L’autre jour, chez un épicier à Harhoura, Témara, des clients cherchent à localiser l’Hôpital universitaire de maternité et santé reproductrice des Orangers à Rabat. L’objectif est de savoir si des tests pour infertilité masculine y sont effectués. Il s’agit de jeunes hommes dans la trentaine. Tout heureux, ils obtiennent l’information qu’ils cherchent. L’un d’eux est plus heureux que les autres. Il arbore un sourire qui exprime tout l’optimisme du monde.

Plus tard, cette scène revient sur mon radar. Je regarde les informations. Sur mon smartphone, je reçois des partages de documents d’amis sur des sujets divers. Mais les sujets qui dominent restent l’enlèvement du président vénézuélien et son transfert aux États-Unis, la guerre continue entre la Russie et l’Ukraine, les manifestations en Iran et les turbulences au sein de l’Union européenne.

Je me pose la question de savoir si les jeunes de tout à l’heure ont idée de ce qui se passe dans le monde pour être aussi optimistes quant à l’avenir de cet enfant que l’un d’eux est si impatient d’avoir demain. Et du coup, je me dis que cela mériterait un papier. Alors, je partage avec vous ma réflexion à ce sujet. Elle dépasse le simple fait de parler du droit à la progéniture ou à l’idée de la famille en général.

Par déformation professionnelle, mon cerveau s’envole pour croiser le fer avec les conclusions de nombreux rapports, souvent alarmistes, rédigés par des organismes relevant des Nations Unies ou par des cabinets indépendants. Ils portent sur l’évolution de la population et sur sa répartition dans les quatre coins du monde. Ces rapports commandés parlent statistiques et interpellent la capacité des États et des gouvernements à répondre aux attentes sociales et économiques de leurs peuples.

Des discours divergents

J’ai sérieusement étudié des rapports de ce type tout au long des vingt dernières années. Cependant je m’intéressais beaucoup plus aux rapports annuels sur le développement humain dans le monde arabe (RDHA). Conçus sur une base dite indépendante, ils sont financés par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Ces rapports m’ont servi pour écrire mon livre intitulé ‘Vouloir et pouvoir dans la périphérie arabe’, publié en 2014. Délibérément ou par coïncidence, ces rapports ont influé sur la révolte de la rue dans des pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient qui ont expérimenté « le Printemps arabe » (2011-2012)

Les Nations Unies ont été très impliquées dans les différentes problématiques liées à la population mondiale. Au cours des quatre dernières décennies, les Nations Unies ont organisé des conférences internationales sur la femme (Mexico, 1975), les établissements humains (Vancouver, 1976), l’environnement et le développement (Rio, 1992), le changement climatique (Berlin, 1995 et Kyoto, 1997), etc. Ces conférences ont connu des bonheurs différents. Au centre des préoccupations, l’Homme.

L’explosion démographique fait peur. Hier, elle constituait un fonds de commerce, aujourd’hui elle inquiète. Parallèlement, des études sont publiées pour mettre en garde contre le phénomène de vieillissement de la population. C’était connu dans des pays européens, aux États-Unis et au Japon. Or, les inquiétudes gagnent des pays dits en développement, notamment en Afrique.

Il se trouve que les analyses, les rapports et les impressions expriment, comme pour ce qui est des questions se rapportant à l’Homme, des perceptions divergentes. La plupart des conclusions sont alarmantes et elles ne manquent pas de soubassements politiques. Des recommandations sont proposées dans la foulée.

La répartition de la richesse dans le monde est relevée. Des inégalités qui vont grandissantes. Le sous-développement qui ne peut être combattu sans des stratégies cohérentes d’investissement nationaux et étrangers. Ces investissements ne sont pas possibles sans un climat de stabilité et de sécurité qui rassure.

Pour ce faire, il est impératif de contenir et de se débarrasser de trois types d’obstacles humains : les fauteurs de troubles qui profitent du désordre pour s’enrichir. Les hors-la-loi qui font main basse sur les instruments du pouvoir sans être identifiés sur l’échiquier décisionnel. Les décideurs qui manquent de cran pour triompher des deux types d’obstacles. Un tel cafouillage ne rassure pas et fait durer le climat de l’incohérence et de la confusion.

Des rapports alarmants affirment que la croissance de la population mondiale, notamment en Afrique et en Asie, risque de faire suffoquer la planète. D’autres analyses, plus terre à terre, défendent la thèse contraire. Selon eux, la Terre n’est pas surpeuplée. Il y a encore d’autres espaces vierges à explorer. Ce qu’il faut considérer, c’est la répartition juste des populations par la création simultanée de la richesse dans plusieurs régions. Difficile en l’absence de moyens, mais rien n’empêche de mettre en œuvre des politiques adaptées aux besoins réels et sans propension au mimétisme.

Au centre des débats, parfois camouflée sans raison, la sécurité alimentaire. La colère de la nature exprimée dans des cycles de sécheresse dans les quatre coins de la terre est liée à la question du réchauffement climatique. Ce phénomène fait l’objet de réunions internationales à différents niveaux de la décision. Le sommet de Rio demeure la référence, mais depuis lors, les résultats atteints sont mi-figue, mi-raisin.

La politique s’en mêle. Les différentes COP (Conférences des Parties) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ont atteint le nombre de trente ; la dernière a eu lieu à Belém (Brésil). Les malentendus se multiplient et n’ont cure des conclusions des scientifiques sur les catastrophes naturelles causées par le réchauffement climatique.

Si des rapports et des études expriment leurs inquiétudes quant à l’explosion démographique, alors comment expliquer que les gens, partout dans le monde, continuent de faire des enfants ? Les explications sont nombreuses et brassent large.

Le poids des traditions

Le poids des traditions, la fertilité et le besoin de survie sont les premières explications qui viennent en tête. Ne pas avoir d’enfants est mal vécu par la plupart des couples. Au Maroc, un ami a vécu le martyr pendant des années. Tenté par l’adoption d’un enfant après s’être livré à toutes les expériences matériellement possibles, il reçoit une fin de non-recevoir de la part de la grande famille. Puis, miracle, son épouse tombe enceinte. L’événement est célébré dans l’intimité. Sa mère aux anges lui glisse dans les oreilles : « Maintenant, tu deviens un homme ».

Dans certains pays, avoir une fille est une corvée. En Inde et en Corée du Sud, la cérémonie de mariage des filles coûte beaucoup plus cher à la famille de la mariée. Cependant, une évolution vers la répartition égalitaire des charges est enregistrée durant la dernière décennie. On fait l’impasse sur d’autres traditions encore plus dramatiques.

Cependant, il serait injuste de ne pas mentionner l’excision des filles (mutilations sexuelles féminines), encore en usage dans certaines communautés africaines, en dépit des campagnes de sensibilisation menées tambour battant par leurs gouvernements. Même aux États-Unis et en Europe, cette pratique, pour des causes médicales, n’a été définitivement abandonnée qu’au début des années 1960. L’UNICEF double d’efforts pour éradiquer cette pratique à l’horizon 2030. Une mission très ardue, mais les planificateurs ne perdent pas espoir. Il faut souligner toutefois que la pratique de l’excision en général est très ancienne et n’a rien à voir avec les religions.

Et alors, quel intérêt d’avoir des enfants si, plus tard, ils sont exploités à différents stades de leur évolution ?

Dans la rubrique « Faits divers », l’actualité révèle des histoires de parricide, de fratricide, de pédophilie et d’inceste. Ces faits dramatiques se déroulent partout dans le monde et ne peuvent être justifiés, n’en déplaise aux défenseurs de la nécessité du respect des traditions culturelles des sociétés.

L’infanticide féminin durant la période antihistaminique est rappelé dans certains cercles académiques. La pratique de la Sati (suttee) en Inde où les veuves s’immolent volontairement sur le bûcher funéraire de leurs maris n’est pas effacée de la mémoire collective en Inde. Cette pratique rappelle la tragédie de la déesse Sati selon la mythologie hindoue, qui est bannie en 1829 par les Britanniques.

De même, le mariage précoce des filles, encore pratiqué dans certaines communautés en violation flagrante de la loi, est une forme détournée de pédophilie. Le déficit des filles qui décrit le déséquilibre sex-ratio en faveur des hommes dans certains pays asiatiques ajoute aux débats un parfum d’hypocrisie flagrant. Les familles préfèrent avoir des garçons pour ne pas payer une dot onéreuse à l’occasion du mariage si elles n’ont que des filles.

Par ailleurs, les croyances religieuses obligent les parents à refuser l’avortement même si les examens médicaux montrent que des anomalies fœtales dangereuses pour la vie de l’enfant à naître et de la mère sont indéniables. Une réaction similaire à celle de ceux qui récusent l’euthanasie quand bien même leurs proches souffrent et que la médecine n’y peut rien.

De temps en temps, des reportages et des documentaires sont réalisés sur l’exploitation des enfants dans les guerres. Des rapports sont établis sur les effets néfastes des conflits non résolus définitivement. L’un des dangers les plus dramatiques est celui des mines antipersonnel. Interdites par des conventions internationales, ces armes terribles sont utilisées par des guérillas et des groupes armés non étatiques. Des enfants, inconscients des dangers, se hasardent dans des zones dangereuses après des trêves observées par les factions rivales. Ils sont victimes d’explosions qui les amputent de leurs pieds et de leurs mains ou les emportent pour de bon.

Le drame des réfugiés et des populations déplacées est une autre manifestation de l’absurde. Autant ces populations chassées de leurs pays sont utilisées comme des boucs émissaires pour régler des conflits interétatiques, autant elles dérangent de crainte qu’elles créent des problèmes insolubles pour les pays d’accueil.

Ces populations sont certes exploitées en tant que boucs émissaires, mais elles sont surtout utilisées comme moyens de pression, sinon de chantage, pour atteindre des objectifs non atteints par des moyens de négociation transparents.

On se rappelle comment la Turquie, la Hongrie, la Jordanie, la Pologne, la République tchèque, l’Allemagne ont traité la question des réfugiés syriens entre 2012 et 2024 pour des raisons politiques et financières. Sur d’autres fronts, la question est encore plus épineuse, notamment quand l’identification des réfugiés, des personnes déplacées et des milices armées est difficile à établir.

L’enfer de l’exploitation des réfugiés est vécu au quotidien. Mais il y a plus grave encore, l’exploitation des jeunes filles qui rejoignent volontairement ou à la suite d’un lavage de cerveau parfait des groupes armés dits de résistance. Le drame des femmes qui ont été exploitées durant des guerres civiles en Amérique latine, en Asie et en Afrique est connu et a fait l’objet de documentaires qui figent le sang dans les veines.

Parmi les expériences dramatiques plus récentes, il y a celle des femmes qui ont rejoint les factions inféodées à Daesh et à l’Etats islamique dans le Levant et en Irak. Les enfants, dont les pères biologiques sont difficiles à identifier, sont laissés à la bonne grâce des gouvernements des pays d’origine des mères. Tout le monde n’a pas eu la chance d’être repêché et sauvé de la spirale de la violence physique et psychologique.

Durant les années 1970-1980, la tradition orale entretient la rumeur selon laquelle des produits alimentaires inclus dans les programmes d’aide au développement regorgent de molécules destinées à provoquer la stérilisation des femmes. Des études reprennent cette narration en la gonflant un peu. Cela ne relève en rien de la véracité de certaines conclusions y afférentes.

Par ailleurs, des enquêtes journalistiques réalisées durant les années 1990 révèlent que certains gadgets dont raffolent les enfants sont anisés de substances qui provoquent et entretiennent l’assuétude et influent sur la concentration et l’éducation des enfants.  Nombreux sont les enfants qui tombent dans l’enfer des drogues, une fois adultes.

Une conscience tatouée

Cette narration est prisée au lendemain de la pandémie du covid. Elle réconforte le narratif sur la théorie du complot et l’hégémonie invétérée de certains acteurs majeurs internationaux. Preuve en est que le financement des organisations internationales est assuré via des cotisations des États membres. Et comme ces derniers n’échappent pas au lobbying des grandes firmes internationales, notamment les grandes entreprises pharmaceutiques, il est tentant de tirer des conclusions dans le sens de la dramatisation.

Sur le même registre, des informations circulent selon lesquelles des vaccins sont fabriqués pour limiter le taux de fécondité dans des pays particulièrement ciblés. Or, les supputations de toutes sortes ne font aucune référence aux dommages collatéraux des vaccins. Tout le monde tombe dans le piège de la manipulation. On oublie que l’intoxication et le dénigrement des entreprises rivales font partie des techniques de commercialisation.

« Soleil vert », un film réalisé par Richard Fleischer, projette un état catastrophique du monde et plaide pour la protection de l’environnement. Les péripéties du film tourné et sorti en 1973 se déroulent en 2022. Un détective diligenté pour enquêter sur la cause du meurtre d’un homme d’affaires de renom tombe des nues.

Dans les quartiers objets de son enquête, il découvre que les gens expérimentent une vie précaire. Ils se font servir une tablette alimentaire appelée « Soleil vert ». Son enquête le conduit dans les labyrinthes d’une ville (New York) où il est choqué par des scènes apocalyptiques d’euthanasie volontaire. Ils agonisent pendant qu’ils regardent sur des écrans géants des images paradisiaques qui leur rappellent la qualité de vie qu’ils ont eue, des décennies auparavant. Les gens préfèrent mourir que de souffrir le martyr de l’épuisement des ressources alimentaires.

Bien que classé dans la catégorie de science-fiction, le film dépeint une situation écologique dont certains aspects sont constatés de nos jours. Curieux est le choix prémonitoire de l’année 2022. Une année après le contrôle de la pandémie du COVID, comme quoi il n’y a de fiction que pour anticiper sur des faits qui se produisent effectivement, à quelques détails près, à l’instar du sitcom américain The Simpsons, film d’animation projeté depuis 1989.

L’un des drames qui meublent les écrans de télévision à travers le monde est celui de la traite humaine, cette forme moderne d’esclavage qui pousse les gens à verser des larmes de crocodile. Oui, le droit à la progéniture. Quelle belle revendication ! Les gens ferment les yeux sur ce qui se passe dans leur propre voisinage. Ils ferment les yeux, mais regardent les informations qui défilent sur les écrans. Ils expriment leur peine de voir des enfants déchiquetés par des bombes, chassés comme des lapins, abusés de différentes manières sur des champs de guerre.

Cela rappelle la phrase tellement pénétrante de cet enfant syrien  durant la guerre civile syrienne avant de mourir : « Je dirai tout à Dieu. »  Certains sceptiques doutent de l’originalité de cette histoire. Mais l’essentiel, c’est le message. Le message fort, comme celui du photographe sud-africain Kevin Carter qui prend en 1993 la photo d’un enfant soudanais agonisant devant un vautour qui attend qu’il meure pour en finir avec. Carter est sévèrement critiqué. On lui en veut à mort d’avoir photographié une scène qu’il ne devrait pas. Il obtient le prix Pulitzer et se suicide un an après. On veut garder bonne conscience.

Oui, le droit à progéniture. Mais on oublie la tragédie de ces enfants kidnappés ou, selon la formule, « adoptés », qui servent à la traite humaine ou finissent sur une civière d’opérations chirurgicales pour des desseins macabres ; leurs organes sont vendus pour sauver la vie d’autres individus plus chanceux qu’eux. Ou encore, ces enfants dits zouhris, dont le sang est prisé par des esprits dérangés et des charlatans à la recherche de trésors perdus.

Cependant, loin de la langue de bois, force est de constater que les différents drames liés à la condition humaine sont la conséquence de nombreux dérapages et de choix politiques et économiques erronés. Cette observation concerne des pays dits en développement, lesquels ont investi dans des projets de société en-deçà de leurs moyens.

Ils ont été animés par des ambitions idéologiques qui se sont avérées mal assimilées et mal mises en œuvre. Il en est ainsi des pays qui ont opté pour l’industrialisation massive sans être conscients de la variable « dépendance » qui y est associée. D’autres ont opté pour l’agriculture comme moteur de développement plus réaliste. Des politiques de barrages et d’économie de l’eau dans les grandes métropoles ont connu des bonheurs différents.

Réalisme, pas pessimisme

Dans le temps, dans certaines communautés agricoles, avoir beaucoup d’enfants équivalait à montrer la force et à avoir une main-d’œuvre sans salaire ou bon marché selon des arrangements spécifiques à chaque communauté. Plus le cas de nos jours. Les enfants préfèrent s’installer dans les villes et succomber aux sirènes de l’exode rural. Les causes vont au-delà des conséquences liées au changement climatique.

Sans verser dans l’émotionnel, on ne peut pas ne pas parler de ces maisons vides après que les enfants partent pour construire leurs propres vies ailleurs. Les murs sont orphelins de leurs jacasseries, de leurs graffitis, de leurs empreintes sur les meubles. Et les parents aussi. Ils embrassent le vide à la recherche d’un baiser candide que les enfants auraient oublié de porter avec eux.

Veinards si les enfants ne les placent pas dans des maisons de repos. Ensuite, cette ingratitude… Ces visites à la sauvette… Ces nuits blanches durant lesquelles seule la dignité les empêche de crier leur colère alors que la solitude les étrangle, intraitable, sadique et cynique.

Il ne faut pas généraliser, dirait-t-on. Juste. Mais la tendance est là. On n’a qu’à aller faire un tour dans les jardins publics ou au bord des corniches sauvages pour rencontrer des personnes âgées qui se lamentent d’avoir été abandonnées, sentimentalement parlant, par leurs enfants. Ceci sans parler des histoires d’héritage, d’escroquerie autour des affaires de succession. Tout le débat sur la réforme du Code de la famille au Maroc, par exemple, est centré dans les coulisses sur la question de l’héritage.

Je me rappelle une histoire dont j’ai été témoin quand j’ai terminé mes études supérieures. Je me suis embarqué dans une petite aventure d’enseignant dans une école privée en attendant de trouver mieux. C’était à l’époque où un programme d’ajustement structurel était mis en œuvre par le gouvernement sur recommandation du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

Dans la classe, il y a un élève brillant. Un jour, il disparaît de la scène. Inquiet, je demande des nouvelles. On m’apprend que son père est décédé et qu’il traverse une période difficile. Des semaines plus tard, il revient. Et il m’explique : « On est tranquille à la famille, plutôt à l’aise. Puis, mon père meurt. Deux jours après son enterrement, des femmes se présentent à la maison. On découvre que notre père a été marié à trois autres femmes avec lesquelles il a eu des enfants, sept au total. Chacune a son carnet d’état civil en bonne et due forme ».

Et l’histoire de l’héritage qui prend les devants de la scène. J’ai regardé plusieurs fois une vidéo partagée depuis une semaine à grande échelle dans laquelle Morgan Freeman, acteur américain de renom, s’exprime sans détour et avec un langage qui fait frémir sur la théorie du domino pour qualifier ce qui s’est passé le weekend dernier au Venezuela.

Freeman fait un parallèle entre ce qui s’est passé au Vietnam (1955-1975) et les projections que laissent entendre l’intervention américaine et l’arrestation de Nicolás Maduro. Il étale ce charisme dont il a fait preuve dans des films icones tels que The Shawshank Redemption (1994) et SEVEN (1995). Il passe un message clair et sait qu’il ne peut rien faire.

Oui, il ne peut rien faire comme l’a été Al Gore, ancien vice-président américain, fervent défenseur de l’environnement. Il promeut avec fanfare un film-documentaire « An Inconvenient Truth » réalisé par Davis Guggenheim en 2006 sur le réchauffement climatique.

Il le fait après avoir perdu de justesse les élections présidentielles de 2000. Il est battu par George W. Bush après une saga juridique de plusieurs semaines très spécifique à l’échiquier politique américain. L’environnement, un thème principal dans la campagne d’Al Gore, n’est pas la tasse favorite des vrais planificateurs politiques de par le monde, et encore plus aux États-Unis.

Al Gore, comme Morgan Freeman, ou Angelina Jolie, qui défendent les causes des enfants affectés par la guerre et les droits des femmes, vivent dans le confort qui est le leur. Ce qu’ils font pour éveiller les consciences est louable et doit continuer. Cependant, ils seront, comme le reste d’entre nous autres, incapables de stopper l’éminence d’une autre guerre, encore plus dévastatrice, la guerre autour des ressources d’eau.

Je souhaite que ce jeune de Harhoura résolve son problème de stérilité masculine et qu’il ait l’enfant prodige  (garçon ou fille) que tout père rêve d’avoir. Il sera sollicité par les campagnes de promotion de produits de toutes sortes qui mettront cet enfant dans une situation de dépendance dont il ne pourra pas se débarrasser, plus tard. Il passera surtout à la caisse pour continuer à être le consommateur idéal qui se vantera d’avoir « une qualité de vie idéale! »

Je souhaite surtout qu’il ne lise pas cet article qui pompe de pessimisme et donne la chair de poule. La vie n’est pas un fleuve tranquille. La vie est une série de perceptions qui alternent des faits avérés, sollicitent la foi, nourrissent les aspirations et surtout invitent à toujours prendre du recul pour y voir plus clair et prendre la décision idoine.

Être un homme ou une femme n’est pas un exercice physique. Tout se passe dans la tête. Cela confirme l’opinion d’une amie docteure qui est d’avis que les drames physiques que l’on expérimente sont la conséquence de traumatismes vécus dès les premières secondes de la naissance. Les convictions, les croyances et les codes que la société établit et entretient, ne sont que la partie d’un décor chimérique.