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3ᵉ Journée nationale de l'industrie

3ᵉ Journée nationale de l'industrie
08 novembre 2025
16:02 Cosumar témoigne de son expertise dans le Made in Morocco
Cosumar, acteur historique de l’industrie sucrière au Maroc, revient sur près d’un siècle d’expérience au service du Made in Morocco, lors de la 3ᵉ édition de la Journée nationale de l’industrie.

Parmi les entreprises industrielles à avoir mis en avant leur expérience et leur expertise lors de la 3ᵉ édition de la Journée Nationale de l’industrie figure le groupe Cosumar.

Ce dernier a réaffirmé son engagement en faveur de la souveraineté alimentaire du pays et de la valorisation du Made in Morocco, puisque l’entreprise accompagne depuis près d’un siècle le développement industriel et agroalimentaire national.

Un outil industriel au service de l’approvisionnement national

Implanté dans cinq grandes régions avec sept sucreries et deux raffineries, notamment celle de Sidi Bennour entrée en exploitation en 2024,  Cosumar dispose aujourd’hui d’une capacité de production de 2,5 millions de tonnes de sucre blanc par an.

Cet outil industriel assure un approvisionnement stable et continu du marché national, tout en permettant au « Made In Morocco » de dépasser les frontières nationales à l’international avec des exportations vers plus de 80 destinations, hors système de subvention, explique l’opérateur. Le Groupe exporte aujourd’hui près d’un million de tonnes par an.

Au-delà de l’approvisionnement des ménages, Cosumar fournit également l’ensemble de l’industrie agroalimentaire marocaine en sucre, intrant essentiel, contribuant ainsi à la compétitivité de la production nationale.

Parmi les pionniers du modèle d’agrégation

Cosumar a, par ailleurs, été parmi les premiers industriels à expérimenter l’agrégation agricole. Ce modèle s’inscrit dans le cadre des contrats-programmes conclus entre la filière sucrière et l’État, et s’aligne avec les orientations nationales en matière de souveraineté alimentaire, de développement agricole et de durabilité.

Elle rassemble 80 000 agriculteurs partenaires. Ce dispositif repose sur des contrats pluriannuels, un soutien financier conséquent, et un accompagnement technique assuré par plus de 120 ingénieurs et conseillers agricoles au profit des agriculteurs.

COSUMAR a également digitalisé l’ensemble de la chaîne agricole à travers Attaissir, une plateforme conçue par des compétences marocaines qui pilote le suivi des cultures, la gestion des intrants et la coordination des opérations sur le terrain.

Ce système connecté supervise aussi la mobilisation de plus de 2000 véhicules de collecte et équipements agricoles, ainsi que la coordination avec les prestataires spécialisés, renforçant la traçabilité, l’efficacité opérationnelle et la transparence au sein de la filière.

Autour de cette filière gravitent 374 PME qui se spécialisent dans les intrants agricoles, les travaux mécanisés et la logistique de collecte, contribuant ainsi pleinement au dynamisme de l’écosystème sucrier.

Chaque année, ce sont près de 3 milliards de dirhams que Cosumar injecte dans le monde rural, renforçant ainsi le développement territorial et la cohésion sociale.

Baromètre de l’industrie, automobile, investissements… Hanane Belyagou, directrice des statistiques au ministère de l’Industrie et du commerce, revient sur une année exceptionnelle pour l’industrie marocaine, portée par une croissance solide et des investissements record, malgré un contexte mondial instable.

Lors de la 3e Journée nationale de l’industrie, tenue les 3 et 4 novembre à Rabat, Médias24 a rencontré Hanane Belyagou, directrice des statistiques, des études, de la veille et de l’évaluation au ministère de l’Industrie et du commerce. Elle expose les résultats du baromètre de l’industrie 2024, qui dresse un état des lieux du secteur industriel marocain.

Le baromètre de l’industrie 2024

« Le baromètre de l’industrie, dans sa deuxième édition, se veut un outil d’intelligence économique qui dresse une lecture claire de la performance du secteur industriel, pour les acteurs publics et privés », explique Hanane Belyagou.

Selon le baromètre, le chiffre d’affaires industriel a frôlé les 900 milliards de DH en 2024, en hausse de 9% par rapport à 2023, pour 240 MMDH de valeur ajoutée et 90 MMDH d’investissements, soit une progression de 30%.

« Ces résultats sont d’autant plus remarquables qu’ils s’inscrivent dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques et des mutations des chaînes de valeur », souligne-t-elle.

Automobile : une niche stratégique, pas une dépendance

Le secteur automobile reste le moteur de l’industrie marocaine, avec 196 MMDH de chiffre d’affaires et 250.000 emplois. Mais pour Hanane Belyagou, il ne s’agit pas d’une dépendance risquée. « C’est un choix stratégique. Le secteur automobile tire avec lui plusieurs autres filières : le textile technique, l’électronique, la plasturgie. On parle d’une intégration locale forte, verticale et horizontale ».

Elle précise que le Maroc est désormais le premier exportateur de câbles automobiles vers l’Europe, preuve de la montée en valeur ajoutée. « Tous les modèles économiques de pays industrialisés s’appuient sur une niche forte. Le Maroc a choisi la sienne, et c’est un choix payant ».

Investissements : un pic historique en 2024

Le baromètre fait état d’un record d’investissements industriels à 90 MMDH, en hausse de 30%. « L’investissement reste par nature ponctuel et dépend de décisions individuelles d’acteurs économiques », nuance Hanane Belyagou.

Cette hausse est notamment portée par des projets d’envergure dans la chimie-parachimie, en lien avec la décarbonation et la valorisation des ressources naturelles, ainsi que par des investissements dans les batteries pour véhicules électriques. « Même si certains secteurs concentrent les montants, tous progressent en termes d’investissement et d’extension de capacité ».

Déconcentration industrielle : des signaux encore faibles

Selon le baromètre, 83% de l’activité industrielle demeure concentrée dans trois régions : Casablanca, Rabat et Tanger. « La volonté de déconcentrer est réelle, notamment à travers la Charte de l’investissement, qui prévoit des primes supplémentaires pour les projets installés hors de ces pôles », explique-t-elle.

La part de Casablanca dans le chiffre d’affaires national est passée de 70% à 54%, « mais cela reste une concentration importante. La déconcentration se fait progressivement. Par exemple, le secteur automobile commence à s’implanter dans le Souss-Massa et l’Oriental, à hauteur de 0,2% chacun. Ce sont des signaux faibles, mais significatifs ».

Transition énergétique : une mutation inévitable

Le baromètre révèle que 74% de la consommation énergétique industrielle repose encore sur des énergies dites « autres », une catégorie qui inclut les énergies fossiles mais aussi une part non négligeable de renouvelables. « Nous savons que plus de 7 TWh proviennent déjà de sources renouvelables, mais par prudence, nous ne les avons pas encore intégrés séparément dans les chiffres », précise Hanane Belyagou.

Elle rappelle que les industries thermo-intensives (ciment, sucre, chimie…) sont désormais contraintes d’adopter des solutions de décarbonation pour préserver leur accès aux marchés européens. « Ce baromètre constitue une première ligne de base. Dès les prochaines éditions, nous pourrons mesurer l’évolution vers des industries plus électro-intensives et moins carbonées ».

« Ce que nous observons aujourd’hui, conclut Hanane Belyagou, c’est la concrétisation d’une vision de long terme. L’industrie marocaine gagne en maturité, en intégration et en souveraineté économique ».

Dans un entretien accordé à Médias24, le ministre de l’Industrie, Ryad Mezzour, revient sur les grands chantiers du moment : le lancement du label "Made in Morocco", la montée en puissance des provinces du Sud, la compétitivité des PME, la bataille de l’emploi industriel et la nouvelle stratégie nationale en préparation.

Médias24 : Le label Made in Morocco est l’un des moments forts de cette journée. En quoi s’inscrit-il dans une logique de souveraineté et de compétitivité, et comment va-t-il se concrétiser pour un industriel « lambda » ?

Ryad Mezzour : Permettez-moi d’abord une digression. Nous sommes très fiers de démarrer cette journée avec la célébration de la résolution des Nations unies et du discours de Sa Majesté, qui s’inscrivent dans une trajectoire de développement global : diplomatique, économique, industriel, culturel et sportif.

Le Maroc récolte aujourd’hui les fruits de plusieurs décennies d’efforts. Il est important que les Marocains en prennent conscience. Certains se demandent pourquoi nous investissons dans tel ou tel domaine, sans toujours percevoir la logique d’ensemble. Ces avancées sont le résultat d’un travail de long terme : développement des infrastructures, ports, ouverture économique… Aujourd’hui, les jeunes Marocains sont capables de fabriquer des pièces aussi complexes qu’un moteur d’avion. Nous pouvons être fiers de ce parcours.

Les investissements productifs, même s’ils représentent une part modeste du budget par rapport à la santé ou à l’éducation, créent des richesses, des compétences et des emplois. La résolution onusienne fondée sur le plan d’autonomie du Royaume va également libérer des énergies nouvelles pour le développement industriel dans nos provinces du Sud. C’est un moment important qu’il faut célébrer..

– Pour poursuivre sur ce que vous disiez à l’instant, nous reviendrons sur le label un peu plus tard. Justement, vous avez appelé les industriels à s’engager davantage dans la dynamique des provinces du Sud. Or, selon le baromètre de l’industrie, 83% à 84% de l’activité reste concentrée à Casablanca, Rabat et Tanger. Votre message est-il entendu ? Ce message est-il audible auprès des industriels ?

– Non seulement le message est audible, mais il y a un travail qui est engagé. Un travail de fond est mené avec les opérateurs, élus et acteurs régionaux pour identifier les potentialités de chaque région et renforcer leur attractivité.

Sur le plan des infrastructures, deux grands ports sont en construction : Nador West Med, qui ouvrira dès l’an prochain, et Dakhla Atlantique, prévu dans trois ans. Ces infrastructures ouvriront de nouvelles portes sur le monde, pour les provinces du Sud mais aussi pour l’Afrique et le Sahel.

Nous mettons également en place un soutien différencié à l’investissement selon les régions et leur niveau d’industrialisation. Nous orientons mieux les investisseurs grâce à des comparaisons sur la logistique, le coût de la vie, la main-d’œuvre, le turnover

Les provinces du Sud deviennent de plus en plus attractives. Le programme de développement lancé il y a dix ans par Sa Majesté leur a permis d’acquérir des infrastructures de classe mondiale : routes, ports modernisés, zones industrielles.

Elles attirent désormais des projets dans les énergies renouvelables et l’industrie lourde, notamment autour de l’hydrogène vert (Dakhla, Boujdour, Tarfaya, Tata). Le Maroc est en train de « crever le plafond de verre » dans plusieurs domaines et s’affirme comme un acteur régional, voire mondial.

– Revenons au label Made in Morocco. Alors en quoi consiste-t-il concrètement et, surtout, ce label est-il avant tout pensé pour renforcer la confiance des consommateurs marocains envers le produit fabriqué localement ou est-il destiné à conquérir d’autres marchés ?

– Les deux, mon général. Quand on dit à nos acheteurs – publics ou privés – d’acheter marocain, ils demandent souvent : « Qu’est-ce qu’un produit marocain » ?

Donc, il y avait un besoin important de définir le Made in Morocco, notamment pour les achats nationaux, et pour que n’importe qui ne puisse pas venir se réclamer du fabriqué au Maroc alors que la production se fait ailleurs. Il fallait donc une définition claire. Le label, géré par l’Institut marocain de normalisation (IMANOR), répond à ce besoin. Il repose sur trois critères :

  1. Un contenu local minimal de 40%, ou une transformation significative (intellectuelle, technologique ou industrielle).

  2. Le respect de normes de qualité, vérifiées par audit de l’outil de production et du produit.

  3. Une certification mesurable et renouvelable : un an pour la première fois, puis tous les trois ans.

Ce label permettra d’éviter les abus et garantira que le Made in Morocco soit un véritable gage d’origine et de qualité.

– On va faire un petit topo général de l’état des lieux des des filières industrielles au Maroc. Dans son dernier discours du Trône, le Souverain avait déclaré, je cite : « Il n’y a de place ni aujourd’hui ni demain pour un Maroc avançant à deux vitesses ». Je me suis permis de transposer cette citation, qui fait sens dans plusieurs domaines d’ailleurs, au secteur industriel. D’un côté, nous avons des filières qui performent, l’automobile, l’aéronautique, les nouveaux métiers mondiaux. De l’autre, nous avons d’autres filières avec des PME industrielles qui, à les écouter, souffrent toujours des mêmes problématiques, les délais de paiement, l’accès au financement… Est-ce que cette fracture, vous la constatez vous aussi ? C’est une réalité ? Votre rôle, c’est justement d’essayer de réduire au maximum cette fracture-là… 

– Alors, la même fracture sociale qu’il peut y avoir au niveau des individus existe aussi au niveau des entreprises. Il ne faut pas se tromper. Nous avons un tissu de PME qui souffre, pas forcément de la faute du climat des affaires seulement.

Il souffre aussi à cause de choix parfois difficiles, car l’entreprise est avant tout une aventure, une prise de risque, et il souffre également des transformations technologiques qui se produisent de plus en plus rapidement. Il souffre aussi parce que la mondialisation nous a permis de gagner des investisseurs qui sont dans la compétition mondiale, et certaines PME ont peiné à s’adapter à la compétition mondiale.

Concernant les délais de paiement, plusieurs révisions légales ont été faites. Les premiers rapports montrent une amélioration. Le secteur public a joué le jeu, et le privé commence à suivre.

D’ailleurs, cela se ressent également dans les octrois de crédit, car il y a un peu de cash qui commence à entrer dans les entreprises. C’est pas encore suffisant, mais ça s’améliore.

Au niveau de l’investissement, effectivement, on a des problématiques par rapport au financement entre le haut et le bas du bilan. Souvent, les PME sont sous-capitalisées, y compris certaines PMI qui, de ce fait, peinent à obtenir du crédit. Il y a toujours un rapport entre les capitaux propres et l’endettement qu’il faut régler, d’où les compartiments pour soutenir les investissements viables et soutenables par rapport à ces PMI au niveau du Fonds Mohammed VI pour l’investissement ; d’où la banque de projets pour essayer de les orienter vers des business plus rentables, plus soutenables, etc.

Puis, après, il y avait le problème de l’accès à l’innovation, à la technologie. Il y avait un besoin de modernisation, de transférer et d’acquérir de nouvelles technologies, de développer de nouveaux produits tout simplement. On a mis un fonds de soutien à l’innovation qui a accompagné 187 entreprises dans les deux dernières années, mais qui n’est pas complètement utilisé.  Nous essayons d’inciter et d’encourager les industriels à s’en saisir davantage.

C’est vrai qu’il y a des difficultés à adapter certaines formations à leurs besoins, mais il y a parfois un manque d’implication. Donc, un travail est en train d’être fait pour essayer de combler chaque compartiment de manque.

Cela dit, des entreprises marocaines commencent à devenir de belles success stories au niveau industriel. On le voit dans l’agroalimentaire, on le voit dans les produits de beauté, les produits de nettoyage… On commence à le voir dans l’automobile, que ce soit en fournisseur ou en constructeur.

On commence à le voir aussi dans l’aéronautique avec des fournisseurs directs, à capitaux marocains, de rang 1 des principaux constructeurs aéronautiques.  On le voit bien évidemment dans le textile qui a réussi à tirer son épingle du jeu…

Mais le vrai enjeu, la vraie bataille que j’ai maintenant, ce n’est pas la bataille du financement, pour être tout à fait honnête, la vraie bataille que nous avons maintenant, c’est la bataille de l’emploi et du bon emploi.  C’est une bataille, on va dire générationnelle.

C’est quelque chose qui se prépare depuis vingt ans. On savait qu’on allait avoir le gros du passage dividende démographique durant ces dix ans.

Il y a eu un développement économique exceptionnel, mais aujourd’hui, il y a aussi des aspirations qui ont changé. Il y a des secteurs où des emplois ne sont pas pourvus parce que les aspirations et la formation des jeunes sont supérieures.

– Lesquels par exemple ?

– Par exemple, dans l’agriculture, on n’arrive plus à trouver des gens qui travaillent. Dans le bâtiment aussi, il y a de plus en plus de tension sur le marché du travail. Sur certains secteurs industriels, notamment le textile et certains secteurs du câblage, des tensions se font sentir. Les jeunes aspirent à de meilleures conditions.

Donc la bataille n’est pas seulement quantitative en termes d’emploi, elle est aussi qualitative. Ainsi ma vraie bataille, c’est de continuer à développer et à attirer l’investissement innovant, même si son contenu en emploi par rapport à ce qui est investi est plus faible, pour accélérer cette croissance de notre pays, et crever le plafond de verre de manière importante, passer à une autre étape et à une autre échelle en termes de volume d’investissement pour être en mesure non seulement de l’accueillir, mais de le faire au bon niveau.

– Même dans la stratégie de l’emploi industriel, vous avez une approche, disons, sectorielle en fonction des besoins ?

– On a une approche régionale, sectorielle et écosystémique. Cela veut dire qu’on travaille bien évidemment à l’échelle régionale pour valoriser les potentialités, et également au niveau sectoriel pour croiser avec les régions et pouvoir atteindre les marchés internationaux dans des flèches de compétitivité et de chaînes de valeur.

Et puis après, on travaille sur la montée en gamme pour pouvoir au niveau écosystémique faire monter en gamme les chaînes de valeur et les approfondir et travailler sur la complexité.

– Pourquoi, malgré tout cela, le secteur industriel n’arrive-t-il pas à créer suffisamment de postes d’emploi ?

– C’est un secteur qui est dynamique, qui crée pas mal d’emplois. D’ailleurs c’est l’un des rares secteurs qui crée beaucoup d’emplois dans notre pays encore. Le reproche qu’on lui fait, c’est qu’il doit créer tous les emplois que les autres ont perdu. C’est assez incroyable. Nous avons trois vecteurs qui font qu’il est injustement traité de faible créateur.

Premièrement, parce que quand on mesure l’emploi dans le secteur industriel, on mesure l’emploi sur les chaînes de production. Et dans les chaînes de production, elles sont de plus en plus automatisées parce qu’on ramène de plus en plus de technologie. L’emploi créé dans un investissement industriel est aujourd’hui à plus de 70-75% non lié aux chaînes de production. C’est de l’emploi supply chain, c’est de l’emploi qualité, c’est de l’emploi recherche et développement, c’est de l’emploi ingénierie, etc. Tout cet emploi est considéré comme service, y compris si c’est dans une usine.

Donc quand on sort les statistiques, on dit que le secteur ne crée pas grand-chose. Quand je vais vérifier à la CNSS combien les entreprises industrielles ont créé d’emplois, j’ai un autre chiffre.

Le deuxième point, c’est qu’aujourd’hui, on ne tient pas compte de l’impact de l’outsourcing que crée cet emploi industriel. Quand on installe une usine dans une ville ou un village, tout le monde sait comment cette usine peut transformer les alentours. Quand cette usine disparaît, les conséquences sont significatives.

Je vous donne l’exemple célèbre de la Samir. La Samir s’effondre, 300 entreprises s’effondrent derrière dans le tissu environnant, une ville est en difficulté, c’est Mohammédia.

Donc on ne se rend pas compte de l’impact que peut avoir une usine sur d’autres usines, mais aussi sur d’autres services qui sont là pour travailler avec elle.

Et puis après, bien évidemment, il y a le troisième facteur qui est le facteur d’automatisation et de montée en gamme. Nous sommes en train de faire cette montée en gamme et d’élargir, mais l’élargissement ne va pas aussi vite qu’on le souhaite.

– Dernière question, la nouvelle stratégie industrielle que vous avez annoncée il y a quelques mois de cela, où en êtes-vous concrètement ?

– C’est un moment extrêmement important parce qu’on est dans un monde qui est en train d’être complètement bouleversé, et on est en pleine guerre commerciale.

On doit redéfinir de manière agile, au quotidien, notre positionnement. Pour faire simple, on travaille avec des objectifs qu’on s’est fixés, mais on les réajuste en permanence pour pouvoir être suffisamment agiles pour accompagner ce monde changeant.

Et donc, tant que le monde ne s’est pas encore complètement stabilisé, on ne peut pas dire qu’on va viser tant sur le marché européen, tant sur le marché africain…

Nous sommes dans un ajustement permanent pour nous fixer notre propre doctrine qui sera plus soutenable, malgré les changements. Donc, il a fallu faire un reassessment qu’on est en train de finaliser, et j’espère qu’on pourra vous la présenter bientôt.

Assemblée au Maroc, la nouvelle Dial-E de Neo Motors se positionne comme une solution de micro-mobilité accessible, avec un taux d'intégration locale qui devrait atteindre, à terme, 55% selon le producteur. L'entreprise, qui s'inspire du succès chinois, vise le marché national ainsi que l'Europe, avec des objectifs de vente ambitieux.

Invité dans le studio de Médias24, Nassim Belkhayat, fondateur de Neo Motors, revient sur la genèse et évoque les perspectives de la nouvelle Dial-E.

L’entreprise, qui avait déjà lancé un véhicule thermique avec « un taux d’intégration locale de plus de 65% », engage une nouvelle aventure avec ce nouveau modèle 100% électrique.

Du thermique à l’électrique : une stratégie de niche

« En tant que constructeur, nous avons compris qu’il serait très compliqué de trouver notre place parmi les géants européens et l’avalanche de véhicules chinois », explique Nassim Belkhayat. Face à ce constat, Neo Motors a décidé il y a deux ans de « pivoter » pour devenir « le géant de la micro-mobilité« . S’inspirant du succès de la Citroën Ami en Europe, l’entreprise a identifié un marché porteur pour des petits véhicules urbains.

La nouvelle voiture électrique partage un écosystème similaire à son aînée thermique, notamment un châssis tubulaire, un « set de verre », des faisceaux et des sièges, tous fabriqués localement. La principale nouveauté est la batterie, qui représente 35% de la valeur du véhicule.

« Cette batterie, aujourd’hui, on la fabrique chez Neo », précise Nassim Belkhayat. L’entreprise a investi dans une ligne de « packing » de batteries et maîtrise la technologie du BMS (Battery Management System), lui permettant de « coder sa propre batterie ».

Actuellement, le véhicule atteint 20% à 25% de taux d’intégration, mais « quand on sera en maîtrise complète de notre batterie, on atteindra les 55%. Les cellules sont pour l’instant importées, mais Neo Motors deviendra le premier client de la future Giga Factory Gotion au Maroc, ce qui permettra d’utiliser des cellules produites à partir de phosphate et de fer marocains ».

Homologation européenne et ambitions à l’export

En moins de deux ans, Neo Motors a réussi à « refabriquer un véhicule électrique, à l’homologuer et à le certifier au nom de Neo Motors par un organisme européen ». « On est la première start-up industrielle africaine à avoir une homologation complète européenne« , indique Nassim Belkhayat.

Le véhicule sera donc commercialisé non seulement au Maroc, mais aussi sur le marché européen dès janvier 2026. L’objectif est d’atteindre 10.000 unités vendues sur trois ans, avec une capacité de production de 10.000 véhicules par an (25 à 30 par jour).

Accessible et adapté : la réponse aux contraintes locales

Le véhicule a été conçu pour répondre aux problématiques marocaines et africaines. Conscient des défis liés à l’infrastructure de recharge, Nassim Belkhayat souligne que « ce modèle se charge comme un iPhone, avec une prise simple murale ». Il se recharge complètement en 6-7 heures, offrant une autonomie de 150 km et une vitesse de pointe de 85 km/h.

Avec un prix de 99.800 DH TTC (grâce à une TVA réduite pour les véhicules économiques), et des mensualités estimées à 1.300-1.400 DH après un acompte de 10.000 DH, le véhicule se veut « accessible ».

« On l’a pensé pour les Marocains qui s’étaient plaints de ne pas pouvoir acheter un véhicule Made in Morocco« , ciblant les étudiants, les jeunes entrepreneurs, les collectivités et les entreprises pour leurs flottes commerciales.

Le modèle chinois comme source d’inspiration

Interrogé sur la concurrence chinoise, Nassim Belkhayat ne cache pas son admiration. « Je suis impressionné par le niveau de qualité de leurs véhicules. Aujourd’hui, je fais le Chinois avec les Chinois, je vais m’inspirer chez eux », confie-t-il.

Pour lui, le succès de l’industrie automobile chinoise, qui est passée en vingt ans de « voitures en carton » à une position de leader technologique, est un « véritable modèle à suivre ».

Neo Motors entend donc s’inspirer de cette agilité, en utilisant le reverse engineering et le remanufacturing pour comprendre et adapter les technologies existantes, tout en y introduisant une valeur ajoutée marocaine en termes de design et de savoir-faire.

De Renault à Dislog Group en passant par le groupe Enosis, les témoignages ont convergé sur un point : le "Made in Morocco" n'est plus un simple slogan, mais le moteur d'une ambition nationale qui dépasse les frontières.

Le premier panel de ce mardi 4 octobre, sur le thème du « Made in Morocco, au service de l’attractivité de la plateforme industrielle marocaine », a été l’occasion de dresser un bilan des acquis et de tracer les perspectives d’avenir pour le label marocain, véritable pilier de l’attractivité et du développement territorial.

Ouvrant le débat, Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, a rappelé que la nouvelle Charte de l’investissement est un « pilier » de l’action gouvernementale, conçue pour soutenir concrètement le Made in Morocco. Revenant d’une visite au Japon, il a souligné que le Maroc est désormais « un pays très reconnu mondialement », apprécié pour sa fiabilité et sa fidélité ».

« La charte vient renforcer les incitations et créer un terrain fertile pour attirer les investisseurs, nationaux comme internationaux », a-t-il déclaré, précisant que le soutien se concentre sur des axes clés comme l’innovation, l’emploi et l’équité territoriale. Pour le ministre, cette charte est le « garant » du succès du label marocain à l’échelle mondiale.

Mohamed Bachiri : « De la Botola à la Champions League »

Mohamed Bachiri, directeur général de Renault Maroc, a illustré la montée en puissance de l’industrie marocaine par la métaphore du football. « Nous sommes passés d’une logique où l’on jouait dans la Botola à une logique où l’on joue aujourd’hui en Champions League ». Avec 20% de la production mondiale du groupe et la Sandero comme véhicule le plus vendu aux particuliers en Europe, le Maroc est devenu le deuxième site de production de Renault dans le monde.

Ce succès, a-t-il expliqué, n’est pas le fruit du hasard. Il repose sur une vision royale déclinée sur quinze ans, une qualité de partenariat public-privé, une intelligence et une constance dans la politique industrielle, et des infrastructures de classe mondiale comme le port de Tanger Med et un réseau autoroutier de 1.860 km, bien supérieur à celui de certains pays européens comme la Roumanie (450 km). « Quand l’État marocain signe des engagements, il tient parole. C’est reconnu au niveau du groupe », a-t-il affirmé.

Pour l’avenir, Mohamed Bachiri a identifié plusieurs défis : maintenir les acquis – « Il faut oublier les victoires et rester humble »–, monter en grade en passant à une intégration verticale pour inclure les matières premières, et développer une économie circulaire pour le recyclage des déchets industriels.

Enfin, il a insisté sur la formation des talents de demain pour maîtriser l’électronique embarquée, le software et l’IA, citant l’initiative de Renault avec l’ENSA de Tétouan pour créer un cycle d’ingénieur « industrie automobile 4.0« . « Pour moi, le Made in Morocco est un enjeu socio-économique qui va au-delà d’une simple étiquette », a-t-il conclu, rappelant sa visite dans une usine Nissan au Japon où des enfants du primaire étaient formés pour devenir les « ambassadeurs de demain ».

Mehdi Bouamrani : « L’export comme levier de croissance »

Mehdi Bouamrani, directeur général de Dislog Group, a témoigné de l’évolution du label sur le marché national. « Aujourd’hui, je connais très peu de consommateurs qui font le distinguo. La barrière est complètement cassée ». L’évolution de la classe moyenne a créé une demande pour des produits de qualité à un bon prix, « une brèche dans laquelle les champions nationaux se sont engouffrés ».

Cependant, pour atteindre les 60% de production locale manquants dans des secteurs comme l’agroalimentaire, il a souligné un besoin crucial : l’export. « Le marché marocain est trop petit pour justifier d’investir dans tous les sous-secteurs », a-t-il expliqué. Il a plaidé pour l’accélération des partenariats public-privé dans le secteur de la santé pour « gagner en volumétrie » et pour la finalisation de l’accord de libre-échange avec l’Afrique de l’Ouest, un environnement immédiat où le Made in Morocco est perçu comme une « amélioration ».

Anouar Radi : « Une histoire de souveraineté et de fierté »

Le témoignage le plus personnel est venu d’Anouar Radi, président-directeur général d’Enosis Group, qui a relaté la genèse de sa marque « Mio » comme un acte de « revanche » et de quête de « souveraineté économique ».

Il confie avoir décidé de créer sa propre marque à la suite d’une expérience avec une multinationale, en 2009, où une acheteuse lui avait dicté ses prix. « J’avais les larmes aux yeux. Comment, aujourd’hui, je ne suis pas souverain chez moi ? »

En 2010, il lance la construction d’une tour d’atomisation, une technologie que même ses contacts au sein des multinationales jugeaient hors de portée. « L’installation a été réalisée à 100% par des Marocains de toutes les écoles », a-t-il insisté. En 2019, « Mio » est devenu leader sur le marché marocain. « Le Made in Morocco ne doit pas être un slogan, il doit tourner autour de la qualité, de l’innovation et des talents marocains. C’est ça le secret », a-t-il martelé.

Pour lui, le succès repose sur le capital humain. « Je me suis entouré de gens plus intelligents que moi », a-t-il confié, soulignant l’importance de la gouvernance pour assurer la pérennité des entreprises familiales au-delà de la première génération. Il a également raconté avoir recruté de jeunes talents de la diaspora marocaine, qui ont quitté Genève pour Jorf Lasfar, motivés par la « fibre du Made in Morocco« .

JOURNEE DE L'INDUSTRIE. Pour le président de la CGEM, la compétitivité industrielle du Maroc passe par une simplification des démarches administratives, une réforme profonde de la formation professionnelle et une accélération de la transition vers les énergies renouvelables.

Médias24. L’un des moments forts de cette journée est le dévoilement du label Made in Morocco. En quoi ce label est-il important pour les industriels marocains et qu’est-ce qu’il va concrètement changer pour eux, sur le marché local comme à l’export ?

Chakib Alj : ce label est né pendant la période du Covid, lorsqu’on a ressenti le besoin de promouvoir les produits marocains fabriqués par des Marocains. L’idée a germé au sein de Maroc Industrie, dont l’un des premiers objectifs était justement de créer ce label Made in Morocco.

Comme l’a rappelé le ministre, au Japon, Made in Japan signifiait au départ « produit abordable », avant de devenir synonyme de qualité. Au Maroc, les industriels n’osaient pas afficher fièrement Made in Morocco, considérant que leurs produits étaient perçus comme moins qualitatifs.

Aujourd’hui, la tendance s’inverse : les industriels sont fiers d’afficher le drapeau marocain sur leurs packagings. Le label Made in Morocco va officialiser cette dynamique, créer un lien entre le consommateur et le producteur, et devenir un symbole de qualité, de patriotisme et d’excellence. Mais attention : ce label devra se mériter, il reposera sur des critères stricts de valeur ajoutée et de qualité.

-Ce label sera-t-il plus utile sur le marché local ou pour les PME exportatrices ?

– Pour les deux. Ce sera un véritable game changer. Sur le marché local, il garantira un produit de qualité à prix abordable. À l’international, il permettra de positionner le produit marocain comme synonyme de fiabilité et de compétitivité. Le label Maroc gagne déjà en reconnaissance à l’étranger.

-Selon le ministère de tutelle, 40 % des entreprises industrielles sont des PME. Quelles sont leurs principales préoccupations ?

– Leur première préoccupation, c’est l’administration. Les démarches sont encore trop lourdes et chronophages. Il faut simplifier, digitaliser et clarifier les procédures. Un entrepreneur devrait consacrer son énergie à son projet, pas à l’obtention d’autorisations.

Le deuxième grand défi, c’est la formation professionnelle. Si certains secteurs comme l’automobile, l’aéronautique ou le textile ont réussi, c’est souvent grâce à des programmes internes. La formation initiale reste déconnectée des besoins réels des entreprises. Il faut revoir cela de manière urgente.

-Cela fait des années qu’on parle de l’inadéquation entre formation et besoins du marché. Quels leviers concrets peuvent réduire ce fossé ?

– Les Instituts de formation déléguée (IFD) sont un excellent levier. Ce sont les professionnels eux-mêmes qui forment selon leurs besoins. C’est le modèle le plus efficace et le plus rapide. Mais il faut aller plus loin : la jeunesse doit bénéficier de formations adaptées à la réalité économique.

-Au-delà de la formation et des démarches, quels autres défis majeurs identifiez-vous ?

– L’énergie. Le Maroc paie encore cher son kilowattheure industriel. Cependant, grâce aux énergies renouvelables – solaire et éolienne – nous avons un avantage compétitif unique. Il faut en faire bénéficier l’industrie pour réduire les coûts et verdir notre production.

C’est essentiel, notamment face à la taxe carbone européenne. Plus de 65 % de nos exportations vont vers l’Europe, il faut s’y préparer dès maintenant.

-Aujourd’hui, 74 % de la consommation énergétique industrielle proviennent encore des énergies fossiles. Comment accélérer la transition ?

– En investissant massivement dans les renouvelables. C’est beaucoup moins coûteux à produire et à utiliser, surtout pour les industriels. Les obstacles techniques existent, mais la voie est claire: aller vite vers une énergie propre et compétitive.

-Un mot sur l’industrie 4.0. Quelles sont les filières prioritaires et les technologies à intégrer ?

– Le développement technologique va très vite, et même l’Europe peine à suivre la Chine. Les industriels marocains en sont conscients. Certains, notamment dans la pharmacie, ont déjà basculé vers des modèles 4.0. Les nouveaux projets d’investissement s’inscrivent dans cette logique. L’enjeu est d’amener les entreprises existantes à s’adapter et à intégrer progressivement l’intelligence artificielle, la robotisation et la digitalisation.

-Enfin, quel message adresseriez-vous aux jeunes industriels marocains qui souhaitent se lancer ?

– Il ne faut pas craindre l’erreur : on apprend par les erreurs. Il faut persévérer, croire en son projet et suivre la voie la plus logique. L’industrie marocaine est en pleine expansion.

Mais certains freins demeurent, notamment le Code du travail. Il n’est pas équilibré : il protège davantage les salariés que les employeurs, ce qui décourage le recrutement direct et pousse au recours à l’intérim. Il faut un code plus équilibré, élaboré de manière responsable par les syndicats et le patronat.

-Donc selon vous, ce déséquilibre du Code du travail freine l’emploi industriel ?

– Oui. Recruter coûte cher et fait peur à de nombreux entrepreneurs. Ils préfèrent payer plus pour des intérimaires, par sécurité. Il faut revoir le Code du travail pour encourager l’embauche stable et pérenniser l’investissement industriel.

En marge de la 3ᵉ édition de la Journée nationale de l’industrie, Médias24 s’entretient avec Hanane Belyagou, directrice des Statistiques, des Études, de la Veille et de l’Évaluation au ministère de l’Industrie et du commerce.

La 3ᵉ édition de la Journée nationale de l’industrie se tient les 3 et 4 novembre à Rabat, autour du thème : "Le Made in Morocco, gage de qualité, de compétitivité et levier de développement intégré des territoires". Cette édition met en lumière les progrès industriels réalisés par le Maroc durant les 25 dernières années.

Dans le cadre de la Journée nationale de l'industrie organisée ces 3 et 4 novembre, cinq conventions ont été signées. En voici le détail.

La première convention concerne l’annonce phare de l’évènement, à savoir l’instauration du label « Made in Morocco ».

Son objectif est d’établir un cadre de collaboration stratégique entre les acteurs institutionnels et économiques en vue de promouvoir le label « Made in Morocco » comme marque distinctive de l’origine et de la qualité des produits industriels marocains.

Reconduction du programme Tatwir-R&D et Innovation

La deuxième convention est un avenant qui permet de reconduire les programmes d’appui à l’innovation industrielle Tatwir-R&D et Innovation.

L’objectif est de reconduire le programme pour une durée supplémentaire de 3 ans (2026-2028), et d’intégrer les startups et les entreprises opérant dans l’industrie du gaming comme entreprises éligibles pour bénéficier du Fonds de soutien de l’innovation.

La dotation supplémentaire de 900 MDH a été fixée (soit 300 MDH/an) pour cette nouvelle période.

Contrat-programme entre l’État et le cluster Machinery Tooling & Automation (MTA)

La troisième convention permet de définir les modalités de soutien financier de l’État au cluster MTA dans le cadre du Fonds d’Appui aux Clusters (FAC), pour une période initiale de 5 ans, et les engagements de ce cluster en termes de projets collaboratifs pour le développement d’une filière marocaine de fabrication de machines et d’outils industriels.

Convention-cadre de partenariat pour le développement de la fabrication des intrants pharmaceutiques au Maroc

Cette quatrième convention vise à structurer un cadre de partenariat en vue de développer la fabrication locale des intrants pharmaceutiques au Maroc.

L’objectif est de réduire la dépendance aux importations, de sécuriser les chaînes d’approvisionnement en produits de santé et de promouvoir un tissu industriel compétitif, innovant et durable.

Convention-cadre de partenariat pour la mise en place d’une plateforme technique d’essais et de développement dédiée à l’industrie ferroviaire

La dernière convention a pour objectif de définir les principes et les modalités de collaboration pour la mise en place et la gestion d’une plateforme technique, d’essais et de développement dédiée à l’industrie ferroviaire, entre le ministère de l’Industrie et du commerce, l’ONCF, le Cluster MTI, et le Centre d’études et de recherches des industries métallurgiques, mécaniques, électriques et électroniques (CERIMME).

Une capacité de plus de 5 gigawatts d’électricité verte supplémentaires sera mise à la disposition du secteur industriel marocain d’ici 2030.

Une convention tripartite a été signée, ce lundi 3 novembre, entre le gouvernement, Masen, l’ONEE et l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État, visant à fournir de l’électricité verte à l’industrie marocaine.

L’annonce a été faite par le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, ce lundi 3 novembre, à l’ouverture de la Journée nationale de l’industrie.

Cette convention prévoit la mise à disposition de plus de 5 gigawatts de capacités électriques supplémentaires d’ici 2030.

À l'ouverture de la 3ᵉ Journée de l'industrie, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a mis en avant les avancées du Maroc dans le développement industriel, la consolidation du "Made in Morocco" et la transition vers une production décarbonée, tout en soulignant les réformes engagées pour soutenir l’investissement, l’emploi et la compétitivité nationale.

« Sa Majesté le Roi a toujours dirigé et orienté un ensemble de stratégies industrielles, accompagnées d’infrastructures avancées, à l’instar du port Tanger Med, de plus de 1.800 km d’autoroutes, ainsi que de la création d’environ 157 zones industrielles et de la mobilisation de plus de 14.000 hectares de foncier industriel. De plus, Sa Majesté a récemment inauguré le complexe industriel des moteurs d’avions, le chantier naval de Casablanca, et lancé les travaux d’extension de la ligne à grande vitesse entre Casablanca et Marrakech, avec le développement des services de transport régional, urbain et aérien », a rappelé le chef du gouvernement à l’ouverture de la 3ᵉ Journée de l’industrie.

« Le gouvernement, sous les Orientations royales, a poursuivi une série de réformes profondes visant à améliorer le climat des affaires, à développer et encourager l’investissement, et à soutenir les entreprises à tous les niveaux ».

« Dans ce cadre, le gouvernement a veillé à la mise en œuvre du nouveau Pacte de l’investissement, notamment à travers le déploiement de divers régimes de soutien, en particulier le système d’appui destiné aux très petites, petites et moyennes entreprises.

« Il a également œuvré à la mise en œuvre des réformes incluses dans la feuille de route d’amélioration du climat des affaires 2023-2026, afin d’améliorer les conditions structurelles de l’investissement et de l’entrepreneuriat, de soutenir la compétitivité nationale et de développer un environnement propice à l’entrepreneuriat et à l’innovation.

« Parmi les principales réformes structurelles réalisées à cet égard figurent la réduction des délais de paiement, ayant contribué à renforcer la liquidité des entreprises et à réduire leurs dettes de manière significative, ainsi que la réforme et l’amélioration du système des marchés publics, considéré comme un levier fondamental pour le développement du secteur industriel et un stimulant pour l’émergence de filières industrielles prometteuses.

« Le gouvernement a également entamé une réforme fiscale structurelle et ambitieuse au niveau des impôts.

« Parallèlement à cette réforme structurelle, des mesures concrètes ont été prises pour accroître la liquidité des entreprises, en veillant à son injection directe dans le tissu productif et en soutenant leur capacité d’investissement, sans oublier l’effort important du gouvernement concernant le remboursement de la TVA aux entreprises, qui a dépassé 30 milliards de dirhams au cours des deux dernières années, afin de préserver leur activité et leur fournir la liquidité nécessaire pour résister aux crises et maintenir la stabilité des contrats de travail.

« Dans le cadre de la protection du tissu économique et productif contre les fluctuations des prix de l’énergie qu’a connues le monde en 2022, notre pays a choisi de maintenir la stabilité des prix de l’électricité destinée aux entreprises industrielles. Alors que de nombreux pays ont répercuté les hausses mondiales sur la facture des consommateurs et des entreprises, l’État et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable ont pris en charge la totalité de ces augmentations, afin de protéger la compétitivité de nos entreprises nationales.

« Ce choix a été mis en œuvre à travers la prise en charge par l’ONEE de 41 milliards de dirhams durant la période 2022-2024, dont 17 milliards ont été versés par le gouvernement. En outre, la révision de la TVA a permis de réduire le tarif industriel d’environ 5% par rapport à 2022.

« Une circulaire a également été publiée afin d’atténuer les effets de la hausse des prix et de la rareté des matières premières sur les obligations contractuelles des entreprises dans le cadre des marchés publics, après la crise du Covid, garantissant ainsi la continuité de leur activité et leur compétitivité, et l’achèvement des projets contractuels, par la mise en place de mesures conjoncturelles exceptionnelles.

« Aujourd’hui, nous pouvons être fiers de la dynamique positive que connaît le secteur industriel grâce aux Hautes Orientations royales. La valeur ajoutée des activités non agricoles a enregistré une évolution notable, avec une hausse de 4,5 % en 2024 contre 3,7% en 2023, ce qui s’est particulièrement reflété sur la performance du secteur industriel, dont la valeur ajoutée des industries manufacturières a progressé de 3,3% en 2024 contre 3,1% en 2023.

« Quant aux revenus des investissements directs étrangers, la part destinée au secteur industriel s’est stabilisée, au cours des trois dernières années, à plus de 35% du total de ces revenus.

« Les exportations industrielles ont, quant à elles, augmenté d’environ 64% depuis 2019, passant de 243 milliards de dirhams à plus de 398 milliards de dirhams en 2024, profitant de la hausse des exportations du secteur automobile et aéronautique, du phosphate et de ses dérivés, ainsi que de l’industrie agroalimentaire.

« Les produits manufacturés ont continué, durant la même année, à renforcer leur présence dans la structure des exportations nationales, représentant environ 87% du total des exportations du Royaume.

« Cette dynamique a été accompagnée par la création de 46.000 emplois nets dans le secteur industriel en 2024, contre 7.000 l’année précédente, portant le total des employés du secteur à plus de 985.000, soit près du double de ce qu’il était il y a dix ans.

« Cette dynamique positive apparaît à travers plusieurs indicateurs enregistrés par l’économie nationale, notamment un taux de croissance de 3,8% l’année dernière, qui devrait atteindre 4,8% d’ici la fin de cette année, ainsi qu’un contrôle de l’inflation à 0,9% à fin septembre dernier, et du déficit budgétaire à 3,5% d’ici la fin de l’année, puis 3% fin 2026, en plus de la réduction du taux d’endettement à 67,4% du PIB à fin 2024.

« L’engagement constant du Royaume à maintenir les équilibres économiques et budgétaires s’est également renforcé avec le rétablissement de sa notation dans la catégorie « Investment Grade » par l’agence américaine Standard & Poor’s, après que le Royaume a réussi, en février 2023, à sortir de la « liste grise » à l’unanimité des membres du Groupe d’action financière (GAFI)… Ce qui traduit la confiance renouvelée des partenaires et investisseurs internationaux dans la solidité de nos fondements économiques.

« Grâce aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, l’industrie nationale inaugure une nouvelle ère qui fait du concept de souveraineté à la fois un objectif et un moyen.

« Ainsi, notre industrie nationale a connu ces dernières années un essor croissant, incarné par la dynamique de la marque « Made in Morocco », devenue un levier essentiel pour consolider la position de notre pays en tant que destination industrielle compétitive aux niveaux régional et international.

« Au cours de ces années, le secteur industriel national a réalisé des progrès notables, notamment dans les filières à forte valeur ajoutée telles que les industries automobile et aéronautique. Le secteur automobile est devenu le premier secteur exportateur, représentant près de 40% des exportations industrielles nationales, et le premier employeur, avec environ 25% de l’ensemble des emplois industriels.

« Le Maroc est devenu le premier producteur de voitures particulières en Afrique et le premier exportateur de voitures à moteur thermique vers l’Union européenne, en plus d’être le plus grand contributeur à la valeur ajoutée et au volume de production dans le Royaume.

« Parallèlement à cette évolution, notre pays œuvre à consolider sa position dans le domaine de la mobilité propre, en développant une chaîne de valeur intégrée allant de la fourniture des matières premières à l’assemblage des batteries, et en lançant des projets pionniers qui reflètent la confiance des partenaires internationaux dans la plateforme industrielle nationale.

« Le secteur aéronautique a poursuivi ses performances remarquables en matière d’exportations ; il compte aujourd’hui plus de 150 acteurs industriels et a enregistré une croissance de plus de 61% en 2024 par rapport à 2021.

« Cette trajectoire positive s’est renforcée avec le lancement de projets industriels structurants, parmi lesquels le complexe industriel des moteurs d’avions à Casablanca, inauguré par Sa Majesté le 13 octobre dernier.

« D’autre part, dans le domaine de l’industrie pharmaceutique, ce secteur a vu la création d’une unité industrielle avancée de fabrication de vaccins, dont ceux contre le Covid, ainsi qu’un accord de partenariat qui sera signé aujourd’hui pour développer la production de matières premières pharmaceutiques au Maroc, renforçant ainsi la souveraineté sanitaire de notre pays et consolidant sa position en tant que centre régional de production pharmaceutique.

« Ces résultats reflètent la dynamique continue de l’industrie nationale et renforcent la position du Maroc comme acteur majeur des chaînes industrielles et technologiques mondiales, ce que confirme le classement du Maroc en 2025 à la 12ᵉ place mondiale dans le domaine de la production industrielle à contenu technologique moyen et élevé, selon l’Indice mondial de l’innovation publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle – le meilleur classement obtenu par le Maroc au cours des cinq dernières années.

« Nous mesurons l’ampleur des défis auxquels fait face l’industrie nationale dans un monde marqué par des perturbations successives. Conscients de l’importance de préserver la dynamique du secteur, le gouvernement a lancé un ensemble d’initiatives visant à renforcer la souveraineté industrielle et à améliorer la compétitivité de la marque « Made in Morocco ».

« Le gouvernement a également poursuivi le déploiement du programme « Banque de projets industriels », qui a suscité un large engouement auprès des porteurs de projets à capital marocain, avec plus de 1.900 projets.

« En partenariat avec la Confédération générale des entreprises du Maroc, un programme de recherche et d’innovation industrielle a été mis en place pour accompagner les entreprises de la phase de recherche scientifique jusqu’à la production. Depuis son lancement en 2023, ce programme a financé 160 projets innovants pour un investissement total d’environ 852 millions de dirhams.

« Notre pays mise également sur la transition énergétique pour relever le défi d’une production décarbonée et renforcer la compétitivité industrielle, en favorisant l’accès de ce secteur aux énergies propres, notamment l’hydrogène vert, à travers « l’Offre Maroc » qui a attiré l’attention des grands acteurs mondiaux du domaine, et sur laquelle le Maroc, sous la conduite de Sa Majesté le Roi, fonde de grands espoirs pour être l’un des leviers majeurs de la transition énergétique et de la croissance durable du Royaume.

« Aujourd’hui, nous avons signé une convention tripartite entre le gouvernement, Masen, l’ONEE et l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGEPE), permettant de fournir de l’électricité verte à l’industrie marocaine. Cette convention comprend l’accélération de la mise à disposition de plus de 5 gigawatts supplémentaires avant 2030.

« Conscients de l’importance de l’emploi dans le soutien à la transformation économique de notre pays, le gouvernement a lancé une feuille de route pour l’emploi, dans laquelle le secteur industriel joue un rôle stratégique, à travers le lancement de programmes sectoriels intégrés offrant un soutien technique global, particulièrement aux très petites, petites et moyennes entreprises, notamment dans les domaines du soutien à l’exportation et de la transition vers une production bas carbone. À cela s’ajoutent des mesures supplémentaires, comme le système de formation par apprentissage professionnel, qui a permis la création de plus de 100 000 emplois.

« Aujourd’hui, nous plaçons notre pari sur le secteur industriel pour qu’il soit au cœur de la bataille de l’emploi. Dans ce cadre, nous avons le plaisir de superviser aujourd’hui la signature de plusieurs conventions visant à renforcer le tissu économique national, en tant que moteur principal de la croissance et de l’emploi.

« Les travaux de cette édition constituent une occasion propice pour les participants d’échanger leurs visions et leurs idées sur les moyens de développer le secteur industriel et de relever les défis actuels et futurs, afin de permettre à notre pays de renforcer sa position parmi les économies émergentes et d’asseoir celle du Maroc comme destination industrielle prometteuse, jouissant d’un fort attrait auprès des investisseurs nationaux et internationaux ».

En marge de la 3ᵉ Journée nationale de l'industrie, le ministère de l'Industrie et du commerce a lancé un nouveau label "Made in Morocco". Un label ouvert aux producteurs installés au Maroc.

« C’était compliqué, on a fait des choix. On a voulu lui donner sa force et sa puissance, parce qu’un label Made in Morocco doit d’abord être un gage de valeur ajoutée », explique le ministre. « On a choisi de mettre dedans un contenu marocain d’au moins 40% ou une transformation substantielle ».

« Il fallait aussi lui donner un label d’excellence. Tout le monde ne peut pas prétendre au label car il y a 40 % de contenu local. Donc il y a tout un système d’évaluation qui va être mis en place. C’est une norme claire qui sera mise en place par IMANOR », poursuit le ministre.

Pour Mezzour, l’idée de ce label est très simple, c’est rendre le Made in Morocco un gage de qualité avant d’être un gage de fierté pour tous, tout en permettant aux acheteurs d’identifier les produits réellement fabriqués au Maroc.

Ce label est une démarche volontaire ouverte aux producteurs installés au Maroc, indique le ministère de l’Industrie et du Commerce. L’objectif de ce label est d’attester que le produit est d’origine marocaine et qu’il est conforme aux normes de qualité et de sécurité, ainsi qu’aux exigences réglementaires auxquelles il est assujetti.

Le concept de labellisation est fondé sur l’origine, la conformité, la traçabilité et les preuves factuelles. Il a pour objectif de contribuer à la valorisation des ressources locales et de mettre en avant le savoir-faire marocain, souligne le ministère.

« Le label est destiné à contribuer à la promotion de la consommation des produits marocains sur les marchés national et international, à inverser la perception du consommateur marocain sur les produits fabriqués localement et à renforcer la fierté d’appartenance ».

En ce qui concerne les critères de labellisation, le ministère précise que pour bénéficier du Label, le producteur doit satisfaire aux critères suivants :

  • Au moins 40% du prix de revient unitaire est acquis au Maroc (matières premières, main-d’œuvre, emballage, sous-traitance locale)  ou le produit subit une transformation substantielle sur le territoire marocain, lui conférant ses caractéristiques essentielles et sa valeur ajoutée locale.
  • Le produit doit être conforme aux normes marocaines de qualité et de sécurité, ainsi qu’à la réglementation technique qui lui sont applicables.

Le processus de labellisation, quant à lui, se présente comme suit :

  • Examen de la complétude des réponses du demandeur par rapport aux exigences de labellisation ;
  • Évaluation de la pertinence des preuves de conformité aux critères du label ;
  • Évaluation sur site du demandeur pour confirmer les déclarations de conformité, évaluer l’efficacité du système d’autocontrôle et effectuer des prélèvements sur le produit pour essais ;
  • Décision de labellisation ;
  • Audit de suivi pour le maintien de la labellisation.
La 3ᵉ édition de la Journée nationale de l’industrie démarre ce lundi 3 novembre à Rabat, autour du thème : "Le Made in Morocco, gage de qualité, de compétitivité et levier de développement intégré des territoires". Cette édition mettra en lumière les progrès industriels réalisés par le Maroc durant les 25 dernières années et sera marquée par le lancement officiel du label "Made in Morocco".