Il nous arrive tous un jour qu’un lourd visiteur s’installe chez nous, et avec sa lourde présence on s’impatiente pour son départ. Pourtant dès son installation, et après lui avoir servi du lait et des dattes, puis un verre de thé chaud à la menthe, quelque chose se dérègle soudainement. Le salon où on le reçoit semble changer de dimension. Il n’est plus ce lieu joyeux d’hospitalité, mais une salle d’attente. On y assure l’accueil contraint et forcé, en attendant le départ du visiteur.

Avec ce genre de visiteur, les conversations respectueuses du départ se tarissent et se ralentissent, et soudainement la méfiance s’installe en attendant désespérément son départ. On contemple du coin de l’œil l’horloge égrener les minutes et les secondes, en pensant à son départ pour bien cadenasser la porte derrière lui. C’est cette scène qui vient à l’esprit après le séjour et les divers comportements de la délégation algérienne lors de cette fête footballistique africaine et dont les médias internationaux ont été témoins.

Le football, par son essence, sa popularité et son impact mondial, aurait dû être une occasion pour nous rapprocher davantage de ce pays voisin, nous souder et pousser nos politiques à avancer vers la paix, la complémentarité et la concorde. C’est l’esprit même de ce sport populaire censé dépasser les frontières, les conjonctures, les conflits et les stéréotypes. Le football nous rappelle que la rivalité à ce niveau est saine et belle quand elle est bien encadrée, respectueuse et surtout apolitique, et avec beaucoup d’égards au pays d’accueil.

Il est cependant affligeant de constater que ce qu’on a vu et constaté durant le séjour de la délégation algérienne a donné une mauvaise image de ce pays par le comportement de certains de ses membres et de ses supporters. Est-il besoin de rappeler qu’un terrain de foot n’est pas un champ de bataille pour régler des comptes et prendre vengeance, mais un lieu tout simplement d’émulation et de compétition ? Qu’un terrain de jeux n’est pas la continuité des conflits politiques par d’autres moyens, pour paraphraser Carl Von Clausewitz. Le terrain de foot n’est ni une tribune idéologique, ni l’espace désigné pour régler des comptes entre Etats par l’entremise des joueurs.

Les supporters et les joueurs algériens étaient les bienvenus au Maroc et ont été accueillis royalement comme des voisins, avec toute l’hospitalité reconnue des Marocains. Ils ont voyagé librement à travers le pays, et ont pu se mêler aux nôtres sans contrainte. Ils ont été accueillis comme des athlètes, des sportifs, des supporters, mais surtout comme les ambassadeurs de l’Algérie et de sa culture. Chacune de leurs attitudes adoptées durant leur séjour au Maroc, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, déteint inéluctablement sur l’image de leur pays. De retour chez eux, ils auront le temps de parler à leurs proches de leur expérience et séjour parmi nous, et ce sera ça de gagné.