Record de chaleur océanique en 2023, perturbant la multiplication des sardines (INRH)

À l’occasion de la tenue de la 30e session de son conseil d’administration, l’Institut national de recherche halieutique (INRH) a dressé un bilan de ses activités en 2023, ainsi qu’un aperçu de certaines réalisations majeures du premier semestre 2024. Il couvre de nombreux domaines d’intervention de l’INRH, notamment l’océanographie, la pêche, l’aquaculture, la recherche et développement (R&D) en biotechnologie et génie alimentaire, et le suivi environnemental.

Il ressort de ce bilan que l’année 2023 a été marquée par un record de chaleur océanique, perturbant les processus océaniques et biologiques tels que la dynamique reproductive de la population de sardines marocaines. Les effets de ces perturbations sur le secteur halieutique étant préoccupants, l’INRH a intensifié ses efforts de recherche, de suivi et de monitoring scientifique, apprend-on auprès de l’Institut.

Plus de 70 campagnes océanographiques réalisées en 2023

Concernant les réalisations notables au titre de l’année 2023, l’INRH mentionne avoir mené plus de 70 campagnes océanographiques et d’évaluation des stocks halieutiques au large et sur le littoral, ainsi que 316 campagnes d’échantillonnage de surveillance environnementale réparties sur 137 stations le long du littoral marocain.

À cela s’ajoutent également la classification et la surveillance sanitaire de 38.504 hectares de zones conchylicoles, et la mise en œuvre d’une dizaine de projets prêts à l’emploi en R&D aquacole et en valorisation et transformation des produits de la mer. « Ces efforts reflètent l’engagement du Royaume du Maroc à promouvoir une recherche halieutique de pointe, visant la durabilité du secteur et le développement d’une économie bleue performante et durable », souligne l’INRH.

Alignée avec l’Initiative royale pour l’Atlantique visant à renforcer la coopération et l’intégration en Afrique, la coopération Sud-Sud a aussi constitué un volet majeur du bilan de l’INRH qui a mené des campagnes de prospection écosystémique inédites au Liberia et au Bénin, renforçant ainsi la coopération scientifique halieutique, le transfert des connaissances et le développement des capacités régionales.

Akdital : les bénéfices doublent en 2023, dividende de 6 dirhams par action

Le groupe affiche un chiffre d’affaires consolidé de 1.907 MDH, en hausse de 89% par rapport à 2022. Cette bonne performance reflète à la fois la réussite de son plan de développement et la consolidation du positionnement de ses entités historiques.

L’EBITDA progresse de 80% à 511 MDH et le résultat net consolidé double pour atteindre de 198 MDH. Le nombre d’admission passe de 216.493 en 2022 à 401.533 patients.

Fin d’année 2023, le groupe compte 2.300 lits.

En ligne avec sa stratégie de développement, Akdital prévoit de renforcer sa présence au Maroc en ouvrant en 2024 une quinzaine de nouveaux établissements pour porter son réseau à 36 établissements, créant ainsi 1.430 nouveaux lits et offrant des opportunités d’emploi directs à plus de 2900 professionnels. En ciblant stratégiquement des villes comme Errachidia, Dakhla, Khouribga et Taroudant, le groupe s’implante dans des régions présentant un besoin critique en soins de santé, renforçant ainsi son rôle en tant que partenaire-clé dans l’amélioration de l’accès aux soins de qualité au Maroc.

Un dividende de 6 dirhams par action sera proposé au titre de l’année 2023.

Le cash en circulation progresse de 39 MMDH en 2023

La circulation fiduciaire progresse nettement en 2023. C’est ce que montrent les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib, avec un encours total de 393,4 milliards de dirhams en circulation.

En 2023, le cash en circulation a progressé de près de 11%, soit près de 39 MMDH en valeur.

Les dépôts bancaires augmentent de 32 MMDH en 2023

En 2023, les dépôts bancaires à caractère monétaire ont progressé de 2,8%. Ils s’élèvent à 1.165,3 MMDH. Sur une année, les dépôts ont progressé de 45,4 MMDH.

Dans le détail, les dépôts à vue auprès des banques ont progressé de 6,8% sur 12 mois glissants. Ils se fixent à 812,1 MMDH, en hausse de 51,6 MMDH en valeur.

Les dépôts à terme ont quant à eux fortement baissé en 2023, de 11,3% à 115,1 MMDH.

 

Medias24
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4 millions de salariés déclarés au régime général de la CNSS en 2023

Le bilan des réalisations de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS) en 2023 pour le régime général est le suivant :

– le nombre des salariés déclarés est passé de 3,7 millions en 2022 à 4 millions en 2023 ;

– augmentation de la masse salariale atteignant 204,4 milliards de DH en 2023 contre 185 MMDH en 2022 ;

– hausse des cotisations recouvrables atteignant 30,8 MMDH en 2023 contre 28 MMDH en 2022 ;

– un taux de recouvrement des cotisations de 93% ;

– augmentation des revenus suite au recouvrement forcé atteignant 4,25 MMDH en 2023 contre 3 MMDH en 2022 ;

– augmentation du montant des indemnités dues atteignant 6,28 MMDH en 2023 contre 26 MMDH en 2022 ;

– réalisation de 8.364 missions d’inspection et de surveillance réglant la situation de 115.000 salariés. La masse salariale réglée à la suite de ces missions s’élève à 3,5 MMDH.

9,8 millions de salariés bénéficiaires de l’AMO en 2023

Voici le bilan relatif à l’AMO pour la catégorie des salariés :

– augmentation des cotisations recouvrables atteignant 10,8 MMDH en 2023 contre 9,2 MMDH en 2022 ;

– nombre de bénéficiaires atteignant les 9,8 millions de personnes ;

– augmentation du montant des indemnités dues atteignant 7,6 MMDH en 2023 contre 6,5 MMDH en 2022.

Pour la catégorie des professions libérales, des travailleurs indépendants et des travailleurs non salariés :

– le nombre des principaux assurés relevant de catégorie a atteint 1,9 million de personnes en 2023 ;

– les cotisations obligatoires ont augmenté, atteignant 3,4 MMDH en 2023 contre 3,1 MMDH en 2022 ;

– le montant des indemnités dues a augmenté, atteignant 1,3 MMDH en 2023 contre 500 MDH en 2022.

Plan d’action CNSS 2024-2026

Le plan d’action de la CNSS 2024-2026, tel que révélé ce vendredi 26 janvier par la CNSS, s’appuie sur les axes suivants :

– renforcement des efforts pour généraliser la protection sociale ;

– accélération de la poursuite de la numérisation ;

– amélioration de la qualité des services ;

– réforme du système de recouvrement et lutte contre la fraude sociale ;

– poursuite de la lutte contre la fraude en vue d’obtenir des indemnisations et contrôle des dépenses de l’assurance maladie obligatoire ;

– développement des systèmes financiers et comptables ;

– amélioration du capital humain ;

– poursuite du renforcement de la communication aux niveaux interne et externe.

La SNRT célèbre les meilleurs sportifs de 2023

Ainsi, la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT) a consacré, dans la catégorie féminine, Khadija El Mardi en tant que meilleure sportive en 2023 pour avoir raflé la médaille d’or aux championnats mondial et africain de boxe. Dans la catégorie masculine, c’est Soufiane El Bakkali qui remporte le titre de meilleur sportif grâce à sa médaille d’or au 3.000 mètres steeple lors du championnat du monde d’athlétisme.

Quant aux deuxième et troisième rangs, ils sont respectivement occupés dans la catégorie masculine par Abdelali Gina, gagnant de la médaille d’or au championnat du monde des arts martiaux et au championnat africain, et par Mathis Soudi, qui a remporté la médaille de bronze au championnat du monde de slalom en canoë-kayak.

Dans la catégorie féminine, la deuxième place est occupée par Fatima Zahra Abou Fares, médaillée d’or au championnat du monde des arts martiaux. Elle est talonnée par Soumaya Iraoui, gagnante de la médaille d’or au championnat d’Afrique de judo.

La SNRT a également remis des prix d’excellence à une élite de sportifs marocains en reconnaissance de leurs réalisations distinguées en 2023. Il s’agit de Issam Charai, coach de l’équipe nationale de foot U23, Saïd Chiba, entraîneur de la sélection nationale de foot U17, Hicham Dkik, coach de l’équipe nationale de futsal, Ghizlane Chebbak, capitaine de l’équipe nationale féminine de foot, Yahia Atyat Allah, joueur du WAC et de la sélection nationale, et Walid Regragui, sélectionneur national.

Voici le bilan 2023 de la DGSN et ses projets pour 2024

Voici les principales réalisations de la DGSN en 2023 :

> 13 nouvelles structures policières

La DGSN a mis en place 13 nouvelles structures de sécurité au cours de l’année 2023 : il s’agit du 5e district de police de Rabat, de l’arrondissement de police Ryad, du 24e arrondissement de police relevant de la Préfecture de police de Marrakech, ainsi que de la création de l’unité mobile de police de secours à la préfecture de police de Kénitra, de deux brigades cynotechniques dans les villes de Kénitra et Larache, et d’un groupement mobile pour le maintien de l’ordre dans la ville de Settat.

Il s’agit également de l’inauguration de l’unité mobile de police de secours à la préfecture de police de Kénitra, en opération permanente, qui a marqué une avancée significative. Composée d’équipes mobiles de motards et de véhicules de secours, cette unité répond efficacement aux appels de secours des citoyens, assurant une intervention rapide.

> Plus de 19 millions d’appels d’urgence traités

Au cours de cette année, les salles de commandement et de coordination ont traité un total de 19.722.041 appels d’urgence via la ligne téléphonique 19, entraînant 867.042 interventions sur la voie publique. Parallèlement, les unités mobiles d’urgence de la police ont engagé 448.256 interventions sur la voie publique.

Dans le même contexte, les brigades en uniforme ont effectué 494 patrouilles mobiles et piétonnes sur la voie publique, totalisant ainsi 529.164 interventions sur le terrain, allant de l’interpellation de personnes impliquées dans des affaires criminelles à l’établissement de procès-verbaux d’infractions au code de la route et de la circulation, en passant par le maintien de l’ordre public.

> 32 unités mobiles pour la délivrance de la CNIE

L’année 2023 a été marquée par la mise en place de 32 unités mobiles pour la délivrance et le renouvellement de la carte d’identité nationale électronique.

Il s’agit de véhicules équipés de deux plateformes pour enregistrer les données d’identification des citoyens au profit de la population des régions géographiquement éloignées et des zones rurales montagneuses sur le territoire national. Le nombre total de bénéficiaires de ce service mobile a atteint 128.451 personnes.

Un total de 4.269.781 cartes d’identité nationale électronique de nouvelle génération ont été émises. En outre, un total de 348.070 cartes d’identité nationale électronique ont été émises au profit des membres de la communauté marocaine résidant à l’étranger, dont 45.739 délivrées à des enfants mineurs. Il s’agit également de 1.552.306 fiches anthropométriques, 43.807 titres de séjour pour les étrangers, 20.031 visas d’accès au territoire national et 2.246 titres de séjour exceptionnels de nouvelle génération.

L’année a été marquée par le début de la généralisation du réseau des télécommunications unifiées de la police, qui constitue un réseau très sécurisé composé de fibres optiques reliant 57 villes au niveau national et qui permet de sécuriser les télécommunications et assure le transfert rapide des données afin de répondre aux besoins de gestion des services de sécurité. Le taux de réalisation des travaux dans ce réseau a atteint un stade qui permet de couvrir 19 centres au niveau national.

> Baisse de 10% de la criminalité

La DGSN a poursuivi, au cours de l’année en cours, la mise en œuvre des dispositions de la stratégie de lutte contre la criminalité pour la période 2022-2026. Les résultats de 2023 illustrent une baisse de 10% de l’aspect général de la criminalité et du nombre de cas et d’affaires enregistrés, qui a atteint cette année 738.748 affaires.

Les indicateurs de criminalité violente ont également connu une baisse, les crimes de meurtre et de coups et blessures entraînant la mort ayant reculé de 25%, les agressions sexuelles de 4%, les vols de voitures d’environ 19%, les vols qualifiés de 9% et les vols violents de 6%.

Le taux de la répression, soit le taux de résolution des crimes commis, a continué à enregistrer des niveaux record pour la septième année consécutive, se situant à 95% du total des affaires enregistrées et à environ 92% des crimes violents.

> Drogues : plus de 130.212 personnes arrêtées

L’année 2023 a été marquée par le traitement de 99.513 affaires de drogue et l’arrestation de 130.212 personnes, dont 305 étrangers, alors que les saisies de haschich se sont élevées à 81,175 tonnes, soit une baisse de 17%. Il a aussi été procédé à la saisie de 1,922 tonne de cocaïne, de 6,88 kg d’héroïne et de 1.223.774 comprimés d’Ecstasy et autres substances psychotropes.

Concernant la drogue de synthèse « L’poufa », 575 personnes impliquées dans ce trafic ont été arrêtées, en plus de la saisie de 5,175 kg de cette drogue.

> Hausse de 6% de la cyber-extortion

Les crimes liés aux technologies modernes et à la cyber-extorsion ont enregistré une augmentation de 6%, avec près de 5.969 affaires. Le nombre de contenus utilisés dans ce type d’affaires a atteint 4.070, tandis que celui des mandats internationaux émis s’est établi à 842. Dans le cadre de ces affaires, 874 personnes ont été interpellées et déférées devant la justice.

Pour ce qui est des affaires de sextorsion, les services de la Sûreté nationale ont enregistré, au cours de cette année, 508 affaires, en hausse de 18% par rapport à l’année précédente, alors que 182 personnes, impliquées dans ces actes criminels ayant ciblé 515 victimes dont 109 étrangers, ont été arrêtées.

> Immigration clandestine : 121 réseaux démantelés

Les efforts déployés ont permis la mise en échec des tentatives d’immigration irrégulière de 28.863 personnes, dont 18.820 de diverses nationalités étrangères, le démantèlement de 121 réseaux criminels et l’arrestation de 594 organisateurs et intermédiaires.

> Hausse de 14% des crimes économiques

Quelque 529 affaires liées à la corruption, à l’abus de confiance, au détournement des deniers publics et au chantage ont été traitées, soit une augmentation de près de 14% par rapport à l’année précédente, tandis que le nombre de suspects qui ont fait l’objet d’une enquête dans ces affaires a atteint 693 personnes.

S’agissant des crimes de faux monnayage, d’usage frauduleux des moyens de paiement et de trafic de devises, les services de la Sûreté nationale ont traité, durant l’année en cours, 38 affaires relatives au trafic de devises, 57.980 affaires portant sur des infractions à la législation régissant les chèques, soit une baisse de près de 1,5%.

S’agissant de la procédure d’extradition des criminels, l’année 2023 a connu l’extradition de 54 personnes ayant fait l’objet de mandats d’arrêts internationaux émis par les autorités marocaines, contre 69 personnes en 2022, et la mise en exécution des procédures d’extradition de 48 ressortissants étrangers arrêtés au Maroc et qui ont fait l’objet d’un mandat d’extradition vers les autorités judiciaires des pays les ayant réclamés.

> Sécurité routière : augmentation des accidents urbains de 7%

L’année 2023 a enregistré 85.475 accidents physiques de la circulation dans le périmètre urbain, contre 80.091 accidents similaires au cours de l’année 2022, soit une augmentation de 7%. Cette donnée a eu une répercussion directe sur le nombre total des victimes des accidents de la circulation qui ont fait 993 morts en 2023, contre 834 morts en 2022, auxquels s’ajoutent 4.413 blessés graves et 111.478 blessés légers.

> Plus de 6.000 fonctionnaires recrutés

L’effectif actuel des fonctionnaires de la Sûreté nationale s’élève à 79.830, avec une moyenne d’âge d’environ 40 ans. Cette année, six concours externes ont été organisés pour le recrutement de 6.637 fonctionnaires, dont 30 commissaires principaux, 130 commissaires de police, 250 officiers de police, 50 officiers de paix, 2.050 inspecteurs de police et 4.127 gardiens de paix.

Au cours de cette année, 12.846 fonctionnaires de la police ont bénéficié des programmes de formation professionnelle de la police, dont 52% ont suivi des sessions de formation de base destinées aux nouvelles recrues de la Sûreté nationale, et 21% ont profité de sessions de formation continue, et environ 12% ont suivi des formations spécialisées dans les différents domaines policiers.

Par ailleurs, quelque 216 sessions de formation ont été réalisées aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Maroc dans le cadre des relations de coopération internationale en matière de sécurité au profit de 2.198 fonctionnaires de police.

> Près de 5.000 activités de communication

En 2023, les services de la communication sécuritaire ont mené un total de 4.955 activités de communication, dont 1.488 portent sur des missions d’information, réparties entre communiqués et informations de presse liées aux questions du service de la sûreté et aux crimes qui affectent le sentiment de sécurité, ainsi que la publication de 56 mises au point pour démentir les fake news, outre la réalisation de 2.873 reportages vidéos, en partenariat avec plusieurs chaînes de télévisions et médias nationaux et internationaux.

 Les projets prévus pour 2024

Parmi les projets qui devraient être mis en œuvre au cours de 2024 et qui se trouvent actuellement en phase finale de préparation, il y a lieu de citer la création d’un centre international de formation de police dans la ville d’Ifrane, qui fera office d’institut de formation supérieure au profit des cadres marocains et de leurs collègues en provenance du continent africain.

La DGSN projette également de généraliser les centres d’enseignement des langues dans diverses écoles de formation de police, et de perfectionner les techniques de formation en matière de sécurité dans le sport et la gestion des grandes manifestations et ce, afin de renforcer les capacités de la police et les qualifications des ressources humaines pour qu’elles soient prêtes à l’approche des manifestations sportives mondiales et continentales que le Maroc va abriter en 2025 et 2030.

Dans le but de rapprocher les instituts de formation de la police aux domiciles des stagiaires, hommes et femmes, et dans le cadre de l’accompagnement de la régionalisation, l’année 2024 connaîtra l’ouverture de deux écoles de formation sécuritaire à Casablanca et Marrakech, pour renforcer le dispositif de formation à la sécurité que supervise actuellement l’Institut royal de police à Kénitra et les écoles de formations à Tanger, Oujda, Fès, Bouknadel, Fouarat et Laâyoune.

Dans la continuité du projet de numérisation des services de Sûreté nationale et de leur connexion aux bases de données centrales, l’année 2024 sera celle de la généralisation complète, à l’ensemble des arrondissements de police, du système d’information relatif à la gestion des affaires criminelles et délits. Elle connaîtra aussi la poursuite de la digitalisation des services de la police judiciaire au niveau national, en plus du déploiement des équipes mobiles de délivrance de la carte nationale d’identité électronique au niveau de tous les commandements régionaux.

Il s’agit également de la construction de nouveaux centres de sûreté : un nouveau commissariat de police à Beni Bouaayach, un commissariat au Mausolée Mohammed V à Rabat et au siège du 3e arrondissement de police de Rabat, ainsi que la mise en place de laboratoires régionaux d’analyse des traces numériques au niveau de plusieurs commandements de police, sur le plan décentralisé.

Il est aussi prévu la construction, l’année prochaine, d’une clinique pilote au nouveau siège de la DGSN, lequel approche de la phase d’achèvement. Cette clinique pilote viendra s’ajouter au centre de radiologie et d’analyses médicales de Rabat et aux centres régionaux de santé de la Sûreté nationale, dont la mission consiste à diversifier l’offre de santé proposée à la famille de la Sûreté nationale.

Les services sociaux de la Sûreté nationale sont sur le point d’achever les études relatives à la mise en œuvre des projets de construction de deux centres de vacances à Martil et à Moulay Bouselham.

(Avec MAP)

Bourse : voici un premier bilan 2023 et les secteurs prometteurs l’an prochain

Cette année, la bourse de Casablanca a connu une belle progression par rapport à l’an dernier où le MASI enregistrait un recul important, de près de 20%.

À ce jour, en YTD, le MASI affiche une hausse de 11%. Une performance conduite, tout au long de l’année, par plusieurs facteurs. En cette fin d’année, quel bilan tirer de l’évolution des performances de la cote et quelles sont les perspectives intéressantes qui se dégagent en 2024 ?

Inflation, taux directeur et Coupe du monde

La progression du MASI avait plutôt mal commencé en début d’année. L’indice casablancais avait fléchi en raison de la deuxième hausse du taux directeur fin décembre 2022. « Ce recul du MASI est survenu suite à l’annonce de la deuxième hausse des taux de Bank Al-Maghrib (BAM). La chute s’était amorcée en décembre et avait continué en janvier 2023 », nous rappelle un expert de la place.

L’inflation et le taux directeur ont largement dynamisé le comportement de la bourse cette année 2023. D’ailleurs, fin mars, lors du premier Conseil de BAM de l’année, Léa banque centrale avait opté pour une troisième hausse, dont l’annonce n’a pas provoqué de recul de la bourse. « Cette dernière hausse du taux directeur de BAM avait été largement anticipée, ce qui a rassuré le marché », confirme notre expert.

Par la suite, le tassement progressif de l’inflation a réjoui le marché, entraînant une hausse continue jusqu’au mois d’août.

Plus récemment, le dernier mouvement remarquable est lié à l’annonce de la Coupe du monde (CDM) 2030, organisée par le trio Maroc-Espagne-Portugal. Au lendemain de l’annonce officielle, le MASI connaissait le bond le plus important de son histoire sur une séance. « L’annonce concernant la Coupe du Monde 2030 a suscité une vague d’optimisme et une vision favorable pour le pays et pour la place. Cet optimisme provoquera la relance. Les gens auront plus confiance en la demande future. Le tourisme, les cimenteries, les immobilières et les banques en bénéficieront. En somme, la place financière dans son ensemble ! », nous expliquait alors une source du marché au lendemain de l’annonce.

Mais cette année, quels sont les secteurs ayant conduit la cote à la hausse ?

Banques, immobilières et matériaux de construction : les locomotives de 2023

L’un des secteurs porteurs cette année a été le secteur bancaire, comptant pour une part importante de la capitalisation globale de la cote. En YTD, le secteur surpasse la hausse du MASI avec une progression de plus de 15%. « Cette hausse a surtout été portée par les bonnes performances des bancaires cette année, dans un contexte de hausse des taux. Elles ont affiché une bonne progression de leurs marges d’intérêt et sur commissions, avec également une forte progression des opérations de marché. In fine, leur profitabilité a progressé significativement. 2023 est clairement une année pour les banques », indique une source du marché.

L’un des autres secteurs phares de la cote est celui du bâtiment et des matériaux de construction, regroupant des acteurs porteurs comme les deux principaux cimentiers du pays que sont LafargeHolcim Maroc et Ciments du Maroc. Le secteur affiche une santé solide, avec une hausse de plus de 35% en bourse, principalement portée par les cimentiers.

« Les grands cimentiers ont bien progressé en bourse cette année, et ce, du fait de leur forte résilience financière, malgré le contexte défavorable. Deuxièmement, les perspectives sont réjouissantes, notamment avec la visibilité annoncée sur le secteur immobilier sur la période 2024-2028. Il est clair qu’avec l’annonce de la CDM 2030, il y a aussi un tracé avec des perspectives intéressantes pour la construction d’infrastructures », poursuit notre interlocuteur.

Cette dynamique est également propice pour le secteur immobilier qui affiche les hausses les plus importantes depuis le début de l’année. L’indice en bourse a bondi de plus de 115% sur la période. Il est porté par une hausse notable des revenus des immobilières, notamment Alliances et Addoha. En fin d’année, l’annonce du plan d’aide au logement a également boosté le secteur en bourse.

En 2024, ces secteurs (bâtiments et immobilières, ndlr) affichent encore du potentiel, du fait de la bonne visibilité apportée par le programme quinquennal d’aide au logement, les grands chantiers étatiques et les perspectives de développement à la suite du séisme d’Al Haouz et de la CDM 2030.

TAQA Morocco, une valeur bien positionnée pour l’an prochain

Début décembre, le Maroc concluait avec les Émirats arabes unis un partenariat d’exception sur le plan économique, qui portera sur le développement de plusieurs secteurs, notamment ferroviaire, énergétique, agricole, etc.

Ce partenariat pourrait avoir une forte résonance sur l’économie nationale, notamment pour une valeur de la cote qu’est Taqa Morocco. Selon notre interlocuteur, « le groupe, dont l’actionnaire majoritaire est la ‘Abu Dhabi National Energy Company’ à hauteur de près de 86%, fournit une part non négligeable de l’énergie au Maroc. Il est d’ailleurs de tous les appels d’offres, que cela concerne le dessalement d’eau de mer, l’électricité ou les centrales solaires ».

Le rendez-vous entre le Maroc et les Émirats va sans doute jouer un rôle de catalyseur pour l’entreprise. « Les investissements des Émiratis au Maroc dans le domaine de l’énergie et du renouvelable pourraient être catalysés par Taqa. C’est une des seules valeurs de la cote qui pourrait avoir des retombées directes », souligne notre source.

Il convient de rappeler que le groupe est porteur d’un projet colossal, passé globalement inaperçu fin octobre dernier. En effet, dans le rapport sur le foncier public mobilisé pour l’investissement, il est mentionné que Taqa Morocco est porteur de deux projets pour un montant d’investissement total de 100 MMDH. Il s’agit là d’une estimation globale, sur une durée de 10 à 15 ans, des coûts de développement de projets d’hydrogène sur une superficie de 70.000 hectares. « Ce n’est pas rien, tant en montant qu’en foncier. L’Etat ne va pas prévoir du foncier à ce titre pour rien. Il paraît clair que ce projet se concrétisera, ce qui est énorme », conclut notre source.

De fait, la valeur pourrait afficher de belles couleurs l’an prochain et dispose de plusieurs leviers de croissance, notamment grâce à sa stratégie de verdissement du portefeuille et au développement de projets, notamment dans le but de réduire de 25% son empreinte carbone d’ici 2030.

OMPIC : 64% des entreprises nouvellement créées sont à associé unique

Selon les dernières statistiques de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC), la création d’entreprises en personne physique ou morale, à fin septembre 2023, demeure stable par rapport à la même période en 2022.

Au total, 69.414 entreprises en personne physique ou morale ont été créées sur les neufs premiers mois de l’année. Un niveau très semblable, à quelques dizaines près, au niveau observé à fin septembre 2022. Parmi ces entreprises, 47.523 sont des entreprises en personne morale et 21.891 sont des entreprises en personne physique. Les parts des entreprises en personne morale et celles en personne physique, dans le total des entreprises créées, sont similaires à celles de l’an dernier.

À fin septembre 2023, on observe une démocratisation constante des créations d’entreprises à actionnaire unique, les SARLAU. Elles représentent 64% des entreprises créées contre 35,4% pour les SARL (société à responsabilité limitée, ndlr). Notons qu’il y a dix ans, à fin septembre 2013, 49,7% des entreprises créées étaient des SARL et 47,8% des SARLAU.

Des créations de plus en plus nombreuses dans le secteur des services

En termes de répartition, les créations, à la fin du troisième trimestre 2023, se maintiennent dans les secteurs habituels. Au total, 35,85% des entreprises créées concernent le commerce, 18,63% les services divers, et 17,43% le BTP et les activités immobilières.

Des chiffres qui demeurent globalement alignés sur ceux observés à la même période l’an dernier. Le commerce regroupait 35,8% des créations d’entreprises, suivi des services divers avec une part de 18,2% et enfin le BTP avec 16,68%.

La région Casablanca-Settat rassemble près de 29% des créations d’entreprises

Parmi les 69.414 créations d’entreprises enregistrées, près de 29% se situaient dans la région de Casablanca-Settat. Au total, 19.912 entreprises y ont été créées à fin septembre. La région connaît un dynamisme semblable à celui de la même période l’an dernier, en amélioration d’un point. À la même période en 2022, elle regroupait 27,8% des créations d’entreprises.

La seconde région qui regroupe le plus grand nombre de créations d’entreprises est Tanger-Tétouan-Al Hoceima, avec 10.095 entreprises créées sur la période, soit 14,5% du total. Cette part a très légèrement augmenté par rapport à la même période l’an dernier, où la région du Nord abritait 14% du total des entreprises créées.

En troisième position vient la région de Rabat-Salé-Kénitra avec 8.164 entreprises créées à fin septembre 2023. Un chiffre en nette baisse par rapport à la même période en 2022 où la région captait 9.389 créations, soit un retrait de 13%. Cette région capte 11,7% des entreprises créées à fin septembre contre 13,5% à la même période l’an dernier.

Interview. Nezha Hayat revient sur les grands chantiers de l’AMMC pour 2023

Le 14 mars, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) organisait une conférence pour présenter le nouveau dispositif régissant les conseillers en investissement financier (CIF), à la suite de la publication au Bulletin officiel de la circulaire 01/20 de l’AMMC. L’occasion de revenir avec sa présidente, Nezha Hayat, sur les contours de ce nouveau dispositif, mais aussi les grands chantiers de l’AMMC cette année, comme le nouveau cadre régissant les OPCVM et l’opérationnalisation des fonds de dette. Interview.

 

– Médias24 : Avant le nouveau dispositif régissant l’exercice des conseillers en investissement financier, l’activité était-elle légale ? Qui opérait sur ce secteur d’activité ?

– Nezha Hayat : Le nouveau dispositif régissant l’exercice des conseillers en investissement financier s’inscrit dans le cadre du déploiement de notre plan stratégique triennal 2021-2023, et plus particulièrement nos actions prioritaires 2023, dont le 3e axe consiste justement à accompagner la mise en œuvre des nouveaux marchés et des nouveaux acteurs.

Ce dispositif vient encadrer, pour la première fois, une activité qui était déjà exercée par des professionnels qui accompagnaient les acteurs du marché pour répondre à leurs besoins en termes d’investissement ou de financement sur le marché des capitaux.

En effet, plusieurs opérateurs se sont positionnés sur les diverses activités de conseil financier, qu’ils exerçaient à titre principal ou accessoire à côté d’autres activités, sans faire l’objet d’un encadrement particulier. Les principaux acteurs de ce métier peuvent être classés en catégories distinctes.

D’un côté, les banques d’affaires qui sont adossées à des groupes bancaires ou à des groupes spécialisés dans les activités de marché. Elles se caractérisent par une taille et des moyens relativement significatifs et peuvent avoir des effets de synergie avec les autres entités de leur groupe d’appartenance.

De l’autre côté, les structures indépendantes, qui s’appuient principalement sur l’expérience de leurs fondateurs, et qui fournissent des prestations de conseil et d’accompagnement à un cercle plus restreint de clients, avec lesquels ils entretiennent généralement une relation de confiance et de proximité.

En outre, certaines banques proposent également ces prestations à travers des entités organisationnelles dédiées.

Ces différents acteurs se positionnent sur des activités différentes, couvrant aussi bien le conseil aux entreprises en matière d’ingénierie financière, de transactions capitalistiques et de levée de fonds, que le conseil aux investisseurs pour optimiser leurs portefeuilles financiers.

Ainsi, nous avons une multitude d’acteurs qui exercent une ou plusieurs activités de conseil financier, et qui varient en termes de clientèle ciblée, de services fournis et de moyens mis en place à cet effet.

 

–  Qu’apporte donc ce nouveau cadre légal ? 

– Le nouveau dispositif apporte un encadrement de l’exercice de l’activité de conseil en investissement financier, qui est désormais érigée en profession réglementée, dont l’exercice à titre principal et habituel est réservé uniquement aux personnes morales enregistrées auprès de l’AMMC.

Cela représente une opportunité intéressante pour les acteurs de ce métier qui répondent à certaines conditions de moyens humains, matériels et organisationnels, et qui adoptent les règles déontologiques et de bonnes pratiques professionnelles introduites par le nouveau dispositif.

Ces nouvelles exigences, dont les principes fondamentaux sont déjà appliqués par une grande partie des acteurs de ce métier, visent à structurer le métier de conseiller en investissement financier pour mieux répondre aux attentes des acteurs économiques et participer à la dynamique de développement du marché des capitaux.

Les moyens exigés pour l’enregistrement auprès de l’AMMC seront appréciés selon un principe de proportionnalité, en tenant compte de la taille du conseiller en investissement financier, ainsi que la nature, la complexité et le volume des activités qu’il exerce ou envisage d’exercer.

Aussi, ce dispositif constituera un gage de crédibilité des acteurs enregistrés auprès de l’AMMC et permettra d’améliorer la confiance entre les opérateurs du marché et de renforcer la primauté de l’intérêt du client.

Par ailleurs, ce corps professionnel et réglementé est appelé à contribuer au développement du marché. En effet, d’une part, les CIF enregistrés auprès de l’AMMC conseilleront leurs clients sur les solutions de marché qui répondent de manière optimale à leurs besoins, améliorant ainsi l’attractivité du marché des capitaux. D’autre part, ils devront se regrouper en association professionnelle (l’APCIF) qui leur permettra de participer activement et de manière structurée aux divers chantiers de développement du marché et de la profession.

En ce qui concerne les standards internationaux, nous nous référons en premier lieu aux principes de l’Organisation internationale des commissions de valeurs.

– Il se dit que conformément aux dispositions de la loi n°43-12 relative à l’AMMC et celles du règlement général de l’Autorité, la circulaire a été élaborée en se basant sur les référentiels et standards internationaux en matière d’encadrement des conseillers en investissement financier. Quels sont-ils ?

– En effet, l’alignement de notre arsenal juridique avec les meilleures pratiques internationales est essentiel pour le développement de notre marché et pour son attractivité, notamment pour les investisseurs internationaux. Par ailleurs, nous veillons également à mettre en place des dispositifs adaptés à notre contexte et aux réalités de notre marché. Ainsi, l’AMMC s’assure de mettre en place des règles équilibrées qui répondent à ces deux objectifs.

En ce qui concerne les standards internationaux, nous nous référons en premier lieu aux principes de l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV), qui fournissent des orientations générales sur les composantes d’une régulation efficace des marchés de capitaux, dont la supervision des différents corps professionnels intervenant dans les activités de marché.

Nous regardons ensuite comment ces principes ont été déclinés au niveau de différentes juridictions pour dégager les aspects fondamentaux et communs des dispositifs mis en place, ainsi que les adaptations opérées sur ces marchés. A ce titre, notre benchmark couvre des marchés qui sont assez avancés sur l’aspect qu’on cherche à réglementer et qui, dans la mesure du possible, présentent assez de similitudes avec notre marché sur les plans du corpus légal et réglementaire, des objectifs de développement et des liens entre les opérateurs économiques.

Dans le cas d’espèce, nous nous sommes inspirés du cadre européen et de sa déclinaison au niveau des juridictions nationales de certains pays membres, ainsi que des dispositifs mis en place au niveau de certains marchés anglo-saxons reconnus pour leur efficience. Toutefois, il ne s’agit pas d’importer un cadre tout fait et de l’implémenter sur notre marché. Nous avons veillé à prendre en compte la réalité de notre marché et de nos opérateurs nationaux, notamment en impliquant ces derniers dans la conception du nouveau cadre applicable aux CIF.

En effet, le projet de circulaire relative à cette activité a été ouvert à deux consultations publiques, et plusieurs séances de discussion ont été organisées avec les différentes parties prenantes. Ainsi, le dispositif a été affiné à la lumière de la perspective pratique et des contributions des différents acteurs concernés, ce qui nous a permis d’aboutir à un cadre équilibré, qui s’intègre de manière cohérente avec les différentes réformes engagées pour moderniser et développer notre marché des capitaux.

Je tiens également à souligner que, dans plusieurs juridictions, l’encadrement de cette activité s’est accompagné d’une augmentation considérable du nombre de CIF, et que ceux-ci ont permis de contribuer significativement à élargir et faciliter l’accès aux solutions de financement et d’investissement du marché des capitaux.

 

– Récemment, le projet de loi relatif aux OPCC a été approuvé par le Conseil de gouvernement. Il vise notamment à améliorer l’accompagnement des PME par le capital-investissement. Un objectif chiffré de financement annuel a-t-il été établi pour améliorer l’accompagnement et le financement des PME ?

– Notre plan stratégique 2021-2023 inscrit la facilitation du recours au financement par le marché des capitaux comme premier levier de notre vision stratégique d’un marché des capitaux au service du financement de la relance économique.

Ce levier partait d’un constat de faible recours au marché des capitaux des entreprises, et particulièrement des petites et moyennes entreprises (PME) qui forment l’essentiel du tissu économique marocain.

Nous avons ainsi placé le financement des PME par le marché au cœur de nos priorités pour les années 2022 et 2023, en ciblant plusieurs axes d’intervention. Le premier axe porte sur le développement d’une offre diversifiée de produits de financement par le marché, un second axe vise l’amélioration de l’attractivité du marché par la mise en place d’un cadre réglementaire flexible en ligne avec les meilleurs standards internationaux.

C’est ainsi que nous avons accompagné le ministère de l’Economie et des finances dans l’amendement du cadre légal relatif au capital-investissement, qui représente une réelle alternative de financement pour les PME qui peuvent ainsi renforcer leurs fonds propres en préservant, voire améliorant leurs capacités d’endettement. Afin que ce véhicule joue pleinement son rôle dans le financement de la relance économique et dans l’accompagnement du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, la nouvelle loi a introduit un régime spécifique pour les OPCC réservés à des investisseurs avertis, dits investisseurs professionnels. Le nouveau régime permettra ainsi aux OPCC d’attirer une cible plus importante d’investisseurs, mais également d’adapter plus aisément leur fonctionnement aux besoins desdits investisseurs et des entreprises à financer.

La nouvelle loi, telle que présentée et approuvée par le Conseil de gouvernement, offre aujourd’hui une meilleure lisibilité et permettra une meilleure réponse aux besoins d’accompagnement et de financement des PME.

Nous œuvrons à la mise en place d’un cadre réglementaire moderne et flexible, permettant l’émergence d’instruments adaptés à la réalité de notre marché.

– Les banques jouent également ce rôle de financement. Comment allez-vous faire converger les efforts pour assurer que ce moyen de financement dit ‘classique’ ne nuise pas à vos ambitions d’accompagnement du secteur ? 

– La priorité pour nous aujourd’hui est que les entreprises trouvent les financements nécessaires à leur activité.

Notre approche vise donc à soutenir le développement et le recours aux modes de financement offerts par le marché des capitaux tels que la dette privée, les introductions en bourse ou les instruments dits alternatifs, tels les OPCC, les OPCI ou les fonds de titrisation.

Pour cela, nous œuvrons à la mise en place d’un cadre réglementaire moderne et flexible, permettant l’émergence d’instruments adaptés à la réalité de notre marché, et qui trouveront leur place dans les portefeuilles de financement des entreprises et dans les stratégies de placement des investisseurs. Ainsi, le recours au capital-investissement (via les OPCC) permet aux entreprises de renforcer leurs fonds propres, d’améliorer leur capacité d’endettement et, partant, de pouvoir envisager plus sereinement des projets de développement et de croissance. Les fonds de capital-investissement apportent également aux entreprises un appui en termes de gestion et de gouvernance. Pour les investisseurs à long terme, les fonds de capital-investissement offrent des alternatives aux produits de placement traditionnels et des sources de performance additionnelle.

Au-delà de nos missions de régulation et de supervision, nous accordons également une grande importance aux actions d’accompagnement et de promotion des instruments nouvellement introduits sur le marché des capitaux, qu’il s’agit de faire connaître et dont il faut expliquer le fonctionnement pour y faire adhérer les entreprises et nous assurer de leur bonne compréhension par tous. Et c’est là un axe où les CIF seront appelés à jouer un rôle clé, aussi bien auprès des entreprises que des investisseurs. 

 

– Une nouvelle catégorie d’OPCC a également été créée avec des règles de fonctionnement assouplies. Qu’est-ce qui change concrètement afin de susciter davantage l’engouement des épargnants ?

– L’amendement de la loi relative aux OPCC, tel qu’adopté par le Conseil de gouvernement en date du 8 mars, entre dans le cadre des actions visant à consolider le rôle du capital-investissement dans le financement de l’économie et l’accompagnement du développement des entreprises, ainsi qu’à soutenir l’opérationnalisation du Fonds Mohammed VI dont le cadre légal a prévu la mise en place de fonds sectoriels et thématiques pouvant prendre la forme d’OPCC.

L’objectif de l’amendement était ainsi d’améliorer le cadre existant, en y apportant plus de flexibilité, à l’instar des juridictions où le capital-investissement connaît un essor significatif et parvient à attirer les investisseurs internationaux. Le projet de loi a introduit une nouvelle catégorie d’OPCC à règles de fonctionnement allégées (OPCC-RFA) réservée à une nouvelle catégorie d’investisseurs, à savoir les investisseurs professionnels.

Les OPCC-RFA bénéficieront d’un processus d’autorisation assoupli et disposeront de marges de manœuvre suffisantes pour s’adapter aux besoins des investisseurs, notamment étrangers qui sont habitués à ce type d’instruments, et des entreprises investies. En outre, en élargissant la notion d’investisseur qualifié, consacrée par les textes législatifs en vigueur, à celui d’investisseur professionnel, ce nouveau cadre permettra de mobiliser davantage l’épargne privée en vue de l’orienter vers le financement de l’économie et l’amélioration de la compétitivité des entreprises marocaines.

 

– Concernant le nouveau cadre régissant les OPCVM, qui permettra de s’adresser à un nombre plus important d’investisseurs, quelles sont les caractéristiques des nouveaux produits qui paraîtront, et en quoi ces derniers seront-ils plus attractifs ? 

– Bien qu’elle ait permis un développement remarquable de l’activité de gestion d’OPCVM au Maroc, avec un encours sous gestion à fin 2022 de 500 milliards de dirhams, la législation régissant les OPCVM est ancienne – elle date de 1993 – et présente des freins certains à l’innovation.

Ainsi, le ministère des Finances, accompagné dans ce projet par l’AMMC, a entamé l’amendement de cette législation, amendement dont le stade avancé de réalisation permet d’espérer l’adoption d’un nouveau corpus législatif et réglementaire applicable aux OPCVM dès cette année.

Ce projet d’amendement fait la part belle à l’innovation puisqu’il permettra, notamment, la création d’OPCVM cotés en bourse ou « ETF », d’OPCVM de finance participative, d’OPCVM « RFA » (règles de fonctionnement allégées) réservés aux investisseurs avertis et d’OPCVM en devises. De plus, la nouvelle loi élargira l’univers d’investissement accessible aux OPCVM, en autorisant ces derniers à s’exposer au marché immobilier via l’investissement en OPCI et aux instruments du marché à terme, permettant ainsi une plus grande variété et sophistication des stratégies d’investissements, des plus simples aux plus complexes.

Nous sommes convaincus que ces nouveautés, de par la diversité tant des solutions de placements qu’elles permettent que des canaux d’investissements qu’elles autorisent, sont de nature à répondre aux objectifs et contraintes de placements d’un plus grand nombre d’investisseurs et à inciter de nombreux épargnants, pour l’heure peu présents sur le marché des capitaux, les ménages et investisseurs individuels notamment, à investir en OPCVM.

 

– Parmi les grands chantiers à mener en 2023, l’AMMC compte rendre opérationnels les fonds de dette. Quels types de fonds pourront financer les entreprises ? Comment ce mécanisme sera-t-il mis en place ? 

– Comme je l’ai rappelé plus tôt, notre plan stratégique 2021-2023 est guidé par la vision d’un marché des capitaux au service du financement de l’économie et, pour cela, nous avons prévu plusieurs axes d’intervention dont je citerai : l’axe réglementaire visant à asseoir un cadre moderne et flexible, à même d’accompagner les besoins et les évolutions du marché ; et l’axe innovation qui porte sur l’opérationnalisation d’instruments financiers innovants, permettant de doter le marché d’une offre complète d’outils de financement et d’investissement, sans parler des instruments de gestion et de couverture des risques.

Parmi les innovations inscrites dans nos priorités de l’année 2023 figurent les « fonds de dette », dont le cadre réglementaire a été complété en 2022, à la suite de la publication au Bulletin officiel de l’arrêté de la ministre de l’Economie et des finances encadrant les opérations d’octroi de financement par les fonds de titrisation.

Ces fonds s’inscrivent dans la continuité des autres instruments de financement par le marché, tels les obligations et les titres de créance négociables. Ainsi, une entreprise qui souhaite diversifier ses sources de financement peut désormais obtenir un prêt auprès d’un fonds de titrisation sous certaines conditions. Parmi ces conditions figure l’utilisation du prêt pour l’acquisition d’actifs éligibles, au sens de la loi 33-06 relative à la titrisation, ou la réalisation d’un investissement, et ce, dans un objectif de sécurisation du fonds. Un besoin de trésorerie ou de fonds de roulement ne peut pas être financé par un fonds de titrisation.

Le cadre réglementaire prévoit également des obligations additionnelles de moyens pour les établissements gestionnaires pour l’identification, la mesure et le suivi des risques portés par le « fonds de dette » et pour le recouvrement des financements accordés, tout en laissant la voie ouverte à une possible externalisation de ces fonctions.

Comme annoncé lors de la présentation de nos priorités pour l’année 2023, nous accompagnerons le marché dans l’opérationnalisation des « fonds de dette » en clarifiant davantage le mode opératoire de ces nouveaux instruments par le biais de procédures et recommandations.

Par ailleurs, je souhaiterais ajouter que, en sus des « fonds de dette » introduits par la loi sur la titrisation, le projet de loi modifiant et complétant la loi relative aux OPCC ouvre également la voie à la création de « fonds de dette » prenant la forme d’OPCC à règles de fonctionnement allégées. En effet, afin de permettre à ces derniers d’intervenir sous la forme la plus adaptée aux besoins des entreprises ou projets financés, l’amendement leur a donné la possibilité d’octroyer des prêts. Ceci permettra de mettre à la disposition des opérateurs économiques un nouvel outil qui viendra compléter la gamme de solutions de financement alternatif offertes par le marché des capitaux.

 

– En début d’année, une forte hausse des taux sur le marché obligataire a été observée, créant la panique chez les gestionnaires de portefeuille. L’écosystème était néanmoins conscient des limites de fixation des taux. Ce modèle a été amélioré. Quels sont les paramètres qui ont changé dans la manière de fixer les taux, et pourquoi la correction a-t-elle été faite aussi rapidement, et non par palier ?

– Les pressions inflationnistes observées au cours de l’année 2022 ont entraîné des tensions sur les marchés obligataires mondiaux, auxquelles le marché marocain n’a pas échappé. Ainsi, des hausses de taux ont été observées tout au long de l’année 2022, mais ont principalement concerné les titres à court terme. La correction sur les maturités moyennes à longues, moins liquides sur le marché, ne s’est produite qu’en début d’année, impactant négativement les valorisations des portefeuilles obligataires.

Les gestionnaires de portefeuille ont dû gérer cet épisode et accompagner leur clientèle dans l’adoption des stratégies les plus adaptées à leurs profils d’investisseurs. Il faut rappeler que la hausse des taux, en augmentant les rendements des placements en titres de créances, devrait rendre les OPCVM obligataires plus attractifs à l’avenir.

Aujourd’hui, la hausse des taux a été intégrée par le marché, et l’actif net des OPCVM connaît une reprise depuis le début de l’année, avec un accroissement de près de 10 milliards de dirhams.

Concernant la courbe des taux de référence des bons du Trésor, l’AMMC œuvre, en accord et en partenariat avec les autres membres d’un comité ad hoc ayant pour mission le suivi de cette courbe, à une amélioration continue de ses règles de construction afin d’en améliorer la fiabilité et la représentativité, et permettre ainsi une juste valorisation de leurs portefeuilles obligataires par les investisseurs. Tout ajustement de ces règles ne saurait être apporté de manière graduelle puisqu’une courbe de taux se doit, en tant qu’indicateur des conditions de marché, de refléter à tout moment de manière fidèle lesdites conditions.

Fruit des travaux menés de manière concertée et collégiale par les membres dudit comité, un nouveau modèle de construction de cette courbe de référence plus robuste et plus efficace a été élaboré. Cette nouvelle méthodologie, qui se base sur des données plus fiables, a été rendue publique par les membres du comité précité le 20 mars, et est entrée en application dès le lendemain.

Investissement public de 300 MMDH en 2023 : un défi difficile à tenir pour le gouvernement

300 milliards de dirhams. C’est le montant de l’investissement public que compte mobiliser le gouvernement en 2023 selon les chiffres de la loi de finances. Un montant historique réaffirmé par Aziz Akhannouch lors de l’allocution d’ouverture de la Conférence nationale sur le climat des affaires, qui s’est tenue le 15 mars 2023 à Rabat. Ainsi, le chef du gouvernement a réaffirmé qu’en 2023, « l’exécutif mobilisera des investissements publics atteignant 300 milliards afin de booster la croissance« .

Quelle interprétation faire de l’expression « mobiliser des investissements » ?

Dans la note de présentation de la loi de finances, les 300 milliards sont décomposés ainsi :

– 95,5 milliards de dirhams du budget d’investissement du budget général de l’Etat ;

– 140,5 milliards de dirhams en investissements des entreprises et établissements publics ;

– 19 milliards de dirhams en investissements des collectivités territoriales ;

– 45 milliards de dirhams d’investissements devant être issus du Fonds Mohammed VI pour l’investissement.

« Mobiliser 300 milliards de dirhams ne signifie pas forcément dépenser cette somme », rappelle l’économiste Driss Effina. Pour lui, le montant annoncé est impossible à atteindre. Les niveaux d’exécution des projections budgétaires en termes d’investissement tournent historiquement autour de 75% (et même 40% pour les collectivités territoriales).

« Quel que soit le gouvernement, l’administration et ses procédures ne changent pas. Or, ce sont ces administrateurs de l’Etat qui exécutent les projections budgétaires du gouvernement. Du fait de la lenteur des procédures et de leur complexité, les budgets alloués sont le plus souvent reportés d’année en année. Pour des investissements en infrastructures par exemple, il faut parfois entre cinq et dix ans pour les réaliser. »

Un son de cloche que partage l’expert Mehdi Fakir. « Si le potentiel de mobilisation est bien là, l’exécution [de ce montant, ndlr] va être difficile, voire impossible, même s’il y a cette volonté d’exemplarité de l’Etat en ce qui concerne l’investissement. »

Le Fonds Mohammed VI impliqué

L’autre point qui explique que ce montant est difficilement atteignable est le fait d’intégrer aux 300 milliards de dirhams les 45 milliards du Fonds Mohammed VI pour l’investissement. La première anomalie concerne la composition du chiffre. Le Fonds Mohammed VI a été doté en 2022 de 15 milliards de dirhams à partir du budget général de l’Etat. Ce premier apport doit servir de levier pour d’autres financements « locaux et internationaux », d’après ce qui ressort de la communication publique sur ce fonds.

Sa stratégie d’investissement n’a pas encore été déployée, encore moins sa stratégie de levée de fonds, son tour de table ainsi que les actifs visés. Ceux-ci ne devraient être connus qu’en septembre, toujours selon le calendrier issu du premier conseil d’administration du fonds.

Le fait d’intégrer le fonds à l’effort d’investissement public sur une seule année prête ainsi à confusion. D’autant plus, comme le souligne Mehdi Fakir, « qu’investir 45 MMDH en une seule année est inconcevable ». En effet, 45 milliards représente l’équivalent de l’ensemble de l’actif investi de la Caisse interprofessionnelle marocaine des retraites (CIMR) par exemple.

Les EEP, locomotives de l’investissement public

Sur les 300 milliards, le plus gros montant est celui des EEP, qui devrait atteindre les 140,5 milliards de dirhams d’investissement. Selon le rapport annexe à la présentation de la loi de finances concernant les EEP, il ressort que près du tiers devrait être réalisé par OCP (55,5 MMDH).

Les investissements de OCP, de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (12,7 MMDH) et de l’agence Masen (7 MMDH) représentent 53% du volume prévu pour l’ensemble des EEP.

L’augmentation du volume d’investissement (+41% par rapport à 2022) provient essentiellement du doublement de l’investissement d’OCP, passé de 26 milliards en 2022 à plus de 55,5 milliards en 2023 suite à l’annonce de la deuxième phase de sa stratégie d’investissement.

Avec le changement en cours des conditions de financement, ces coûts pourraient sensiblement être revus à la hausse, mettant à mal les conditions de financement des investissements publics, surtout que ceux-ci sont essentiellement porté par les EEP, déjà fortement endettés.

Ce retournement de la conjoncture financière internationale et le renchérissement des coûts de financement de la dette, aussi bien localement que sur le marché international, interroge sur l’ensemble de l’ambition d’investissement du gouvernement.

Ainsi, si l’on prend uniquement la dette du Trésor, son coût sur les dix ans est passé, selon une note de recherche d’Attijari Global Research publiée le 17 mars, de 2,32% en 2021 à 4,56% en mars 2023 au niveau de la dette interne.

Ce chiffre pourrait encore augmenter indépendamment de la politique des taux adoptée par la Banque centrale. Au niveau de la dette internationale, le coût, sur la même maturité, est passé de 2% en 2020 à 6,56% lors de la dernière sortie du Trésor sur le marché de la dette.

Le rapport de la dette publique de la loi de finances indique que le coût moyen de la dette intérieure (dette du Trésor + dette garantie par l’Etat) était jusqu’en 2021 de 3,7% alors que celui la dette extérieure était à 2,4%. Des chiffres qui font « désormais partie du passé », selon les termes mêmes de la directrice du Trésor, Faouzia Zaaboul, dans une récente interview avec Médias24.

Selon les chiffres annoncés par la TGR et de l’avis des experts interrogés, la mobilisation de la fiscalité permet au gouvernement d’espérer financer sa politique. Il n’en demeure pas moins que celle-ci reste limitée, car le déficit budgétaire ne cesse de se creuser, ce qui, d’une part, rend le recours à l’endettement important ; et d’autre part, génère une hausse significative de la pression fiscale.

« Il est certain que les recouvrements fiscaux ont massivement augmenté ces dernières années, mais à quel coût ? », s’interroge Driss Effina. Pour lui, l’augmentation de la pression fiscale sur les ménages et les entreprises déprime les investissements privés. « C’est une bonne chose de maintenir les investissements publics élevés, mais si c’est au prix d’un accroissement de l’endettement et de la pression fiscale, cette politique pourrait s’avérer contre-productive à moyen et long terme. »

Durant les deux dernières années, les recettes fiscales ont enregistré des hausses significatives avec des taux de recouvrement de plus de 120%, ce qui démontre une augmentation de l’efficacité de l’Etat dans la collecte de l’impôt. Mais en contrepartie, la faiblesse de la croissance et de la dynamique d’investissement privé fait que cette pression s’exerce sur l’existant dans une conjoncture inflationniste qui a pour effet de faire baisser l’épargne nationale, rendant les besoins financiers de l’Etat, notamment extérieurs, plus importants.

Une réalité qui risque de rattraper rapidement le gouvernement qui, malgré une annonce ambitieuse de l’investissement public à 300 milliards, ne semble pas vouloir en faire un palier. Selon les documents de programmation budgétaire triennale, le niveau d’investissement public pour 2024 et 2025 devrait connaître une baisse sensible. Ainsi, malgré le fait que le gouvernement prévoie un budget d’investissement du Trésor autour des niveaux de cette année, il s’engage à le baisser en proportion du PIB.

Les dépenses d’investissement des EEP, eux, devraient baisser de 140 milliards en 2023 à 106,8 milliards en 2025, réduisant mécaniquement le niveau global de l’investissement public. Cette dynamique devra concerner tous les types de dépenses de l’Etat afin de réduire le rythme de croissance de la dépense publique à 2,5% en 2025 au lieu d’une hausse de 13% en 2023.

L’objectif étant de revenir à des niveaux de déficit autour de 3,5% au lieu d’une moyenne de plus de 5% ces dernières années, et de circonscrire le taux d’endettement du Trésor en deçà de 70%.

Tournages de films étrangers : un chiffre d’affaires d’au moins 2 MMDH attendu en 2023

Après nous avoir rappelé que ses prévisions d’un chiffre d’affaires d’un milliard de dirhams en 2022 avaient fini par se vérifier, le secrétaire général du Centre cinématographique marocain (CCM) brosse un tableau optimiste pour l’année en cours.

500 MDH d’investissements garantis au 1er trimestre

« Conformément à ce que l’on avait prévu, les tournages étrangers ont généré en 2022 un chiffre d’affaires qui a dépassé le cap psychologique du milliard de dirhams contre 800 MDH durant l’année 2019 qui a précédé la crise, 211 MDH en 2020 et enfin 441 MDH en 2021 », se félicite Khalid Saidi avant de nous livrer ses prévisions pour 2023.

Une année qui se présente sous les meilleurs auspices grâce à la conjonction de plusieurs projets de longs-métrages, dont le tournage a déjà démarré ou est programmé pour les prochains mois.

Dans le pipe, trois petits tournages d’un budget de 15 MDH chacune, un tournage moyen de 60 MDH, celui en cours de Lyonnes qui a démarré fin 2022 avec un investissement de 110 MDH et, enfin, le tournage en mai prochain de la suite de Gladiator qui nécessitera 305 MDH.

À la fin du 1er semestre, le chiffre d’affaires atteindra 700 MDH

Entre ces longs-métrages qui vont déjà rapporter 520 MDH en seulement trois mois et les promesses de tournage de grandes productions américaines (blockbusters), Khalid Saidi avance que l’année 2023 ouvre des perspectives prometteuses en termes de recettes.

« Tenu par un accord de confidentialité, il est interdit de communiquer le nom des méga-productions dont le tournage devrait bientôt commencer, mais je peux vous révéler qu’au moins trois projets de longs-métrages américains seront bientôt tournés, avec un budget qui dépassera les 100 MDH », ajoute le secrétaire général qui s’attend à un chiffre d’affaires d’au moins 700 MDH pour le seul premier semestre de 2023.

Les recettes réalisées en 2022 vont doubler en 2023

Grâce à cette dynamique haussière, notre interlocuteur confie que l’objectif du CCM cette année est de doubler le chiffre d’affaires de 2022, pour atteindre a minima les 2 milliards de dirhams.

« Entre les nombreuses demandes de tournages de longs-métrages, séries… qui n’arrêtent pas de tomber, et les négociations en cours entre les maisons de production étrangère et les producteurs exécutifs marocains pour faire aboutir de gros projets, l’année 2023 sera celle de tous les records ! »

Khalid Saidi explique cette croissance par les mesures incitatives (30% d’abattement fiscal) et le travail acharné du ministre pour attirer des producteurs classiques mais aussi des plateformes comme Netflix, Disney…

Notre interlocuteur conclut que si la majorité des tournages étrangers sont organisés par des sociétés de production américaines, les Européens ne sont pas en reste à Ouarzazate, Tanger, Marrakech, Agadir, et même dans la ville de Dakhla qui a récemment accueilli l’équipe de tournage de la série télévisée « The wheel of time ».

L’ONDA accélère les grands projets d’extension de ses aéroports, face à la reprise du trafic aérien

D’une capacité d’accueil de 40 millions de passagers, les 18 aéroports internationaux du Maroc ont connu depuis février 2022 une telle affluence en termes de visiteurs étrangers que l’ONDA n’a eu d’autre choix que d’accélérer les travaux d’extension aéroportuaires qui avaient été programmés avant l’arrivée de la crise sanitaire en mars 2020.

Une zone d’arrivée commune pour les terminaux 1 et 2 de l’aéroport Mohammed V

Débutée en janvier 2019 avec l’entrée en service du nouveau terminal 1 de l’aéroport de Casablanca, cette politique des grands travaux avait permis de faire passer la capacité d’accueil de la capitale économique à 14 millions de visiteurs, soit 40% du trafic national, contre 7 millions auparavant, portant à 40 millions la capacité totale de traitement de l’office.

Une année avant l’avènement de la crise, l’ONDA prévoyait en effet de détruire puis reconstruire le terminal 3 pour porter la capacité d’accueil du 1er aéroport du Maroc à 23 millions de passagers soit un total national de 49 millions.

Retardée par deux années de pandémie, cette extension, qui devait se concrétiser en 2025, a été remplacée par un projet de construction d’une zone centrale pour doter cette plateforme d’une zone d’arrivée commune, aux terminaux 1 et 2, afin de renforcer la capacité d’accueil de cet aéroport et in fine améliorer les conditions d’accueil des passagers.

Un troisième terminal verra le jour à Rabat courant 2024

Concernant l’aéroport de Rabat-Salé qui peut accueillir 2 millions de passagers par an, soit 1,5 million pour le T1 réservé aux vols étrangers et 400.000 au T2 pour les pèlerinages et les liaisons domestiques, l’ONDA vient de relancer l’idée (imaginée en 2020), de construire un 3e terminal d’accueil d’une capacité additionnelle de 4 millions de passagers.

Le futur terminal, qui s’étendra sur une superficie d’environ 69.000 m², devrait également comprendre l’extension de son parking avions avec 6 places additionnelles, une bretelle de liaison et enfin le réaménagement du parking automobile d’une capacité de 1.300 véhicules stationnés sur deux niveaux, dont un sous-terrain.

Retardé par la crise alors qu’il avait franchi en décembre 2019, le cap du million de passagers en provenance de l’étranger, ce projet, qui devait porter à l’horizon 2022 sa capacité d’accueil totale à 6 millions de visiteurs, verra le jour dans le courant de l’année 2024 et suffira à absorber le flux croissant de passagers jusqu’à 2040.

Tripler la capacité d’accueil de l’aéroport de Tétouan

Sachant que sa capacité d’accueil annuelle est de 100.000 passagers et qu’il a enregistré un trafic cumulé à fin décembre 2022 de 187.777 passagers, soit 4 fois le trafic enregistré à la même période en 2019, l’extension de l’aéroport Tétouan Saniat R’mel est devenue une urgence pour éviter de nouvelles saturations désagréables pour ses usagers notamment durant les périodes de haute saison.

A l’instar de son projet d’édifier un 3e terminal à l’aéroport de Rabat-Salé, l’ONDA va par conséquent construire une nouvelle aérogare qui permettra d’accueillir 300.000 passagers supplémentaires par an, soit trois fois la capacité actuelle de l’aéroport, ainsi qu’une piste d’envol pour accueillir des avions gros porteurs.

Réhabilitation des infrastructures de Marrakech, Tanger et Agadir

Désireux de pallier la saturation constatée qui devrait s’aggraver dans les prochaines années au niveau de ses aéroports, l’ONDA devrait aussi lancer à court-terme des « Quick Win », qui consistent à réaliser des opérations d’ajustement et de réhabilitation des infrastructures aéroportuaires.

Dans les 15 prochains mois, la capacité d’accueil de l’aéroport international de Tanger sera portée de 1 million à 3,2 de millions de passagers ; celle de l’aéroport de Marrakech de 9 à 11,5 millions et enfin l’aéroport d’Agadir passera de 3 à 4,4 millions. Des extensions qui devraient améliorer la fluidité du traitement des flux de passagers qui ont connu une forte croissance depuis la reprise des vols internationaux.

Des terminaux d’affaires à Tanger, Agadir et Rabat

Pour cela, des études seront lancées pour réaliser de nouvelles infrastructures d’accueil au niveau des 6 aéroports mentionnés, sans compter celui de Dakhla qui accueille depuis trois semaines un nouveau terminal d’aviation d’affaires, construit par la société JETEX Executive Aviation Morocco qui s’est ajouté à ceux déjà fonctionnels aux aéroports de Casablanca et de Marrakech.

Enfin, 2023 sera également l’année du lancement de la construction de plusieurs nouveaux terminaux d’aviation d’affaires dans les aéroports de Tanger Ibn Battouta, Agadir Al Massira et de Rabat Salé.