La Chambre des représentants rejette la résolution européenne sur la migration des mineurs

Un communiqué a été publié suite à cette réunion. Voici son contenu :

 » Le Bureau de la Chambre des Représentants et les Présidents des groupes et le groupement parlementaire tiennent, tout d’abord, à saluer les nombreux eurodéputés, de différents groupes politiques et de différentes nationalités, qui n’ont pas soutenu cette démarche conflictuelle. 

« Le Bureau de la Chambre et les Présidents des groupes et le groupement parlementaire remercient également les instances parlementaires panarabes et panafricaines pour leur solidarité avec le Maroc et leur rejet de l’instrumentalisation du Parlement européen dans une crise bilatérale entre l’Espagne et le Maroc. 

« Le Bureau de la Chambre et les Présidents des groupes et le groupement parlementaire rejettent les nombreuses dispositions inappropriées contenues dans le texte de cette résolution et dénonce ses arrière-pensées. 

« Il est évident qu’il s’agit d’une manœuvre pour détourner l’attention d’une crise politique entre le Maroc et l’Espagne, une tentative vaine d’européaniser une crise bilatérale dont la genèse est connue et dont les responsabilités sont bien définies. 

« La crise maroco-espagnole est liée à l’attitude et aux actes de l’Espagne sur la question du Sahara marocain, cause sacrée de la Nation marocaine, de toutes ses institutions et de ses forces vives. 

« Le Bureau et les Présidents des groupes et le groupement parlementaire regrettent que le Parlement européen soit instrumentalisé par quelques eurodéputés qui font fi du partenariat important entre le Maroc et l’Union européenne et que les instruments de partenariat et les mécanismes d’interaction entre les institutions législatives européennes et marocaines ne se soient pas réunis ni activés.

« Le Bureau de la Chambre des Représentants et les Présidents des groupes et le groupement parlementaire dénoncent le contenu de cette résolution contenant de nombreuses contrevérités. 

« Le Bureau et les Présidents des groupes et le groupement parlementaire soulignent ainsi que le registre du Maroc en matière de lutte contre l’immigration irrégulière est connu et reconnu. Les chiffres sont là pour en attester : depuis 2017, la coopération migratoire a permis l’avortement de plus de 14.000 tentatives de migration irrégulière, le démantèlement de 5.000 réseaux de trafic et l’empêchement d’innombrables tentatives d’assaut. 

« De plus, sur la question des mineurs non accompagnés, le Maroc était à l’avant-garde de cette question avec plusieurs Etats membres de l’Union européenne concernés, en demandant sa résolution dès 2018. Plus récemment, Sa Majesté le Roi Que Dieu l’Assiste, a réitéré ses Hautes Instructions à ce sujet aux Ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères pour le règlement définitif de cette question, sachant que les blocages sont essentiellement dus à la complexité des procédures au niveau des pays européens concernés.

« S’agissant de la référence dans le texte de la résolution à la ville de Sebta, le Bureau de la Chambre des Représentants et les Présidents des groupes et le groupement parlementaire réitèrent le statut juridique de cette ville marocaine occupée. 

« Le Parlement européen se positionne à contre-courant d’une reconnaissance unanime du statut du Maroc et de son rôle dans la coopération migratoire.  

« Aucune agence onusienne (UNICEF, OIM, Haut-commissariat aux Droits de l’Homme…), ni rapporteur indépendant, ne se sont prononcés sur la question des mineurs marocains ou sur une quelconque violation des engagements internationaux du Royaume. 

« Bien au contraire, la Commission européenne et le Service européen pour l’Action extérieure, se sont amplement félicités des décisions prises par les autorités marocaines de procéder au rapatriement des mineurs marocains dûment identifiés.  Ils ont aussi souligné le rôle clé du Maroc dans la coopération migratoire.

« Le Bureau de la Chambre des Représentants et les Présidents des groupes et le groupement parlementaire, tout en dénonçant l’activisme de certains eurodéputés, continueront à travailler avec leurs partenaires européens dans le cadre du respect mutuel et des intérêts supérieurs du Maroc ».

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« On Demand », la technologie au service de la food

La Foodtech regroupe des acteurs qui opèrent dans trois domaines : la technologie, la livraison et la production. Depuis 2016, Genious, à travers sa solution « On Demand » est devenu un full service provider pour le secteur de la Foodtech. « Axée principalement sur une clientèle de restaurateurs, la solution permet la gestion des restaurants et des livreurs, en utilisant des fonctionnalités de food cost, de tracking GPS, de prise de commande, de paiement en ligne et d’outils marketing comme les codes promo ou la promotion via SMS et Push Notifications », explique le startuppeur. La solution est utilisée par des clients comme Koutoubia, Uni Sushi, Tifiee, en plus d’entreprises dans le secteur de la cosmétique ou de la chocolaterie. 

Ensuite, Hamza Aboulfeth a lancé un restaurant connecté, Food On Demand, qui a ouvert ses portes en 2018 à Marrakech et fin 2019 à Casablanca. Cumulant un chiffre d’affaires de 4 millions de DH entre les deux villes, Food On Demand est un restaurant où le parcours client est entièrement dématérialisé. « Nous avons supprimé le menu papier, les clients peuvent ainsi commander depuis leur tablette, choisir la musique, composer leur plat en calculant le nombre de calories et payer sans parler à qui que ce soit », affirme Hamza Aboulfeth. 

Provenant d’un milieu technologique, Hamza Aboulfeth qui reconnaît que le lancement de ses restaurants connectés était challengeant, atteste que sa contribution principale s’inscrit naturellement dans le digital pour améliorer l’expérience client: affiches, site web, marketing digital…

« Aujourd’hui, on maîtrise toute la chaîne », se réjouit-il.  Et de poursuivre : « Nous avons des clients qui ont commandé plus de 700 fois avec à chaque fois une commande différente. On a un menu très varié : sushis, pizza, kebab, burger, wok, pâtes…, avec une offre de qualité à des prix corrects. La livraison de repas génère 80% du chiffre d’affaires». 

Quand Food On Demand s’est lancé en 2016, l’acteur majeur sur le marché était Jumia Food -Hello Food à l’époque-. Glovo a ensuite fait son entrée sur le marché en se munissant « de moyens financiers conséquents, ce qui lui a permis de s’emparer de la plus grosse part de marché et de s’ancrer dans l’esprit du consommateur marocain », fait observer Hamza Aboulfeth. Leur démarche de communication est agressive, « spot publicitaire télévisé, affichage, internet, ils tapent fort partout », ajoute-t-il. 

Dans la Foodtech, tout dépend de la capacité à communiquer

« En 2016, nous avions un service de livraison de sushis en moins de 25 minutes « sushi express ». Sur Casablanca, nous avions dépensé un budget de 15 000 dollars dans la publicité. En 3 mois, nous avons pu recruter 4.000 clients. Quand on a lancé le service de restauration Food On Demand trois ans plus tard sur Casablanca, on a consacré le même budget de communication, ce qui nous a permis de recruter 800 clients », se rappelle-t-il, contrarié. Le startuppeur explique cela par deux facteurs. Un, le client devient immunisé à la communication de la Food en général contrairement à 2016 où rares étaient les restaurateurs qui communiquaient autour de leurs menus. Deux, le développement du digital a fait que la communication sur le digital s’est transformée en enchères. « Ce qui te coûtait 2 DH le clic te coûte aujourd’hui 10 DH le clic ou plus », constate-t-il avant de poursuivre : « Pour vendre, tout dépend de ta capacité à casquer de l’argent dans la communication ». 

Toutefois, la livraison de repas demeure une activité internationalement déficitaire ou à peine positive à cause des marges très réduites. Ce qui peut s’expliquer par un modèle qui ne peut pas faire d’économies d’échelle, du fait que chaque commande est livrée par un livreur et par des coûts de communication très importants pour fidéliser ses clients et en acquérir de nouveaux. 

Les Dark Kitchen, un nouveau modèle qui s’immisce dans la Foodtech

Pour renforcer sa résilience face aux conséquences de la crise sanitaire, le secteur de la Foodtech ne cesse d’innover pour répondre à de nouveaux besoins des consommateurs, notamment ceux relatifs à la livraison, suite à l’obligation des restaurateurs après le confinement de se contenter de la livraison pour respecter les normes de distanciation sociale. Le secteur a vu émerger un nouveau modèle, les Dark Kitchen, qui peut bouleverser le secteur de la restauration. 

Le Dark Kitchen est un nouveau modèle de restaurants 100% livraison, conçu exclusivement pour les commandes par internet. Les menus comprennent un large panel de repas, qui « peut aller du burger au plat raffiné », fait constater notre interlocuteur. Ne prévoyant pas la réception de clients, ces restaurants équipés de cuisines professionnelles et fonctionnelles, « poussent comme des champignons à Casablanca », s’exclame Hamza Aboulfeth. S’il a misé sur ce concept en 2016 pour proposer une solution de Foodtech de bout en bout, il constate aujourd’hui que l’ouverture de nouveaux Dark Kitchen s’accélère de jour en jour. « Ça ressemble au modèle des téléboutiques auxquelles nous avions assisté pendant les année 2000. Quand une tendance fait ses preuves, tout le monde surfe sur sa vague ! », ajoute-t-il. 

Aujourd’hui, une panoplie de restaurateurs qui travaillent dans l’ombre accélèrent leur business, grâce aux différents leviers du digital comme les influenceurs, référencement ou la présentation 2.0 des plats. 

Selon lui, ce nouveau modèle de Foodtech en plein effervescence, est lancé par des entrepreneurs qui saisissent les opportunités de livraison de repas à domicile accélérées par la crise sanitaire. Un modèle qui démontre comment le digital réinvente le futur de la restauration et aiguise l’appétit d’une nouvelle génération d’entrepreneurs, en quête d’opportunités liées au contexte.

Appel au boycott des produits marocains : l’Espagne, l’unique et grand perdant

De nouveau le lobby agricole espagnol monte au créneau et actionne ses réflexes chauvinistes. L’association des producteurs des fruits et légumes d’Alméria n’hésite pas à faire feu de tout bois, en lançant une lettre ouverte aux grandes surfaces espagnoles «leur demandant d’exclure de leurs rayons les produits marocains».   

Regroupant 83 entreprises, le conseil d’administration de ladite corporation ambitionne ainsi de limiter la consommation des fruits et légumes en Espagne à la seule  production locale. Du moins pour ce qui est des produits d’origine marocaine. Et le mouvement est promis à l’escalade si l’on croit les propos du directeur de Coexphal, Luis Miguel Fernández. Ce dernier ayant «exhorté tout le secteur agroalimentaire de suivre le mouvement». Au risque d’être en violation de la légalité internationale, estime un spécialiste.

Pour le moment, le mouvement s’écarte, on ne peut plus clairement, des dispositions de l’accord d’association liant le Maroc à l’Union européenne. En particulier, celles garantissant la libre circulation des marchandises.   

C’est à croire que des opérateurs agricoles n’ont point évolué depuis l’intégration de la péninsule à l’Union européenne, il y a plus de 4 décennies. Avant l’adhésion de l’Espagne à la communauté, le mot d’ordre était «no passara» aux agrumes marocains destinés aux marchés européens alors que les conventions internationales sur le transport terrestre plaidaient le contraire.

Aujourd’hui la donne a beaucoup changé. Les exportations marocaines de fruits et légumes destinées à l’Espagne ou transitant par ce pays sont, pour l’essentiel, constituées de productions issues d’exploitations gérées par des opérateurs espagnols installés au Maroc.

C’est le cas des primeurs, des petits fruits rouges et de certains légumes, produits en exclusivité pour le marché espagnol, (haricot helda, poivrons verts et jaunes…).

Ces opérateurs sont installés dans de nombreuses régions marocaines et bénéficient d’avantages substantiels, parfois plus consistants par rapport à ceux concédés aux opérateurs nationaux. Et, ils sont plusieurs centaines d’entreprises qui s’activent dans le secteur marocain de l’agro-industrie. 

Au nord comme au sud et en passant par la région du Gharb, ils opèrent dans les filières les plus rentables.

Par ailleurs, ces opérateurs font appel, pour leur approvisionnement en intrants et autres équipements agricole au marché espagnol. A tel point que la balance alimentaire maroco-espagnole affiche, par année difficile, un déficit commercial en défaveur du Maroc.

Le même déséquilibre est constaté dans d’autres secteurs comme le tourisme, les services (transport terrestre et maritime) et surtout la pêche.

En lançant l’appel au boycott des produits marocains, l’Association d’Alméria a-t-elle évalué les enjeux pour l’économie espagnole ? A-t-elle aussi pris en considération les intérêts de ses concitoyens installés au Maroc ? Pas sûr… 

Les prix de la pastèque plongent à 1 DH le kilogramme

Les prix de la pastèque vendue au détail sur le marché local sont sur une tendance baissière forte depuis plus de deux semaines. Le prix négocié par la ménagère marocaine pour ce fruit varie désormais entre 1 et 1,50 DH/kg. Un niveau jugé trop bas par les professionnels, même si la période coïncide avec la pleine récolte dans quasiment toutes les régions de production. La même pastèque marocaine est cotée entre 1 et 1,10 euro le kilo sur le marché de Rungis, soit dix fois plus les prix pratiqués sur le marché local. 

Cela dit, même à l’export les prix sont en retrait par rapport à la dernière semaine. La tendance est visiblement généralisée à plusieurs origines, notamment Alméria (Espagne). «Cette semaine, les prix du melon et de la pastèque ont accusé une forte baisse», constate l’organisation agricole l’Asaja-Almeria qui précise que la chute a atteint plus de 30%. 

Comment en-est-on arrivé là ? Premièrement, il y a une baisse de la demande alimentée par une vague «d’information sur les résidus chimiques et l’utilisation de semences OGM»

Un constat que nuancent les professionnels. «Certes, ce fruit noir ou rayée a fait l’objet d’une campagne d’intox, souvent entretenue par la concurrence étrangère, mais toutes les assurances ont été fournies par les autorités de contrôle», tranche l’organisation des semenciers marocains.

Est-ce le détonateur qui déclenché la tendance baissière des prix de la pastèque ?  Ce qui est sûr c’est que le détournement du consommateur de ce fruit hautement rafraîchissant remonte au mois de mai dernier.

Il s’était porté en particulier sur la production de la région de Zagora, réputée pour sa précocité. Les premiers lots de la récolte ayant été négociés à 2 DH/Kg à la deuxième vente sur le marché de gros de Casablanca.

Aujourd’hui, la chute des prix devrait s’accentuer au fur et à mesure de l’avancée des récoltes, notamment dans les grandes régions de production.

Dans la zone sud (Souss-Draâ) la cueillette s’étale de la mi-mai jusqu’à fin juillet.

C’est la région où les superficies mais aussi les rendements enregistrent une croissance soutenue, malgré la rareté de la ressource hydrique. 

Dans l’Oriental, autre région de production de la pastèque, la récolte couvre la période mi-juillet-mi-septembre. Idem pour la région du Gharb.

Ainsi, l’entrée en production simultanée des différentes régions de production explique pour l’essentiel la chute des prix en cette période pré-estivale qui stimule en principe la consommation de la pastèque.  

A l’export, la dynamique n’est pas non plus reluisante, selon des professionnels. Pandémie du Coronavirus oblige, plusieurs marchés extérieurs, notamment européens, accordent la préférence aux produits locaux, en particulier ceux de proximité. C’est une tendance qui se généralise parmi les magasins de grande surface. Les produits en provenance de l’extérieur n’y trouvent place qu’en cas de forte baisse d’approvisionnement ou de pénurie annoncée.

L’eau le grand facteur limitant

La pastèque est considérée comme un fruit trop gourmand en eau. Une étude de l’Agence du bassin hydraulique de Souss-Massa-Draâ menée au niveau de la nappe phréatique de Faija, a révélé un déficit de 5 millions de m3 par an. L’étude a démontré également que l’irrigation de 200 ha de pastèques exige 10 millions de m3 d’eau, soit le volume pour couvrir les besoins de 1.000 ha de palmiers dattiers.  Une situation jugée inacceptable par plusieurs écologistes vu la rareté de la ressource. Cette situation de surexploitation des ressources hydriques à Zagora interpelle aujourd’hui la Stratégie d’aménagement et de développement des oasis.  Cette question a été déjà soulevée par le Conseil économique, social et environnemental  qui a constaté que « la gestion des ressources hydriques met en évidence l’absence de coordination entre le ministère chargé de l’Eau et le Conseil supérieur de l’eau et du climat.

Le HCP confirme une récession économique de 6,3% en 2020

Le HCP vient de publier les comptes nationaux de l’année 2020. Il en ressort une contraction substantielle de 6,3% de l’économie nationale, après avoir connu un taux de croissance de 2,6% en 2019, sous les effets conjugués :

– de la baisse de 8,6% en volume de la valeur ajoutée du secteur agricole (non compris la pêche) après une première baisse de 5,8% en 2019;

– et du repli de 5,8% au lieu de d’une hausse de 3,9% une année plus tôt de la valeur ajoutée des autres secteurs d’activité non agricoles.

Avec une baisse de 7,6% des impôts nets des subventions sur les produits au lieu d’une hausse de 1,9% l’année précédente, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB), hors agriculture, est passé de 3,7% en 2019 à -6% en 2020.

Aux prix courants, le PIB national a connu une baisse de 5,5% en 2020 au lieu d’une hausse de 4% une année passée, dégageant ainsi une baisse du niveau général des prix passant de 1,4% en 2019 à 0,8% en 2020.

Forte baisse de la demande intérieure

La demande intérieure s’est contractée de 6% en 2020 au lieu d’une hausse de 1,7% en 2019, avec une contribution négative à la croissance de 6,5 points au lieu d’une contribution positive de 2 points l’année précédente.

Dans le détail, les dépenses de consommation finale des ménages ont connu une baisse de 4,1% au lieu d’une hausse de 1,9% en 2019 avec une contribution négative à la croissance de 2,3 points au lieu d’une contribution positive de 1,1 point.

De son côté, la consommation finale des administrations publiques a affiché un taux d’accroissement de 1,7% en 2020 au lieu de 4,7% une année auparavant, avec une contribution à la croissance de 0,3 point au lieu de 0,9 point.

Pour sa part, l’investissement brut (formation brute de capital fixe et variation des stocks) a enregistré un net recul de son taux d’accroissement passant de (-0,4%) en 2019 à (-14,2%) en 2020.

Net recul des échanges extérieurs

Au niveau des échanges extérieurs de biens et services en volume, aussi bien les exportations que les importations ont enregistré des fortes baisses durant l’année 2020.

– Les exportations de biens et services ont affiché un net repli de 14,3% au lieu d’une hausse de 6,2% une année auparavant, avec une contribution négative à la croissance de 5,6 points au lieu d’une contribution positive de 2,4 points.

– Les importations de biens et services ont connu une forte baisse de 12,2% au lieu d’une augmentation de 3,4% en 2019, avec une contribution négative à la croissance de 5,8 points au lieu d’une contribution positive de 1,7 point l’année passée

Allégement du besoin de financement

Avec la forte baisse du PIB aux prix courants de 5,5% au lieu d’une hausse de 4% l’année passée, et la hausse de 24,2% des revenus nets reçus du reste du monde au lieu d’une baisse de 3,2%, le revenu national brut disponible a connu une diminution de 5% en 2020 au lieu d’une progression de 4% en 2019 pour se situer à 1.153 milliards de DH.

Au total, compte tenu de la baisse de 2,4% de la consommation finale nationale en valeur au lieu d’une hausse de 3,5% enregistrée une année auparavant, l’épargne nationale a reculé d’un point pour se situer à 26,7% du PIB.

Suite à un niveau d’investissement brut (FBCF et variation de stocks) qui a représenté 28,4% du PIB au lieu de 31,9% une année passée, le besoin de financement de l’économie nationale s’est ainsi allégé passant de 4,1% du PIB en 2019 à 1,8% en 2020.

Carrefour sollicite Label’Vie pour gérer ses magasins « ethniques » en France

Ça sera une première. Aussi bien au Maroc qu’en France. Le groupe Carrefour, leader de la grande distribution dans l’hexagone, veut sous-traiter la gestion de ses magasins situés dans des quartiers ou des banlieues où vit majoritairement une clientèle musulmane au groupe marocain Label Vie, son partenaire au Royaume.

Selon nos sources, le groupe Carrefour a fait récemment une segmentation de ses magasins en France. Et a remarqué que les magasins ethniques (population musulmane notamment) ne sont pas rentables. C’est de là que la décision est venue de confier la gestion de ces grandes surfaces à un acteur qui sait s’y faire, qui connaît les besoins de cette clientèle.

« Il y a des quartiers et des banlieues en France qui ont des spécificités que le groupe Carrefour n’arrive pas à gérer, ou en tout cas à s’y adapter. Des attentes et des habitudes de consommation différentes, qui de plus évoluent au fil de l’année en fonction des fêtes religieuses, le Ramadan, l'Aïd El Kébir et autres occasions et qu’il faut prendre en compte pour mieux servir cette clientèle et rendre ces magasins attractifs », explique une de nos sources françaises.

Carrefour dispose de 5.274 magasins en France : 233 hypermarchés, 1.037 supermarchés, 3.861 magasins de proximité et 143 cash & carry. Nous ne connaissons pas pour l’instant le nombre de magasins objet de ce projet de sous-traitance.

Selon notre source, l’idée a été proposée par le groupe français à son partenaire marocain il y a quelques mois. Et des discussions ont été ouvertes depuis pour étudier la faisabilité de la chose.

« On parle d’un schéma de gestion. Le groupe marocain sera dans ce cas gestionnaire des enseignes que Carrefour veut lui sous-traiter. Les Marocains ont accepté l’idée, mais les deux groupes sont entrés ensuite dans des discussions très techniques, parce qu’une pareille chose nécessite beaucoup de préparation », confie notre source.

« Un projet un peu risqué »

Du côté marocain, un des managers du groupe Label Vie nous confirme l’ouverture de ces discussions avec son partenaire français. Mais nous dit que pour Label Vie, « il ne s’agit pas d’un sujet pour le moment ».

« On vient à peine d’entamer les discussions. Je pense que ce projet ne se réalisera qu’au bout de deux ans au minimum vu toutes les procédures à faire, les négociations préalables avec les salariés, les syndicats, les experts comptables… », confie notre source marocaine.

Pour notre source, ce projet sera une première (un groupe français qui fait appel à son partenaire marocain pour l’aider à rentabiliser des affaires en France, ndlr) et montre surtout la confiance dont jouit Le groupe Label Vie auprès de son partenaire français Carrefour.
Mais selon elle, bien que attractif et assez original, ce projet peut être « une entreprise un petit peu risquée ».

« L’idée que propose notre partenaire français est bonne dans l’absolu. Mais on ne sait pas comment le projet sera accueilli en France. Comment 250 salariés d’un hyper situé en France vont vivre le fait d’être gérés par des Marocains, la réaction des syndicats…Il y a plein de choses à prendre en compte », s’interroge notre source marocaine.

Loin d’être un deal commercial entre deux partenaires –Label Vie étant le porteur de l’enseigne Carrefour au Maroc avec toutes ses déclinaisons– ce sujet pourrait vite se transformer en une grosse polémique politique et sociétale, notamment chez la droite ou même du parti LREM actuellement au pouvoir.

Le fait de séparer des hypermarchés ou des supermarchés selon les ethnies, la religion, risque en effet de renforcer cette idée de « séparatisme » exprimée à plusieurs reprises par le Président Macron, son gouvernement et ses ministres. Et donner du crédit au discours du « grand remplacement » et des « Républiques islamiques en terre de France », porté par l’extrême et certains intellectuels français.

« Il ne s’agit pour l’instant que d’un projet en discussion. Rien n’est fait. On verra à quoi les discussions vont aboutir. Si la gestion déléguée est faisable, on la fera. Sinon, on peut imaginer une sorte de centre technique géré par Label Vie en France pour épauler Carrefour dans la gestion des magasins ciblés. Rien n’est acté pour l’instant », tempère toutefois une de nos sources pour éviter justement que le sujet ne prenne une dimension politique alors que ce projet de « sous-traitance ethnique » n’est même pas encore tranché. 

Les autorités entament l’allègement des restrictions des déplacements inter-villes

Depuis quelques jours, Médias24 a constaté que plusieurs barrages de contrôle des déplacements ont été enlevés, notamment à Casablanca et Rabat.

Ce vendredi matin, les responsables de l’un des arrondissements de Casa-Anfa nous ont appris que les autorisations exceptionnelles ne sont plus nécessaires pour les déplacements inter-villes.

Contactée, une source sure confirme que l’allègement des restrictions de déplacement a été entamée. Elle confirme qu’il y a moins de barrage et que certains arrondissement ne délivrent plus les autorisations exceptionnelles mais que d’autres continuent à le faire.

Elle précise que l’allègement n’est pas encore général ni officiel. « Nous travaillons dessus. Une annonce aura lieu prochainement »

Cette décision, ajoutée aux précédents allègements, ne manquera pas de réjouir les Marocains et les opérateurs touristiques à l’approche de la saison estivale.

Le message de Adil Douiri aux chefs d’entreprises familiales pour accélérer la croissance du Maroc

L’ex-ministre du tourisme et membre de l’Istiqlal s’exprimait lors d’une conférence de presse organisée ce jeudi 3 juin, consacrée à la présentation de l’acquisition par son groupe industriel Mutandis du leader américain de la conserve de poisson haut de gamme Season.

Il a profité de l’annonce de cette opération d’internationalisation, ainsi que de la nature même de son groupe industriel, pour adresser un message aux nombreux chefs d’entreprises familiales marocaines qui, pour se développer font face à une double contrainte : l’accès aux capitaux et la crainte de perdre le contrôle sur leurs boites.

« Pour franchir un nouveau palier de croissance, il faut qu’il y ait de la volonté d’abord, et les moyens de le réaliser ensuite ».

Il leur recommande deux préalables pour lever des capitaux facilement, tout en gardant la main sur la gestion de leurs entreprises : se transformer en société en commandite par actions et s’introduire à la Bourse de Casablanca.

Cette forme juridique permet au chef d’entreprise d’accueillir de nouveaux actionnaires ou de renforcer leur poids tout en restant le gérant statutaire, indéboulonnable, quel que soit son nouveau pourcentage dans le capital.

Adil Douiri donne l’exemple de groupes connus mondialement qui se trouvent dans ce cas de figure : Michelin, Hermès… Sa propre entreprise Mutandis est d’ailleurs une société en commandite par actions qui compte dans son tour de table plusieurs investisseurs de renom.

La deuxième condition est la cotation en bourse pour avoir un accès plus facile aux investisseurs et au marché des capitaux. L’autorité du marché des capitaux a d’ailleurs balisé le terrain pour l’introduction en bourse de cette forme juridique d’entreprise, depuis l’entrée de Mutandis sur le marché.

Pour Adil Douiri, ces deux préalables permettent aux entreprises de grandir sans limite. Elles peuvent ainsi accélérer leur croissance et contribuer à la réussite du nouveau modèle de développement.

Et le développement ne se limite pas à la croissance organique (construire une nouvelle ligne de production) ou aux acquisitions locales (rachat d’autres entreprises nationales). Il peut être international, comme ce que vient de faire son entreprise en rachetant une marque américaine ou d’autres qui l’ont précédée sur les marchés européens ou africains.

Le patron de Mutandis assure que l’internationalisation n’est pas réservée aux seuls grands groupes et qu’elle est réalisable sous certaines conditions. Il donne l’exemple de sa récente acquisition et des étapes à respecter de façon générale :

Mutandis acquiert Season, la marque américaine leader de la conserve de sardines haut de gamme

RAB Food est une entité américaine spécialisée dans les produits alimentaires, affiliée à un fonds d’investissement géré par Bain Capital Credit. La marque Season, créée en 1921, est aujourd’hui le leader dans la vente de conserves de sardines « premium » aux USA, affirme le communiqué diffusé par Mutandis. Cette gamme de produits représente environ 90% du chiffre d’affaires de la société. Les produits sont distribués par les principales chaînes de supermarchés et de warehouse clubs aux États-Unis, notamment par les deux leaders Costco Wholesale Club et Walmart.

Season ne produit pas elle-même les conserves de poisson mais s’approvisionne dans plusieurs pays et en particulier au Maroc, pays leader mondial de la conserve de sardines.

« Les qualités nutritionnelles exceptionnelles de la sardine, ainsi que la tendance croissante en faveur du healthy food and lifestyle, ont permis à la société de bénéficier d’une croissance soutenue d’environ 13% par an entre 2015 et 2019. L’impact de la crise sanitaire du Covid sur le chiffre d’affaires de Season a été positif, accélérant temporairement la croissance au-delà des tendances historiques », précise le communiqué.

Pour l’année fiscale se terminant au 30 juin 2020, Season a réalisé un chiffre d’affaires net de 54,6 millions de dollars US, un Excédent Brut d’Exploitation (EBE) de 8 millions de dollars et un Résultat Net ajusté (au taux plein d’impôt sur les sociétés) de 6,2 millions de dollars. Ainsi, au taux de change actuel, la consolidation de Season dans Mutandis ajoutera, sur une année pleine (6 mois seulement en 2021), environ 480 MDH au chiffre d’affaires du groupe, 60 MDH à son EBE et 45 MDH à son résultat net, desquels il convient de déduire le coût du financement de cette acquisition.

« Au plan stratégique, l’acquisition de la marque Season ouvre à Mutandis, et de façon plus large aux exportateurs marocains de produits alimentaires dans le cadre de futurs partenariats, l’accès aux principales chaînes américaines de distribution. La notoriété et la perception positive par le consommateur de cette marque vieille de 100 ans offrent des perspectives favorables d’élargissement des gammes de produits et de croissance à long terme de la marque », conclut le communiqué.

La réalisation définitive de la transaction demeure soumise aux autorisations administratives d’usage.

Pour rappel, Mutandis est un groupe industriel marocain spécialisé dans les produits de grande consommation des ménages, coté à la bourse de Casablanca. Il possède 7 marques principales, commercialisées pour certaines au Maroc et pour d’autres, en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe ou aux USA : Magix et Maxis’ dans les détergents, Anny, Josiane et Marine dans les conserves de poisson, Marrakech et VitaKid’s dans les jus de fruits.

Agrégation agricole : Deux arrêtés ministériels précisent les procédures 

Les deux textes ont été publiés au Bulletin officiel du 27 mai, publié mardi 1er juin.

Le premier précise les procédures concernant la constitution (diverses pièces relatives à l’identification des agrégés) et le dépôt des dossiers auprès de la Direction régionale d’agriculture de la région concernée. Pour ce qui est du ou des projets de valorisation, il faut s’adresser à la DRA qui regroupe le plus grand nombre d’agrégés. S’ajoute également une fiche technique du projet d’investissement déclinant le montant, les objectifs ainsi que les retombées pour les agrégés. Et dans tous les cas, il sera délivré un reçu.

Le second arrêté dresse un récapitulatif des différentes aides et subventions prévues pour les projets d’agrégation. Elles se présentent sous forme de montants forfaitaires ou en pourcentage des coûts d’investissement dans l’agriculture, l’élevage et l’équipement en matériel économe d’irrigation. 

Introduite par la stratégie agricole, l’agrégation est un modèle d’organisation des agriculteurs autour d’acteurs privés ou d’organisations professionnelles (toute personne physique ou morale de droit public ou privé y compris les coopératives, les associations ou les groupements d’intérêt économique). Ce modèle se base sur un contrat établi entre les agrégateurs détenant des unités de valorisation agro-industrielles et des producteurs à titre individuel ou organisés dans le cadre de coopératives ou de groupements d’intérêt économique (dénommés agrégés).

Dans le cadre de ce contrat, l’agrégateur s’engage notamment à encadrer les agrégés et à acquérir leur production selon des prix convenus de commun accord. De leur part, les producteurs agrégés s’engagent à respecter l’itinéraire technique recommandé par l’agrégateur et à lui livrer leur production.

Ce modèle d’organisation permet notamment aux agro-industriels de sécuriser l’approvisionnement de leurs unités avec une production de qualité garantie et permet aux producteurs agrégés de bénéficier de l’encadrement et des financements nécessaires.

Nouveau modèle de développement : l’intégration du secteur agricole, une urgence

Tout en soulignant les avancées enregistrées en ce qui concerne l’accroissement de la production agricole dans les différentes filières, la Commission spéciale sur le modèle de développement relève les gaps au niveau de la valorisation. Et de recommander l’urgence de «renforcer les objectifs d’intégration des chaînes de valeur agricole, sources de valeur ajoutée locale et de  création d’emplois décents». Cette valorisation passera par le renforcement des synergies entre opérateurs de l’amont et de l’aval, à travers des modèles de développement coopératifs et d’agrégation. 

L’approche, faut-il le rappeler, a été adoptée par le Plan Maroc Vert mais peu de «résultats d’intégration industrielle ont été enregistrés», relève un professionnel qui a requis l’anonymat. Exception faite des cultures à vocation industrielle (plantes sucrières, céréales, olives, oléagineux…), la majeure partie des filières n’a pas opéré sa transformation industrielle.

«Certaines spécialités ont même disparu de la nomenclature des exportations ou se sont fortement repliées», rappelle notre source. C’est le cas du  concentré de tomate, des cornichons, des conserves d’haricot vert ainsi que d’autres préparations à base de fruits et légumes. Et le cas le plus flagrant tient à la valorisation des agrumes. Le Maroc qui compte parmi les grands pays producteurs et exportateurs des oranges importe aujourd’hui l’équivalent de 150.000 tonnes/an de ces fruits sous forme de concentré de jus.  

La Commission recommande également une modernisation des circuits de commercialisation agricole (conditionnement, marchés, plateformes, stockage frigorifique, etc.) au niveau des principaux bassins de production. Sans oublier la poursuite des efforts de promotion et de généralisation des normes de qualité et de sécurité sanitaire. 

Là aussi, des retards sont à déplorer, relèvent de nombreux professionnels. Les réformes touchant les marchés de gros des fruits et légumes, les abattoirs des viandes rouges ainsi que les ateliers avicoles peinent toujours à se mettre en place, est-il souligné. 

La Commission préconise d’œuvrer davantage pour une agriculture à la fois moderne et responsable, sur le plan environnemental et social. L’objectif demeure avant tout la sécurité alimentaire. Ceci, tout en intégrant les exigences de durabilité des ressources et de résilience face au changement climatique. 

A cet effet, différents leviers peuvent être déployés. Il s’agit selon la Commission d’élargir, en premier lieu, l’accès aux procédés d’amélioration des rendements. De favoriser ensuite un usage agricole de l’eau qui tienne compte de sa rareté, en privilégiant les filières essentielles à la souveraineté alimentaire, et en mobilisant les technologies les plus avancées en matière de résilience et d’économie d’eau. Dans ce sens, il convient de rendre transparent et compétitif le coût réel de l’eau pour faciliter ces arbitrages.

Le troisième levier vise le soutien du  développement de l’agriculture familiale, de l’agriculture pluviale et du petit élevage extensif, en veillant à leur intégration dans les circuits de valorisation courts (recommandations relatives au monde rural, axe 4 du rapport).

Le dernier levier concerne la promotion «des outils de financement accessibles et adaptés en faveur des écosystèmes agricoles».

Le grand défi réside toutefois dans la capacité du monde rural à faciliter aux travailleurs et exploitants, l’accès à la protection sociale, aux infrastructures améliorées et à de meilleures conditions de travail.

Enfin, la Commission considère primordial de renforcer la recherche, le développement et l’innovation dans le domaine agricole et agro-industriel. L’accent devra être mis sur les sujets à plus forts enjeux pour l’amont agricole et la sécurité alimentaire.

Le Roi Mohammed VI ordonne la réouverture des mosquées fermées

Cette ouverture se fera progressivement et en coordination avec les autorités sanitaires et administratives. Un calendrier relatif à cette opération sera annoncé ultérieurement.

« Les prières et la prière du vendredi seront accomplies dans toutes les mosquées en conformité avec les précautions nécessaires à la lutte contre la pandémie, particulièrement la distanciation sociale et le port des masques. Les fidèles doivent faire leurs absolutions avant de se rendre aux mosquées », ajoute le communiqué du ministère.

(MAP)