« La reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur le Sahara n’était pas un geste diplomatique passager » (Elisabeth Myers)

Avocate connue avec une grande connaissance de la région du Maghreb et de l’Afrique du Nord, Elisabeth Myers revient sur la reconnaissance par l’Administration Trump de la marocanité du Sahara. Une reconnaissance renouvelée avec le deuxième mandat de M. Trump. Notre invitée revient aussi sur le rôle de l’Algérie dans le conflit et explique comment la dynamique internationale autour du Sahara marocain isole de plus en plus Alger. Il à noter qu’Elisabeth Myers est chargée du lobbying pour le MAK aux États-Unis.

Médias24 : les ennemis du Maroc comptaient sur un changement de position de l’administration Trump. Comment interpréter la confirmation par les États-Unis de leur reconnaissance de la marocanité du Sahara ?

Elisabeth Myers : Ceux qui pariaient sur un revirement politique d’une seconde administration Trump se sont lourdement trompés. La reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara en 2020 n’était pas un geste diplomatique passager : il s’agissait d’un réajustement stratégique de la politique américaine, ancré dans le réalisme, le partenariat et la stabilité régionale.

Cette décision a non seulement mis fin à 30 ans d’hésitation américaine, mais a également confirmé une voie à suivre fondée sur l’initiative d’autonomie crédible et pragmatique du Maroc. Une fois que le Maroc a adhéré aux accords d’Abraham, s’alignant ainsi de manière historique sur les intérêts américains et régionaux, ce soutien est devenu irréversible. Aucun décideur politique sérieux à Washington, que ce soit sous la présidence Trump ou sous toute autre administration, ne pouvait l’ignorer.

La question du Sahara n’est plus une question bilatérale : elle s’inscrit désormais dans le contexte plus large de la sécurité, de l’intégration économique et de la diplomatie au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Un changement de cap saperait la crédibilité des États-Unis, porterait atteinte aux alliances régionales et irait à l’encontre des principes mêmes qui ont guidé la reconnaissance initiale en 2020. Les ennemis du Maroc peuvent continuer d’espérer des retournements de situation, mais ils parient contre la réalité.

La question du Sahara n’est plus une question bilatérale : elle s’inscrit désormais dans le contexte plus large de la sécurité, de l’intégration économique et de la diplomatie au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

– Lors d’une visite à Alger la semaine dernière, Massad Boulos a appelé l’Algérie à revenir à la table des négociations. Pensez-vous qu’une reprise du dialogue soit possible dans le contexte actuel ?

– Les perspectives d’un réajustement de la position algérienne sont minces. Le soutien continu de l’Algérie au polisario, qui s’oppose fondamentalement à l’initiative d’autonomie crédible du Maroc, demeure un obstacle majeur à toute avancée. Si l’on ajoute à cela le pivot stratégique de l’Algérie vers la Russie et la Chine, sa récente adhésion aux BRICS et la détérioration de ses relations avec la France, son allié de longue date, il devient clair qu’Alger s’oriente vers une position qui privilégie les postures géopolitiques à une réconciliation régionale significative.

— En fin de compte, la solution au conflit se trouve en Algérie. Qu’en pensez-vous ?

– Si le rôle de l’Algérie est indéniablement influent, il n’est pas nécessairement la clé. Le cœur du conflit réside dans l’incohérence entre d’un côté, la proposition d’autonomie du Maroc – largement considérée comme pragmatique par la communauté internationale – et la revendication irréaliste d’indépendance totale du polisario. Le consensus international s’oriente de plus en plus vers la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara, comme en témoignent la reconnaissance par les États-Unis et un nombre croissant de pays ouvrant des consulats à Dakhla et Laâyoune.

La clé réside dans un alignement international plus large, notamment par un soutien accru au plan d’autonomie du Maroc par les pays européens et africains, et dans un processus onusien soutenu qui s’appuie sur le réalisme politique plutôt que sur des cadres obsolètes datant de la guerre froide.

Si la communauté internationale se rallie au plan marocain comme seule solution viable, le rôle récalcitrant de l’Algérie pourrait être marginalisé, à moins qu’elle ne choisisse de s’engager de manière constructive.

Une réorientation de la diplomatie internationale vers la reconnaissance et la mise en œuvre de l’initiative d’autonomie du Maroc est, à mon avis, la clé de la paix et du développement dans la région.

– Dans quelle mesure les États-Unis pourraient-ils influencer la recherche d’une solution ?

– Les États-Unis ont déjà joué un rôle décisif dans l’évolution de la question du Sahara occidental, notamment en reconnaissant en 2020 la souveraineté du Maroc sur le territoire – un changement sans précédent qui a rompu avec des décennies d’ambiguïté diplomatique. En tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis disposent d’un pouvoir d’influence considérable pour orienter le consensus international, notamment en élaborant des résolutions et en veillant à ce que les futurs cadres de négociation soient fondés sur le réalisme et le pragmatisme.

En tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis disposent d’un pouvoir d’influence considérable pour orienter le consensus international

Au-delà de l’ONU, Washington peut exercer une influence par le biais de la diplomatie bilatérale avec les pays qui n’ont pas encore approuvé le Plan d’autonomie du Maroc, ainsi qu’en encourageant la coopération régionale par l’intermédiaire de ses partenaires en Afrique, en Europe et dans le Golfe. Un soutien continu des États-Unis, surtout s’il est maintenu par les différentes administrations, peut contribuer à normaliser la reconnaissance internationale du plan marocain comme seule voie viable vers une paix et une stabilité durables dans la région.

— À votre avis, à quoi faut-il s’attendre lors de la prochaine réunion du Conseil de sécurité consacrée à la question du Sahara ?

– Lors de la prochaine réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur la question du Sahara, en octobre, les discussions devraient porter sur le renouvellement du mandat de la MINURSO et l’évaluation des efforts récents de l’envoyé spécial de l’ONU, Staffan de Mistura, pour relancer le dialogue politique entre les principales parties.

Bien qu’aucune avancée ne soit attendue, le soutien international croissant à la proposition marocaine – notamment de la part des États-Unis, de l’Espagne et de plusieurs États africains et arabes – pourrait conduire à un texte de résolution plus ferme, exhortant l’Algérie et le Front polisario à revenir à la table des négociations.

– Une proposition de loi parlementaire américaine cherche à classer le polisario sur la liste des organisations terroristes. Quelles sont les chances de succès d’une telle initiative ?

Le projet de loi bipartisan présenté par le député Joe Wilson, visant à classer le Front polisario comme organisation terroriste, marque un changement significatif dans la perception du groupe à Washington.

Le bipartisme est un atout majeur : il augmente les chances d’adoption du projet de loi par la Chambre des représentants. Le soutien d’autres législateurs influents, notamment ceux des commissions des affaires étrangères et des forces armées de la Chambre, sera crucial pour que le projet de loi soit voté.

Le projet de loi bipartisan présenté par le député Joe Wilson, visant à classer le Front polisario comme organisation terroriste, marque un changement significatif dans la perception du groupe à Washington

Cependant, pour que le projet de loi soit pleinement adopté, une dynamique parallèle devra se développer au Sénat, où aucun projet de loi complémentaire n’a encore été présenté. Si l’instabilité régionale plus large ou des incidents liés au Front polisario attirent l’attention des médias ou des services de renseignement, cela pourrait galvaniser un soutien législatif et diplomatique supplémentaire. Sans le soutien du Sénat, cependant, la voie à suivre reste difficile, mais pas impossible.

Révélation. La visite au Maroc de Jacob Zuma a été coordonnée avec l’ambassade d’Afrique du Sud à Rabat

La visite au Maroc de l’ex-président sud-africain, Jacob Zuma, et les positions qu’il a exprimées en faveur de la souveraineté du Maroc sur le Sahara n’ont pas été du goût des caciques du pouvoir dans ce pays. L’on se rappelle de la réaction de la diplomatie de ce pays qui avait évoqué un « vice de forme » dans l’usage du drapeau national, et ce dans un « media statement » laconique et à la tonalité défaitiste et tourmentée.

De sources sûres, Médias24 est en mesure d’affirmer que la visite de M. Zuma au Maroc et ses multiples rencontres avec les officiels et les chefs des partis marocains ont été coordonnées avec l’ambassade sud-africaine à Rabat.

Au-delà de la forme de la réaction de la diplomatie de l’Afrique du Sud, c’est bien le fond qui dérange Pretoria. Jacob Zuma, chef de file du parti MK, a fait état du soutien de son parti à la proposition marocaine d’autonomie, tout en estimant qu’elle garantit au Maroc sa souveraineté sur le Sahara.

Cela révèle une fracture et un isolement du gouvernement dans le paysage politique sud-africain. Cette courageuse position de M. Zuma a mis en lumière une vérité dérangeante pour certains cercles dirigeants : la position hostile du gouvernement sud-africain à l’égard du Maroc ne fait pas l’unanimité en Afrique du Sud.

La voix de Jacob Zuma, ancien président de l’État et acteur historique de la libération sud-africaine, porte. Sa visite à Rabat, et les déclarations fortes qu’il a exprimées en faveur du Maroc, ont eu un retentissement que nul ne peut nier. Elles ont démontré que les forces vives sud-africaines – politiques, intellectuelles, sociales – peuvent, elles aussi, exprimer des positions souveraines, lucides et responsables, différentes de la ligne officielle actuelle.

Souveraineté, clarté et responsabilité

Le Maroc, en tant qu’État millénaire doté d’une tradition diplomatique éprouvée, conduit ses relations extérieures dans un esprit de souveraineté, de clarté et de responsabilité. La visite à Rabat de Jacob Zuma s’est déroulée dans ce cadre, en pleine transparence. D’après nos sources, elle a non seulement été préparée avec l’implication de l’ambassade du Maroc à Pretoria, mais aussi et surtout celle de l’ambassade d’Afrique du Sud à Rabat.

Mieux encore : c’est cette chancellerie qui a demandé officiellement aux autorités marocaines d’accorder un traitement protocolaire à M. Zuma.

Dans ces conditions, il est totalement contradictoire que les autorités sud-africaines demandent à ce que M. Zuma soit traité en grand dignitaire, pour venir ensuite critiquer que le drapeau sud-africain soit utilisé dans sa visite. Le Maroc respecte la diversité politique en Afrique du Sud et le MK de M. Zuma n’est pas une force marginale : il est issu de l’histoire même de la lutte anti-apartheid, tout comme l’ANC. Aujourd’hui, il est représenté au Parlement sud-africain, avec un ancrage croissant dans l’opinion publique.

Le Maroc, qui s’est toujours et historiquement tenu auprès de l’émancipation de ce pays, ne s’ingère pas dans le débat politique sud-africain, mais il constate, comme observateur et partenaire de bonne foi, que ce débat existe, qu’il est sain et qu’il mérite le respect.

La réponse du MK

À ce titre, il est révélateur que le MK ait convoqué une conférence de presse pour ce vendredi 7 août, afin de répondre à son tour à la déclaration du gouvernement.

Quelle leçon en tirer ? Cela confirme tout simplement que les propos tenus par M. Zuma à Rabat sont assumés, réfléchis, et portent une voix sud-africaine alternative sur des sujets d’intérêt continental.

Fidèle à sa tradition d’ouverture, le Royaume du Maroc reçoit régulièrement des représentants d’organisations et de partis politiques, africains, européens, arabes, asiatiques et américains.

À titre d’exemple, en octobre 2024, c’est une délégation officielle de l’ANC, conduite par Obed Bapela, vice-président de sa commission des relations internationales, qui a été reçue au ministère marocain des Affaires étrangères.

Selon nos sources, ces échanges ne visent pas à créer des clivages, mais à renforcer la diplomatie africaine dans toute sa diversité.

Le drapeau sud-africain, affiché lors de la visite de M. Zuma, l’a été à sa demande expresse, comme geste d’honneur et de respect. Il est par ailleurs d’usage universel que les drapeaux nationaux soient présents dans des contextes non gouvernementaux : compétitions sportives, événements culturels, forums civils, et le Maroc n’a fait que respecter cette pratique avec civilité et sans arrière-pensée.

Par le passé, des personnalités publiques sud-africaines, y compris dans des rencontres internationales, ont utilisé le drapeau de leur pays dans des initiatives visant directement l’intégrité territoriale du Royaume et ces actions n’ont jamais suscité de réserves à Pretoria. Dès lors, soulever aujourd’hui un point de protocole mineur apparaît comme une tentative maladroite de détourner l’attention de la substance du débat.

Le Royaume du Maroc agit avec sérénité et selon ses droits consacrés par l’histoire, le droit, et l’adhésion croissante de la communauté internationale.

Pretoria s’enlise dans son isolement continental

Pour preuve, plus des deux tiers des pays africains soutiennent la marocanité du Sahara ou adoptent une posture constructive à cet égard. Le Maroc n’a besoin ni d’artifice ni d’agitation. Il agit dans le cadre d’un consensus africain en devenir, tourné vers la stabilité, la souveraineté, et le réalisme.

Le Maroc voue un profond respect pour le peuple sud-africain. Il a toujours été ouvert à un dialogue sincère avec Pretoria, affranchi des oripeaux idéologiques de la guerre froide.

Dans cette perspective, tout le monde peut constater objectivement que la majorité de la communauté internationale, dont les 2/3 de l’Afrique, soutiennent la position du Maroc pour mettre un terme au différend régional artificiel autour du Sahara marocain. Tout le monde peut constater aussi, et regretter, que l’Afrique du Sud officielle persiste dans sa volonté de rester dans la minorité isolée qui boude le consensus international et la dynamique africaine et internationale autour de la solution d’autonomie proposée par le Maroc.

Jacob Zuma est arrivé au Maroc le 15 juillet dernier pour une visite historique qui a duré quatre jours. L’ambassade d’Afrique du Sud à Rabat avait saisi à ce sujet, et par écrit, la direction du Protocole au ministère marocain des Affaires étrangères.

Ci-dessous, fac-similé de la note verbale de l’ambassade d’Afrique du Sud au MAE marocain:

Glovo suspendu à Nouaceur : les autorités pointent plusieurs manquements

Depuis le mercredi 23 juillet, il est impossible d’avoir recours aux services de Glovo pour se faire livrer son déjeuner ou son en-cas à Dar Bouazza, à Bouskoura et dans tout le territoire relevant de la province de Nouaceur.

Une information que nous ont confirmée plusieurs sources sûres, qui précisent que cette décision est entrée en vigueur le jour même et durera le temps qu’il faudra à l’entreprise pour se conformer à la loi, ce que nous allons expliquer plus loin.

L’information nous a été également confirmée par un responsable de Glovo. « Nous tenons à préciser que Glovo opère à l’échelle nationale dans un cadre conforme, tout en restant à l’écoute des exigences locales. La sécurité routière est un sujet que nous prenons très au sérieux, avec plusieurs initiatives déjà mises en place et d’autres en cours, en collaboration avec les autorités compétentes », nous déclare-t-on.

« Nous sommes conscients des répercussions sur l’activité de nombreux livreurs, restaurateurs et commerçants, et nous travaillons activement avec les autorités locales afin de permettre une reprise rapide, dans l’intérêt de tout notre écosystème », poursuit notre interlocuteur.

Quand nous avons cherché à en savoir plus, le résultat que nous avons obtenu est que Glovo est appelée à effectuer une grande mue pour se conformer aux exigences des autorités.

Glovo suspendu à Nouaceur, Dar Bouazza, Bouskoura

Du sanitaire et du sécuritaire…

L’un des principaux griefs retenus par les autorités locales de Nouaceur est d’ordre sanitaire. « Les repas sont exposés à l’air, à la poussière et à la chaleur, généralement mal conditionnés dans des caissons à l’hygiène douteuse. Cela risque de poser des problèmes de santé aux utilisateurs », expliquent nos sources, qui affirment que les responsables de Glovo ont été « sensibilisés » à ce sujet depuis plusieurs mois. Mais, selon cette source, rien n’a été fait sur ce volet-là.

Le deuxième reproche est d’ordre sécuritaire. « Il a été établi que plusieurs livreurs de Glovo avaient des antécédents judiciaires. L’entreprise, comme demandé par les autorités, ne leur a jamais remis une liste de ses livreurs qui sont en contact direct avec les habitants, livrent des particuliers et des entreprises », expliquent nos sources.

« Il a été établi dans plusieurs cas qu’une seule moto de Glovo roulait 24 h/24 et qu’elle est utilisée par jusqu’à trois livreurs alors que, en principe, elle doit l’être par un seul. Cela pose un énorme problème parce que les autorités sont dans l’obligation de savoir qui fait quoi », ajoutent nos interlocuteurs.

Le troisième reproche, et non des moindres, a trait à la sécurité des usagers de la route, dont les livreurs de Glovo eux-mêmes.

Les autorités de Nouaceur ont relevé que les livreurs de l’entreprise espagnole roulaient parfois sans casque, empruntaient, illégalement, des tronçons autoroutiers et des sens interdits à une vitesse excessive.

Il y a près de deux mois, des éléments de la Gendarmerie royale de Nouaceur ont encadré des sessions de formation-sensibilisation aux livreurs au siège central de Glovo. Mais, la situation n’a pas changé.

« L’entreprise a été sommée de réserver des points de rassemblement pour ses livreurs et de payer des redevances aux communes au lieu d’encombrer les entrées des restaurants et les rues », affirment nos sources. Là-dessus aussi, Glovo a fait des promesses non tenues, précisent nos sources.

Un énième grief a trait à « l’absence de toute forme d’encadrement » et de supervision des livreurs qui se trouvent « livrés à eux-mêmes, lâchés dans la nature ». « Comme c’est la règle pour les agents de sécurité, par exemple, l’entreprise a été appelée à se doter de superviseurs pour encadrer le travail de ses équipes. » Aucune initiative concrète jusque-là, assurent nos sources.

… et du fiscal

Les autorités de Nouaceur reprochent aussi à Glovo de ne justifier d’aucune autorisation de la part des communes de la province pour exercer sur leur territoire. Comme l’exige la législation, cette autorisation est nécessaire pour l’exercice de toute activité commerciale.

Le corollaire d’une telle autorisation est le versement d’impôts aux communes concernées. « Aujourd’hui et depuis toujours, Glovo ne verse pas un seul centime à des communes dont les clients font le bonheur de l’entreprise comme Dar Bouazza et Bouskoura », précisent nos sources.

La décision de suspension de ses activités ne sera levée qu’une fois qu’elle aura réuni toutes les conditions demandées par les autorités.

https://medias24.com/2025/10/04/glovo-de-retour-a-dar-bouazza-bouskoura-et-nouaceur/

https://medias24.com/2025/07/24/glovo-signe-un-accord-avec-le-conseil-de-la-concurrence-pour-clore-le-dossier/

Un week-end politique particulièrement mouvementé

Un week-end électrique sur la scène politique marocaine. Les passes d’armes se sont multipliées entre plusieurs hommes politiques représentant l’opposition et la majorité, sur fond d’échanges d’accusations tous azimuts.

À Nador, le RNI a dépêché Lahcen Saâdi, chef de file de l’organisation des jeunes du parti et secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’économie sociale et solidaire, pour défendre la majorité et son bilan, mais surtout pour répliquer à plusieurs leaders de l’opposition.

Lahcen Saâdi tire sur tout ce qui bouge

Samedi dernier, Lahcen Saâdi présidait à Nador une rencontre de communication de la jeunesse du RNI, sur le thème « La jeunesse de l’Oriental et l’État social : une adhésion responsable et une vision optimiste », en présence d’Anis Birou, autre membre dirigeant du parti.

Après avoir, dans un exposé, fait le tour des réalisations du gouvernement en matière de chantiers de la santé, de couverture sociale et d’amélioration de la situation des enseignants, Lahcen Saâdi a visé deux composantes de l’opposition : le PPS et le PJD en la personne de leurs dirigeants respectifs.

Il a reproché au secrétaire général du PPS, Nabil Benbadallah, de s’être rendu dans la région d’Aït Bouguemez, théâtre de protestations sociales ces derniers jours.

Le jeune dirigeant du RNI critique le dirigeant du PPS et lui reproche de « surfer sur des revendications sociales ». Il l’accuse de « dresser la population contre le gouvernement ». Il dénonce ce qu’il a qualifié de « dégradation du discours politique » et a appelé à immuniser le discours politique contre « le négativisme de bas niveau ».

Dans son intervention, Lahcen Saâdi n’a pas épargné Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD. Il l’a accusé d’avoir porté atteinte à l’institution de la chefferie du gouvernement avec ses sorties médiatiques qu’il juge indignes d’un homme politique qui a dirigé le gouvernement. Saâdi a notamment pointé les propos controversés de Abdelilah Benkirane à l’encontre des jeunes Marocaines qui veulent poursuivre leurs études au lieu de se marier, les qualifiant de « cigognes ».

Le chef de file de la jeunesse RNI a également critiqué ce qu’il appelle le « double langage » du PJD, citant les propos de Abdellah Bouanou concernant le polisario.

Dans de récentes déclarations, le président du groupement parlementaire du PJD avait qualifié les séparatistes de « frères égarés » s’élevant, par la même occasion, contre les appels à classer le polisario comme organisation terroriste.

Des « positions douteuses », poursuit le dirigeant RNI qui a appelé les acteurs politiques à clarifier « leurs allégeances ».

Les ripostes de Benabdallah et de Benkirane

Invité sur le plateau du média CapTV, le secrétaire général du PPS a repris sa charge contre le gouvernement Akhannouch, le qualifiant d’ »absent politiquement et sur le plan de la communication ». Il a défendu son déplacement à Aït Bouguemez en affirmant que faire de la politique, c’était aussi écouter les doléances de la société.

Nabil Benabdallah a affirmé que son parti était conscient du travail fait par l’actuel gouvernement sur plusieurs fronts. Cependant, la répartition des bienfaits des efforts fournis n’a pas été égale pour tous les Marocains.

En revanche, le chef de file du PPS s’est encore une fois élevé contre ce qu’il qualifie de « diabolisation des gens qui ont des revendications légitimes », faisant allusion à la dernière séance des questions orales au chef de l’exécutif à la Chambre des représentants.

« Le chef du gouvernement se croit sur une autoroute où il n’y a personne », affirme Nabil Benabdallah.

Abdelilah Benkirane a délégué au site officiel du PJD de répondre à Lahcen Saâdi.

« Accuser l’opposition de surfer sur les protestations n’est autre qu’une tentative désespérée d’inverser les rôles. Les partis qui ont été au pouvoir auparavant, et à leur tête le PJD, avaient hérité d’une crise financière étouffante, mais ils ont fait face à la crise avec courage et des décisions difficiles (…) sans tourner le dos aux revendications du peuple et sans réprimer ses libertés. Par contre, il paraît que le RNI n’a rien d’autre aujourd’hui qu’un discours offensif et creux où il ressasse des réalisations sans réel impact dans la rue et dompte les chiffres pour convaincre les Marocains d’une réalité qu’ils ne ressentent pas », lit-on sur la vitrine officielle du PJD, en milieu de soirée du dimanche 20 juillet.

« Saâdi, en attaquant le PJD et le PPS, fuit la véritable question : qu’a fait l’actuel gouvernement avec tous les moyens et les programmes qu’il a promis ? Qu’est-ce qui a été réalisé effectivement de l’État social si ce ne sont des campagnes de marketing politique et médiatique ? », s’interroge le parti de Benkirane.

Dans la même journée du dimanche 21 juillet, Abdelilah Benkirane a lancé une pique à l’un de ses autres rivaux politiques. Il a tout simplement demandé à Abdellatif Ouahbi de présenter sa démission, et ce, en relation avec les fuites de documents qui ont rendu publique une donation faite par le ministre de la Justice à sa femme.

Modernisation du transport par bus : la répartition du financement par région et par ville (Infographies)

11 milliards de DH (MMDH). C’est l’enveloppe budgétaire qui sera mobilisée durant la période 2025-2029 pour le financement du programme de modernisation du transport urbain par bus, qui bénéficiera à 37 villes.

Ce budget sera financé par les douze régions du pays, à hauteur de 3,66 MMDH, ainsi que par le ministère de l’Intérieur, à hauteur de 7,3 MMDH.

2,8 MMDH pour la région de Casablanca-Settat

Ce programme repose sur une convention-cadre qui devrait être conclue entre le ministère de l’Intérieur, le ministère de l’Économie ainsi que les douze régions du Royaume. Son objectif est d’améliorer durablement l’offre et la qualité du transport urbain entre les communes, à travers un nouveau modèle de contrat de gestion déléguée, élaboré par le ministère de l’Intérieur.

Consultée par Médias24, cette convention fixe les conditions et les modalités de financement de ce programme d’investissement, par région, et par ville.

La région de Casablanca-Settat bénéficiera de la plus grande enveloppe budgétaire, d’un montant de 2,8 MMDH, dont 1,8 MMDH financés par le ministère de l’Intérieur et 933,02 millions de dirhams (MDH) par la région.

Cet investissement bénéficiera à cinq villes au total d’ici 2028, notamment Benslimane, Sidi Bennour et Settat d’ici fin 2025, El Jadida (2027) et Casablanca (2028).

Ci-dessous la répartition du financement par ville :

1,5 MMDH pour la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima

La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima bénéficiera pour sa part d’une enveloppe budgétaire de 1,48 MMDH, dont 987,42 MDH financés par l’Intérieur et 493,71 MDH par la région.

Les villes bénéficiaires sont celles de Tanger, Tétouan et Larache, d’ici fin 2025. Notons que les appels d’offres concernant cette région sont en cours.

Ci-dessous la répartition du financement par ville :

1,37 MMDH pour la région de Marrakech-Safi

Dans la région de Marrakech-Safi, ce sont trois villes qui bénéficieront de ce programme, à savoir Marrakech et Essaouira d’ici fin 2025, ainsi que Safi, d’ici fin 2027.

L’investissement prévu dans cette région s’élève à 1,38 MMDH, financé à hauteur de 916,11 MDH par l’Intérieur et 458,06 MDH par la région.

Ci-dessous la répartition du financement par ville :

> Lire aussi : Transport urbain. Plus de 800 nouveaux bus pour Marrakech et Agadir

1,2 MMDH pour la région de Fès-Meknès

Quatre villes, dans la région de Fès-Meknès, seront dotées de nouveaux bus pour 1,2 MMDH. Cet investissement sera financé par l’Intérieur, à hauteur de 802,80 MDH, et par la région elle-même, à hauteur de 401,40 MDH.

Les villes concernées sont celles de Fès et Taounate, qui bénéficieront de ce programme d’ici fin 2025, Meknès (2026) et Taza (2027).

Ci-dessous la répartition du financement par ville :

1,13 MMDH pour la région de l’Oriental

À l’Oriental, ce programme vise six villes au total, pour un investissement qui s’élève à 1,127 MMDH. Son financement sera réparti comme suit : 751,66 MDH par l’Intérieur et 375,83 MDH par la région.

Les villes bénéficiaires sont les suivantes : Taourirt et Guercif d’ici fin 2025, Oujda, Berkane et Nador d’ici fin 2026 et Jerada d’ici fin 2027.

Ci-dessous la répartition du financement par ville :

1 MMDH pour la région de Souss-Massa

Un total de 1,09 MMDH sera mobilisé pour doter la région de Souss-Massa de nouveaux bus modernes. Dans le détail, les villes bénéficiaires de ce programme d’ici fin 2025, sont au nombre de trois. Il s’agit d’Agadir, de Taroudant et de Tiznit.

Cet investissement sera financé à hauteur de 727,42 MDH par l’Intérieur, contre 363,71 MDH par la région.

Ci-dessous la répartition du financement par ville :

Plus de 747 MDH pour Beni Mellal-Khénifra

Dans la région de Beni-Mellal Khénifra, cinq villes sont concernées par ce programme de modernisation du transport urbain par bus, pour un montant d’investissement total qui s’élève à 747,3 MDH.

Il s’agit de Fquih Bensaleh et Khenifra, qui seront dotées de nouveaux bus d’ici 2025, de Beni Mellal et Khouribga (2026), ainsi que de Oued Zem (2026).

Cet investissement sera financé à hauteur de 498,20 MDH pour l’Intérieur, contre 249,10 MDH par la région.

Ci-dessous la répartition du financement par ville :

Plus de 450 MDH pour les régions de Draâ-Tafilalet et Guelmim-Oued Noun

La région de Draâ-Tafilalet bénéficiera pour sa part d’un investissement total de 280,93 MDH, financé à hauteur de 187,29 MDH par l’Intérieur, contre 93,64 MDH par la région.

Ce programme bénéficiera à trois villes dans la région, notamment Errachidia (2025), Tinghir (2026) et Ouarzazate (2028).

Quant à la région de Guelmim-Oued Noun, seuls deux régions bénéficieront de ce programme d’ici fin 2025, à savoir Guelmim et Sidi Bennour.

L’investissement qui sera alloué à la modernisation du service du transport par bus dans cette région s’élève à 169,73 MDH, répartis comme suit : 113,15 MDH financés par l’Intérieur et 56,58 MDH par la région.

Plus de 714 MDH pour trois autres régions

Par ailleurs, un investissement de :

411,61 MDH seront mobilisés pour la région de Rabat-Salé-Kénitra, pour doter la ville de Rabat de nouveaux bus d’ici fin 2028. Cet investissement sera financé comme suit : 274,41 MDH par l’Intérieur et 137,20 MDH par la région.

173,25 MDH seront alloués à la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, pour moderniser ce service à la ville de Laâyoune d’ici fin 2028. Cet investissement sera financé à hauteur de 115,50 MDH par l’Intérieur contre 57,75 MDH par la région.

129,53 MDH pour la région de Dakhla-Oued Eddahab, pour doter la ville de Dakhla de nouveaux bus d’ici fin 2025. Cet investissement sera financé par le ministère de l’Intérieur, à hauteur de 86,35 MDH, ainsi que par la région, à hauteur de 43,18 MDH.

Rappelons que cette convention-cadre couvre :

Les autorités délégantes bénéficieront, durant les trois premières années, d’une assistance à la maîtrise d’ouvrage pour garantir la bonne exécution des projets. Cet accompagnement comprendra également des actions de formation au profit des autorités locales ainsi que des sociétés de développement local, lorsque celles-ci existent.

Marrakech : des voix réagissent aux déclarations de la maire F.Z El Mansouri qui y répond

Le 9 juillet, nous publiions une interview de Fatima Ezzahra El Mansouri en sa qualité de maire de Marrakech. Pour rappel, Mme El Mansouri en est à son deuxième mandat, le premier ayant couvert la période 2009-2015 avant de céder la place au PJDiste Larbi Belcaid (2015-2021).

Celle qui est en même temps membre de la direction tripartite du PAM et ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville défend son bilan de presque quatre années à la présidence du conseil de la ville de Marrakech.

Chiffres à l’appui, elle a évoqué « les grands chantiers menés à bien » dans la première destination touristique du Royaume. Les propos de la présidente du Conseil régional de Marrakech n’ont pas été accueillis favorablement par une partie de l’opinion publique marrakchie, que ce soit sur les réseaux sociaux ou via des réactions adressées directement à la rédaction de Médias24.

Nous leur donnons naturellement la parole dans le cadre du débat.

Les critiques et observations relevées

Nombreux sont ceux qui n’ont pas souhaité exprimer publiquement leur opposition à Mme Mansouri. Pêle-mêle, ils lui reprochent de « s’approprier la réussite de chantiers initiés sur directives royales ou menés à bien par des départements ministériels », « qu’en dehors des quartiers chics, la ville ocre est invivable, infestée de chiens errants », que « la chaussée est impraticable »…

Il y a même une lettre ouverte portée par des « Marrakchis », qui a été diffusée sur WhatsApp avec le hashtag : #MarrakechEnDanger : « Lettre ouverte en réponse à Madame la Maire : on a modernisé Marrakech ?!? Ah bon ?!? ».

On peut y lire que ces derniers estiment que « les rues sont sales, la circulation est chaotique, il y a un plan de circulation illogique, il n’y a que trop peu ou pas d’espaces verts, on ne comprend rien au « plan de développement urbain ». Seuls quelques axes principaux ont eu droit à des rénovations ».

« Et pour aggraver la situation, les motos sont devenues un véritable fléau ! Il est temps de prendre des mesures pour réguler leur circulation et garantir la sécurité de tous les usagers de la route. Rejoignez-nous pour exiger des autorités locales et nationales, élues et désignées, qu’elles prennent des mesures concrètes pour améliorer la qualité de vie des habitants de Marrakech et ses visiteurs ».

« Nous voulons et avons droit à :
– des rues propres et bien entretenues ;
– ⁠un plan de circulation fluide et efficace ;
– ⁠un développement urbain cohérent et durable.
– ⁠préserver le patrimoine et le charme unique de Marrakech
– ⁠des voies spéciales pour les deux-roues,
– développer pour réduire les risques d’accidents et améliorer la sécurité routière ».

Imane Rmili, célèbre figure du secteur de la restauration dont elle préside la fédération professionnelle, a également réagi sur sa page LinkedIn. Nous reproduisons sa lettre ci-dessous telle qu’elle a été publiée.

L’un des rares critiques de la gestion de Fatim Ezzahra El Mansouri à avoir accepté de se prononcer à visage découvert est Moulay Abdellah Alaoui, célèbre artiste photographe connu à Marrakech pour son militantisme au sein de plusieurs ONG pour la préservation du patrimoine immatériel.

« Il n’y a pas que ma réaction, il y a aussi celle de tous les Marrakchis qui ont des observations de ce qu’ils vivent au jour le jour dans notre cité. On dirait que Mme la Présidente parle de Casablanca, Tanger ou Agadir et non de Marrakech », déclare M. Alaoui à Médias24.

« N’avez-vous pas fait attention à la disparition des vélos en libre-service installés pendant la COP22 ? », s’interroge, non sans ironie, l’acteur associatif.

« Nous formons le parti de Marrakech »

Nous avons essayé d’avoir un son de cloche de la part des membres du conseil de la ville, notamment les élus de l’opposition, habilités à évaluer le mandat de Mme El Mansouri. Peine perdue et motus et bouche cousue.

« Désolé, je suis en voyage », s’excuse, de manière expéditive, Abdeslam Sigouri, élu sous les couleurs du PJD. Nous tentons le même exercice avec, entre autres, Younes Benslimane (passé du PJD au RNI) et n’obtenons aucune réponse. Idem avec Abderrahim Tak Tak (MP), kif kif avec Abdelmajid Demnati (Istiqlal) et même chose avec Lahcen Hbibou (USFP).

Finalement, c’est Khalid El Fataoui, célèbre membre du barreau de Marrakech et vétéran des élus de cette ville avec, au compteur, des mandats étalés sur plus de trois décennies.

Siégeant au conseil de la ville sous la bannière de l’USFP, Dr El Fataoui explique que, « au sein du conseil, il y a une unanimité autour de la réussite des grands chantiers initiés sous l’actuel conseil de la région ».

Et d’ajouter, « le secret est qu’il y a une cohésion au sein du conseil où tout un chacun apporte sa pierre à l’édifice : les élus, les ingénieurs, les chefs de services, les cadres », poursuit l’élu socialiste qui appelle à ne pas trop faire de cas de « ceux qui critiquent pour déconstruire, car il y en aura toujours ».

Et l’opposition dans tout cela ? « Moi qui suis élu de l’USFP, je vous le dis clairement : au sein du conseil, nous formons le Parti de Marrakech, car c’est notre ville qui passe en premier », répond Khalid El Fataoui.

La réponse de F.Z El Mansouri

En début d’après-midi de ce samedi 12 juillet, la maire de Marrakech a choisi les mêmes canaux (RS) pour répondre à Imane Rmili. Une réponse qui n’a pas encore été postée, mais dont nous nous sommes procuré l’intégralité.  La teneur du texte a été confirmée par Mme Mansouri. Nous le reproduisons en intégralité ci-dessous :

«  »Marrakech l’inspirante » »

« J’ai récemment lu dans la presse et sur les réseaux sociaux une lettre ouverte dont l’autrice qualifie Marrakech de « ville délaissée ». J’ai donc souhaité lui répondre par le même canal qu’elle a choisi pour s’exprimer.

« Madame,
« J’ai lu votre lettre ouverte. J’aurais préféré, avant sa publication, que vous fassiez une véritable tournée de terrain à Marrakech — votre ville et la mienne — si votre emploi du temps le permettait, afin de prendre connaissance de près du bilan concret de trois années d’action collective, un bilan de réalisations documentées par des chiffres, des photos et des données précises.

« Et en dehors de toute considération politique, comme vous l’avez vous-même souligné, j’aurais aimé, Madame, que vous preniez votre voiture pour circuler sur l’avenue Abdelkrim Khattabi, ainsi que sur les avenues Khamassa, Chouhada, Yarmouk, Mohammed V, Agdal, Al Adala et la route de Fès ; que vous passiez par la place Jemaa El Fna et la médina, que vous visitiez la bibliothèque municipale, le chantier du Théâtre royal, l’Espace Pôle Citoyen, le parc de Moulay El Hassan, la forêt sportive ; que vous observiez les efforts entrepris pour l’aménagement de la zone industrielle, la création de deux trémies à Sidi Ghanem et Massira, deux parkings à El Harti et Arsat El Maach, ainsi que le projet de renouvellement du mobilier urbain, la réhabilitation du quartier de Guéliz, et l’aménagement des avenues Moulay Abdellah et Allal El Fassi.

« J’aurais souhaité, Madame, que vous constatiez l’évolution significative et positive entre le Marrakech de l’été 2021 et celui d’aujourd’hui, notamment en ce qui concerne les espaces verts, dont la forme a évolué et l’entretien s’est amélioré, irrigués désormais par des eaux usées traitées, dans le cadre d’un projet environnemental responsable et exemplaire.

« J’aurais également aimé que vous visitiez les terrains de proximité disséminés dans différents quartiers de la ville, que vous passiez par les complexes multiservices, les parcs sportifs, les piscines d’été et les piscines couvertes réparties sur les cinq arrondissements ; que vous vous arrêtiez au parc Targa, que vous observiez les lieux de sortie des familles, et que vous vous promeniez un soir dans les rues de Marrakech pour voir le grand nombre de familles, d’amis et de groupes qui sortent en toute sécurité, dans une ambiance agréable et joyeuse, pour fuir la chaleur estivale et profiter d’espaces publics propres et soignés.

« J’aurais aimé que vous évoquiez les projets environnementaux :

« Et vous, en tant que présidente d’une association représentant les restaurateurs touristiques, j’aurais souhaité que votre lettre soit un message de soutien au tourisme, puisque les retombées positives bénéficient en premier lieu aux restaurateurs que vous représentez ou avec lesquels vous travaillez — hôteliers, bazaristes, transporteurs, guides touristiques — que je remercie au passage pour leur engagement positif dans cette dynamique, ainsi que l’ensemble des habitants de la ville œuvrant dans le secteur du tourisme et de l’artisanat, très nombreux.

« J’aurais aimé que votre lettre soit un message de gratitude envers les forces de sécurité qui vous permettent, à vous comme à tous, de vous promener en toute sûreté la nuit ; une reconnaissance envers les professionnels du terrain, dans la diversité de leurs fonctions, pour les services rendus, la satisfaction des besoins et des demandes multiples ; et aussi un message d’encouragement à destination de la jeunesse de la ville, qui a besoin d’espoir, non de découragement.

« Madame,
« Marrakech est une ville inspirante et créative, elle ne peut jamais être qualifiée de ville délaissée. Certes, ce n’est pas une ville parfaite, mais on ne peut ignorer l’ampleur de son développement au cours des dernières années. L’objectivité impose de reconnaître les avancées comme de signaler les insuffisances.

« Nul n’ignore aujourd’hui la position éminente qu’occupe Marrakech, sa capacité à attirer des millions de touristes et de nuitées en 2024, atteignant un « record historique ». Si elle était réellement une ville négligée, comme vous l’affirmez, elle n’aurait pas pu obtenir de tels résultats, ni figurer en tête des classements des destinations touristiques mondiales, africaines et moyen-orientales en 2023 et 2024.

« Je vous invite, comme j’invite toute personne sincèrement soucieuse de l’avenir de cette ville, à consulter le bilan de l’action communale, publié et disponible, en toute transparence, avec chiffres et images à l’appui.

« Enfin, j’adresse un appel à tous ceux qui portent un réel attachement à Marrakech, et qui ont des remarques ou des critiques constructives : qu’ils s’adressent directement au conseil communal de Marrakech. Ses portes sont ouvertes au dialogue, à l’écoute et à la prise en compte de tous les avis, en dehors de toute logique d’accusation ou de délégitimation que vous avez évoquée.

Avec tout mon respect,
Fatim Ezzahra El Mansouri
Fille de Marrakech (Puissions-nous partager l’amour de cette ville au-delà des considérations électorales) ».

Opposition : le point de non-retour entre l’USFP et le PPS ?

Le 15 mai dernier, l’opposition enterrait pour de bon une initiative de présentation commune d’une motion de censure contre le gouvernement Akhannouch à la Chambre des représentants. L’Union socialiste des forces populaires (USFP), à la tête de cette initiative, a annoncé qu’elle n’était plus partie prenante. Du coup, il était devenu impossible de réunir les signatures de 20% des députés, soit celles de 79 élus sur 395. Le MP, le PPS et le PJD n’en totalisent que 59. L’USFP en compte 35.

Quelques jours plus tard, Abdelilah Benkirane convoque une conférence de presse à Rabat pour accabler l’USFP et l’accuser d’avoir scellé un accord avec le RNI.

Le PPS, qui avait joué le rôle de médiateur entre les composantes de l’opposition, s’abstint de tout commentaire officiel, regrettant toutefois que le projet de motion de censure ait avorté. Mais voilà qu’un nouveau « départ de feu » est signalé, cette fois-ci entre l’USFP et le PPS, et au sommet même des deux formations politiques alliées de longue date.

Pour Driss Lachguar, l’opposition, c’est du passé

Un échange d’une violence verbale inouïe a lieu actuellement entre les deux formations de gauche. Le 25 juin, Driss Lachguar est l’invité de l’émission Avec Ramdani sur 2M et, pendant de longues minutes (à partir de la 14ᵉ minute), il attaque le PPS, son allié de toujours, concernant l’échec du projet de motion de censure. Un projet qui a été sur la table durant dix-huit mois, précise-t-il.

Le chef de file des socialistes a accusé le PPS de « flirter avec certaines parties au sein de la majorité » et lui a reproché ses « liens louches avec le PJD ».

« La réelle volonté a été de nous déposséder de cette initiative », a accusé Driss Lachguar, pour qui la place du PPS est au sein de la gauche et non aux côtés du PJD. Il va encore plus loin en décrétant la fin de l’opposition et de toute éventuelle future collaboration entre les deux formations.

« Nous n’allons pas participer aux élections pour revenir dans l’opposition », a tranché le premier secrétaire de l’USFP, scellant ainsi la rupture avec un allié traditionnel. Autrement dit, il ne saurait y avoir à moyen terme de coordination entre les deux partis à l’occasion des prochaines échéances électorales, sachant que le PPS et l’USFP avaient commencé par poser les bases d’une action commune, qui s’est finalement avérée sans lendemain.

« S’il nous cherche, il nous trouvera »

La réponse du PPS et de son secrétaire général n’a pas tardé. Le dimanche 6 juillet, Nabil Benabdallah présidait une nouvelle réunion du comité central de son parti. S’adressant directement à Driss Lachguar (minute 16:10), il a sévèrement critiqué l’attitude de ce dernier. « S’il nous cherche, il nous trouvera et me trouvera moi en particulier », a déclaré Nabil Benabdallah au sujet des dernières sorties du chef de file de l’USFP.

« Nous espérions une accalmie et une possible reprise de nos relations, mais Driss Lachguar est allé trop loin, et nous ne pouvions garder le silence », commente un membre de la direction du PPS dans une déclaration à Médias24.

« Vous avez vu comment notre parti a fourni tous les efforts possibles pour rapprocher les points de vue [de l’opposition, ndlr] et faire aboutir la motion de censure. Sur le principe, nous avions estimé que l’initiative était plus importante que celui qui la consignerait en son nom. Malheureusement, elle a été avortée pour des raisons futiles, pour des calculs secondaires et de forme. Et peut-être pour d’autres considérations où nous ne sommes pas partie prenante », lit-on dans le communiqué final du comité central du PPS.

« Cet échec a donné une piètre image de notre scène politique et renseigne aussi sur la maturité de certaines composantes de l’opposition », lit-on dans le même communiqué qui porte la griffe de Nabil Benabdallah.

Conclusion : l’USFP et le PJD ont rompu les ponts depuis longtemps, l’USFP et le PPS viennent de se déclarer une guerre sans merci, le MP cherche des alliances en dehors du Parlement. Cela donne une opposition aux rangs dispersés (c’est un euphémisme). Au bonheur de la majorité qui bénéficie déjà d’une supériorité numérique écrasante. Au bonheur du gouvernement, cela va de soi.

Traducteurs assermentés : ce qui va changer avec le projet de loi 52-23

La loi 50-00 encadrant l’activité des traducteurs assermentés est en vigueur depuis près d’un quart de siècle et il était temps de la réviser, comme l’avait promis Abdellatif Ouahbi, qui estime nécessaire une telle réforme qui entre dans le cadre général de la réforme du système judiciaire.

Adopté en Conseil de gouvernement le 29 mai, le projet de loi 52-23 est dans le circuit législatif depuis le mardi 1ᵉʳ juillet. Abdellatif Ouahbi l’a présenté devant les membres de la Commission de la justice et de la législation à la Chambre des représentants. Décliné en 161 articles, voici les grandes lignes de ce projet de loi, consulté par Médias24.

Exit l’association, place à l’instance nationale

Une fois ce projet de loi adopté et promulgué, on ne pourra plus parler de « traducteurs agréés près les tribunaux », mais de « traducteurs assermentés ». La nouvelle réforme baisse également l’âge d’accès à la profession de 25 à 23 ans et élargit le cercle des personnes éligibles à de nouveaux profils, dont les titulaires d’un master, d’un master spécialisé, voire les professeurs universitaires de traduction à condition qu’ils soient à la retraite ou qu’ils démissionnent de leur fonction initiale.

L’autre grande nouveauté apportée par ce projet de loi est la disparition de l’Association des traducteurs agréés près les juridictions (ATAJ) pour céder la place à un cadre organisationnel plus évolué et doté de la personnalité morale : une instance nationale à l’image de l’Ordre national des notaires.

Cette instance sera l’interlocuteur des autorités publiques, et y adhérer est obligatoire. Le législateur a réuni les conditions d’efficacité et surtout d’indépendance financière pour cette instance, renouvelée tous les quatre ans. Outre les aides publiques, financières ou en nature, tout traducteur assermenté est obligé d’y adhérer. Cette adhésion implique obligatoirement de passer à la caisse pour régler une cotisation annuelle, mais aussi chaque fois qu’un traducteur assermenté change d’ordre régional.

Formation et protection juridique

En vertu des dispositions de ce projet de loi, les traducteurs assermentés auront un établissement de formation dédié, le reste des démarches devant être arrêté par le ministère de la Justice par voie réglementaire. Cette formation sera dispensée en trois mois, suivie d’un stage de neuf mois puis d’un examen. Si le candidat échoue, il doit repasser un stage dont la durée n’excède pas six mois, puis repasser l’examen. De même, le projet de loi insiste sur la formation continue, et tout traducteur assermenté est obligé de la suivre car s’y soustraire équivaudrait à une faute professionnelle méritant sanction.

Pour ce qui est de la protection juridique des traducteurs assermentés, le législateur leur octroie désormais la protection réservée aux fonctionnaires publics. Lors de l’exercice de leur métier, ils ne pourront être inquiétés (perquisitions, enquêtes…) sans la présence des représentants de leur instance nationale, qui se charge aussi de leur défense lors des conseils disciplinaires, sachant qu’elle a elle-même les pouvoirs d’imposer la discipline et de sanctionner. Le législateur prévoit aussi d’autres mécanismes légaux pour protéger la profession contre les usurpateurs.

Le rôle des traducteurs assermentés est crucial dans la justice. Parmi les missions qui leur sont dévolues, ils devront être présents lors des audiences impliquant un justiciable qui ne parle pas la langue arabe.

L’association qui les regroupe, ATAJ, a été fondée en octobre 2002. La liste des traducteurs agréés près des juridictions est publiée chaque année par le ministère de la Justice avec leurs coordonnées. Et surtout les juridictions d’appel auxquelles ils sont rattachés.

Dans la liste de 2024, on découvre ainsi qu’à travers tout le Maroc, on ne dispose que d’un seul traducteur en langue hébraïque et d’un seul en langue russe. Les deux sont basés à Casablanca…

Benkirane et l’Iran, Bouanou et le polisario… Quand le PJD perd le nord !

Depuis plusieurs semaines, Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD, sillonne le Royaume pour présider les congrès régionaux de son parti. Pour animer ces meetings, il a trouvé un nouveau cheval de bataille électoral : la cause palestinienne et la guerre à Gaza.

Comme s’il avait l’exclusivité de la défense de la cause palestinienne dans un pays où le Roi préside le Comité Al Qods, le chef de file du PJD va jusqu’à verser dans l’insulte contre ceux des Marocains qui sont d’un avis légèrement ou totalement différent du sien. Il n’hésite pas à puiser dans le lexique animalier et risque de l’épuiser s’il continue sur sa lancée : aux dernières nouvelles, soit le dimanche 29 juin, il a utilisé le terme « insectes ».

Sorties inédites

Après Gaza et la cause palestinienne, la guerre entre Israël et l’Iran a donné lieu à de nouvelles et inédites sorties du secrétaire général du PJD. Abdelilah Benkirane apporte son soutien total et sans ambages à Téhéran, malgré le froid qui traverse les relations entre le Maroc et l’Iran depuis plusieurs années.

Son raisonnement ? Quand il s’agit de divergences bilatérales entre le Maroc et l’Iran, Abdelilah Benkirane est du côté de son pays. Quand c’est un conflit qui oppose l’Iran à Israël, il est à 500% pro-Téhéran.

« Nous ne pouvons que nous ranger aux côtés de l’Iran face à la colonisation », a-t-il répété lors du congrès régional de son parti à Casablanca, le 29 juin.

Cette nouvelle idylle avec l’Iran lui a même valu un énième surnom sur les réseaux : « Ben Iran » (le fils de l’Iran). « Je suis Ben Iran et j’en suis fier », a-t-il répondu à ses détracteurs.

Les accointances entre l’Iran, son proxy le Hezbollah et le polisario contre la vraie première cause nationale du Maroc et des Marocains ? Abdelilah Benkirane préfère ne pas en parler, éventuellement de peur de voir son « raisonnement » prendre l’eau de toutes parts.

Sauf que les faits sont têtus. Par le biais du Hezbollah, l’Iran a apporté son soutien au polisario, un soutien qui ne s’est pas arrêté aux mots de circonstance, mais a consisté en une aide militaire, logistique et de formation.

Les séparatistes du polisario, des « frères » ?

Un autre responsable de premier plan a manqué lui aussi une précieuse occasion de se taire. Le 29 juin à Errachidia, chef-lieu de la région Drâa-Tafilalet, Abdellah Bouanou, membre de la direction, député de Meknès, ex-maire de la même ville et chef du groupement parlementaire, a déclaré que les séparatistes du polisario étaient « nos frères », des « Marocains égarés ».

Il a de ce fait affirmé refuser de voir cette bande classée organisation terroriste, une option que ne défendent pas uniquement les Marocains, mais aussi plusieurs responsables politiques et influents think tanks à l’étranger. Que propose Abdellah Bouanou ? Que le polisario se saborde et que ses dirigeants rallient le Maroc pour aider à faire aboutir le plan d’autonomie.

Quelques heures avant cette sortie du responsable PJDiste, les « frères » du Polisario avaient tiré des projectiles vers la ville marocaine de Smara dans un acte qui n’a qu’une seule qualification : du terrorisme. Et qui sait ? Peut-être que ces projectiles proviennent de l’Iran et ont été acheminés par le Hezbollah au sud de l’Algérie…

https://medias24.com/2025/05/02/le-1er-mai-du-pjd-discours-choquant-de-abdelilah-benkirane/

Conventions collectives. A peine une centaine de conventions en 20 ans, pourquoi si peu ?

Depuis l’entrée en vigueur du Code du travail, la convention collective a été utilisée comme moyen de parvenir à une paix sociale à moyen terme en associant tous les partenaires : patrons, salariés et autorités publiques.

Selon les termes de l’article 104 dudit code, il s’agit d’ »un contrat collectif réglant les relations de travail, conclu par écrit entre une ou plusieurs organisations syndicales de salariés les plus représentatives et un ou plusieurs employeurs ou leurs organisations professionnelles ».

Ce cadre contractuel permet aux parties prenantes d’adapter les conditions de travail aux spécificités de chaque secteur ou entreprise, complétant ainsi les prescriptions générales du code. Les conventions collectives jouent un rôle essentiel dans le système socio-économique, notamment l’adaptation des règles générales du code aux spécificités de chaque activité.

Elles consolident la paix sociale en réglementant les salaires, les heures de travail et les mécanismes de résolution des conflits, réduisant ainsi les grèves et leur coût. Elles renforcent également la gouvernance sociale et accroissent la compétitivité des entreprises, car il s’agit d’un indicateur positif de la stabilité du climat des affaires.

Tout le monde y trouve son compte. Le salarié jouit de tous ses droits, avec généralement une meilleure situation que ce que lui garantit le Code du travail. L’investisseur national ou étranger, quant à lui, n’a pas peur de se retrouver, du jour au lendemain, avec un piquet de grève devant son entreprise et un arrêt d’activité qui pourrait lui être fatal.

Cela soulage aussi l’autorité de tutelle (le département du Travail et ses inspections, par exemple) puisque des mécanismes internes de résolution des litiges sont prévus par les conventions collectives.

Très faible niveau d’adhésion

De sources sûres auprès du secrétariat d’État en charge du Travail, Médias24 a pu se procurer des statistiques actualisées sur les conventions collectives. Le nombre de celles signées de 2004 à ce jour est de 101. Très peu quand on sait, par exemple, qu’un pays comme la France en comptait plus de 650 en 2020.

Cette évolution très lente au Maroc est d’autant plus frappante quand on note qu’une seule et unique convention collective avait été signée en 2004, deux en 2005 (Somaca et Samir), une seule encore en 2006. Selon nos sources, le rythme s’était accéléré la décennie suivante : trois conventions signées en 2014, huit en 2015, puis onze en 2017 et treize en 2019.

Mais, ces chiffres ne doivent pas biaiser notre lecture de la réalité. En 2012 par exemple, seulement 16 conventions étaient encore en vigueur. Explications : signées généralement pour couvrir une période de trois ans renouvelable, la majorité des conventions ne sont pas reconduites.

« Si le nombre d’accords a doublé lors de la dernière décennie, la généralisation de ce mécanisme reste subordonnée à la simplification des critères de représentation syndicale et à l’incitation des PME à s’engager dans le dialogue social », commente une source au secrétariat d’État en charge du Travail.

« Il ne faut pas qu’on se voile la face. L’action syndicale a été et est toujours combattue au sein des entreprises. Les salariés craignent toujours de constituer un bureau syndical et de se retrouver à la rue en guise de représailles, sans parler des autres formes de rétorsion du patronat », commente un ancien dirigeant syndical.

Un autre élément vient corroborer en quelque sorte les propos de notre interlocuteur : l’adhésion des Marocains aux syndicats (comme d’ailleurs aux partis politiques) reste très faible. Selon le haut-commissariat au Plan, dans son étude sur les Indicateurs sociaux en 2023, le taux d’adhésion des salariés aux syndicats est de 4,7% au niveau national. Ce taux atteint 5,9% en milieu urbain.

Or, sans un syndicat représentatif des salariés en entreprise, il ne saurait être question de négociation et donc de convention collective.

Hicham Sabiry pour secouer le cocotier

La donne change cependant cette année. Depuis sa nomination au secrétariat d’État en charge du Travail, Hicham Sabiry (PAM) a mené des tractations avec des partenaires sociaux pour arriver à faire aboutir 13 conventions collectives lors du premier semestre 2025. Le dernier accord en date remonte au mardi 24 juin avec la signature de la convention collective entre Safran Nacelles Morocco et la Confédération démocratique du travail (CDT).

Selon nos sources, la majorité des 13 conventions collectives signées cette année concernent essentiellement l’industrie alimentaire, le transport et la logistique, et impliquent plus de 3.000 salariés dont ceux de grands groupes comme Zine Capital Invest.

Y aurait-il alors une « recette Sabiry » pour réussir une telle prouesse ? « C’est trop dire. L’homme a déclaré dès sa prise de fonction que la convention collective serait au centre de la stratégie de son département et il tient parole tout simplement en y consacrant l’effort nécessaire », nous répond une source proche du responsable gouvernemental. Mais encore ?

« Sabiry est un habile médiateur qui écoute et qui est à l’écoute des partenaires sociaux. L’aboutissement de chaque convention collective est pour lui une sorte de consécration personnelle », ajoute notre source.

De sources sûres, on apprend que cette nouvelle dynamique se poursuit. Ainsi, des tractations sont actuellement en cours avec les opérateurs du secteur de l’agroalimentaire à travers leurs corporations.

Ce qui est sûr, c’est que des conventions collectives seront signées en septembre prochain avec le secteur du textile. « Les négociations avec l’AMITH sont à un stade très avancé », affirment nos sources sans préciser qui seront les entités concernées. « Ce sera à l’AMITH d’en établir la liste, mais nous considérons que plusieurs conventions sont déjà acquises ».

Coopération sécuritaire. Signature d’un plan d’action conjoint entre les polices marocaine et française

Un communiqué du pôle DGSN-DGST indique que ce plan, signé à l’occasion de la réception par Abdellatif Hammouchi de Louis Laugier, accompagné de l’ambassadeur de France à Rabat et d’une importante délégation sécuritaire comprenant plusieurs directeurs des directions centrales de la police française, « établit une feuille de route commune pour la lutte contre la criminalité transnationale organisée dans les deux pays frères« .

Le communiqué indique que cette réception s’inscrit dans le cadre de la visite du directeur général de la Police nationale française au Royaume du Maroc, visant à consolider la coopération sécuritaire et à renforcer les mécanismes d’entraide dans divers domaines de la coopération policière bilatérale.

La même source ajoute que l’importance de ce plan conjoint réside dans sa capacité à institutionnaliser les mécanismes de coopération distingués qui existent depuis des décennies entre les services de sécurité marocains et français.

Il favorise également le développement et l’élargissement de cette coopération, notamment la possibilité de créer des groupes de travail conjoints pour relever les différents défis liés à la criminalité organisée, dont la traque des fugitifs et des personnes recherchées au niveau international.

Ce plan conjoint ouvre également des perspectives prometteuses de coopération sécuritaire et d’entraide entre les services de police du Royaume du Maroc et de la République française, en cohérence avec les relations distinguées entre les deux pays amis et en constituant la pierre angulaire d’un partenariat stratégique durable dans les domaines de la formation, de l’échange d’informations, de l’assistance technique et de la coopération opérationnelle.

À cet égard, Louis Laugier a exprimé sa profonde gratitude pour le rôle joué par les services du pôle DGSN-DGST dans le soutien apporté à la sécurité française dans la lutte contre la menace terroriste, dans la poursuite et l’arrestation de plusieurs individus recherchés par la justice française dans des affaires de criminalité organisée, et dans la sécurisation des Jeux olympiques de Paris.

Il a également exprimé la volonté et la disponibilité de la France à apporter tout le soutien possible à la police marocaine pour la mise en œuvre des protocoles de sécurité et de sûreté lors des futurs événements sportifs internationaux au Maroc.

Hammouchi décoré de la Légion d’honneur, au grade d’officier

Parallèlement aux séances de travail entre les deux parties, l’ambassadeur de France à Rabat, Christophe Lecourtier, a remis la médaille et le certificat de la Légion d’honneur, au grade d’officier, décernés par les autorités françaises à Abdellatif Hammouchi, conformément aux cérémonies et formalités requises par la procédure d’attribution des hautes décorations de la République française.

Christophe Lecourtier remettant la médaille de la Légion d’honneur, grade officier, à Abdellatif Hammouchi.

La partie française a souligné que l’attribution de la plus haute distinction française à Abdellatif Hammouchi constitue une reconnaissance et une confirmation du rôle pionnier joué par les services de sécurité nationale du Royaume du Maroc dans les efforts internationaux de lutte contre le terrorisme et le crime organisé. Elle témoigne également de l’efficacité de l’assistance mutuelle en matière de sécurité entre les deux pays, qui soutient et sert les enjeux de sécurité communs.

Le directeur général de la Sûreté nationale et de la surveillance du territoire a eu des entretiens approfondis avec son homologue français, axés sur l’évaluation du niveau de coopération bilatérale en matière de sécurité, l’examen de diverses questions d’intérêt commun et l’étude de nouveaux mécanismes visant à renforcer l’assistance mutuelle entre les deux parties afin de garantir le plus haut niveau de préparation pour neutraliser les différents risques et menaces sécuritaires.

Le communiqué conclut que la visite de Louis Laugier témoigne de l’importance et du niveau de coopération entre les services de sécurité nationale du Royaume du Maroc et la Police nationale française. Elle traduit également la volonté des deux parties de renforcer l’assistance mutuelle et la coopération opérationnelle afin d’atteindre le plus haut niveau de préparation pour lutter contre les différentes menaces et risques qui menacent la sécurité des deux pays.

Rabat. Au Conseil de la ville, retour à la case « hostilités » entre opposition et majorité 

La guerre « au sommet » entre les partis politiques en prévision des élections de 2026 n’épargne pas les conseils élus, et Rabat n’échappe pas à la règle.

Après l’épisode des démolitions de plusieurs habitations pour utilité publique validées par le Conseil de la ville, présidé par Fatiha El Moudni (RNI), et la polémique qui s’en est ensuivie, une affaire, actuellement en phase de traitement par la justice, vient ranimer les divergences entre majorité et opposition.

La semaine dernière, trois responsables du Conseil de la ville ont été incarcérés à la suite d’une enquête de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) en relation avec la délivrance indue de diverses autorisations, de violations des règles de l’urbanisme et de dysfonctionnements dans la gestion des ressources humaines de cette collectivité territoriale.

La guerre des communiqués

Concernant ces arrestations, un élu du Conseil de la ville confirme à Médias24 qu’elles ont bien eu lieu la semaine dernière et qu’il s’agit du directeur général des Services, du responsable de la Division de l’urbanisme et du responsable du Service économique. Tous entretiennent de solides relations avec des élus de la majorité, le RNI et le PAM essentiellement.

Médias24 a essayé à maintes reprises d’obtenir un commentaire de la maire de la capitale. Mais Fatiha El Moudni n’a pas donné suite à nos sollicitations et relances. « Elle trouve beaucoup de gêne à évoquer le sujet des arrestations. Mais elle a raison de garder le silence puisque cette affaire est traitée par la justice et en est à ses débuts », explique une source au Conseil de la ville.

De toutes les manières, cette nouvelle affaire a été du pain bénit pour l’opposition, surtout pour les élus de la Fédération de la gauche démocratique (FGD). Ils s’en sont emparés pour critiquer le manque de transparence dans la gestion des affaires de la capitale, revendiquant que le tout soit révélé au public.

Une fois n’est pas coutume, la majorité de Fatiha El Moundi (RNI, MP, UC, PAM et PI) répond par un communiqué commun pour dénoncer les élus de la FGD, disons pour l’ensemble de leur « œuvre ». Le communiqué accuse les élus de cette formation de « graves dérives » dans le langage utilisé dans leurs sorties médiatiques ou participations aux réunions du conseil. Pour la majorité, ces élus n’ont jamais contribué au travail de cette collectivité territoriale par une implication effective dans l’élaboration de programmes ou d’alternatives de développement.

Au contraire. Selon la majorité, leur seul souci est de « semer la zizanie et de créer des crises ». La majorité va jusqu’à accuser les élus de la FGD de recourir aux services de médias étrangers hostiles au Maroc pour ternir l’image des projets de développement que connaît la capitale.

Les élus du PJD, principaux animateurs de l’opposition aux côtés de la FGD, ont diffusé un communiqué où ils demandent à la maire de Rabat de dévoiler les dessous de l’arrestation des trois responsables pour rassurer la population quant à la bonne marche des services de la commune et préserver les intérêts des habitants de la capitale.

Un scénario Rhlalou bis ?

Dans certains cercles de Rabat, on formule la crainte d’un scénario similaire à la crise qui avait été provoquée autour d’Asmaa Rhlalou (RNI). La prédécesseure de Fatiha El Moudni s’était retrouvée complètement isolée, s’étant mis à dos majorité et opposition. Poussée vers la sortie, elle avait fini par remettre sa démission.

« Nous ne sommes pas dans le même scénario et malgré quelques divergences, ce qui est tout à fait normal, Fatiha El Moudni jouit de la confiance des membres de sa majorité », explique une source en interne.

Notre interlocuteur explique que, actuellement, la maire de Rabat est en train de mettre de l’ordre dans son administration. Cela a trait principalement à la réaffectation des délégations de signature entre membres élus et chefs de service.

Au Conseil de la ville de Rabat, le RNI est la première force politique avec 23 élus sur un total de 80. Le PJD et la FGD y sont représentés, respectivement par 8 et 4 élus.