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SIAM 2025

SIAM 2025
01 mai 2025
16:32 Al Moutmir dévoile ses nouvelles initiatives au SIAM 2025
À l’occasion du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM) 2025, l'initiative Al Moutmir présente une série d'innovations visant à renforcer la résilience du secteur agricole face aux défis climatiques et économiques.

Depuis son lancement en 2018, Al Moutmir accompagne les agriculteurs marocains à travers une approche intégrée alliant transfert de technologies, services de conseil, solutions digitales et initiatives de développement durable.

À ce jour, plus de 40.000 agriculteurs ont été directement accompagnés et plus de 540.000 indirectement via des solutions digitales.

Al Moutmir renforce ses équipes et élargit son offre au profit des agriculteurs.

Parmi les nouveautés annoncées pour 2025 dans des domaines précis comme la santé des sols, l’initiative Al Moutmir élargit son offre et explore de nouvelles solutions technologiques avancées afin de maximiser l’impact. 7 laboratoires mobiles sillonnent le Maroc et effectuent gratuitement des analyses de sols en plus des laboratoires de l’UM6P à Benguerir. Depuis le lancement de l’initiative Al Moutmir, plus de 167.400 analyses effectuées couvrant plus de 560.000 Ha.

Al Moutmir explore d’autres solutions technologiques avancées d’analyse du sol basées sur l’analyse spectrale (Laser Induced Breakdown Spectroscopy – LIBS). C’est une solution permettant d’analyser une grande capacité d’échantillons de sols : 200 analyses/jour contre 40 analyses/ jour au niveau du laboratoire mobile.

Cette technologie ambitionne de réduire le coût de l’analyse pour en faire profiter un maximum d’agriculteurs.

Marché des engrais : la qualité reste une priorité

Sur le marché local des engrais, le déploiement de la solution « Daman Samad » permet désormais de tracer les sacs d’engrais de fond de 50 kilogrammes (marques des partenaires industriels) via un système de puces électroniques.

Ces puces donnent des informations utiles à l’agriculteur : formule d’engrais de fond ensaché, son fabricant, la région de destination de la formule, etc. L’agriculteur pourra vérifier l’authenticité de l’engrais de fond qu’il achète auprès du point de vente.

A noter que plus de 1 million de sacs sont produits pour la campagne agricole 2024- 2025.

Transfert technologique : le programme de plateformes de démonstration s’intensifie

Depuis le début de l’initiative Al Moutmir, plus de 29 320 plateformes de démonstration ont été installées sur plusieurs zones agroclimatiques du pays, 17.139 plateformes dédiées aux céréales et légumineuses, 7.335 plateformes pour l’olivier, 1.527 aux autres espèces arboricoles, 2.499 aux cultures maraîchères, 401 plateformes de maïs fourrager, 312 aux cultures oléagineuses et 106 plateformes de quinoa.

En vue de faciliter le partage des remontées des plateformes avec l’écosystème, une application digitale a été mise en place par l’équipe Al Moutmir : « Agritrial ». Elle permet la digitalisation de la conduite agronomique des parcelles de démonstration et la remontée en temps réel d’informations fines sur l’évolution des plateformes.

Ces informations sont mises à la disposition de l’écosystème scientifique, académique et économique et font l’objet de symposiums annuels dans le cadre d’Al Moutmir Open Innovation Lab avec les différents acteurs de la filière.

Autre application développée par l’équipe Al Moutmir, l’application mobile @tmar. Elle a pu apporter un accompagnement de proximité au profit de plus de 540.000 utilisateurs. @tmar s’enrichit de nouveaux services, notamment la commande d’engrais. Avec ce nouveau service, les agriculteurs peuvent directement accéder au réseau de distributeurs d’engrais à proximité de leur exploitation.

L’application se dote aussi d’un nouveau service d’irrigation intelligente, développé en partenariat avec l’ENAM de Meknès. La solution Irri-Smart qui est un outil d’aide à la décision qui permet de gérer l’irrigation localisée des cultures avec un suivi régulier (quantité de chaque d’irrigation, nombre d’irrigations, durée de chaque irrigation) tout au long du cycle de la culture.

Plusieurs programmes ont été lancés pour optimiser la gestion de l’eau face à la pénurie et préserver le potentiel agricole de la région de Béni Mellal-Khénifra. Le point avec l’Office régional de mise en valeur agricole du Tadla (ORMVAT), en marge de la 17e édition du Salon international de l'agriculture (SIAM).

Le bassin hydraulique d’Oum Er-Rabia, l’un des plus touchés par la pénurie d’eau dans le pays, fait face à un déficit hydrique qui nécessite une gestion plus rationnelle des ressources disponibles. Cela permettrait de pérenniser les filières agricoles à haute valeur ajoutée de la région de Béni Mellal-Khénifra.

C’est pourquoi l’Office régional de mise en valeur agricole du Tadla (ORMVAT) pilote plusieurs projets afin d’adapter les pratiques d’irrigation aux défis climatiques actuels. Une volonté qui s’inscrit dans le cadre du Plan national d’économie d’eau d’irrigation (PNEEI).

Pour commencer, 98.700 hectares sont visés pour la conversion individuelle à l’irrigation au goutte-à-goutte, avec déjà 67.500 hectares réalisés.

Irrigation au goutte-à-goutte : l’ORMVA accélère la reconversion dans la région de Tadla

En parallèle, la réalisation et l’amélioration des canaux d’irrigation dans les périmètres de petite et moyenne hydrauliques s’étendent sur 1.590 kilomètres, avec l’objectif d’atteindre 1.728 kilomètres en 2030.

En outre, dans le périmètre irrigué de Béni Moussa, la reconversion à l’irrigation au goutte-à-goutte progresse également. 36.179 hectares sont visés pour cette conversion collective, avec des réalisations jusqu’en 2022 de 22.335 hectares, soit 62% de l’objectif.

Irrigation au goutte-à-goutte : l’ORMVA accélère la reconversion dans la région de Tadla

Ces initiatives font partie du Plan de développement agricole de la région, qui bénéficie d’une superficie agricole utile (SAU) de 960.000 hectares, dont 205.000 hectares en irrigué.

Cette superficie contribue à l’agriculture nationale à hauteur de 28% pour la betterave à sucre et 20% pour les agrumes. D’ailleurs, ces derniers ont enregistré des exportations de 21.000 tonnes en 2024-2025.

Irrigation au goutte-à-goutte : l’ORMVA accélère la reconversion dans la région de Tadla

En outre, des filières spécifiques comme le sésame (1.500 ha en moyenne), le grenadier (2.000 ha) et la Niora (2.000 ha) sont également présentes dans la région.

La filière de l’olivier, qui s’étend sur 109.482 hectares, contribue à hauteur de 15% à la production nationale, avec une récolte de 81.000 tonnes.

Irrigation au goutte-à-goutte : l’ORMVA accélère la reconversion dans la région de Tadla

La filière de l’amandier couvre 24.650 hectares et produit 2.300 tonnes, représentant 2,4% de la production nationale.

La filière de la pomme s’étend sur 5.053 hectares et génère une production moyenne de 78.368 tonnes, soit 12% de la production nationale.

La filière de la grenade occupe 2.626 hectares et produit 34.305 tonnes, contribuant ainsi à 50% de la production nationale.

En ce qui concerne les viandes rouges, la production s’élève à 75.000 tonnes de viande, avec un cheptel composé de 170.000 têtes de bovins, 2.400.000 têtes de moutons et 790.000 têtes de caprins. Enfin, la filière du lait produit 150 millions de litres de lait.

Irrigation au goutte-à-goutte : l’ORMVA accélère la reconversion dans la région de Tadla

Comment l'intelligence artificielle peut-elle aider nos agriculteurs à produire mieux avec moins ? Moins d'eau, moins d'intrants, mais plus d'efficacité. Pour en savoir plus, Médias24 a reçu Faissal Sehbaoui, directeur général d'AgriEdge, une filiale d’Innovx.

La première question qui a nourri la réflexion pour aboutir à la naissance d’AgriEdge est : comment développer une agriculture de précision adaptée au contexte marocain et africain ? L’entreprise voit le jour en 2017 grâce à un programme entrepreneurial lancé au sein du groupe OCP.

AgriEdge est incubée à l’Université Mohammed VI Polytechnique. « Nous avons existé sous forme de département, travaillé avec des chercheurs de l’université. Nous nous sommes beaucoup appuyés sur les laboratoires de l’établissement », relate Faissal Sehbaoui. Au fur et à mesure, un écosystème riche se crée.

En 2023, AgriEdge devient une filiale d’Innovx. Actuellement, l’entreprise est présente dans plusieurs pays africains. D’après son directeur général, elle supervise plus de 2 millions d’hectares grâce au digital, et est connectée avec 90.000 agriculteurs sur le continent.

AgriEdge permet d’optimiser la fertilisation en réduisant de 20% la quantité d’azote, et en améliorant de 24% le rendement de l’agriculteur.

Problématique de la data

Le secteur agricole, au niveau international, connaît une contrainte de disponibilité et de qualité de la data. En outre, en raison du changement climatique, les saisons ne se ressemblent plus.

« La data collectée l’année dernière ne va pas être utile pour cette année. Nous avons alors développé des modèles appelés modèles hybrides, leadés par cette ligne directrice du savoir-faire agronomique, amélioré avec l’IA, pour l’optimiser, booster sa performance », précise Faissal Sehbaoui.

En novembre 2024, AgriEdge lance l’initiative « Ask for AgWater ». Celle-ci vise à révolutionner les pratiques d’irrigation en intégrant des technologies de pointe dans la gestion opérationnelle, tactique et stratégique de l’eau au niveau de l’exploitation.

« Nous devons avoir une approche écosystémique pour favoriser l’adoption d’outils digitaux sur l’eau. Avec cette initiative, nous travaillons sur la vulgarisation, la formation de tout ce qui est nouvelles technologies concernant la gestion de l’eau”, précise le directeur général de la filiale d’Innovx.

L’initiative vise 10.000 agriculteurs et 200 cadres, dont des agronomes, afin de les former et de les sensibiliser à la valeur ajoutée que peuvent créer les nouvelles technologies dans la gestion de l’eau au niveau d’une ferme agricole.

AquaEdge

L’une des premières solutions à voir le jour chez AgriEdge se nomme AquaEdge. Cette dernière s’appuie « sur des images satellites, sur des capteurs et, grâce à l’intelligence artificielle, transforme toute cette data en recommandation agronomique.

La recommandation est liée à la quantité d’eau nécessaire à la plante, au meilleur moment pour l’arroser, en vue d’optimiser chaque goutte d’eau d’une exploitation agricole donnée.

« Cette solution permet toujours aux agriculteurs de réduire jusqu’à 30% d’eau. Ce quantité est énorme dans un contexte de sécheresse. Cela permet à l’agriculteur d’aller jusqu’au bout de sa saison et de réduire sa facture énergétique”, déclare Faissal Sehbaoui.

Innovations

AgriEdge est à l’origine de deux innovations. La première, CarboEdge, aide l’agriculteur à calculer son empreinte carbone, mais également à la simuler. « C’est-à-dire que s’il souhaite investir dans les panneaux solaires, il peut effectuer une simulation sur cette plateforme et voir combien d’empreinte carbone il peut gagner”, explique Faissal Sehbaoui.

La deuxième innovation, Trial Edge, simplifie les essais agronomiques sur le terrain, à travers une plateforme de digitalisation des essais au champ. De la conception au reporting, TrialEdge permet de digitaliser les protocoles, de centraliser le suivi et la collecte des données. Cette innovation veut également consolider les essais agronomiques.

D’une grande importance socio-économique, la culture des figues de barbarie est ravagée depuis quelques années par un insecte nommé la cochenille. Des agriculteurs dans le Souss réussissent tout de même à s’en prémunir tout en produisant quasiment tout au long de l’année.

Depuis son apparition en 2014, la cochenille ne cesse de ravager les champs de cactus, menaçant les productions de figues de barbarie. En marge de la 17ᵉ édition du Salon international de l’agriculture (SIAM), Médias24 s’est entretenu avec un collectif d’agriculteurs du Souss, qui réussissent non seulement à combattre ce ravageur, mais aussi à produire quasiment toute l’année.

La genèse de ce projet s’inscrit dans les difficultés d’approvisionnement en matière première de ces producteurs dont l’activité principale reposait sur l’extraction d’huile à partir des graines de figues de barbarie. « Nous avons décidé de réaliser notre propre plantation pour produire notre matière première », explique Lahcen Ajebbour, agriculteur membre de l’agrégation Moroccan Cactus.

Après avoir hésité entre différentes variétés, ils ont sélectionné celles offrant les meilleurs résultats en termes de production, de calibre et de graines. Grâce à des conduites culturales adaptées, ils ont découvert que les cactus pouvaient produire quasiment toute l’année. « Excepté les mois de décembre et de janvier », ajoute notre interlocuteur.

Preuve en est, les fruits exposés à l’occasion du SIAM, au cœur du printemps, pour un fruit plus souvent disponible en été. Une véritable aubaine, car dans la culture du cactus, tout est valorisé : les graines, les fruits, les raquettes, et même les déchets pour la consommation animale.

Mais, pour en bénéficier, il a fallu s’atteler à une conduite culturale dès la plantation, au mètre près. « Lors de la plantation, un espacement de 2 mètres entre les plantes et de 5 mètres entre les lignes est respecté, selon les meilleures pratiques issues de plusieurs expérimentations », explique notre interlocuteur.

Et d’ajouter : « La taille des cactus est essentielle également. Les parties taillées sont utilisées soit pour la replantation, soit pour l’alimentation du cheptel ». En outre, pour lutter contre la cochenille, qui reste un fléau persistant, « un contrôle journalier est instauré, avec des rondes continues. Dès l’apparition des premiers signes, un traitement à l’eau est appliqué avec une brosse ».

Résultat : des rendements en constante progression, avec, dès la deuxième année, une récolte de 5 à 6 tonnes par hectare. « La troisième année, nous avons atteint 10 tonnes par hectare. Et, à partir de la quatrième, le rendement atteint entre 30 et 50 tonnes par hectare », conclut Lahcen Ajebbour.

Le 17ème Salon international de l'Agriculture au Maroc (SIAM) s'est clôturé, dimanche à Meknès, sur une note de succès confirmant, une nouvelle fois, son statut de rendez-vous incontournable de l'agriculture à l'échelle mondiale.

Placée sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, cette édition, tenue du 21 au 27 avril, sous le thème « Agriculture et monde rural : l’eau au cœur du développement durable », a été marquée par une participation record de près de 1.580 exposants et plus d’un million de visiteurs, consolidant davantage sa réputation et son impact positif sur le secteur dans son ensemble.

Les travaux de ce 17ᵉ SIAM, dont la cérémonie d’ouverture a été présidée par le Prince Héritier Moulay El Hassan, se sont articulés autour de la gestion des ressources en eau et de l’adaptation aux changements climatiques, avec la participation de la France en tant qu’invité d’honneur.

Cette année, le salon a réuni des participants venus de 70 pays, ce qui a enrichi les débats et renforcé les liens avec les acteurs du secteur agricole venant des différents pays présents.

Il a offert à ces participants (agriculteurs, professionnels des industries agroalimentaires et des intrants agricoles, chercheurs, responsables gouvernementaux, acteurs économiques et institutionnels) l’occasion de découvrir les innovations dans le domaine agricole et les perspectives d’avenir du secteur, à travers 12 pôles thématiques s’étendant sur une superficie couverte de 124.000 mètres carrés.

Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts a organisé, lors de cette édition, une conférence internationale de Haut niveau sur le thème de la « Gestion de l’eau pour une agriculture durable et résiliente », avec la participation de 27 délégations étrangères, dirigées par des ministres et des chefs de délégations.

Cette conférence a servi de plateforme pour un dialogue stratégique sur les enjeux liés à l’eau et à l’agriculture, ainsi que sur les impacts du changement climatique, réaffirmant l’engagement ferme du Maroc à faire de l’interconnexion eau-agriculture un levier stratégique pour renforcer la souveraineté alimentaire.

Le 17ᵉ SIAM a également connu l’organisation de la cinquième Conférence ministérielle annuelle de l’initiative « AAA » (Adaptation de l’Agriculture Africaine), avec la participation de ministres africains de l’Agriculture et de représentants des institutions internationales et régionales.

Le programme scientifique de ce salon a été un tournant important pour l’échange de connaissances, avec l’organisation de 55 conférences, soulignant son rôle de catalyseur d’opportunités commerciales et scientifiques dans le secteur agricole.

Par ailleurs, le pôle « Produits du terroir » a accueilli 530 exposants représentant des groupements d’intérêt économique (GIE), des coopératives, des entreprises nationales et des participants d’Afrique de l’Ouest, leur offrant la possibilité de présenter leurs produits et de bénéficier de nouvelles opportunités commerciales.

À travers ce succès retentissant, le SIAM continue de jouer un rôle clé dans le développement d’une agriculture durable et résiliente, en facilitant les rencontres entre les différents acteurs du secteur et en encourageant l’adoption de solutions scientifiques innovantes face aux défis climatiques et aux évolutions nationales et internationales.

Voici les principaux chiffres de cette édition du SIAM qui s’est tenue du 21 au 27 avril à Meknès :

• Plus de 1 million de visiteurs ;

• 70 pays participants ;

• 1.580 exposants ;

• 55 conférences scientifiques ;

• Remise de 93 prix d’excellence

• Accréditation de plus de 850 représentants médiatiques.

Dans un contexte où l'agriculture souffre des dérèglements climatiques, l'innovation technologique n'est plus une option, elle devient une condition de survie. Focus sur un secteur prometteur dans le royaume avec Amine Zarrouk, le président de la fondation Green Open Lab et fondateur de la startup Arwa.

Le président de la fondation Green Open Lab, Amine Zarrouk, et fondateur de la startup Arwa est intervenu sur le plateau de Médias24 au SIAM pour nous parler du programme de la fondation Green Open Lab. Celle-ci s’attaque à des enjeux de taille, de la gestion optimisée de l’eau, à la démocratisation de l’intelligence artificielle en milieu rural.

La fondation Green Open Lab a choisi d’optimiser l’irrigation et d’aider les agriculteurs à s’adapter aux périodes de sécheresse. L’objectif principal étant d’accompagner l’agriculteur et d’accélérer l’adoption de nouvelles technologies, de lui permettre d’avoir une technologie utile, adaptée à son besoin et accessible. Green Open Lab accompagne également les innovateurs pour obtenir une innovation frugale, adaptée au contexte de l’agriculteur marocain.

Le concept est de transformer le problème chez l’agriculteur en opportunité chez le jeune, qui peut innover. Amine Zarrouk explique que la fondation souhaite devenir « un catalyseur pour booster la créativité des jeunes ».

Rompre l’isolement avec des solutions faciles à utiliser

Amine Zarrouk explique que ce genre de solutions permet “d’atténuer l’isolement des agriculteurs vivant dans des endroits reculés avec aucun accès au conseil agricole, ni la possibilité d’avoir des informations”.

La fondation a développé des solutions digitales pouvant indiquer de manière très précise la quantité d’eau qu’il faut donner, la répartition de cette irrigation sur la journée pour “pouvoir avoir le meilleur retour d’investissement sur chaque goutte d’eau”.

Comment est-ce que ça fonctionne ? Même sans compétences techniques, l’agriculteur peut se munir de son téléphone, poser la question en darija sur le meilleur moment pour irriguer, par exemple.

La fondation est installée dans la région de Sefrou. “L’innovation center et le diving lab se trouvent au milieu des vergers. Nous sommes près des agriculteurs. C’est la clé pour pouvoir proposer des solutions réalistes, adaptées aux besoins pour économiser l’eau.

Le président de la fondation Green Open Lab témoigne que c’est un vrai défi “d’élargir cette couverture et de réduire les zones blanches”.

La problématique des conseillers agricoles

Le modèle IA mis en place par Open Green Lab est une solution IoT based. Il permet de calculer les vapeurs de transpiration. L’intelligence artificielle combine les capteurs IoT et les satellites pour pouvoir réunir le maximum de data et apporter la meilleure réponse à l’agriculture.

“Cela va régler le problème de la pénurie des conseillers agricoles qualifiés”, déclare Amine Zarrouk. Et d’ajouter : “Chaque agriculteur dispose de son propre conseiller agricole, à portée de main.”

La stratégie Generation Green ambitionne d’avoir 5.000 conseillers agricoles à l’horizon 2030. En Afrique, certains pays disposent d’1 conseiller pour 10.000 agriculteurs. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) recommande d’en avoir 1 pour 500.

“Au Maroc, nous avons quelque chose de l’ordre de 1 conseiller pour 2.000 agriculteurs. Nous sommes mieux lotis que certains pays, mais nous sommes encore loin du compte pour avoir une agriculture efficace et efficiente. »

TOURBA et le Crédit Agricole du Maroc signent une convention au SIAM 2025 portant sur l’accompagnement des agriculteurs pour financer l’acquisition de semoirs de semis direct.

Tourba, une initiative développée par InnovX, spécialisée dans le carbon farming, a pour mission d’aider les agriculteurs à adopter des pratiques agricoles durables. Cela permet à la fois d’améliorer la fertilité des sols et d’accroître la productivité, et de générer des crédits carbone, offrant ainsi une double opportunité : renforcer la durabilité des exploitations agricoles tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique.

Cette convention s’inscrit dans une dynamique d’agriculture de conservation en accompagnant les agriculteurs dans le financement de semoirs de semis direct, une pratique clé du carbon farming visant à améliorer le bilan carbone des exploitations.

Intégrée au programme « Istidama », cette initiative consolide l’engagement des parties prenantes en faveur d’une agriculture résiliente, annonce un communiqué publié à l’occasion.

Le semis direct est une pratique essentielle de l’agriculture de conservation, qui permet de préserver la fertilité des sols, d’améliorer la résilience climatique des exploitations et de générer des crédits carbones de qualité.

Ce partenariat marque une avancée concrète dans l’accompagnement financier des agriculteurs marocains engagés dans l’agriculture de conservation proposant des pratiques agricoles durables qui préservent la fertilité des sols, réduisent l’érosion et permettent une gestion plus résiliente des ressources hydriques. Ces solutions reposent principalement sur le semis direct, la rotation des cultures et la gestion des résidus de culture, précise la même source.

La convention de partenariat a été signée, jeudi 24 avril en marge de la 17ᵉ édition du SIAM, entre le groupe Crédit Agricole du Maroc (CAM) et Tourba, filiale d’InnovX, et ce en présence de M. Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, et de M. Mohammed Fikrat, président du directoire du CAM.

Les lauréats de la 9e édition du Grand Prix national de la presse agricole et rurale ont été distingués le vendredi 25 avril à Meknès, en marge de la 17e édition du Salon international de l’agriculture au Maroc. Les prix ont récompensé les meilleurs travaux dans les catégories TV, radio, presse écrite et électronique, outre le prix coup de cœur.

Les lauréats de la 9e édition du Grand Prix national de la presse agricole et rurale ont été dévoilés lors d’une cérémonie présidée par Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, en marge du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM).

Voici le palmarès complet de cette édition :

Catégorie Télévision

  • Premier prix : Adil Benmoussa – 2M
  • Deuxième prix : Touba El Rhazouani – SNRT

Catégorie Radio

  • Premier prix : Samia Moudden – Radio SNRT
  • Deuxième prix : Said Hasni – Radio Amazighya

Catégorie Presse écrite

  • Premier prix : Mohamed Douma – Assahra Al Maghribia
  • Deuxième prix : Mahfoud Ait Bensalah – Al Akhbar

Catégorie Presse électronique

  • Premier prix : Younes Ou-Bali – SNRTNews
  • Deuxième prix : Aziz Sadri – Banassa

Prix coup de cœur

  • Mohammed Al-Amine Ikhibi – MAP

Au total, 71 travaux ont été examinés par un jury pluridisciplinaire, composé de personnalités issues du monde des médias, de la formation en journalisme et des secteurs agricoles. Le jury était présidé par Mokhtar Laghzioui, secrétaire général de l’Association nationale des médias et des éditeurs, et directeur de publication d’Al Ahdath Al Maghribia et Ahdath Info.

Parmi les autres membres du jury figuraient notamment :

  • Arif Fouad, directeur général de la MAP
  • Salim Cheikh, directeur général de 2M
  • Abdellatif Bensfia, directeur de l’ISIC
  • Naceureddine El Afrite, gérant et cofondateur de Médias24
  • Amina Bencheikh, directrice du journal Le Monde Amazigh
  • Mohamed Laghrous, directeur du journal Al3omk
  • Lamiae Ghaouti, directrice de l’INRA
  • Farid Lekjaa, directeur du complexe horticole d’Agadir

La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités officielles, dont Mustapha Baitas, ministre chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, le gouverneur de la province de Fès, le président de l’Association du SIAM, Mohammed Fikrat, un représentant de la Mutuelle agricole marocaine d’assurances (MAMDA), et le commissaire du Salon.

Amélioration des itinéraires techniques des céréales et légumineuses alimentaires, rigueur des expérimentations, gouvernance… En marge du Salon international de l’agriculture (SIAM 2025), le Pr Lamiae Ghaouti, directrice de l’INRA, fait le bilan du partenariat avec Syngenta et évoque l’avenir de la recherche agronomique au Maroc.

Au-delà de la pénurie d’eau, les phases de production des céréales et légumineuses alimentaires sont également menacées par les stress biotique. Engagé il y a trois ans, le partenariat public-privé entre l’institut national de recherche agronomique (INRA) et Syngenta a pour objectif d’améliorer les itinéraires techniques, avec un focus sur le premier maillon de la chaîne : la semence. 

Si Axel d’Hauthuille, directeur général de Syngenta Afrique du Nord et de l’Ouest, estime que les premiers enseignements sont positifs, « avec des rendements en hausse », le chemin est encore long avant d’en tirer des conclusions définitives. En effet, le Pr Lamiae Ghaouti, qui a pris la succession du Dr Faouzi Bekkaoui à la tête de l’INRA, insiste au micro de Médias24 sur la nécessité d’élargir le champ d’expérimentation afin de disposer de résultats fiables et rigoureux. 

Médias24 : Pourriez-vous nous expliquer comment le progrès génétique issu de ce partenariat pourrait être utile à l’agriculture marocaine ?

Pr Lamiae Ghaouti : Il s’agit d’un partenariat public-privé stratégique entre l’INRA et Syngenta, qui vise à optimiser les itinéraires techniques en intervenant dès le premier maillon de la chaîne agricole : la semence. L’une des innovations majeures concerne l’enrobage des semences, une technique prometteuse permettant de limiter les effets du stress biotique lors de la germination et de la levée des céréales et des légumineuses alimentaires.

Nous menons actuellement des essais expérimentaux dont les premiers résultats sont très encourageants, notamment sur l’utilisation d’insecticides appliqués aux semences, qui ont démontré un impact positif sur les rendements en fin de cycle, notamment pour le blé et la féverole.

  • Vous avez insisté sur la rigueur scientifique. Quels sont, selon vous, les axes d’amélioration à envisager à la suite de ces expérimentations ?

– Les résultats obtenus ouvrent de nouvelles perspectives, mais doivent désormais être consolidés. Cela passe par l’élargissement du nombre de sites expérimentaux et la diversification des maladies ciblées, afin d’obtenir des données plus robustes et généralisables. En tant que bras scientifique de l’État, l’INRA a pour mission de produire des résultats fiables et transférables aux agriculteurs, pour une agriculture plus performante et résiliente.

  • Quelles sont vos priorités à court terme, et quelles seront les grandes orientations stratégiques de l’INRA dans les prochaines années ?

– À court terme, nous poursuivons nos programmes de recherche appliquée pour renforcer la compétitivité des grandes filières agricoles marocaines, en cohérence avec la stratégie « Génération Green ». Parallèlement, nous explorons des filières alternatives telles que l’agroforesterie, l’agroécologie, l’agriculture de conservation et l’agriculture biologique.

Nous investissons également dans le développement de l’agriculture numérique, afin de fournir aux agriculteurs des outils d’aide à la décision, indispensables face aux défis du changement climatique et de la raréfaction des ressources naturelles.

Enfin, la valorisation des produits agricoles fait aussi partie de nos priorités transversales. À plus long terme, l’une de nos orientations majeures portera sur la gouvernance de la recherche agricole au Maroc. Sa réorganisation est primordiale pour faire face aux défis à venir et assurer un transfert efficace des solutions technologiques vers les agriculteurs.

Ce partenariat vise à mettre en œuvre un parcours de gestion dématérialisée des cautions bancaires dans le cadre des importations de céréales et de légumineuses.

La gestion des cautions bancaires précitées, composante majeure du processus de dématérialisation des opérations d’importation et d’exportation des céréales et des légumineuses, est ainsi complétée par « la digitalisation de la gestion de la caution bancaire », annonce un communiqué publié à l’occasion.

Ce faisant, grâce à l’échange sécurisé et informatisé des données, réalisé par le biais de Portnet cela va se traduire par des améliorations palpables en termes de réduction des délais de traitement, d’optimisation des coûts opérationnels, ainsi que de diminution des risques d’erreurs humaines et de pertes de données.

La mise en place de ce projet s’inscrit dans la stratégie de dématérialisation engagée conjointement par le Crédit Agricole du Maroc et l’ONICL, tout en s’inscrivant dans la continuité des services offerts par PORTNET S.A. L’objectif est de permettre une gestion dématérialisée et sécurisée des cautions bancaires, simplifiant ainsi les démarches internationales pour les opérateurs.

La signature s’est faire en marge du SIAM ce jeudi 24 avril à Meknès en présence de Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts.

À l’occasion de la 17e édition du Salon international de l’agriculture (SIAM), tous les regards sont braqués sur le pôle élevage. Mais au-delà de l’Aïd Al-Adha, les éleveurs jouent un rôle clé dans la préservation des races locales et de la diversité génétique du cheptel marocain. A l’image de Farid Maarouf “Lmzabi”, éleveur et sélectionneur passionné, qui partage avec Médias24 les enjeux de son métier.

Il serait réducteur de limiter les espèces ovines au seul rituel du sacrifice de l’Aïd Al-Adha. Non seulement cet animal joue un rôle socio-économique majeur dans de nombreuses régions du Maroc, mais les races ovines marocaines présentent également une richesse génétique précieuse, essentielle à préserver. C’est ce que rappelle au micro de Médias24 Farid Maarouf, plus connu sous le nom de Lmzabi.

Éleveur de père en fils, Farid est membre de l’Association nationale ovine et caprine (ANOC). Il incarne cette nouvelle génération d’agriculteurs passionnés. Passion qu’il met au service de la préservation et de l’amélioration génétique des races marocaines, puisqu’il est lui-même sélectionneur. À travers son engagement, il milite pour une meilleure reconnaissance de la filière ovine et pour la valorisation du patrimoine vivant du pays.

Mais cette vocation n’est pas sans embûches. Farid doit faire face à de nombreux défis, notamment liés à l’alimentation du cheptel. La flambée des prix des fourrages et des aliments pour bétail met une pression constante sur les éleveurs, menaçant à la fois la rentabilité de leurs exploitations et la continuité de leur travail de sélection.

Lors de la 17ème édition du SIAM, Médias24 a interviewé Amine Bennani, président de l'association marocaine des producteurs de fruits rouges et vice-président de la fédération des fruits rouges, pour faire un état des lieux de la filière, de la campagne agricole en cours et des contraintes du secteur.
  • Médias24. Pour commencer, dressons un état des lieux. Quels sont les chiffres clés de la filière des fruits rouges pour la campagne agricole 2024-2025 ?

Amine Bennani. Pour cette campagne agricole, la filière des fruits rouges marocaine représente plus de 14.000 hectares, répartis plus ou moins sur tout le territoire marocain. Il existe des plantations de fruits rouges à Dakhla, à Agadir, à Larache, à Berkane, de même que dans la région de Meknès. En chiffres, les myrtilles représentent 7.000 hectares, les framboises 4600 hectares et, pour les fraises, ce sont 2800 hectares. Nous avons également environ 200 hectares de mûres, principalement dans la zone d’Agadir.

La production de fruits rouges est principalement concentrée entre deux grands pôles. Dans la région de Larache, nous avons presque 100% de la production de fraises et 40% de la production de framboises et de myrtilles. Quant à la région Souss Massa, c’est 40% de framboises et 40% de myrtilles.

Le reliquat est dispatché entre les nouvelles zones de production qui sont Drâa, l’Oriental et l’Atlas de Meknès.

  • Quelles sont les principales contraintes qui rendent leur conduite technique si exigeante ?

– Les fruits rouges sont délicats pour la manipulation de l’homme. Principalement, la framboise qui a une durée de vie très courte. Il faut arriver à desservir nos clients européens, principalement en frais, dans les 4 à 5 jours. La manipulation exige beaucoup de main-d’œuvre.

La culture de la myrtille, contrairement aux autres cultures normales, demande un sol acide, des exigences édaphiques et fertilisantes très spécifiques. Les événements climatiques extrêmes ont perturbé les calendriers agricoles.

  • Depuis quand observez-vous ces dérèglements ? Et comment se traduisent-ils concrètement et touchent-ils les différentes variétés de fruits rouges ?

– Nous faisons face aux dérèglements climatiques, qui est un phénomène international. Il y a un an et demi, nous avons eu une journée avec plus de 54 degrés dans le périmètre de Souss Massa, qui a brulé des parcelles et généré des pertes très importantes dans la myrtille.

Dans la région de Larache, l’année dernière, nous avons eu des vents de plus de 100km/h. Cela a généré la destruction de centaines d’hectares de parcelles.

Cette année, nous avons eu des mois d’octobre, de septembre, de novembre, de décembre avec des températures légèrement élevées et pas de pluviométrie.

En janvier, février, nous avons eu des températures basses qui ont complètement déréglé les cultures. Cela a généré un décalage des fenêtres de production et a perturbé la production de la myrtille et l’export.

  • Justement le marché international, en particulier européen, impose des fenêtres de commercialisation strictes. Dans un contexte d’instabilité de cycle, comment les producteurs marocains parviennent-ils à s’adapter à ces exigences ?

– En 2024, nous avons exporté plus de 200.000 tonnes de fruits rouges vers plus de 54 destinations mondiales. L’origine Maroc est reconnue par sa qualité et par le respect des engagements. Tous les opérateurs marocains respectent les engagements envers leurs clients autant qu’ils le peuvent. Nous sommes connus pour fournir un produit de qualité qui respecte toutes les normes internationales de production. Nous faisons tout notre possible pour limiter et diminuer notre impact sur l’environnement.

Le changement climatique n’affecte pas le Maroc seulement, mais affecte aussi nos principaux concurrents. Pour la myrtille, c’est l’Amérique du Sud et l’Espagne ; pour la fraise, c’est l’Égypte.

Même nos fournisseurs prennent ce qui vient, comme tous les calendriers de production sont chamboulés. Cela influence les prix. Les Marocains le sentent sur la tomate parce que c’est un fruit qui est toujours souvent consommé. Ces changements et ces variations de prix et d’offres, nous les subissons. Ce sont des choses que nous ne pouvons pas contrôler. Ce que nous pouvons faire, c’est tenir et gérer nos parcelles du mieux que nous pouvons et répondre le plus tôt en cas d’accident climatique.

  • Face à la pénurie hydrique, justement, l’utilisation d’eau dessalée pourrait-elle représenter une alternative viable pour la filière ?

– Nos agriculteurs vivent l’expérience de l’eau dessalée sur le périmètre de Souss Massa. La seule problématique, c’est que la myrtille est une culture à part. Elle a besoin d’un sol acide avec une sensibilité au bord. Lors de la conception et de la création de la station de dessalement d’Agadir, le secteur des fruits rouges n’existait pas encore avec l’envergure actuelle. Donc, les eaux qui sont traitées dans la station de dessalement d’Agadir obligent les agriculteurs à retraiter cette eau avant de l’utiliser sur leurs parcelles.

Les agriculteurs veulent plus de volume et plus de quantité d’eau et ils sont prêts à investir encore plus parce qu’il y a un marché potentiel. Il y a une reconnaissance internationale du savoir-faire et de la qualité du travail marocain. Nous aimerions avoir d’autres stations et que lors de la conception, ils prennent en considération les exigences de la qualité de l’eau nécessaire pour les fruits rouges.

  • Au-delà des aléas climatiques, quels sont les autres défis majeurs auxquels la filière doit faire face?

– Le principal frein au développement de la filière, c’est la main-d’œuvre. Dans ces mois de mars, d’avril, nous sommes en pleine campagne et nous n’arrivons pas à trouver assez de personnes pour cueillir les fruits. Nous payons environ 250 dirhams la journée et nous ne trouvons pas assez de personnes. Dans le Nord, des ouvrières arrivent à avoir des journées à 400 dirhams, 500 dirhams. Elles travaillent avec un rendement kilo par jour et elles finissent leur objectif à 10 heures du matin. Donc, il y a celles qui doublent, il y a celles qui triplent la journée. C’est un savoir-faire, une technique de récolte et un intéressement. Elles font des efforts et beaucoup d’entre elles dépassent les 400 dirhams de recettes par jour.

Face au stress hydrique et aux bouleversements climatiques, le groupe OCP présente au SIAM 2025 une stratégie structurée reposant sur quatre piliers : santé des sols, gestion durable de l’eau, séquestration du carbone et inclusion des communautés rurales. Une approche territorialisée, fondée sur l’innovation scientifique et industrielle, qui vise à renforcer la résilience agricole au Maroc et en Afrique.

Alors que le stress hydrique et les dérèglements climatiques pèsent de plus en plus lourdement sur l’agriculture marocaine, le groupe OCP poursuit son engagement en faveur de l’agriculture pour proposer des réponses concrètes à travers l’innovation, la science, le développement industriel et une approche territoriale. Dans la ligne de mire du groupe, deux objectifs majeurs de développement durable des Nations unies : la sécurité alimentaire (SDG 2) et la lutte contre le changement climatique (SDG 13).

La présence de OCP au SIAM 2025 s’articule autour de quatre axes : santé des sols, gestion durable de l’eau, séquestration du carbone et inclusion des communautés rurales. Une stratégie articulée et complémentaire visant à rendre l’agriculture marocaine et africaine plus résiliente face aux crises climatiques et économiques.

Tout commence par la santé des sols

L’approche d’OCP pour la santé des sols se résume par les 4Rs pour la fertilisation (Right Source, Right Rate, Right Time, Right Place). Une approche qui vise une fertilisation raisonnée et durable en appliquant la bonne source, la bonne dose, au bon moment et au bon endroit.

Partant de ce principe, chez OCP Nutricrops, une idée s’impose : la fertilité des sols ne peut plus être pensée selon des recettes universelles. Cartographie fine des terres, analyses poussées, fertilisants personnalisés : le groupe mise sur la précision pour améliorer les rendements tout en réduisant l’impact environnemental.

Santé des sols, gestion de l’eau, fertilisation, carbone… OCP expose ses axes d’action au SIAM
Stand du groupe OCP au SIAM 2025 (c) Médias24

Le TSP (Triple Super Phosphate) devient ainsi un produit sur-mesure, enrichi en calcium et disponible en version bas carbone. Plus qu’un simple intrant, il s’intègre à un écosystème digital de pilotage agronomique. « Le TPS se distingue par sa haute teneur en phosphore (46% P2O5) et sa solubilité élevée (>90%), favorisant une absorption rapide par les plantes. Sa richesse en calcium (15%) contribue également à améliorer la structure des sols », explique le groupe.

Produire sans puiser dans les ressources naturelles

En matière d’eau, OCP Green Water revendique une rupture : depuis 2024, aucun litre d’eau douce n’est utilisé pour les besoins industriels du groupe. L’intégralité provient de sources dites « non conventionnelles » : dessalement, réutilisation des eaux usées, économie circulaire.

« En quatre ans seulement, OCP Green Water a développé un modèle reposant sur une gestion de projet en mode fast-track, des technologies de pointe et un pilotage 100% intégré pour monter les unités de production d’eau et les stations d’épuration », est-il expliqué.

Ce virage s’accompagne d’une montée en puissance rapide : un pipeline de 219 km relie les installations industrielles de Jorf à Khouribga, capable de transporter jusqu’à 80 millions de m³ par an. Et dès 2025, plusieurs grandes villes – dont Marrakech et Casablanca Sud – sont en partie alimentées en eau potable via les unités d’OCP.

Santé des sols, gestion de l’eau, fertilisation, carbone… OCP expose ses axes d’action au SIAM
Stand du groupe OCP au SIAM 2025 (c) Médias24.

Le même modèle commence à s’appliquer à l’agriculture : des zones pilotes, irriguées à l’eau dessalée, sont expérimentées dans les régions arides, en collaboration avec l’UM6P et INNOVX ainsi que ses filiales Aradinov et AgriEdge.

Ce modèle intègre « des plans de fertil-irrigation adaptés, des plateformes de monitoring hydrique (capteurs, IoT, météo), une cartographie en temps réel des besoins en eau… »

À terme, l’idée est de créer des modèles agricoles irrigués par des eaux de sources non conventionnelles, réplicables à grande échelle, et de libérer ainsi les ressources en eau douce pour les usages agricoles stratégiques.

Santé des sols, gestion de l’eau, fertilisation, carbone… OCP expose ses axes d’action au SIAM

Le carbone, nouvelle monnaie verte des agriculteurs ?

Autre projet phare mis en évidence pendant le SIAM, le programme Tourba, pionnier du Carbon Farming au Maroc. Avec ce programme, OCP fait du carbone un levier d’action. « Fondées sur la captation du carbone dans les sols, ces pratiques transforment les terres agricoles en puits de carbone. Elles permettent aussi de générer des crédits carbone, offrant aux agriculteurs de nouveaux leviers financiers et une plus grande autonomie. Le sol devient ainsi un allié stratégique, pour le climat comme pour l’agriculteur », explique OCP.

Grâce à Tourba, plus de 2000 agriculteurs marocains sont engagés dans des programmes de Carbon Farming et d’agriculture de conservation. L’ambition d’ici 2030 ? « Couvrir 6 millions d’hectares en Afrique et en Amérique du Sud, avec un objectif de séquestration de 7 millions de tonnes de CO2 par an ».

Khalid Saidi, président de l’APEFEL est l'invité de Médias24 en marge du SIAM pour échanger sur la filière du maraîchage.

Dans un contexte marqué par une sécheresse structurelle, un stress hydrique soutenu et des défis climatiques qui redessinent les équilibres du monde rural, la question de l'adaptation régionale devient cruciale. Comment les territoires agricoles s'organisent-ils pour produire autrement et innover ? Médias24 a reçu Noureddine Kessa, directeur régional de l’Agriculture (DRA) de Souss Massa.

“La région Souss-Massa présente un modèle de résilience par rapport au changement climatique”, annonce d’emblée Noureddine Kessa, directeur régional de l’Agriculture (DRA) de Souss Massa.

La région a connu 7 ans consécutifs de stress hydrique soutenu. “Nous sommes à 40% de pluviométrie par rapport à la moyenne de la région qui est de 250 millimètres”, précise notre interlocuteur.

Deuxième station de dessalement

La première station de dessalement a pu résoudre le problème pour le maraîchage. Le DRA Souss-Massa affirme qu’une deuxième station verra le jour. Il explique : « Cette station sera la plus grande au niveau national et de l’Afrique. Elle pourra produire plus de 350 millions de m³ de production d’eau dessalée et 250 millions pour l’irrigation ».

« Nous espérons le démarrage de la station en fin d’année, ce qui donnera beaucoup d’espoir aux gens », nous déclare-t-il.

Dessalement

Le grand projet de dessalement de Souss-Massa a pu « soulager l’irrigation et préserver l’activité agricole ». Cela a permis de donner un nouvel élan à l’agriculture dans la région.

« Aujourd’hui, la région Souss-Massa est pratiquement à 90% reconvertie en goutte à goutte, ce qui résulte en une économie d’eau par hectare qui dépasse les 2000 mètres cube », abonde le DRA de la région.

Mais est-ce que ce projet de dessalement suffit à satisfaire les besoins en eau agricole ? Nourredine Kessa affirme qu’il existe une forte demande sur l’eau dessalée, même si elle coûte 5 dirhams.

Première région à bénéficier de dessalement pour l’irrigation et l’eau potable

La station de dessalement produit « 275 000 mètres cubes, 150 000 pour l’eau potable et 125 000 pour l’irrigation ». La région de Souss Massa a été la première à bénéficier de dessalement pour l’irrigation et l’eau potable.

« Dans quelques semaines, une extension va voir le jour pour durer 18 mois afin d’atteindre 400.000 mètres cubes en production, la moitié pour l’irrigation et l’autre moitié pour l’eau potable », précise notre interlocuteur.

Afin de réussir dans les projets de dessalement, il faut préserver la nappe. Le programme national d’économie d’eau a des projets au niveau de la plaine. La région Souss-Massa a pu bénéficier de 50.000 ha reconvertis, 138.000 ha ont été équipés en goutte-à-goutte.

Echange avec Faissal Sehbaoui, directeur général d'AgriEdge

Bien que prometteur, le secteur de l’irrigation subit des contraintes dans le contexte de sécheresse que vit le Maroc. Médias24 a échangé avec Mohamed Najib El Mahfoudi, président de l'Association marocaine de l'irrigation par aspersion et goutte-à-goutte. Entretien.
  • Médias24 : Combien de sociétés opèrent actuellement dans le secteur de la micro-irrigation agricole ?

Mohamed Najib El Mahfoudi : L’Association marocaine de l’irrigation par aspersion et goutte-à-goutte (AMIAG), qui regroupe 1770 sociétés au niveau national opérant dans le domaine de l’irrigation, a été créée en 2004. Nous sommes un interlocuteur essentiel du ministère de l’Agriculture dans ce domaine.

Le domaine d’irrigation est stratégique pour notre pays, que ce soit pour notre sécurité alimentaire ou pour améliorer le rendement, surtout que le Maroc a vécu des moments éprouvants de sécheresse pendant des années. Le secteur de l’irrigation est primordial pour développer le pays et pour assurer notre sécurité alimentaire.

  • Concrètement, quel rôle joue l’AMIAG pour accompagner les agriculteurs sur le terrain, dans le domaine privé et dans le domaine collectif ?

– Nous collaborons avec le ministère de tutelle pour mettre en place des stratégies pour l’amélioration du système d’irrigation dans le cadre de plans nationaux d’économie d’eau.

Nous encadrons les agriculteurs, les sociétés qui travaillent dans le domaine. Les deux plans nationaux, que ce soit le Plan Maroc vert ou Génération Green, ont donné beaucoup d’importance à l’irrigation. Le plan national d’économie d’eau prévoit 350.000 hectares à reconvertir en irrigations localisées pour atteindre 940.000 hectares entre 2020 et 2027. Ces résultats ne peuvent être atteints sans un effort collectif.

 Nous manquons d’eau. Nous n’avons d’autre choix que d’économiser le peu qu’on a et d’essayer d’introduire de nouvelles techniques d’irrigation

  • Cet objectif vous paraît-il réalisable aujourd’hui, compte tenu des contraintes et du contexte ?

– Nous constatons que les agriculteurs sont de plus en plus convaincus de l’intérêt de se reconvertir au système d’économie d’irrigation. Ils se rendent compte qu’il est possible d’avoir des améliorations de rendement qui peuvent atteindre les 40%, et même davantage dans certaines cultures. Je suis convaincu qu’avec les efforts consentis, nous pourrons atteindre l’objectif de 940.000 hectares irrigués.

  • Le marché d’irrigation agricole a enregistré une croissance annuelle moyenne de 10% entre 2007 et 2019 pour atteindre environ 2,6 milliards de DH. Cette dynamique s’est-elle maintenue au cours des cinq dernières années ?

– La dynamique s’est maintenue, avant de ralentir un peu pendant la période du Covid-19. Nous espérons continuer sur le même élan, malgré les contraintes que subit le secteur. J’ai la grande conviction que nous pouvons atteindre cet objectif.

Nous n’avons pas le choix, puisque nous manquons d’eau. La meilleure solution est d’économiser le peu qu’on a et d’essayer d’introduire de nouvelles techniques d’irrigation, comme les techniques digitales d’amélioration. Nous avons grand espoir, puisque les personnes sont convaincues de la démarche. Ils ont vu le résultat, donc ils continuent sur la même lignée.

  • Le barème des subventions actuelles est-il le même pour les petites et les grandes exploitations ?

– Avant la rectification des normes d’attribution des aides de l’État, nous avions les mêmes subventions pour les petites comme les grandes superficies. À partir de 2022, le ministère de l’Agriculture a introduit de nouveaux systèmes de subventions qui restent les mêmes pour les petites superficies jusqu’à 5 hectares. Au-delà de ces superficies, le pourcentage d’aide de l’État diminue progressivement pour les grands domaines. Actuellement, ils ont des subventions différentes de celles des petits agriculteurs.

  • Comment expliquer que le goutte-à-goutte concerne principalement l’arboriculture ?

– Le goutte-à-goutte est utilisé dans tous les domaines. Dans l’arboriculture, il s’agit d’un investissement qui sera rentable pendant plusieurs années – nous parlons de 30 à 40 ans, l’équivalent de la durée de vie des arbres. Le retour sur investissement est très rapide, surtout pour les plantations.

  • Quelles sont les contraintes que vous rencontrez au sein de votre secteur ?

– Nous avons quelques contraintes. La principale est que 30% des sociétés d’irrigation sont en grande difficulté financière. Plus de 20% sont pratiquement en faillite à cause des effets de la période du Covid-19.

Il faudrait que nous nous entraidions, avec le ministère de l’Agriculture et celui des Finances, pour réduire la durée de déblocage des fonds de l’État. Heureusement que les subventions sont là. Mais nous sommes parfois obligés d’attendre jusqu’à 24 mois pour obtenir un déblocage des fonds. L’agriculteur met en place son projet, mais le poids financier est supporté par les entreprises.

Au Maroc, les petits agriculteurs manquent de moyens pour réaliser leur projet. Ils doivent passer par les sociétés d’irrigation et leur demandent d’attendre la subvention de l’État pour se faire payer – c’est ce que nous appelons la délégation de créances. Les entreprises jouent alors le rôle des banques. Nous appelons les responsables à prendre en considération cet aspect, surtout avec la loi sur les délais de paiement entrée en vigueur. Les sociétés doivent payer leurs fournisseurs dans un délai maximum de 120 jours, alors que le déblocage des fonds de l’État peut prendre jusqu’à deux ans.

Nous avons une autre contrainte. Nous espérons que, grâce aux précipitations de cette année, à la hausse des retenues de barrage et aux autorisations de pompage, la procédure sera allégée afin de nous permettre de réaliser le maximum de superficie.

Une lettre d'intention a été signée mercredi à Meknès, en marge du 17e Salon international de l'agriculture au Maroc, pour la création de la branche francophone de FAO Regional Leadership Academy pour la transformation des systèmes agroalimentaires au Maroc, au sein de l'Institut agronomique et vétérinaire Hassan II.

Cette lettre d’intention a été conclue par le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Ahmed El Bouari, et le sous-directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO – Food and Agriculture Organization of the United Nations) et Représentant régional pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, AbdulHakim Elwaer, à l’issue d’un atelier de présentation de ladite académie.

Intervenant à cette occasion, AbdulHakim Elwaer a mis en avant les trois axes principaux de cette initiative à savoir, l’adaptation au changement climatique, le déploiement des technologies numériques et le renforcement des capacités des parties prenantes, notamment les institutions publiques, pour concevoir des stratégies agricoles prospectives et innovantes.

De son côté, Ahmad Mukhtar, responsable par intérim du Programme régional et économiste principal à la FAO, a expliqué la vision de l’académie, faisant remarquer qu’il ne s’agissait pas seulement d’un centre de formation. »L’objectif est de donner plus de pouvoir aux leaders régionaux en s’appuyant sur l’expertise et la co-création de solutions adaptées à leurs besoins », a-t-il précisé.

Pour sa part, le directeur général de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, Abdelaziz El Hraiki, s’est dit convaincu que cette branche francophone de l’académie va permettre de renforcer les compétences des jeunes leaders marocains dans le domaine de l’agriculture.

La première initiative concrète de l’académie, « Youth Action Leadership for Agri-Food Awareness and Systems Transformation », se tiendra à Rabat du 30 juin au 4 juillet. Elle réunira environ 60 participants des pays de la région, avec un accent particulier sur la jeunesse, qui représente 60% de la population régionale âgée de moins de 25 ans.

La FAO Regional Leadership Academy (RLA) pour la transformation des systèmes agroalimentaires est une initiative stratégique lancée en novembre 2023 par le Bureau régional de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord.

Cette initiative a pour but de renforcer les capacités des décideurs dans la région MENA (Middle East and North Africa – Moyen-Orient et Afrique du Nord) pour transformer les systèmes agroalimentaires complexes en des systèmes plus efficaces, inclusifs, durables et résilients.

Lors de la 37e session de la Conférence régionale du Proche-Orient tenue à Amman en mars 2024, les pays membres ont salué cette initiative et ont encouragé la FAO à soutenir les États membres à travers des analyses et des rapports réguliers sur la sécurité alimentaire et la nutrition.

OCP Nutricrops, Arvalis, Intercéréales et l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) ont annoncé, mercredi à Meknès, la signature d’un contrat de collaboration scientifique et technique, pour promouvoir une nutrition raisonnée des plantes et une gestion durable des sols face au changement climatique.

Signé en marge de la 17ᵉ édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), ce partenariat s’inscrit dans la continuité du mémorandum d’entente signé en octobre 2024, qui avait jeté les bases d’une coopération autour de la recherche agronomique, de la nutrition, de la santé des sols et de l’adaptation au changement climatique, indique un communiqué conjoint.

Des solutions agronomiques durables

Cette collaboration, qui marque une étape structurante vers la co-construction de solutions fondées sur la science, en phase avec les réalités du terrain, prévoit la mise en œuvre d’expérimentations, le développement d’outils d’aide à la décision, ainsi que l’élaboration de recommandations communes pour une fertilisation raisonnée, conciliant performance agronomique et exigence environnementale.

Un programme de recherche de trois ans (2025-2028) est ainsi lancé, autour de trois axes, à savoir des essais agronomiques en France, en station et en conditions réelles d’exploitation, l’élaboration de plans de fertilisation personnalisés, fondés sur des critères scientifiques, ainsi que la création de contenus pédagogiques pour faciliter l’appropriation des résultats par les agriculteurs.

Le programme repose sur les principes des « 4R » (le bon nutriment, à la bonne dose, au bon moment et au bon endroit) et une gestion différenciée des éléments nutritifs. Cette approche permet de répondre avec précision aux besoins des plantes, de limiter les pertes, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’améliorer la qualité nutritionnelle des récoltes, tout en soutenant la productivité.

La santé des sols pour renforcer la résilience agricole

La santé des sols est au cœur de la durabilité agricole. Les quatre institutions partenaires s’engagent à promouvoir des pratiques capables d’améliorer durablement la fertilité des sols et leur capacité à faire face aux aléas climatiques.

Ainsi, le programme entend réduire les émissions liées à des pratiques de fertilisation non adaptées, en proposant des alternatives scientifiquement fondées, mesurables et compatibles avec les réalités économiques des agriculteurs.

Les résultats de ces travaux seront progressivement transférés sur le terrain via des dispositifs de démonstration et des actions de formation, pour en faciliter l’adoption à grande échelle.

En s’appuyant sur une approche scientifique rigoureuse et des solutions adaptées, cette collaboration contribue concrètement à une agriculture durable (objectif de développement durable (ODD 13), productive et résiliente (ODD 2).

Un socle scientifique entre l’Europe et l’Afrique

Cette alliance s’inscrit pleinement dans la stratégie internationale d’OCP Nutricrops, acteur mondial de la nutrition des plantes et de la santé des sols.

En collaborant avec des acteurs majeurs du monde agricole européen, l’entreprise marocaine affirme sa volonté de contribuer à l’émergence d’un référentiel scientifique commun entre le Nord et le Sud au service de la souveraineté alimentaire, de la compétitivité agricole, de la nutrition et de l’adaptation au changement climatique.

OCP Nutricrops est une filiale du groupe OCP dédiée au développement de solutions de nutrition des sols et des plantes pour répondre aux défis mondiaux de la production alimentaire et de la durabilité.

Organisme de recherche appliquée agricole, Arvalis, en France, est le plus grand et le premier référent technique pour les grandes cultures.

De son côté, Intercéréales est l’interprofession représentative en France des céréales qui réunit tous les acteurs économiques de la filière : la production, la collecte/commercialisation et les acteurs de la première transformation.

Réunis lors de la conférence ministérielle annuelle de l’Initiative AAA, les ministres africains de l’Agriculture ont appelé à faire de l’agroforesterie un pilier central des politiques agricoles et climatiques du continent. À l’approche de la COP30, cette rencontre marque une étape clé dans la construction d’un modèle agricole africain durable.

La conférence ministérielle annuelle est une plateforme politique qui réunit les ministres africains de l’Agriculture pour définir les grandes orientations stratégiques de l’Initiative Adaptation de l’Agriculture Africaine (AAA), visant à renforcer l’adaptation de l’agriculture africaine au changement climatique.

L’initiative AAA a offert aux ministres une nouvelle opportunité de partager leurs expériences, leurs visions et leurs recommandations face aux défis et opportunités de l’agriculture africaine.

« L’adaptation de notre agriculture face au dérèglement climatique représente un défi majeur pour l’Afrique, mais aussi une opportunité de repenser nos modèles agricoles de manière durable, résiliente et solidaire », avance le ministre de l’Agriculture, Ahmed Bouari, dans son discours lors de la conférence.

Et d’ajouter, « à l’approche de la COP30, qui se tiendra à Belém, au cœur de l’Amazonie, notre continent a une carte essentielle à jouer. Cette conférence représente une occasion unique pour l’Afrique de renforcer ses positions, d’exprimer ses priorités avec clarté et de contribuer activement à la définition de solutions globales, justes et ambitieuses ».

Cette rencontre scientifique a réuni des experts éminents ayant élaboré un document de référence destiné à appuyer les négociateurs et les délégations africaines lors de la COP30.

Cette approche coordonnée vise à garantir que les multiples bénéfices de l’agroforesterie pour le continent africain soient pleinement pris en compte dans les négociations climatiques internationales et dans les décisions relatives à l’allocation des ressources.

L’agroforesterie fruitière : Une solution stratégique ?

L’agroforesterie fruitière représente une solution clé pour renforcer la résilience des systèmes agricoles africains. L’approche consiste à intégrer des arbres fruitiers au sein des systèmes de culture. Elle offre de nombreux avantages :

  • conservation et amélioration de la structure des sols,
  • optimisation de la rétention d’eau,
  • diversification des sources de revenus des agriculteurs,
  • séquestration du carbone et contribution à l’atténuation climatique,
  • amélioration de la nutrition locale par la production fruitière.

Les expériences menées dans plusieurs pays africains démontrent que l’intégration des arbres fruitiers dans les systèmes agricoles permet d’augmenter les rendements tout en réduisant la vulnérabilité aux aléas climatiques.

Le ministre a rappelé lors de son intervention « qu’aujourd’hui, plus que jamais, cette initiative doit devenir une force de mobilisation. Car les chiffres sont clairs : sans action forte, l’Afrique pourrait perdre jusqu’à 25 % de sa production agricole d’ici 2050 ».

Sur le sujet particulier de cette édition, Ahmed Bouari explique que l’agroforesterie constitue un levier puissant pour répondre concrètement et durablement aux défis climatiques et alimentaires. « Bien plus qu’une technique, l’agroforesterie est une réponse africaine, adaptée, éprouvée, fondée sur nos savoirs et nos territoires. Elle restaure les sols, protège l’eau, génère des revenus, crée de l’emploi », avance-t-il.

« Elle doit devenir un pilier central de nos politiques agricoles et climatiques. À l’image de grandes initiatives africaines comme la Grande Muraille Verte au Sahel ou l’initiative AFR100 pour la restauration des paysages forestiers, elle démontre que l’alliance entre nature et agriculture peut devenir un puissant levier de transformation territoriale et de développement rural », poursuit-il.

Ahmed Bouari estime que d’ici 2040, l’Afrique peut faire émerger un nouveau modèle agricole africain, fondé sur trois piliers :

  • L’intelligence écologique, avec des systèmes agroforestiers performants,
  • L’équité économique, grâce à des chaînes de valeurs rurales inclusives,
  • La souveraineté alimentaire, portée par des agricultures climato-résilientes et connectées aux marchés.

« Ce modèle se construit déjà, pas à pas, dans nos territoires. Il appartient à chacun de nous, aujourd’hui, de l’amplifier et de lui donner les moyens d’éclore à grande échelle ».

Remettre l’agroforesterie au cœur du débat international

De son côté, le Secrétaire général de l’Initiative AAA, Seyni Nafo, est revenu sur l’importance du thème retenu cette année pour cette conférence ministérielle qui met en lumière l’agroforesterie comme solution stratégique, tant pour lutter contre le changement climatique que pour favoriser la sécurité alimentaire et le développement durable.

Cette pratique agricole, a-t-il expliqué, contribue à la conservation des sols, à la diversification et à l’augmentation des revenus des agriculteurs, tout en jouant un rôle crucial dans la séquestration du carbone.

M. Nafo a également jugé qu’à quelques mois de la COP30, prévue en Amazonie, il est particulièrement pertinent de remettre l’agroforesterie au cœur du débat international.

L’enjeu pour l’Afrique est de parler d’une seule voix, avec une vision claire, afin de faire entendre ses priorités et peser davantage dans les négociations mondiales à venir, a-t-il fait valoir.

Organisée sous le thème « Agroforesterie et résilience climatique : une vision africaine pour la sécurité alimentaire et le développement durable », cette conférence a réuni des ministres africains de l’Agriculture, ainsi qu’un large éventail d’acteurs, notamment des institutions financières et techniques, des partenaires au développement, des représentants du secteur privé, des chercheurs, des instituts de développement, des universitaires et des scientifiques.

Elle constitue la principale plateforme politique réunissant les ministres africains de l’Agriculture pour définir les grandes orientations stratégiques de l’Initiative AAA, visant à renforcer l’adaptation de l’agriculture africaine au changement climatique, un enjeu majeur pour le développement économique et social du continent.

 

À l'occasion du SIAM 2025, le président de la Comader, Rachid Benali, dresse un état des lieux sans détour : conjoncture difficile, ajustements nécessaires aux contrats-programmes, pression sur les ressources hydriques, mais aussi résilience des exportations agricoles malgré des normes européennes plus strictes. Entretien.

L’agriculture se trouve à la croisée des chemins entre les aléas climatiques, la transformation des marchés internationaux et la pression sur les ressources naturelles, notamment l’eau, qui est au centre de cette édition du SIAM. Un état des lieux s’impose et, pour en parler, nous avons échangé avec Rachid Benali, président de la Comader, dans le cadre de notre couverture spéciale du Siam.

Pour ce dernier, le moral des opérateurs est bon au regard des récentes précipitations. « On peut dire qu’on est tous très contents. On espère que cela va continuer et que ce sera la fin de cette période difficile », affirme-t-il.

Interrogé sur l’avancement des contrats-programmes, le président de la Comader estime que « vu la conjoncture et les six années de sécheresse qui ont laissé leur empreinte, les objectifs sont difficiles à atteindre ».

« Avec la sécheresse, nous avons même reculé par rapport aux acquis. Maintenant, on doit reprendre les contrats-programmes sur de nouvelles bases. Des ajustements s’imposent », confie-t-il en précisant que des discussions sont en cours avec le gouvernement à ce sujet.

Normes phytosanitaires et export vers l’UE

Au sujet du renforcement des exigences en matière de normes phytosanitaires par l’UE, principal client de l’agriculture marocaine, Rachid Benali explique que « les exportations agricoles se portent bien pour les produits dont on a la quantité et dont on arrive à satisfaire les besoins nationaux ».

Il cite l’exemple de l’huile d’olive. « On n’arrive pas à exporter de l’huile d’olive parce que, tout simplement, nous n’en avons pas suffisamment pour les Marocains ». Et d’ajouter : « Pour les autres produits, les exportations se portent bien. Même du point de vue sanitaire, on a eu quelques alertes, mais des fausses alertes en majorité ».

Toujours sur la question des exportations, et commentant la récente décision de Donald Trump d’augmenter les droits de douane et son impact sur le marché marocain, Rachid Benali explique que les 10% appliquées pour le Maroc n’auront pas d’impact majeur, et que c’est « finalement le consommateur américain qui va subir l’augmentation ».

Le président de la Comader rappelle que les échanges avec les États-Unis sont très bas et doivent être améliorés. « On a eu des échanges avec des partenaires américains. Nous avons reçu deux grandes délégations, dont l’une était la plus importante jamais envoyée par les États-Unis en Afrique. Et ce qui les intéresse, ce ne sont pas les produits marocains uniquement, mais la position du Maroc comme porte de l’Afrique », nous explique-t-il.

Echange avec Mustapha Mrhari, chef de division des filières de productions agricoles à la DRA de Fès-Meknès.

Avec Amine Bennani, président de l’association marocaine des producteurs de fruits rouges, nous allons aborder les chiffres clés de la filière des fruits rouges pour la campagne agricole 2024-2025, les principales contraintes de la filière ainsi que la dynamique du marché international.

Baisse du cheptel national, annulation du rituel du sacrifice de l'Aïd, situation économique des éleveurs… Abderrahmane Mejdoubi, président de l’Association nationale ovine et caprine (ANOC) est l'invité de M24 Live Studio pour échanger sur tous ces sujets.

Les précipitations tardives mais abondantes dans la moitié nord du pays ont permis d'améliorer les perspectives de la campagne céréalière 2024-2025. Dans un entretien avec Médias24, l’expert agricole Larbi Zagdouni évoque les impacts de cette variabilité climatique sur la production céréalière, la dépendance croissante aux semences importées et les limites d’un modèle agricole centré sur les céréales. Il plaide pour un investissement massif dans la recherche et une réorientation structurelle du développement rural.

Médias24 : Nous avons connu des précipitations très importantes durant les dernières semaines. Comment donc qualifier cette campagne agricole : elle reste une campagne sèche ou plutôt pluvieuse ?

Larbi Zagdouni : Je dirais que c’est mitigé. Dans la mesure où la première moitié de la campagne agricole a été marquée par une sécheresse sévère, accompagnée parfois d’une hausse de température anormalement élevée et que, depuis mars-avril, effectivement, nous avons assisté à des précipitations importantes ; encore faut-il préciser que ces précipitations ne concernaient que la moitié nord du pays.

– Quelles ont été les régions bénéficiaires ?

– La plaine du Saïss, la plaine du Gharb, les collines pré-rifaines, la province de Taounate, une partie du Zemmour dans la province de Khémisset, le plateau de Marchouch dans le Zaer.

Ainsi, il y a une ligne de démarcation pratiquement du sud de Casablanca jusqu’à l’Oriental, vers le nord, ça a été bien arrosé depuis mars-avril. Ce qui va positivement impacter en même temps les céréales, mais aussi toutes les autres cultures et les parcours.

Mais dans la moitié sud du pays, c’est une campagne mitigée. Elle illustre, peut-être avec plus d’amplitude, le caractère très aléatoire du climat au Maroc.

– Nous ne pouvons parler de campagne agricole sans faire un focus sur la campagne céréalière. Lors de la conférence internationale de haut niveau, le ministre de l’Agriculture, Ahmed Bouari, a annoncé une production prévisionnelle de 44 millions de quintaux (Mq). Peut-être une lecture de ce chiffre ?

– Il y a quelques semaines, j’avais dit dans une interview que si les pluies se poursuivaient sur cette lancée, il n’était pas exclu qu’on réalise une production céréalière entre 40 et 50 Mq. J’avais même ajouté que j’étais peut-être un peu optimiste. Tant mieux, si on arrive à faire 44 Mq Je considère que c’est une prouesse, compte tenu du déroulement effectif de la campagne agricole, notamment durant sa première moitié.

– Nous restons toujours en-dessous des chiffres d’une saison agricole normale.

– Effectivement, nous sommes nettement en dessous, mais en même temps, on est mieux lotis par rapport à ce à quoi on s’attendait il y a à peine deux mois. Ainsi, c’est une très bonne nouvelle.

– De manière générale, comment estime-t-on la récolte prévisionnelle des céréales ?

– Les récoltes sont estimées par les services du ministère de l’Agriculture, notamment la Direction de la stratégie des statistiques qui dispose d’un dispositif d’échantillonnage qui permet au ministère de se faire une idée. C’est bien une estimation, vous précisez bien une estimation et non pas la production. Pour avoir le chiffre final, il faut attendre la récolte. Nous en saurons plus vers les mois de juillet-août.

– Une question s’impose. Avec le retard des pluies qui devient structurel, ne serait-il pas plus opportun de retarder les semis de céréales afin de mieux s’adapter aux nouvelles réalités climatiques ?

– Le changement climatique est là, il faut faire avec. Quand on dit changement climatique, quelles en sont les manifestations majeures ?

Tout d’abord, il y a une tendance à la baisse des précipitations sur le long terme, bien que les sécheresses puissent être ponctuées par des épisodes de pluie, et parfois par des pluies diluviennes. Donc, il y a un apport en eau par les précipitations, ce qu’on appelle les eaux conventionnelles, qui a tendance à diminuer et qui va diminuer.

De l’autre côté, on a une hausse des températures qui se combine avec l’insuffisance des apports d’eau, mettant les cultures et les productions agricoles en général, y compris l’élevage, dans des situations autrement différentes par rapport à ce qu’elles étaient avant.

C’est certain que les cycles naturels, habituels des cultures, des productions vont être impactés. Ce qui implique forcément une adaptation. Il faut absolument investir dans la recherche.

Certains travaux sont réalisés au niveau de nos établissements d’enseignement supérieur de recherche, l’IAV Hassan II, l’ENA de Meknès, l’INRA, l’UM6P, qui travaillent déjà sur ces questions. Mais le chemin est encore long.

Il y a un travail à faire pour mieux situer ce qu’on appelle les itinéraires techniques dans un canevas climatique porteur.

Et, d’autre part, il y a un travail sérieux à accomplir qui va nous ramener, peut-être, à des pratiques ancestrales. C’est ce qu’on appelle le travail sur les cultures associées, et sur les rotations et les assolements.

Peut-être que ces changements climatiques, par leur impact, vont nous amener à réexaminer le choix même des cultures que nous devons développer. Peut-être qu’il va y avoir des cultures qu’il va falloir abandonner et des cultures nouvelles à introduire, et peut-être des cultures historiques à préserver, comme les céréales.

Je veux dire par là que le cœur de la réponse à cette problématique majeure, et qui va porter dans la durée, c’est l’investissement dans la recherche.

– Au regard des objectifs fixés dans le contrat-programme, estimez-vous que l’attente d’une production annuelle de 95 Mq de céréales soit réaliste à l’horizon 2030 ?

– Nous sommes en 2025. Normalement, il devrait y avoir une évaluation intermédiaire à mi-parcours. Les premières années de Génération Green ont été fortement marquées par un cycle de sécheresse des plus terribles.

Donc, nous sommes loin, sans même qu’il y ait une quelconque évaluation, de ce que les contrats-programmes avaient prévu. Et ce, pour des raisons objectives, notamment de sécheresse, de flambée des prix sur le marché international, etc. qui font qu’il serait illusoire d’atteindre ces objectifs, parce qu’il y a objectivement des contraintes fortes qui vont empêcher leur réalisation.

Je vais revenir ici sur la réponse récemment donnée par le ministre de l’Agriculture, lors d’une intervention sur une radio. Il a évoqué un objectif à brève échéance – j’ai compris qu’il visait l’horizon 2030 – consistant à sécuriser 80 millions de quintaux sur un million d’hectares de cultures céréalières et de légumineuses.

Personnellement, je fais un calcul très simple que je vous laisse interpréter comme vous le souhaitez : 80 millions de quintaux sur un million d’hectares, cela donne un rendement de 80 quintaux à l’hectare pour les céréales et les légumineuses.

– Pourquoi les semences céréalières sont-elles majoritairement importées ?

Premier élément de réponse : le Maroc est devenu un importateur net, de manière structurelle, de la quasi-totalité des semences, toutes cultures confondues.

Cela concerne même, dans une certaine mesure, le secteur animal. On importe par exemple des vaches laitières, mais également des semences animales.

Pour ce qui est des cultures, la quasi-totalité des semences utilisées provient de l’extérieur. Concernant les céréales, le Maroc est aujourd’hui fortement dépendant des importations de semences. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, nous couvrions jusqu’à 80% de nos besoins en semences céréalières grâce aux variétés développées localement par nos chercheurs, notamment ceux de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA).

Avec la libéralisation du secteur, cette couverture, qui était de 80%, est tombée à seulement 20% aujourd’hui.

Pourquoi ? Parce que les obtentions variétales de l’INRA ne sont pas suffisamment valorisées. Pourtant, la composante « sélection et amélioration génétique » est l’un des volets les plus développés et les plus prometteurs de l’Institut.

Depuis des décennies, il semble qu’il n’y ait pas eu de politique publique forte et cohérente pour soutenir la valorisation de ces résultats, en matière de sélection variétale et de développement de semences plus résilientes face à la sécheresse et au stress hydrique. C’est donc, au fond, un choix politique.

– Aujourd’hui, la valeur ajoutée agricole au Maroc dépend des céréales. Pourquoi ? Et surtout, comment réduire cette dépendance et faire en sorte qu’il y ait une meilleure représentation des autres cultures ?

– Effectivement, il se trouve que malgré l’investissement massif, important, substantiel, qui a été consacré aux filières dites à haute valeur ajoutée, on n’est pas arrivé à soustraire notre agriculture à sa dépendance aux performances réelles. Cela veut dire qu’une composante importante dans l’équation agricole au Maroc est l’accès à l’agriculture, qu’on le veuille ou non. En termes de part relative de la superficie agricole utile qui est dédiée à la filière des céréales, c’est la première, et de loin.

Évidemment, ces dernières années, sous l’effet de sécheresses successives, nos paysans, nos agriculteurs ont été éprouvés. Quand les céréales vont mal, l’agriculture va mal ; donc notre économie va mal. Cela est dû au poids humain de la démographie rurale et agricole qui en dépend.

Quand il y a une mauvaise récolte des céréales, ce sont les revenus d’une large partie des populations rurales qui sont affectés. Cela affecte en cascade tous les rapports avec l’économie nationale.

On ne pourra pas atténuer et soustraire la dépendance de notre agriculture à la variable céréalière tant qu’on maintiendra des populations aussi nombreuses, tributaires de la céréaliculture. Ce qui nous ramène à la question du passage du développement agricole au développement rural. C’est-à-dire offrir des alternatives économiques à une partie des populations rurales pour réduire leur dépendance à la seule activité agricole, et donc fortement à la céréaliculture.

La solution, elle n’est pas strictement agricole. L’équation est beaucoup plus complexe. L’agriculture, à elle seule, ne peut pas prendre en charge la dépendance du monde rural à cette problématique.

Le point avec Zakariae El Yacoubi, Directeur de l’Irrigation et de l’Aménagement de l’Espace Agricole au Ministère de l'agriculture.

Le point sur la campagne agricole dans la région Rabat-Salé-Kénitra avec Aziz Lamrhari, représentant de la DRA Rabat-Salé-Kénitra.

Le dessalement de l’eau de mer s’impose comme un levier stratégique pour assurer la sécurité hydrique du Royaume. Il est appelé à jouer un rôle central dans l’atteinte de deux objectifs majeurs, notamment couvrir plus de 50 % des besoins en eau potable à l’horizon 2030 et irriguer d’importantes superficies agricoles et renforcer de cette manière la sécurité alimentaire.

Pour échanger sur cette thématique stratégique pour l'agriculture marocaine, nous recevons Najib El Mahfoudi, président de l’Association Marocaine de l’Irrigation par Aspersion et Goutte à Goutte, l’AMIAG.

Malgré le démarrage difficile de la campagne agricole en cours, les pluies importantes enregistrées au cours du mois de mars et du début d'avril ont permis de redresser la situation de la campagne céréalière.

Le cumul pluviométrique au niveau national a atteint 293 mm, soit une hausse de 19% par rapport à la campagne précédente et une baisse de 18% par rapport à une année normale, selon les données du ministère de l’Agriculture, dévoilées ce mardi 22 avril en marge du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM).

La répartition temporelle des précipitations au titre de l’actuelle campagne a été caractérisée par des pluies précoces au mois d’octobre favorables à l’installation des cultures d’automne, mais suivies d’un déficit pluviométrique prolongé pendant la période allant de novembre au mois de février dernier, couplé d’une hausse des températures durant le mois de novembre.

Ce n’est qu’à partir du mois de mars que la situation s’est améliorée grâce aux pluies importantes et aux chutes de neige qui ont eu un impact bénéfique sur la croissance des céréales d’automne.

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Dessalement, irrigation, sécurisation de l’eau potable... la stratégie nationale vise à garantir 100% des besoins en eau potable et 80% des besoins agricoles en irrigation, même dans les conditions climatiques les plus extrêmes.

A l’occasion de la 17e édition du SIAM, le ministre de l’Equipement et de l’eau, Nizar Baraka est revenu sur la vision de son ministère et les projets visant à répondre aux besoins du Royaume en eau potable et d’irrigation.

Nizar Baraka a rappelé, lors de son intervention, l’objectif exprimé par le Roi Mohammed VI de satisfaire 100% des besoins en eau potable et au moins 80% des besoins agricoles en eau d’irrigation, et ce même dans les conditions climatiques les plus difficiles.

Cette vision s’inscrit dans « une politique de gestion décentralisée » au niveau des bassins hydrauliques, permettant une prise de décision adaptée aux spécificités locales et intégrant pleinement la dimension régionale dans l’élaboration et la mise en œuvre des actions.

Développement des ressources en eau conventionnelles

La nouvelle politique de l’eau repose d’abord sur le développement des ressources en eau conventionnelles, à travers:

  • L’accélération de la construction de barrages de différentes tailles,
  • La collecte des eaux pluviales,
  • L’interconnexion des bassins hydrauliques,
  • La mobilisation durable des ressources en eaux souterraines,
  • Le dévasement des barrages existants.

Le Maroc dispose actuellement de 154 barrages grands et moyens, pour une capacité globale de 20 milliards de m³. À ce jour, 16 nouveaux barrages sont en construction, et trois autres sont programmés en 2025, avec pour objectif de porter cette capacité à 25 milliards de m³ à l’horizon 2030.

Accélération du recours aux ressources non conventionnelles

Face à la pression croissante sur les ressources hydriques, le Royaume a entrepris, selon le ministre, un virage stratégique vers les eaux non conventionnelles, notamment le dessalement de l’eau de mer. Le programme national vise à porter la production de 140 millions de m³ en 2022 à 1,7 milliard de m³ en 2030. Sur ce volume, 500 millions de m³ seront dédiés à l’irrigation, permettant de couvrir environ 100.000 hectares.

Parmi les principaux projets :

  • La station de dessalement de Dakhla, prévue pour fin 2025, produira 37 millions de m³/an, dont 30 millions pour irriguer 5.200 hectares.
  • La station de Casablanca, d’une capacité de 300 millions de m³, consacrera 50 millions à l’irrigation de 8.000 hectares.
  • La station de Tiznit (Souss-Massa) atteindra 350 millions de m³, destinés majoritairement à l’irrigation dans la région.

Une considération essentielle concerne le principe de solidarité entre l’amont et l’aval. L’objectif est que l’eau issue des stations de dessalement d’eau de mer couvre les besoins des villes et centres côtiers ainsi que des zones agricoles à haute valeur ajoutée, tandis que les eaux de surface régulées par les barrages soient prioritairement réservées à l’approvisionnement des zones montagneuses, des régions rurales et des villes de l’intérieur.

« Dans ce cadre, il est par exemple prévu d’acheminer l’eau dessalée depuis Safi vers les villes de Marrakech et Benguerir, ou encore depuis El Jadida vers Khouribga« , a noté le ministre.

Doubler le volume des eaux usées traitées

Le Royaume compte doubler d’ici 2027 le volume des eaux usées traitées afin d’être réutilisées pour les espaces verts, la recharge des nappes phréatiques et l’irrigation des cultures arboricoles.

En parallèle, le gouvernement s’engage dans la gestion rationnelle de la demande en eau, via l’amélioration des rendements des réseaux de distribution d’eau potable et des systèmes d’irrigation, dans le cadre du Programme d’efficience hydrique.

L’exécutif mise également sur la sensibilisation des citoyens à l’importance de préserver les ressources hydriques, ainsi que sur l’élaboration de contrats sectoriels avec les acteurs de l’industrie, du tourisme et de l’agriculture pour une meilleure gestion de la ressource.

Enfin, dans le cadre de sa collaboration avec le ministère de l’Agriculture, le ministère de l’Équipement et de l’eau élabore un programme futur pour faire face aux effets du changement climatique, fondé sur :

  • Les plans régionaux d’aménagement hydraulique par bassin,
  • Les projections à l’horizon 2050, identifiant priorités agricoles et besoins futurs,
  • La garantie de 100% de couverture en eau potable et de 80% pour l’irrigation, quelles que soient les conditions climatiques.

Le ministre a conclu en rappelant les efforts entrepris dans le domaine de la recherche agronomique, visant à développer des variétés végétales plus résilientes au stress hydrique, tout en assurant une réduction de la consommation d’eau et une meilleure efficience hydrique au niveau national.

Entretien avec Rachid Benali, président de la Confédération Marocaine de l’Agriculture et de Développement Rural (Comader).

Focus sur un pilier de l'agriculture marocaine et pour aussi la sécurité alimentaire. Il s'agit bel et bien des céréales. Enjeu stratégique la campagne céréalière 2024-2025. Ceci des attentes mais aussi des interrogations. Les dernières semaines ont été marquées par un retour des pluies mais est-ce que ces précipitations vont-elles suffire pour inverser la tendance d'une campagne qui s'annonçait quand même assez difficile ? Et surtout peut-on parler d'une bonne année agricole ? Les réponses avec notre premier invité Larbi Zagdouni, Agroéconomiste et ruraliste.

Le Maroc s'attend à une récolte de 44 millions de quintaux pour la campagne céréalière 2024-2025, en hausse de 41%. Voici les détails par espèce et par région.

En marge du 17e Salon international de l’Agriculture au Maroc (SIAM), le ministre de l’Agriculture, Ahmed Bouari, a annoncé que le Maroc prévoit une récolte de 44 millions de quintaux pour la campagne céréalière en cours (2024-2025).

Cette prévision représente une hausse de 41% par rapport à l’année précédente.

Par espèce, la production prévisionnelle est de:

– 24 Mqx pour le blé tendre,

– 10 Mqx pour le blé dur,

– 9,5 Mqx pour l’orge.

En termes de répartition régionale, trois régions participent à hauteur de 80% à la production nationale. Il s’agit de Fès-Meknès (36%), de Rabat-Salé-Kénitra (28%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (16%).

La superficie semée en céréales principales au titre de cette campagne est de 2,62 millions d’hectares contre 2,47 millions d’hectares en 2023/2024, soit une hausse de 6%.

La croissance du secteur agricole est attendue à +5,1 % cette année, après un recul de -4,8 % enregistré l’an dernier.

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Les ministres de l'Agriculture et de l'Equipement et de l'eau, ont signé le contrat de gestion de la nappe du Saiss ce mardi 22 avril.

La contractualisation avec les parties prenantes pour une gestion participative des nappes se poursuit. Ahmed Bouari et Nizar Baraka signent la convention portant sur le contrat de gestion participative de la nappe de Fès-Meknès.

Celle-ci prévoit la mise en place d’un programme d’action concerté réunissant l’ensemble des parties prenantes. Son objectif est d’assurer la durabilité environnementale et économique de la nappe phréatique de la plaine de Fès-Meknès à travers une gestion intégrée et durable des ressources en eau.

Ce dispositif vise à assurer un équilibre entre la préservation de l’écosystème et la satisfaction des besoins sociaux et économiques liés aux activités agricoles, industrielles et urbaines de la région.

La nappe de Saïss enregistre une baisse continue de ses niveaux piézométriques depuis le début des années 80, variant entre 3 m dans le secteur au Sud-Est de la nappe et 3.6 m au sud du plateau de Meknès. Une accentuation de la baisse est remarquée depuis 2016.

Nous reviendrons sur le détail du contrat dans un autre article.

Le contrat de nappe du Saiss signé

Le Maroc s’attend à une récolte de 44 millions de quintaux lors de la présente campagne céréalière. Le cumul pluviométrique affiche une hausse de 19% par rapport à la campagne précédente et une baisse de 18% par rapport à une année normale.

Lors d’une conférence de haut niveau organisée en marge du 17e Salon international de l’Agriculture au Maroc (SIAM), le ministre de l’Agriculture, Ahmed Bouari, a annoncé que le Maroc prévoit une récolte de 44 millions de quintaux pour la campagne céréalière en cours (2024-2025).

Cette prévision représente une hausse de 41% par rapport à l’année précédente ; une progression qui fait suite aux récentes pluies, qui ont favorisé l’état du cheptel et des cultures printanières.

La croissance du secteur agricole est attendue à +5,1 % cette année, après un recul de -4,8 % enregistré l’an dernier.

Il s’agit donc d’une petite campagne qui est toutefois meilleure que ce que l’on craignait.

Lors de la campagne précédente, en 2023-2024, la récolte avait été de 31,2 millions de quintaux.

Une campagne de 70 millions de quintaux, qui est l’hypothèse de la Loi de finances 2025, est considérée comme une campagne moyenne.

Le Maroc souffre depuis 7 années, d’une sécheresse qui impacte fortement le monde rural et la production agricole. Malgré la sécheresse et la baisse de la production, les fluctuations de la production agricole continuent d’impacter fortement le PIB.

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La conférence réunira des décideurs de haut niveau, des experts nationaux et internationaux, des chercheurs ainsi que des professionnels afin de partager les expériences, d'identifier les meilleures pratiques et d'explorer des solutions innovantes adaptées aux enjeux spécifiques de gestion de l’eau agricole.

La 17e édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM) ambitionne d’accueillir plus d’un million de visiteurs, a déclaré, lundi à Meknès, le ministre de l’Agriculture, de la pêche Maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Ahmed El Bouari.

Placé sous le haut patronage royal, ce Salon, dont la cérémonie d’ouverture a été présidée par Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan, connaît la participation de plus de 1.500 exposants issus de 70 pays, a indiqué M. El Bouari.

Le ministre a ajouté que cette édition se tient sous le thème « Agriculture et Monde Rural: L’Eau au cœur du développement durable », soulignant qu’il s’agit d’un « sujet très important » compte tenu des défis climatiques auxquels le monde est confronté.

La République française est l’invitée d’honneur de cette édition, a-t-il enchaîné, notant que ce choix « démontre la solidité des relations entre le Maroc et la France, notamment en matière de développement agricole et de sécurité alimentaire ».

Le Salon International de l’Agriculture au Maroc-2025 propose aux visiteurs une panoplie de produits et un machinisme agricole de dernière génération, avec pour but de promouvoir la production agricole et animale et de valoriser les secteurs clés de l’économie régionale, dont l’agroalimentaire et son corollaire l’industrie alimentaire.

Au fil des éditions, le SIAM a réussi le pari de se positionner comme l’un des rendez-vous incontournables du secteur agricole en Afrique, et une plate-forme privilégiée de rencontres et d’opportunités de partenariats entre les différents acteurs et opérateurs de l’écosystème.

Le Prince Héritier Moulay El Hassan a présidé, le lundi 21 avril à Mechouar Stinia-Sahrij Souani à Meknès, la cérémonie d'ouverture de la 17e édition du Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM).

À son arrivée au salon, le Prince Héritier a passé en revue un détachement de la garde royale qui rendait les honneurs, avant d’être salué par le ministre de l’Agriculture, de la pêche, du développement rural et des eaux et forêts, le wali de la région Fès-Meknès, le président du conseil de la région Fès-Meknès, le gouverneur de la préfecture de Meknès, le président du conseil préfectoral de Meknès, le président du conseil communal de Meknès et le président de la commune Mechouar Stinia.

Le Prince Héritier Moulay El Hassan a également été salué par le président de la chambre régionale de l’agriculture Fès-Meknès, le pacha du Mechouar Stinia, le président et les membres du conseil d’administration et les sponsors du SIAM, le président de la Fédération des chambres de l’agriculture, le président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader), et le commissaire général par intérim du salon.

À l’entrée du Salon international de l’agriculture au Maroc, le Prince Héritier a été salué par Benjamin Haddad, ministre délégué français auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé de l’Europe. La France est l’invité d’honneur de cette 17e édition. Le Prince Héritier a été également salué par des personnalités représentant les pays étrangers invités (Angola, Bénin, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Eswatini, Irak, Liberia, Malawi, Ouganda, Palestine, Sao Tomé-et-Principe et Soudan du Sud), ainsi que par les partenaires au développement (Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture/ICESCO, Organisation arabe pour le développement agricole/OADA et Conseil mondial de l’eau).

Par la suite, le Prince Héritier a visité le pôle « Régions », avant de poser pour une photo souvenir avec les présidents des conseils des régions et de visiter les espaces « Eau et irrigation » et « Recherche et innovation » au pavillon du ministère de l’Agriculture, de la pêche, du développement rural et des eaux et forêts et le pavillon du groupe OCP.

Il a également visité les pôles « Sponsors », « Institutionnels », « Agro-alimentaire », « International », « Agri-digital », « Agrofourniture », « Nature et Environnement », « Machinisme », « Produits du terroir », « lntrants d’élevage » et « Élevage ».

Déployé sur la place Sahrij Souani sur une superficie de 12,4 ha, le SIAM connaît la participation de 70 pays, avec la France en tant qu’invitée d’honneur, un choix qui reflète l’excellence des relations entre les deux pays et le dynamisme qui marque la coopération bilatérale.

Plus de 1.500 exposants sont présents à cette 17ᵉ édition, qui sera marquée par l’organisation de plusieurs conférences scientifiques et tables rondes, avec pour objectif de croiser les expertises et d’explorer des pistes et alternatives concrètes au service d’une agriculture plus résiliente, capable de répondre aux défis climatiques et de préserver l’équilibre de l’écosystème agricole, à même d’assurer une souveraineté alimentaire durable du pays.

Organisé sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, du 21 au 27 avril, sur le thème « Agriculture et monde rural : l’eau au cœur du développement durable », le Salon international de l’agriculture au Maroc propose aux visiteurs une panoplie de produits et un machinisme agricole de dernière génération, dans le but de promouvoir la production agricole et animale et de valoriser les secteurs clés de l’économie régionale, dont l’agroalimentaire et son corollaire l’industrie alimentaire.

L'édition 2025 du SIAM va braquer les projecteurs sur la problématique majeure de l’eau dans un contexte de changements climatiques et de rareté des ressources hydriques.

Depuis sa première édition en avril 2006, le SIAM s’est forgé une solide réputation de rendez-vous incontournable des acteurs du monde agricole du Maroc et d’ailleurs en contribuant fortement aux multiples évolutions et réalisations de l’agriculture marocaine et en donnant une forte impulsion au rôle des régions dans la valorisation de leurs atouts pour attirer les investissements nécessaires au développement.

Le salon constitue également une réponse à la nécessité de développer le secteur agricole et de lui permettre d’affronter la concurrence dans un contexte marqué par une mondialisation galopante, par la promotion des pratiques agricoles durables, de l’innovation technologique, des échanges commerciaux et de la coopération internationale.

Au-delà de sa portée historique, cet événement d’envergure internationale marque l’intérêt éminent porté par SM le Roi Mohammed VI au développement et à la modernisation du secteur agricole.

S’inscrivant dans la ligne droite de la vision royale pour une agriculture intégrée et résiliente dans un contexte de rareté des précipitations, de pénurie d’eau et de changements climatiques, le salon constitue en effet une plate-forme d’échange et de suivi adaptée à l’accompagnement des partenaires du Royaume dans le co-développement de projets liés à l’agrobusiness, selon une démarche durable et respectueuse des hommes, des sols et de la biodiversité.

Cette année, le salon marque une nouvelle étape dans son engagement pour une agriculture innovante, inclusive et tournée vers l’avenir en choisissant comme thématique : « Agriculture et monde rural : l’eau au cœur du développement durable ».

Placé sous le haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, le salon conforte, à travers le thème choisi, le rôle du Maroc comme acteur majeur d’une agriculture durable et résiliente, à l’échelle régionale et mondiale, et reflète l’engagement continu du Royaume à mobiliser tous les moyens pour faire de l’alliance entre l’eau et l’agriculture un levier stratégique pour créer des richesses en milieu rural et d’assurer en conséquence la souveraineté alimentaire.

Face à la gravité des changements climatiques et la forte tension sur les ressources en eau, le salon souligne l’urgence d’une mobilisation collective en adoptant des solutions qui se basent essentiellement sur des technologies de pointe, telles que les systèmes d’irrigation intelligents, la réutilisation des eaux usées traitées ou encore la surveillance des cultures par drones thermiques.

Les débats et conférences, qui seront animés par des experts et chercheurs de renommée, vont insister sur la bonne gouvernance de l’eau, facteur essentiel à l’équilibre des filières agricoles et des territoires ruraux. L’objectif est de croiser les expertises et d’explorer des pistes et alternatives concrètes pour une agriculture plus résiliente, capable de répondre aux défis climatiques et de préserver l’équilibre de l’écosystème agricole, en vue d’assurer une souveraineté alimentaire durable, selon les organisateurs.

L’édition 2025 connaîtra la participation de 1.500 exposants représentant 70 pays et table sur une affluence de plus de 1 million de visiteurs.

En effet, plus qu’une simple vitrine des nouveautés et innovations du secteur, le salon se veut une plateforme privilégiée de rencontres et d’opportunités de partenariats entre les différents acteurs et opérateurs de l’écosystème (experts, professionnels, institutionnels, …) qui vont discuter de solutions concrètes visant à aboutir à un développement agricole résilient, inclusif et durable.

Le salon accueille cette année la France en tant qu’invitée d’honneur, un choix qui reflète l’excellence des relations entre les deux pays, notamment dans le domaine agricole, agro-industriel, halieutique et forestier, et qui offre des perspectives de développement et de partage d’expertises.

Installé sur une superficie couverte de 12,4 hectares, le SIAM sera structuré autour de douze pôles thématiques, consacrés aux produits du terroir, à l’élevage et intrants d’élevage, au machinisme agricole, à l’agro-alimentaire, à l’agrofourniture, à l’agri-digital, à la nature et l’environnement, à l’international, aux régions du Royaume, aux institutionnels et sponsors et un espace dédié aux conférences.

À quelques heures de son coup d'envoi à Meknès, la 17e édition du Salon International de l'Agriculture au Maroc (SIAM) s'impose comme une plateforme stratégique où se croisent innovation agricole, coopération internationale et enjeux environnementaux.

Placé sous le haut patronage royal, ce salon jette la lumière sur les défis cruciaux liés à la gestion des ressources hydriques dans un contexte de changement climatique, tout en affirmant le rôle du Maroc comme acteur majeur d’une agriculture durable et résiliente, à l’échelle régionale et mondiale.

Tout au long de la semaine du 21 avril, le SIAM 2025, qui met à l’honneur la France, compte réunir pas moins de 1.500 exposants représentant 70 pays et table sur une affluence de plus de 1 million de visiteurs, ainsi que sur la participation de 45 délégations étrangères.

Retenu pour ce 17ᵉ SIAM, le thème « Agriculture et monde rural : l’eau au cœur du développement durable » se veut un véritable fil conducteur fédérateur, appelant à une mobilisation collective face aux urgences climatiques.

Ce thème reflète l’engagement continu du Maroc à mobiliser tous les moyens pour faire de l’alliance entre l’eau et l’agriculture un levier stratégique pour la création de richesses en milieu rural et d’assurer en conséquence la souveraineté alimentaire du Royaume.

Il ouvre ainsi la voie aux différents participants (experts, professionnels, institutionnels, …) pour discuter de solutions concrètes visant à aboutir à un développement agricole résilient, inclusif et durable.

Des solutions qui se basent essentiellement sur des technologies de pointe, telles que les systèmes d’irrigation intelligents, la réutilisation des eaux usées traitées ou encore la surveillance des cultures par drones thermiques.

Concernant son organisation, l’édition 2025 du SIAM s’inscrit dans la continuité de la précédente, avec une structure bien établie autour de douze pôles thématiques, chacun mettant en valeur une facette spécifique de l’agriculture.

Il s’agit des pôles « Régions du Royaume », « Sponsors », « International », « Agro-alimentaire », « Agro-fourniture », « Produits du terroir », « Nature et environnement », « Elevage », « Intrants d’élevage », « Machinisme », « Agri-Digital » et « Espace conférences ».

Le pôle des régions valorisera la spécificité géo-climatique de chaque région marocaine, tandis que celui International incarne la dimension mondiale du salon avec les stands des 70 pays représentés.

Le pôle Agro-fourniture réunira, quant à lui, des exposants proposant des innovations telles que des tracteurs autonomes équipés de GPS différentiel pour réduire la consommation d’eau, des systèmes d’irrigation goutte-à-goutte solarisés adaptés aux petits exploitants, et des drones de surveillance des cultures capables de détecter les stress hydriques via imagerie infrarouge. Ce pôle sera donc un lieu de rencontre privilégié pour les agriculteurs et les fournisseurs de solutions innovantes.

Pour ce qui est du pôle Agro-alimentaire, il mettra en avant des produits à forte valeur ajoutée comme les huiles essentielles et les conserves de thon certifiées. Également, une attention particulière sera portée aux emballages écologiques, avec des solutions innovantes et durables pour réduire l’impact environnemental des packagings.

Afin d’optimiser l’expérience des visiteurs, les organisateurs du SIAM ont investi dans des infrastructures rénovées. Le site du salon a été repensé pour inclure des parkings modernisés, un circuit de visite thématique reliant les différents pôles, en plus d’espaces familiaux confortables.

De surcroît, une aire de restauration mettra en avant les produits locaux, offrant une expérience culinaire marocaine authentique et délicieuse aux visiteurs.

La 17ᵉ édition du SIAM s’annonce prometteuse à plus d’un titre, en particulier avec les multiples nouveautés introduites comme la restructuration complète des 12 pôles pour faciliter la circulation et améliorer l’expérience des visiteurs, ainsi que la mise en place de la billetterie électronique réduisant les temps d’attente et limitant l’impact environnemental lié à l’utilisation de papier.

Parallèlement, un accent particulier a été mis sur l’accessibilité, avec des chemins élargis et des signalétiques multilingues, permettant aux professionnels comme au grand public de naviguer aisément entre les stands.

Du haut de ses 17 ans d’existence, le SIAM affirme bel et bien la vocation du Maroc à bâtir, depuis Meknès, les fondations d’une agriculture durable, inclusive et tournée vers le monde.

Le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Ahmed El Bouari s’est enquis, mercredi 9 avril à Meknès, des derniers préparatifs relatifs à l’aménagement du site devant abriter la 17e édition du Salon international de l’Agriculture au Maroc (SIAM), prévue du 21 au 27 avril.

Le ministre a suivi des explications sur l’état d’avancement des travaux d’aménagement du site et sur les différents aspects organisationnels liés aux préparatifs du SIAM 2025, un rendez-vous annuel devenu un événement incontournable du calendrier agricole marocain.

Dans une déclaration à la presse à l’issue de la visite, Ahmed El Bouari a relevé que cette édition connaît une large participation des acteurs du secteur agricole, aussi bien au niveau national qu’international, soulignant qu’elle constitue une plateforme unique de rencontres et d’échanges commerciaux dans le domaine agricole et crée de nouvelles opportunités de coopération dans un esprit d’innovation et de partage.

M. El Bouari a également mis en avant la vocation du salon à mettre en lumière les évolutions et les défis du secteur et à encourager les pratiques durables, tout en donnant la priorité à l’agriculteur et au monde rural.

Et d’ajouter que cette édition mettra particulièrement l’accent sur la bonne gouvernance de l’eau pour la durabilité du secteur agricole, précisant que cette thématique reflète un fort engagement du ministère face aux défis climatiques, ainsi que la volonté de renforcer le rôle de l’agriculture et du monde rural dans le processus de développement du Royaume.

À Meknès, le ministre de l’Agriculture fait le point sur les préparatifs du SIAM 2025
Chantier du SIAM 2025

Le président de l’Association du SIAM, Mohammed Fikrat a, de son côté, mis en avant les nombreuses nouveautés de cette 17e édition, précisant que l’objectif est d’offrir un bon environnement pour tous les visiteurs, aussi bien les professionnels que le grand public.

Dans ce sens, plusieurs aménagements ont été réalisés au niveau du site du salon afin de garantir des conditions optimales de visite, a-t-il poursuivi, citant notamment la « mise en place de plusieurs espaces dédiés, dont des parkings goudronnés et un nouveau parcours mieux adapté aux différents profils de visiteurs, dont les enfants, familles, étudiants et professionnels ».

Il a fait savoir aussi que des efforts ont été déployés pour assurer une bonne gestion des flux afin que l’événement se déroule dans les meilleures conditions.

La 17e édition du SIAM connaitra l’organisation de plus de 40 conférences scientifiques, la participation de 70 pays et 1 500 exposants, ainsi que plus d’un million de visiteurs attendus.

Le thème de cette édition, « Agriculture et monde rural : l’eau au cœur du développement durable », consacre le rôle central de la gouvernance de l’eau, qui sera au cœur des échanges scientifiques attendus au salon. Les débats porteront sur des solutions concrètes permettant au secteur agricole de s’adapter aux effets du changement climatique, de garantir la durabilité des ressources hydriques et de préserver un équilibre environnemental dans le milieu rural.

L’édition 2025 aura pour invitée d’honneur, la France, symbolisant une relation bilatérale solide, en particulier dans les domaines de l’agriculture, de l’agroalimentaire, de la pêche maritime et des forêts.

L’édition 2025 devrait connaître la participation de plus de 1,1 million de visiteurs, de 1.500 exposants et de 70 pays. Le Salon international de l’agriculture au Maroc met la France à l’honneur cette année. Le thème choisi pour cette édition est "l’eau et la durabilité de l’agriculture".

Organisé sous le haut patronage royal, la ville de Meknès se prépare à accueillir la 17ᵉ édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM) du 21 au 27 avril 2025 sur le thème « Agriculture et monde rural : l’eau au cœur du développement durable », annonce un communiqué du commissariat du Salon.

Le choix du thème de cette édition intervient dans un contexte marqué par les défis liés aux changements climatiques et la forte tension sur les ressources en eau, confrontant l’agriculture au défi de produire plus avec moins d’eau et de manière durable et compétitive, poursuit la même source.

Et d’ajouter que la bonne gouvernance de l’eau, facteur essentiel à l’équilibre des filières agricoles et des territoires ruraux, sera au cœur des conférences scientifiques qui seront organisées, avec pour objectif de croiser les expertises et d’explorer des pistes et alternatives concrètes pour une agriculture plus résiliente, capable de répondre aux défis climatiques et de préserver l’équilibre de l’écosystème agricole, à même d’assurer une souveraineté alimentaire durable du pays.

L’édition 2025 du SIAM accueillera la France en tant que pays à l’honneur.

Installé sur une superficie couverte de 12,4 hectares, le SIAM sera structuré autour de douze pôles thématiques consacrés aux produits du terroir, à l’élevage et intrants d’élevage, au machinisme agricole, à l’agro-alimentaire, à l’agrofourniture, à l’agri-digital, à la nature et environnement, à l’international, aux régions du Royaume, aux institutionnels et sponsors, et abritera un espace dédié aux conférences.