OCP : le résultat d’exploitation en progression de 56% en 2022

Le groupe affiche un chiffre d’affaires record de 114,6 MMDH en 2022, en hausse de 36% par rapport à l’année précédente.

Le management du groupe a commenté ces résultats opérationnels remarquables : « Le Groupe a enregistré une performance opérationnelle et financière exceptionnelle soutenue par la hausse des prix de ses produits dans toutes les catégories, ainsi qu’à ses efforts constants pour optimiser ses coûts de production et son efficacité opérationnelle. Avec une marge d’EBITDA de 44%, OCP se positionne en tête de l’industrie, reflétant ses principaux atouts concurrentiels, à savoir sa flexibilité industrielle, son agilité commerciale et ses actions continues pour maintenir son leadership en termes de coûts. »

Le chiffre d’affaires de la Roche a augmenté de 51% d’une année sur l’autre, principalement en raison de l’amélioration des prix, dans un contexte de baisse des volumes d’exportation vers les principales régions importatrices.

Le chiffre d’affaires de l’acide phosphorique a affiché une légère hausse de 1% d’une année sur l’autre, la baisse des volumes d’exportation, principalement vers l’Europe et l’Inde, ayant largement compensé la hausse des prix de l’acide phosphorique.

La baisse des volumes de vente vers l’Inde s’explique principalement par l’évolution du mix produit en faveur des engrais et du report des importations d’acide phosphorique au deuxième trimestre.

Pour les engrais, le chiffre d’affaires a augmenté de 44% par rapport à l’année dernière, grâce à la hausse des prix de vente, qui a compensé l’impact de la baisse des volumes d’exportations. Les conditions économiques moins favorables des agriculteurs liées à la hausse des prix, ayant entraîné une baisse de la demande mondiale.

La marge brute du groupe progresse de 27,4% à 70,4 MMDH. Une hausse que le groupe explique par « l’amélioration des prix de vente ayant largement contrebalancé la hausse des coûts de matières premières, notamment, l’ammoniac et le soufre ».

L’EBITDA a enregistré une hausse de 38% d’une année sur l’autre, pour s’établir à 50 076 millions de dirhams contre 36 269 millions de dirhams en 2021. L’amélioration des prix de vente, ainsi que l’efficacité opérationnelle du Groupe, se sont traduites par une marge d’EBITDA de 44%.

Le résultat d’exploitation s’est élevé à 40,4 MMDH, en hausse significative par rapport aux 25,8 MMDH réalisés l’année dernière.

Les dépenses d’investissements ont totalisé 20 MMDH, au-dessus des 13,1 MMDH réalisés en 2021.

L’endettement financier net s’est élevé à 51 MMDH avec un ratio de levier financier de 1,02x au 31 décembre 2022, qui se compare à 1,24x, affiché à fin décembre 2021.

En termes d’investissement, le Groupe OCP a annoncé le lancement de la seconde phase de son programme d’investissement, qui prévoit un investissement d’environ 13 milliards de dollars sur la période 2023-2027. Il repose sur l’augmentation des capacités minières et de production d’engrais, tout en s’engageant à atteindre la neutralité carbone d’ici 2040. Ce programme d’investissement vise à augmenter la capacité de production de 12 millions de tonnes d’engrais actuellement à 20 millions de tonnes d’ici 2027. De plus, il prévoit une extension des capacités minières via l’ouverture d’une nouvelle mine à Meskala, ainsi que l’installation d’un nouveau complexe de production d’engrais à Mzinda.

Voici les objectifs du groupe dans le cadre de son plan d’investissement à horizon 2027 :

Banques : le déficit de liquidité à 80,9 MMDH en 2022 (BAM)

Cette aggravation est en lien essentiellement avec la progression de la circulation fiduciaire, explique la Banque Centrale dans ce rapport publié à l’issue du premier Conseil de BAM au titre de l’année 2023.

Au quatrième trimestre de 2022, le besoin en liquidité des banques s’est situé à 87,8 MMDH en moyenne hebdomadaire, contre 91,7 MMDH un trimestre auparavant, fait savoir la même source.

Dans ces conditions, la Banque a réduit le montant de ses injections à 102,5 MMDH, dont 50,5 MMDH sous forme d’avances à 7 jours, 26,8 MMDH à travers les opérations de pensions livrées, 25,1 MMDH au titre des opérations de prêts garantis accordés dans le cadre des programmes de soutien au financement de la très petite, petite et moyenne entreprises (TPME) et 40 millions de dirhams (MDH) sous forme de swap de change, précise BAM.

La duration moyenne résiduelle des interventions de la Banque est passée de 44,7 jours à 45,1 jours et le taux interbancaire est demeuré aligné sur le taux directeur à 2,06% en moyenne, un niveau intégrant la décision du Conseil de la Banque de relever en décembre le taux directeur de 50 points de base.

Au niveau du marché des bons du Trésor, les taux ont poursuivi leur augmentation au quatrième trimestre aussi bien sur le marché primaire que secondaire. Durant les mois de janvier et février, la tendance haussière des rendements s’est maintenue, sur les deux marchés, en particulier pour les maturités moyenne et longue.

Le coût de financement des banques a enregistré une légère progression par rapport au troisième trimestre.

Dans le même sens, sur le marché de la dette privée, les taux assortissant les émissions des certificats de dépôt se sont inscrits en hausse au quatrième trimestre.

Pour ce qui est des taux créditeurs, ils ont connu une augmentation trimestrielle de 17 points de base (pbs) à 2,24 % en moyenne pour les dépôts à 6 mois et de 18 pbs à 2,57% pour ceux à un an. Dans ces conditions, le coût de financement des banques a enregistré une légère progression par rapport au troisième trimestre.

Les dernières données disponibles relatives au mois de janvier indiquent des hausses mensuelles des taux créditeurs de 4 points de base à 2,28% pour les dépôts à 6 mois et de 20 points à 2,87% pour ceux à un an.

S’agissant des taux débiteurs, les résultats de l’enquête de Bank Al-Maghrib auprès des banques relatifs au quatrième trimestre de 2022 indiquent une augmentation trimestrielle de 26 points de base du taux moyen global à 4,5%. Par secteur institutionnel, les taux assortissant les prêts aux entreprises ont progressé de 26 points à 4,30%, reflétant des hausses de 26 points de base de ceux des facilités de trésorerie et de 24 points de ceux des prêts à l’équipement.

Les taux appliqués aux crédits aux particuliers, ont pour leur part augmenté de 39 points, avec une hausse de 13 points pour les crédits à l’habitat et une quasi-stabilité pour les prêts à la consommation.

Sonasid : une bonne résilience en 2022 grâce à l’efficacité opérationnelle et à la fibre d’acier

Le groupe a organisé, le 20 mars, une conférence de presse à Casablanca pour présenter ses résultats 2022.

Une année qui a été jalonnée de challenges pour le sidérurgiste, qui a dû faire face à une forte contraction sur le marché de la construction, notamment le logement social qui consomme 15.000 tonnes de rond à béton par mois, du fait de l’inflation persistante.

Le groupe affiche en 2022 un chiffre d’affaires en croissance de 10% à 4 851 MDH, parvenant à maintenir son EBITDA à 303 MDH en 2022, en progression de 1% par rapport à l’année précédente, ce qui représente 6% du chiffre d’affaires annuel. Un résultat obtenu grâce notamment à la bonne exécution du programme stratégique, axé sur le renforcement de la compétitivité, l’optimisation des coûts fixes et le développement de nouveaux relais de croissance, qui a permis de maîtriser l’impact de la contraction du marché de la construction.

Le RNPG est ressorti en baisse de 20% à 86 MDH, en raison de la baisse des volumes et d’un impact non récurrent lié à la réévaluation de l’ensemble des actifs et passifs d’impôts différés (selon la norme IAS12), dans le cadre de la hausse de l’impôt sur les sociétés prévue par la loi de finances 2023. Dans la même lignée, le dividende recule de 21% à 30 dirhams par action au titre de l’année 2022.

Un retrait de la demande amorti par de bonnes performances opérationnelles et un bon dynamisme de la fibre d’acier

Malgré un bon effet prix, durant l’année 2022, le groupe a subi une forte contraction de la demande durant le second semestre. « Dans ce contexte, Sonasid a connu une année 2022 compliquée, notamment avec l’arrêt de la construction des logements sociaux qui consomment 15.000 tonnes par mois de rond à béton. Cela s’est vu sur la baisse dans la consommation de ciment l’an dernier. Grâce à notre stratégie de performance opérationnelle, nous avons pu amortir ce choc et maintenir notre EBITDA à niveau. C’est aussi le fruit de nos nouveaux projets comme la fibre d’acier », souligne le directeur général du groupe, Ismaïl Akalay. Le directeur financier, Youssef Hbabi, a précisé que la contraction du marché avait compté pour 60 MDH et l’effet de change négatif avait pesé pour 31 MDH en 2022.

Le groupe a en effet lancé son projet de fibre d’acier, dont la production et les premières ventes ont été réalisées en décembre 2022 dans son usine de Nador. « Il était prévu que cette production démarre au 4e trimestre, mais il y a eu des retards causés par l’équipementier qui devait nous livrer les équipements », explique le DG. Une partie de cette fibre, dont la majorité est destinée à l’export, a été vendue, notamment à la France, dans le cadre de la réalisation du métro parisien. « Nous participons à la construction de ce métro avec la fibre d’acier. Nous avons également exporté en Afrique du Sud et alimenté le marché local avec des industriels qui construisent des usines », précise Ismaïl Akalay.

La directrice marketing et commerciale du groupe, Assia Baraka, a d’ailleurs confirmé cette bonne dynamique export, avec une ambition de réaliser d’ici 3 ans 15% du chiffre d’affaires total du groupe à l’export, dont 5% représentés par la fibre d’acier. Cette année, la fibre jouera son rôle de relai de croissance grâce à un effet d’année pleine avec une capacité de production de 20.000 tonnes par an.

Le groupe entend aussi développer de nouveaux projets de développement d’acier à forte valeur ajoutée pour doubler son EBITDA d’ici 2025. « Nous avons commencé avec la fibre et avons d’autres projets que nous lancerons cette année. Nous avons l’ambition de nous appuyer sur notre centre de recherche et sur la transformation des nuisances de la sidérurgie en valeur ajoutée, comme la poussière d’acier. Tout cela permettra l’amélioration opérationnelle de nos usines », explique Ismaïl Akalay. Le groupe compte également appuyer cela à travers des investissements importants de l’ordre de 140 MDH à 150 MDH cette année.

La dynamique en 2023 pourrait être boostée par l’annonce des aides aux logements

Le directeur général confiait que l’année 2023 avait commencé comme s’est terminée l’année 2022. Une demande assez faible est perceptible, notamment du fait de l’arrêt du logement social. « Le logement social est quasiment à l’arrêt du fait de la hausse des matériaux de construction. Nous sommes tous dans l’attente de l’annonce de l’aide aux primo-acquéreurs des logements sociaux. Si cela est annoncé, je pense que ce sera une très bonne nouvelle », note le DG du groupe.

Parallèlement, des annonces d’investissements ont été faites sur l’infrastructure. « Le ministre a annoncé que 45 MMDH seront dépensés cette année ; nous surveillons donc la situation et serons au rendez-vous pour profiter de cette opportunité », poursuit Ismaïl Akalay.

Le groupe pourra aussi profiter du retrait des produits turcs du marché marocain cette année, notamment du fait de la catastrophe engendrée par le séisme. « Erdogan a annoncé un besoin de 4 millions de tonnes d’acier pour reconstruire ce qui a été détruit lors du séisme. Cela conduira donc la production turque vers son marché domestique et non vers l’exportation. Nous aurons donc un niveau de produits sidérurgiques turcs très faible cette année », explique le directeur général.

Le groupe compte également profiter de son acier vert pour s’offrir des opportunités d’export au sein de l’Union européenne, à l’arrivée effective de la taxe carbone en 2026.

Une préparation à la mise en place de la taxe carbone

Dès juillet 2022, le directeur général du groupe nous informait que Sonasid allait bénéficier d’un processus de certification de son acier vert par un bureau en Europe, du fait que le groupe produit son acier à partir d’énergie renouvelable à 85%.

La directrice marketing et communication a expliqué durant la conférence que « dès la fin de cette année, il faudra déclarer les émissions de carbone par produit. Entre 2023 et 2025, il s’agira simplement d’une déclaration des émissions et à partir de 2026, des droits seront appliqués en fonction des émissions de carbone ». Le groupe est en cours de certification auprès de l’institut technique du Luxembourg, qui a commencé à faire le compte des émissions de CO2 du groupe. « Ce travail théorique est terminé, nous attendons un second certificateur qui devrait venir sur le terrain. Nous espérons être certifiés courant de cette année », explique le dirigeant.

Le groupe cherche également à atteindre les 100% d’énergie renouvelable avec l’installation de 4 MWh, notamment avec l’installation, dans un premier temps, du parc photovoltaïque de Nador en juillet dernier.

Échanges Maroc-Espagne : un record historique en 2022 et un partenariat appelé à s’intensifier

Malgré deux ans de crise, les échanges économiques et commerciaux entre les deux pays n’ont pas cessé d’augmenter, maintenant l’Espagne au rang de premier partenaire du Maroc, et ce depuis neuf ans. Les chiffres des neuf premiers mois de 2022 confirment cette tendance.

L’Espagne reste le premier client et fournisseur du Maroc

Selon les données des douanes espagnoles pour la période de janvier à septembre 2022, les exportations vers le Maroc ont enregistré un nouveau record historique avec une valeur de 11,748 milliards d’euros, soit 23,6 % de plus que les 9,5 MM d’euros réalisés en 2021.

Des chiffres qui font de l’Espagne, selon l’Office des changes, le premier fournisseur étranger de biens et de services du Maroc, avec une part de marché de 14% de ses importations totales, suivi de la Chine (10,4%), la France (10,36%), les Etats-Unis (7,36%) et enfin l’Arabie saoudite (6,41%).

En 2022, le Maroc a occupé la 9e la place parmi les dix meilleurs clients de l’Espagne, en acquérant 3% de ses exportations totales. Il s’est classé 3e des pays hors UE, après les Etats-Unis et le Royaume-Uni, et devant la Chine qui reçoit 2,1% des exportations espagnoles.

Sachant que durant l’année écoulée, les importations espagnoles en provenance du Maroc ont représenté une valeur de 8,692 MM d’euros, soit 19,1 % de plus qu’en 2021, l’Espagne a été le premier client commercial du Royaume en recevant 19,9% de ses exportations totales.

Les autres clients du Maroc sont issus du marché français (19%), indien (6,27%), brésilien (5,11%) et italien (4,17%).

Un taux de couverture commerciale toujours en faveur de l’Espagne

Avec des exportations en hausse de 12,4 % par rapport à celles réalisées en 2019, la tendance en termes de couverture des flux commerciaux reste en faveur de l’Espagne.

En effet, les échanges commerciaux entre l’Espagne et le Maroc ont enregistré un taux de couverture de 127,55% en 2017, 122,86% en 2018, 122,55% en 2019, avant de tomber à 116% en 2020. La forte baisse du taux cette année-là montre que les exportations marocaines vers l’Espagne, notamment agricoles, ont moins souffert de l’impact du Covid que les importations.

Après quoi, la tendance s’est inversée avec une augmentation plus rapide des exportations espagnoles vers le Maroc que celle des importations, faisant évoluer le taux de couverture à 130,12% en 2021 et à 135% en 2022, toujours en défaveur de la balance commerciale marocaine.

Les produits les plus demandés 

Concernant la liste des produits échangés, les exportations espagnoles vers le Maroc se composaient principalement de combustibles, carburants et lubrifiants (36,7%), d’équipements, de composants et d’accessoires automobiles (26,4%), de tissus et textile pour la confection et l’habillement (19,8%), et de matériel électronique (18%).

De son côté, le Maroc a exporté du matériel électronique (20,8%), des produits de confection féminine (17,3%), des équipements, composants et accessoires automobiles (23,8%), et des produits issus de la mer : mollusques, crustacés congelés, séchés ou conservés (6,4%).

L’Espagne et la France toujours en tête du podium des échanges commerciaux

Selon les données communiquées par le bureau économique et commercial de l’ambassade d’Espagne à Rabat, l’Espagne et la France ont représenté ensemble 67,9% des importations de l’UE en provenance du Maroc, et environ 57% des exportations européennes vers le Maroc.

Pour la neuvième année consécutive, l’Espagne reste le premier importateur de l’UE en provenance du Maroc, avec une part de marché de 39,6%. Elle est suivie de la France avec 28,3%, l’Italie, l’Allemagne et la Belgique.

Ces chiffres s’expliquent par la proximité géographique, mais aussi par la qualité des relations économiques bilatérales qui devraient se renforcer après le récent forum d’affaires Maroc-Espagne, tenu en marge de la réunion de haut niveau des gouvernements des deux pays.

Un tiers des investissements ibériques vont au Maroc

En effet, une importante représentation d’hommes d’affaires des deux pays a participé à cet événement qui a drainé 400 opérateurs issus de secteurs comme l’automobile, l’énergie et le textile.

Interrogé par Médias24, le responsable du bureau commercial nous a confié que l’investissement espagnol au Maroc était important pour son pays, qui espère accroître davantage son volume.

Selon lui, le nombre d’entreprises ibériques désireuses d’investir au Maroc a augmenté de 5,8% en 2022 pour s’établir à un total de 18.673 entreprises, dont 6.274 ont été des exportateurs réguliers, avec un niveau de vente équivalent à celui des trois années précédentes.

« Notre présence au Maroc est essentielle, car plus d’un tiers de nos investissements directs en Afrique vont au Maroc (1,945 MM d’euros en 2020), dans des secteurs fortement générateurs d’emplois comme le textile, le tourisme et l’agriculture », explique notre source en précisant que les chiffres remarquables résultent de l’accumulation d’un grand nombre de petits investissements.

Doubler les crédits pour les entreprises marocaines

A partir des données du registre du commerce espagnol, il indique que 674 sociétés espagnoles détiennent au moins 10% de leur capital dans des sociétés de droit marocain, et que 529 sociétés de droit marocain sont des filiales de sociétés espagnoles qui possèdent plus de 50% de leur capital.

Pour soutenir la présence de ses investisseurs au Maroc à travers différents instruments financiers bilatéraux, l’Espagne a convenu, lors de la réunion de haut niveau, de doubler les fonds disponibles pour le Maroc pour les porter à 800 millions d’euros dans le cadre d’un protocole financier actualisé.

« Un levier financier qui permettra au Maroc de maintenir sa position prioritaire de voisin unique et privilégié, de partenaire stratégique international et d’ami de l’Espagne », conclut notre source.

Sans l’intervention de l’État, la pauvreté et les inégalités se seraient aggravées en 2022 (Banque mondiale)

Bien que l’inflation ait érodé le pouvoir d’achat des citoyens, les pouvoirs publics ont tenté d’en réduire l’impact. Mais dans quelles proportions a-t-elle accentué la pauvreté et la vulnérabilité ? Et les mesures gouvernementales, notamment les subventions et aides, ont-elles réussi à préserver ce pouvoir d’achat et à limiter l’aggravation de la pauvreté ?

Autant de questions auxquelles la Banque mondiale apporte des éléments de réponse dans son dernier rapport de suivi de la situation économique au Maroc.

Dans une analyse des inégalités de l’inflation au Maroc, on apprend qu’une absence de subvention du gaz, du blé, du transport et du sucre aurait entraîné 5,9 points de pourcentage d’inflation supplémentaires en 2022. Le chiffre émane du ministère des Finances.

Cet effort substantiel de l’Etat comprend essentiellement : 42 MMDH de subventions explicites sur les prix (gaz, sucre et blé) ; 5 MMDH d’appui financier à l’ONEE ; et un soutien direct aux opérateurs de transport (estimé à 4,4 MMDH). Globalement, cela représente près de 3,5 % du PIB.

Cette subvention a effectivement protégé une part du panier de consommation global de la flambée des prix ; sans elle, le taux d’inflation global aurait certainement été sensiblement plus élevé, affirme la Banque mondiale. Selon ses estimations, cela a permis la stabilisation des prix pour 22% du panier de consommation.

Vers un ciblage des aides

Certes, ces subventions ont joué un rôle protecteur en contenant l’augmentation de la pauvreté et des inégalités induites par l’inflation, comme le confirment les simulations de la Banque mondiale. « Si le gouvernement avait décidé de ne pas augmenter l’allocation budgétaire aux subventions des prix pour répondre au choc, la pauvreté et l’inégalité auraient augmenté de 1,5 et 2,0 pp supplémentaires. »

Cela dit, l’impact de cet effort gouvernemental aurait pu être plus important et encore plus efficace. La raison ? Les subventions aux prix tendent à profiter de manière disproportionnée aux ménages les plus riches, précise la Banque mondiale.

Pour cette dernière, le système actuel de subvention explicite des prix, qui inclut les produits alimentaires primaires (sucre et blé) et le GPL, est « progressif en termes d’incidence relative ». Cela signifie que « la part des dépenses consacrée aux produits subventionnés est plus élevée pour les ménages les plus pauvres. Cependant, la plupart des ressources mobilisées par l’État pour les soutenir profitent aux plus riches ».

En 2021, les ménages les plus aisés ont reçu en moyenne 1,9 fois le montant par habitant reçu par les plus pauvres.

Une prise de conscience existe sur cette problématique, dont la solution consiste à passer d’un système de subvention aux prix vers un ciblage des aides (RSU). Cette réforme actuellement engagée devrait aboutir entre 2023 et 2024 par la généralisation des allocations familiales, dans le cadre d’une réforme plus large du système de santé et de la protection sociale.

L’inflation impacte davantage les plus pauvres…

Par ailleurs, le rapport analyse l’impact de l’inflation sur les différentes couches sociales. Il conclut sans surprise que la hausse des prix affecte davantage les plus pauvres.

« Les ménages les plus pauvres ont souffert de manière disproportionnée de la récente poussée inflationniste, qui a été sensiblement plus élevée pour eux en raison du poids plus important des aliments dans leur panier de consommation », note la Banque mondiale.

Evidemment, les paniers de consommation des ménages pauvres et riches diffèrent sensiblement. Les plus pauvres sont plus exposés à l’inflation des prix de l’alimentation, dont la hausse a été remarquée en 2022, du logement et des services publics.

Les ménages plus aisés sont davantage touchés par la hausse des prix des transports et de la santé et biens divers, sachant que les prix des deux derniers postes n’ont pas augmenté l’année dernière.

… et le rural plus que l’urbain

Ainsi, selon les calculs de la Banque mondiale, l’inflation moyenne annuelle a été de 5,9% pour les plus pauvres, quand elle n’était que de 4,8% pour les plus riches. Cet écart d’inflation s’est creusé avec le temps (+2,1 points de pourcentage en octobre 2022).

En plus d’être confrontés à des prix plus élevés, les ménages les plus pauvres ne disposent pas de larges possibilités pour ajuster leurs comportements de consommation, car ils disposent de moins de ressources, notamment actifs, épargne ou soldes de précaution, ajoutent les économistes de la Banque mondiale.

Pour l’institution internationale, les zones rurales semblent connaître un taux d’inflation global plus élevé en 2022 par rapport aux centres urbains (6,1 contre 5,0%), contrairement aux années précédentes où l’inflation rurale était plus faible.

Accroissement de la pauvreté et de la vulnérabilité

Conclusion : la Banque mondiale estime que la pauvreté aurait pu augmenter de 2,1 points de pourcentage (pp) en 2022, passant de 3,4% à 5,5% en raison de la poussée inflationniste.

Les zones les plus touchées sont les zones rurales, où l’incidence de la pauvreté aurait pu augmenter de 6,7% à 10,6,% par rapport aux centres urbains.

De même, la vulnérabilité augmente à 14% (+3,6 pp). Les simulations montrent également que l’inflation a accru les inégalités, telles que mesurées par le coefficient de Gini (+0,1).

Les simulations montrent que si le gouvernement avait décidé de ne pas augmenter l’allocation budgétaire aux subventions des prix, la pauvreté et l’inégalité auraient augmenté de 1,5 et 2,0 pp supplémentaires.

La Banque mondiale note tout de même dans son rapport que « la pauvreté et les inégalités pourraient être mal mesurées, voire sous-estimées dans le cas du Maroc en 2022″, en raison du manque de données précises.

Elle explique qu’ »en l’absence d’enquêtes fréquentes auprès des ménages, les indicateurs de pauvreté et d’inégalité sont souvent mis à jour à l’aide des taux d’inflation généraux, principalement collectés dans les zones urbaines et calibrés sur la moyenne des paniers de consommation des ménages, ce qui conduit à une estimation inexacte de l’évolution du bien-être d’une année sur l’autre ».

L’institution appelle donc le HCP à envisager d’étendre la collecte des prix aux zones rurales ou de calculer un autre indicateur de prix à haute fréquence permettant un meilleur suivi de la pauvreté (et de l’insécurité alimentaire), le dernier point étant essentiel pour les régimes de protection sociale adaptifs reposant sur des programmes pouvant être renforcés ou réduits en fonction des besoins.

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Radioscopie de l’emploi en 2022 : les femmes et les jeunes, grands exclus du marché du travail

On y retrouve les grands maux qui rongent le secteur de l’emploi ainsi que les priorités qui devraient être suivies. Parmi ces maux : la faiblesse et la baisse lente mais continue du taux d’activité ; ainsi que la faible qualité de l’emploi dont une part trop importante relève de l’informel. Ainsi, 3 salariés sur 5 travaillent dans l’informel.

Jusqu’à fin 2022, le caractère informel de l’emploi empêchait l’accès des travailleurs et leurs familles à la protection sociale et aux soins de santé. C’est dire l’importance – historique – de la généralisation de la couverture santé, entrée en vigueur début janvier 2023. Cette réforme couvrira ultérieurement l’accès à la retraite.

Les femmes et les jeunes sont également les maillons faibles du marché. Le taux d’inactivité des femmes, qui se situe entre 70% et 80%, est extrêmement élevé et empêche la population féminine d’accéder à des revenus, et donc à une forme d’indépendance.

Sur une population évaluée à 36,9 millions de personnes (horloge de la population du HCP, février 2023), la population en âge d’activité atteint 27,5 millions de personnes. Les autres sont soit trop jeunes, soit trop âgés pour en faire partie.

Sur ce total, le nombre de personnes actives (celles qui travaillent ou qui cherchent un travail), tourne autour de 12,2 millions de personnes depuis quelques années (avec des fluctuations notamment en période de Covid).

Sur ces 12,2 millions de personnes, 10,7 millions étaient pourvues d’un travail fin 2022. 1,4 million de personnes étaient au chômage.

15,3 millions de Marocains exclus du marché du travail

Ainsi, 15,3 millions de personnes sont en dehors du marché de travail : en âge de travailler, elles ne travaillent pas et ne cherchent pas d’emploi.

Qui sont ces 15,3 millions de Marocains exclus du marché du travail ?

Essentiellement des femmes et des jeunes :

– près de trois quarts d’entre eux (73,1%) sont des femmes ;

– 68,8% résident en milieu urbain ;

– plus de la moitié (51,1%) n’ont aucun diplôme ;

– 44,9% sont âgés de 15 à 34 ans.

Le marché du travail au Maroc n’est pas inclusif, surtout pour les femmes et les jeunes. Le HCP et la Banque mondiale attirent l’attention sur ce point depuis quelques années.

Le profil des personnes qui travaillent

Le portrait des actifs occupés montre que :

– plus de la moitié (52,6%) sont salariés ;

– 30,3% indépendants ;

– 12,3% aides familiaux ;

– 2,1% employeurs.

Les « Services » demeurent le premier pourvoyeur d’emplois, avec 47,4% des actifs occupés ; 32,9% d’entre eux exercent dans la branche du commerce, suivi de l’ »Agriculture, forêt et pêche », avec 29,3%. L’ »Industrie » est donc le grand absent, d’où la pertinence de la nouvelle politique d’industrialisation du Maroc, visant à créer 500.000 emplois et à investir 550 milliards de DH par le secteur privé.

Près de la moitié des actifs occupés (51,2%) n’ont aucun diplôme ; 10,7% occupent des emplois occasionnels ou saisonniers, 12,8% exercent des emplois non rémunérés et 26,5% bénéficient d’une couverture médicale liée à l’emploi (46,7% pour les salariés) et 9% sont en situation de sous-emploi.

 

En 2022, parmi les 27,5 millions de personnes en âge d’activité (les 15 ans et plus), 12,2 millions sont actives, ce qui correspond à un taux d’activité de 44,3%.

En plus de la faible participation à la vie économique, le taux d’activité est caractérisé par une baisse structurelle depuis le début des années 2000. Ce taux a enregistré une baisse annuelle moyenne de 0,3 point entre 2017 et 2019, et de 1 point en 2020, année de propagation de la Covid-19, avant d’enregistrer une hausse de 0,5 point en 2021, s’établissant ainsi à un niveau avoisinant celui d’avant-pandémie, puis une baisse de 0,9 point en 2022.

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Une part importante de la population adulte reste exclue du marché du travail

Avec un effectif de 11,2 millions personnes, les femmes en dehors du marché de travail représentent 80,2% de la population féminine en âge de travailler (81,7% en milieu urbain et 77,2% en milieu rural).

D’autre part, parmi les 5,9 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans, 15,4% exercent un emploi (905.000 personnes), 7,4% sont à la recherche d’un emploi (439.000), alors que 77,2% sont en dehors du marché du travail (4,6 millions). Les trois quarts des jeunes en dehors du marché du travail (77%) sont des élèves ou étudiants, et 19,6% sont des femmes au foyer.

Plus d’un jeune sur quatre âgé de 15 à 24 ans (25,2% ou 1,5 million), au niveau national, ne travaille pas, n’est pas à l’école et ne suit aucune formation (NEET). Près de 72,8% d’entre eux sont des femmes, avec 40,6% qui sont mariées, et 68,2% d’entre eux ont un diplôme.

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En plus de leur faible participation à la vie active, reflétée par un taux d’activité de 22,8% en 2022, les jeunes souffrent de la persistance d’un niveau élevé de chômage. Le taux de chômage s’élève à 32,7% parmi les jeunes de 15 à 24 ans, contre 13,2% pour les personnes âgées de 25 à 44 ans, et 3,3% pour les personnes âgées de 45 ans ou plus. Ce taux culmine à 61,4% parmi les jeunes diplômés de niveau supérieur.

Une création nette d’emplois insuffisante

L’économie marocaine n’a pas réussi à générer suffisamment d’emplois pour absorber l’augmentation de la population en âge de travailler. Celle-ci a connu une hausse en moyenne de près de 400.000 personnes, alors que l’économie a créé en moyenne 121.000 postes au cours des trois dernières années ayant précédé la crise sanitaire liée à la Covid, et elle a perdu 432.000 postes d’emploi en 2020 pour ensuite créer 230.000 postes d’emploi en 2021 et perdre 24.000 emplois en 2022.

S’agissant du taux d’emploi, après une hausse de 0,3 point entre 2020 et 2021, passant de 39,4% à 39,7%, il a reculé de 0,6 point pour se situer à 39,1% au niveau national en 2022.

Ce taux a augmenté de 0,2 point en milieu urbain (de 35,1% à 35,3%) et a baissé de 1,9 point en milieu rural (de 48,4% à 46,5%). Il a baissé parmi les hommes (-0,3 point) et parmi les femmes (-1 point).

Le taux d’emploi des jeunes de 15 à 29 ans a atteint 25% en 2022 (contre 25,4% en 2021). Le taux d’emploi des personnes de 30 à 44 ans a légèrement baissé de 0,7 point pour atteindre 54,1%, contre 54,8% une année auparavant.

Les Services et l’Agriculture, forêt et pêche, premiers pourvoyeurs d’emplois de l’économie nationale

La répartition des actifs occupés selon le secteur d’activité montre que le secteur des « Services » se situe en première position avec 5.099.000 personnes et une part de 47,4%, suivi de l’ »Agriculture, forêt et pêche » avec 3.149.000 personnes (29,3%), de l’ »Industrie, y compris l’artisanat », avec 1.289.000 personnes (12%) et, enfin, des « BTP » avec 1.209.000 personnes (11,2%)[1].

Parmi les 5.099.000 personnes exerçant dans le secteur des « Services », 32,9% relèvent de la branche du commerce, 12,1% des services sociaux fournis à la collectivité et 11,9% du transport, entrepôts et communications.

Les statuts du salariat et de l’emploi indépendant prédominent

Plus de la moitié (52,6%) des actifs occupés sont des salariés (contre 51,8% une année auparavant), 30,3% des indépendants (contre 29,6%), 12,3% des aides familiales (contre 13,7%) et 2,1% des employeurs (contre 2,2%).

Les professions les plus exercées sont les professions des « artisans et ouvriers qualifiés des métiers artisanaux » avec 19,6%, des « ouvriers et manœuvres de l’agriculture et de la pêche » (17,8%) et des « manœuvres non agricoles, manutentionnaires et travailleurs des petits métiers » (16,5%).

Niveaux  d’instruction plus élevés dans les Services et l’Industrie

En 2022, un peu plus de la moitié (51,2%) des actifs occupés n’ont aucun diplôme, 31,8% ont un diplôme de niveau moyen[2]et 17% un diplôme de niveau supérieur[3].

Selon le secteur d’activité, la part des actifs occupés ayant un diplôme supérieur est de 28,8% dans les « Services », 17,7% dans l' »Industrie, y compris l’artisanat » et de 7,2% dans les « BTP ».

Niveau d’inégalité par secteur

En 2022, un peu plus du quart des actifs occupés (26,5%) bénéficient d’une couverture médicale liée à l’emploi, 38,3% dans les villes et 9,4% à la campagne.

Les actifs occupés exerçant dans l’ »Industrie, y compris l’artisanat » enregistrent le taux de couverture médicale le plus élevé avec 46,3%, suivis de ceux relevant du secteur des « Services » (37,9%), des « BTP » (12,4%) et de l’ »Agriculture, forêt et pêche » (5,4%).

La part des actifs occupés affiliés à un régime de couverture médicale s’améliore nettement au fur et à mesure que le niveau de diplôme s’élève. Elle passe de 11,8% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme à 72,2% parmi celles ayant un diplôme supérieur.

Un peu moins de la moitié (46,7%) des salariés bénéficient d’une couverture médicale assurée par l’employeur, 53,9% en milieu urbain et 26,4% en milieu rural, 59% parmi les femmes et 43,6% parmi les hommes. Pour les auto-employés, cette part est de 5,5%.

Un actif occupé sur quatre (25,8%) est affilié à un système de retraite, 37,9% en milieu urbain et 8,1% en milieu rural. Le taux de couverture par un système de retraite est plus élevé parmi les femmes que les hommes, respectivement 30,6% et 24,5%.

Par ailleurs, près de la moitié des salariés (48,8%) disposent d’un contrat formalisant leur relation avec l’employeur. Cette part s’élève à 62,3% parmi les femmes contre 45,3% parmi les hommes.

Les travailleurs dans les « BTP » et l’ »Agriculture, forêt et pêche » enregistrent les taux les plus faibles de contractualisation, 18,3%  et 20% respectivement. Alors que, les travailleurs dans « l’Industrie, y compris l’artisanat » et les « Services » sont contractualisés à hauteur de 61,6% et 60,6% respectivement.

Près d’un actif occupé sur dix (10,7%) exerce un emploi de type occasionnel ou saisonnier, 14,4% en milieu rural et 8,2% en milieu urbain. Ces parts étaient respectivement de 10,5%, 13,9% et 8% en 2021.

Près de 12,8% des actifs occupés exercent un emploi non rémunéré ; les ruraux (27,8%) davantage que les citadins (2,5%), et les femmes (33,6%) davantage que les hommes (7,2%). Les personnes n’ayant aucun diplôme sont également plus touchées par l’emploi non rémunéré avec 16,9%, contre 11,5% pour celles ayant un diplôme moyen et 2,8 pour celles ayant un diplôme supérieur.

Sous-emploi en baisse

Il est à rappeler que le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a atteint 972.000 personnes, 520.000 personnes dans les villes et 452.000 à la campagne. Le taux de sous-emploi est passé de 9,3% à 9% au niveau national, de 8,8% à 8,1% en milieu urbain, et de 10% à 10,4% en milieu rural.

Les catégories ayant connu les baisses les plus importantes du taux de sous-emploi sont les personnes âgées de 35 à 44 ans (-0,7 point), les hommes (-0,5 point) et les citadins (-0,7 point).

Selon la profession, le taux de sous-emploi des commerçants et des intermédiaires commerciaux a connu la baisse la plus importante de 6,6% en 2021 à 5,0% en 2022 (‑1,6 point), suivi des employés (-1,0 point) et des manœuvres non agricoles, des manutentionnaires et travailleurs des petits métiers (-0,9 point).

Les secteurs ayant connu une forte baisse du sous-emploi sont les « BTP » avec -1,4 point (de 17,8% à 16,4%), les « Services » avec -0,9 point (de 8,0% à 7,2%), et l’ »Industrie, y compris l’artisanat » avec -0,3 point (de 6,5% à 6,2%).

Selon le type de sous-emploi, la part du sous-emploi lié à la durée de travail[4] a connu, entre 2021 et 2022, une baisse de 0,9 point passant de 45,8% à 44,9%. A l’inverse, le sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé a augmenté au cours de la même période, de 54,2% à 55,1%.

Dans ce contexte, la population active occupée en situation de sous-emploi lié à la durée de travail a atteint, en 2022, 437.000 personnes au niveau national contre 459.000 une année auparavant. Le taux correspondant est passé de 4,3% à 4,1% au niveau national, de 4,9% à 5,1% à la campagne et de 3,8% à 3,3% dans les villes.

Enfin, la population active occupée en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé est passée, au niveau national, de 543.000 personnes en 2021 à 535.000 en 2022. Le taux correspondant a ainsi stagné à 5% au niveau national, passant de 5% à 4,8% en milieu urbain et de 5,1% à 5,2% en milieu rural.

Source : HCP

[1] La différence par rapport au volume total de l’emploi concerne les activités non désignées.
[2] Les diplômes de niveau moyen regroupent les certificats de l’enseignement primaire, du secondaire collégial et les diplômes de qualification ou de spécialisation professionnelle.
[3] Les diplômes de niveau supérieur regroupent le baccalauréat, les diplômes de techniciens ou de techniciens spécialisés et les diplômes d’enseignement supérieur (facultés, grandes écoles et instituts).

[4] Conformément aux recommandations du BIT, le sous-emploi est constitué, selon l’approche de l’Enquête nationale sur l’emploi, de deux composantes, la première liée au nombre d’heures travaillées, et la deuxième à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé.

Crise du lait : baisse de la production de 11% et du cheptel bovin laitier de 5% en 2022 (ministère)

La Commission des secteurs productifs à la Chambre des représentants s’est réunie mardi dernier pour discuter de plusieurs thèmes ayant trait aux départements de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts. Parmi les points à l’ordre du jour figuraient l’état de la filière laitière, ses difficultés actuelles et les mesures mises en place pour les surmonter. Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture, a présenté un rapport sur la filière en réponse à une question posée par la majorité.

90% des éleveurs disposent de moins de dix vaches

Ce rapport, consulté par Médias24, démontre que la filière laitière a été frappée de plein fouet par la crise du Covid-19, la sécheresse et la hausse des prix des aliments composés.

Les chiffres dévoilés par Sadiki font état d’une baisse de 5% du cheptel bovin laitier, qui est passé à 1,67 million de têtes à fin 2022, contre 1,7 million en 2021.

Avant la mise en place du contrat-programme lait, le cheptel bovin laitier était de 1,49 million de femelles reproductrices (en 2003). Depuis 2008, ce nombre a connu un accroissement important, passant de 1,61 million de têtes pour se stabiliser autour de 1,8 million de têtes depuis 2015.

Le nombre de têtes est reparti à la baisse depuis début 2021. Il a chuté à 1,72 million de têtes, puis à 1,67 million en 2022. Ce cheptel est détenu par 260.000 éleveurs, dont 90% disposent de moins de dix vaches.

Le cheptel bovin laitier a donc évolué de 22% entre 2003 et 2020, avant d’accuser une baisse de 10% entre 2020 et 2022. En deux années, pas moins de 150.000 têtes ont été perdues.

Le Royaume connaît un retour au niveau antérieur à l’établissement du contrat-programme de la filière laitière, perdant ainsi une douzaine d’années de travail acharné.

96% de la demande en lait et produits laitiers satisfaite en 2022

La baisse du cheptel a entraîné une baisse de 11% de la production de lait. Celle-ci s’élève à 2 milliards de litres en 2022, contre 2,25 milliards de litres en 2021 et 2,5 milliards de litres en 2020.

Plus en détail, la production de lait se situait aux alentours de 1,5 milliard de litres en 2003. Ce chiffre, qui a continué à grimper pour se stabiliser à près de 2,55 milliards de litres par an entre 2017 et 2019 – après la mise en place du contrat-programme de la filière lait- connaît une baisse depuis 2020. Durant cette année, la production s’est élevée à 2,5 milliards de litres, avant de baisser à 2,25 milliards de litres en 2021 puis à 2 milliards de litres en 2022.

La production de lait a donc progressé de 66% entre 2003 et 2019, mais a enregistré une baisse de 20% entre 2020 et 2022.

Selon le rapport, malgré sa baisse, la production en 2022 a contribué à la garantie de la sécurité alimentaire du pays, puisque près de 96% de la demande des citoyens en lait et produits laitiers a été satisfaite. Il a également précisé que la consommation s’élevait à 75 litres par personne par an.

Rappelons par ailleurs que 90% de la production de lait est concentrée au niveau de cinq régions, à savoir Casablanca-Settat, Marrakech-Safi, Rabat-Salé-Kénitra, Souss-Massa et Béni Mellal-Khénifra.

Pour ce qui est des aliments composés, la production s’élève à un million de tonnes par an, au niveau de 43 unités de production.

Baisse de 30% de la collecte de lait

Après avoir présenté la situation actuelle de la filière laitière, Mohammed Sadiki a expliqué ce qui l’a engendrée. Il a tout d’abord évoqué la sécheresse, qui a grandement impacté le secteur agricole avec ses différentes composantes, mais aussi le faible taux d’insémination artificielle durant la pandémie du Covid, ayant entraîné une baisse du nombre de vaches productrices de lait.

La filière a également été affectée par d’autres facteurs :

– la chute de la demande suite à la baisse du pouvoir d’achat, qui a poussé les industriels à baisser la quantité de lait collectée auprès des éleveurs ;

la hausse de 40% des prix des aliments composés, qui a entraîné la hausse du coût de production, alors que le prix de vente du litre de lait aux industriels est resté quasi stable ;

– les aliments composés représentant 70% du coût de production de lait, de nombreux éleveurs ont sacrifié leurs vaches laitières pour l’abattage, car l’activité n’était plus rentable ;

la baisse de 20% de la production de lait, suite à la baisse de la productivité des vaches et de leur nombre ;

– la stabilité du prix de vente du litre de lait aux industriels a poussé les éleveurs à se tourner vers l’informel, ce qui a entraîné une baisse de 30% de la collecte de lait ;

la cherté du lait en poudre à l’international (passant de 25 DH/kg à 50 DH/kg) a poussé les industriels à utiliser une partie du lait frais collecté dans la production des produits dérivés du lait.

Une 4e tranche de subvention d’aliments composés prévue en février

Pour faire face à l’hémorragie dans cette filière, de nombreuses mesures ont été mises en place par le ministère de l’Agriculture, à leur tête la subvention et la distribution d’aliments composés. Deux premières tranches ont eu lieu entre mars et septembre 2022. Elles ont connu la distribution de 1,6 million de quintaux. Une troisième tranche a eu lieu entre novembre 2022 et février 2023, avec la distribution de 476.000 quintaux, et une quatrième démarre au cours de ce mois. Le ministère prévoit de distribuer 476.000 quintaux d’aliments.

La deuxième mesure mise en place par le ministère a trait à la subvention des génisses importées, à raison de :

– 3.000 DH par tête pour les trois premières génisses importées ;

– 5.000 DH par tête, de quatre à dix génisses importées ;

– 2.500 DH par tête à partir de la onzième génisse importée.

En 2022, un total de 5.000 génisses ont été importées.

Le ministère a également subventionné la production locale des génisses, à hauteur de 4.000 DH par tête. Il a aussi interdit l’abattage des vaches laitières de moins de 4 ans, et a subventionné l’importation du lait en poudre et du beurre, qui sont à présent utilisés dans la production des produits dérivés du lait. Selon le ministère, le quota d’importation s’élève à 20.000 tonnes de poudre de lait et à 6.000 tonnes de beurre, subventionnés à hauteur de 300 millions de DH, au profit des industriels.

Par ailleurs, le ministère a exonéré la TVA sur les tourteaux et fourrages simples destinés à l’alimentation du bétail, notamment le foin et la luzerne séchée.

Enfin, il a préparé un projet d’arrêté déterminant les spécifications techniques de production, d’importation, de détention et de commercialisation des semences animales congelées, ainsi que les conditions pratiques d’insémination artificielle selon les types d’élevage. Le texte est en cours d’examen au niveau du Secrétariat général du gouvernement.

 

LIRE AUSSI :

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https://medias24.com/2022/09/22/les-eleveurs-laitiers-appellent-a-la-contractualisation-des-relations-avec-les-transformateurs-prives/

Cour de cassation : les principaux arrêts de 2022 (CSPJ)

L’ouverture de l’année judiciaire 2023 a été officiellement annoncée lors de la cérémonie du 6 février, durant laquelle le président-délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), M’hammed Abdennabaoui, a non seulement exposé les principaux chiffres de 2022, mais aussi, comme à l’accoutumée, les arrêts majeurs de la même année.

Transformation du legs en héritage sous condition

En matière de legs et d’héritage, la Chambre civile de la Cour de cassation a estimé que « le legs à plusieurs personnes, selon un pourcentage précis pour chacune d’elles, se transforme en héritage après avoir désespéré de retrouver l’un des légataires ».

Le sujet relatif à la généralisation du testament et à l’abandon des conditions qui l’entourent fait l’objet des revendications visant à réviser le Code de la famille, en particulier les dispositions de son livre VI consacré au système successoral.

(Dossier civil n°3205/1/1/2022)

« La présentation du pass vaccinal ne porte pas atteinte à la liberté »

Depuis 2020, de nombreuses mesures restrictives ont été imposées par les autorités pour lutter contre la propagation du coronavirus, dont la présentation du pass vaccinal pour accéder à certains lieux, notamment les administrations, mais aussi pour quitter le territoire national. Celle-ci a été perçue, par une partie des citoyens, comme une atteinte à leur liberté. Des protestations ont même été organisées, et certaines, menées par les robes noires, ont conduit à la paralysie des tribunaux.

A ce sujet, la Chambre administrative de la plus haute juridiction du Royaume a tranché : « Imposer le pass vaccinal pour les déplacements et les accès aux administrations, aux établissements, etc., constitue une mesure momentanée et urgente pour ne pas aggraver la situation sanitaire et protéger la vie des individus. » La prise de cette décision « revient au gouvernement » et « ne constitue pas une atteinte aux droits et libertés ».

(Dossier administratif n° 5710/4/1/2022)

Décisions de restrictions : aucune obligation de publication

Dans un arrêt, la même chambre a considéré que « les décisions émanant du gouvernement visant la lutte contre la propagation de la pandémie du Covid (interdire les déplacements, imposer le port du masque, arrêter certaines activités commerciales, etc.) sont des mesures émises dans le cadre de l’article 3 du décret 2.20.292 en tant que texte législatif permettant au gouvernement de prendre de telles décisions et mesures, sans l’obliger à les publier de manière précise ou dans le Bulletin officiel. Ce qui signifie que l’on ne peut désigner la décision du chef du gouvernement visant à ne pas les publier au Bulletin officiel comme étant illégale ».

(Dossier administratif n° 1003/4/1/2022)

LIRE ÉGALEMENT : Le gouvernement objet d’un recours contre la non-publication des mesures d’urgence sanitaire au B.O

Pas de recours en annulation pour les décisions politiques et diplomatiques

La Chambre administrative a également rendu un arrêt concernant « les décisions à caractère politique et diplomatique émanant du gouvernement marocain dans le cadre des relations internationales ». Selon elle, ces décisions « ne sont pas considérées comme des décisions émanant de l’autorité administrative, mais en tant qu’actions politiques qui ne font pas partie des actions administratives passibles de recours en annulation ».

(Dossier administratif n° 4147/4/1/2022)

Violences faites aux enfants : une faute grave pour l’enseignant

La Chambre pénale de la Cour de cassation a considéré, dans l’un de ses arrêts de 2022, que « la violence exercée par un enseignant sur un élève est une violation de la Convention des droits de l’enfant et constitue une faute grave conformément à l’article 39 du Code du travail ».

(Dossier pénal n°21370/6/6/2022)

Une justice impartiale et indépendante

Pour garantir un procès équitable, la Chambre pénale de la Cour de cassation a décidé de soumettre une affaire à une juridiction autre que celle dans laquelle travaille la partie civile, réclamant des dommages-intérêts.

Selon la plus haute juridiction du Royaume, la saisine d’une juridiction impartiale est « l’une des garanties d’un procès équitable et du droit de la défense dont tout le monde jouit ».

(Dossier pénal n°6356/6/1/2022)

1,25 milliard de dirhams pour le programme Forsa en 2023

Intervenant lors d’un point de presse à l’issue du Conseil de gouvernement jeudi 2 février, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a précisé que le nombre de bénéficiaires de ce programme a atteint 168.256 personnes, et que le nombre de dossiers complets s’est élevé à 73.000.

Plus de 40.600 projets ont profité d’un accompagnement de la part des incubateurs, plus de 14.800 personnes ont bénéficié des formations e-learning et 10.013 porteurs de projets ont été financés au titre de l’année 2022.

Selon le ministre, ces projets financés ont porté principalement sur les services (31%), le commerce (22%), le tourisme et l’artisanat (17%), l’agriculture (16%), l’innovation et la technologie (4%), et l’énergie, la logistique et l’environnement (2%).

Concernant la répartition spatiale, la même source a fait savoir que la proportion des projets financés en milieu urbain a atteint 80% contre 20% en milieu rural. Ils proviennent principalement de la région de Casablanca (16%), Marrakech (13%) et Rabat et Fès (12% chacune).

Évoquant les changements prévus lors de la deuxième édition dudit programme au titre de l’année 2023, le ministre a indiqué qu’il y aura un changement en matière de gouvernance.

Dans ce sens, il a souligné qu’un total de 10.000 projets seront accompagnés et financés en 2023 et qu’une enveloppe financière estimée à 1,25 milliard de dirhams (MMDH) sera allouée au programme Forsa, en plus de l’octroi d’un prêt d’honneur qui pourra aller jusqu’à 100.000 DH, dont 10.000 DH en subventions.

Pourquoi les crédits de trésorerie ont-ils connu une forte hausse en 2022 ?

Les derniers chiffres des statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib montrent que les comptes débiteurs et crédits de trésorerie sont, en 2022, en hausse de 16% par rapport à l’année précédente, soit 36 MMDH pour atteindre un encours de près de 262 MMDH.

L’évolution mensuelle montre une légère baisse de l’encours entre octobre et novembre, passant de 268 MMDH à 259 MMDH, suivie par une hausse à fin décembre.

Cette augmentation reste remarquable comparée aux autres types de crédits, comme ceux à l’habitat, à l’équipement ou à la consommation, qui ont connu des rythmes de progression plus contenus en 2022, respectivement de 2,7%, 8,8% et 3,9%.

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Trois raisons à la hausse du BFR des entreprises

Cette hausse, en 2022, a été provoquée par différents facteurs, dont évidemment l’inflation. C’est particulièrement le cas des sociétés importatrices. Une entreprise a recours à un crédit de trésorerie pour financer généralement son besoin en fonds de roulement, qui est en hausse.

« Les prix des matières premières ont flambé à cause de l’éclatement de la guerre en Ukraine. Cela est venu se répercuter sur les lignes de financement des entreprises. Que ce soient les hydrocarbures, les céréales ou les métaux, tout a été impacté à la hausse. Pour acquérir ces biens et services, il faut donc débourser plus, ce qui pèse sur la trésorerie », explique une source bancaire.

L’autre facteur responsable du recours aux crédits de trésorerie est, selon notre source, l’allongement des délais de paiement. « Il y avait déjà une problématique à ce sujet dans le pays, mais la crise n’a rien arrangé. Je pense que la détérioration de la trésorerie des entreprises provient également de l’allongement de ces délais de paiement, notamment à cause de la demande atone dans certains secteurs en raison de la détérioration du pouvoir d’achat », poursuit notre source.

Une forte reprise de certains secteurs pourrait également expliquer l’augmentation de ce besoin en fonds de roulement. En 2022, cela a été le cas pour le secteur touristique notamment. « Je crois aussi que la hausse des recours aux crédits de trésorerie est liée au fait que certains secteurs ont redémarré fortement, en particulier le tourisme. Il s’agit donc d’une hausse du volume d’activité qui engendre un besoin de trésorerie », souligne encore notre interlocuteur.

Le secteur du tourisme a en effet connu une année très dynamique. Les derniers chiffres à fin novembre 2022 témoignent d’une progression de 12% des recettes touristiques par rapport à une année normative comme 2019. Elles atteignaient 87 MMDH contre seulement 32,2 MMDH à fin novembre 2021. Sur la période, le solde excédentaire des voyages se situait à 67 MMDH, presque multiplié par trois par rapport à fin novembre 2021.

Football : les transferts ont rapporté 96 millions de dirhams aux clubs marocains en 2022

En 2022, les clubs marocains professionnels de football ont réalisé 124 transferts sortants (ventes de joueurs), représentant un revenu total de 9,4 millions de dollars (96 millions de dirhams environ), selon un rapport de la Fifa. En contrepartie, ces clubs ont réalisé 147 transferts entrants (achats de joueurs), soit une dépense de près de 800.000 dollars.

Le Raja Casablanca est le seul club marocain à s’être classé parmi les dix premiers clubs en Afrique en matière de dépenses liées aux transferts, à la 9e place. Il occupe aussi la 7e place des clubs africains en termes de nombre de transferts sortants.

Au niveau mondial, la valeur totale des transferts s’est fixée à 6,5 milliards de dollars, dont 1,24 milliard concerne des clauses conditionnelles. Un montant élevé, supérieur à celui de 2021 qui plafonnait alors à 4,86 milliards de dollars, mais inférieur à celui de 2019 qui avait atteint un record de 7,35 milliards de dollars.

C’est la France qui se classe première en termes de revenus de transferts sortants avec un total de 740 millions de dollars, ce qui consacre sa politique de formation. Elle est suivie de l’Allemagne (639M), de l’Italie (618M), de l’Angleterre (600M) et du Portugal (580M).

En ce qui concerne les transferts entrants, c’est l’Angleterre qui décroche la première place, avec le montant faramineux de 2,2 milliards de dollars. Elle est suivie loin derrière par l’Italie avec 673 millions de dollars. L’Espagne, dont les clubs phares traversent une crise financière, ne se classe qu’à la troisième place avec 592 millions de dollars. La France (545M) et l’Allemagne (538M) complètent le top 5.

Les clubs anglais parmi les plus dépensiers au niveau mondial en 2022

Le top 10 des clubs dépensiers au niveau mondial en 2022 est dominé par les clubs anglais, au nombre de sept. Manchester United s’est classé premier, suivi du FC Barcelone, de Liverpool, du Bayern Munich, de Newcastle, de West Ham, de Wolverhampton, du Paris Saint-Germain, de Manchester City et des Leeds United.

Le top 10 des transferts les plus importants en termes de montant est également dominé par les clubs anglais (5). Néanmoins, le transfert du Français Aurélien Tchouaméni vers le Real Madrid est considéré comme le plus cher de 2022. Il est suivi de Darwin Nunez (vers Liverpool), d’Antony (Manchester Utd), de Casemiro (Manchester Utd), de Matthijs de Ligt (Bayern Munich), de Ferran Torres (FC Barcelone), d’Erling Haaland (Manchester City), d’Alexander Isak (Newcastle), de Luis Diaz (Liverpool) et de Raphinha (FC Barcelone).

Fait notable, l’année 2022 a connu la plus forte augmentation jamais enregistrée du nombre de transferts, soit un peu plus de 11,6% par rapport à 2021. C’est aussi la première fois que plus de 20.000 transferts internationaux de joueurs professionnels masculins ont été enregistrés, dont 2.843 transferts payants.

En 2022, les dépenses de compensation ont atteint 42 MMDH

Le ministère de l’Economie et des finances a publié la situation des charges et des ressources du Trésor à fin décembre 2022.

Il ressort que le déficit budgétaire s’est établi à 69,5 MMDH ou 5,1% du PIB, en amélioration de près de 0,4 point de PIB, comparativement aussi bien aux réalisations de 2021 qu’aux prévisions de la loi de finances 2022.

Globalement, les recettes ordinaires progressent plus rapidement que les dépenses ordinaires. A fin décembre, elles augmentent de 18,8% par rapport à 2021, à 304,3 MMDH.

Concernant les recettes non fiscales, elles étaient à 48,6 MMDH à fin décembre 2022, en hausse de près de 29% ou 11 MMDH en valeur. Les recettes en provenance des EEP ont progressé de 22,7% à 13,1 MMDH, dont 6,5 MMDH versées par l’OCP, 4 MMDH par l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie, 786 MDH par Maroc Telecom et 738 MDH par Bank Al-Maghrib.

Les recettes fiscales, quant à elles, progressent de 17,4% à 252 MMDH. Elles ont notamment été poussées par la hausse des recettes de l’IS, en augmentation de 40% par rapport à 2021 à 62,4 MMDH. Celles de l’IR ont évolué de 8,1% à 48 MMDH. Les recettes de TVA ont augmenté de 15,2% à 75 MMDH à fin 2022.

Les dépenses ordinaires progressent de 14,5% à 373,8 MMDH, poussées notamment par l’explosion des dépenses de compensation, en progression de 92% d’une année sur l’autre. Elles franchissent la barre des 42 MMDH.

Notons que durant le dernier mois de l’année, les dépenses de compensation ont explosé par rapport au mois précédent. Fin novembre, elles franchissaient la barre des 30 MMDH. Cela signifie que, sur un mois, les charges de compensation ont bondi de près de 12 MMDH.

Ci-dessous, le détail de l’évolution des recettes et des dépenses du Trésor.