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GITEX 2025

GITEX 2025
02 mai 2025
15:48 GDExpert brille au GITEX Africa 2025 : une vitrine de son leadership numérique en Afrique
GDExpert, acteur majeur de la transformation numérique en Afrique francophone, a marqué de son empreinte l'édition 2025 du GITEX Africa, qui s'est déroulée du 14 au 16 avril à Marrakech. Avec plus de 45.000 visiteurs et 1.500 exposants, cet événement s'est imposé comme le rendez-vous incontournable de l'innovation technologique sur le continent.

Présente au cœur du salon, l’équipe de GDExpert a su capter l’attention des décideurs publics et privés grâce à ses solutions innovantes en gestion documentaire, dématérialisation et archivage sécurisé. Cette participation a renforcé la position de GDExpert comme un partenaire technologique de référence pour les institutions africaines en quête de modernisation.

Forte de dix-sept ans d’expérience, GDExpert accompagne les organisations publiques et privées dans leur transition numérique. L’entreprise est soutenue dans ses projets par des bailleurs de fonds internationaux tels que la Banque mondiale, l’Union européenne et le programme des Nations unies pour le développement (PNUD), témoignant de la confiance accordée à son expertise.

Avec une présence renforcée au Maroc à travers sa filiale GDExpert Maroc à Casablanca, l’entreprise dispose d’un centre technique dédié à la maintenance de scanners de production et d’une cellule de recherche et développement pour proposer des solutions innovantes adaptées aux besoins spécifiques de ses clients.

La participation de GDExpert au GITEX Africa 2025 illustre son engagement à être au cœur des évolutions technologiques et à contribuer activement à la digitalisation du continent. L’entreprise continue de développer des solutions innovantes pour répondre aux besoins croissants en matière de transformation numérique en Afrique.

Sur le plateau du M24 live Studio au Gitex Africa 2025, Mohamed Benouda, président d’Aba Technology, dévoile une vision structurée de la souveraineté technologique. Recherche, formation, IA embarquée, Fab Labs, start-up... le plan mobilise toutes les forces pour faire du Maroc un acteur technologique à part entière.

Dans cet entretien sur la thématique de la Healtech, entre autres, Mohamed Benouda revient sur une conviction fondatrice, celle d’inscrire son groupe dans une logique de souveraineté dès sa création. « Une souveraineté industrielle, technologique, sanitaire… c’était notre cap dès le départ », affirme-t-il.

Pour y parvenir, il fallait bâtir un socle industriel local, capable de maîtriser la fabrication de bout en bout : carte électronique, logiciel embarqué et boîtier.

Aba Technology s’est donc doté d’usines spécialisées, l’une pour les cartes électroniques, l’autre pour les boîtiers. À partir de cette base, le groupe a développé des solutions verticales adaptées à différents secteurs.

En cinq ans, quatre domaines prioritaires ont été ciblés, à savoir la santé, la supply chain, l’industrie 4.0 et la smart city

Dans la santé, l’innovation passe par Mediot, axée sur les objets connectés médicaux (IoT). Pour la supply chain, SCX Technology apporte des solutions adaptées. Sur l’industrie 4.0, deux entités structurent l’offre : Hardiot pour l’industrie manufacturière, et Mana Technology, une joint-venture entre Managem et Aba Technology spécialisée dans les industries de process (mines, cimenteries, sidérurgie, pétrochimie).

Enfin, dans le domaine des villes intelligentes, I-city assure l’intégration de systèmes, et Nextcor fabrique des équipements de surveillance, de contrôle d’accès et de sécurité périmétrique.

Avec ces pôles, le groupe emploie aujourd’hui 1.200 personnes. « S’engager pour la souveraineté technologique, c’est réduire notre dépendance aux importations, renforcer notre résilience industrielle, et créer de l’emploi qualifié », explique Mohamed Benouda.

Il souligne aussi que, face à un contexte mondial marqué par les crises (pandémie, catastrophes naturelles, tensions commerciales), disposer d’un outil industriel autonome devient stratégique.

On voit monter partout les droits de douane. Cela va légitimer encore plus ce besoin de souveraineté

Ce projet s’inscrit dans une dynamique nationale. « Sa Majesté que Dieu l’assiste avait été très clair au Parlement : il faut mobiliser toutes les forces du pays pour construire une souveraineté technologique durable, publique et privée », rappelle-t-il.

Un programme structurant autour de 7 axes pour accélérer la souveraineté

Cette vision s’est concrétisée par la signature d’une convention entre Aba Technology et le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, annoncée lors du GITEX. « L’objectif est de travailler sur un programme national qui accélère l’innovation et renforce la souveraineté technologique. Il s’articule autour de sept axes majeurs », détaille Mohamed Benouda.

Le premier axe, fondamental, concerne les talents. « Il faut former sur l’IoT, mais pas uniquement sur le software. Le hardware, l’automatisme, l’électronique doivent aussi être intégrés. C’est là que se joue l’avenir de la souveraineté technologique », affirme-t-il.

Ce programme vise à combler un fossé persistant entre les acteurs IT (Information Technology) et OT (Operational Technology). « Les informaticiens et les automaticiens se parlent peu. Notre approche, dès le début, a été d’interfacer ces deux mondes, pour créer une vraie complémentarité hard-soft ».

C’est aussi cette logique d’intégration technologique qui guide les choix industriels du groupe. « Les objets connectés sont un enjeu majeur. Et si on veut prendre de l’avance, il faut maîtriser à la fois la conception logicielle et la fabrication matérielle. C’est ce que nous avons construit depuis le départ ».

Fusion AI, cloud hybride et agents autonomes : la tech de demain s’écrit aussi au Maroc

Pour Mohamed Benouda, l’avenir technologique mondial repose sur quelques piliers structurants : les objets connectés (IoT), l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le cloud computing… mais aussi des technologies moins visibles, comme le Edge Computing. « On parle souvent du cloud, mais on oublie le rôle stratégique du Edge, notamment en cas de cyberattaques, de contraintes de latence ou de situations critiques où les données doivent être traitées localement et immédiatement », souligne-t-il.

« Il ne s’agit plus de connaître un seul outil, mais d’être capable d’articuler plusieurs couches technologiques ».

C’est ce besoin qui a poussé Aba Technology à concevoir Fusion AI, une plateforme d’interopérabilité entre agents intelligents autonomes, présentée pour la première fois lors du GITEX. « Dès qu’on a plusieurs agents IA embarqués dans des systèmes physiques – une mine, une usine –, il faut les faire dialoguer, les synchroniser. Fusion AI permet cette orchestration. C’est comme un chef d’équipe numérique qui coordonne les actions de surveillance, de maintenance et d’optimisation en temps réel », explique-t-il.

Même les géants du numérique comme Google s’engagent désormais sur ces problématiques de standardisation des communications entre agents. « Nous avons voulu prendre de l’avance. Fusion AI est notre réponse à cette complexité émergente ».

Un plan structuré autour de sept piliers pour une souveraineté technologique réelle

Cette approche technologique s’inscrit dans une stratégie nationale ambitieuse menée avec le ministère de la Transition numérique. L’objectif est de former 20.000 personnes par an aux technologies avancées, grâce à des certificats ciblés sur l’IA, l’IoT, la cybersécurité ou encore l’Edge. Mais le plan va bien au-delà de la formation.

« La recherche est l’un des piliers. Chez Aba Technology, nous y consacrons déjà 25% de notre chiffre d’affaires. D’ici 2030, nous voulons compter 100 chercheurs dans nos effectifs, en recrutant 20 doctorants chaque année », affirme Mohamed Benouda. Des thématiques de recherche précises seront définies pour maintenir une avance stratégique dans les domaines industriels.

Un autre pilier central repose sur les Fab Labs, avec le déploiement de réseaux régionaux d’innovation et de prototypage. « Nous avons été les premiers à créer des Fab Labs en Afrique du Nord, dès 2016-2017 via Nextronic. Aujourd’hui, ils sont au cœur de notre stratégie d’innovation ouverte ».

Encourager les start-up, mobiliser les talents marocains du monde entier

La création de start-up est également un levier stratégique. « Abba a déjà accompagné 13 start-up, et plusieurs collaborateurs ont reçu entre 5% et 20% du capital en reconnaissance de leur engagement. L’objectif est de faire émerger 35 cofondateurs d’ici 2030 », indique Mohamed Benouda. Le groupe entend contribuer ainsi à l’ambition nationale de voir émerger au moins deux licornes marocaines dans les prochaines années. « Mediot est déjà une gazelle. Notre travail, c’est de l’accompagner vers ce statut de licorne.

Un cinquième axe du plan national vise à mobiliser la diaspora marocaine hautement qualifiée, via des roadshows dans les principales capitales mondiales. « C’est un appel à revenir, à contribuer, à transmettre. Le pays a besoin de ses talents, où qu’ils soient. »

Enfin, deux chantiers structurants viennent compléter ce dispositif : la création d’une zone d’accélération technologique, et la mise à disposition de Fusion AI en open source pour l’écosystème marocain. « Les développeurs, les start-up et les entreprises marocaines pourront l’utiliser librement. À l’international, nous la facturerons, mais ici, ce sera une ressource ouverte pour combler le retard technologique », conclut-il.

Le numérique transforme déjà en profondeur le système de santé marocain. Pour Anass Doukkali, président du Centre d’innovation en e-santé, l’intelligence artificielle, la formation des professionnels, l’interopérabilité et le soutien aux start-up sont des leviers essentiels pour répondre aux défis d’accès, de qualité et d’efficacité des soins.

Invité du M24 Live Studio à l’occasion du GITEX Africa 2025, Anass Doukkali, ancien ministre de la Santé et président du Centre d’innovation e-santé de l’université Mohammed V, observe une prise de conscience croissante de l’intérêt du numérique parmi les acteurs du secteur.

« La technologie, et en particulier l’intelligence artificielle, offre aujourd’hui des réponses intéressantes pour améliorer l’accès aux soins, la qualité des prises en charge, la précision des diagnostics et l’efficience du système », a-t-il précisé. Une dynamique qu’il perçoit comme progressive, « année après année, mois après mois, et même jour après jour ».

Selon lui, les bénéfices d’introduire l’IA sont multiples. Elle permet une amélioration de l’accès aux soins, une qualité des prestations, une réduction des coûts, une efficacité de gestion et un gain de productivité.
Il insiste aussi sur les avancées en matière de diagnostic et de protocoles thérapeutiques, où « la technologie et l’intelligence artificielle, en particulier, apportent des réponses concrètes et prometteuses ».

Télémédecine, IA et dossier médical partagé

Les défis liés à la santé numérique sont proportionnels à son intégration croissante dans le système. « Plus nous allons intégrer la technologie, plus les défis seront nombreux », affirme-t-il.

Il cite en exemple la télémédecine, encadrée depuis 2018 et lancée en pilote en 2019, qui permet aujourd’hui de desservir plusieurs dizaines de communes enclavées grâce aux unités mobiles déployées avec l’appui de la Fondation Mohammed V pour la solidarité. « C’est une expérience très intéressante, qui montre le pouvoir de la technologie pour amener des soins de qualité à des populations longtemps oubliées », souligne-t-il.

L’émergence de jeunes innovateurs marocains, porteurs de solutions fondées sur l’intelligence artificielle, que ce soit pour la santé maternelle ou le diagnostic du cancer du col de l’utérus, présente un message d’espoir. « Ce sont des problématiques de santé majeures, et ces solutions permettent d’améliorer la précision des diagnostics et la qualité de la prise en charge », se félicite-t-il.

Certaines de ces innovations s’exportent déjà dans d’autres pays africains. Mais selon lui, le chantier le plus structurant et le plus exigeant reste celui du dossier médical partagé. « C’est un projet complexe, qui nécessite de remplir plusieurs conditions pour pouvoir exploiter tout son potentiel ».

2030 : cap sur les ODD et la coopération Sud-Sud

À l’horizon 2030, ce n’est pas un agenda national que retient Anass Doukkali, mais celui du développement durable porté par les Nations unies. « L’enjeu, c’est de répondre aux indicateurs de l’objectif 3 liés à la santé, notamment la santé maternelle et infantile ou le contrôle des maladies non transmissibles », rappelle-t-il.

Selon lui, la technologie et l’intelligence artificielle offrent une opportunité unique d’accélérer l’accès aux soins, à condition d’investir massivement dans les infrastructures, la formation et la montée en puissance des professionnels de santé.

Le continent africain ne dispose que de 4% des ressources humaines en santé dans le monde, alors qu’il concentre 25% de la charge mondiale de morbidité

Face à ce déséquilibre, le Maroc a un rôle à jouer à travers le partage d’expérience, la coopération universitaire et l’appui à la formation.

Il cite les bourses accordées par l’Agence marocaine de coopération internationale, mais aussi l’ambition portée par la Fondation de la santé à travers « l’Académie africaine des sciences et de la santé, un projet prometteur qui mêle formation initiale, formation continue, recherche et innovation au service des enjeux sanitaires du continent ».

Vers un hub africain de l’interopérabilité

Dès le premier jour du GITEX, une signature de deux conventions avec des organisations internationales de référence a été concrétisée, en vue de faire émerger le tout premier hub d’interopérabilité des systèmes de santé en Afrique.

« Nous avons pris au sérieux les recommandations formulées dans nos livres blancs, notamment celui sur la dématérialisation et l’échange de données de santé, réalisé avec le ministère de la Santé et la CNSS », rappelle-t-il.

L’un des axes majeurs concerne la mise en place, au sein du centre, d’un laboratoire d’évaluation de la maturité des systèmes d’information, afin d’identifier les structures prêtes à intégrer des dossiers électroniques de qualité, sécurisés et interopérables.

« Avant de viser un dossier médical national, chaque hôpital ou cabinet doit pouvoir gérer des données de santé conformes aux standards, avec une circulation fluide entre les services », explique-t-il.

Ce partenariat a été noué avec la société savante HIMSS, spécialisée dans l’amélioration des systèmes de santé via le numérique. Le second accord, signé avec IHE Catalyst, permettra de tester la capacité des solutions locales, notamment les plateformes IA développées par des start-up, à échanger des données médicales de manière fluide et sécurisée.

« Demain, toutes les applications santé devront pouvoir s’intégrer aux dossiers médicaux. Pour y arriver, il faut préparer l’écosystème et adopter les bons standards internationaux », insiste-t-il.

Start-up, IA et accompagnement

Depuis sa création, le Centre d’innovation en e-santé se donne pour mission d’accompagner les porteurs de projets dans le domaine de la santé numérique. « Nous avons démarré modestement, mais avec une ambition forte », confie Anass Doukkali.

Dès les premiers mois, un appel à projets innovants a été lancé, créant une première vague de candidatures, souvent issues des hôpitaux universitaires, portées par des médecins confrontés à des problématiques de terrain. « Nous avons accompagné certains projets jusqu’au prototypage, avec des résultats prometteurs ».

L’élan s’est poursuivi avec l’organisation du premier hackathon de la santé digitale en 2023, suivi d’une deuxième édition à dimension internationale en partenariat avec l’ISESCO. « C’est notre façon de contribuer à l’émergence de solutions concrètes, mais aussi d’offrir un accompagnement sur le ‘go to market’ à plusieurs start-up ».

Parmi les projets les plus marquants, il cite une innovation dans le domaine de l’échographie fœtale assistée par intelligence artificielle, qui sera prochainement déployée dans des centres de santé au Maroc, avec à la clé une évaluation d’impact.

« Le ministère de la Santé suit de près cette initiative, comme d’autres, car la vision actuelle met clairement l’IA au cœur de la transformation ».

Selon lui, ces technologies doivent servir à « augmenter les capacités du médecin, mais aussi à compenser les manques en ressources humaines, notamment dans les régions éloignées ».
Former les sages-femmes et les infirmiers à l’usage d’outils intelligents pourrait, par exemple, transformer la prise en charge en santé maternelle et infantile.

Une stratégie globale, participative et inclusive

Cette vision s’inscrit aussi dans les recommandations des deux livres blancs publiés par le centre en 2022 et 2024, en partenariat avec le ministère de la Santé.

Au-delà des orientations techniques, ces documents insistent sur la nécessité de construire une stratégie nationale de santé digitale de manière participative, d’investir dans la technologie locale, de soutenir les professionnels de santé, y compris les libéraux, et de sensibiliser les patients à l’usage de leurs données de santé dans un environnement de plus en plus numérisé.

« Nous plaidons aussi pour un cadre national d’interopérabilité, en coordination avec les ministères de la Santé et de la Transition numérique », rappelle-t-il.

Le forum e-health, catalyseur d’écosystème

Enfin, il revient sur le forum international e-health, organisé par le Centre d’innovation, qui a rassemblé plus de 6.000 participants lors de sa deuxième édition. « Les deux tiers étaient des professionnels de santé, preuve que l’intérêt est bien réel ».

Le forum est devenu un lieu d’échange entre institutions, start-up, industriels et étudiants en médecine. « C’est une manière de prendre le pouls du secteur, de faire dialoguer les acteurs, de renforcer l’intégration Sud-Sud et de contribuer à une vision africaine commune du numérique en santé », conclut-il.

Présent au Maroc depuis plus de quarante ans, Ericsson joue un rôle clé dans la transformation numérique du pays. Alors que le lancement de la 5G se profile, Majda Lahlou Kassi, présidente d’Ericsson Maroc et vice-présidente Afrique de l’Ouest et australe, détaille la vision du groupe : modernisation des réseaux, développement des cas d’usage, innovation industrielle et accompagnement des start-up. Entretien.

À l’occasion du GITEX Africa 2025, nous avons reçu sur le plateau du M24 Live Studio, Majda Lahlou Kassi, présidente d’Ericsson Maroc et vice-présidente Afrique de l’Ouest et australe, pour faire le point sur l’état de préparation du pays, les cas d’usage concrets de la 5G et les leviers technologiques qui peuvent accélérer l’inclusion numérique et booster la compétitivité des TPE et start-up.

Médias24 : Vous êtes présents au Maroc depuis plus de quarante ans. Quel regard portez-vous sur la trajectoire de transformation numérique du pays en comparaison à d’autres régions du monde ?

Majda Lahlou Kassi : D’abord, il est essentiel de souligner la vision du Maroc de se positionner en tant que hub régional et de devenir une locomotive pour l’Afrique, notamment l’Afrique francophone, mais également pour l’ensemble du continent. Nous voyons aujourd’hui le Maroc établir des liens solides avec toute l’Afrique. Et, à travers ce positionnement, nous avons été présents depuis le début de cette transformation numérique.

Comme vous l’avez mentionné, cela fait plus de quatre décennies que nous accompagnons les acteurs marocains dans le développement des infrastructures mobiles et fixes, et, plus récemment, dans le déploiement du réseau 4G. Aujourd’hui, nous nous préparons activement à déployer la 5G.

Je pense qu’il est important de souligner que cette préparation se fait en plusieurs phases. Elle commence par la modernisation des réseaux, une initiative que nous avons lancée il y a plusieurs années. Nous constatons également des progrès significatifs dans les infrastructures filaires, notamment la fibre, qui est cruciale pour le lancement de la 5G. Et cela va bien au-delà, car la fibre permet également de gérer la grande quantité de données générées par les divers cas d’usage.

  • En parlant de la stratégie Maroc Digital 2030, cette stratégie vise à combler un retard technologique et à réaliser un saut significatif. Dispose-t-on des infrastructures nécessaires pour cette percée ?

— Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’évolution vers la 5G est un parcours, et non une destination. Ce parcours commence par la préparation de l’infrastructure. Au Maroc, l’infrastructure est solide. L’électrification des réseaux, par exemple, est un point clé, et heureusement, ce n’est plus un problème ici grâce aux énergies renouvelables déployées dans de nombreux sites.

La partie backbone est également bien développée, et la technologie faisceau hertzien soutient ce développement. Nous avons travaillé avec nos partenaires pour moderniser les réseaux, tant sur la partie cœur du réseau que sur la partie radio.

Depuis 2016, Ericsson fournit des radios capables de supporter la 5G. Nous sommes prêts pour le déploiement. Il ne reste plus qu’à commencer, et nous pensons que nous serons au rendez-vous. Le Maroc est en bonne voie pour lancer la 5G.

  • Comment Ericsson se prépare-t-elle à accompagner ce tournant ?

— Nous sommes pleinement mobilisés pour ce lancement. Cela a commencé il y a plusieurs années avec des workshops, des tests et des simulations. Nous avons également travaillé étroitement avec les opérateurs et les services publics pour définir les cas d’usage de la 5G. Cette génération de technologie ne se concentre pas uniquement sur le consommateur, mais offre également une plateforme d’innovation pour les industries et les PME.

Grâce à notre expérience, nous avons lancé plus de 160 réseaux 5G et, aujourd’hui, plus de 50% du trafic mondial de 5G (hors Chine) est géré par des réseaux Ericsson. Nous avons également une équipe d’ingénieurs marocains hautement qualifiés, capables d’accompagner le déploiement et le support après déploiement.

  • Le Maroc est-il prêt, d’un point de vue technique, à déployer rapidement la 5G ?

— Oui, absolument. Les réseaux actuels sont déjà équipés pour supporter la 5G. Depuis 2016, Ericsson livre des radios compatibles avec la 5G. Toutefois, ces radios dépendent des fréquences qui seront assignées. Dès que nous disposerons des fréquences définitives, il sera nécessaire d’ajouter certains équipements supplémentaires. Mais l’infrastructure de base est prête pour offrir une expérience 5G rapidement.

  • À quoi les utilisateurs marocains peuvent-ils s’attendre avec l’arrivée de la 5G ? Quels seront les premiers cas d’usage visibles ?

— La 5G apportera une meilleure expérience utilisateur grâce à un débit plus rapide, une plus grande capacité et un temps de latence réduit. Les premiers cas d’usage incluront le gaming, le streaming vidéo et les technologies immersives comme la réalité virtuelle (VR) et augmentée (AR). Les utilisateurs auront une expérience immersive plus fluide.

Nous avons réalisé une étude l’année dernière dans des pays où la 5G a déjà été déployée, et les utilisateurs ont exprimé une satisfaction générale bien plus grande que pour la 4G. 35% des utilisateurs de la 5G disent même qu’ils seraient prêts à payer pour une performance premium.

Un autre cas d’usage important est le Fixed Wireless Access, qui va permettre d’apporter une qualité de service équivalente à celle de la fibre, mais sans les coûts associés au déploiement de la fibre dans des zones reculées.

  • Lors du GITEX, Ericsson a mis en avant des technologies comme les réseaux programmables et les API de réseau. En quoi ces solutions peuvent-elles transformer l’écosystème numérique marocain ?

— Ces technologies ouvrent de nouvelles possibilités. La 5G permet déjà d’envisager une connectivité différenciée, avec une qualité de service adaptée à chaque cas d’usage. Par exemple, imaginez une file d’attente dans un aéroport où vous pourriez accéder à une « queue express » grâce à la connectivité différenciée.

Pour le Maroc, en particulier avec les grands événements sportifs à venir, la 5G permettra une expérience immersive dans les stades, que ce soit pour les spectateurs présents ou à distance, avec des interactions en temps réel.

Les API de réseau, quant à elles, permettront de donner aux développeurs et aux entreprises marocaines un accès direct aux capacités des réseaux pour créer de nouvelles solutions innovantes, une véritable opportunité pour les start-up locales.

  • L’intelligence artificielle et l’automatisation des réseaux sont-elles devenues des leviers d’efficience pour les opérateurs au Maroc et en Afrique de l’Ouest ?

— Oui, l’IA est déjà utilisée depuis plus de deux décennies dans les réseaux télécoms. Aujourd’hui, l’IA permet d’améliorer la productivité et la gestion des réseaux de manière significative. Elle est un levier pour la création de réseaux autonomes, et nous sommes sur le chemin de la révolution dans la gestion des réseaux. Ces technologies sont mises à disposition de nos clients pour accroître leur efficacité et leur capacité à répondre aux besoins des consommateurs.

  • Vous avez récemment annoncé un partenariat avec le ministère de l’Inclusion économique. Quels en sont les axes concrets ?

— Nous sommes ravis d’avoir signé ce partenariat qui vise à accompagner les petites entreprises et les start-up au Maroc, en leur offrant des formations sur des technologies clés telles que l’IA, le cloud et la 5G. Ce partenariat inclut également un programme de mentoring et de coaching.

  • Quelles solutions ou services Ericsson mettra-t-il à disposition pour accompagner les TPE et start-up marocaines ?

– Nous mettons à disposition notre programme Ericsson Educate, une plateforme digitale avec des formations interactives en ligne. Nous avons également des ingénieurs marocains prêts à accompagner ces entreprises et à partager leur expertise.

  • Quels sont les grands chantiers prioritaires d’Ericsson au Maroc ?

– Notre priorité est bien sûr le lancement de la 5G, en accompagnant nos partenaires locaux, notamment les opérateurs télécoms. Nous souhaitons aussi explorer de nouveaux secteurs, comme l’industrie minière, la santé et la formation, pour explorer ensemble les multiples cas d’usage de la 5G.

Porté par la MDJS en partenariat avec Accelab, le programme Stadium accompagne l’émergence de startups dans l’univers du sport et de la technologie. À l’occasion du GITEX Africa 2025, Abdessamad Lahmami (Accelab) et Amine Idrissi (GC Sports) reviennent sur cette initiative structurante, son impact sur les jeunes pousses innovantes et les perspectives d’un écosystème Sportech encore balbutiant, mais plein de potentiel.

À l’occasion du GITEX Africa 2025, le M24 Live Studio met en lumière la montée en puissance des startups, avec un focus particulier sur les Sportech, soutenues par le programme d’accélération Stadium by MDJS en partenariat avec Accelab. Abdessamad Lahmami, Program Manager à Accelab, souligne que huit startups accompagnées ont pu bénéficier d’une forte visibilité pendant l’événement, leur permettant d’interagir avec un large public et de développer leur business.

Selon lui, la Sportech mérite une place croissante dans l’écosystème tech, notamment en raison des événements sportifs d’envergure à venir. Elle reste toutefois perçue comme un secteur à risque sur le plan de l’investissement, du fait du coût élevé de la R&D et de l’instabilité du marché sportif.

Le partenariat MDJS–Accelab, qualifié de fidèle, a permis de structurer un programme de six mois mêlant mentoring, formations, événements de networking et mise en relation avec des investisseurs. Deux cohortes ont déjà été accompagnées, avec un total de 15 startups Sportech. Les critères de sélection reposent sur la validation technologique, la pertinence du modèle économique et un prototype fonctionnel.

Amine Idrissi, cofondateur de GC Sports, une des startups accompagnées, partage son retour d’expérience. Créée initialement comme agence de développement sportif, la startup a pivoté pendant la crise sanitaire pour concevoir Gymflix, une application de sport à distance avec des coachs en temps réel. L’application intègre également un module de défis virtuels avec un système de conversion des calories en distance sur carte, illustré par leur premier challenge “Tanger – Lagouira” organisé en lien avec la MDJS.

Il explique que l’accompagnement d’Accelab a été déterminant non pas tant pour les levées de fonds que pour la mise en réseau avec d’autres startups complémentaires, notamment dans le domaine de l’IA. Cette dynamique a permis d’envisager des collaborations technologiques plutôt que des levées supplémentaires.

Les principaux défis rencontrés ont concerné la pédagogie autour de la Sportech, encore méconnue, et la réticence des premiers clients face à un service payant et innovant. Le contexte du Covid a toutefois permis d’accélérer l’adoption du modèle par les entreprises, séduites par les bénéfices en termes de cohésion et de bien-être des employés.

Ancien ministre français du Numérique et président de SICPA Maroc, Éric Besson partage son analyse des défis actuels de la cybersécurité et de la souveraineté numérique. Dans cette interview exclusive, il dévoile les solutions innovantes de SICPA, de la traçabilité des minerais précieux à l'identité digitale, en passant par la sécurité des voyageurs lors de grands événements mondiaux comme la Coupe du monde 2030.

Dans le cadre de notre émission spéciale sur la cybersécurité au M24 live Studio, nous avons accueilli Éric Besson, ancien ministre français du Numérique et président de SICPA Maroc.

SICPA est une entreprise technologique suisse de premier plan, spécialisée dans des solutions de souveraineté telles que le marquage fiscal, la certification d’identité et la protection des marques.

Elle est notamment reconnue pour être le leader mondial dans la fourniture d’encres et de solutions de sécurité pour les billets de banque et les passeports à travers le monde. Éric Besson a partagé avec nous son regard sur les défis actuels de la cybersécurité, les enjeux de souveraineté numérique, et nous a dévoilé en exclusivité les innovations présentées par SICPA cette année.

Médias24 : En tant qu’ancien ministre du Numérique et aujourd’hui président de SICPA Maroc, comment percevez-vous les défis actuels en matière de cybersécurité pour les États, surtout dans un contexte de transformation numérique accélérée et, si je puis dire, augmentée par l’intelligence artificielle ?

Éric Besson : Vous avez raison, il s’agit d’un défi gigantesque, majeur. Aujourd’hui, si vous parlez avec des experts en défense ou en géopolitique, ils évoquent ce qu’on appelle la « guerre hybride ». En effet, il est désormais possible d’attaquer un État ou une institution sans recourir à des attaques physiques, en frappant ses infrastructures critiques via des attaques virtuelles. Cela s’est récemment produit au Maroc, où une grande institution a été visée par une cyberattaque.

Ces incidents, bien qu’ayant des conséquences économiques et sociales considérables, ont au moins le mérite de rappeler à tous – citoyens, entreprises et gouvernements – l’importance d’investir dans la cybersécurité. Nous devons protéger les données, qu’elles soient personnelles ou administratives, de manière vitale.

  • Quel regard portez-vous sur le positionnement technologique du Maroc à l’échelle africaine ?

— Il suffit de regarder le succès du GITEX, ici à Marrakech, pour voir le dynamisme du Maroc dans le secteur technologique. Quand j’ai participé à GITEX à Dubaï il y a dix ans, je n’aurais jamais imaginé qu’un tel succès serait possible ici. Le Maroc a de nombreux atouts : une stabilité politique et juridique, des ressources humaines qualifiées et des infrastructures modernes. Le pays attire ainsi des entreprises du secteur technologique et s’affirme comme un acteur clé en Afrique du Nord et au-delà, notamment en Afrique subsaharienne et au Moyen-Orient.

Quand j’ai participé à GITEX à Dubaï il y a dix ans, je n’aurais jamais imaginé qu’un tel succès serait possible ici

Quant aux points faibles, si je peux me permettre, le Maroc doit continuer à améliorer son système éducatif, notamment dans les domaines de l’informatique et des télécommunications, ainsi que les services de santé et d’éducation de base. Cela contribuera à renforcer l’attractivité du pays et à former les talents de demain.

  • SICPA opère dans des secteurs sensibles. Comment appréhendez-vous les risques croissants liés à la sécurité des données ?

– Chez SICPA, notre mission est de sécuriser, authentifier, identifier et tracer. Nous proposons aux États une plateforme sécurisée pour interagir avec leurs administrés, afin de garantir la qualité des données et leur protection tout au long de leur utilisation dans la vie quotidienne. Nos solutions permettent de ne partager que les données strictement nécessaires, ce qui limite le risque d’abus.

Il est essentiel, surtout dans un monde interconnecté, que les gouvernements gardent un contrôle souverain sur leurs données, tout en garantissant leur sécurité face aux menaces externes.

  • Vous présentez cette année des solutions innovantes au GITEX. Pouvez-vous nous en parler davantage ?

– Nous continuons à développer des solutions pour garantir la confiance dans les transactions et les données. Une des innovations majeures que nous présentons concerne la traçabilité des minerais, comme l’or. En Afrique, près d’une tonne d’or est détournée chaque jour, représentant une perte de 30 milliards de dollars par an. SICPA a mis en place un système qui permet de suivre l’or depuis son extraction jusqu’à sa transformation en lingots, grâce à un marquage physique et une plateforme de traçabilité.

En Afrique, près d’une tonne d’or est détournée chaque jour, représentant une perte de 30 milliards de dollars par an

Une autre solution porte sur l’identité digitale. Nous collaborons avec l’Union européenne sur un projet de portefeuille numérique qui permettra de centraliser des informations essentielles sur un appareil mobile, avec une sécurité renforcée.

  • Cette solution de traçabilité des minerais semble particulièrement pertinente pour les pays riches en ressources. Pourquoi est-ce si important ?

– L’or, comme d’autres ressources précieuses, est souvent exposé à la fraude et à la contrefaçon.

Le système de traçabilité que nous avons développé vise à sécuriser toute la chaîne de valeur, de l’extraction à la transformation, afin d’empêcher les détournements massifs qui privent les pays africains de ressources vitales.

  • Vous proposez également une solution de suivi intelligent du parcours passager, notamment en lien avec la Coupe du monde 2030. En quoi consiste cette technologie ?

— Cette solution permet de fluidifier le parcours des passagers dans les aéroports et de sécuriser l’identification des voyageurs. En parallèle, elle assure aux autorités une vérification efficace, contribuant à la sécurité nationale. Cela fait partie de notre approche visant à rendre l’expérience utilisateur plus simple et plus rapide tout en garantissant la sécurité.

  • Quels usages concrets anticipez-vous pour cette technologie, et à quels acteurs s’adresse-t-elle ?

— Cette technologie s’adresse aux gouvernements, aux administrations publiques et aux entreprises privées, notamment dans les secteurs du transport et de l’hôtellerie. L’objectif est d’améliorer l’efficacité des processus d’enregistrement tout en réduisant le temps d’attente pour les passagers.

  • Ces innovations sont-elles en phase de test ou déjà en déploiement ?

— Certaines de ces solutions, comme le suivi des passagers, ont déjà été testées avec succès en Espagne, notamment dans la région de Benidorm. Les résultats sont très prometteurs et démontrent la faisabilité de ces technologies à grande échelle, comme ce que l’Union européenne prévoit pour 2026.

Le directeur exécutif du Morocco Fintech Center, lancé en 2025, était l'invité de Médias24 lors du Gitex Africa 2025. Pour sa première sortie médiatique, il nous explique comment ce centre conçu comme un guichet unique pour accélérer l’écosystème fintech au Maroc va tenir le rôle d'interlocuteur de référence pour les porteurs de projets. Mustapha Lahlali expose la feuille de route.

– Médias24. Pour commencer, Mustapha Lahlali, pouvez-vous nous expliquer concrètement quelles sont les missions du Morocco Fintech Center et à quel besoin il répond aujourd’hui dans l’écosystème ?

Mustapha Lahlali. Pour présenter le Morocco Fintech Center, il s’agit d’une association à but non lucratif mise en place par des membres fondateurs au nombre de 15 regroupant des ministères, les régulateurs du secteur financier, d’autres acteurs du secteur financier et également des institutions de la formation.

L’objectif et notre mission principale étant de venir au soutien et au support des fintechs. Que ce soit celles qui sont à leur début, celles qui ont des idées concrètes, qui veulent un coup de pouce pour avancer dans leurs projets, mais également des fintechs qui sont déjà établies et qui souhaitent notre soutien sur un aspect particulier.

  • Le MFC se veut donc un guichet unique. Qu’englobe précisément cette notion et quel type d’accompagnement les fintechs peuvent-elles y trouver ?

– Cette question de guichet unique ou de guichet commun est venue après un diagnostic qui a été fait sur l’écosystème fintech au Maroc, qui a révélé plusieurs constats. Parmi les constats, il y avait le fait qu’il y avait des initiatives qui étaient dispersées, qui étaient prises ou mises en place par plusieurs institutions.

L’idée, c’était de construire un hub qui va constituer le point d’entrée pour les fintechs, pour leur faciliter le parcours entrepreneurial et pour qu’il y ait un interlocuteur qui va venir les aider, les guider, les orienter dans leur expérience.

C’est dans ce sens qu’on parle de guichet commun. Cela pourrait concerner des sujets en lien avec la finance, la régulation, l’accompagnement, le volet technologique et j’en passe. D’ailleurs, l’inauguration du centre s’est faite en présence de Bank Al Maghrib, de l’AMMC et de l’ACAPS.

  • Quel rôle jouent les régulateurs au sein du Morocco Fintech Center et comment se déclinent leurs accompagnements ?

– En fait, la question de l’accompagnement réglementaire, c’est une question qui revient assez souvent. Lorsque nous avons échangé avec les fintechs, certaines d’entre elles trouvent par exemple que la réglementation est assez rigide, alors qu’au final, peut-être qu’il s’agit juste d’une interprétation erronée de la réglementation en vigueur.

Donc notre rôle, justement, c’est d’être un interlocuteur qui leur facilite les interactions avec les régulateurs, que ce soit le régulateur du secteur bancaire, ou celui des marchés de capitaux, ou encore celui des assurances.

Nous avons mis en place un comité de suivi qui est constitué de représentants des 15 membres fondateurs de l’association qui se réunissent assez souvent, qui assistent le directeur exécutif dans sa mission. Je m’appuie sur ces différents représentants pour justement faciliter les échanges. En effet il n’y a pas que la question de la régulation, mais également d’autres questions, comme je viens de le signaler, liées au financement, liées à l’accès aux infrastructures technologiques et autres.

  • Quels sont les grands chantiers que vous avez engagés depuis la création du centre ? Y a-t-il un calendrier ou une feuille de route que vous pouvez nous partager ?

– Juste après la création du Morocco Fintech Center, on s’est penché sur l’opérationnalisation de notre association. Un grand chantier a déjà été lancé pour établir une vision stratégique, qui guidera les travaux du Morocco Fintech Center au cours des prochaines années. On affine notre stratégie sur les deux prochaines années.

Bien sûr, vous serez d’accord avec moi que le monde des Fintech, c’est un monde qui change, c’est un monde qui est en perpétuel changement. On va agir pour que notre stratégie soit également flexible et agile, dans le sens qu’elle peut être adaptée au fur et à mesure qu’on avance dans notre action.

Dans les prochaines semaines, nous présenterons une feuille de route détaillée qui va couvrir les deux prochaines années. Sachant que, même si nous travaillons sur notre stratégie, nous avons lancé des réflexions sur des chantiers importants qui reviennent assez souvent dans l’échange avec les Fintech, que ce soit sur le sujet de la sandbox réglementaire ou celui de la sandbox technologique, ou le sujet de l’open banking ou, plus généralement, de l’open finance.

En fait, ce sont des sujets sur lesquels on s’est penché avec les différents représentants de notre association. C’est quelque chose sur lequel on travaille parallèlement à la mise en place de la stratégie.

  • Du coup, le MFC intervient dans un contexte en mutation où plusieurs initiatives publiques et privées coexistent déjà. Comment comptez-vous articuler votre action avec celle des autres acteurs ?

– C’est une question très importante, et ce dès la création du Morocco Fintech Center. Les échanges à ce sujet ont même commencé bien avant pour faire en sorte que l’offre qui va être proposée par le Morocco Fintech Center soit une offre de valeur  en harmonie avec celle qui existe.

Nous ne sommes pas venus pour remplacer, mais pour renforcer l’offre qui existe sur le marché. D’ailleurs, c’est un point sur lequel on va communiquer pour que tout un chacun sache quelles sont les offres existantes et quelle est la valeur ajoutée complémentaire qui va être assurée par le Morocco Fintech Center.

Présente au Gitex Africa, Diaretou Madina Gaye Dieng, présidente Afrique francophone & Îles de Schneider Electric et AVEVA, revient sur l’adoption de l’industrie 4.0 dans la région. Elle détaille comment la digitalisation et l’intelligence artificielle transforment les chaînes de production, optimisent les coûts et renforcent la performance énergétique des entreprises.

Après avoir profondément transformé le secteur de la santé, de la recherche biomédicale et du diagnostic assisté, l’intelligence artificielle étend aujourd’hui son influence à d’autres points stratégiques de l’économie.

Dans l’industrie, elle devient désormais un levier d’optimisation, d’agilité et de durabilité, puisqu’elle redéfinit la façon dont les usines s’organisent, produisent et collaborent.

À l’heure de l’industrie 4.0, l’IA s’impose donc aujourd’hui comme un outil-clé de compétitivité.

En marge du Gitex, Médias24 a échangé avec Diaretou Madina Gaye Dieng, présidente Afrique francophone & Iles, Schneider Electric et Aveva.

M24LiveStudio. On parle d’industrie 4.0, où en est la transition vers cette industrie en Afrique francophone ? Quels freins et quelles dynamiques observez-vous ?

Diaretou Madina Gaye Dieng. Pour nous, cette transition est à un stade relativement avancé, je dirais. Avancé, parce qu’il y a beaucoup d’opportunités et parce que nous avons la conviction que, de plus en plus, les entreprises ont conscience de ce que l’industrie 4.0 peut leur apporter.

Nous ne voyons pas de freins, nous voyons plutôt une multitude d’opportunités. La première opportunité que nous voyons, c’est la maturité de la technologie, en particulier l’intelligence artificielle. Probablement qu’on va y revenir dans notre discussion.

La deuxième opportunité que nous avons, c’est la disponibilité des talents. Nous avons une jeunesse au Maroc et dans toute l’Afrique francophone, qui a envie de se lancer dans ces technologies-là et qui peut donc apporter quelque chose dans le domaine de l’industrie 4.0.

-Comment accompagnez-vous les industriels  dans l’optimisation de leur opération à grande échelle ?

– Le parti pris de Schneider sur ce sujet-là, c’est de le faire à travers le software ou, disons, la digitalisation. Aujourd’hui, cette digitalisation s’est enrichie par l’intelligence artificielle. J’illustrerai de manière très précise ce que je veux dire par là. Prenons l’exemple d’une industrie dans l’agroalimentaire. Pour que cette industrie fonctionne bien et de manière efficace, elle a besoin d’énergie. Elle a également besoin d’un processus qui soit optimisé.

Notre manière de contribuer à cela, c’est d’abord de mettre à la disposition de nos clients les solutions d’électrification. Le deuxième niveau que nous apportons est lié à l’automatisme, tout ce qui permet de mécaniser ou d’automatiser le fonctionnement de l’industrie. La troisième couche, c’est la digitalisation. Cette dernière apporte d’abord de la visibilité parce qu’aujourd’hui, tous les équipements sont connectés, donc ils produisent de la donnée.

Avec les logiciels et l’intelligence artificielle, cette donnée peut être exploitée et fournir des indicateurs grâce auxquels le patron de l’entreprise ou le technicien qui conduit la chaîne de production peut décider. L’intelligence artificielle apporte, elle, la capacité de prédire.

Au-delà d’avoir juste des informations statiques qui permettent de prendre des décisions grâce à l’intelligence artificielle, les logiciels que nous apportons et que nous mettons à la disposition des industriels leur permettent de prévoir les éventuelles pannes, les éventuels pics de production et donc de prendre les décisions judicieuses.

Pour un industriel, cela se résume à améliorer sa production et par ricochet, améliorer ses revenus, ses coûts et ses marges. Donc, vraiment, nous essayons d’agir grâce à la technologie sur le volet augmentation des revenus, mais également sur le volet optimisation des coûts.

– Alors, la collaboration au sein de l’écosystème industriel est un enjeu clé. Comment la facilitez-vous concrètement?

– En effet, cet aspect collaboration est très important. Schneider est une multinationale présente dans une centaine de pays avec un hub au niveau du Maroc pour l’Afrique francophone. Le marché marocain est très dynamique, très ouvert. Mais, nous y sommes aussi parce que le Maroc a une stratégie de co-développement vers les autres pays africains.

Dans le cadre de cette approche, nous développons des partenariats locaux. Nous avons deux types de partenaires : ceux qui créent des usines d’assemblage de matériel électrique et ceux qui opèrent dans le domaine du logiciel.

Le Maroc a une population très jeune, très connectée, très dynamique, très digitale. Nous nous appuyons sur ces partenaires pour développer la compétence, transférer cette compétence et que ce soient des sociétés marocaines basées au Maroc qui fassent tous les déploiements logiciels dont les clients finaux, en particulier les industriels, ont besoin.

– Quels sont actuellement les usages de l’IA les plus avancés dans l’industrie ?

– Une des solutions prioritaires que nous mettons en avant pendant ce Gitex, c’est notre solution Aveva. À travers cette solution, nous créons un jumeau numérique du processus industriel.

Aujourd’hui, vous avez une chaîne de production, elle est physique. Vous pouvez la voir, vous pouvez la toucher, vous pouvez la visiter. Avec la solution que nous apportons, nous créons cette même chaîne de production, mais de manière numérique. Ce qui apporte énormément d’avantages.

Le premier, c’est qu’on monitore et on pilote en temps réel ce qui se passe dans la réalité. Le deuxième, c’est que grâce à l’intelligence artificielle, on peut prévoir ce qui va se passer, parce que nous disposons de beaucoup de données. Ces informations nous permettent de dire : « Attention, une panne va intervenir sur cette chaîne de production si on n’agit pas », et donc on prend les actions, on évite la panne. En évitant la panne, on ne ralentit pas le processus de production.

– En quoi votre approche de l’IA améliore-t-elle la performance opérationnelle ? Avez-vous des exemples, peut-être, chiffrés à nous donner ?

– Je ne pourrais pas forcément citer de clients, mais la promesse que nous faisons, c’est que grâce à l’intelligence artificielle, nous pouvons les aider à optimiser un certain nombre de paramètres dans leur production.

Le premier, c’est d’abord la consommation énergétique. Et vous savez que, dans un processus industriel, la consommation énergétique est un élément très important dans les coûts, dans les intrants de production. Ainsi, nous les aidons à optimiser la consommation d’électricité.

Le deuxième aspect, c’est qu’en évitant les pannes, en évitant les ruptures de production, nous leur permettons d’augmenter leur productivité et donc de pouvoir facturer. Ce sont sur ces deux aspects-là que nous agissons.

Et bien entendu, les entreprises en général sont très sensibles aux revenus, mais également aux charges.

Bank Al Maghrib (BAM) prévoit la création à court terme d'un fonds d'acquisition de soutien pour encourager les commerçants à accepter les paiements électroniques, a annoncé le Directeur Général (DG) de la Banque centrale, Abderrahim Bouazza.

« Parmi les actions à court terme pour renforcer l’infrastructure des paiements, BAM compte mettre en place un fonds d’acquisition de soutien pour faciliter l’acceptation des paiements électroniques par les commerçants », a dit M. Bouazza dans une interview accordée à la MAP, en marge de GITEX Africa Morocco qui se tient du 14 au 16 avril à Marrakech.

Relevant que le paiement numérique auprès des commerçants reste faible, le responsable a affirmé que la Banque Centrale veut mettre en place des mesures incitatives pour leur adhésion à ce système de paiement électronique.

« A moyen terme, BAM vise à capitaliser sur les plateformes de paiements existantes pour la mise en place d’une plateforme de paiement unifiée pour le paiement instantané avec une expérience client plus simplifiée », a fait savoir M. Bouazza.

Et de poursuivre : « La Banque Centrale travaille à mettre en place une tarification plus attractive pour les paiements électroniques, à travers la baisse des commissions d’interchange y compris les cartes bancaires, tout en réfléchissant à rendre l’usage du cash coercitif à moyen terme. Ces actions seront menées dans le cadre d’une stratégie en matière de digitalisation des paiements et de développement de la fintech, qui découle d’un diagnostic rigoureux et approfondi ».

Cette stratégie porte sur plusieurs axes relatifs notamment à l’adaptation du cadre réglementaire afin de mettre en place une régulation proportionnée, flexible, mais aussi prudente pour maîtriser les risques.

« La Banque centrale a déjà assoupli les conditions d’acceptation du paiement mobile par les commerçants et relevé les plafonds des comptes de paiement. Elle entend aujourd’hui aller plus loin pour créer un environnement plus propice à l’essor des paiements électroniques, tout en garantissant sécurité et confiance », a expliqué M. Bouazza.

Le deuxième axe de cette stratégie concerne le renforcement de la collaboration entre les acteurs publics et privés, a précisé le DG de BAM, estimant que le secteur de la fintech est prometteur et implique des risques qu’il faut maîtriser collectivement. « C’est dans cette logique qu’a été créé le Morocco Fintech Center, espace de dialogue et de soutien aux startups fintech, y compris sur le plan réglementaire », a-t-il rappelé.

Un autre axe porte sur l’actualisation du cadre juridique, à travers la révision de certaines dispositions du Code de commerce pour encadrer les nouveaux instruments de paiement et l’implémentation de la loi sur la surveillance du système de paiement.

Selon M. Bouazza, la Banque Centrale place l’éducation financière au cœur de sa stratégie, via notamment la Fondation marocaine pour l’éducation financière (FMEF), pour la sensibilisation du public sur l’usage des outils numériques, la prévention des risques et l’accompagnement du changement des comportements des usagers des services numériques.

Par ailleurs, le DG de BAM est revenu sur la problématique du Cash au Maroc, relevant que l’introduction éventuelle d’une monnaie digitale « e-dirham » pourrait répondre à certains défis, mais que ce projet nécessite beaucoup de temps.

« La réussite de ce projet dépendrait de la perception qu’aurait le public vis-à-vis de cette monnaie digitale. Elle devrait être aussi crédible et accessible que le cash physique », a-t-il noté.

Pour ce qui est des crypto-actifs, M. Bouazza a affirmé que le projet de loi est actuellement au niveau du ministère de l’Economie et des Finances qui devrait soumettre le projet de texte à un Comité technique pour suivre le processus de son adoption, soulignant que les technologies sous-jacentes aux crypto-actifs pourraient être exploitées pour le développement des services financiers numériques.

A cette occasion, il a mis l’accent sur le lancement par BAM d’un nouveau portail pour l’accès digitalisé des citoyens à des informations relatives aux comptes bancaires, qui permettra aux clients des établissements de crédit de consulter la liste de leurs comptes, même ceux non utilisés, s’enquérir des incidents de paiement liés aux chèques et obtenir des informations sur les comptes bancaires dans le cadre d’une succession, faisant savoir que ce portail sécurisé sera progressivement enrichi.

Le ministère de la Santé et Kaoun International ont annoncé le lancement de Gitex Future Health Africa au Maroc, le premier rendez-vous panafricain consacré à la transformation numérique des systèmes de santé. Ce nouveau salon se tiendra du 21 au 23 avril 2026 à Casablanca.

L’annonce a été faite à l’occasion de la troisième édition de Gitex Africa Morocco par le ministre de la Santé et de la protection sociale, Amine Tehraoui. Ce nouvel événement est organisé en partenariat avec Kaoun International, la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS).

Gitex Future Health Africa/Maroc intégrera notamment Gitex DIGI_Health, une plateforme spécialisée dans les technologies de la santé.

Cet événement « reflète la conviction inébranlable du Royaume que la santé constitue un droit fondamental et universel. À l’heure où l’innovation médicale redessine le paysage sanitaire du continent africain, son impact s’étend aux infrastructures, au développement des compétences, à l’élargissement de l’accès aux soins et à l’amélioration des traitements », a déclaré le ministre de la Santé, Amine Tehraoui.

Il a ajouté que « grâce à des partenariats internationaux ciblés, à des investissements structurants et à une coopération renforcée, nous avons l’opportunité unique de bâtir des systèmes de santé résilients, inclusifs et équitables, capables de répondre aux besoins de toutes les populations, sans distinction ».

« En tant qu’acteur majeur dans les domaines de la santé, de la formation et de la recherche scientifique, la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé s’engage, aux côtés du ministère de la Santé et de Kaoun International, à faire du Maroc un hub continental de la Health Tech, en mettant à contribution son expertise médicale et académique dans le développement de la santé numérique et des technologies médicales au Maroc et en Afrique », a souligné Youns Bjijou, le directeur délégué de la FM6SS.

L’événement vise à accompagner les dynamiques de transformation numérique des systèmes de santé en Afrique, en s’appuyant notamment sur les avancées de l’intelligence artificielle, de la collecte de données et des technologies connectées. Il mettra en avant le rôle des partenariats public-privé dans cette transition.

Pour Trixie LohMirmand, directrice générale de Kaoun International, qui organise Gitex à l’échelle mondiale, « il y a aujourd’hui, notamment en Afrique, une volonté pressante des gouvernements et des institutions de santé de moderniser et numériser leurs services pour élargir leur portée, réduire les coûts et améliorer les résultats pour les patients ».

Le salon accueillera pendant trois jours une série de conférences, d’ateliers et une grande exposition réunissant des décideurs, chercheurs, praticiens et entreprises innovantes. Parmi les thématiques qui seront abordées : la sécurité des données, les diagnostics assistés par l’IA, l’intégration des systèmes d’information ou encore la gestion des hôpitaux intelligents.

À l’occasion du GITEX Africa 2025, la plus grande vitrine technologique du continent, les États-Unis affichent une présence renforcée. Plus de 60 entreprises américaines participent à cette édition, témoignant de la volonté de Washington de consolider ses partenariats économiques et technologiques avec le Maroc et, au-delà, avec l’ensemble de l’Afrique.

Invitée sur le plateau de Médias24 au GITEX, Aimée Cutrona, Chargée d’Affaires à l’ambassade des Etats-Unis au Maroc, rappelle que cette participation américaine s’inscrit dans une dynamique de long terme. « C’est notre troisième année consécutive ici. Nous accompagnons nos partenaires marocains et africains dans la transition numérique en cours », souligne-t-elle.

Les entreprises représentées couvrent un large spectre  : intelligence artificielle, cybersécurité, plateformes numériques de confiance… « Nous sommes fiers de contribuer à cette transformation en apportant des solutions technologiques de pointe », ajoute Aimée Cutrona.

150 entreprises américaines actives au Maroc

Les relations économiques entre les deux pays s’appuient sur des bases solides. Quelque 150 entreprises américaines opèrent actuellement au Maroc, dans des secteurs variés, générant des emplois et créant de la valeur à l’échelle nationale.

Le Maroc et les États-Unis sont liés par un accord de libre-échange en vigueur depuis 2006, que Washington considère comme un levier stratégique. « Nous continuons à activer cet accord pour multiplier les opportunités commerciales et créer des synergies nouvelles », indique la représentante américaine.

Soutien aux startups et à l’innovation locale

Dans le cadre du GITEX, la délégation américaine dit vouloir favoriser les mises en relation entre les entreprises américaines – grandes ou petites – et les jeunes talents africains. Objectif : encourager les co-innovations et les partenariats durables.

Interrogée sur l’accompagnement des entreprises américaines dans les régions du Sud, Aimée Cutrona précise: « Nous avons des entreprises qui opèrent dans tout le pays. L’ambassade est mobilisée au quotidien pour soutenir leur développement ».

À GITEX Africa, les États-Unis mettent particulièrement l’accent sur les enjeux d’intelligence artificielle, de cybersécurité et de technologie fiable. « les États-Unis mettent particulièrement l’accent sur les enjeux d’intelligence artificielle, de cybersécurité et de technologie fiable.. au Maroc et dans le continent ».

Face à la montée des cybermenaces et des usages de l’IA, Anne-Marie Buzatu, directrice exécutive de ICT4Peace alerte sur les risques systémiques, plaide pour une application adaptée du droit international et rappelle l’importance de la sécurité humaine.

Face à la montée des cybermenaces et des usages de l’IA, la diplomate suisse alerte sur les risques systémiques, plaide pour une application adaptée du droit international et rappelle l’importance de la sécurité humaine.

Dans notre émission consacrée à la cybersécurité, Médias24 a reçu Anne-Marie Buzatu, directrice exécutive d’ICT4Peace, une organisation suisse pionnière qui œuvre à promouvoir un cyberespace plus sûr, fondé sur le respect du droit international et le dialogue entre États.

Experte reconnue en diplomatie digitale, elle participe activement aux négociations multilatérales sur la cybersécurité et la gouvernance de l’Internet. À l’heure où les tensions géopolitiques se déplacent de plus en plus dans le champ numérique, elle apporte un éclairage précieux sur les défis de la paix numérique, les responsabilités des acteurs étatiques et privés, et les marges d’action des pays émergents.

La diplomatie digitale, un nouveau champ stratégique

Longtemps cantonnée à l’usage des outils numériques dans les processus diplomatiques, la “diplomatie digitale” a aujourd’hui pris une toute autre dimension.

“Il n’y a pas vraiment une définition officielle ou légale. Il y a 15 ou 20 ans, on parlait surtout de technologies pour faciliter les discussions. Aujourd’hui, c’est devenu un vrai domaine stratégique à part entière”, explique Anne-Marie Buzatu.

Désormais, la question centrale est celle du comportement des États dans le cyberspace, et de leur responsabilité dans ce nouvel espace d’interactions et de tensions.

Cyberconflits : “Attention au mot comme guerre”

L’idée d’une guerre numérique mondiale revient fréquemment dans le débat public. Une notion à manier avec précaution, selon la spécialiste. « Le mot ‘guerre’ a un sens très particulier en droit international. Parler de guerre numérique, c’est exagéré ».  Pour autant, les menaces sont bien réelles, amplifiées par l’émergence de l’intelligence artificielle. « L’IA transforme les États et les environnements numériques. Cela crée de nouveaux défis, des impacts négatifs, et il faut s’adapter en conséquence ».

Faut-il une nouvelle convention internationale pour encadrer le cyberspace ? Pour Anne-Marie Buzatu, le droit existe déjà, encore faut-il le comprendre et l’appliquer. « La plupart des États estiment que le droit international s’applique déjà. Ce qu’il nous faut, c’est interpréter et traduire ce droit aux activités en ligne. Une nouvelle convention serait difficile dans le contexte géopolitique actuel ».

Charte des Nations Unies, traités sur les droits humains… Les bases sont là, mais nécessitent un travail d’adaptation et de pédagogie.

Gouvernance numérique : États, privés, société civile

La diplomatie du cyberespace ne repose plus uniquement sur les États. Aujourd’hui, le paysage est multipartite, souligne la directrice d’ICT4Peace. « Les entreprises qui développent les technologies, les experts techniques et la société civile ont aussi un contrôle effectif sur le cyberspace ».  Cette dernière joue un rôle essentiel : « Elle remonte les impacts concrets des politiques numériques. Elle permet de vérifier si les nouvelles lois fonctionnent réellement sur le terrain ».

La montée de l’IA générative soulève des enjeux majeurs de désinformation, de polarisation, de fracture démocratique. Des risques encore sous-estimés, selon Anne-Marie Buzatu. « Je crois que c’est une lacune importante dans les discussions internationales. Ces technologies peuvent influencer les élections, diviser les sociétés. Il faut en parler beaucoup plus ».

Interrogée sur les priorités d’un pays émergent comme le Maroc, qui structure sa stratégie cybersécurité, Anne-Marie Buzatu formule une triple recommandation à savoir connaissance du contexte, inclusion des parties prenantes et protection des droits humains.

« Chaque pays doit d’abord bien comprendre son propre paysage de menace. Ensuite, adopter une approche holistique et multipartite », explique -t-elle.  Et de conclure : « La sécurité humaine est essentielle. Chaque politique publique doit intégrer cette notion. C’est avec elle qu’on sera mieux sécurisés et mieux connectés ».

À l’occasion de l'émission spéciale du M24 Live Studio consacrée à la cybersécurité, un ancien hacker international, devenu aujourd’hui enquêteur en cybercriminalité et hacker éthique certifié, a accepté de dévoiler les ressorts psychologiques, techniques et stratégiques du monde des cybercriminels. Un témoignage rare et édifiant de Sankarraj Subramanian, influenceur en cybersécurité et investigateur de cybercrimes.

Il était hacker. Aujourd’hui, il est influenceur en cybersécurité et investigateur de cybercrimes. Sankarraj Subramanian était sur le plateau de Médias24 pour témoigner de ce qui se passe dans la tête d’un pirate informatique.

Et le mindset du hacker : traquer la faille, coûte que coûte. « L’état d’esprit d’un hacker, c’est de chercher ce qu’il peut vous prendre : vos données, votre argent ou votre réputation. Il ne part jamais du principe que quelque chose est sécurisé. Au contraire, il est toujours à l’affût de la faille, même infime », explique Sankarraj Subramanian.

Selon lui, il existe deux grands types d’attaques. « Les attaques financières, qui visent directement vos ressources bancaires, et les non-financières, qui ciblent vos données ou cherchent à vous nuire ».

Et de prévenir : « Vous pouvez investir des millions dans la cybersécurité. Il suffit de 0,01% de vulnérabilité pour que tout s’effondre. Une fois que le hacker entre, il n’y a plus de retour en arrière ».

Ne jamais cliquer sur un lien

Notre interlocuteur distingue deux approches : les attaques ciblées, menées avec méthode contre une victime spécifique, et les attaques massives, basées sur le volume.

« Un mass hacker envoie 100 e-mails ou messages pour voir qui mord à l’hameçon. C’est comme jeter un filet de pêche : il prend ce qu’il attrape. Le hacker ciblé, lui, suit une méthode. Il collecte vos infos, trouve vos réseaux sociaux, puis envoie un lien en apparence anodin », poursuit-il.

Un lien YouTube, une interview soi-disant professionnelle… et en arrière-plan : « Je peux activer votre caméra, exporter vos contacts, écouter vos conversations. Tout cela sans que vous vous en rendiez compte. C’est pourquoi il ne faut jamais cliquer sur un lien, même si la personne semble fiable », recommande cet enquêteur en cybercriminalité.

Hacker éthique vs hacker criminel : une frontière claire

Il insiste sur la différence fondamentale entre les deux profils. « Le hacker criminel cherche à nuire. Le hacker éthique, lui, connaît les mêmes techniques, mais il les utilise pour protéger, au sein des entreprises. C’est comme un policier qui pense comme un criminel, mais œuvre pour le bien ».

Présent au GITEX Africa 2025, il se réjouit de la montée en puissance des enjeux cyber sur le continent. « Après Dubaï, je découvre ici une forte implication du public et des professionnels. Ces événements créent une prise de conscience essentielle pour les économies en croissance comme celles d’Afrique ».

Pourquoi certaines organisations sont-elles ciblées ?

Interrogé sur le cas de la CNSS, l’attaque récente contre la Caisse au Maroc illustre, selon lui, un phénomène récurrent. « Quand une organisation centralise toutes ses données, elle devient une cible de choix. Centraliser n’est pas une mauvaise chose en soi, mais cela exige des mécanismes de protection solides ».

Pour lui, les erreurs humaines sont souvent à l’origine des vulnérabilités, même au sein des entreprises les mieux protégées. « Il n’existe aucun correctif contre la vulnérabilité humaine. Un clic sur un lien piégé suffit. J’ai vu une société russe, mandatée par l’État pour traquer des hackers, se faire elle-même pirater parce qu’un employé a ouvert un mauvais e-mail ».

Et de poursuivre, « Un message avec une offre de 60% de réduction sur Amazon suffit à piquer la curiosité. Le but, c’est de vous faire cliquer. C’est tout ».

Ses conseils pour rester à l’abri : lucidité et hygiène numérique

Son message de fin est clair : « Internet est un lieu dangereux. Rien n’y est réellement sûr. Il faut le savoir, l’accepter et adapter son comportement en conséquence ».

Quelques règles simples :

  • Ne pas installer trop d’applications gratuites.
  • Ne jamais cliquer sur des liens suspects, même venant de contacts connus.
  • Pratiquer une cyberhygiène régulière.

« Pas besoin d’être experts en cybersécurité. Suivez quelques règles de base, et vous serez déjà bien mieux protégés ».

Attaques sur les infrastructures critiques, cybercriminalité, vol de données… La transformation digitale du Maroc s’accompagne d’une montée en puissance des cybermenaces. On en a la démonstration avec le récent évènement malheureux de la cyberattaque subie par la CNSS. Alors que les entreprises et les administrations accélèrent leur digitalisation, sont-elles réellement prêtes à faire face à ces risques ? Le Maroc a-t-il les moyens de garantir sa souveraineté numérique ? Décryptage avec nos experts.

Nous recevons le Directeur Général du Morocco Fintech Center, une structure récemment mise en place pour accompagner le développement des FinTechs au Maroc. Inauguré le 15 janvier 2025 au siège de Bank Al-Maghrib à Rabat, ce centre se veut un guichet unique dédié à l’orientation, à l’incubation et au financement des start-up opérant dans le secteur financier.

Signée lors du GITEX Africa 2025, la convention lie le ministère de la Transition numérique, Royal Air Maroc et l’Agence du développement du digital (ADD) autour de trois axes : soutien aux startups TravelTech, co-innovation public-privé et digitalisation des acteurs du voyage à travers des plateformes et des programmes dédiés.

Le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Royal Air Maroc et l’Agence du développement du digital (ADD) ont signé, le lundi 14 avril, une convention de partenariat stratégique lors de la 3ᵉ édition du salon GITEX Africa, qui se tient actuellement du 14 au 16 avril 2025 à Marrakech.

Ce partenariat vise à accélérer l’innovation dans le secteur du voyage et à positionner le Maroc comme un pôle incontournable de la TravelTech sur le continent africain, indique un communiqué conjoint.

La convention repose sur trois axes majeurs essentiels à la dynamique de transformation digitale du secteur aérien.

  • Promotion conjointe du GITEX Africa : Royal Air Maroc devient transporteur officiel de l’événement. Cette collaboration permettra d’offrir une visibilité accrue à la compagnie nationale, tout en proposant des conditions tarifaires avantageuses aux participants et aux startups africaines.
  • Dynamisation de l’écosystème TravelTech marocain : les parties s’engagent à identifier, accompagner et promouvoir des startups innovantes spécialisées dans les domaines du voyage et du transport aérien. Cet engagement se traduira par des initiatives concrètes telles que le programme RAM Digital Open Innovation, des roadshows régionaux, des programmes de mentorat, ainsi que la création d’un label national « TravelTech Innovator ».
  • Partage des connaissances et co-innovation : des initiatives de formation, des retours d’expérience et des programmes de co-développement de solutions seront mis en place pour favoriser une dynamique collaborative entre acteurs publics, privés et startups.

La convention prévoit également la mise en place de mesures concrètes visant à accélérer la digitalisation des acteurs privés du secteur du voyage, notamment à travers la mise à leur disposition des plateformes « Moukawala Raqmya » et « Academia Raqmya », ainsi que l’organisation d’ateliers de sensibilisation pour renforcer leurs compétences numériques.

« Cette collaboration stratégique incarne notre vision commune de faire du numérique un véritable accélérateur de croissance pour l’économie marocaine et un levier d’amélioration des services aux citoyens. En unissant nos forces, nous affirmons notre ambition de positionner le Maroc comme un leader régional dans le domaine de la TravelTech », a souligné Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, citée dans le communiqué.

« À travers ce partenariat, Royal Air Maroc réaffirme son engagement en faveur de l’innovation et de la transformation digitale dans le secteur aérien. Nous sommes déterminés à soutenir les startups marocaines et africaines spécialisées dans l’industrie du voyage et le digital, en ligne avec les ambitions de développement touristique du Royaume et en préparation aux grands événements que le Maroc se prépare à accueillir, comme la CAN et la Coupe du monde de football 2030 », a déclaré Hamid Addou, président directeur général de Royal Air Maroc.

De son côté, Mohamed Drissi Melyani, directeur général de l’ADD, a affirmé : « Ce partenariat incarne une ambition commune, celle de faire du Maroc un pôle technologique de référence en Afrique, en connectant les talents, les idées et les opportunités. L’ADD est fière d’accompagner cette initiative pionnière qui conjugue innovation, entrepreneuriat et ouverture à l’international ».

L’intelligence artificielle s’installe progressivement en Afrique. Longtemps terrain d’expérimentation pour des solutions venues d’ailleurs, le continent veut désormais devenir un acteur à part entière, capable d’innover localement, de maîtriser ses données et de répondre à ses propres besoins. Orange, présent dans 18 pays africains, joue un rôle central dans cette dynamique.

Le Maroc accélère sa transformation digitale dans de nombreux secteurs, y compris dans le domaine de la santé qui connaît lui aussi une mutation profonde, portée par des technologies de plus en plus révolutionnaires. Mais où en est réellement cette transition numérique en santé ? Quels sont ses enjeux et ses freins ? Et surtout, comment s’assurer que cette transformation profite à tous, dans un système de santé encore marqué par des disparités régionales et des besoins croissants en ressources humaines qualifiées ?

Pour relever ce défi national, toutes les composantes du système de formation – universités, écoles, formation professionnelle – doivent être mobilisées. Les universités doivent à la fois adapter leurs cursus pour augmenter le nombre de diplômés dans les filières numériques, et développer des formats courts et ciblés répondant aux besoins immédiats du marché.

Alors que le Maroc s’est fixé pour objectif de former 100.000 talents numériques par an d’ici 2030 dans le cadre de sa stratégie Maroc Digital, les universités sont appelées à jouer un rôle central dans cette transformation.

Pour Amine Bensaïd, président de l’Université Al Akhawayn, cette ambition ne peut être atteinte sans une mobilisation collective de l’ensemble du système éducatif, qu’il soit universitaire ou professionnel.

« C’est un défi national. Tous les types de formation sont concernés. Il ne s’agit pas uniquement d’augmenter le nombre d’ingénieurs ou de diplômés en informatique dans les universités, mais aussi de proposer des formations courtes, flexibles, qui répondent à des besoins ponctuels et évolutifs du marché », souligne-t-il.

À l’échelle de son établissement, cette dynamique est déjà bien engagée. L’Université Al Akhawayn a revu à la hausse ses capacités d’accueil dans les filières numériques, lancé de nouvelles spécialités, et renforcé ses partenariats avec le secteur privé pour mieux coller aux exigences du terrain.

Dans cette course aux talents, le Maroc mise également sur l’ouverture. La stratégie prévoit la mise en place d’un visa « tech » destiné à attirer les compétences étrangères. Une initiative que le président d’Al Akhawayn accueille positivement : « Il ne faut pas voir cela comme une concurrence aux talents locaux, mais comme une opportunité de créer une émulation, d’élever le niveau global. L’essentiel est de garantir que nos jeunes soient suffisamment bien formés pour rester compétitifs, même dans un environnement plus ouvert».

C’est dans cet esprit que l’université a multiplié les initiatives ces dernières années. Plusieurs programmes ont été lancés autour de l’intelligence artificielle, des data sciences, de la fintech ou encore de la cybersécurité.

Ce dernier domaine fait d’ailleurs l’objet d’un partenariat stratégique avec le cabinet Deloitte pour la création d’un master spécialisé. Une formation conçue en réponse à un besoin criant du marché, illustré récemment par les attaques informatiques ayant visé des institutions marocaines. « Ce master a été co-développé avec des professionnels du secteur. Les étudiants y travaillent sur des cas réels, utilisent les mêmes outils que ceux utilisés en entreprise. C’est une façon de réduire le fossé entre la formation académique et les attentes du marché du travail », explique Amine Bensaïd.

Pour le président d’Al Akhawayn, l’enjeu va bien au-delà de la simple actualisation des programmes. Il s’agit d’anticiper les métiers de demain, dans un contexte technologique en mutation constante. Cela implique de mettre en place une veille stratégique active, mais aussi de cultiver chez les étudiants des capacités d’adaptation, de pensée critique, et une culture de l’apprentissage permanent. «Le rôle de l’université n’est plus seulement de transmettre un savoir figé, mais de préparer les jeunes à apprendre tout au long de leur vie».

Dans un monde de plus en plus façonné par l’intelligence artificielle, cette capacité d’adaptation devient essentielle. Certains métiers sont appelés à disparaître, d’autres à émerger. « Il faut accompagner les jeunes, mais aussi les professionnels en poste, à travers des programmes de formation continue certifiants, accessibles, et adaptés à leurs contraintes. »

Alors que le pays s’engage résolument dans la transition numérique, Amine Bensaïd identifie plusieurs leviers essentiels à activer pour en assurer la réussite. D’abord, l’investissement dans les infrastructures éducatives, aussi bien physiques que numériques. Ensuite, une réforme pédagogique de fond, qui privilégie les approches collaboratives, la modularité des formations et l’ancrage dans la réalité professionnelle. Enfin, une revalorisation de l’image des métiers du digital, afin que les jeunes y voient un champ d’opportunités et non une voie technique subie.

À travers l’expérience de son université, le président d’Al Akhawayn incarne cette vision proactive et partenariale de l’enseignement supérieur, au service d’un Maroc numérique, compétent et inclusif.

DÉBAT. Dans le cadre de son émission spéciale “Maroc Digital 2030 : comment passer du discours à l’impact”, à l’occasion du Gitex Africa 2025, Médias24 a réuni deux acteurs du secteur pour débattre des enjeux liés à l’opérationnalisation de la nouvelle stratégie du digital : Lamiaa Benmakhlouf, directrice générale de Technopark Maroc, et Hassan Belkhayat, président de la Commission Écosystème Tech à la CGEM.

Dans le cadre de son émission spéciale, Médias24 s’est penché sur le virage technologique au Maroc et les enjeux liés à la mise en œuvre de Maroc Digital 2030, la nouvelle stratégie nationale du digital.

Comment ses objectifs seront-ils concrètement atteints, et cette stratégie suffira-t-elle pour rattraper le retard du Maroc dans un secteur en mutation permanente ?

Maroc Digital 2030 : une vision sans plan d’action ?

« C’est une stratégie qui a pris du temps à sortir, mais elle a été globalement bien accueillie au début par l’écosystème. C’est un bon lancement. Maintenant, nous avons beaucoup d’attentes. Comment cette stratégie sera-t-elle déployée sur le terrain ? Est-ce qu’on garantira une continuité, même après un changement de ministre ? Comment cela va-t-il s’appliquer ? », nous répond Hassan Belkhayat, président de la Commission Écosystème Tech à la CGEM.

En l’absence de mécanismes clairs d’intervention, on est en train de rater le coche

« Il y a aussi quelques réserves parce qu’il y a des mécanismes qui ne sont pas clairs. Comment les marchés publics vont-ils être impactés afin de favoriser l’écosystème tech quand on parle de e-gov  ? Comment l’État sera-t-il concrètement impliqué financièrement parlant ? Et comment ces programmes vont-ils être lancés ? Aujourd’hui, ces mécanismes-là ne sont pas encore établis, en tout cas, à notre connaissance, et la frustration vient plutôt du retard que cela prend par rapport à la stratégie qui a été dévoilée », précise-t-il.

« Le plan d’action lui-même n’a pas été défini, mais en tout cas, il y a des annonces qui ont été faites sur la 5G, sur la partie infrastructures de façon générale. Les ambitions sont là. C’est clair… Mais ce qui est important à comprendre, c’est qu’aujourd’hui, le monde évolue très vite et qu’en revanche, en l’absence de mécanismes clairs d’intervention, on est en train de rater le coche”, fait savoir en outre Hassan Belkhayat.

Quid des start-up ?

Des zones d’ombre de la stratégie Maroc Digital 2030 existent, mais il y a aussi des leviers positifs. L’un des points forts mis en avant, dans la stratégie, c’est le soutien accru aux start-up digitales : un label national, des bourses, un accès facilité à la commande publique et privée.

« C’est une stratégie, aujourd’hui, qui consacre tout un axe sur l’écosystème numérique et l’importance [du rôle] que doivent jouer les start-up sur la mise en place justement de ces nouvelles solutions technologiques basées sur l’IA », affirme de son côté Lamiaa Benmakhlouf, directrice générale de Technopark Maroc.

« Mais, bien évidemment, il faut bien qu’on les accompagne. Donc la stratégie a été très ambitieuse en termes d’objectifs déjà. Atteindre 3.000 start-up en 2030 et révéler une ou deux licornes à l’horizon 2030, c’est beaucoup de travail qui doit être fait par l’ensemble des acteurs », affirme notre invitée.

On l’a toujours dit, même avant cette stratégie. On ne peut pas juste financer sans accompagner

« En commençant par l’accès au financement avec des dispositifs de financement qui sont adaptés à toutes les phases de développement de la start-up, de la bourse de vie pour les salariés qui veulent se convertir en start-up jusqu’aux subventions, prêts d’honneur et financements. Le financement doit être absolument jumelé à l’accompagnement. On l’a toujours dit, même avant cette stratégie. On ne peut pas juste financer sans accompagner. C’était l’une des erreurs qui avait été faite au préalable. On donnait de l’argent, on prêtait, on subventionnait, mais c’était des fois de l’argent perdu ».

« Cet accompagnement aussi n’est pas complet quand il n’y a pas la facilitation à l’accès au marché. Il faut que ces start-up aient une vocation internationale, mais d’abord elles doivent avoir des références au niveau local. Donc le marché marocain doit au moins se porter comme un marché test, comme un marché de premier déploiement de ses solutions avant de rêver de les internationaliser. Et cette stratégie Maroc 2030 envisage des mécanismes justement pour que ces entreprises soient des entreprises globales et pas seulement locales ».

« Si on veut vraiment atteindre ces objectifs, il faut qu’il y ait une réglementation spécifique à la start-up, qu’on puisse avoir ce label qui va pouvoir lui permettre de bénéficier d’un certain nombre de mesures et d’accompagnement. Il faut qu’on lui ouvre le marché. Cela dit, la préférence nationale doit être effective. On en a parlé depuis longtemps, mais on ne l’observe pas réellement », souligne en outre Lamiaa Benmakhlouf.

Le prestigieux trophée de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) est actuellement exposé au Gitex Africa, le plus grand salon africain dédié aux technologies, qui se tient du 14 au 16 avril à Marrakech.

Au cœur du salon, le trophée brille non seulement comme une récompense sportive, mais aussi comme un emblème d’unité africaine et de mobilisation nationale, au milieu des dernières avancées technologiques, des start-up innovantes et des géants du numérique.

En attendant de savoir quelle nation soulèvera la coupe lors de la prochaine édition qui se déroulera du 21 décembre au 18 janvier 2026 au Maroc, la présence de ce symbole sportif dans un tel environnement rappelle que le sport est lui aussi un vecteur d’innovation technologique.

Rappelons que la 3e édition du Gitex Africa s’est ouverte le lundi 14 avril à Marrakech, réunissant plus de 45.000 participants et 1.400 exposants issus de plus de 130 pays.

 

Le Directeur Général de Bank Al-Maghrib (BKAM) appelle à une mobilisation collective pour accélérer l’inclusion financière sur le continent. Dans un contexte international incertain, il plaide pour une régulation harmonisée des fintechs, des infrastructures digitales renforcées, et une souveraineté technologique accrue, condition sine qua non pour libérer le potentiel d’un secteur en pleine mutation.

À l’occasion du Gitex Africa 2025, Bank Al-Maghrib a annoncé le lancement d’un portail en ligne destiné aux citoyens. Accessible via l’adresse Portailusagers.bankalmaghrib.ma, cette plateforme permet d’accéder de manière sécurisée, autonome et instantanée à des informations sensibles liées aux comptes bancaires.

Ce portail offre trois fonctionnalités principales. Il permet d’abord à tout citoyen de consulter les coordonnées de ses comptes bancaires, actifs ou clôturés, quel que soit l’établissement. Il offre ensuite aux héritiers ou mandataires la possibilité de retrouver les comptes bancaires d’un défunt, dans le cadre d’une succession. Enfin, il permet d’accéder aux informations relatives aux incidents de paiement sur chèques. Pour sécuriser l’accès, BAM s’appuie sur le système d’authentification de la Direction Générale de la Sûreté Nationale, garantissant un usage réservé aux titulaires légitimes.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large portée par la Banque centrale, qui vise à digitaliser les services d’intérêt commun aujourd’hui rendus au niveau de son réseau d’agences. Elle répond également à une exigence croissante de transparence, de simplicité et de proximité dans la relation entre le citoyen et l’institution financière.

Au-delà de cet outil, la participation de Bank Al-Maghrib au Gitex Africa s’est distinguée par l’intervention du directeur général Abderrahim Bouazza lors de la conférence “Future of Finance”. Devant un parterre d’acteurs de l’écosystème fintech africain, il a livré une analyse lucide des enjeux actuels et futurs du secteur, en mettant en avant la nécessité de bâtir une finance inclusive, résiliente et souveraine.

Le DG de BAM a notamment insisté sur trois leviers à activer pour libérer le potentiel de la fintech sur le continent. D’abord, l’assouplissement et l’harmonisation des régulations, qui freinent aujourd’hui l’expansion régionale des startups en raison de réglementations fragmentées.

Ensuite, le renforcement des infrastructures de base, en matière d’accès à l’électricité, d’identification numérique et de connectivité, pour accélérer l’adoption des services digitaux.

Enfin, l’adaptation des modèles économiques des fintechs, qui doivent se transformer pour répondre à la concurrence des néobanques, des géants technologiques et des opérateurs étrangers.

L’intervention d’Abderrahim Bouazza a également rappelé que la souveraineté technologique devient un enjeu central pour l’Afrique, notamment dans le secteur financier, où la dépendance à des infrastructures critiques peut représenter un risque. Le projet de cadre réglementaire des services financiers au sein de la ZLECAf et l’adoption de systèmes de paiement panafricains comme le PAPSS figurent parmi les leviers identifiés pour réduire cette vulnérabilité.

Le Maroc, de son côté, poursuit ses efforts en ce sens avec la mise en œuvre de la stratégie “Maroc Digital 2030”, la création du Morocco Fintech Center et le lancement par BAM d’un fonds fintech doté de 10 millions de dollars pour soutenir l’innovation locale.

En associant action concrète – à travers le portail – et réflexion stratégique – par la voix de son directeur général – Bank Al-Maghrib affirme ainsi son rôle moteur dans la transformation numérique du secteur financier marocain et continental.

Il s’agit d’initier les jeunes footballeurs, âgés de 8 à 14 ans, à l’utilisation des outils d’intelligence artificielle, en parallèle de leur formation sportive.

L’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), le ministère de la Transition numérique et la Fédération royale marocaine de football (FRMF), avec le soutien du ministère de l’Économie et des finances, ont signé ce lundi 14 avril à Marrakech un accord de partenariat visant à former 200.000 enfants footballeurs à l’intelligence artificielle.

Cet accord a été conclu en marge de la 3ᵉ édition de Gitex Africa Morocco, organisée du 14 au 16 avril à Marrakech. Il prévoit l’initiation, dès l’âge de 8 ans et jusqu’à 14 ans, à l’utilisation des outils d’intelligence artificielle, en parallèle de leur formation sportive.

Les discussions entre la FRMF et les partenaires du projet portaient sur les enfants issus du milieu rural. L’ambition est désormais d’élargir le programme à l’ensemble du Royaume.

« Face au manque de talents dans l’IA, il faut penser en termes de scalabilité », a déclaré Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, à l’occasion de la signature de l’accord.

 

Dans cette émission, le M24 live studio accueille Mohamed Bennis - Sale Director B2B Orange Maroc pour parler de la connectivité des grands événements sportifs. Ensuite, nous enchainons avec une interview exclusive de Nawfal Fassi-Fihri Directeur du programme du 212 Founders.

Dévoilée en 2024, cette stratégie nationale se veut ambitieuse et porteuse d’espoirs. Le gouvernement a clairement affiché la couleur : 11 milliards de DH seront mobilisés entre 2024 et 2026 pour initier cette transformation. Objectif : former 100.000 talents digitaux par an et créer 240.000 emplois dans le numérique d’ici 2030. Ce n’est pas tout. L’ambition est aussi de digitaliser les services publics et de lancer la 5G à moyen terme. Sur le papier, tout semble aligné pour une véritable révolution numérique. Mais des questions se posent et s’imposent : comment ces objectifs seront-ils atteints ? Et est-ce que cette stratégie suffira à rattraper le retard du Maroc dans un secteur en mutation permanente ?

Plus de 140 pays, 1.400 exposants et 400 investisseurs sont attendus dans la ville ocre, qui deviendra durant trois jours l’épicentre technologique de l’Afrique. Cette 3e édition se veut un catalyseur d’innovation, de souveraineté numérique et de connexions humaines à l’échelle du continent. Au cœur de cette édition : l’intelligence artificielle (IA).

La 3ème édition du Gitex a été inaugurée, ce lundi 14 avril, à Marrakech. Le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Chakib Alj, s’est exprimé sur l’importance renouvelée de cet événement d’envergure. Verbatim.

« Cette année, avec plus de 800 startups, 1 500 exposants et des délégations issues de 140 pays, Marrakech confirme une fois de plus son statut de capitale technologique de l’Afrique. Ce qui me marque le plus – au-delà de la taille et du prestige de cet événement – c’est la vision qu’il incarne : celle d’un continent qui embrasse l’innovation pour relever ses défis les plus pressants, non pas en suivant les chemins classiques du développement, mais en les dépassant. »

« L’Afrique a déjà démontré sa capacité à adopter des technologies disruptives. La révolution fintech en est un parfait exemple. Les solutions de paiement mobile – portées par les opérateurs télécoms et les startups – ont permis à des millions de personnes d’accéder à des services financiers sans dépendre d’infrastructures bancaires lourdes. »

« En 2024, cette dynamique ne fait que s’accélérer. Plus de 1 200 fintechs opèrent aujourd’hui sur le continent, proposant des services qui vont bien au-delà du simple paiement mobile, incluant le crédit, l’investissement ou encore l’assurance. »

« En agriculture, la souveraineté alimentaire n’est pas seulement un défi : c’est une opportunité. L’Afrique détient plus de 60 % des terres arables non cultivées du monde. Et pourtant, la productivité reste faible : entre 1,5 et 3 tonnes de céréales à l’hectare, contre 9 à 10 tonnes dans certains pays européens.

La technologie est la clé. Les innovations en IoT, intelligence artificielle, agriculture de précision ou encore irrigation intelligente peuvent révolutionner l’agriculture et assurer l’avenir alimentaire de l’Afrique. »

« Quant à l’éducation, nous devons relever deux défis. D’un côté, il s’agit d’un marché en pleine expansion et d’une formidable opportunité de saut technologique que les startups doivent saisir. De l’autre, c’est un prérequis fondamental à l’émergence d’un écosystème technologique solide sur le continent. »

« L’intelligence artificielle, le cloud, la cybersécurité ou encore l’Internet des objets sont des secteurs en plein essor, appelés à dépasser les 14 000 milliards de dollars à l’échelle mondiale d’ici 2030. Si nous voulons que l’Afrique soit compétitive dans ces domaines, nous devons investir dans notre ressource la plus précieuse : notre talent. »

« D’ici 2030, l’Afrique comptera 1,4 milliard d’habitants – dont plus de 60 % auront moins de 25 ans. En 2050, ce chiffre atteindra 2,6 milliards. »

« Pour ne pas devenir de simples consommateurs passifs de technologies importées, nous devons doter notre jeunesse de compétences numériques – dès maintenant. L’edtech offre un moyen évolutif et impactant de préparer la prochaine génération aux métiers du digital. »

« Un autre pilier stratégique : les infrastructures. D’ici 2030, le Maroc ambitionne de couvrir 70 % de sa population en 5G – une étape essentielle alors que nous nous préparons à co-organiser la Coupe du Monde de la FIFA 2030 avec l’Espagne et le Portugal. »

« Gitex Africa est bien plus qu’un salon technologique. C’est un espace d’idées audacieuses, de dialogues significatifs et de connexions puissantes. Il réunit des visionnaires, des investisseurs, des entrepreneurs et des décideurs – des personnes qui ne se contentent pas d’imaginer l’avenir, mais qui le construisent. »

La 3ème édition du Gitex se tient du 14 au 16 avril, à Marrakech. Ce rendez-vous incontournable de la tech s’est ouvert en présence de grandes personnalités du royaume. Mohamed Drissi Melyani, DG de l’agence de développement du digital (ADD) et organisateur de l’événement s’est exprimé lors du discours d’ouverture. Verbatim.

“Ce salon d’exception, qui a réussi à devenir le cœur battant de l’innovation à l’échelle de notre continent africain, une plateforme de fertilisation croisée des idées et de formulation des ambitions, et, plus important encore, une plateforme d’unification des volontés et des efforts dans ce domaine.”

“Cette édition de « GITEX Africa » se tient dans un contexte marquant de notre histoire contemporaine, représenté par la montée en puissance de l’intelligence artificielle dans notre quotidien.”

“Elle représente également une transformation radicale dans tous les aspects de la vie : dans nos économies, nos institutions, nos concepts sociaux, soulevant des questions de souveraineté, de gouvernance, d’emploi, de justice, de démocratie, et bien d’autres encore.”

“Lors du dernier Sommet sur l’intelligence artificielle, le Royaume du Maroc a exprimé une position claire, affirmant que : l’Afrique ne peut rester un simple terrain d’expérimentation, mais doit être un acteur, un décideur et un producteur.”

“La stratégie nationale “Maroc Digital 2030” repose sur deux piliers fondamentaux :
Le premier consiste à créer une administration numérique au service du citoyen et de l’entreprise.Le second vise à créer une économie numérique génératrice de richesse, stimulante pour l’innovation et pourvoyeuse d’emplois.”

“Aujourd’hui, nous avançons avec confiance, armés de détermination, de volonté et d’une vision claire pour faire des technologies numériques un moteur de transformation profonde, un levier de compétitivité et un outil de justice sociale.”

“Dans cette perspective, l’Afrique doit travailler au développement des infrastructures numériques, à la connexion du monde rural à Internet, et à la formation des talents en intelligence artificielle et en data. C’est cette orientation que nous défendons aujourd’hui… Car nous voulons un continent qui ne subit pas les révolutions numériques, mais qui les met à profit et les oriente au service de ses peuples.”

“Le salon GITEX Africa constitue un point de rencontre entre le présent et l’avenir, ainsi qu’une vitrine pour les talents africains, afin d’échanger des idées et de poser les bases de la coopération dans le domaine numérique.”

“Le temps de l’émerveillement passif face à la technologie est révolu ; place à l’action, à la coopération et à l’impact.”

Le chef de la cybersécurité du gouvernement des Émirats arabes unis, Mohamed Al Kuwaiti, a salué, lundi à Marrakech, le leadership africain du Maroc dans les secteurs des technologies digitales et numériques, exprimant le souhait de voir le Royaume percer davantage dans ce domaine au niveau mondial.

Intervenant à l’ouverture de la 3e édition du GITEX Africa Morocco, Mohamed Al Kuwaiti a salué la vision du Royaume, portée par le leadership de S.M. le Roi Mohammed VI, en matière d’innovation et de transformation numérique, faisant part de la volonté des Émirats arabes unis de soutenir cette ambition numérique.

Pour le responsable émirati, cette 3e édition de GITEX Africa est l’occasion de mettre en avant l’importance stratégique de l’intelligence artificielle (IA), insistant sur l’intérêt de promouvoir une technologie sûre, éthique et sécurisée, ainsi que la cybersécurité, notamment dans un contexte régional et mondial marqué par une digitalisation accélérée.

À ce propos, il a déploré le fait que les menaces cybernétiques coûtent chaque année des milliards de dollars à l’économie mondiale.

C’est dans cette perspective que l’intelligence artificielle « souveraine » devrait être intégrée au cœur de l’action gouvernementale, a-t-il plaidé, soulignant que le secteur public ne peut, à lui seul, relever ce défi. « Une mobilisation collective, fondée sur des partenariats public-privé, s’impose ».

La cérémonie d’ouverture de cette 3e édition de GITEX Africa Morocco, placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a été marquée par l’intervention vidéo pré-enregistrée du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, et la présence de membres du gouvernement, d’investisseurs nationaux et internationaux, de représentants d’institutions gouvernementales, de conférenciers et de personnalités de divers horizons.

L’édition de cette année, qui connaît la présence de quelque 45.000 participants et plus de 1.400 exposants représentant plus de 130 pays, se démarque par une multitude de conférences sectorielles, des initiatives innovantes dans l’industrie créative et des forums de networking à forte valeur ajoutée.

Cérémonie d'ouverture. La ministre chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Amal Fellah Seghrouchni a consacré une bonne partie de son discours lors de l'ouverture du Gitex à l'intelligence artificielle.

« Notre mission propre doit aller plus loin. Nous devons regarder au-delà de l’ère numérique, vers la prochaine ère qui est déjà en train de se former. Elle façonne nos économies, nos institutions et nos sociétés : cette ère est celle de l’intelligence artificielle », déclare la ministre.

« Ce n’est pas un avenir lointain ni abstrait : elle est déjà là, et elle progresse rapidement. Aujourd’hui, près de 40% des startups intègrent l’IA au cœur de leurs produits et de leurs services. Ce n’est pas une tendance isolée, mais le reflet d’un changement profond, d’une transformation de l’architecture même de l’innovation.

« Pour comprendre pleinement ce qui nous attend, il faut regarder brièvement d’où nous venons. Nous avons commencé avec le siècle cognitif : des machines d’IA conçues pour inférer, reposant sur la logique symbolique et des systèmes basés sur des règles. Ces systèmes imitaient le raisonnement humain, mais restaient limités par leur rigidité.

« Puis est venue l’IA centrée sur les données, première génération où les machines ont acquis la capacité d’analyser des données à travers des modèles statistiques, du data mining et de l’apprentissage supervisé. L’IA pouvait détecter des motifs et en tirer des insights à grande échelle.

« Aujourd’hui, nous sommes dans l’ère de l’IA générative et multimodale : des machines qui génèrent des images, du son, du texte, des dialogues humains, voire de l’imagination simulée. Et pourtant, ce n’est pas une fin en soi.

« Nous sommes désormais à l’aube d’une nouvelle frontière : l’IA agentique. Une nouvelle génération de systèmes capables d’agir de manière autonome, d’apprendre en continu, de raisonner, planifier et décider dans des domaines multiples. Le passage de l’outil à l’agent est une transformation radicale.

« Nous observons déjà des signes concrets de cette bascule stratégique :

  • Un marché mondial qui devrait dépasser 320 milliards de dollars d’ici 2030 ;

  • Une adoption rapide : 70% des grandes entreprises prévoient d’intégrer des agents IA dans les deux prochaines années ;

  • Au niveau de l’architecture même : des géants comme OpenAI, DeepMind, Meta ou Microsoft passent des modèles aux agents unifiés.

« Nous sommes clairement entrés dans l’âge de l’intelligence. Mais la question n’est pas seulement quand nous y entrons, mais comment :

  • Comment entrer dans cette ère avec une technologie qui nous renforce ?

  • Comment faire en sorte que l’Afrique contribue à façonner et définir cette intelligence ?

« Et la vérité, c’est que l’Afrique dispose d’atouts stratégiques uniques pour jouer un rôle de leadership mondial :

  • Un avantage démographique, avec une jeunesse connectée et à l’aise dans le numérique ;

  • Plus de 30% des réserves mondiales en minerais critiques, essentiels pour les infrastructures IA ;

  • Une dynamique d’investissement croissante : plus d’1 milliard de dollars d’investissements publics et privés en IA en Égypte, au Kenya et au Maroc ;

  • Un écosystème d’innovation florissant avec plus de 2400 startups IA et deeptech sur le continent.

« Mais nous devons aussi affronter des fractures réelles :

  • Un fossé dans les capacités de calcul : moins de 1% des capacités mondiales de data centers se trouvent en Afrique ;

  • Un déficit de talents : l’Afrique ne représente que 0,5% des publications en recherche IA, alors que le besoin est estimé à plus de 10 millions de professionnels IA ;

  • Un fossé dans les données et les modèles : 95% des données d’entraînement IA ignorent les langues et les contextes africains.
    Ces écarts ne sont pas que techniques, ils sont géopolitiques, et appellent une action collective, stratégique et urgente.

« Dans ce contexte, le Maroc a fait un choix clair : Ne pas être seulement preneur de technologie, mais en devenir acteur et architecte.

« Sous la haute impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, la stratégie nationale « Maroc Digital 2030 » est claire et structurée autour de trois piliers stratégiques :

  • La digitalisation des services publics pour rapprocher l’administration des citoyens et des entreprises, avec des services plus efficaces, transparents et accessibles
  • La dynamisation de l’économie numérique, en soutenant l’innovation et la création d’emplois à forte valeur ajoutée.

« Mais cette transformation ne repose pas que sur une vision.
Elle est accélérée par des actions concrètes, lancées dès septembre 2024, notamment :

  • Le T4-Hub, pour coordonner le développement du numérique et de l’IA à l’échelle régionale ;

  • Le JERI Institute, un pont entre la recherche, l’innovation et les écosystèmes locaux ;

  • Des investissements massifs dans les infrastructures numériques souveraines ;

  • Et un pipeline complet de formation, de l’université jusqu’à l’école primaire.

« Notre ambition dépasse nos frontières. Le Maroc a été choisi pour accueillir un Centre régional du numérique pour le développement durable.

« C’est une reconnaissance de notre positionnement stratégique, mais aussi une démonstration de notre leadership numérique africain.

« Situé à l’intersection de l’Europe, de l’Afrique et du monde arabe, le Maroc s’est fixé, à travers Digital 2030, l’objectif de devenir une puissance numérique régionale, avec des plans ambitieux pour l’innovation, la création d’emplois, la croissance des startups, et l’amélioration de la gouvernance.

« Mais la transformation numérique dans la région est encore freinée par un accès inégal à l’IA, des politiques fragmentées, une infrastructure numérique insuffisante, des écarts entre éducation et industrie, un accès limité au capital, et l’absence de stratégies sectorielles intégrées.

« L’initiative Digital for Sustainable Development du PNUD vise à surmonter ces obstacles et à libérer le potentiel régional, en plaçant le Maroc au cœur de ses opérations. Le Hub qui sera implanté au Maroc a pour missions d’harmoniser les stratégies, de renforcer les infrastructures, de développer le capital humain, de stimuler l’adoption de l’IA.

« Et ainsi repositionner le Maroc comme centre d’excellence de la transformation numérique à l’échelle de l’Afrique et du monde arabe.

« Nous savons que ce chemin ne peut pas être parcouru seuls. C’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui : non pas uniquement pour présenter des innovations, mais pour lancer une invitation.

« Construisons ensemble des jeux de données inclusifs, multilingues et ouverts, centrés sur l’Afrique. Investissons dans une infrastructure verte et souveraine. Formons les 10 millions de professionnels IA dont l’Afrique a besoin. Et surtout, faisons de l’IA une intelligence éthique, sociale et bénéfique pour tous.

« L’âge de l’intelligence n’est pas une course pour quelques-uns, c’est une mission pour le plus grand nombre. Alors, je vous laisse sur cette sagesse africaine : « Seul, on va vite. Ensemble, on va loin. »

En ouverture de la troisième édition du Gitex, le Chef du Gouvernement a adressé un message filmé aux participants. Voici l'intégralité de son discours.

« Je suis heureux de prononcer cette allocution à l’occasion de l’ouverture de cette édition de GITEX Africa – Maroc 2025, organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste.

« Ce salon d’envergure, qui s’est imposé comme le cœur battant de l’innovation à l’échelle de notre continent africain, constitue une plateforme de croisement des idées, de projection des ambitions et, plus encore, un espace de convergence des volontés et des efforts dans ce domaine.

« Cette édition de GITEX Africa se tient dans le contexte d’un moment charnière de notre histoire contemporaine, marqué par la montée en puissance de l’intelligence artificielle dans notre quotidien.

« Un bouleversement qui transforme en profondeur nos économies, nos institutions, nos repères sociaux, et qui soulève des questions majeures relatives à la souveraineté, à la gouvernance, à l’emploi, à la justice et à la démocratie.

« Le Royaume du Maroc s’engage activement dans les forums internationaux en plaidant pour une intelligence artificielle éthique, inclusive et régulée, qui respecte les droits humains, protège la confidentialité des données personnelles et serve l’intérêt général.

« Cet engagement est d’autant plus crucial face à la recrudescence de pratiques préoccupantes, notamment les cyberattaques, qui nous poussent à réfléchir collectivement aux mécanismes de renforcement de notre cybersécurité, pour protéger nos systèmes contre ces comportements contraires à l’éthique.

« Lors du dernier sommet mondial sur l’intelligence artificielle, le Maroc a exprimé une position claire : l’Afrique ne peut plus être un simple terrain d’expérimentation. Elle doit agir, décider et produire.

« Le Maroc a fait très tôt le pari du numérique, en le plaçant au rang de priorité nationale grâce aux orientations éclairées de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste. Des orientations qui ont permis le lancement de la stratégie nationale « Maroc Digital 2030 ».

 » Cette stratégie repose sur deux piliers fondamentaux :

  1. La mise en place d’une administration numérique au service du citoyen et de l’entreprise ;

  2. Le développement d’une économie numérique créatrice de richesse, de valeur ajoutée, d’emplois et d’innovation.

« En parallèle, le pays a engagé plusieurs réformes structurantes, parmi lesquelles :

  • La signature de partenariats avec des entreprises numériques mondiales pour développer le capital humain national et attirer les investissements ;

  • Le lancement de mécanismes de financement adaptés aux startups ;

  • Le renforcement de l’offre de services externalisés, notamment à forte valeur ajoutée ;

  • La mise en place d’un cadre réglementaire propice à l’innovation, facilitant notamment l’accès des startups aux marchés publics.

« Aujourd’hui, nous avançons avec détermination, vision et clarté, pour faire du numérique un levier de transformation, un vecteur de compétitivité, et un outil de justice sociale.

« L’Afrique ne peut se contenter de suivre le mouvement mondial. Elle est appelée à participer, réfléchir, innover. Pour cela, nous avons besoin de coopération, d’investissement et d’intégration.

« L’Afrique doit notamment travailler au développement de ses infrastructures numériques, à la connexion du monde rural à Internet, et à la formation des talents en intelligence artificielle et en data science.

« C’est cette orientation que nous défendons aujourd’hui. Car nous voulons une Afrique qui ne subit pas les révolutions numériques, mais qui les maîtrise et les oriente au service de ses peuples.

« GITEX Africa est un carrefour entre le présent et l’avenir, et une vitrine pour les talents africains, leur permettant d’échanger, de coopérer et de jeter les bases d’un partenariat numérique solide.

« Nous devons donc unir nos efforts pour que les pays africains trouvent dans le numérique un outil d’émancipation et de souveraineté. Le temps de l’admiration passive de la technologie est révolu : l’heure est à l’action, à la coopération et à l’impact ». 

La ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a échangé, dimanche à Marrakech, avec les porteurs de projets, dont les startups ont été sélectionnées dans le cadre de l’initiative "Morocco 200".

Les startups sélectionnées, dont le nombre s’élève à 200, bénéficieront d’une participation subventionnée par le ministère à l’occasion de la 3ᵉ édition de « GITEX Africa Morocco », qui se tiendra du 14 au 16 avril à Marrakech.

Intervenant lors de cet échange, Amal Fellah Seghrouchni a relevé que l’initiative « Morocco 200 », lancée par son département, en collaboration avec l’Agence de développement du digital (ADD), vise à favoriser l’internationalisation des startups marocaines et à dynamiser leur présence sur la scène technologique mondiale, indiquant que les startups sélectionnées bénéficieront d’une prise en charge à hauteur de 95 % des frais de location des stands, afin de lever les barrières financières pour accéder à un événement d’envergure tel que « GITEX Africa ».

« Chaque startup disposera d’un stand de 4 m2, d’un accès à des bootcamps de préparation pré-événement, conçus en partenariat avec des investisseurs, des mentors et des accélérateurs dans l’objectif de renforcer leurs capacités à présenter efficacement leurs projets, structurer les pitchs, et mieux anticiper les attentes du marché », a-t-elle précisé, faisant savoir que plus de 600 rendez-vous B2B sont planifiés entre startups, investisseurs et partenaires.

Les lauréates pourront également participer au « Supernova Challenge », la plus grande compétition de pitch pour startups en phase de démarrage en Afrique, avec à la clé un prix prestigieux, a-t-elle insisté, notant que sur les 200 startups retenues, 130 participent pour la première fois, 2 ont été sélectionnées uniquement en 2023, pas moins de 55 ont participé à l’édition 2024, et 15 ont déjà pris part aux éditions 2023 et 2024.

Dans ce contexte, Mme Seghrouchni s’est félicitée que 34 startups fondées par des femmes fassent partie de la sélection, précisant que du point de vue sectoriel, l’intelligence artificielle arrive en tête, avec 13 % des projets sélectionnés, suivie par la Logitech et la mobilité (11 %), l’EdTech et la FinTech (8 % chacun), la HealthTech (7 %), et l’AgriTech (7 %).

Cette cérémonie a été aussi marquée par la remise de trophées aux membres du jury en reconnaissance de leur contribution précieuse au processus de sélection des startups.

Placée sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, la troisième édition du GITEX Africa Morocco a pour objectif de favoriser les synergies entre gouvernements, investisseurs, entrepreneurs et leaders du numérique.

C’est parti pour la 3e édition de GITEX Africa à Marrakech. Du 14 au 16 avril 2025, la ville ocre accueille plus de 1.400 exposants, 400 investisseurs et des délégations issues de 140 pays, pour ce qui s’annonce comme le rendez-vous technologique majeur du continent.

Au cœur de cette édition : l’intelligence artificielle. Agriculture, santé, éducation, services publics… les cas d’usage se multiplient, avec une ambition affirmée : faire de l’Afrique un producteur de solutions numériques, et non un simple marché.

« Notre ambition, elle est claire : faire de cette édition un accélérateur de souveraineté technologique pour l’Afrique. Concrètement, nous voulons connecter les meilleurs talents aux meilleurs investisseurs, offrir aux institutions publiques des solutions adaptées à leurs enjeux, et donner à voir une Afrique en capacité de produire ses propres innovations », nous déclarait Chakib Achour, représentant officiel de l’événement dans le Royaume.

Parmi les grandes nouveautés cette année  : un sommet sur la souveraineté numérique africaine, un dialogue inédit sur la régulation des crypto-actifs, et un espace dédié aux talents de la diaspora, le « Diaspora Studio ». Le sommet « Africa Future Connectivity » réunira en parallèle les grands décideurs du numérique autour des enjeux de connectivité, de cloud et d’infrastructures.

Médias24 propose à ses lecteurs une couverture spéciale de l’évènement : Les dernières actualités heure par heure, des directs des temps forts et un plateau immersif où se succéderont de nombreux invités sur des thèmes variés. Restez connectés.

 

 

À quelques jours de l’ouverture de GITEX Africa 2025 à Marrakech, Chakib Achour, représentant officiel de l’événement dans le Royaume, lève le voile sur une édition ambitieuse, résolument tournée vers l’intelligence artificielle, la connectivité et la diaspora africaine. Selon ses propres termes, "l’IA n’est plus un luxe, c’est un levier immédiat pour l’Afrique". Interview.

À Marrakech, le compte à rebours est lancé. Du 14 au 16 avril 2025, la 3e édition de GITEX Africa s’annonce comme un rendez-vous stratégique pour l’écosystème numérique continental.

Plus de 140 pays, 1.400 exposants et 400 investisseurs sont attendus dans la ville ocre, qui deviendra durant trois jours l’épicentre technologique de l’Afrique. Cette 3e édition se veut un catalyseur d’innovation, de souveraineté numérique et de connexions humaines à l’échelle du continent. Au cœur de cette édition : l’intelligence artificielle (IA).

Agriculture, santé, éducation, services publics… les cas d’usage se multiplient, et l’ambition est claire : faire de l’Afrique un producteur de solutions, et non un simple marché. Au-delà des technologies, GITEX Africa 2025 veut aussi repositionner les grands enjeux de connectivité, de souveraineté numérique et de mobilisation des talents de la diaspora.

Le représentant officiel de l’événement au Maroc, Chakib Achour, répond aux questions de Médias24 sur ce rendez-vous de la tech et des start-up, et les nouveautés qu’il propose.

Médias24 : L’intelligence artificielle est le thème de cette 3e édition. Comment peut-elle participer à l’essor du Maroc et du continent africain ?

Chakib Achour : L’intelligence artificielle, aujourd’hui, ce n’est plus un luxe ou un terrain de recherche réservé aux grandes puissances. C’est un levier immédiat pour résoudre des défis locaux, optimiser nos ressources et créer de nouveaux modèles de développement. En Afrique, où les besoins sont énormes et les structures souvent sous pression, l’IA peut accélérer des changements profonds, dans l’agriculture, la santé, l’éducation ou encore les services publics.

Pour le Maroc, c’est une opportunité historique. Nous avons les talents, les infrastructures, et une ambition politique affirmée à travers la stratégie Maroc Digital 2030. L’IA peut faire du Maroc un hub technologique au service de tout le continent. GITEX Africa 2025 va d’ailleurs offrir une scène centrale à cette thématique, avec des panels, des démonstrations, des cas d’usage concrets d’IA appliquée au développement. C’est une manière d’ancrer cette technologie dans la réalité africaine et de montrer que, oui, l’Afrique peut produire et exporter des solutions en intelligence artificielle.

– Quelles surprises nous réserve la 3e édition de GITEX Morocco Africa ?

– Cette édition 2025 s’annonce comme un moment charnière. D’abord, parce que nous franchissons un seuil en termes de participation internationale. Pour la première fois, nous accueillerons 140 pays, avec un espace inédit baptisé « Pavilion Countries ». Ce sera une vitrine mondiale de l’innovation, une sorte de carte vivante des écosystèmes numériques planétaires.

Ensuite, il y aura des thématiques totalement nouvelles. L’agrégation de secteurs comme l’AgriTech, la SportTech ou encore la Green Energy nous permet d’élargir le champ de la tech africaine. C’est aussi la première fois qu’un sommet sur la souveraineté numérique africaine, couplé à un dialogue sur la régulation des crypto-actifs, sera organisé avec des régulateurs, dont Bank Al-Maghrib.

Et puis, bien sûr, il y a l’intensité du matchmaking cette année. Plus de 400 investisseurs internationaux seront présents, avec une plateforme entièrement repensée pour faciliter les deals, les levées de fonds et les partenariats stratégiques. GITEX Africa 2025, c’est un concentré de technologie, d’ambition et de connexions humaines.

– Quelles ambitions pour l’édition 2025 de GITEX ? Quels sont les objectifs que vous souhaitez atteindre ?

– Notre ambition, elle est claire : faire de cette édition un accélérateur de souveraineté technologique pour l’Afrique. Concrètement, nous voulons connecter les meilleurs talents aux meilleurs investisseurs, offrir aux institutions publiques des solutions adaptées à leurs enjeux, et donner à voir une Afrique en capacité de produire ses propres innovations.

Sur le plan quantitatif, nous visons à dépasser les 50.000 visiteurs, à maintenir une représentation de plus de 1.400 exposants, et à renforcer le rôle de GITEX comme un catalyseur de croissance, avec des centaines de deals signés ou enclenchés. Mais l’objectif le plus important, c’est l’impact. Si une start-up sénégalaise repart avec son premier tour de table, si une entreprise marocaine décroche un contrat continental, ou si un jeune développeur ivoirien trouve son mentor ici à Marrakech, alors l’ambition aura été atteinte.

– Pouvez-vous nous en dire plus sur Africa Future Connectivity ?

– Le coeur battant de cette édition, c’est Africa Future Connectivity. Ce sommet va réunir les décideurs de la connectivité en Afrique – opérateurs télécoms, ministres, régulateurs, géants du cloud, acteurs des data centers – pour une discussion stratégique sur l’avenir des infrastructures numériques.

Pourquoi c’est crucial ? Parce que sans connectivité, il n’y a ni IA, ni e-santé, ni éducation à distance, ni souveraineté numérique. Nous avons besoin d’un socle commun solide. Ce sommet abordera des sujets concrets : comment déployer et étendre la 5G ? Comment sécuriser les réseaux africains ? Comment mutualiser les investissements pour les câbles sous-marins ?

L’Afrique a besoin d’un cadre de gouvernance clair et d’une vision collective sur ces enjeux. GITEX Africa devient ainsi un espace de dialogue politique, économique et technologique, avec un objectif simple : que l’Afrique se parle à elle-même, et construise ses propres routes digitales.

– Cette édition est plus focalisée sur la diaspora. Qu’est-ce que le Diaspora Studio ? Pourquoi est-ce essentiel pour GITEX ?

– Le Diaspora Studio, c’est l’une des grandes innovations de cette édition. Il s’agit d’un espace dédié aux talents africains installés à l’international, qui souhaitent contribuer à l’essor technologique du continent. La diaspora, c’est une richesse exceptionnelle : des ingénieurs, des investisseurs, des chercheurs, des entrepreneurs qui ont acquis une expertise mondiale et qui veulent désormais revenir, transmettre, investir.

Ce studio va leur offrir une scène, mais aussi un programme d’accompagnement, des outils pour investir dans des start-up locales, pour lancer un projet en Afrique, ou simplement pour établir des passerelles entre les deux rives.

C’est aussi un signal fort. GITEX Africa ne regarde pas uniquement l’Afrique continentale. Il s’adresse à l’Afrique globale, celle qui vit à Paris, à Toronto, à Dubaï, mais qui garde une racine, une vision, un désir d’agir. Le futur numérique africain ne se construira pas sans sa diaspora, et nous voulons qu’elle se sente ici chez elle.

À l’occasion de la 3e édition du Gitex Africa, Trixie LohMirmand, PDG de Kaoun International, l'organisateur de l’événement, partage sa vision sur l’évolution des start-up marocaines, l’impact de l’intelligence artificielle sur le continent et les ambitions du salon pour les années à venir.

Lors de la conférence de presse dédiée à la 3e édition du Gitex, à Rabat, Médias24 a pu rencontrer Trixie LohMirmand, PDG de Kaoun International, l’organisateur de GITEX Africa pour en savoir davantage sur l’édition 2025 prévue à Bab Jdid, à Marrakech, du 14 au 16 avril.

Médias24 : Vous avez annoncé une édition historique pour 2025. En quoi celle-ci sera-t-elle différente ou spéciale par rapport aux autres éditions ?

Trixie LohMirmand : Ce qui rend cette édition particulièrement marquante, c’est que nous entrons dans une décennie dominée par l’intelligence artificielle (IA) – une époque où tout évolue extrêmement vite, dans un climat de compétition intense. Les règles du jeu changent chaque jour. Il est donc crucial que les communautés technologiques marocaines et africaines se connectent avec les 40.000 participants présents, issus de plus de 130 pays, pour comprendre les tendances mondiales, saisir des opportunités de collaboration et s’inspirer des meilleures pratiques.

Alors que nous entamons notre troisième année, les attentes autour des start-up marocaines sont de plus en plus élevées, que ce soit en matière de croissance, d’emploi ou de plans d’investissement, ces jeunes pousses ont beaucoup évolué.

Nous sommes très fiers du salon cette année : près de 300 start-up marocaines y participent, ce qui représente une augmentation considérable par rapport à la 1re édition.

L’IA est appelée à peser plus de 3.600 milliards de dollars d’ici 2034 dans l’économie mondiale. Pourtant, l’Afrique ne représente aujourd’hui que 2,5% de ce marché, un chiffre encore très bas. Cela montre qu’il y a un énorme potentiel de croissance, avec une projection à 2.900 milliards de dollars d’ici 2030 ou au-delà.

Mais comment y parvenir ? Cela passe par une forte interaction avec des partenaires internationaux, pour comprendre comment s’adapter et évoluer de façon compétitive. Cette année, plus de 40% des entreprises présentes à Gitex Maroc proposent des produits ou des solutions basés sur l’IA, en particulier dans des secteurs comme l’agriculture, la santé, l’éducation ou la finance.

– Pouvez-vous nous donner un aperçu des initiatives clés qui seront présentées lors de cette édition du Gitex Morocco Africa ?

– Plusieurs nouveaux programmes et plans seront présentés par les entreprises elles-mêmes. Ce qui nous importe, c’est de voir à quel point ces start-up ont intégré l’IA dans leurs produits, comment elles ont su faire pivoter leur modèle pour rester pertinentes. De nouveaux secteurs sont mis en lumière cette année, comme l’agritech, la healthtech – déjà présentes l’an passé –, mais aussi l’edtech et la sportech, qui prennent une importance particulière à l’approche de la Coupe du monde de 2030 au Maroc.

Et ce qui est encore plus excitant, c’est que nous accueillons plus de 350 investisseurs venus de plus de 60 pays, dont beaucoup découvrent le Maroc pour la première fois. Quand on leur demande dans quels types de start-up ils souhaitent investir, la réponse est unanime : l’IA.

L’IA s’intègre désormais dans toutes les industries, ce qui donne aux start-up marocaines une chance unique de comprendre ce qu’il faut pour attirer des investissements, gagner en compétitivité et accéder à de nouveaux marchés, notamment dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de la finance et de l’éducation.

– Quelle vision stratégique pour cette 3e édition du Gitex ?

– Nous ne voyons pas cette édition comme un événement isolé, mais comme un tremplin vers l’avenir. Il s’agit de construire sur la dynamique accumulée au cours des deux dernières années, en synergie avec le gouvernement, les institutions partenaires et l’Agence de développement du digital (ADD).

Nous voulons accélérer le développement de l’économie numérique, encourager les exportations digitales et surtout aider les start-up à se développer à l’échelle internationale. C’est dans cette optique que nous insistons sur l’importance de rester concentrés, de guider nos efforts dans la bonne direction et de favoriser les bonnes conversations autour de l’IA, avec les meilleurs experts, pour imaginer les prochaines étapes et affiner les stratégies produit, marketing et de croissance.

Comme chaque année, les vacances scolaires d’avril en Europe vont renforcer la fréquentation hôtelière des marchés émetteurs étrangers. Selon plusieurs opérateurs, la tenue concomitante du salon Gitex Africa permettra de réaliser un taux d’occupation de 90% et d’allonger la durée moyenne de séjour à cinq nuitées contre trois lors des années précédentes.

« Très attendue par l’ensemble de la profession, la haute saison qui commence au début du deuxième trimestre avec les vacances scolaires, qui durent près d’un mois dans toute l’Europe, sera renforcée par un afflux de dizaines de milliers de professionnels de la technologie qui participeront au Gitex Africa dans la ville ocre », estime le secrétaire général du conseil régional du tourisme (CRT) de Marrakech-Safi.

45.000 touristes d’affaires supplémentaires

Hasard du calendrier, la tenue concomitante à Marrakech du plus grand salon mondial de la technologie a fait, selon Mustapha Amalik, exploser le niveau des réservations entre le 14 et le 16 avril grâce à la participation prévue de 45.000 professionnels étrangers venus du monde entier.

Accueilli pour la troisième fois par la ville ocre depuis 2023, cet événement planétaire, qui coïncidera avec les vacances scolaires européennes, a d’ores et déjà permis à certains hôtels d’afficher complet à partir de la semaine prochaine.

« Si ce salon ne dure que trois jours, les participants, qui arrivent le plus souvent avant son ouverture, en profitent pour rester plus longtemps en séjournant près de cinq jours, soit presque le double de la durée moyenne de séjour qui est de trois nuitées », estime le secrétaire général du CRT pour qui l’impact sera considérable en termes de fréquentation hôtelière et de recettes en devises.

Un événement mondial qui rappelle la nécessité d’un palais des congrès

Seul bémol, notre interlocuteur avance que sa localisation sous un chapiteau éphémère en face de l’hôtel Mamounia rend plus que nécessaire la construction d’un palais des congrès et des expositions.

Maintes fois retardé, ce projet s’impose pour que Marrakech puisse accueillir dignement les nombreuses délégations, comme celle qui sera menée par le chef du gouvernement marocain au Gitex Africa. Selon Mustapha Amalik, la tenue de cet événement permettra d’accélérer sa concrétisation et de stimuler la fréquentation hôtelière de la haute saison d’avril par rapport à celle de l’année dernière qui avait été affectée par la période du ramadan.

Un taux d’occupation hôtelier qui pourra frôler 90%

Une semaine après la fin du mois sacré qui avait ralenti le nombre d’arrivées étrangères, plusieurs hôteliers affichent leur optimisme en déclarant un niveau inédit de réservations européennes pour les vacances scolaires et de touristes d’affaires souhaitant participer au Gitex.

« Tous les voyants sont au vert pour que la haute saison printanière, du 7 avril à début mai, soit un véritable succès, avec une croissance importante du nombre de visiteurs internationaux », prédit un professionnel de l’hébergement. Ce dernier table déjà sur un taux provisoire de remplissage de 65%, dans l’attente des réservations de dernière minute qui devraient faire grimper le taux à 90%.

Qualifiant la période d’avril de mois le plus important de l’année, nos interlocuteurs se disent très satisfaits de la dynamique actuelle qui devrait se poursuivre au moins jusqu’aux vacances estivales.

La ministre de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni a reçu, le vendredi 28 février, au siège du ministère à Rabat, Trixie LohMirmand, présidente-directrice générale de Kaoun International, société organisatrice du salon GITEX Africa.

Cette rencontre a constitué une opportunité pour faire le point sur l’état d’avancement des préparatifs et les plans d’action mis en place en vue de la troisième édition de GITEX Africa, le plus grand événement technologique et dédié aux startups en Afrique. Prévu du 14 au 16 avril 2025 à Marrakech, ce salon ambitionne de rassembler les principaux acteurs de l’innovation et du numérique sur le continent.

À cette occasion, Mme Seghrouchni a salué les efforts conjugués des différentes parties prenantes ayant contribué au succès des deux éditions précédentes. Elle a également réaffirmé l’engagement du Maroc à assurer la réussite de ce rendez-vous stratégique, en parfaite adéquation avec la vision royale clairvoyante du Roi Mohammed VI. Le Souverain a souligné l’importance d’initiatives audacieuses et innovantes pour libérer pleinement le potentiel du continent africain.

En 2025, Gitex Africa entend franchir un nouveau cap en catalysant des solutions technologiques à fort impact et en affirmant la place de l’Afrique sur la scène numérique mondiale.

Placé sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, cet évènement s’inscrit pleinement dans la vision de la stratégie nationale « Maroc digital 2030 » et s’assigne pour objectif d’accélérer la digitalisation et de renforcer les synergies entre les écosystèmes numériques africains et internationaux, indiquent les organisateurs dans un communiqué.

Organisé par Kaoun International en partenariat avec l’Agence de développement du digital (ADD), ce rendez-vous s’impose comme une plateforme de référence permettant de sceller des partenariats, de dévoiler des solutions innovantes et de créer des alliances internationales, soulignent les organisateurs.

Avec plus de 45.000 visiteurs et 1.500 exposants attendus, cet événement placé sous l’égide du ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration promet une dynamique sans précédent.

Les plus grandes entreprises technologiques, aux côtés de start-up audacieuses, viendront présenter des solutions disruptives, tandis que décideurs et investisseurs exploreront les opportunités de collaboration.

Pendant trois jours, l’innovation sera au cœur des échanges, touchant une multitude de secteurs. Gitex Climate Impact mettra en avant les solutions technologiques pour une croissance durable, alors que la HealthTech et la FinTech ouvriront de nouvelles perspectives en matière d’accès aux soins et d’inclusion financière.

L’e-governement et les smart cities seront également mis en avant, avec pour objectif de moderniser les services publics et d’optimiser la gestion urbaine grâce au digital.

L’édition 2024 avait connu la participation de 1.400 exposants et 680 start-up, en plus de 40.000 visiteurs venus de 130 pays. En 2025, Gitex Africa entend franchir un nouveau cap en catalysant des solutions technologiques à fort impact et en affirmant la place de l’Afrique sur la scène numérique mondiale.