Entretien. « Les femmes doivent déconstruire les stéréotypes » (Amal Idrissi)

Ce mardi 8 mars 2022, l’Observatoire dirigé par Amal Idrissi a publié la première étude exhaustive sur l’entrepreneuriat féminin et les femmes dirigeantes au Maroc.

Médias24 : Commençons par votre parcours professionnel. Comment êtes-vous arrivée à la tête de l’Observatoire marocain de la très petite, petite et moyenne entreprise (OMTPME) ?

Amal Idrissi : Avant d’être nommée directrice exécutive de l’Observatoire, j’ai été responsable du département des statistiques et de l’information décisionnelle à Bank Al-Maghrib, en charge de la production de statistiques et d’outils d’aide à la décision.

Avant cela, j’ai occupé le poste de responsable du département intelligence économique et data mining (exploration de données, ndlr) au sein d’IBM à Paris. J’ai débuté ma carrière en tant que consultante et ingénieure de recherche et développement à l’European Center of Applied Mathematics (Centre européen de mathématiques appliquées) d’IBM Europe, dédié à la recherche en data science. Dans ce cadre, j’ai publié des travaux de recherche dans plusieurs revues spécialisées, regroupant des méthodes et des algorithmes qui ont été intégrés aux logiciels de data mining d’IBM.

En parallèle, j’ai enseigné les mathématiques, les statistiques et les probabilités dans des universités et grandes écoles d’ingénieurs parisiennes. Je suis titulaire d’un doctorat en mathématiques-statistiques de l’Université Paris VI, d’un DEA de probabilités et statistiques de Paris VI, et d’un diplôme d’ingénieur en mathématiques appliquées et modélisation de Polytech Lyon.

– Les méthodes de l’Observatoire sont celles de la data science, la science des données. Pouvez-vous nous en expliquer le principe ?

– La data science est un terme utilisé généralement pour désigner des méthodes apparentées à la data analytics, l’apprentissage automatique (machine learning), l’exploration de données (data mining), l’intelligence artificielle (IA), et tout un ensemble de méthodes mathématiques et informatiques. On peut aussi y inclure les méthodes Big data Analytics, qui permettent de traiter de grands ensembles de données structurées et non structurées (issues des images, des fichiers audio, des fichiers vidéo, etc.).

L’informatique est une composante importante dans la data science car les capacités de calcul et de stockage ont explosé ces vingt dernières années, permettant ainsi à des méthodes mathématiques anciennes d’être appliquées pratiquement sans aucune restriction sur la volumétrie traitée, et donc sans se limiter à un échantillon. L’exploitation de données brutes en grand volume grâce à la data science permet de ressortir des informations difficilement observables par analyse directe. Ces techniques rendent ces informations intelligibles, et permettent leur interprétation et la prise de décision.

C’est une manière de valoriser les données, afin de tirer profit de toute l’information sous-jacente. En effet, les utilisations de la data science sont multiples, et son potentiel est énorme. Avec l’explosion du volume des données, c’est devenu un enjeu technologique, économique et organisationnel pour les entreprises.

Ce marché enregistre d’ailleurs une croissance à deux chiffres et, d’après les prévisions, poursuivra dans ce sens. Les utilisations peuvent aller de la médecine pour la prédiction de maladies ou la production d’indicateurs, comme ce fut le cas pour la pandémie de Covid-19, jusqu’aux plateformes de streaming, comme Netflix qui utilise les données de ses utilisateurs pour découvrir des modèles de comportement de visionnage du contenu.

On peut aussi faire de la prédiction de phénomènes comme les comportements d’achat sur des produits spécifiques, l’optimisation de processus comme la détermination d’un prix ou encore l’automatisation de tâches.

– La data science est un domaine encore largement dominé par les hommes. Comment vous êtes-vous imposée en tant que femme ? A quelles difficultés, ou préjugés, avez-vous été confrontée ?

– J’ai eu la possibilité de faire des études dans un domaine pointu où il y a une forte demande de compétences. Je n’ai donc pas été confrontée à des difficultés d’intégration dans le monde du travail : bien au contraire, j’ai eu de nombreuses opportunités dans mon parcours professionnel. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir été entourée par un management qui n’accorde de l’importance qu’à la qualité du travail fourni sans faire de distinction fondée sur le genre.

Cela dit, il y a effectivement un préjugé latent selon lequel les jeunes femmes ne sont pas douées dans les disciplines techniques et scientifiques, en particulier les mathématiques, ce qui fait qu’elles ne sont pas encouragées à poursuivre leurs études dans ces domaines.

Au début de votre carrière, avez-vous relevé, autour de vous, des parcours de femmes dont vous avez pu vous inspirer ?

– A vrai dire, le genre de la personne n’a jamais été pour moi un facteur en termes d’inspiration et de mentorat ; d’autant que, dans mon entourage professionnel actuel ou passé, ce sont plutôt des hommes qui m’ont inspirée. Hors contexte professionnel, il y a bien sûr des femmes qui m’inspirent. Je pense en premier lieu à Marie Curie, première femme à avoir reçu le prix Nobel et, à ce jour, seule femme à en avoir reçu deux (Physique et Chimie). J’ai aussi beaucoup d’admiration pour feue Malika El Fassi, seule femme signataire du Manifeste de l’Indépendance et qui a longtemps œuvré pour la scolarisation des jeunes filles.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes qui visent la réussite professionnelle, de surcroît dans certains milieux encore très masculins ?

– Avoir confiance en soi, s’investir au maximum et être positive. Il faut aussi être une pro de l’organisation, surtout lorsque l’on cumule plusieurs rôles dont celui de mère. Les femmes ont leur place dans l’ensemble des milieux professionnels et doivent déconstruire les stéréotypes existants qui sont, malheureusement, encore ancrés dans nos sociétés.

Pouvez-vous commenter l’étude réalisée par votre Observatoire sur l’entrepreneuriat féminin au Maroc ? Quels en sont les principaux enseignements ?

– Je tiens, tout d’abord, à préciser que l’étude sur l’entrepreneuriat féminin et les femmes dirigeantes au Maroc, dont nous avons publié les premiers résultats à l’occasion du 8 mars, est la première de son genre au Maroc. Elle a été conduite sur une base de données quasi exhaustive qui regroupe 567.041 entreprises personnes morales et physiques actives, en plus de 49.160 auto-entrepreneurs, alors que les autres études menées sur le sujet se basent uniquement sur des échantillons limités et des enquêtes.

Nos chiffres montrent que la part des femmes entrepreneuses et dirigeantes est encore limitée dans notre pays

Qui plus est, la méthode utilisée est innovante car, pour faire face au manque de données sur le genre, dans les bases de données des administrations marocaines, l’Observatoire a développé des algorithmes de prédiction du genre du dirigeant/entrepreneur, à partir du prénom renseigné dans les bases de données reçues de ses partenaires (l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale et la Direction générale des impôts) ; et ce, en utilisant un dictionnaire de prénoms arabes et en effectuant un traitement manuel des prénoms non identifiés ou unisexes. Il s’agit là d’un bel exemple de l’utilisation concrète de la data science, pour une meilleure connaissance du tissu productif, et qui confirme le rôle stratégique de l’Observatoire.

Quant aux principaux enseignements de cette étude, on y constate que la part des femmes entrepreneuses et dirigeantes est encore limitée dans notre pays, à hauteur de 16,2%. Cette part régresse à 15,4% lorsque l’on exclut les auto-entrepreneurs. Nous souhaitons que ces résultats puissent inciter au développement de politiques publiques adaptées, qui insuffleront une nouvelle dynamique en faveur de l’accès des femmes aux organes de gouvernance des entreprises.

https://medias24.com/2022/03/08/tpme-15-des-entreprises-morales-dirigees-par-des-femmes/

TiVi5 Monde, chaîne jeunesse pour l’apprentissage du français chez les plus jeunes (entretien)

La chaîne TiVi5 Monde est disponible au Maghreb et au Moyen-Orient depuis le 28 janvier en HD et SD, 24h/24, 7j/7, en clair et gratuitement sur le satellite Arabsat. Elle propose des programmes ludo-éducatifs pour les 4-13 ans ans à travers des dessins animés, films d’animation et magazines jeunesse, afin de permettre aux enfants de continuer à apprendre le français chez eux. Cette chaîne jeunesse propose également des programmes de vulgarisation de la santé et d’apprentissage de la consommation des médias.

Elle complète l’offre de TV5 Monde déjà présente sur le satellite Arabsat, avec la chaîne généraliste culturelle francophone TV5 Monde Maghreb-Orient et la chaîne thématique « Art de vivre » TV5 Monde Style HD.

Médias24 : Pourquoi avoir lancé cette chaîne dans la région Maghreb-Orient ?

Yves Bigot : Historiquement, on a lancé TiVi5 Monde, chaîne ludo-éducative qui s’adresse à peu près aux 4-13 ans, aux États-Unis en 2012, à la demande des distributeurs américains qui étaient dans une logique de bouquets. Ils voulaient avoir une chaîne thématique, en plus de la chaîne généraliste TV5 Monde États-Unis. On l’a ensuite lancée en Afrique subsaharienne en 2016, car il y avait une forte demande en termes de chaînes jeunesse. Elle a eu un très gros succès alors même que nous n’avions pas de budget marketing ou publicitaire particulier à lui consacrer.

Sur les quatre pays où l’on a comptabilisé son audience – Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun et République démocratique du Congo –, cette chaîne a immédiatement réuni plus de 21 millions de jeunes téléspectateurs ; même si on s’est aperçu qu’en réalité, beaucoup des plus de 14 ans regardaient aussi les dessins animés et les films d’animation. On a souhaité rendre cette chaîne disponible au Maghreb et dans l’ensemble du monde arabe mais, pour des raisons budgétaires, nous n’avons pas pu la lancer en même temps qu’en Afrique subsaharienne. Nous avons donc attendu d’avoir les budgets nécessaires pour le faire et, fort heureusement, c’est arrivé en ce début d’année 2022.

– A quel public s’adresse cette chaîne ?

– Elle s’adresse aux 4-13 ans. Mais ce sont les cibles que l’on imagine… Nous avons des blocs de programmes qui s’adressent tantôt aux 4-5 ans, tantôt aux 6-7 ans, etc. Les enfants savent très bien repérer nos créneaux. Lors de la conférence de presse à l’occasion du lancement de la chaîne au Cameroun, plusieurs journalistes nous avaient dit qu’eux aussi aimaient bien regarder les dessins animés le matin avant d’aller travailler. « Ça nous donne la pêche ! », disaient-ils. Ce jour là, on a compris qu’on allait toucher un public bien au-delà de la cible initiale de la chaîne.

– Cette chaîne comprend un volet pédagogique et éducatif. Pouvez-vous nous l’expliquer ?

– Il y a plusieurs choses à l’intérieur même de ce volet. Du fait que ce que nous diffusons est le meilleur de la création en termes de dessins animés, films d’animation et magazines jeunesse, du fait également des services publics des pays qui nous financent – France Télévisions, Arte France, Radio Canada, Télé-Québec, Radio Télévision Suisse (RTS), Radio-télévision belge de la Communauté française (RTBF) –, il y a naturellement, y compris dans des programmes de divertissement, un aspect éducatif lié à la nature du service public.

On y a ajouté des magazines beaucoup plus clairement éducatifs, notamment un magazine baptisé « Lumni », créé pendant le grand confinement en France, au printemps 2020, et produit par les équipes de France Télévisions et celles du ministère français de l’Éducation nationale, auquel collaborent également les équipes de TV5 Monde dans le cadre de notre mission d’enseignement du français. Il y a tout un aspect pédagogique qui peut être lié à l’apprentissage de la science par exemple et, indirectement, de la langue française à travers des programmes divertissants. Il n’y a pas de programmes spécifiques d’enseignement du français sur cette chaîne-là.

En revanche, nous avons des programmes, « Apprendre le français » et « Enseigner le français » avec TV5 Monde, accessibles gratuitement sur notre site. Ils vont du primo-apprenant, donc les plus jeunes, jusqu’au niveau universitaire, avec notamment des exercices auto-correctifs.

Avec le ministère français de l’Intérieur et la mairie de Paris, nous avons aussi développé un programme d’apprentissage du français pour les migrants. Beaucoup viennent de pays francophones, et lorsqu’ils arrivent en France, ils nous « cherchent » d’une certaine façon. Parmi les services que leur indiquent le ministère de l’Intérieur et la mairie de Paris figure un programme spécifique qui leur permet d’améliorer leur français, et aussi de s’y retrouver dans les arcanes très complexes de l’administration française. Grosso modo, les programmes sont spécifiques à un certain type de public, qui comprend par ailleurs les diplomates.

Nos programmes sont relatifs également à la vulgarisation de la santé. Pendant le confinement en France, nous avons été sollicités par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations unies (ONU) et l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), afin de diffuser des messages adressés aux enfants d’Afrique subsaharienne, à la fois pour leur expliquer que la situation était très sérieuse, pour le leur faire comprendre, et pour diffuser auprès de ce public des tutoriels sur le lavage des mains.

– Les enseignants sont également concernés, puisqu’ils peuvent utiliser les programmes de TiVi5 Monde dans leurs cours…

– Ils ont en effet à leur disposition le programme spécifique « Enseigner le français » – encore une fois, accessible gratuitement via le site de TV5 Monde. Cela fait partie de notre mission ; c’est quelque chose de particulier pour une chaîne de télévision que d’avoir effectivement un service très important entièrement consacré à l’apprentissage et à l’enseignement du français.

– Quels types de programmes proposez-vous pour assurer ce double volet pédagogique et éducatif ?

– Du dessin animé, de l’animation et du magazine. On pédagogise aussi des émissions et des magazines d’information, notamment pour l’apprentissage de la consommation des médias. Les jeunes ayant tendance à s’informer majoritairement sur les réseaux sociaux, il est important de leur donner les outils pour décrypter le vrai du faux dans l’information.

Tous les programmes sont en français. Sur nos chaînes généralistes, ils sont sous-titrés en treize langues, dont l’arabe. Sur notre plateforme TV5 Mondeplus, ils sont sous-titrés en cinq langues, dont l’arabe également. Enfin, sur TiVi5 Monde, tous les programmes sont exclusivement en français, mais sans sous-titres.

– Indépendamment de l’aspect ludo-éducatif dont nous venons de parler, cette chaîne n’est-elle pas aussi un outil au service du soft power de la France ?

– On peut le dire de cette façon. Donc oui pour la langue française au-delà de la France en tant que pays. Disons que c’est un élément d’attractivité du français, surtout pour une population de cette tranche d’âge-là qui absorbe et apprend à une vitesse absolument incroyable. C’est un outil d’influence sympa et qui se suffit à lui-même.

Je tiens tout de même à souligner qu’à TV5 Monde, on conçoit parfaitement notre mission d’enseignement et d’apprentissage du français dans le cadre du plurilinguisme. On est vraiment dans un état d’esprit du XXIe siècle : le français avec et à côté des autres langues. Il ne s’agit pas d’imposer le français « à la place de ». Canada, Suisse, Belgique… On a l’habitude de représenter des pays qui sont eux-mêmes plurilingues.

Quand on vient au Maroc, c’est donc le français à côté de l’arabe. Même chose lorsque l’on est en République démocratique du Congo : c’est le français à côté non seulement de l’anglais, mais aussi du lingala et du swahili. On n’est pas du tout dans une logique impérialiste ni même post-coloniale. On est là simplement pour faire exister le français à côté de l’arabe, de l’anglais, de l’espagnol… C’est notre philosophie depuis toujours, et c’est par ailleurs celle d’Emmanuel Macron. On s’inscrit donc parfaitement dans la « nouvelle » approche qu’a la France de la langue française dans le monde.

Madinaty Smart City : le premier prix attribué à un banc urbain muni de panneaux photovoltaïques

Consacrer le « made in Morocco » et lui donner un coup d’impulsion. C’est l’objectif de la toute première édition du concours d’innovation « Madinaty Smart City », dont la cérémonie de remise des prix s’est déroulée jeudi 4 novembre à Marrakech.

Ce concours était organisé par Lamalif Group, spécialisé dans l’éclairage public et le mobilier urbain, en collaboration avec l’université Cadi Ayyad de Marrakech, l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN), Green Energy Park (GEP), l’université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), l’université internationale de Rabat (UIR), l’École marocaine des sciences de l’ingénieur (EMSI), l’École de paysage et d’architecture de Casablanca (EAC) et le cabinet de conseil Tennaxia, spécialisé dans l’intégration de la responsabilité sociétale des entreprises.

La matinée a été consacrée à la présentation, par 15 jeunes candidats présélectionnés, de huit projets axés sur l’éclairage public et le mobilier urbain. Innovation technologique, design, viabilité et valeur ajoutée… Les membres du jury se sont basés sur des critères stricts pour départager les candidats.

Des lampadaires dotés d’un système d’alimentation éolien

À l’issue de ces présentations, le jury a attribué le premier prix au projet baptisé « Smart Glissa« , conçu par Malak Cherkaoui, Salem Omar, Houda El Boukari et Ilyes Moustaoui. Il s’agit d’un banc urbain intelligent, agencé sous forme de tente marocaine et donnant accès à plusieurs services et fonctionnalités technologiques pour les usagers de l’espace public.

« Ce banc s’inscrit dans la tradition marocaine : un endroit où les gens peuvent se rassembler, se réunir », explique à Médias24 Malak Cherkaoui, étudiante à l’École nationale d’architecture de Marrakech. « Nous avons développé sur ce banc un vélo de sport pour permettre aux usagers de bouger tout en produisant de l’énergie. Mais pas besoin qu’une personne pédale 24h/24, 7j/7 ! L’énergie est principalement produite à partir de panneaux photovoltaïques installés sur le banc », précise-t-elle.

Le second prix a été attribué au projet « Anire », conçu par Moustapha Zeroual, ingénieur d’État spécialisé en intelligence artificielle, et Ayoub Slimane, architecte d’intérieur et designer. Il s’agit d’un projet de candélabre au design novateur doté d’un système d’alimentation éolien.

« C’est un lampadaire 100% smart et innovant, et surtout complètement autonome grâce à l’énergie produite à partir de panneaux solaires et d’éoliennes installées sur le lampadaire. Au Maroc, le soleil et le vent sont des ressources naturelles qui nous permettent de produire naturellement de l’énergie solaire et éolienne, alors autant en profiter ! Nos produits sont également connectés : en cas de panne par exemple, le lampadaire lui-même nous transmet une alerte via une application qui rassemble tout le réseau de lampadaires de la ville où ils seront déployés, sachant que cette application est elle-même reliée à un site qui recoupe toutes les informations qu’elle peut nous fournir. Cette technologie nous permet d’intervenir immédiatement et de réparer sur place le lampadaire », explique Ayoub Slimane à Médias24.

Le design de ce produit s’inspire de motifs qui représentent l’identité et la culture marocaines. « Il peut donc être installé dans toutes les villes du Maroc, peu importent leurs spécificités locales, car il s’accommode parfaitement à l’environnement urbain marocain », assure Ayoub Slimane.

Le jeune architecte d’intérieur tient à assurer que son produit est 100% marocain : le design, la conception, la production. « On peut commencer sa production dès demain : on dispose de tous les outils nécessaires au Maroc ; nul besoin d’importer. »

Des design adaptés à la culture urbaine marocaine

Enfin, le troisième prix a été attribué au projet baptisé « Abribus Adrar« . Signé par Salma Haoudi, cet abribus est un espace d’attente qui « intègre les dernières technologies tout en respectant l’environnement ». Il est en effet conçu en aluminium, « un matériau écologique qui se recycle à l’infini », confie cette jeune architecte à Médias24.

La composante innovation s’illustre par l’intégration de capteurs et d’un écran digital qui permettent d’avertir les usagers des horaires et des retards éventuels. « L’abribus collecte également de la data sur les usagers, notamment l’âge et le sexe, en respectant toutefois les données personnelles ; le but étant d’établir une base de données concernant le profil des usagers des transports », ajoute Salma Haoudi. Cette technologie doit également permettre de collecter des informations sur le flux de passagers pour cibler les heures de pointe et augmenter, si nécessaire, les fréquences de passage des bus.

Comme Ayoub Slimane, Salma Haoudi a jugé « pertinente » la conception d’un abribus adapté à la culture urbaine marocaine. « Avec la mondialisation, les design qui sont mis au point ne ressemblent à aucune culture et c’est dommage ! Les motifs qu’arbore notre abribus sont inspirés de la culture berbère, notamment ceux que l’on voit sur les tapis et les bijoux. Sa forme inclinée rappelle quant à elle l’inclinaison des montagnes de l’Atlas, et sa couleur ocre évoque les constructions berbères. » Son installation a donc toute sa place dans une ville comme Marrakech.

Le premier projet, « Smart Glissa », a reçu une prime d’encouragement de 60.000 DH. Il sera pris en charge et déployé par Lamalif Group. Les deuxième et troisième prix ont été dotés respectivement d’une prime de 30.000 et 15.000 DH.

BTP : une PME marocaine élabore un entrevous durable et entièrement sécurisé pour les ouvriers

C’est une innovation dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. La société Sodibet, une PME familiale qui opère dans l’industrie de la préfabrication de produits en béton au Maroc, a mis au point un nouveau type d’entrevous. Baptisée SodiArch, cette solution se veut « plus légère, plus durable et assurant une sécurité totale sur les chantiers ».

Voilà pour la brève présentation. Mais concrètement, qu’est-ce qu’un entrevous ? « L’entrevous est l’un des composants du plancher préfabriqué. Il s’agit d’un bloc de béton qui sert de coffrage pour le béton que l’on coule sur le chantier. L’ouvrier installe les poutrelles et insère des entrevous entre ces poutrelles pour combler le vide. Il place alors ses aciers et coule une dalle de béton dessus. Une fois que la dalle est coulée et que le béton a pris, le plancher fonctionne parfaitement », explique Amine Maachi-Haddou, directeur général de Sodibet, joint par Médias24.

Mais voilà, dans la solution classique, « une fois que le plancher fonctionne, les entrevous qui ont été placés ne servent plus à rien. C’est là où le bât blesse : on utilise des blocs de béton très lourds, qui consomment une énergie grise considérable et qui ne servent qu’à deux choses : servir de coffrage et assurer la sécurité des ouvriers », poursuit Amine Maachi-Haddou.

Plus de sécurité et moins d’impact environnemental

L’idée, selon cet ingénieur de formation, c’était de pouvoir réaliser deux choses : réduire la masse de ces blocs et faire en sorte que le nouveau produit ait une valeur ajoutée par rapport à l’ancien, avec une contrainte qui est celle de l’adaptabilité. « Autrement dit, il ne fallait pas toucher au process de fabrication de telle sorte à ce qu’il soit adaptable partout dans le monde, que ce soit en Afrique ou en Europe », précise-t-il.

La valeur ajoutée réside dans sa légèreté et sa durabilité par rapport aux entrevous classiques : selon les informations communiquées par l’entreprise, ce produit enregistre 2 kg de moins en moyenne par bloc et émet 1.5 kg de CO2 en moins. Il ne génère pas de débris – « même cassés, les entrevous SodiArch restent utilisables » – et assure une « sécurité totale sur chantier ». Car lorsqu’ils ne sont pas suffisamment résistants, les entrevous peuvent causer des accidents, en l’occurrence un effondrement brutal des ouvriers. Une vidéo de présentation et de démonstration peut permettre de se faire une idée plus concrète du produit.

Sur la soixantaine de prototypes mis au point par l’entreprise, sept ont été sélectionnés. A l’issue d’une étude scientifique réalisée au sein de son laboratoire interne, et qui a fait l’objet d’une publication dans la revue CPI World Wilde, spécialisée dans l’industrie du béton, Amine Maachi-Haddou est parvenu à la conclusion suivante : le produit est parfaitement sûr en termes de sécurité car, même brisé en deux, il ne rompt pas. Autrement dit, il n’y a pas de risque de chute.

« C’est le principe des arches, à l’image des vieux ponts qui sont construits avec de gros blocs de pierre : ces gros blocs n’en forment pas qu’un seul. Ce sont plusieurs blocs qui sont assemblés. C’est le même principe avec l’entrevous que nous avons élaboré : qu’il soit cassé en deux, en trois, en quatre ou en cinq, dès que l’on remet en place le bloc, toute la chaîne de transmission de la masse, du poids, des efforts, se remet en route. Il est donc impossible de chuter avec cet entrevous », explique le chef d’entreprise.

Et de préciser que « lorsqu’une personne marche sur un entrevous, le béton peut travailler de deux manières : soit il est comprimé, soit il est étendu. Le béton résiste parfaitement lorsqu’il est comprimé, lorsque l’on appuie dessus, mais pas lorsque l’on tire dessus. L’idée pour nous, c’était de chercher une forme géométrique qui nous permette de faire en sorte que le béton ne travaille plus qu’en compression, c’est-à-dire seulement en appuyant dessus, sans tirer dessus pour ne pas réduire sa capacité de résistance ».

La crise sanitaire a eu un effet accélérateur

Ce produit s’adresse aux professionnels du bâtiment et des travaux publics. Il peut également être utilisé par des particuliers, explique encore Amine Maachi-Haddou. « Cet entrevous permet de gagner jusqu’à 10 centimètres de hauteur sous plafond. En utilisant un faux plafond, avec une solution classique, il faut laisser au moins entre 12 et 15 cm entre le faux plafond et la dalle afin que l’électricien puisse faire passer ses mains et les fils d’électricité. Désormais, avec cet entrevous-là, deux centimètres suffisent. »

La solution SodiArch, brevetée et certifiée norme marocaine par l’Institut marocain de normalisation (IMANOR), est commercialisée sur le marché depuis cette année. Son concepteur annonce avoir déjà livré 30.000 m² de surface construite. Elle devrait également être commercialisée en Afrique et en Europe.

Amine Maachi-Haddou explique que la pandémie de Covid-19 a eu un effet accélérateur sur le lancement de ce produit. « Le marché du BTP, notamment celui du plancher préfabriqué, est très concurrentiel. Il y a une très forte concurrence déloyale et de l’informel. Les sociétés ont beaucoup de difficultés, je ne vous le cache pas. Le seul moyen de combattre le secteur informel et de susciter l’intérêt des acteurs du BTP, c’est l’innovation. Ce produit nous a permis d’avoir des marchés et des clients que nous n’avions pas auparavant. »

Arab Barometer : en avril, la moitié des Marocains se disaient satisfaits du système de santé

Arab Barometer est un réseau de recherche, non partisan, qui donne un aperçu des attitudes et des valeurs sociales, politiques et économiques des citoyens issus du monde arabe. L’objectif est de mener des sondages d’opinion représentatifs, au niveau national sur des échantillons de populations adultes du monde arabe, depuis 2006 et dans 15 pays.

Voici les principaux éléments qui ressortent de ce rapport :

Sur la pandémie de Covid-19 : Une écrasante majorité de citoyens marocains sont satisfaits de la réponse apportée par le gouvernement à la pandémie de Covid-19. Ainsi, au début de la pandémie, 75% des citoyens ont déclaré que la réponse de leur gouvernement avait été bonne ou très bonne. Alors que le pays luttait contre la deuxième vague, les niveaux de satisfaction sont restés, relativement, inchangés à 73%, mais ont augmenté à 86% dans l’enquête de mars-avril 2021.

Sur la réticence à la vaccination : Les citoyens marocains sont les plus disposés à recevoir le vaccin parmi les citoyens des sept pays de la région MENA sondés. Alors que le pays poursuit son déploiement de la campagne de vaccination, une grande majorité de la population est en effet réceptive au vaccin. En effet, 77% des Marocains se disent disposés, voire très disposés, à recevoir les doses, notamment les femmes (82% contre 71% pour les hommes). La différence d’acceptation du vaccin selon l’âge est, également notable : plus de huit citoyens marocains sur dix de moins de 60 ans ont déclaré qu’ils étaient disposés à recevoir le vaccin, contre 48% chez les plus de 60 ans.

Sur l’économie : Les citoyens marocains ont une vision positive de leur situation économique, malgré les effets de la pandémie. Au printemps 2021, une large majorité d’entre eux ont déclaré que la situation économique actuelle du pays était bonne, voire très bonne (63 %), ce qui représente une légère augmentation par rapport aux 57% recensés en octobre 2020, alors que le pays était en proie à une deuxième vague.

En mars 2021, seulement un tiers des citoyens a déclaré, que la conjoncture économique était le défi, le plus important, auquel le pays est confronté. L’une des raisons de cet optimisme réside, peut-être, dans le fait que près de la moitié des personnes interrogées au Maroc (49%) ont déclaré avoir reçu une forme d’aide d’urgence, plus que dans tout autre pays interrogé, dans le cadre de cette étude. En conséquence, les deux tiers des Marocains interrogés, au printemps 2021, se disent confiants dans la capacité de l’économie marocaine à s’améliorer dans les années à venir.

Sur les services publics : Plus d’un an après le début de la pandémie, environ la moitié (52%) des Marocains se disaient satisfaits ou entièrement satisfaits du système national de santé. En comparaison, un peu moins de la moitié (45%) se disaient satisfaits de leur système éducatif national.

Sur le genre : La pandémie de Covid-19 a exacerbé les violences basées sur le genre (VBG). Pendant la deuxième vague, entre juillet et octobre 2020, près de la moitié des Marocaines (47%) ont déclaré que la violence basée sur le genre avait augmenté, pendant la pandémie, contre 35% pour les hommes. Cependant, le pourcentage est tombé à 25% des femmes affirmant que les VBG avaient augmenté, pendant la pandémie au printemps 2021, contre 24% chez les hommes.

Le rapport note que « des barrières structurelles entravent l’intégration des femmes marocaines à la main d’œuvre du pays, plus que les barrières culturelles. Un pourcentage écrasant de femmes disent que le manque d’options de garde d’enfants et les bas salaires sont les principales barrières, à l’entrée sur le marché du travail (72% et 69% respectivement), tandis que 66% déclarent que le manque d’options de transport les empêche de rejoindre le marché du travail ».

Sur les libertés : Alors que la pandémie faisait rage, le Maroc a déployé plusieurs dispositifs d’application de la loi, y compris le volet militaire, pour appliquer les restrictions liées à la pandémie. « En conséquence, poursuit le rapport, des manifestations ont été interdites ou violemment réprimées. Cela pourrait expliquer les neuf points en moins, en termes de perception de la liberté d’expression et de la liberté de la presse d’octobre 2020 à mars 2021. Les perceptions relatives à la liberté de participer à des manifestations pacifiques entre octobre 2020 (-69%) et mars 2021 (-55%) ont également baissé. »

Casablanca : quatre peintres marocaines exposent à l’atelier Ait Zine

Le vernissage aura lieu le jeudi 4 novembre, à partir de 18h30, à la galerie Ambre Art Center.

L’exposition présentera les œuvres de Entissar Gharbi, médecin et hypnothérapeute ; Nadia Ausalah Taroufik, médecin dentiste, Malak Chaoui Arsaoui, assistante commerciale auprès de l’ambassade de Belgique ; et Samia Wardane El Hasnaoui, professeure formatrice au Centre régional des métiers de l’éducation et de la formation (CRMEF).

« L’artiste créateur transforme les formes et les couleurs pour aboutir à une nouvelle expression qui peut être lue et appréciée différemment par celui qui la regarde. La transe est cet état modifié de conscience qui ouvre le champ à l’inconscient et permet de mobiliser nos ressources et de laisser s’exprimer nos sensations les plus profondes. Cet évènement sera organisé pour célébrer l’ouverture du monde après une crise pandémique qui a limité les rassemblements et, fort heureusement, pas l’expression artistique », indique-t-on dans un communiqué.

Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès : ouverture de cours de langue chinoise

Le centre Al-Sun de l’université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, ainsi que l’Institut Confucius de l’université Mohamed V de Rabat, annoncent l’ouverture des inscriptions aux cours de langue chinoise en faveur des étudiants, professeurs et personnel administratif de l’université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès.

Les inscriptions sont ouvertes du 25 au 28 octobre 2021 de 16h à 18h, et le 30 octobre 2021 de 10h à 13h à la Faculté de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire de Fès.

Les frais d’inscription s’élèvent à 400 dirhams/an. Ils incluent les manuels.

OFPPT : lancement du programme de formation d’excellence VET by EHL

Ce programme, tourné vers l’excellence, fait partie du projet de restructuration de l’offre de formation de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), dans les métiers du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration (THR), conformément, à la nouvelle feuille de route pour le développement de la formation professionnelle, présentée devant le roi Mohammed VI le 4 avril 2019.

La directrice générale de l’OFPPT, Loubna Tricha, a indiqué que le programme VET by EHL était ouvert aux techniciens spécialisés et techniciens des filières THR. Il portera sur quatre formations qualifiantes, en l’occurrence l’art culinaire, l’hébergement, le service Food & Beverage et l’administration hôtelière.

Trois niveaux de formation de six mois chacun ont été conçus pour ces curriculums, permettant une formation pratique en entreprise, à raison de 50% du programme horaire. Cette méthode d’apprentissage permettra aux jeunes stagiaires de s’immerger davantage dans la vie professionnelle, tout en mettant en application leurs connaissances et compétences sur le terrain.

Le programme, qui bénéficiera à une première promotion de 140 stagiaires, sera sanctionné par des certificats co-signés OFPPT – VET by EHL, dans les niveaux d’apprenti, d’associé et de spécialiste.

La formation sera dispensée dans deux sites pilotes à Témara et Casablanca, avant de généraliser l’expérience, notamment dans les Cités des métiers et des compétences.

Ce programme, a ajouté la directrice, est pensé et conçu suivant les meilleures pratiques et les standards internationaux dans le domaine du tourisme, afin d’apporter une valeur ajoutée concrète au rehaussement du service client et au soutien de la position du Maroc, en tant que destination touristique de premier choix sur l’échiquier mondial.

En marge de la cérémonie de lancement de ce programme, l’office a procédé à la signature d’une convention-cadre de partenariat avec, notamment, la Confédération nationale du tourisme et la Fédération nationale de l’industrie hôtelière, avec comme objectif l’implication des professionnels du secteur dans la mise en œuvre de ce programme d’excellence.

De même, cinq conventions spécifiques ont été signées entre les directions régionales de Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra et des établissements hôteliers de renom, en vue de favoriser l’insertion professionnelle des lauréats, l’accueil des stagiaires en entreprises et en formation par alternance, ou encore l’évaluation des stagiaires admis dans le cadre du programme.

Covid-19 : le virus s’est durablement installé au sein de la population (experts)

Jusqu’à quand allons-nous devoir composer avec le virus du Covid-19 ? Cette question taraude nombre de citoyens lambda, responsables politiques, personnalités scientifiques, dirigeants d’entreprises, acteurs du monde culturel et artistique – bref, tout le monde.

Une autre nous trotte également dans la tête : allons-nous devoir nous habituer à une alternance entre des phases d’accalmie et de rebond épidémique – les fameuses vagues dont il est question, depuis le début de la pandémie – et par conséquent, vivre dans la crainte que ces accalmies ne soient que d’éphémères périodes de « pauses » avant une nouvelle vague (et son lot de restrictions) ?

Autant le dire tout de suite : la réponse à ces deux questions ne satisfera personne, tout simplement parce qu’aucun scientifique n’est en mesure, pour l’instant, d’apporter des éléments de réponse parfaitement clairs et définitifs. En effet, ces réponses ne sauraient être clivées autour d’un « oui » ou d’un « non ». Au contraire : la nuance – et la prudence – sont de mise, dans les réponses qui peuvent être apportées pour l’heure.

Le virus s’est « durablement » installé dans la population générale

Joint par Médias24, le Dr Kamal Marhoum El Filali, chef du service des maladies infectieuses au CHU Ibn Rochd de Casablanca, se montre humble dans son analyse : « Nous sommes face à une maladie nouvelle que nous ne connaissions pas il y a deux ans. Nous sommes toujours en train d’apprendre. Au tout début de la pandémie, le corps scientifique avait soulevé l’hypothèse, selon laquelle cette maladie disparaîtrait, aussi vite qu’elle est apparue. Cette hypothèse reposait sur ce qui c’était passé en 2002-2003, avec l’épidémie de SRAS – qui était aussi une maladie à coronavirus – et dont la disparition avait été, aussi, rapide que l’apparition. »

« Or, le temps nous a bien montré que cette hypothèse n’est pas plausible : depuis décembre 2019, la situation évolue plutôt en faveur de l’installation, de ce coronavirus dans la population générale. Plus encore, ce virus est changeant, avec des variants qui apparaissent. Dans ce cas, nous privilégions plutôt une hypothèse de persistance du problème ; soit de façon permanente avec une certaine fréquence continue ; soit sous forme de vagues. Et ces vagues, c’est justement ce que nous observons, depuis de longs mois », ajoute le Dr El Filali.

« Honnêtement, oui, je pense que nous allons devoir nous habituer à cette alternance », abonde de son côté le Dr Tayeb Hamdi, médecin, chercheur en politiques et systèmes de santé, également contacté par Médias24. « Ceci dit, la crainte de nouvelles vagues doit nous inciter à prendre les bonnes décisions, c’est-à-dire à maintenir les mesures barrières dans les espaces clos. Il y aura très probablement une nouvelle vague en fin d’année, pendant la période hivernale. C’est en effet la nature d’une épidémie que d’évoluer par vagues. Le relâchement des gestes sanitaires provoque une remontée des cas, suivie d’une baisse, puis à nouveau une remontée des cas pour la même raison, à nouveau suivie d’une baisse, etc. », explique le Dr Hamdi.

Une nouvelle vague n’est effectivement pas à exclure, confirme le Dr El Filali. L’approche de la saison hivernale suppose que les gens vont vivre davantage dans des lieux clos, de surcroît non aérés.

Trois vaccinations, la condition d’une très longue immunité ?

Autre question : une fois entièrement vaccinés, pendant combien de temps sommes-nous considérés comme protégés ? « De nombreuses études affirment, abstraction faite pour les personnes âgées et les personnes présentant des comorbidités, que la protection vaccinale s’étend au-delà de 8 mois, voire une année. Mais elle diminue avec le temps », prévient le Dr Hamdi.

« Une baisse d’anticorps ne signifie pas que nous ne sommes plus du tout protégés : en fait, nous ne connaissons pas exactement le seuil d’anticorps, au-dessus duquel nous sommes protégés et en-dessous duquel nous ne le sommes plus. Le dosage des anticorps est donc un indicateur et pas une preuve en soi. Une baisse d’anticorps pourrait – je dis bien « pourrait », au conditionnel – signifier une baisse de l’efficacité du vaccin et de l’immunité. Mais encore une fois, aucune étude ne soutient qu’après six, sept ou huit mois, les personnes entièrement vaccinées ne sont plus du tout protégées. »

Le Dr Tayeb Hamdi rappelle, également, que « notre corps dispose d’un autre type d’immunité qui le protège, qui est celui de l’immunité cellulaire, à savoir les lymphocytes T ».

« Ceci dit, nous constatons une baisse des anticorps chez les personnes âgées et celles porteuses de maladies chroniques, ce qui laisse penser qu’après un certain temps, l’immunité peut, effectivement, avoir tendance à diminuer. Ce constat ouvre la voie à deux questions : faut-il injecter une troisième dose à tout le monde ? Et après avoir reçu cette troisième dose, pendant combien de temps sommes-nous protégés ? Nous avons tendance à penser qu’un régime standard de trois injections pourrait générer une forte immunité susceptible de durer des années. »

« Le vaccin n’agit pas à 100% sur la transmission »

Le Dr Hamdi se montre prudent : « Nous ne sommes pas à l’abri de l’introduction de nouveaux variants, même avec une couverture vaccinale importante. Certains pays présentent, en effet, une forte couverture vaccinale, mais dans d’autres pays, ce n’est pas du tout le cas. Dans la mesure où les liaisons aériennes ont été rétablies, si un variant apparaît dans un pays à faible couverture vaccinale, il se répandra inévitablement dans les autres pays. Nous ne pouvons pas « enfermer » un virus : la vaccination doit être massive et rapide pour ne pas laisser la possibilité au virus de muter. Or cette vaccination n’est pas massive et rapide, dans tous les pays. »

Pour le Dr Marhoum El Filali, la combinaison des mesures barrières (notamment le port du masque) et de la vaccination doit être maintenue. « Nous savons très bien que la vaccination n’empêche pas la transmission du virus. Elle réduit simplement le nombre de décès et de cas sévères qui nécessitent une réanimation, ainsi que le nombre de cas symptomatiques. Mais au niveau de la muqueuse ORL (nez, gorge), c’est-à-dire là où se multiplie le virus, ce dernier continue à se multiplier, y compris chez les personnes vaccinées. Autrement dit, une personne vaccinée peut être contaminée, porter le virus dans la région OR et le diffuser autour d’elle. Le vaccin n’agit donc pas à 100% sur la transmission, d’où le maintien des gestes barrières. »

Autant dire que le masque a encore de beaux jours devant lui…

Centre monétique interbancaire : le paiement sans contact fortement adopté

L’activité monétique marocaine globale a connu une reprise « remarquable », durant la période des 9 premiers mois 2021, indique le Centre monétique interbancaire (CMI) dans une note. Le volume global de l’activité est en progression significative, par rapport à la même période de l’année 2020, avec une progression de +19,1% du nombre d’opérations à 325,9 millions d’opérations, et de +16,7% du montant global qui ressort à 275 milliards de DH. C’est l’un des principaux constats qui ressortent de cette note.

Ce qui dénote particulièrement dans cette version, c’est l’adoption « progressive mais forte » du paiement sans contact. « On est ainsi passé d’un ratio contactless (sans contact, ndlr) de 9,2% en nombre et de 3,7% en montant durant la période des 9 premiers mois de 2020, à un taux de 32,5% en nombre et de 15,7% en montant, durant la période des 9 premiers mois 2021 », souligne le CMI.

Et d’ajouter : « Le nombre de cartes bancaires émises par les émetteurs marocains a dépassé le seuil de 18 millions de cartes bancaires en circulation, dont presque déjà 10 millions de cartes avec la fonctionnalité du sans contact. »

Joint par Médias24, Ismail Bellali, directeur général adjoint du Centre monétique interbancaire, révèle que « le recours au paiement sans contact, pour les cartes marocaines, a commencé fin décembre, c’est-à-dire avant la pandémie, même s’il était très timide ».

« Les circonstances de la pandémie ont effectivement incité les gens et les commerçants à adopter ce mode de paiement plus rapidement que cela ne l’aurait été en temps normal, sans pandémie. La crise sanitaire a donc eu l’effet d’un accélérateur. Souvent, quand les clients veulent payer dans un magasin, on constate que les commerçants demandent régulièrement si la carte bancaire dispose de ce mode de paiement », ajoute Ismail Bellali.

Selon lui, le sans contact se poursuivra et s’ancrera dans les habitudes de paiement : « On devrait atteindre un taux de 80% à 85% de paiements sans contact, parce que la majorité d’entre eux sont des montants inférieurs aux plafonds mis en place, à savoir 600 DH. On s’attend, donc, à ce que les utilisateurs, adoptent le sans contact pour tous les paiements inférieurs à 600 DH. »

>> L’activité des cartes marocaines

Concernant l’activité des cartes marocaines, les opérations se répartissent d’abord en retrait, à hauteur de 75,4% en part du nombre d’opérations et de 88,9% en part du montant. Les opérations de retrait par cartes marocaines, sur les guichets automatiques au Maroc, ont totalisé, durant la période des 9 premiers mois 2021, 239,1 millions d’opérations pour un montant de 235,1 milliards de DH, en progression de +15,3% en nombre d’opérations et de +15,6% en montant, par rapport à la même période de l’année 2020.

Les opérations de paiements par cartes marocaines, auprès des commerçants et e-marchands affiliés au CMI, ont totalisé, durant la période des 9 premiers mois 2021, 76,5 millions d’opérations pour un montant de 29,1 milliards de DH, en progression de +33,9% en nombre d’opérations et de +27,7% en montant, par rapport à la même période de l’année 2020.

Les paiements par cartes bancaire marocaines se répartissent, en termes de volume, entre les secteurs d’activité suivants : grande distribution (26,7%) ; habillement (11,3%) ; stations (7,7%) ; meubles et articles électroménager (5,8%) ; restaurants (5,8%) ; secteur santé (5,7%) ; autres secteurs (36,9%).

>> L’activité des cartes étrangères

Durant la période des 9 premiers mois 2021 et au Maroc, les cartes étrangères ont, quant à elles, enregistré en paiements et en retraits, 9 millions d’opérations pour un montant de 10,6 milliards de DH avec une progression de +19,2% en nombre d’opérations et de +13,7% en montant.

Les opérations par cartes étrangères au Maroc se répartissent d’abord en retrait, à hauteur de 48,5% en part du nombre d’opérations et 60,6% en part du montant. Les opérations de retrait par cartes étrangères, sur les guichets automatiques au Maroc, ont totalisé, durant la période des 9 premiers mois 2021 : 4,3 millions d’opérations pour un montant de 6,4 milliards de DH, en progression de +23,2% en nombre d’opérations et de +28,0% en montant, par rapport à la même période de l’année 2020.

Elles se répartissent ensuite en paiement, à hauteur de 51,4% en part du nombre d’opérations et 39,2% en part du montant. Les opérations de paiement par cartes étrangères, auprès des commerçants et e-marchands affiliés au CMI, ont totalisé, durant la période des 9 premiers mois 2021, 4,6 millions d’opérations pour un montant de 4,1 milliards de DH, en progression de +16,4% nombre d’opérations et en régression de -1,6% en montant, par rapport à la même période de l’année 2020.

Les paiements par cartes bancaire étrangères se répartissent, en termes de volume, entre les secteurs d’activité suivants : hôtels (29,8%) ; grande distribution (15,2%) ; restaurants (8,8%) ; habillement (5,8%) ; meubles et articles électroménagers (4,4%) ; duty free (4,3%) ; autres secteurs (31,7%).

>> L’activité des commerçants et sites marchands affiliés au CMI

Les commerçants et e-marchands affiliés au CMI ont enregistré, durant la période des 9 premiers mois 2021, 81,1 millions d’opérations de paiement par cartes bancaires marocaines et étrangères, pour un montant global de 33,3 milliards de DH, en progression de +32,8% en nombre d’opérations et de +23,2% en montant, par rapport à la même période de l’année 2020.

Les paiements par cartes bancaire marocaines et étrangères se répartissent, en termes de volume, entre les secteurs d’activité suivants : grande distribution (25,2%) ; habillement (10,6%) ; hôtels (7,2%) ; stations (7,0%) ; restaurants (6,2%) ; meubles et articles électroménagers (5,6%) ; santé (5,4%) ; autres secteurs (32,6%).

Enfin, le CMI note que l’extension du réseau GAB s’est ralentie, avec l’installation de seulement 97 nouveaux GAB durant la période des 9 premiers mois 2021, permettant au réseau d’atteindre 7.831 GAB, soit une extension du réseau des GAB de +1,3%, par rapport au 31/12/2020. Les villes les mieux équipées sont Casablanca (1.539 GAB), Marrakech (652 GAB), Rabat (644 GAB), Tanger (466 GAB), Agadir (412 GAB) et Fès (391 GAB).

La chercheuse Hasnaa Chennaoui récompensée par un prix international

La cérémonie de remise des prix du International Hypatia Award s’est tenue dimanche 17 octobre à Orvieto, en Italie.

Ce prix a notamment pour objectif de célébrer des personnes, femmes ou hommes, dont l’engagement dans leur domaine de recherche, art et métier, a contribué à l’avancement du savoir scientifique et à l’amélioration de la vie ; à faire cesser toute forme de discrimination contre les personnes qui ont réussi dans les domaines précités, aussi bien dans l’environnement du travail ou familial ; et enfin à créer des conditions d’échange et de collaboration entre des institutions de pays dans lesquels la discrimination existe toujours pour tous, et surtout pour les femmes, indique la Fondation Attarik pour les sciences des météorites et de la planétologie dans un communiqué.

Cette 1re édition du International Hypatia Award a primé dix éminentes personnalités de quatre continents, sélectionnées par un comité international. Le Maroc a été représenté à travers le prix décerné au professeur Hasnaa Chennaoui, chercheuse marocaine, professeur à l’université Hassan II de Casablanca et présidente de la Fondation Attarik pour les sciences des météorites et de la planétologie.

« Cette distinction lui est revenue en reconnaissance aux travaux scientifiques développés au Maroc depuis plus de vingt ans pour la promotion de la recherche scientifique, la préservation et la valorisation du patrimoine géologique, notamment celui en météorites », conclut le communiqué.

Une nouvelle étude pointe l’influence des désodorants dans l’apparition des cancers du sein

Dans le cadre d’une étude publiée, en septembre, dans la revue scientifique International Journal of Molecular Sciences et relayée par le journal français Le Monde, des chercheurs suisses ont exposé in vitro des cellules de hamster, y compris des cellules de glandes mammaires, à des sels d’aluminium.

D’après les résultats, le métal pénètre bien dans les cellules et y provoque également une instabilité génomique, résume Le Monde.

« Les recherches menées permettent de montrer que l’aluminium altère l’ADN des cellules, par des modalités équivalentes à celles de substances cancérigènes reconnues et confirment ainsi son potentiel cancérigène », soutient dans un communiqué la Fondation des Grangettes, dont sont issus les chercheurs à l’origine de cette étude. D’autres scientifiques ont également contribué à cette étude, issus du Centre d’oncologie et d’hématologie Hirslanden de la clinique des Grangettes et de l’Université d’Oxford.

Et d’ajouter : « Dans les 24 heures qui suivent, une instabilité génomique apparaît dans ces cellules, sous forme d’une altération dans la structure et le nombre des chromosomes. Les recherches menées permettent de montrer que l’aluminium altère l’ADN des cellules, par des modalités équivalentes à celles de substances cancérigènes reconnues et confirment ainsi son potentiel cancérigène. Ces nouveaux résultats devraient, enfin, convaincre les instances sanitaires à reconnaître, formellement, le risque que l’exposition chronique à l’aluminium représente pour la santé humaine et, à en restreindre l’utilisation, par l’industrie cosmétique. »

« Un panel de désodorants sans sel d’aluminium sur le marché marocain »

« C’est un sujet qui remonte à une dizaine d’années. Il y avait effectivement des suspicions, mais aucun lien de causalité direct incriminant les sels d’aluminium dans l’apparition des cancers du sein. Statistiquement, c’est prouvé : le nombre de femmes utilisant des désodorants, depuis de nombreuses années, n’est pas proportionnel au nombre de cancers du sein. C’est donc une question qui reste ouverte et qui fait régulièrement l’objet d’études scientifiquement », commente Nadia Ismaili, dermatologue et vice-présidente du Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), contactée par Médias24.

Elle ajoute : « Par principe de précaution, de plus en plus de firmes cosmétiques retirent les sels d’aluminium de leurs produits, et, de plus en plus, de femmes optent pour des désodorants sans sel d’aluminium. Mais il faut bien souligner le fait que la carcinogenèse, c’est-à-dire la genèse des cancers dans le corps, est multifactorielle : les facteurs peuvent être d’ordre environnemental et génétique et pas, forcément, liés à la présence de sels d’aluminium dans ces produits cosmétiques. »

Les sels d’aluminium permettent la régulation de la transpiration et, dans une moindre mesure, des odeurs, explique Nadia Ismaili. « Mais ils ne sont pas obligatoires ; on peut faire sans », souligne-t-elle. « Le marché marocain propose un panel de désodorants qui ne contiennent pas de sel d’aluminium, pas de fragrances ajoutées et peu de conservateurs – le nombre de composants reste donc limité, ce qui diminue le risque de développer des allergies.