Or pour permettre à ce secteur de se formaliser, il faut amorcer une dynamique vertueuse qui va devoir coûter à l’Etat et dont le retour sur investissement doit être construit sur le moyen terme, pas le court terme. L’attrait à sortir de l’informel est de prime abord inexistant pour un entrepreneur de Derb Ghallef, et la méfiance envers l’Etat exacerbe davantage ce sentiment.

Il doit bien y avoir des leviers et particulièrement avec le numérique qui s’impose à tous! Que ce soit par le fait de le sortir de la précarité et de le protéger face aux abus et parfois aux extorsions, que ce soit par l’accès à des financements subventionnés (ce secteur repose sur le cash et les emprunts d’usuriers), et par le mobile money et l’inclusion financière, que ce soit par la mise en place d’une taxe à l’importation des containers, entièrement déductible de l’IS (ce qui poussera à faire des déclarations), que ce soit par l’AMO et la CNSS ou enfin par l’accès à la propriété (pas des locaux commerciaux souvent squattés mais des logements personnels). En somme comment rendre le formel attrayant pour ceux qui se sont construits dans son ombre.

De par sa taille, de par sa vivacité et de par sa contribution au tissu socio-économique de notre pays, l’informel mérite tous les égards. Il mérite de s’asseoir à la table des acteurs de la relance au même titre que le grand patronat. Il mérite le respect. Il mérite un nom à sa hauteur.

Ne pas avoir réussi à l’intégrer dans la matrice économique officielle, c’est avoir failli.