Les Israéliens, qui se croyaient invincibles face aux armées classiques des pays arabes, subissent en ce moment une humiliation sans nom de la part de ce groupuscule d’hommes armés et bien entrainés, que Benjamin Netanyahou a lui-même nourri pour contrer l’OLP.
Au lieu de pousser le gouvernement israélien à faire avancer le processus de paix pour se séparer des Palestiniens sur la base des deux Etats, cette attaque pousse Netanyahou à opter pour une guerre totale contre Gaza, mais aussi le Hezbollah au Liban, les Houtis au Yémen puis contre l’Iran et la Syrie. Depuis le 8 octobre 2023, l’armée israélienne mène d’abord des frappes aériennes sans discernement contre toutes les infrastructures de Gaza, tuant et massacrant sans discernement la population palestinienne par milliers. L’invasion terrestre est venue compléter l’œuvre suivant la même logique d’exterminer tout ce qui se trouve sur son chemin.
Ces confrontations sans discernement poussent alors la communauté internationale à rappeler à Israël ses devoirs vis-à-vis de la population civile palestinienne. Les milliers de morts civils, la famine, le manque d’eau et de médicaments, ont alerté les ONG et l’ONU qu’un génocide est en cours, sans que les civils ne reçoivent des secours urgents pour les maintenir en vie. Au lieu de parer à l’urgence et de venir en aide aux populations souffrantes, le mot génocide est devenu l’objet des débats juridiques et politiques entre spécialistes et humanitaires.
Pourtant dans cette guerre asymétrique les faits sont têtus. Depuis ce 7 octobre, on compte 70.000 morts palestiniens, 1,9 million de déplacés, 80% des infrastructures de Gaza détruites. Ceci sans compter les morts à cause de la famine, du manque d’eau et de médicaments, conséquences des hôpitaux et dispensaires détruits et du blocus total imposé à Gaza.
Ce sont ces données de base qui servent normalement à étayer le raisonnement aux yeux du droit international pour mesurer s’il s’agit de crime de guerre, crime contre l’humanité, ou crime de génocide.
Pour Israël, le terme génocide, relayé par les organisations internationales et par une partie grandissante de l’opinion publique occidentale, est difficile à porter et à supporter, car il est à la base même de son existence. Pour qu’il soit employé, ou qu’un pays soit qualifié de la sorte, deux éléments sont essentiels, à savoir l’intention des responsables de vouloir éradiquer ou détruire un groupe donné, et ensuite de constater des faits matériels irréfutables et concrets, comme les meurtres de masse ou des atteintes graves à l’intégrité physique des personnes pour provoquer leur destruction.
La Cour pénale internationale, saisie de cette question dès le début de 2024, a ordonné à Israël de prendre toutes les mesures possibles pour prévenir un génocide. Elle a évoqué cependant des risques raisonnables de génocide, tout en émettant un mandat d’arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, visant le Premier ministre israéliélien Benjamin Netanyahou, son ministre de la Défense Yoav Gallant ainsi que le commandant du Hamas Mohamed Deif.
Pour le moment tout ce débat juridique parait comme un luxe dérisoire face aux souffrances des Palestiniens. Les responsables israéliens actuels ont, pour leur part, réussi une nouvelle performance : isoler davantage leur pays de la communauté internationale.
Quant à la paix entre Israël et ses voisins, y compris les Palestiniens, elle ne peut se réaliser malheureusement qu’avec une réelle volonté et pression de la part des pays occidentaux, à commencer par les Américains eux-mêmes qui, à chaque confrontation, lui apportent aide et soutien pour alimenter ces guerres. Il faut une solution négociée et pacifique à ce conflit qui assure la paix à tous. Toute option militaire qui nie le droit de l’autre ne peut générer que des malheurs pour tous.