a bien sûr la législation sur le droit de grève qui intervient plus de 60 ans après la Constitution. Enfin, il y a le sujet des délais de paiement sur lequel nous avons réussi à faire voter une loi essentielle pour les TPME qui protège leur trésorerie.

Et il y a des dizaines de sujets sur lesquels nous avons fait bouger les lignes qui sont moins médiatisés mais qui ont énormément d’impact, comme le lancement de notre label PME responsable, l’accompagnement du développement des EnR dans notre pays, le soutien à l’innovation que ce soit à travers le programme Tatwir R&D ou tout ce que nous faisons pour les start-up, la mise en place de corridors pour nos membres avec la CNSS, la DGI, l’Office des changes….

– Sur quels dossiers avez-vous échoué, ou n’avez-vous pas été entendu, malgré vos efforts ?

– Je ne vais pas parler d’échec car cela voudrait dire que nous avons abandonné l’idée de faire aboutir ces dossiers. Il y a des dossiers qui doivent avancer à court terme. D’abord, la formation professionnelle. La réforme de son mode de gouvernance et de financement n’est pas encore finalisée. Nous avons lancé des travaux concrets sur le sujet mais il reste du travail.

Or, c’est une priorité absolue pour l’avenir de notre capital humain et pour la compétitivité de nos entreprises. Ensuite, le Code du travail. Nous en avons parlé. Nous sommes convaincus que d’ici la fin du mandat nous aurons fait un premier pas significatif dans sa modernisation.

Enfin, le dossier du remplacement de certaines autorisations par des cahiers des charges.

L’idée a fait son chemin, elle est aujourd’hui largement partagée au sein du gouvernement, mais elle suppose un travail technique et réglementaire qui prendra plus de temps et qui aboutira sans doute après le mandat actuel.

– Concernant le remplacement de certaines autorisations par des cahiers des charges, vous visez des secteurs en particulier ?

– Notre proposition est que cela soit le cas, à terme, de la très grande majorité des secteurs. Bien sûr, certains secteurs sensibles seraient exclus.

Néanmoins, les secteurs à privilégier dans un premier temps pourraient être tous ceux liés à l’accueil de la Coupe du monde : le tourisme (nous pouvons largement dépasser les objectifs fixés car nous en avons tous les moyens), les activités culturelles, la restauration, les commerces…etc…

L’objectif est de libérer l’investissement sur ces secteurs pour permettre aux visiteurs de vivre une expérience complète et aussi que les retombées économiques de cet évènement soient maximisées sur le long terme, notamment en termes de création d’emplois.

– Les prochaines élections de la CGEM se dérouleront en pleine période d’élections législatives. Pensez-vous que ce calendrier risque de politiser le scrutin interne ou d’influencer le choix des candidats et des alliances au sein du patronat ?

– La CGEM est, et restera, une institution indépendante, représentative de l’ensemble des forces économiques du pays. Elle se situe à équidistance de toutes les formations politiques. Le calendrier des élections législatives n’affectera donc en rien la CGEM.

Je tiens à préciser que nos statuts consacrent cette neutralité dans l’article 4, intitulé Neutralité de la CGEM : “La CGEM étant essentiellement à vocation économique et professionnelle, toute prise de position en faveur d’un parti politique ou toute prise de position à caractère religieux est, sous peine de sanctions, rigoureusement interdite au sein de la CGEM et ne peut être faite en son nom. Dans l’exercice de sa mission, la CGEM s’investit, dans le cadre de son objet et des orientations générales arrêtées par le Conseil d’Administration, au bénéfice exclusif de l’entreprise. En conséquence, elle s’interdit tout acte ou toute action à caractère partisan ou discriminatoire ».

Ensuite, dans notre Règlement intérieur, et afin de renforcer cette neutralité, une modification a été apportée en 2021 : une règle précisant que les candidats à la Présidence ne doivent pas exercer, ni avoir exercé au cours des six mois précédant le dépôt de leur candidature, de fonctions dans un organe décisionnel ou exécutif, national ou régional, d’un parti politique a été ajoutée. Ce sont deux dispositions que j’ai fait voter pendant mon mandat.

– Vous engagez la dernière année de votre mandat. À quoi allez-vous la consacrer?

– Cette dernière année sera pour moi celle de la consolidation et de l’aboutissement. Je souhaite concentrer mes efforts sur les grands chantiers qui restent encore en suspens, notamment la réforme du Code du travail et de la formation professionnelle, deux dossiers structurants pour améliorer le climat social et renforcer les compétences de nos talents et donc la compétitivité de notre tissu entrepreneurial.

Par ailleurs, je continuerai à veiller à ce que la TPME gagne en compétitivité et puisse s’intégrer davantage dans les chaînes de valeur, tout comme la CGEM continuera d’accompagner la dynamique que connaît notre pays à l’approche de la Coupe du Monde 2030, qui représente une opportunité unique de rayonnement et de développement pour nos entreprises, particulièrement les plus petites.

– C’est peut-être un peu trop tôt, mais si vous deviez donner un seul conseil à votre successeur, quel serait-il ?

– Mon conseil à mon successeur est de savoir prendre les décisions au bon moment. Dans une organisation comme la CGEM, il est essentiel d’écouter, de consulter et de veiller au consensus, mais il arrive toujours un moment où il faut trancher et agir.

C’est cette capacité à sentir le bon timing qui fait la différence : aller trop vite peut fragiliser, attendre trop longtemps peut freiner l’élan. Trouver cet équilibre, c’est maintenir la confiance des membres.