Sept jours après son lancement, la 5G couvre déjà 60 villes au Maroc

Sept jours après le déploiement officiel de la 5G au Maroc, près de 60 villes sont déjà couvertes au niveau national, apprend Médias24 de sources bien informées.

Cette couverture s’appuie, selon nos interlocuteurs, sur 6.000 stations de base allumées, déployées depuis le début du chantier. Cette dynamique devrait toutefois se poursuivre. D’ici le 31 décembre prochain, le pays atteindra 8.200 stations, un volume présenté comme « une première mondiale » en matière de rythme et d’intensité de déploiement.

7 millions de terminaux déjà connectés

L’arrivée de la 5G a également provoqué un basculement massif des usages. À ce stade, « 7 millions de terminaux (smartphones, tablettes et autres appareils compatibles) se sont déjà connectés au nouveau réseau », nous informe-t-on, signe d’une adoption rapide par les utilisateurs.

Du côté du marché, la 5G a ouvert la voie à une véritable effervescence commerciale, d’après nos sources. « Une centaine d’offres commerciales sont actuellement proposées par les trois opérateurs, couvrant aussi bien les segments prépayés que post-payés ».

Les premiers effets sur les volumes de données se font aussi sentir. « Pour le prépayé, les abonnés obtiennent désormais 11 Go, contre 5 Go auparavant pour 50 DH, soit une augmentation d’environ 120% », précise nos sources.

Pour le post-payé, « les forfaits enregistrent au minimum une augmentation de 20% de data pour le même prix ». Cela traduit probablement une baisse du coût du giga, après la polémique sur le basculement « sans surcoût » promis par les opérateurs, qui s’accompagne toutefois d’une surconsommation de la data.

Nos sources notent toutefois que ces améliorations « concernent aussi bien la 4G que la 5G ».

Des forfaits enrichis en contenus multimédias

L’autre nouveauté du déploiement de la 5G évoquée par nos sources est relative à l’introduction progressive, par les opérateurs, d’offres incluant des services de contenus multimédias, tels que Netflix, les plateformes de streaming musical ou encore des contenus pédagogiques.

C’est en effet le cas de Maroc Telecom notamment, dont les clients bénéficient d’offres intégrant des services de la plateforme officielle de beIN Sports, StarzPlay ou encore Glovo Prime.

Cette stratégie montre que la 5G permet de profiter de différents services, et pas seulement d’une évolution technologique.

La technologie 5G représente-t-elle réellement une menace sur la santé et l’environnement ?

Depuis le lancement de la technologie 5G au Maroc, une dizaine de publications se sont rapidement propagées sur les réseaux sociaux. Celles-ci remettent en cause l’innocuité de cette technologie sur la santé humaine et, plus spécialement encore, sur les populations d’abeilles au Maroc.

Ces discours s’ajoutent à une théorie du complot qui s’est propagée au temps du COVID-19 indiquant que le déploiement de cette cinquième génération a conduit à la propagation rapide de la pandémie dans le monde.

Cette fois, la propagation de ces rumeurs s’appuie sur des études présentées comme scientifiques, sans mentionner leurs auteurs ni vérifier leur crédibilité, la validité de leurs méthodes ou la portée réelle de leurs conclusions.

Nous avons examiné plusieurs études scientifiques afin de déterminer l’existence d’éventuels risques sanitaires ou environnementaux liés à cette nouvelle technologie de télécommunication.

Le débat sur les effets de la cinquième génération (5G) est-il utile ?

Le débat entourant toute nouvelle technologie est sain et essentiel pour remettre en question chaque évolution/révolution technologique avant son intégration.  Il est primordial de s’assurer en amont de l’absence de tout risque humain ou environnemental.

Ce débat sur la 5G a bel et bien existé depuis plus de six ans dans d’autres régions du monde, notamment en Europe.

La technologie 5G n’est pas entièrement nouvelle, elle est d’ailleurs déjà utilisée depuis plusieurs années au Maroc dans divers appareils, notamment nos téléphones et nos routeurs, et ce, bien avant le lancement du réseau 5G public. À l’instar de la 3G et de la 4G, cette technologie repose sur des ondes électromagnétiques émises, mais qui utilisent des fréquences plus élevées.

Les réseaux 5G fonctionnent avec plusieurs bandes de fréquences différentes, dont plusieurs de ces fréquences ont été ou sont actuellement utilisées pour les générations précédentes de communications mobiles.

Sur son impact pour la santé humaine, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) note qu’il n’existe à ce jour aucun effet néfaste sur la santé lié à l’exposition aux technologies sans fil.

Cependant, il pourrait exister un risque particulier probable pour les personnes dites électrosensibles aux champs électromagnétiques. Ce point peut à ce stade être négligé, alors que le spectre de fréquences utilisé pour la 5G au Maroc n’est pas très éloigné de celui de la 4G.

Qu’est-ce qui caractérise la technologie 5G ?

Contrairement à la 4G, la technologie 5G utilise la formation de faisceaux. Cette technique permet de concentrer les ondes radiofréquences uniquement vers les zones où elles sont nécessaires, au lieu de les diffuser uniformément sur une vaste zone.

Cette approche augmente les débits de communication, car la bande de fréquences n’a pas besoin d’être partagée entre plusieurs utilisateurs. Elle réduit ainsi l’exposition aux ondes dans les zones sans besoin de connexion.

Contrairement aux technologies actuelles qui utilisent majoritairement des fréquences inférieures à 4 GHz, la 5G peut exploiter des bandes très élevées, allant jusqu’à 24 GHz. Selon l’ANRT, le Maroc utilise pour sa 5G des fréquences comprises entre 700 MHz et 3 GHz.

De plus, il est pertinent de rappeler que l’exposition aux ondes solaires est significativement plus puissante, car ces ondes électromagnétiques se situent dans la gamme des térahertz, bien au-delà des fréquences utilisées par les technologies de télécommunication (comme la 4G ou la 5G).

Même si ces hautes fréquences sont absorbées en surface, la réglementation internationale (ICNIRP) a imposé des limites strictes pour maintenir la puissance des ondes bien en deçà du seuil néfaste pour la santé.

Ces limites comprennent l’ajout de restrictions sur la moyenne d’exposition corporelle totale pour les fréquences supérieures à 6 GHz, des restrictions pour les expositions brèves (supérieures à 6 minutes) pour les fréquences supérieures à 400 MHz, la réduction de la zone de moyennage pour les fréquences > 6 GHz (ce qui réduit l’exposition maximale qu’une personne peut subir).

Par conséquent, le réseau des stations 5G doit fonctionner en deçà des seuils d’exposition réglementaires pour que l’énergie dégagée soit si faible qu’elle ne pourrait produire aucun effet thermique significatif.

Est-ce que la loi marocaine protège le citoyen du dépassement des seuils d’exposition aux radiofréquences nuisibles ?

En adoptant les mêmes restrictions que l’ICNIRP, à travers plusieurs normes internationales, l’ANRT a révisé les spécifications techniques relatives aux rayonnements électromagnétiques non ionisants, incluant notamment la technologie 5G.

Publiée en 2023, la décision définit les exigences minimales requises pour l’agrément des équipements terminaux et des installations radioélectriques, concernant leurs effets sur la santé en matière de rayonnements électromagnétiques.

Elle établit des limites d’exposition pour le public et en milieu professionnel, définissant les restrictions applicables aux champs électriques, magnétiques et électromagnétiques dans ces deux contextes.

Pour les expositions de courte durée n’excédant pas six minutes, l’ANRT a fixé des limites spécifiques selon la gamme de fréquence. Ainsi, dans la bande de 400 MHz à 6 GHz (qui inclut les fréquences utilisées par la 5G au Maroc), l’exposition professionnelle est limitée à 3,6 kJ/kg pour la tête et le tronc, et à 7,2 kJ/kg pour les membres. Pour le public, ces valeurs sont respectivement de 0,72 kJ/kg et 1,44 kJ/kg.

L’impact des radiofréquences sur les abeilles

Depuis plusieurs décennies, la communauté scientifique s’intéresse à l’étude de l’impact des ondes électromagnétiques sur les communautés d’abeilles.

Parmi eux, une étude scientifique publiée dans la revue prestigieuse Science Advances s’est penchée sur l’impact des radiofréquences émises par les pylônes électriques sur les abeilles et leur capacité à polliniser.

Les chercheurs ont généré un champ électromagnétique pour évaluer plusieurs facteurs : la distance des pylônes (proche ou éloignée), le mode de pollinisation (naturelle ou manuelle) et l’intensité de la floraison. Leurs résultats ont montré qu’en conditions naturelles, la présence de champs électromagnétiques altérait significativement la pollinisation par les abeilles domestiques.

Concernant l’impact direct sur les abeilles, l’étude a observé que la synthèse de la protéine Hsp70 (un biomarqueur de stress thermique) était significativement plus élevée chez les abeilles situées près des pylônes (10 à 25 m) que chez celles éloignées (210 à 235 m). Cet effet n’était observable que lorsque l’infrastructure électrique était en fonctionnement.

Il ressort donc de cette recherche qu’un champ électrique de fréquence bien inférieure à celle de la 5G peut impacter les opérations de pollinisation des abeilles en provoquant un stress thermique, et ce uniquement à proximité immédiate des sources d’émission.

De même, une étude pionnière en 1981 a exposé des abeilles à des champs électromagnétiques radiofréquences de 2,45 GHz avec des densités de puissance incidente de 3 à 50 mW/cm². Aucun changement de comportement, de consommation de saccharose ni de mortalité n’a été observé entre les groupes exposés et le groupe témoin.

L’impact de la technologie 5G sur la santé des abeilles

À ce jour, la communauté scientifique n’a pas établi de consensus quant à la menace que représente la technologie 5G pour les abeilles. Les données sont insuffisantes et des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si les fréquences de cette technologie ont des effets spécifiques.

Un projet de recherche financé par l’Union européenne nommé Etain est dédié à l’étude des effets potentiels des champs électromagnétiques de radiofréquences et plus précisément sur la santé humaine et l’environnement. Il a déjà ressorti une application pour mesurer, surveiller et gérer son exposition personnelle à ces ondes.

Pour les abeilles, la protection par distance est efficiente en n’autorisant pas des tours de télécommunication (de toute sorte de technologie et non pas seulement la 5G) aux alentours d’habitats d’abeilles.

Une étude scientifique, bien que préliminaire, estime que l’application d’une protection faite par l’aluminium et l’acier peut être efficace pour protéger les abeilles des radiofréquences 5G pouvant causer un stress thermique aux abeilles.

À vrai dire, l’abeille est une espèce très sensible et très importante pour la vie humaine de par son rôle de pollinisateur. Cependant, le débat est totalement déplacé : l’abeille est menacée par des risques plus importants, notamment l’usage excessif des pesticides, le dérèglement climatique qui cause la destruction de ses habitats et plus particulièrement la réduction des surfaces forestières au Maroc.

Déploiement de la 5G. Débit, couverture et offres commerciales : trois stratégies pour trois opérateurs

Les trois opérateurs nationaux : Maroc Telecom, Orange et Inwi, ont lancé simultanément leur offre 5G, ce vendredi 7 novembre. L’activation de cette nouvelle technologie inaugure une nouvelle génération de connectivité mobile sur le territoire.

Cette coordination a été rendue possible grâce au pilotage de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), nous explique-t-on, qui a accompagné les trois opérateurs, notamment sur le plan technique.

Au-delà de l’annonce, ce lancement ouvre des perspectives significatives pour les usages domestiques, les entreprises et l’écosystème numérique marocain. Mais il soulève aussi des questions importantes, relatives notamment à la vitesse déployée, aux villes couvertes et, surtout, à la consommation de données. 

Un lancement « sans surcoût, mais un impact réel sur la consommation »

Les trois opérateurs ont fait un choix stratégique, celui de ne pas imposer de surcoût au passage à la 5G, ni pour les particuliers ni pour les entreprises, et de permettre plutôt à tous les forfaits existants de basculer automatiquement en 5G, à condition d’avoir un smartphone compatible.

À l’évidence, cette décision vise à accélérer l’adoption et à éviter le frein d’un prix d’entrée trop élevé. Toutefois, contactés par nos soins, des spécialistes du secteur télécom nous confient que la data se consommera bien plus vite, car les usages deviendront plus gourmands.

« Il y a une grande différence entre regarder une vidéo ou un film en 4G ou en 5G. La 5G permettra de consommer davantage de vidéos ou de films en 4K, de jouer en cloud gaming, de télécharger un fichier volumineux, ou de faire des visioconférences ultra HD », nous expliquent nos sources. « Ce sont, certes, des actions instantanées en 5G, mais beaucoup plus consommatrices« .

En clair, la quantité de data consommée pour un usage d’une durée donnée en 4G sera moindre par rapport au même usage en 5G.

Cette stratégie pourrait amener, à moyen terme, à une montée naturelle vers des forfaits plus généreux en data, et donc plus coûteux, sans que les opérateurs aient besoin d’augmenter leurs tarifs spécifiquement pour la 5G.

Des débits « élevés », mais variables selon les opérateurs

Les premières annonces révèlent une différence d’approche entre les trois opérateurs. inwi est le seul à avoir précisé le débit proposé sur son communiqué, qui pourrait dépasser 2 Gbps. 

Orange met, lui, en avant une vitesse trois fois supérieure à la 4G. Pour sa part, Maroc Telecom reste plus discret sur les chiffres, mettant plutôt en avant la fiabilité de son réseau modernisé et sa « latence réduite ».

Médias24 a toutefois réalisé des tests de débit pour les trois opérateurs, à partir du même endroit. Il en ressort une forte variabilité des performances du réseau entre les trois opérateurs.

Maroc Telecom propose le débit le plus élevé : plus de 780 Mb/s, contre environ 190 Mb/s pour inwi et Orange. Cela montre que les opérateurs sont probablement encore en 5G NSA [non-standalone, une version initiale de la 5G qui s’appuie sur l’infrastructure 4G existante pour fonctionner, ndlr], comme annoncé par Médias24 dans des articles précédents. 

Il en est de même pour la latence — qui mesure le temps nécessaire aux données pour voyager d’un appareil à un serveur et revenir. Elle est relativement bonne pour Maroc Telecom (entre 28 et 35 millisecondes), mais pas encore au niveau d’une 5G mature. Elle reste toutefois lente chez inwi et Orange (au-delà de 6.000 ms).

Ces résultats concernent un lieu précis et sont susceptibles de changer d’un usager à un autre.

La carte des villes couvertes reste imprécise

Le déploiement de la 5G n’est pas non plus uniforme en termes de villes couvertes.

Dans son communiqué, Orange annonce 135 villes couvertes dès le lancement, ce qui traduit la logique de l’opérateur d’occuper rapidement l’espace. D’après nos sources, l’opérateur déploiera la 5G de manière progressive, en démarrant par une centaine de villes, avant sa généralisation à tout le Royaume.

inwi concentre, quant à lui, ses antennes dans les grandes agglomérations, notamment les six villes de la CAN 2025 d’après nos informations (Rabat, Casablanca, Tanger, Marrakech, Agadir et Fès), ainsi que quelques villes du sud du Royaume.

Si Maroc Telecom ne communique pas la liste des zones couvertes, son réseau modernisé laisse penser que l’opérateur prépare un déploiement graduel mais massif.

Une bataille des box domestiques 5G

Pour accompagner le lancement de cette nouvelle technologie, les trois opérateurs lancent déjà des offres pour les familles, basées sur la 5G. Cette technologie peut donc être une alternative à la fibre, notamment dans les zones où cette dernière est difficile à déployer.

Orange mise sur sa Dar Box 5G, proposée à partir de 299 DH/mois, offrant 50 Méga, avec une promotion sur l’équipement : 349 DH au lieu de 799 DH, en plus de 200 DH de mise en service. Il s’agit, selon nos informations, d’une offre de lancement.

inwi propose pour sa part sa 5G i-box à 299 DH et 349 DH/mois (respectivement de 50 et 100 Mbps).

Quant à l’opérateur Maroc Telecom, il positionne son offre El Manzil 5G à 400 DH/mois pour 100 Mbps. Le tarif de la box est fixé à 1.080 DH, en plus de 200 DH de frais de mise en service pour les nouveaux clients.

Pour les particuliers, les offres commerciales d’inwi n’ont, au moment de la publication du présent article, pas encore été dévoilées. Pour Orange, toutes les offres 4G sont les mêmes pour la 5G. Maroc Telecom propose, pour sa part, un total de six offres allant de 119 DH par mois jusqu’à 699 DH/ mois, la dernière étant illimitée.

Notons toutefois que si le lancement technique de cette nouvelle technologie est réussi, plusieurs défis attendent les opérateurs, notamment l’adoption de smartphones compatibles (liste des appareils compatibles).

Une partie importante des consommateurs reste équipée de téléphones non compatibles. L’autre défi est celui du déploiement, qui devra suivre un rythme suffisamment rapide pour couvrir la totalité du Royaume.

Maroc Telecom annonce l’opérationnalisation de la 5G

« Les clients Maroc Telecom disposant d’un smartphone compatible basculeront automatiquement vers le réseau 5G, sans frais supplémentaires, dans les zones couvertes », précise le communiqué.

Cette transition leur permettra de profiter instantanément d’une connectivité « ultra-rapide, d’une latence réduite, et d’une expérience réseau sans précédent, et ce, dès le lancement », promet l’opérateur.

Pour accompagner le lancement de cette nouvelle technologie, IAM propose de nouveaux forfaits 5G à partir de 119 DH. Les utilisateurs bénéficieront également d’offres intégrant des services premium, tels que TOD (la plateforme de streaming officielle de beIN Sports), StarzPlay ou Glovo Prime. Le service Roaming est inclus dès les forfaits 5G à partir de 199 DH.

L’opérateur propose également « El Manzil 5G », une box nouvelle génération, qui garantit « une connexion Wi-Fi stable, rapide et de grande capacité, permettant à toute la famille de naviguer et streamer en simultané, sans compromis sur la qualité ».

Le déploiement de la 5G repose sur les investissements massifs réalisés par Maroc Telecom dans ses infrastructures de télécommunications au cours des dernières années, rappelle le communiqué. Le groupe a modernisé son réseau mobile et fixe, renforcé la capacité de ses plateformes de transmission, et déployé une infrastructure de dernière génération reliant l’ensemble du territoire.

Ces efforts soutenus permettent aujourd’hui à Maroc Telecom de disposer d’un réseau résilient, sécurisé et évolutif, prêt à accompagner les besoins croissants du pays en matière de connectivité et de transformation digitale.

Par ailleurs, la 5G ouvre la voie à de nouveaux usages, souligne l’opérateur, notamment la réalité augmentée, les jeux en ligne en temps réel, la télémédecine, l’éducation à distance ou encore les véhicules connectés. Elle constitue également un levier majeur de transformation digitale pour les entreprises et les administrations, en facilitant le développement de solutions intelligentes dans les secteurs de l’industrie, de la logistique, de l’énergie ou de l’agriculture.

inwi lance son réseau 5G sans surcoût ni changement d’offre ou de carte SIM

Dans un communiqué publié ce vendredi 7 novembre, inwi a annoncé le lancement de son réseau 5G, ouvrant la voie à « une transformation profonde des modes de travail ».

L’opérateur annonce des débits « ultra-rapides », pouvant dépasser plus de 2 Gbps, « une latence minimale et des capacités décuplées ».

Ce débit permet « de transférer et partager instantanément fichiers, maquettes et vidéos, quelle que soit leur taille », précise inwi. « La latence minimale garantit, quant à elle, des visioconférences d’un réalisme inédit et une réactivité en temps réel sur les outils métier », ajoute le document.

« Les capacités décuplées permettent pour leur part de connecter plusieurs appareils simultanément sans perte de performance, assurant une expérience fluide pour chaque utilisateur ».

Pas de surcoût ni de changement d’offre ou de carte SIM

« Dès son lancement, la 5G inwi couvrira les principales villes du Royaume, marquant une avancée majeure vers un Maroc pleinement connecté », souligne le communiqué, sans plus de précisions.

Pour les clients mobiles d’inwi, la 5G est accessible immédiatement et sans surcoût. Elle est automatiquement accessible pour tous les clients mobiles sans changement d’offre ou de carte SIM.

Les cartes SIM inwi étant déjà compatibles 5G, les clients bénéficiant d’un smartphone compatible et présents en zone couverte peuvent profiter de cette nouvelle expérience connectée.

Plusieurs formules prépayées et postpayées proposées

A l’occasion de ce lancement, plusieurs formules prépayées et postpayées sont proposées par inwi, offrant des volumes data adaptés aux différents usages, avec des vitesses pouvant dépasser plus de 2 Gbps.

Afin de répondre à tous les besoins du foyer, l’opérateur lance également la « 5G i-Box« . Il s’agit d’une « solution plug & play simple et performante ». Elle garantit « un Wi-Fi « ultra-rapide, stable et sécurisé, idéal pour le télétravail, le gaming, le streaming ainsi que l’ensemble des usages foyers connectés du quotidien ».

inwi propose aussi des solutions 5G Business, « qui permettent aux entreprises de développer des usages innovants et porteurs de valeur ajoutée tangible au niveau de leur performance, de leur compétitivité et de leur qualité de service ».

« Avec des fonctionnalités optimisées spécifiquement aux réseaux d’entreprises, ce réseau permet désormais des déploiements effectifs de larges cas d’automatisation de la production en mode industrie 4.0.  Il apportera la technologie et le service nécessaires pour assurer une mise en place massive de cas de télémaintenance proactive avec la généralisation des machines connectées et des digital twins dans les unités industrielles, les parcs de production énergétique, les mines intelligentes et les grands complexes logistiques ».

Par ailleurs, « les services distants à la personne, notamment pour la télémédecine, seront désormais d’un réalisme et d’une précision sans commune mesure », ajoute le communiqué, « ce qui permettra une plus grande adoption de ce mode d’accès aux services publics et ainsi une plus grande accessibilité géographique de ces services au profit des Marocains ».

inwi propose également aux entreprises de nouvelles box « 5G Business Connect », « qui associent la puissance du très haut débit à la simplicité d’une solution tout-en-un, intégrant une ligne fixe et des options sur mesure pour connecter collaborateurs, visiteurs et équipements avec une performance supérieure ».

Les forfaits mobiles inwi Business sont désormais compatibles 5G sans frais ni démarches supplémentaires.

Maroc Telecom : « La 5G déjà intégrée dans le cours, mais encore du potentiel en bourse »

Maroc Telecom signe une année boursière solide. Le titre s’est apprécié de plus de 46% depuis le début de 2025, surclassant la progression du MASI, en hausse d’environ 33%. Deuxième capitalisation de la Bourse de Casablanca, l’opérateur attire de nouveau les regards.

Le gouvernement a donné, le 30 octobre, son feu vert au déploiement de la 5G au Maroc, à travers trois décrets attribuant les licences d’établissement et d’exploitation de réseaux 5G à Maroc Telecom, Medi Telecom et Wana Corporate.

Une étape majeure pour le secteur, mais sur le plan boursier, une question demeure : jusqu’où le titre peut-il aller ? La 5G représente-t-elle encore un levier de valorisation… ou bien cette perspective est-elle déjà intégrée dans le cours actuel ?

Maroc Telecom : la 5G, un catalyseur déjà valorisé, mais encore porteur

« La 5G est un facteur et un catalyseur ayant contribué à la hausse du cours en bourse. Cela veut dire une chose : qu’une partie de ce facteur était déjà intégrée dans le cours actuel. Avant la clôture, l’action vaut autour de 120 DH. Rappelons qu’après la nomination de Mohamed Benchaâboun à la tête du groupe, fin février, le titre a progressivement augmenté pour atteindre ce niveau. Et durant les mois où le marché a connu des phases de repli, l’action a suivi les mouvements sans perdre son élan », explique un analyste de la place.

« Ce comportement témoigne de la solidité structurelle du titre et du rôle de la 5G comme élément de confiance plus que de spéculation. Le marché a anticipé le feu vert du gouvernement bien avant le 30 octobre. L’attribution officielle des licences à Maroc Telecom, Medi Telecom et Wana Corporate n’a donc pas provoqué de réaction notable : la perspective était déjà dans les prix. Cela n’enlève rien à son importance. La 5G consolide l’image d’un groupe capable d’évoluer dans un marché mature, en combinant modernisation technologique et gestion disciplinée du capital », ajoute-t-il.

« Personnellement, je fais confiance au titre Maroc Telecom. C’est une valeur solide, à accumuler dans les phases de repli, compte tenu de la qualité du management et de la visibilité sur les résultats ».

Selon plusieurs analystes de la place, « l’évolution du titre dépendra désormais de la matérialisation concrète de ce projet. Les catalyseurs existent : la montée en gamme des forfaits peut soutenir l’ARPU, la 5G fixe (FWA) offre une solution complémentaire à la fibre dans les zones moins couvertes, et le segment entreprises ouvre la voie à des services B2B ou IoT à forte valeur ajoutée« .

Autant de leviers qui, s’ils se concrétisent, pourraient maintenir une dynamique positive sur le moyen terme. En parallèle, la maîtrise des investissements reste un point crucial. IAM a toujours su équilibrer innovation et discipline financière, et la possibilité d’un déploiement phasé ou mutualisé de la 5G permettrait de préserver le cash-flow et le dividende, deux arguments centraux de sa valorisation actuelle.

Les limites, elles, sont connues. « Le marché marocain est arrivé à maturité : la croissance organique sur le mobile reste faible, la concurrence des trois opérateurs est frontale, et les obligations de couverture nationale pèseront nécessairement sur les coûts ».

« L’enjeu ne réside donc pas dans une explosion du chiffre d’affaires, mais dans la capacité du groupe à transformer cette nouvelle génération technologique en relais progressif et rentable. En d’autres termes, la 5G n’est plus un pari de court terme ; c’est un moteur de stabilité à long terme, déjà partiellement valorisé, mais encore porteur s’il s’inscrit dans une trajectoire de rendement et de génération de cash durable », explique un analyste de la place.

Valorisation, prévisions et trajectoire probable du titre

Les prévisions de marché pour 2025-2026 dessinent un profil de normalisation, avec un chiffre d’affaires attendu autour de 36,5 MMDH en 2025.

Le résultat d’exploitation remonterait nettement en 2025 sous l’effet de base favorable lié aux éléments non récurrents des exercices précédents, avant de se stabiliser. Le résultat net part du groupe est projeté autour de 6,3 MMDH en 2025, puis à un niveau plus normalisé en 2026.

Côté actionnaires, le dividende par action est anticipé en nette hausse en 2025, avec un rendement qui resterait attractif dans le contexte local. Du point de vue de la valorisation, « le ratio cours/bénéfice de Maroc Telecom, autour de 14,8 fois, demeure inférieur à la moyenne du marché, estimée à 22,6 fois ».

Dans ce cadre, un analyste de la place estime que « le cours pourrait atteindre près de 130 DH dans les prochaines semaines, porté par la visibilité des résultats, la stabilité de la distribution et les premiers signaux commerciaux de la 5G ».

5G au Maroc : un déploiement imminent, dans l’attente du décret d’attribution

Le déploiement de la 5G au Maroc se fera dans les prochaines semaines, comme l’a rappelé la ministre de la Transition numérique au Parlement ce lundi 13 octobre. Si Amal El Fallah Seghrouchni n’a pas donné plus de précisions, elle a également confirmé que les investissements dans cette nouvelle technologie, par les trois opérateurs nationaux, devraient atteindre 80 milliards de DH (MMDH) d’ici 2035.

Dans son rapport d’instruction, publié en juillet dernier à l’issue de l’annonce de l’attribution des licences 5G à ces trois opérateurs, l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) a, elle, prévu son lancement pour novembre 2025, dans huit villes marocaines, ainsi que leurs aéroports, juste à temps avant la CAN 2025 prévue en décembre.

Les six villes hôtes de la CAN 2025 sont Rabat, Casablanca, Marrakech, Fès, Agadir et Tanger.

Le déploiement de la 5G suspendu à la publication du décret d’attribution des licences au BO

Les licences 5G ont été obtenues par les trois opérateurs nationaux (Maroc Telecom, Orange et inwi) à l’issue d’un appel à la concurrence exigeant lancé par l’ANRT.  Leur montant global s’élève à 2,1 MMDH (TTC), soit des tickets d’entrée répartis comme suit :

Le prix de réserve pour ce marché avait été fixé à 600 millions de DH (MDH) TTC par l’ANRT, un niveau jugé stratégiquement abordable pour encourager les opérateurs à investir davantage dans le déploiement. À titre de comparaison, les licences 4G coûtaient environ 20% de moins, soit 500 MDH à l’époque.

Maroc Telecom a déboursé 900 MDH (TTC) comme contrepartie pour entrer sur le marché de la 5G, contre 600 MDH (TTC) pour inwi et Orange. La différence s’explique par la capacité de fréquences attribuée. En effet, le prix de réserve fixé initialement correspondait à une capacité de 70 MHz.

Chaque opérateur a donc reçu 70 MHz pour 600 MDH TTC, avec la possibilité d’acquérir des fréquences supplémentaires moyennant un paiement additionnel. Maroc Telecom, qui ne disposait pas de fréquences 5G contrairement à ses concurrents, a ainsi demandé 50 MHz additionnels et doit les payer, afin de ne pas être décalé par rapport aux autres opérateurs en termes de qualité de service.

En Europe, le « SMIG » des fréquences 5G s’établissait à 50 MHz, tandis que le plafond atteignait 100 MHz. Au lancement de cette technologie, les opérateurs européens avaient en moyenne obtenu 70 MHz, à l’exception d’Orange, qui avait bénéficié de 90 MHz en raison de sa capacité supérieure.

À terme, les trois opérateurs nationaux devraient disposer d’une capacité équivalente d’environ 120 MHz.

Toutefois, bien que ces licences aient été attribuées, les opérateurs attendent encore la publication du décret relatif à cette attribution au Bulletin officiel (BO), pour lancer officiellement cette nouvelle technologie et dévoiler leurs offres commerciales. Selon nos informations, ils sont tous prêts.

Le « go » est tributaire dudit décret, dont la publication ouvrira la voie au paiement des tickets d’entrée et au lancement effectif du service 5G.

Un déploiement progressif avant d’atteindre la « full 5G »

Le déploiement commencera d’abord en 5G NSA (Non Standalone), qui est une première étape vers la 5G complète en s’appuyant sur le cœur de réseau 4G. Les opérateurs basculeront, ensuite, vers la “full 5G”, plus performante et entièrement autonome. Cette dernière nécessite d’importants investissements.

En Europe, par exemple, la full 5G était annoncée pour 2025. Elle a ensuite été reportée à 2030, parce qu’elle coûte très cher.

Selon nos informations, il y a deux cas de figure pour déployer la 5G :

– Les opérateurs peuvent changer leur station de base tout en conservant le cœur de réseau pour la déployer. Dans ce cas de figure, les infrastructures de 4G sont simplement upgradées.

– Les opérateurs peuvent toutefois changer la station de base et, par ricochet, changer le cœur de réseau, ce qui est plus compliqué.

Aujourd’hui, près de 75% des opérateurs dans le monde exploitent la 5G en mode normal. C’est également de cette manière que va procéder le Maroc, avant de basculer progressivement vers la full 5G, grâce aux investissements prévus sur le marché.

Le Royaume fait ainsi le choix d’une transition progressive, jugée plus efficiente sur le plan financier et mieux adaptée à l’état actuel du réseau national.

« Les débits seront toutefois élevés », nous assurent par ailleurs des sources proches du dossier. « Le Maroc sera le seul pays à lancer la 5G avec la totalité des capacités de fréquences disponibles ».

Le Maroc rattrapera l’Afrique du Sud dans deux ans en termes de couverture

Plusieurs experts estiment que « c’est le bon moment pour lancer la 5G« . « Si nous l’avions lancé plus tôt, cela aurait été prématuré car la fibre optique et le réseau 4G n’auraient pas été suffisamment développés. Attendre encore deux ans ou plus aurait aussi été une erreur. Nous sommes aujourd’hui au bon moment ».

Ceci s’explique par la maturité du réseau 4G. « On est arrivé à un niveau où nos réseaux 4G doivent évoluer », explique une de nos sources.

Les investissements prévus dans ce marché atteindront près de 80 MMDH dans dix ans, hors fibre optique et 4G. Parmi les lots les plus coûteux dans le déploiement de cette technologie, le génie civil. Il représente, généralement, à lui seul, près de 70% des coûts.

« Grâce à ces investissements, le Maroc rattrapera dans deux ans l’Afrique du Sud, premier pays en termes de couverture 5G sur le continent africain ».

Les exigences initialement fixées par l’ANRT prévoyaient une couverture de 25% de la population d’ici fin 2026 et de 70% à l’horizon 2030.

Ces objectifs ont toutefois été relevés. La couverture devrait désormais atteindre 45% d’ici fin 2026, et 85% à fin 2030.

Quid des utilisateurs ?

Logiquement, dès que les offres commerciales des trois opérateurs seront dévoilées, les utilisateurs disposant d’un terminal compatible 5G pourront y avoir accès.

En ce qui concerne les offres commerciales, elles devraient être dévoilées prochainement, une fois le décret publié au BO.

Selon nos informations, elles sont déjà prêtes. Mais on ignore à ce stade si elles seront plus chères ou moins chères que la 4G et la fibre optique. La monétisation de cette technologie dépendra de la stratégie commerciale de chaque opérateur.

« Au niveau international, certains pays ont réussi à rentabiliser la 5G en misant sur la couverture et la qualité de service. Ceux qui l’ont lancée sans valorisation ont connu des résiliations massives. Certains des opérateurs disposent de l’expérience internationale nécessaire pour adapter leurs modèles au marché local », concluent nos sources.

Calendrier de la 5G : d’abord les six villes et stades qui abriteront la CAN (ANRT)

Le démarrage du déploiement des infrastructures de la 5G a commencé en 2023 avec la préparation des bandes de fréquence et des licences entre 2023 et 2024.

Actuellement, l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) et les opérateurs du secteur poursuivent « le fibrage des sites physiques ».

La couverture se fera progressivement, annonce Hicham Lahjomri, directeur technique de l’ANRT. « D’abord les six stades et villes de la CAN, puis 20 villes et axes autoroutiers (fin 2026), avant de couvrir 40 villes fin 2028 ».

« On est en train de travailler avec l’ONCF pour garantir une qualité de connectivité des trains à grande vitesse avec des solutions adaptées ».

Le directeur technique de l’ANRT rappelle les principaux objectifs de la connectivité à l’horizon 2030. Le nombre de ménages équipés en fibre optique doit être de 4,4 millions en 2026, avant d’atteindre 5,6 millions en 2030.

« La part de la population couverte par la 5G sera de 25% en 2026, donc avec la Coupe d’Afrique des nations, et elle sera de 70% en 2030 », assure-t-il.

Il est également question d’une couverture élargie avec un « programme national du haut débit 2 », qui permettra de parachever la couverture de l’ensemble du territoire national en 4G.

Pour la qualité de la connexion, l’ambition est d’assurer un débit minimum de 20 MB/s au lieu de 2 MB/s actuellement.

Maroc Telecom réalise 8,9 MMDH de chiffre d’affaires au premier trimestre 2025

Au 31 mars 2025, le chiffre d’affaires consolidé du groupe Maroc Telecom atteint 8,9 MMDH, en légère progression de 0,1% à change constant. Cette évolution résulte d’une croissance de 4,1% au sein des filiales africaines, venue compenser le recul de 3,7% enregistré sur le marché marocain.

L’EBITDA ajusté ressort à 4,39 MMDH, avec une marge proche de 50%, témoignant d’une rentabilité toujours élevée.

Le résultat opérationnel ajusté s’élève à 2,71 MMDH, soit un taux de marge de 30,5%. Le résultat net ajusté part du groupe atteint 1,44 MMDH.

Les flux de trésorerie opérationnels ajustés (CFFO) s’établissent à 2,5 MMDH. La dette nette ressort à 20,9 MMDH, avec un ratio dette nette sur EBITDA de 1,1 fois.

La base clients du groupe atteint près de 80 millions à fin mars 2025, en progression de 3,6%, tirée principalement par le parc des filiales Moov Africa (+6,5%).

Activités au Maroc

Les activités domestiques enregistrent un chiffre d’affaires de 4,55 MMDH. L’EBITDA s’élève à 2,41 MMDH, avec une marge de 53,1%, tandis que le résultat opérationnel s’établit à 1,6 MMDH. Le flux de trésorerie généré par les activités au Maroc est de 1,57 MMDH.

Sur le plan commercial, la base clients mobile s’établit à 18,8 millions, et les accès haut débit fixe à 1,43 million. Le développement du FTTH se poursuit sur le territoire, dans un environnement commercial marqué par une pression concurrentielle sur les segments mobile et ADSL.

Le partenariat stratégique conclu avec Inwi marque une évolution majeure dans le modèle d’investissement. Deux entités communes seront créées. L’une, dédiée au déploiement de la fibre jusqu’à l’abonné, prévoit l’installation d’un million de prises en deux ans, puis trois millions à l’horizon de cinq ans.

L’autre, centrée sur le développement des infrastructures passives pour la 5G, projette 2.000 tours à trois ans et 6.000 d’ici dix ans.

Le montant engagé pour cette première phase atteint 4,4 MMDH. L’accord reste soumis à l’autorisation de l’ANRT. Il inclut également une résolution amiable du contentieux opposant Maroc Telecom à Inwi, avec un ajustement à la baisse de l’indemnité versée.

Maroc Telecom a également lancé sa nouvelle offre mobile 100% digitale « iNJOY », conçue pour les jeunes utilisateurs. Cette offre sans engagement permet de composer son forfait de manière personnalisée via une application mobile ou le site dédié, à partir de 59 dirhams par mois. Le groupe a par ailleurs signé un partenariat avec Visa pour développer des solutions de digital banking dans l’ensemble des pays où il est implanté.

Dans le segment B2B, Maroc Telecom a conclu des accords avec Zoho, fournisseur de solutions cloud pour la gestion des entreprises, ainsi qu’avec Vodafone Business pour le développement de services autour de l’Internet des objets, de la cybersécurité, du cloud et du SD-WAN.

Filiales Moov Africa

Les filiales Moov Africa affichent un chiffre d’affaires de 4,63 MMDH.

L’EBITDA ajusté atteint 1,97 MMDH, et le résultat opérationnel s’établit à 1,1 MMDH. Les flux de trésorerie générés ressortent à 939 MDH.

La base clients Mobile s’élève à 57,3 millions, avec des progressions marquées sur plusieurs marchés comme le Niger, le Togo, la Côte d’Ivoire et le Tchad.

Le parc Haut Débit fixe franchit le seuil des 280.000 accès. Ces performances reposent sur l’expansion du mobile money, la généralisation des smartphones, et la demande croissante en data, notamment pour le streaming et les réseaux sociaux.

Le développement de la fibre se poursuit dans les zones urbaines, avec pour objectif de répondre aux besoins des entreprises, du télétravail, du e-commerce et des services cloud. Les investissements dans l’extension des réseaux et la modernisation des infrastructures se poursuivent, avec une attention particulière portée aux zones rurales, où la couverture reste encore limitée.

Fait marquant 

Le conseil de surveillance a nommé, à compter du 1er mars 2025, Mohamed Benchaâboun en tant que président du directoire, succédant à Abdeslam Ahizoune. Les autres membres du directoire ont vu leurs mandats reconduits jusqu’en mars 2027. Cette nouvelle gouvernance accompagne l’entrée du groupe dans une nouvelle phase stratégique, orientée vers la modernisation des réseaux, l’innovation digitale et l’élargissement des partenariats à l’international.

Perspectives

Maroc Telecom engage une nouvelle étape de son développement. Le renforcement de la couverture fibre, la structuration du marché 5G à travers des infrastructures partagées, l’intégration de services numériques innovants et l’essor du mobile money sur le continent africain figurent au cœur de sa stratégie.

Dans un environnement technologique et concurrentiel en mutation rapide, le groupe mise sur une croissance plus intégrée, ancrée dans les usages et ouverte à des collaborations renforcées, pour consolider ses performances à moyen terme.

Majda Lahlou Kassi (Ericsson) : « La 5G est prête, il ne reste qu’à lancer les déploiements »

À l’occasion du GITEX Africa 2025, nous avons reçu sur le plateau du M24 Live Studio, Majda Lahlou Kassi, présidente d’Ericsson Maroc et vice-présidente Afrique de l’Ouest et australe, pour faire le point sur l’état de préparation du pays, les cas d’usage concrets de la 5G et les leviers technologiques qui peuvent accélérer l’inclusion numérique et booster la compétitivité des TPE et start-up.

Médias24 : Vous êtes présents au Maroc depuis plus de quarante ans. Quel regard portez-vous sur la trajectoire de transformation numérique du pays en comparaison à d’autres régions du monde ?

Majda Lahlou Kassi : D’abord, il est essentiel de souligner la vision du Maroc de se positionner en tant que hub régional et de devenir une locomotive pour l’Afrique, notamment l’Afrique francophone, mais également pour l’ensemble du continent. Nous voyons aujourd’hui le Maroc établir des liens solides avec toute l’Afrique. Et, à travers ce positionnement, nous avons été présents depuis le début de cette transformation numérique.

Comme vous l’avez mentionné, cela fait plus de quatre décennies que nous accompagnons les acteurs marocains dans le développement des infrastructures mobiles et fixes, et, plus récemment, dans le déploiement du réseau 4G. Aujourd’hui, nous nous préparons activement à déployer la 5G.

Je pense qu’il est important de souligner que cette préparation se fait en plusieurs phases. Elle commence par la modernisation des réseaux, une initiative que nous avons lancée il y a plusieurs années. Nous constatons également des progrès significatifs dans les infrastructures filaires, notamment la fibre, qui est cruciale pour le lancement de la 5G. Et cela va bien au-delà, car la fibre permet également de gérer la grande quantité de données générées par les divers cas d’usage.

— Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’évolution vers la 5G est un parcours, et non une destination. Ce parcours commence par la préparation de l’infrastructure. Au Maroc, l’infrastructure est solide. L’électrification des réseaux, par exemple, est un point clé, et heureusement, ce n’est plus un problème ici grâce aux énergies renouvelables déployées dans de nombreux sites.

La partie backbone est également bien développée, et la technologie faisceau hertzien soutient ce développement. Nous avons travaillé avec nos partenaires pour moderniser les réseaux, tant sur la partie cœur du réseau que sur la partie radio.

Depuis 2016, Ericsson fournit des radios capables de supporter la 5G. Nous sommes prêts pour le déploiement. Il ne reste plus qu’à commencer, et nous pensons que nous serons au rendez-vous. Le Maroc est en bonne voie pour lancer la 5G.

— Nous sommes pleinement mobilisés pour ce lancement. Cela a commencé il y a plusieurs années avec des workshops, des tests et des simulations. Nous avons également travaillé étroitement avec les opérateurs et les services publics pour définir les cas d’usage de la 5G. Cette génération de technologie ne se concentre pas uniquement sur le consommateur, mais offre également une plateforme d’innovation pour les industries et les PME.

Grâce à notre expérience, nous avons lancé plus de 160 réseaux 5G et, aujourd’hui, plus de 50% du trafic mondial de 5G (hors Chine) est géré par des réseaux Ericsson. Nous avons également une équipe d’ingénieurs marocains hautement qualifiés, capables d’accompagner le déploiement et le support après déploiement.

— Oui, absolument. Les réseaux actuels sont déjà équipés pour supporter la 5G. Depuis 2016, Ericsson livre des radios compatibles avec la 5G. Toutefois, ces radios dépendent des fréquences qui seront assignées. Dès que nous disposerons des fréquences définitives, il sera nécessaire d’ajouter certains équipements supplémentaires. Mais l’infrastructure de base est prête pour offrir une expérience 5G rapidement.

— La 5G apportera une meilleure expérience utilisateur grâce à un débit plus rapide, une plus grande capacité et un temps de latence réduit. Les premiers cas d’usage incluront le gaming, le streaming vidéo et les technologies immersives comme la réalité virtuelle (VR) et augmentée (AR). Les utilisateurs auront une expérience immersive plus fluide.

Nous avons réalisé une étude l’année dernière dans des pays où la 5G a déjà été déployée, et les utilisateurs ont exprimé une satisfaction générale bien plus grande que pour la 4G. 35% des utilisateurs de la 5G disent même qu’ils seraient prêts à payer pour une performance premium.

Un autre cas d’usage important est le Fixed Wireless Access, qui va permettre d’apporter une qualité de service équivalente à celle de la fibre, mais sans les coûts associés au déploiement de la fibre dans des zones reculées.

— Ces technologies ouvrent de nouvelles possibilités. La 5G permet déjà d’envisager une connectivité différenciée, avec une qualité de service adaptée à chaque cas d’usage. Par exemple, imaginez une file d’attente dans un aéroport où vous pourriez accéder à une « queue express » grâce à la connectivité différenciée.

Pour le Maroc, en particulier avec les grands événements sportifs à venir, la 5G permettra une expérience immersive dans les stades, que ce soit pour les spectateurs présents ou à distance, avec des interactions en temps réel.

Les API de réseau, quant à elles, permettront de donner aux développeurs et aux entreprises marocaines un accès direct aux capacités des réseaux pour créer de nouvelles solutions innovantes, une véritable opportunité pour les start-up locales.

— Oui, l’IA est déjà utilisée depuis plus de deux décennies dans les réseaux télécoms. Aujourd’hui, l’IA permet d’améliorer la productivité et la gestion des réseaux de manière significative. Elle est un levier pour la création de réseaux autonomes, et nous sommes sur le chemin de la révolution dans la gestion des réseaux. Ces technologies sont mises à disposition de nos clients pour accroître leur efficacité et leur capacité à répondre aux besoins des consommateurs.

— Nous sommes ravis d’avoir signé ce partenariat qui vise à accompagner les petites entreprises et les start-up au Maroc, en leur offrant des formations sur des technologies clés telles que l’IA, le cloud et la 5G. Ce partenariat inclut également un programme de mentoring et de coaching.

– Nous mettons à disposition notre programme Ericsson Educate, une plateforme digitale avec des formations interactives en ligne. Nous avons également des ingénieurs marocains prêts à accompagner ces entreprises et à partager leur expertise.

– Notre priorité est bien sûr le lancement de la 5G, en accompagnant nos partenaires locaux, notamment les opérateurs télécoms. Nous souhaitons aussi explorer de nouveaux secteurs, comme l’industrie minière, la santé et la formation, pour explorer ensemble les multiples cas d’usage de la 5G.

Deal IAM-Wana : les parties conseillées par Naciri & Associés A&O Shearman

Naciri & Associés A&O Shearman assiste IAM et Wana Corporate dans leur rapprochement historique, apprend Médias24 de sources sûres.

Le deal a été scellé le 27 mars dans les locaux du cabinet dirigé par Me Hicham Naciri. Ce dernier a piloté les négociations qui ont abouti, entre autres, à la signature de la transaction mettant fin au conflit judiciaire opposant les deux opérateurs de télécommunications.

Le même cabinet intervient également dans la création des deux joint-ventures destinées à mutualiser les infrastructures d’IAM et de Wana pour accélérer le déploiement de la 5G et de la fibre optique au Maroc. Les équipes de Me Hicham Naciri s’occuperont notamment de la notification de ce projet à l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), qui devra donner son aval avant la concrétisation de l’accord.

« La mise en œuvre de ce partenariat restera soumise à l’obtention de l’autorisation de l’ANRT au titre du contrôle des opérations de concentration », lit-on dans le communiqué annonçant le rapprochement. La phrase, où l’on reconnaît la précision du juriste, est une information distillée sciemment par le cabinet. Elle pose une suite au dossier et précise l’instance en charge de son instruction.

L’ANRT dispose d’une compétence exclusive en matière de contrôle des concentrations économiques intervenant dans son secteur. Le Conseil de la concurrence n’a donc pas la main sur l’opération IAM/WANA et sera seulement « informé » de la décision de son homologue, régulateur sectoriel (voir article 8bis de la loi n°24-96 relative à la poste et aux télécommunications, telle qu’elle a été modifiée et complétée).

« L’ANRT est en charge du dossier. Le Conseil sera informé de la décision en fin de parcours« , nous déclare une source autorisée, confirmant les déclarations de plusieurs interlocuteurs impliqués dans le deal.

« Les télécommunications sont le seul secteur dont le Conseil ne contrôle pas les concentrations. Même les secteurs des banques et des assurances, qui sont pourtant soumis à de puissants régulateurs tels que BAM ou l’AMMC, doivent passer par le Conseil », ajoute, sur un ton critique, un spécialiste du droit de la concurrence.

« Les compétences du Conseil en matière d’application du droit de la concurrence dans le secteur des télécoms ont été transférées provisoirement à l’ANRT en 2006, sous la direction de Mohamed Benchaâboun, à une époque où le Conseil n’était pas encore opérationnel. Cette exception unique au monde a été maintenue au Maroc », précise un fin praticien, qui a déjà traité d’importantes affaires de concurrence.

Depuis 2016 (voir décret n° 2-16-347), l’ANRT régule les opérations de concentration économique dans le secteur des télécommunications, conformément à la loi n° 104-12 sur la liberté des prix et de la concurrence. En la matière, l’Agence obéit donc aux mêmes règles de procédure applicables au Conseil de la concurrence. Les parties d’une concentration doivent donc notifier dans les mêmes délais et selon les mêmes modalités.

Théoriquement, la finalité du contrôle reste la même : empêcher que la concentration ne débouche sur la création d’une position abusivement forte sur le marché. Après notification, l’ANRT peut valider ou refuser le projet, ou donner sa validation sous conditions.

Comme le Conseil de la concurrence, l’ANRT intervient également lorsque des opérations de concentration sont réalisées sans notification ou avec des informations incorrectes. L’ANRT peut imposer des mesures correctives si une décision d’autorisation n’est pas respectée. En cas d’abus de position dominante ou de dépendance économique, l’ANRT peut contraindre les entreprises concernées à modifier ou annuler des accords, sous astreinte, pour rétablir la concurrence.

À Maroc Telecom, une première AG peu ordinaire pour Mohamed Benchaâboun

Itissalat Al-Maghrib a tenu, ce jeudi 27 mars, sa première assemblée générale sous la présidence de Mohamed Benchaâboun. Une AG dite « ordinaire », mais précédée et suivie d’événements peu anodins.

Quelques heures avant cette AG, l’AMMC annonçait la suspension de la cotation de l’opérateur télécom à la Bourse de Casablanca, en prévision de la « diffusion d’informations importantes ». Toute la matinée, le marché a eu les yeux rivés sur le pourquoi de cette suspension.

La réponse est arrivée en milieu de journée avec une annonce historique : le rapprochement officiel entre IAM et Wana, qui s’apprêtent à créer une structure commune pour accélérer le déploiement de la fibre optique et de la 5G.

Par la même occasion, les deux acteurs concluront une transaction pour clore définitivement leur contentieux autour du dégroupage de la boucle locale. Après des années de guerre judiciaire, l’heure est aujourd’hui à l’apaisement.

Apaisement, innovation, développement… Ce jeudi 27 mars à partir de 11 h, face aux actionnaires, Mohamed Benchaâboun a mis l’accent sur ces trois mots d’ordre, comme pour dévoiler le nouvel esprit d’IAM. « Nous espérons que 2025 sera une année où le groupe va pouvoir entamer un tournant par rapport aux politiques qui ont prévalu jusqu’à présent », a-t-il déclaré aux actionnaires.

Il s’agit de « tourner une page », celle qui a été marquée par de lourdes tensions avec les concurrents. Des frictions qui ont coûté plus de 12 MMDH en amendes et dédommagements à l’opérateur historique, condamné pour abus de position dominante.

Le premier effet de cette accalmie est d’ordre financier : IAM, qui avait payé plus de six milliards de dirhams à Wana dans le cadre de leur litige, se verra restituer une partie de ce montant (2 MMDH) après la transaction. Selon nos sources, la signature de l’accord est prévue pour ce mardi 27 mars.

Dans le même sillage, une autre information majeure a été confirmée au cours de l’AG d’après nos informations: IAM est parvenue à une solution amiable concernant un litige l’opposant, au Mali, à une association de protection des consommateurs nommée Remacotem (Réseau malien des consommateurs de téléphonie mobile et TIC). Dans cette affaire, la justice malienne avait condamné IAM à indemniser son adversaire pour un montant dépassant les 2 MMDH, dont plus de 900 MDH à la charge de sa filiale Sotelma. Les termes de l’accord n’ont pas encore été communiqués par IAM.

Selon nos sources, Mohamed Benchaâboun a insisté sur la résolution de tous « les litiges qui ont prévalu jusqu’à présent » afin de « se concentrer davantage sur l’innovation et le développement dans un climat apaisé ».

Les défis sont de taille, notamment celui du lancement de la 5G. Le rapprochement entre IAM et Wana s’inscrit dans cette dynamique. Les deux entités créeront une joint-venture pour réussir ce projet commun. Si la signature de l’accord est imminente, son officialisation dépend du visa de l’Agence nationaledes télécommunications.

Quant à la mise en œuvre de la technologie, elle sera également déterminée par l’ANRT. Selon nos sources, IAM attend que cette institution communique sur les règles, le cahier des charges et les conditions régissant l’implémentation de la 5G. « Nous n’avons pas de nouvelles des conditions. Lorsqu’elles seront connues, nous pourrons discuter de notre stratégie », a précisé Benchaâboun, qui promet le meilleur service en matière de 5G et de qualité de service.

En plus de la 5G au sujet de laquelle une question a été posée, les actionnaires espéraient une réponse, en live, au sujet de la suspension. Le secrétaire de séance a évoqué des raisons « qui seront communiquées dans les prochaines heures », indiquant que l’accès à cette information sera fait pour tout le monde « sur un pied d’égalité ».

Au final, une AGO parfaitement ordinaire, hormis le contexte exceptionnel de l’annonce du rapprochement avec Wana. Pour la petite histoire, 14 résolutions ont été votées, et le dividende qui sera distribué a été confirmé à 1,43 DH par action.

https://medias24.com/2025/03/27/inwi-et-maroc-telecom-scellent-un-rapprochement-strategique-et-tournent-la-page-de-leur-bataille-judiciaire/

https://medias24.com/2025/03/27/accord-iam-inwi-un-big-bang-dans-les-telecoms-au-maroc/