Rougeole au Maroc : atteindre 95 % de couverture vaccinale, un impératif pour éradiquer l’épidémie (experts)

Lors d’un webinaire organisé le jeudi 30 janvier par l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE), dans un contexte de recrudescence alarmante de la rougeole et de déploiement de la campagne nationale de riposte menée par le ministère de la Santé et de la protection sociale, le Dr Mohamed Lyoubi, directeur de l’Épidémiologie et de la lutte contre les maladies (DELM), a présenté les derniers chiffres de la situation épidémiologique au Maroc. Il est également revenu sur l’historique des pics enregistrés dans le Royaume.

La dernière grande épidémie de rougeole au Maroc remontait à 1987, avec un nombre de cas quasi similaire à la situation actuelle, a rappelé le Dr Lyoubi. Depuis, des avancées majeures avaient permis de limiter la maladie à travers l’introduction progressive de la deuxième dose du vaccin en milieu scolaire, entre 2002 et 2008, et des campagnes de vaccination massives entraînant une diminution importante des cas.

Le Maroc avait alors été classé parmi les pays en phase de pré-élimination de la rougeole. En 2019, le Royaume enregistrait seulement 14 cas confirmés sur l’année. En 2022, année de référence, seuls 3 cas avaient été confirmés.

Cependant, la baisse progressive de la couverture vaccinale a entraîné l’accumulation de personnes vulnérables non immunisées, favorisant ainsi la résurgence du virus.

La dernière mise à jour fait état d’environ 25.000 cas suspects, dont 6.300 cas confirmés et 120 décès.

6.300 cas confirmés et 120 décès

La flambée actuelle a été signalée le 14 octobre 2023 par le CHU d’Agadir, avec la notification de plusieurs cas groupés dans une même localité.

L’enquête épidémiologique a permis d’établir que la transmission avait commencé à la mi-septembre 2023, notamment dans les communes d’Imouzzer Ida Outanane et de Taghazout.

En un mois, le nombre de cas confirmés a atteint 138, avec 7 cas en réanimation et un décès. La propagation s’est ensuite accélérée, touchant plusieurs villes et provinces.

La dernière mise à jour fait état d’environ 25.000 cas suspects, dont 6.300 cas confirmés et 120 décès.

Sur les décès recensés au début de cette vague, 42% concernaient des enfants de moins de 5 ansActuellement, Souss-Massa est la première région affectée avec une incidence très élevée, suivie de Drâa-Tafilalet, de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Fès-Meknès, qui connaissent actuellement une propagation importante, a noté le Dr Lyoubi.

Les régions de Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat et Marrakech-Safi affichent actuellement des incidences comparables à celles de la région Souss-Massa.

Selon les données communiquées par le Dr Lyoubi, la maladie a touché toutes les tranches d’âge, y compris les nourrissons de moins de 6 mois, qui ne sont pas encore éligibles à la vaccination.

L’incidence la plus élevée a été observée chez les enfants de moins de 9 mois, qui ne sont pas encore vaccinés, et chez les enfants de 9 à 17 mois, dont l’immunité peut être insuffisante après une seule dose.

Hautement contagieuse, la rougeole peut entraîner des complications allant jusqu’au décès.

Sur les 115 décès recensés au début de cette vague, 42% concernaient des enfants de moins de 5 ans, confirmant la vulnérabilité des jeunes enfants non vaccinés. Les adultes de plus de 37 ans représentent 24% des décès.

Les spécialistes sont unanimes : seule une couverture vaccinale suffisante peut aider à endiguer la rougeole.

Booster le taux de rattrapage

Étayant les mesures déployées par le ministère de tutelle dans le cadre de la campagne nationale de riposte à la rougeole, le Dr Mohamed Benazzouz, chef du Service de la protection de la santé infantile, a insisté sur l’importance de la vaccination.

« Nous disposons d’un vaccin sûr, efficace et disponible gratuitement dans les établissements de santé primaire », a-t-il souligné.

Une campagne nationale de vérification du statut vaccinal et de rattrapage au profit des enfants âgés de moins de 18 ans s’est déroulée du 28 octobre 2024 au 27 janvier 2025.

Selon le Dr Benazzouz, le taux de vérification a atteint 82,46%, tandis que le taux de rattrapage pour la vaccination contre la rougeole et la rubéole (vaccin RR) ne dépassait pas 47,07% de la population cible.

Atteindre une couverture vaccinale de 95%

Les spécialistes sont unanimes : seule une couverture vaccinale suffisante peut aider à endiguer la rougeole.

S’exprimant à l’occasion du webinaire, la vice-présidente de l’ONDE, Ghizlane Benjelloun, s’est félicitée de la dynamique en cours pour contrer la propagation rapide de la rougeole dans le pays. Elle a également relevé que le nombre de cas enregistrés au cours de ces derniers mois souligne l’impératif de la vaccination, rappelant que cette maladie est « grave et peut provoquer des complications chez les enfants et les adultes ».

« Seule une vaccination efficace peut protéger les enfants, mais aussi les adultes de cette maladie contagieuse », a fait remarquer Ghizlane Benjelloun, lançant un appel pressant aux familles pour veiller à l’administration du vaccin à leurs enfants.

L’épidémie actuelle aurait pu être évitée si la couverture vaccinale était restée stable au-dessus de 95%, un seuil nécessaire pour empêcher la transmission du virus, a déploré pour sa part le Dr Lyoubi. Cette situation met également en lumière le risque de résurgence d’autres maladies évitables par la vaccination, telles que la diphtérie, la coqueluche, la polio ou le tétanos.

Pour clore le webinaire, qui a couvert plusieurs aspects épidémiologiques, statistiques, etc., le Dr Moulay Said Afif, président du Congrès et de l’Association casablancaise des pédiatres privés et qui a animé cet échange, a décliné les recommandations des différentes sociétés savantes de pédiatrie comme suit :

– Poursuivre la campagne de rattrapage jusqu’à l’atteinte d’une couverture vaccinale de plus de 95% dans toutes les régions du Maroc afin de stopper l’épidémie.

– Lutter contre les fake news en poursuivant la sensibilisation et la communication auprès du grand public sur le vaccin contre la rougeole, un vaccin sûr, efficace et très bien toléré.

– Vacciner systématiquement autour d’un cas de rougeole, quel que soit l’âge (à partir de 6 mois), dans un délai de 72 heures pour éviter la propagation du virus.

– Poursuivre la campagne de sensibilisation menée par le ministère de l’Éducation nationale : les enseignants (écoles primaires, collèges, lycées) se sont impliqués en vérifiant les carnets de santé des élèves.

– Renforcer la campagne de sensibilisation auprès des familles, menée par le ministère de l’Intérieur.

– Faciliter la déclaration obligatoire de la rougeole par les professionnels de santé du secteur privé (médecins généralistes et pédiatres) en mettant en place un numéro WhatsApp dédié.

– Impliquer le secteur privé : les vaccins figurant dans le Programme national d’immunisation (PNI) doivent être remboursés à 100%. Cette mesure permettra un gain économique notable, car la prise en charge de la maladie et de ses complications est bien plus coûteuse que la prévention vaccinale.

– Impliquer le secteur privé : les vaccins figurant dans le Programme national d’immunisation (PNI) doivent être remboursés à 100% . Cette mesure permettra un gain économique notable, puisque la prise en charge de la maladie et de ses complications est plus coûteuse que la vaccination.

– Digitaliser le carnet de santé de l’enfant, y compris la vaccination.

L’objectif de la riposte est de réduire la morbidité en assurant une prise en charge appropriée des cas, d’arrêter la progression de l’épidémie et de rehausser la couverture vaccinale contre la rougeole et la rubéole au niveau requis. Il est donc recommandé d’insister sur la vaccination dès l’âge de 9 mois, avec deux doses de vaccin espacées d’au moins un mois, et ce quel que soit l’âge.

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Un an après le séisme, Marrakech confirme sa résilience

En ce mois de septembre 2024, nous revoilà dans les rues de Marrakech. Un an après le séisme, la ville a vite retrouvé son rythme habituel. Les souks bourdonnent à nouveau de vie, les touristes flânent dans les ruelles de la médina et la place Jemâa El Fna est animée comme à l’accoutumée.

Ce retour à la normale avait été constaté quelques semaines après le séisme, avec l’organisation réussie des Assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale du 9 au 15 octobre 2023, preuve de la capacité de la ville à se relever et à se renforcer face aux défis. L’organisation de cette grand-messe internationale, un mois seulement après le séisme, a été un moteur pour que la ville se ressaisisse rapidement.

« Cet événement d’envergure internationale a renforcé la mobilisation des autorités et des habitants, permettant à Marrakech de retrouver son dynamisme tout en jouant un rôle central dans le soutien aux zones environnantes plus affectées », nous déclare un opérateur touristique de la place.

Cela a également permis à la ville de préserver son statut de destination touristique internationale. Les chiffres sont éloquents : durant le mois d’octobre 2023, Marrakech a accueilli 291.903 touristes, contre 288.129 en octobre 2022, selon les chiffres de l’Observatoire marocain du tourisme.

A fin 2023, la ville était déjà à 3,3 millions d’arrivées touristiques, en hausse de 38% par rapport à l’année précédente. La tendance haussière s’est poursuivie début 2024 avec des pics d’affluence dès les premiers mois de l’année.

Dans les rues de la ville, les structures de soutien toujours présentes pour stabiliser les bâtiments touchés n’ont pas empêché les touristes de profiter pleinement de la ville. Par ailleurs, certains établissements, notamment des musées, ont subi un processus de reconstruction plus lent, peut-on constater.

Le défi de la reconstruction

Derrière cette reprise, les souvenirs du séisme restent malgré tout gravés dans les esprits. « Nous avons eu peur, mais nous avons aussi appris à être forts », déclare Laila, propriétaire d’un riad dans l’ancienne médina, dont l’établissement a été fortement touché par le séisme.

Comme beaucoup d’autres Marrakchis, elle se souvient de l’angoisse des premières heures, mais aussi de l’élan de solidarité qui a suivi. Comme beaucoup d’autres riads construits en pisé, sa structure avait été affaiblie. « Malheureusement, des ajouts en béton armé sur ces fondations traditionnelles ont aggravé la situation, entraînant des chutes lors du séisme », nous explique-t-elle.

Interrogée sur le processus de reconstruction, notre interlocutrice admet avoir fait face à une « nouvelle situation difficile, marquée par l’absence de business et de visibilité. Les sinistrés ne savaient pas toujours quelles autorisations demander pour effectuer les réparations, avant l’intervention des autorités locales et des subventions de l’Etat ».

Laila, qui n’a pas attendu l’intégralité de l’aide de l’Etat pour effectuer les travaux de reconstruction, affirme avoir reçu un premier virement, d’un montant de 250.000 DH, il y a environ trois mois, et attendre une seconde tranche de l’aide.

Après une fermeture en septembre, son établissement a rouvert en juillet. « La reprise a été excellente, voire meilleure qu’avant », affirme-t-elle.

Préserver l’identité architecturale de la ville

Riche de son patrimoine culturel, la ville de Marrakech a entrepris la rénovation de plusieurs sites touchés par le séisme, un an après la catastrophe.

Au niveau de la province de Marrakech, 3.335 dossiers de reconstruction ont été déposés, dont 3.076 ont obtenu des autorisations, soit environ 93% de l’ensemble des demandes, nous déclare Khalid Errami, chef de service des affaires foncières à l’Agence urbaine de Marrakech.

À ce jour, 2.020 chantiers ont été ouverts, représentant 66% des autorisations délivrées, ajoute le responsable.

Dans l’ancienne médina, qui est particulièrement complexe en raison de l’entrelacement des bâtiments, 2.551 dossiers ont été soumis et 2.341 ont déjà reçu des autorisations.

Notre interlocuteur n’omet pas les multiples contraintes de ce processus, notamment l’interdépendance des structures, la complexité des plans et les expertises nécessaires pour intervenir dans certaines zones.

La fragilité des anciens bâtiments a également un impact sur les bâtisses avoisinantes, rendant l’intervention des bureaux d’architectes difficile, explique-t-il.

Cependant, « des efforts considérables ont été déployés pour surmonter ces obstacles tout en préservant les caractéristiques architecturales traditionnelles et authentiques de l’ancienne médina », poursuit le responsable.

Du côté de l’Éducation nationale, après une évaluation pour déterminer l’impact du séisme sur les établissements scolaires, ces derniers ont été classés selon le degré d’affectation. « 154 établissements ont été identifiés pour réhabilitation, dont 76 complètement réhabilités », nous déclare Moha Ait Mellouk, directeur provincial de l’Education nationale à Marrakech.

Pour les autres, les taux d’achèvement des travaux varient entre 70 et 90% ». Les marchés pour lancer les travaux d’autres établissements seront lancés d’ici fin décembre ».

Une seconde tranche de travaux est prévue pour février, visant les 54 établissements les plus touchés, afin de garantir leur disponibilité pour les élèves avant la fin de l’année scolaire.

Soutenir les petits commerces

Pour assurer la reprise du commerce et de l’industrie dans les zones touchées, les autorités locales ont mis en place un plan d’action spécifique en collaboration avec la Chambre de commerce et le ministère de l’Industrie et du commerce.

En effet, un recensement des points de vente sinistrés a été réalisé, permettant de recueillir des données précises sur l’impact du séisme. 2.323 points de vente ont été recensés, dont 58% dans la province d’Al Haouz, 24% à Chichaoua, et 18% à Marrakech, nous explique Mohamed Essafi, délégué régional du commerce et de l’industrie à Marrakech-Safi.

Pour soutenir ces commerces, une enveloppe budgétaire totale de 136 millions de DH a été allouée, répartie en trois tranches :

– 20% de l’aide totale est accordée sur la base de la demande déposée par le commerçant dont le local a été recensé et expertisé, et dont le dossier a été approuvé par les comités local et central.
– 50% de l’aide est versée après que le commerçant ait fourni l’autorisation de reconstruction ou de rénovation, ou tout autre document équivalent délivré par les autorités compétentes.
– 30% de l’aide restante est versée à la fin des travaux, après que le commerçant ait soumis une attestation de fin des travaux délivrée par l’architecte ou toute autre attestation de conformité fournie par les autorités compétentes.

(Source : ministère de l’Industrie et du commerce)

En plus des remboursements liés à la reconstruction ou à la réhabilitation, chaque point de vente bénéficie d’une enveloppe de 20.000 DH pour l’équipement et la modernisation.

Le processus de remboursement progresse selon le responsable, avec une expertise en cours à Al Haouz, tandis que les commerçants de Marrakech et Chichaoua seront prochainement évalués pour garantir des remboursements « en temps opportun ».

Interrogé sur le processus de reconstruction des commerces, notre interlocuteur explique que cette opération est intimement liée à l’Habitat, notamment dans les rues où les points de vente se trouvent sous des habitations.

Cette réalité rend les interventions complexes et impose que certaines actions soient menées après la finalisation des reconstructions.

(Source : ministère de l’Industrie et du commerce)

A la Green Week, les produits du terroir marocain à la conquête du marché allemand

Berlin (Médias24).-  Argan, dattes, couscous, huiles végétales… les stands d’exposition des produits du terroir marocains prennent leurs quartiers au sein de Messe Berlin qui accueille la 88e édition de la Semaine verte internationale du 19 au 28 janvier 2024. De par sa grande affluence, ce rendez-vous est l’occasion de mettre en avant l’énorme potentiel du produit marocain et consolider la position du Royaume en tant que partenaire stratégique de l’Europe.

L’édition de cette année regroupe plus de 1.400 exposants représentant une soixantaine de pays et accueille plus de 300.000 visiteurs sur une superficie de 118.000 m².

Organisé par Morocco Foodex, le pavillon marocain a été inauguré le vendredi 19 janvier par le ministre de l’Agriculture Mohamed Sadiki, accompagné de l’ambassadrice du Maroc en Allemagne, Zohour Alaoui, du ministre allemand de l’alimentation et de l’agriculture et de plusieurs personnalités.

Installé sur une superficie de 623 m2, le pavillon marocain comprend une vingtaine de stands d’exposition des produits du terroir marocains, qui reflètent la diversité, l’authenticité et la richesse des douze régions du Maroc. Il comporte aussi un espace central dédié à l’animation, avec organisation de cooking shows pour faire connaître la gastronomie marocaine.

A sa 9e année consécutive, la participation du Maroc à la Semaine verte de Berlin vise à faire connaitre les produits agro-alimentaires du Maroc, notamment les produits du terroir, mais également à renforcer leurs exportations et explorer de nouveaux débouchés pour l’offre marocaine dans le circuit international.

« Cette participation s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la vision de développement des produits du terroir marocain, portée par la stratégie Génération Green. Cette dernière accorde une importance primordiale à la valorisation et au développement des produits du terroir, où la valeur ajoutée doit jouer un rôle essentiel en faveur des habitants locaux et des producteurs initiaux », souligne le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Mohamed Sadiki, dans une déclaration à Médias24. L’objectif est de générer une valeur ajoutée en amont de la chaîne de valeur », a-t-il ajouté.

« Ce salon constitue certes un outil de promotion des produits, mais aussi un espace permettant l’accompagnement et la formation des exposants en matière de marketing, en se focalisant sur les exigences spécifiques du consommateur européen, notamment allemand », poursuit le ministre. Il offre ainsi une opportunité d’apprendre à maîtriser ce segment de commercialisation qui a un impact significatif sur l’aval de la production, en prenant en compte tous ses critères et exigences.

Selon le ministre, un produit marocain de qualité qui répond aux exigences « trouve facilement sa place sur le marché allemand. Des produits spécifiques comme les huiles essentielles commencent à se faire une place chez le consommateur allemand. D’où l’augmentation de la demande au fil des années. Il s’agit d’un marché rémunérateur important et fiable ».

Entre les deux pays, le volume des échanges se situe actuellement à 34 milliards de DH. Les produits agroalimentaires en représentent 5%. « Notre ambition est d’avoir un contact direct et des échanges bilatéraux sans passer par l’arsenal régissant l’accord avec l’Union européenne », conclut le ministre au micro de Médias24.

« La forme est le fond qui remonte à la surface »

Indépendamment des préparatifs de la participation marocaine à la Green Week, Morocco Foodex, l’Établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations, a adopté le programme « Cap’export », destiné aux primo-exportateurs, pour les accompagner durant leurs processus d’export et pour la participation aux salons et foires à l’échelle internationale, comme le rappelle sa directrice générale, Ghita El Ghorfi.

Lancé en 2017, Cap’export porte, entre autres, sur l’orientation et l’information sur les différentes démarches d’exportation, l’animation des formations ciblées et pratiques relatives aux exigences normatives et réglementaires exigées par les pays de destination et les systèmes de management de la qualité, la réalisation des missions de diagnostic à l’export…

« Avec le changement de paradigme induit par la pandémie de Covid-19, l’habitude du digital s’est installée, nous permettant d’atteindre un public plus vaste tout au long de l’année », note la responsable. Un accompagnement spécifique est ainsi assuré, en partenariat avec l’Agence de développement agricole, avec des formations en business plan, marketing, packaging, et démarches liées à l’exportation tout au long de l’année, explique Ghita El Ghorfi avant de conclure: « La forme est le fond qui remonte à la surface ».

Une démarche appuyée par Hibatallah Khlafa, qui présente fièrement les produits de sa coopérative « Katr Annada », spécialisée dans les huiles végétales cosmétiques et alimentaires à base de graine de sésame, lin, nigelle et autres. Représentant la région Meknès-Fès, il loue le « soutien de l’ADA et de Morocco Foodex et leurs efforts dans la préparation et la représentation du Maroc ».

Pour cet exposant, qui en est à sa première participation à la Green Week, il s’agit d’une belle opportunité pour « internationaliser sa coopérative et ses produits ». Il y voit l’occasion de s’inspirer de différents modèles pour créer un « produit marocain de qualité à dimension internationale ».

Promouvoir la stratégie marocaine à l’international

Au-delà de son aspect commercial, la Semaine verte de Berlin est aussi l’occasion de nouer des partenariats et présenter la stratégie marocaine à l’international. Lors d’une table ronde ministérielle organisée par la Banque mondiale, le Royaume-Uni et le ministère de l’Agriculture allemand, le ministre marocain de l’Agriculture a partagé l’expérience du Royaume en termes de transition vers une politique agricole plus durable.

Il a également pris part à la conférence des ministres d’agriculture organisée le 20 janvier 2024 dans le cadre de la 16e édition du Forum mondial pour l’alimentation et l’agriculture (GFFA) qui se tient du 17 au 20 janvier sous le thème « systèmes alimentaires de demain : œuvrer ensemble pour un monde sans faim ».

En marge du Forum, le ministre a tenu des rencontres bilatérales avec le ministre fédéral allemand de l’Alimentation et de l’agriculture, ainsi que le ministre de l’Agriculture et du développement rural de la Côte d’Ivoire.

Ces rencontres ont porté sur l’échange des points de vue sur les enjeux liés à la sécurité alimentaire et les perspectives de renforcement de la coopération avec ces pays.

La bilatérale avec le ministre fédéral allemand de l’Alimentation et de l’Agriculture, Cem Özdemir, a été marquée par la signature d’un accord de mise en œuvre se rapportant à la deuxième phase du projet de Dialogue technique agricole et forestier (DIAF) Maroco-Allemand, établi dans le cadre de la coopération bilatérale entre les deux ministères. Le projet DIAF porte sur les thèmes de l’agriculture biologique, de la professionnalisation des organisations professionnelles agricoles et forestières (OPAF) et de la planification et du contrôle forestier. Il vise à renforcer le cadre juridique et institutionnel de promotion et de suivi de la production agricole biologique durable, la professionnalisation des OPAF et la gestion durable et multifonctionnelle des forêts.

Températures en hausse ce lundi 10 avril

Voici les prévisions météorologiques établies par la Direction générale de la météorologie pour le lundi 10 avril 2023 :

– Temps assez chaud sur le Sud, le Souss et les plaines intérieures.

– Nuages instables sur le nord des provinces Sud avec ondées et orages par endroits.

– Apparition de nuages cumuliformes sur le Haut-Atlas et Chiadma avec quelques gouttes éparses.

– Formations brumeuses par endroits sur la rive méditerranéenne et les côtes Nord.

– Rafales de vent assez soutenues sur le Centre et le Sud avec chasse-poussières par endroits.

– Températures minimales de l’ordre de 6/12°C sur l’Atlas, le Rif et l’Oriental, de 16/23°C sur le Souss et le Sud et de 12/17°C sur le reste du pays.

– Températures journalières en hausse.

– Mer belle sur la Méditerranée, belle à peu agitée sur le Détroit, agitée entre Larache et Tan Tan et entre Boujdour et Lagouira et peu agitée à agitée ailleurs.

Une plateforme numérique pour le suivi des recommandations émises par la Cour des comptes

La nouvelle plateforme sera mise à la disposition des différents départements ministériels concernés pour faciliter la communication et l’échange d’information avec la Cour, pour le suivi de la mise en œuvre des recommandations émises par la Cour des comptes, précise cette dernière dans un communiqué.

La Cour considère que le lancement de cette plateforme numérique contribuera, avec d’autres mécanismes et mesures, à « accroître la valeur ajoutée de ses missions de contrôle, et partant, à la mise en œuvre effective de ses recommandations par les organismes concernés, et ce compte tenu des possibilités et outils développés pour permettre aux départements ministériels le suivi instantané des recommandations émises et la prise des mesures adéquates pour améliorer leur gestion ».

L’UE lance un projet d’appui technique au dispositif de riposte aux crises sanitaires au Maroc

L’Union européenne a entamé son nouveau projet d’appui technique auprès du ministère de la Santé, intitulé « Préparation et riposte aux crises », dans le cadre de son 3e programme d’appui au secteur de la santé, le PASS III.

Ce projet de partenariat a été décidé durant la crise sanitaire pour renforcer les outils de veille et d’alerte sanitaires, de surveillance épidémiologique, mais aussi de préparation et de riposte aux éventuelles épidémies et autres urgences de santé publique, indique dans un communiqué la délégation de l’Union européenne au Maroc.

« Je suis heureux de pouvoir rencontrer aujourd’hui l’équipe d’experts qui va travailler auprès du ministère de la Santé durant les prochaines années pour nous aider à consolider les capacités marocaines de préparation et de riposte aux crises sanitaires, en renforçant le cadre institutionnel et organisationnel du système de santé en matière de gestion des crises sanitaires. » C’est en ces termes que Abdelouahab Belmadani, directeur de la Planification et des ressources financières, a accueilli la nouvelle équipe d’experts techniques arrivée à Rabat lundi 27 juin.

« Ce projet de partenariat entre le Maroc et l’Union européenne contribuera, j’en suis certain, à accompagner le ministère de la Santé pour les activités de veille et de surveillance épidémiologique et biologique. Il veillera aussi à renforcer le dispositif de contrôle de l’infection et de la prise en charge dans les établissements de santé », a déclaré de son côté Bernard Segarra, gestionnaire en charge des programmes Santé de l’Union européenne au Maroc, cité dans le communiqué.

Air Arabia : nouvelle ligne directe Nador-Madrid

La nouvelle desserte sera opérée à raison de deux fréquences par semaine, les jeudis et dimanches, indique la compagnie aérienne dans un communiqué.

Le programme des vols est le suivant :

Les clients de la compagnie pourront désormais réserver leurs vols directs pour ces destinations, soit à partir du site web d’Air Arabia, soit en contactant le centre d’appels ou les agences de voyage agréées.

Trophée Tilila : « Nous voulons surtout changer les mentalités » (Khadija Boujanoui)

Médias24 : Quelle est la nouveauté de cette 3e édition ?

Khadija Boujanoui : Pour cette 3e édition, le Trophée Tilila revient avec un nouveau souffle. Après deux éditions, nous avons décidé de lancer « Tililab », un concours de création organisé en marge du Trophée Tilila et ouvert aux jeunes talents de moins de 30 ans. Cette année, en plus de récompenser les professionnels de la publicité, nous voulons également investir dans l’avenir. Notre ambition est de faire émerger de nouveaux talents, de sensibiliser les jeunes créateurs de contenus à l’égalité femmes-hommes, et de les encourager à faire évoluer les mentalités.

Tout comme pour le Trophée Tilila, nous avons lancé un appel à candidatures pour le concours Tililab, auquel ont participé des jeunes de différentes villes du Maroc. À l’issue d’une sélection, cinq jeunes créatifs ont été retenus et ont pris part à un bootcamp organisé à Marrakech du 9 au 12 septembre. Lors de cette rencontre, ils ont découvert les expériences de différents experts du marketing et de la communication à travers des master classes. Ils ont également été encadrés pour créer leurs propres concepts sur la base d’un brief qui leur a été soumis. De retour à Casablanca, les cinq jeunes créateurs ont été accompagnés par les équipes de 2M pour produire les différents spots. Jeudi 25 novembre, le jury du Trophée Tilila départagera les cinq spots en lice et annoncera le vainqueur de cette 1re édition du concours Tililab.

– Au-delà de l’aspect attribution des prix, quelle est la finalité du Trophée ?  

Le Trophée Tilila s’inscrit dans une démarche positive de sensibilisation. Notre ambition va en effet au-delà de l’attribution des prix. À travers cet événement, nous voulons surtout changer les mentalités. Notre but est de faire prendre conscience, aux professionnels des médias et du public, du rôle et de l’importance de la publicité dans la promotion d’une image positive de la femme dans la société marocaine. Nous voulons surtout souligner le rôle primordial que jouent les médias dans la formation de l’imaginaire collectif, et la nécessité qu’ils soient sensibilisés aux valeurs de parité et d’égalité des genres pour contribuer à bâtir une société plus sensible à ces questions.

Le Trophée vise aussi à encourager les professionnels, annonceurs et agences de communication à ne pas tomber dans la facilité, à respecter la dignité de la femme et à se détacher des stéréotypes et images dégradantes de la femme dans leurs campagnes publicitaires. En attribuant chaque année ce prix, notre but est de récompenser les efforts consentis et d’encourager les annonceurs et agences gagnants et tous les autres à poursuivre sur cette lancée, ou encore à s’engager dans la promotion d’une image valorisante de la femme dans leurs créations publicitaires.

– Quels sont les types de contenus éligibles au concours ?

Les candidatures pour le Trophée Tilila sont ouvertes à tous les annonceurs et agences souhaitant y participer. Sont éligibles au concours les campagnes publicitaires télévisuelles et digitales. Pour cette 3e édition, les intéressés étaient appelés à soumettre leurs candidatures du 1er juin au 25 septembre 2021.

– Comment se présentent les candidatures déposées pour cette édition ?

Malgré une année blanche et un contexte difficile lié notamment à la pandémie de Covid-19, nous avons remarqué un réel engagement de la part des annonceurs et des agences de communication. En comparaison aux éditions 2018 et 2019, nous avons enregistré une hausse considérable des candidatures. Nous avons reçu une cinquantaine de spots publicitaires. Cette participation record, dont nous nous réjouissons, traduit l’engagement et la prise de conscience des publicitaires en matière d’égalité des genres et de valorisation de l’image de la femme. Elle démontre également que la culture de la parité et de l’égalité prend de plus en plus d’ampleur.

– Quels sont les critères sur lesquels se base l’attribution des Trophées ?

L’attribution du Trophée Tilila se fait à la suite d’un processus strict et rigoureux. À l’issue de l’appel à candidatures, un comité de sélection constitué de partenaires institutionnels effectue une présélection des spots candidats et ne retient que dix spots. Les spots shortlistés sont ensuite évalués par un jury, qui se réunit à huis clos et délibère en fonction d’un barème qui permet de noter chaque spot selon différents critères d’évaluation.

Il est important de signaler que cette délibération est effectuée par un jury indépendant qui respecte la parité. Par ailleurs, le fait que le jury soit constitué de personnalités issues de différents domaines renforce davantage le caractère objectif et indépendant des décisions qui sont prises. À l’issue des délibérations qui se déroulent généralement quelques heures avant la cérémonie officielle, le jury désigne les trois gagnants qui remporteront les Trophées en lice, à savoir le Prix du jury, le Prix coup de cœur et le Prix d’honneur.

– Quels sont les axes d’amélioration que vous identifiez généralement chez les annonceurs en matière d’égalité ?

Après les éditions de 2018 et 2019, nous remarquons avec fierté une prise de conscience croissante des annonceurs et agences par rapport aux valeurs de parité et d’égalité. Cela est d’autant plus visible à travers le nombre croissant de créations publicitaires qui s’attachent à véhiculer une image valorisante de la femme et à s’éloigner des stéréotypes féminins.

Certains annonceurs l’ont même inscrit dans leur démarche. Nous ne pouvons que saluer cette dynamique très encourageante qui s’installe progressivement et œuvrer pour la rendre durable dans le temps, notamment en sensibilisant les jeunes générations.

La Covid 19 accélérateur de la nécessaire refonte du système de santé au Maroc (Pr. Heikel)

La Covid 19 a été un cas d’école de management de crise sanitaire très révélateur. La population a appris de nouveaux termes ou indicateurs épidémiologiques comme l’incidence (nouveaux cas), le pourcentage de positivité des tests de dépistage, le nombre de cas hospitalisés, le nombre de cas graves ou critiques et la létalité. Cela n’avait jamais été le cas pour les autres maladies pourtant plus fréquentes au Maroc. C’est dire l’impact de cette crise sans précédent.

Ces indicateurs ont été l’argument majeur de décisions politiques et d’urgences sanitaires : fermetures des écoles, mosquées, commerces, lieux de loisirs et  espace aérien etc…; application de mesures restrictives ;  le confinement. Cela a conduit à mettre en place des mesures d’accompagnement sociales et économiques; ce dont il faut se féliciter.

Des efforts et des défis

La crainte d’une hécatombe, le peu de connaissances scientifiques sur la maladie la première année, la peur de ne pas anticiper des mesures adaptées ont été également à l’origine de décisions pertinentes ou non sur le plan des protocoles thérapeutiques, de la surveillance épidémiologique, de l’ouverture du dépistage aux laboratoires privés et des modalités de suivi des patients. Il faut rappeler que, pendant les 6 premiers mois de la crise, plusieurs patients asymptomatiques ou peu symptomatiques étaient «hospitalisés» dans des hôtels pris en charge par l’état et que l’hospitalisation était gratuite pour les cas graves ou compliqués. D’ailleurs, le budget alloué à la Covid 19 pour les aspects sanitaires à avoisiné les 2,2 milliards de DH, ce qui est important et représente déjà 10% du budget du ministère.

La même logique «épidémiologique» a été appliquée lorsqu’il a été décidé de lever le confinement et d’aménager les mesures restrictives ; d’exiger des résultats de test PCR pour les déplacements à l’étranger ou l’accueil d’étrangers; ou de permettre une reprise des activités commerciales ou industrielles.

La vaccination dont le Maroc peut s’enorgueillir de l’avoir démarrée très tôt en janvier 2021 et menée de façon exemplaire a laissé croire qu’elle allait contrôler la pandémie et infléchir tous les autres paramètres épidémiologiques. En 6 mois, plus du tiers de la population cible était vaccinée et les données d’incidence et de gravité de la Covid 19 étaient au vert.

Pourtant, les indicateurs épidémiologiques ne sont pas toujours prédictibles dès lors que d’autres paramètres sont déterminants; et c’est tout le défi: le comportement humain en matière de respect des mesures barrières et l’arrivée de variants dont la transmissibilité ou la pathogénicité sont plus importantes que la souche classique et dont les caractéristiques réduisent l’efficience des vaccins administrés. C’est pour cela que la « grosse deuxième vague » de juillet 2021 a ébranlé le système de santé non pas à cause d’une aggravation de la létalité (au contraire elle a baissé) et qu’il ne faut pas confondre avec le nombre brut de décès ;  mais à cause de la pression nouvelle exercée sur le système de santé, à partir de la dernière semaine de juin 2021, avec plus de 10.000 cas enregistrés par jour pendant plus d’une semaine, un taux de positivité qui est passé de 2% à 20%, un taux d’occupation des lits de réanimation Covid qui est passé de de 5% à 55% et un nombre de patients sous surveillance médicale qui est passé de 3.500 à 65.000.

Le politique a dû s’adapter avec de nouvelles restrictions de circulation à partir de 21h , de rassemblements et d’entrée ou sortie du pays. Cela pour ne pas hypothéquer les gains acquis par la vaccination en cours d’accélération et surtout pour ne pas risquer un confinement généralisé impactant le social, l’économique et le psychologique.

C’est la situation actuelle mais qui impose aujourd’hui encore de nombreuses questions à venir ? Quel impact de la vaccination des 12 à 17 ans ? Quelles données sur les variants actuels sachant que le système d’information épidémiologique n’est pas complet puisqu’il n’inclut pas le privé ? Quelle est l’efficience de la vaccination actuelle des 15 millions de personnes entièrement vaccinées ?  Faudra t-il une troisième dose  ?

Quels sont les défis auxquels le système de santé a dû faire face depuis 18 mois malgré  les acquis indéniables de la lutte contre la pandémie  ?

En fait il faut être honnête ;  des décisions royales majeures appliquées par les  ministères de la Santé , de l’Intérieur, des Affaires étrangères, des Finances, ont permis de relever des défis majeurs. Une réactivité immédiate en matière de confinement, une planification stratégique en matière de disponibilités des médicaments, un soutien précoce  social et économique à travers un fond de solidarité et une vision pragmatique en matière de commande et de logistique vaccinales.

D’un autre côté, nous avons observé des insuffisances qui ont posé des problèmes aux citoyens : une insuffisance de communication des autorités sanitaires dès le mois de juin 2020 voir des décisions dont les fondements rationnels n’ont pas été compris ; l’insuffisance de publications de données épidémiologiques ou cliniques permettant d’adapter la lutte contre la pandémie dans sa deuxième phase majeure à partir de juin 2021 ; la non implication du secteur privé en 2021 dans la stratégie de lutte contre le virus ( surveillance épidémiologique et vaccination de la population par exemple) ; le manque de coordination avec le secteur privé depuis 2021 en matière de gestion des lits d’hospitalisation pour la Covid-19 ; un retard et une insuffisance de réactivité de certains organismes assurantiels pour la prise en charge des patients Covid-19 ; plusieurs décisions non étayées au sujet des tests de diagnostics ou encore des infrastructures et équipements.

Tirer des leçons

Par contre, ce que la Covid a fait ressortir comme l’ont révélé d’ailleurs le rapport parlementaire ou celui de la commission sur le nouveau modèle de développement de 2021, ce sont les problèmes de gouvernance stratégique du système de santé à l’échelle nationale et régionale, les iniquités d’accès intra et inter-régions aux services de santé particulièrement par les populations vulnérables, un échec relatif du modèle de CSU mis en place graduellement entre 2005 et 2012, une gestion et une allocation des ressources humaines, matérielles et  des budgets  de la santé peu optimaux, une insatisfaction patente et répétée des citoyens par rapport à leur système de santé dans ses composantes publique et privée.

Mais ce que nous devons souligner c’est une organisation fonctionnelle du ministère qui ne répond plus aux besoins de santé et à la demande de soins, une nécessité d’évaluer et de corriger la réduction pendant la pandémie de la prise en charge des maladies chroniques (diabète, hypertension, cancers, insuffisances rénales, maladies mentales, maladies dégénératives) depuis deux ans et qui, je le rappelle, sont responsables de 78% des décès au Maroc.

2020 c’est  l’année Covid qui aura marqué la nécessité de la refonte du système de santé ?

En fait, ce n’est pas tout à fait vrai car rappelez vous les discours de Sa Majesté le Roi en juillet 2018 et 2019 où il faisait déjà le diagnostic et demandait une refonte (non pas une réforme) du système de santé au vu de son iniquité et de sa performance. De même, en 2020 Sa Majesté a réitéré ses instructions au gouvernement en matière de couverture sociale avec des axes clairs dont celui de la couverture sanitaire universelle à mettre en place avant 2023.

La Covid a montré qu’il fallait aller encore plus vite et c’est tout le sens des orientations royales que le prochain gouvernement se devra de mettre en œuvre.

Ainsi dans toutes les crises il en sort des expériences et celle que nous traversons fera du ministère de la Santé un acteur d’une importance cruciale dans le prochain gouvernement. Tout d’abord parce que les crises sanitaires existeront toujours et il faudra s’y préparer pour éviter ou réduire les conséquences . Ensuite parce que cette crise a révélé nos capacités en tant qu’Etat, nos forces en tant que professionnels de santé marocains, mais également certaines insuffisances du secteur de la santé aussi bien en terme de leadership qu’en terme de gouvernance technique et de réponse à la demande et aux besoins de santé des citoyens.

Comme pour tout projet titanesque de dimension sociétale, il ne peut être construit sur les mêmes bases ou être porté par la même organisation fonctionnelle. Il faut un nouveau paradigme, une nouvelle vision, une nouvelle  prérogative et organisation nationale et régionale ( le secteur de la santé doit intégrer en son sein l’assurance maladie et la solidarité), un financement et une gouvernance innovante, une intégration optimale avec les autres politiques publiques et les autres acteurs du changement social.

Par le Pr. Jaâfar HEIKEL, MD,PhD

Feux de forêt: les détails de la stratégie marocaine qui a permis de limiter les dégâts

Alors que 2.722 ha de forêts ont été ravagés cette année par les feux au Maroc, le président du Centre national de gestion des risques climatiques forestiers, Fouad Assali, revient pour Médias24 sur le dispositif et la stratégie déployés par le Royaume dans la lutte contre ce fléau.

Du 1er janvier au 31 août 2021, 220 feux de forêt se sont déclarés dans le royaume, ravageant une superficie de 2.722 ha. Presque toutes les régions sont touchées, à des degrés divers. La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima concentre 30% des incendies déclarés à l’échelle nationale et représente 55% de la superficie totale incendiée.

En effet, la province de Chefchaouen a été la plus affectée avec 15 incendies enregistrés et près de 1.114 ha de forêts endommagées. Le feu de Dardara-Tanakoub a incendié, à lui seul, 1.100 ha de forêts, dont 60% sont constituées seulement d’essences secondaires.

Plan d’action anticipatif

Le département des Eaux et forêts, en coordination avec l’ensemble des intervenants concernés, à savoir, le ministère de l’Intérieur, la Protection civile, la Gendarmerie royale, les Forces armées royales, les Forces royales air, les Forces auxiliaires et les autorités locales, adopte un plan d’action anticipatif pour la prévention et la lutte contre les incendies de forêt.

Ce plan d’action repose sur quatre principales composantes : la prévention, les prévisions et analyse des risques, la lutte terrestre et aérienne et la réhabilitation.

Mieux vaut prévenir

La prévention englobe toutes les actions qui visent la résorption des conditions favorisant les éclosions des incendies, comme :

– la sensibilisation du grand public,

– l’interdiction des activités qui font usage du feu en forêts (en saison estivale),

– les actions d’aménagement des tranchées pare-feu, de points d’eau, de pistes forestières et de postes de surveillance,

– l’intensification de la sylviculture préventive au niveau des zones à haut et moyen risque pour rendre les forêts moins vulnérables au feu,

– la surveillance, qui comprend le guet terrestre fixe à partir de postes vigies, et mobile avec des unités de patrouilles. La surveillance permet de détecter précocement les feux naissants pour les circonscrire rapidement par le biais de matériels de communication (radios de communications et GSM).

Prévisions et analyse des risques

Cette composante comprend l’élaboration d’outils de prédiction pour évaluer le danger et anticiper le risque par le biais de cartes statique et dynamique d’incendies de forêts. L’objectif de l’analyse des risques d’incendies de forêts est de mettre à la disposition des gestionnaires, un outil cartographique d’aide à la décision pour :

– la définition de priorités en matière d’investissement, notamment pour ce qui concerne les infrastructures, les équipements et les opérations d’aménagement anti-feu en milieu forestier,

– le renforcement du dispositif de surveillance,

– la mobilisation préventive et le pré-positionnement des moyens d’intervention, destinés à favoriser la détection précoce et l’intervention rapide sur les feux naissants, et appuyés par une cartographie des risques.

Lutte terrestre et aérienne

Il s’agit de toutes les actions visant la limitation de la progression du feu. Elle englobe les dispositions prises pour se doter du matériel nécessaire afin de rendre les équipes de lutte opérationnelles, et aussi l’ensemble des procédure mise en place pour partager et définir les rôles et l’ordre de marche de l’ensemble des intervenants, à savoir :

– L’achat de matériel de lutte pour équiper les unités d’intervention,

– L’acquisition de produit retardant pour la lutte aérienne (avions Turbo Trush et Canadair CL415),

– L’équipement des aéroports et des aérodromes stratégiques en infrastructures et matériels adéquats,

– L’équipement des unités de lutte en véhicules de première intervention (VPI).

Signalons que le Maroc s’est doté depuis 2011 de 5 avions bombardiers (Canadair) spécialisés dans la lutte aérienne contre les feux de forêts.

La stratégie d’intervention repose, elle, sur un système gradué à quatre niveaux d’intervention :

– Le premier niveau repose sur une gestion rapide et une prise en charge du départ de feux par les services du département des Eaux et forêts, grâce aux véhicules de première intervention, et aux éléments de la Protection civile avec les camions citernes d’eau.

– Le deuxième niveau est renforcé, en cas de besoin, par le recours aux avions bombardiers (Canadair) d’une capacité de 6 tonnes des Forces royales air et, au niveau terrestre, par les Forces auxiliaires pour protéger les populations, les biens et les équipements sensibles.

– Si le feu est d’importance plus grave, tous les avions de la Gendarmerie royale Turbo Trush interviennent au 3e niveau pour empêcher la progression du feu.

– De plus, il est fait appel, en cas de risque majeur, aux interventions terrestres des Forces armées royales pour permettre la maîtrise définitive des foyers actifs.

Réhabilitation des zones brûlées

La réhabilitation des zones brûlées consiste en une série d’actions conduites sur le court et long terme en fonction de l’analyse de la sévérité de l’incendie, et aussi du diagnostic post-incendie fondé sur des indicateurs de la survie ou de la mort différée de l’arbre.

Juste après le passage du feu, des actions sont envisagées pour pallier les risques nés de l’incendie. Celles-ci visent à protéger le sol de l’érosion et à la mise en défens de la surface brûlée.

A plus long terme, en fonction des conditions naturelles et socio-économiques, la reconstitution du peuplement forestier s’appuiera soit sur la régénération naturelle (par rejets de souches, drageons ou semis), soit sur la régénération artificielle (par plantation de plants élevés en pépinières).

MyTindy, la marketplace qui donne un écho international à l’artisanat marocain

Lancée en 2019, « MyTindy accueille aujourd’hui plus de 250 marques et artisans et plus de 8.000 références », précise Aida Kandil, co-fondatrice de MyTindy, dans une interview accordée à Médias 24.

Diplômée de l’université McGill en management stratégique et marketing, Aida Kandil a commencé à entreprendre très jeune et a percé dans le domaine du marketing digital notamment au Canada où elle était en charge des stratégies de référencement en ligne de grands groupes tels que L’Oréal ou Christie’s. Elle décide de rentrer au Maroc avec comme ambition de devenir porte-parole des artisans marocains. Elle co-fonde MyTindy, basée sur le modèle de marketplace, mettant en relation des vendeurs et des acheteurs dans le secteur d’artisanat d’art. La startup propose aux artisans et créateurs marocains une solution et un accompagnement pour vendre leurs produits en ligne et donner de la visibilité à leur activité, que ce soit à l’échelle nationale qu’international.

Aujourd’hui, la startup affiche une croissance mensuelle à deux chiffres. Un succès qui s’explique par la fine sélection d’artisans et de créateurs authentiques, la modernité de son interface web et le bilinguisme du site web (français et anglais). MyTindy entend valoriser un artisanat d’art marocain chargé de savoir-faire et d’authenticité, à travers une large palette de produits dans plusieurs catégories: vêtements, chaussures, bijoux, décoration, cosmétique et produits de terroir, en plus de proposer de passer des commandes personnalisées. Elle séduit une clientèle amatrice d’artisanat d’art «100% made in Morocco» majoritairement étrangère, provenant de plus de 40 pays d’Europe, d’Amérique du Nord et du Moyen-Orient. «70% des commandes proviennent hors du Maroc par des personnes sensibles à l’art et l’artisanat du Maroc et qui aiment savoir que leurs achats sont issus d’un circuit éthique et fair trade », précise notre jeune interlocutrice.

Une forte croissance du chiffre d’affaires en période de crise

Le commerce électronique a connu une croissance généralisée pendant la crise sanitaire. Ne faisant pas l’exception, MyTindy a connu un réel succès en affichant une évolution du chiffre d’affaires de plus de 200% entre 2020 et 2021. « La crise sanitaire a, en effet, accéléré le virage digital du Maroc et nous a permis de toucher un nombre plus important d’artisans qui avaient besoin de se digitaliser pour continuer à vendre alors qu’ils étaient contraints de fermer leur magasin», souligne Aida Kandil.

L’exploitation du digital pour soutenir le secteur d’artisanat d’art, profondément touché par la crise, a été confirmée par la signature d’une convention entre MyTindy et le ministère de l’artisanat «pour assister à la digitalisation des artisans du Royaume, en les formant à vendre en ligne et en les aidant à créer leurs boutiques en ligne et ajouter leurs articles sur MyTindy», note la startuppeuse.

Un troisième coup de projecteur pour MyTindy

Après avoir décroché le premier prix au programme d’accélération Emerging Mediteranean dédié à la Tech for Good en 2020, la jeune pousse se targue d’être sélectionnée dans deux programmes d’accélération de renom en juillet de l’année courante dont l’objectif est de réussir sa scalabilité :

– Mi-juillet, elle est sélectionnée pour intégrer le prestigieux programme d’accélération «Google for Startups Accelerator MENA» pour une période de 3 mois dans sa seconde édition. Dispensée par des experts de Google, ce programme offre à une cohorte de 12 startups, en phase de croissance, une formation sur mesure, en matière de machine learning, cloud, marketing numérique, conception de produits/UX, de l’acquisition de clients et du développement du leadership, avec à la clé des mises en relation avec des sociétés de capital-risque.

– Le 26 juillet, la startup est nommée pionnière de l’entrepreneuriat francophone par l’Organisation internationale de la francophonie, lui permettant de participer à un programme d’accélération de 6 mois avec, à la clé, une levée de fonds.

Rencontre avec Meriem Zairi autour de l’écosystème des startups

Basé à Washington, le fonds d’investissement Small Enterprise Assistance Funds « SEAF », un fonds impact spécialisé dans les pays émergents et les marchés dits « frontière », a essaimé depuis plus de 30 ans dans 28 pays, à travers le monde jugés mal desservis par les sources traditionnelles de financement. En 2017, SEAF s’est lancé au Maroc sous la houlette du programme Innov Invest de la CCG et atteint actuellement sa taille cible de 235 millions de DH.

« Chez SEAF, nous avons appelé à un fonds de démonstration, dont l’objectif est de démontrer aux investisseurs marocains et étrangers que le Maroc présente un potentiel en innovation capable de s’ériger en un robuste levier de développement», avance Meriem Zairi, Senior Managing Director de la région MENA au sein de SEAF.

Meriem Zairi est une ancienne de l’industrie du capital investissement qui a démarré sa carrière en 2002 en France au sein du fonds emblématique Montagu Private Equity, doté de 4,5 milliards d’euros. Neuf ans plus tard, elle rentre au Maroc où elle a participé à la levée d’un fonds panafricain de 80 millions d’euros, Infra invest. Elle y reste 3 ans à l’issue desquels elle lance deux entreprises dans l’agro-business. Après deux années dans l’entrepreneuriat, elle revient à ses premières amours à savoir le capital-investissement, « là où je peux apporter de la valeur », nous dit-elle.

Au sein de SEAF, en plus du Maroc, Meriem Zairi gère une facilité de financement en Tunisie destinée aux PMEs actuellement en cours de déploiement ainsi qu’un fonds de capital-risque en cours de levée en Jordanie.

Selon une étude régionale réalisée par SEAF dans la région Mena, le Maroc a le potentiel d’atteindre les dynamiques des marchés égyptien et jordanien. En revanche, à l’examen des portefeuilles de fonds de startups dans ces marchés, on relève que ces dernières sont « plus matures que le marché marocain, notamment en termes de moyens de financement ». La Jordanie, qui «dispose d’un cadre légal global plus souple, est vue comme le vivier des talents de la région du Moyen Orient». Quant au marché égyptien avec son large marché domestique, fortement digitalisé, offre des dispositifs de financement très avancés et une liquidité plus forte en termes de venture capital.

Le fonds SEAF Morocco Growth Fund a investi à ce jour dans 6 startups dans le secteur de la santé, l’éduction, agritech, fintech et cyber-sécurité. Selon Meriem Zairi, les startups financées présentent des actifs technologiques forts et s’adressent principalement à une clientèle entreprises (BtoB) dans des marchés régionaux ou internationaux.

« Aujourd’hui et à l’exception d’une seule, toutes les startups ont une activité en dehors du Maroc. Pour la majorité, le pays est un marché pour tester et renforcer leur solution avant de l’exporter », commente-t-elle. Et d’ajouter : « En termes d’emplois créés, les startups ont fait un multiple supérieur à 4 fois en moyenne dont 40% des emplois occupés par des femmes». Il est à souligner qu’en tant que fonds à impact, SEAF soutient dans ses investissements la promotion et l’autonomisation économique des femmes et de l’égalité des sexes.

« En plus de la levée de fonds et de l’expertise technique apportée, SEAF accompagne les startups sur plusieurs volets notamment : dans la recherche de financements appelés « non-dilutif » (subvention, financement préférentiel, financement d’assistance technique, …) ; l’attraction, l’acquisition et la rétention des talents ainsi qu’en business développement. On leur ouvre des marchés domestiques ou internationaux en utilisant notre plateforme internationale dans les 28 pays. C’est une vraie force car lorsqu’une solution fonctionne au Maroc, elle a de fortes chances de fonctionner dans un autre pays émergent. SEAF a cet avantage compétitif », affirme notre interlocutrice.

« Le game est mondial »

En l’espèce, Meriem Zairi affiche un niveau d’optimisme élevé quant à la dynamique que connaît l’écosystème : « on est en train de créer notre propre modèle, nos track-records et notre propre ADN », elle estime que c’est le moment d’avoir un cadre réglementaire, fiscal et légal compétitif, a minima comparable à ce qu’on peut avoir dans des pays de la région pour être capable d’attirer les meilleurs entrepreneurs car « le game est mondial », balance-t-elle.

« On sent qu’il y de la volonté, il s’agit maintenant de timing, car arrivera un moment où on va rater la vague et on a déjà pris beaucoup de retard ».

« Un entrepreneur avait coutume de me dire: « Je suis un enfant de la globalisation », qu’il irait là où il y a les meilleures facilités et les plus fortes probabilités de succès de sa startup. »

Ainsi, si les conditions ne sont pas réunies au Maroc, les plus belles pépites partiront voir ailleurs, ce qui sera une énorme perte de valeur et de richesse pour le pays.

Meriem Zairi invite les pouvoirs publics à réunir les conditions pour faciliter les investissements dans les startups et faire gagner en consistance ce segment vital pour le pays.

Revêtant sa casquette de Présidente de la commission Startup & transformation digitale à la CGEM, Meriem Zairi étaye, pour Médias24, une série de quatre propositions « critiques » qu’elle qualifie de « quick wins » pour l’écosystème de l’innovation afin d’attirer les startups et PMEs innovantes avec un fort potentiel de création de valeur:

1. L’accès au marché par le biais du crédit-impôt pour soutenir les entreprises qui engagent des dépenses relatives à l’innovation, et pour développer l’innovation collaborative entre les startups et les grandes entreprises.

2. L’accès au financement. D’abord, par la défiscalisation de tous les investissements notamment ceux réalisés par les business angels. Ensuite, l’exonération de la TVA sur les frais de fonctionnement des fonds d’investissement.

« Les investisseurs étrangers sont perplexes face au paiement de cette TVA non récupérable. On doit être l’un des seuls pays qui adopte cette pratique. C’est une perte sèche pour les fonds d’investissement !».

3. L’accès aux talents. Il s’agit d’assouplir la fiscalité du travail concernant notamment le plafonnement de l’IR pour que les startups puissent attirer des profils de pointe.

4. Finalement, le cadre réglementaire.
a. « Concernant les formes juridiques, on a préconisé le statut « société par actions simplifiée (SAS) », sur le modèle français notamment ». Ces SAS sont des structures très flexibles qui permettent aux startups d’être dans des dynamiques plus agiles.
b. « On pousse également sur les sujets relatifs à l’accélération de la digitalisation, pour que les startups puissent y trouver de vraies opportunités de marché », conclut-elle.