Voice of Africa. Les défis de l’écosystème des startups en Afrique (Yassine Laghzioui)

« L’écosystème entrepreneurial africain est très prometteur mais fait face à plusieurs défis », explique Yassine Laghzioui, CEO de UM6P Ventures, au micro de Médias24. « Nous avons détecté, à l’UM6P Ventures, plusieurs opportunités ; or ce sont des projets en attente d’investissements qui risquent de ne jamais aboutir », dit-il, déplorant que « la crise économique actuelle ne [fasse] qu’empirer la situation pour les porteurs de projets ».

Selon lui, le plus grand challenge du continent est la fragmentation du marché, avec plus de 50 pays africains, chacun ayant sa propre culture et ses propres réglementations et habitudes de consommation. Ces différences compliquent le développement des startups au niveau continental. 

Pour y remédier, estime Yassine Laghzioui, « l’une des solutions est de créer un cadre standardisé et unifié qui simplifie le développement des startups » ; en plus de créer un partenariat entre les investisseurs africains pour permettre à leur portfolio de startups de progresser à l’échelle continentale. 

Le second défi se situe au niveau des réglementations. Le cadre légal n’est pas homogène et cohérent, « ce qui rend cauchemardesque le développement continental des startups ». Là encore, pour y remédier, la solution peut être de mettre en place une sandbox (un système virtuel sécurisé) qui permet au startups de tester leurs solutions sans les composantes liées aux régulations, suggère Yassine Laghzioui. 

Le dernier défi est lié au capital humain. « Nous constatons un décalage entre les compétences des diplômés et les besoins des startups, notamment les compétences entrepreneuriales », observe notre interlocuteur. Les formations doivent être adaptées à l’entrepreneuriat. Quant aux universités, elles pourraient également développer des programmes d’accompagnement dédiés aux étudiants ayant des idées de projets.

Mustapha Kamel Nabli : “Il faut un changement de gouvernance des institutions internationales”

Défis du changement climatique, financement du développement, migration et gouvernance des institutions internationales… Voici les principales thématiques sur lesquelles s’est penché Mustapha Kamel Nabli, économiste de renom, ancien gouverneur de la Banque centrale et ancien ministre des Finances en Tunisie. Il a également été économiste en chef et directeur du département économique de la zone MENA au sein de la Banque mondiale.

Voici l’essentiel de ses déclarations. L’intégralité de l’interview est à visionner ci-dessous (à partir de 5:24:45) :

“Le financement des défis du changement climatique va coûter très cher”

“Pour saisir ce qui se passe dans ce genre de réunions, il faut comprendre les problèmes qui préoccupent l’opinion publique internationale et les organisations internationales qui se réunissent ici [à Marrakech].”

“Le premier problème qui se pose est celui du financement du développement dans le sens où, en plus des financements ‘normaux’ de développement des pays pauvres, l’on ajoute les besoins pour financer les défis du changement climatique, et c’est un grand problème, parce que cela va coûter très cher.”

Le besoin additionnel pendant la prochaine période sera à peu près de 2.400 milliards de dollars par an

“Presque tous les pays du monde sont en train de vivre l’impact réel du changement climatique sur la production agricole, la sécurité alimentaire, l’eau potable, le système de fourniture d’énergie, etc. On a commencé à comprendre l’ampleur des besoins. Quand on cumule les besoins habituels et les besoins additionnels, les besoins de financement sont énormes pour les vingt, trente, voire quarante prochaines années.”

“Le besoin additionnel pendant la prochaine période sera à peu près de 2.400 milliards de dollars par an. Cela signifie que le financement du développement doit multiplier les capacités financières par trois, au moins, par rapport au niveau actuel.”

“Ce qui s’est passé pendant ces réunions, c’est que la conscience du problème est devenue acceptée, comprise. Jusqu’à maintenant, on n’avait pas pris la mesure de ce problème. On savait qu’il était là, mais son ampleur n’était pas connue. Un des points sur lesquels il y a eu progrès, c’est qu’il y a eu un consensus sur l’ampleur de ce problème. C’est un progrès à mon sens.”

“La question est de savoir comment on passe de cette compréhension des besoins à l’application ? Comment va-t-on mobiliser ces ressources ? D’où est-ce que ça va venir ? C’est là où les progrès ont été moins importants.”

Les pays pauvres “sont les moins responsables (du changement climatique, ndlr). C’est le grand paradoxe de ce problème. Les pays qui sont les plus impactés, en termes relatifs sont ceux qui ont contribué le moins au réchauffement climatique.”

“Il y a la prise de conscience (des pays riches, ndlr), mais est-elle assumée ? On n’en est pas là.”

“Ces dernières années, les pays riches ont de moins en moins contribué à financer le développement des pays les plus pauvres.”

Les institutions internationales sont-elles capables de multiplier leurs interventions par trois, au minimum ? 

“Ce qu’on ne doit pas oublier, c’est l’impact du réchauffement climatique et son effet migratoire aujourd’hui sur la migration Sud-Sud. Les gens ne réalisent pas cela. En Afrique par exemple, les flux migratoires intra-africains sont énormes. En Asie du Sud-Est et en Amérique latine également.”

“La deuxième question qui se pose est celle de savoir comment on va faire… Comment mobiliser et qui va mobiliser ? D’où va venir cet argent ? Quel est le rôle des institutions de développement et, surtout, des banques multilatérales ? Ces banques-là, est-ce qu’elles sont capables et est-ce qu’on va avoir les moyens de multiplier leurs interventions par trois au minimum ?”

“Il y a des petits progrès, mais pas de grands progrès. Il y a un consensus sur le fait que l’on doit soutenir ce processus de multiplication de la capacité de ces banques-là à financer le développement. On estime le financement annuel de ces institutions multilatérales à 120 milliards de dollars par an, qu’il faut multiplier par trois, au moins, pour arriver à 400 milliards de dollars à peu près.”

“Les pays en développement demandent une voix plus forte”

“Le troisième enjeu est la question de la gouvernance de ces institutions. Pour que ces banques-là puissent être capables de mobiliser les ressources et de les dépenser de manière plus efficace, il faut nécessairement qu’il y ait un changement très important de leur gouvernance.”

“Le changement de gouvernance veut dire : qui contrôle ces institutions ? Qui est le patron ? Pour qui travaillent-elles ? Jusqu’à maintenant, ces institutions sont dominées par l’Ouest, par les pays européens et les Américains (…). On estime que la voix des pays en développement n’est pas suffisamment prise en compte. Il y a une demande des pays en développement, en particulier les plus émergents comme la Chine, l’Inde, etc. qui demandent une voix plus forte. Les pays africains aussi, [ils demandent] une présence, une représentation et une prise en compte plus fortes.”

Une grande partie du financement doit venir du secteur privé. C’est inévitable

“Il y a un veto implicite des États-Unis sur ce qui peut être fait au Fonds monétaire international ; parce qu’on a une règle qui stipule que pour les choses très importantes, il faut une majorité de 85% des voix, or les États-Unis détiennent plus de 15%. Cette question-là est posée et n’est pas près d’être résolue. Les États-Unis ne sont pas prêts à abandonner leur position dominante, ni à abandonner la position de nommer le président de la Banque mondiale, bien que ce soit une règle informelle. De même pour les Européens qui ont le pouvoir de nommer le directeur général du FMI.”

“Ce sont les questions de gouvernance qui se posent. La représentativité, la voix, et bien sûr ce qui découle de cela, comment ça fonctionne, l’efficacité, etc. Il n’y a pas eu beaucoup de progrès là-dessus.”

“Puisqu’il faut multiplier le financement des pays les moins développés par trois, tout ceci ne peut pas venir du public, une grande partie doit venir du secteur privé. C’est inévitable. La question qui se pose est de savoir comment faire en sorte que le public, y compris les banques multilatérales, arrivent à attirer le secteur privé pour participer à ce financement-là ? C’est un grand problème, et un grand chantier sur lequel on a très peu d’idées. Mais il est crucial.”

AA2023 : ce qu’il faut retenir de la couverture quotidienne des assemblées

Clap de fin pour les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, tenues du 9 au 15 octobre, à Marrakech. La première édition en Afrique après 50 ans et la première dans le monde arabe après 20 ans, a été une réussite sur tous les plans.

Maintenue malgré le récent séisme qui a frappé la région avoisinante de la ville ocre, l’organisation marocaine a ébloui les représentants des deux institutions ainsi que tous les participants qui n’ont pas tari d’éloges à l’endroit des organisateurs.

Lire aussi : AA2023 : visite guidée des coulisses de l’organisation des Assemblées

Durant ces sept journées, Médias24 a assuré une couverture en continu à travers des lives streaming quotidiens via notre Web Tv, présente sur le site de Bab Ighli qui accueille cet événement majeur. L’occasion de recevoir d’éminentes personnalités, hauts responsables marocains et étrangers, qui ont, chacun de son côté, répondu à nos questions autour des assemblées et de diverses thématiques qui les concernent.

Avant de revenir sur les faits marquants et grandes annonces de cette semaine, voici les streams de chaque journée : Jour 1 ; Jour 2 ; Jour 3 ; Jour 4 ; Jour 5 ; Jour 6 ; Jour 7.

Durant cette semaine, de nombreux séminaires, conférences, panels et side events ont été tenus. Plusieurs rencontres et décisions ont été annoncées.

Message royal : “Le Maroc souhaite que l’Afrique puisse trouver sa place dans les instances internationales”

Le Roi Mohammed VI a reçu le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, et la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva le vendredi 13 octobre, à l’ouverture de la session parlementaire. Le jour-même, le Souverain a adressé un message aux participants des assemblées annuelles, lu au début de la plénière qui a marqué le début effectif des assemblées.

Dans ce message, dont lecture a été donnée par Omar Kabbaj, conseiller du Roi, le Souverain a assuré qu’”en tant que pays africain, le Maroc souhaite vivement que le Continent, dont la voix est désormais audible au sein du Groupe des 20 à travers l’Union Africaine, puisse trouver la place qui lui revient dans les autres instances internationales et ainsi mettre en oeuvre ses agendas économiques et sociaux”.

Durant cette séance plénière des assemblées, Ajay Banga, président de la Banque mondiale a annoncé l’ambition de l’institution de lever 4 milliards de dollars pour le Crisis Response Window Plus.

De son côté, la DG du FMI, Kristalina Georgieva, a partagé les mesures “à prendre sans regret” face à la situation mondiale actuelle et souligné qu’il est essentiel de réduire l’écart de revenu en Afrique par rapport aux pays les plus avancés. Mais aussi de générer une croissance créatrice d’emplois.

Maroc – SFI : un financement de 195 millions de dollars

En marge des assemblées, la ministre des Finances, Nadia Fettah Alaoui, a co-présidé, le 10 octobre, une cérémonie de signature de quatre accords de financement avec la Société financière internationale.

Le financement porte sur 195 millions de dollars à travers quatre projets pour soutenir la sécurité alimentaire, l’accès au financement, l’agriculture durable et la construction au Maroc et dans d’autres régions d’Afrique.

Par ailleurs, le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, la DG du FMI, Kristalina Georgieva, la ministre des Finances, Nadia Fettah et Abdellatif Jouahri, gouverneur de la banque centrale, ont publié le mercredi 11 octobre 2023 la déclaration des “Principes de Marrakech”.

Ces principes, qui sont au nombre de 4, visent la coopération mondiale et fournissent un cadre général pour aider à exploiter le pouvoir du multilatéralisme au bénéfice de tous. Il s’agit de :

Un troisième siège pour l’Afrique

La décision du FMI d’attribuer un siège supplémentaire à l’Afrique au sein de conseil d’administration constitue une avancée importante, selon la ministre des Finances, Nadia Fettah Alaoui.

“Ce siège permettra à l’Afrique d’avoir une voix permanente au sein des instances de gouvernance du FMI”, a-t-elle déclaré.

Le 14 octobre, la ministre des Finances a conjointement annoncé, avec son homologue espagnole, Nadia Calviño, la mobilisation de 11,6 millions d’euros pour la reconstruction des zones touchées par le séisme du 8 septembre.

Interviews exclusives, échanges et discussions autour des assemblées

Dans le cadre de sa couverture en continu, Médias24 a reçu sur son plateau à Bab Ighli, mais est aussi allé à la rencontre, en dehors de celui-ci, de plusieurs personnalités marocaines et étrangères, dans le cadre des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale.

Analyse de l’économie mondiale, régionale et marocaine, tourisme, industrie, investissement, ou encore gouvernance des institutions internationales et financement des défis du changement climatique … tant de thématiques ont été abordées par nos différents invités dont les entretiens sont à retrouver ci-dessous :

Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib ;

Mohcine Jazouli, ministre délégué auprès du chef du gouvernement de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques ;

Abdelhamid Addou, PDG de Royal Air Maroc ;

Younes Sekkoury, ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences ;

José Luis Escrivá, ministre espagnol de la Migration ;

Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce ;

Fathallah Oualalou, ancien ministre des Finances ;

Fatim Zahra Ammor, ministre du Tourisme et de l’artisanat ;

Hicham Serghini, directeur général de Tamwilcom ;

Mehdi Tazi, vice-président général de la CGEM ;

Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football ;

Habiba Laklalech, directrice générale de l’Office national des aéroports (ONDA) ;

Mbarka Bouaida, présidente de la région Guelmim-Oued Noun ;

Karim El Aynaoui, président exécutif du Policy Center for the New South ;

Ferid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale de la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord ;

Khalid Safir, directeur général de la Caisse de dépôt et de Gestion (CDG) ;

– Mustapha Kamel Nabli, économiste, ancien gouverneur de la banque centrale et ancien ministre des Finances en Tunisie (ici, à partir de 5:24:45)

Oumayma Bourhriba, économiste au PCNS sur l’économie marocaine.

Economie mondiale : une situation où l’anormal se normalise selon Abdelaaziz Ait Ali

L’année 2023 est assez exceptionnelle et se traduit  par une accumulation de différentes crises que l’économie mondiale a connu dernièrement notamment, la crise du Covid, la guerre en Ukraine, l’inflation et le changement climatique, selon l’économiste Abdelaaziz Ait Ali.

« On vit actuellement une situation où l’anormal devient normal » déclare la même source avant d’expliquer que « la situation de crise et l’incertitude deviendront les nouvelles normes, on doit donc s’adapter à ce contexte ». Il faut que les politiques publiques prennent en considération cette dimension de « perma-crise ».

Durant ces dernières années, l’économie mondiale a fait face à une fragmentation ou une déglobalisation. Il s’agit d’un phénomène qui est en train de s’installer et qui risque de créer des changements au niveau des chaines mondiales mais également locales, explique l’économiste. Face aux divers chocs subis, notamment géopolitique, l’économie mondiale fait toutefois preuve de résilience, « elle performe à des taux qui sont certes, inférieurs à la période pré-covid mais qui restent assez respectables et devraient rester aux alentours de 3% » affirme t-il.

A l’avenir, il faut rester vigilant par rapport à ce qui pourrait se passer, selon l’expert. La tendance internationale se traduira par une restructuration des principes économiques, « on se dirige par des relations économiques et financières fondées sur trois principes : la sécurité économique, l’inclusivité et la durabilité » conclut-il.

Khalid Safir : “la CDG est l’instrument de financement idéal pour le long terme”

“Toute la semaine a été riche. C’était une grande réussite pour le Royaume (…). C’est aussi un moment de réflexion commune, au niveau mondial ; un moment où nous avons mis en lumière le modèle marocain sous l’égide de Sa Majesté le Roi. Cette semaine s’est terminée en apothéose par l’audience que Sa Majesté a donnée au président de la Banque mondiale et la directrice générale du FMI, mais aussi par le message royal adressé à ces assemblées pour laisser le nom du Maroc marqué pendant les prochaines décennies notamment avec la déclaration de Marrakech ; mais aussi pour faire du Maroc un modèle à examiner, à étudier (…)”, nous déclare Khalid Safir, directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion, interviewé par Médias24 dans le cadre des Assemblées annuelles à Marrakech.

Le patron de la CDG s’est arrêté sur plusieurs thématiques qui concernent l’organisation de ces assemblées qu’il considère comme une “grande réussite” pour le Royaume, mais aussi sur le rôle de la CDG en matière de financement de projets à long terme tant à l’échelle nationale qu’au niveau international.

Le modèle marocain mis en lumière

Si le maroc est considéré comme un modèle, c’est en raison de sa “vision grâce au leadership de Sa Majesté, de sa méthode, des compétences pour réaliser les projets”, mais aussi parce qu’il s’agit d’un pays “qui s’est installé dans une trajectoire positive et qui avance progressivement, sereinement et sûrement”.

Le Maroc a démontré qu’il était capable de relever les défis et qu’il était résilient

Durant ces assemblées, “il y a eu beaucoup de discussions autour de ces questions de crises et d’urgence”. Khalid Safir confie avoir “appris” le mot “perma-crise”, selon lequel “nous sommes passés du concept de poly-crises à un stade de crises permanentes, où nous passons d’une crise à l’autre”.

“Il y a des crises géopolitiques, climatiques et sanitaires. Ça devient quelque chose de permanent. Le Royaume a développé cette résilience de pouvoir gérer ce genre de crises et d’être très réactif et très souple”, poursuit Khalid Safir.

Et d’ajouter : “Le Maroc a démontré qu’il était capable de relever les défis et qu’il était résilient. La Banque mondiale et le FMI ont maintenu ces assemblées et ils ont eu raison puisque l’organisation était formidable, très réussie”.

La CDG : instrument idéal pour les investissements à long terme

À la question de savoir comment la CDG s’organise en tant que levier de financement national et international, Khalid Safir explique qu’au niveau national, “elle est cet instrument (de financement, ndlr), de par ses missions de base c’est une institution qui collecte l’épargne privée et les fonds de retraite pour les transformer en investissement. C’est un instrument idéal pour collecter des fonds pouvant servir à des investissements à long terme”, a-t-il déclaré.

Il poursuit en précisant qu’il s’agit là de “la spécificité de la CDG, qui la différencie, par exemple, des banques qui, elles, collectent des fonds et dépôts pour des financements à court et moyen termes. La CDG, elle, se projette sur le long terme. C’est une complémentarité avec les financements bancaires”.

Nous sommes en discussion avec un certain nombre de départements ministériels pour identifier des opportunités dans le cadre de la politique gouvernementale

“Les besoins des États, en général, sont des besoins de financement sur le long terme. Parce que tous les investissements d’infrastructures constituent toujours des besoins sur le long terme. C’est donc un outil idéal. La CDG a accompagné toutes les politiques sectorielles nationales depuis sa création, à la fin des années 50, où elle a participé à la réalisation de plusieurs unités hôtelières dans les années 60. Elle a participé dans l’aménagement du territoire, dans la construction de cités résidentielles dans plusieurs villes marocaines et plus récemment elle a accompagné la stratégie industrielle en réalisant une trentaine de zones industrielles d’activités économiques”, poursuit le DG de la CDG.

“Actuellement, dans le cadre de la stratégie 2024 – 2030 de la Caisse, nous sommes en discussion avec un certain nombre de départements ministériels pour identifier des opportunités dans le cadre de la politique gouvernementale sur un certain nombre de secteurs. Que ce soit ce qui tourne autour de l’eau ou tout ce qui va accompagner la transition énergétique de notre pays, ainsi que la décarbonation de notre économie”.

“La CDG est de par sa nature un outil qui accompagne la décentralisation et le développement des territoires (…). Quand j’étais encore au ministère de l’Intérieur, au niveau de DGCT, j’étais tout le temps en contact avec la CDG et nous avions monté plusieurs opérations ensemble (…). La CDG a toujours été un outil au service aussi des territoires et elle le restera”.

Concernant le volet international, Khalid Safir précise que “la CDG a une modeste participation aujourd’hui, puisqu’elle fait partie du club des caisses de dépôt africaines. Elles sont plus jeunes que la CDG, puisqu’elles ont été créées après les années 2000.  La CDG les accompagne pour que, dans ces pays là, ces pays frères et amis, l’on puisse mettre en place cet instrument de mobilisation de financement du long terme”.

Voici l’essentiel de ses déclarations.

 

Abdellatif Jouahri primé parmi les meilleurs gouverneurs de banques centrales à l’international

En marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale qui se tiennent à Marrakech du 9 au 15 octobre 2023, Abdellatif Jouahri, Wali de Bank Al-Maghrib a reçu, ce samedi 14 octobre, le prix relatif à son classement parmi les meilleurs gouverneurs de banques centrales à l’échelle internationale.

Le prix lui a été décerné par le magazine américain Global finance.

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AA2023 : visite guidée dans les coulisses de l’organisation des Assemblées

Malika Berkia nous explique tout ce qui a été réalisé en amont et partage le résultat de deux années de travail et de préparations. C’est effectivement Avant scène qui a réalisé 80% du projet. « 80% des acteurs qui ont travaillé sur toute la partie événementiel sont Marocains« , souligne Malika Berkia.

Selon Malika Berkia, l’agence Avant scène a géré la partie viabilisation du terrain. « Nous étions sur un terrain vide. Nous avions quarante hectares à aménager en termes de réseau et de VRD dans le sens large, puis toute la partie montage des structures éphémères. Nous avons monté plus de 80 chapiteaux dont une soixantaine aménagés en espaces de conférences pour accueillir les différents panels organisés tout au long de la semaine », explique-t-elle.

Avant scène gère également l’exploitation du site, l’accueil et la gestion des salles pendant toute la semaine, mais aussi le volet aménagement, le changement de set up et le volet technique.

« C’est l’aboutissement de deux ans de travail. Nous avions répondu à un appel d’offres du ministère des Finances il y a deux ans. Il y a eu quelques déconvenues avec la crise du Covid, mais c’est l’aboutissement de deux ans de travaux en étroite collaboration avec le ministère des Finances et les deux institutions (Banque mondiale et FMI) », explique-t-elle.

La master room, le saint des saints

La gestion du site de Bab Ighli est centralisée dans le poste de commandement où sont concentrées toutes les caméras. Il s’agit de l’espace où plusieurs experts contrôlent tous les événements, bien évidemment interdit d’accès au public.

Malika Berkia explique que cette master control room concentre tout le streaming. « Au total, 200 caméras sont connectées et diffusent en temps réel tous les programmes et les conférences organisées pendant cette semaine. On reçoit les médias et on les redistribue à plus de 1.000 journalistes à travers le monde entier », explique-t-elle.

« Nous sommes chargés de toute la partie broadcast et streaming, et de façon plus large, de toute la partie aménagement audiovisuel technique (son, lumière, vidéo) et de tout le volet aménagement et production de l’événement », précise Malika Berkia.

« Le Maroc est devenu une destination stratégique pour l’organisation de ces événements »

Selon elle, « le Maroc répond aux normes internationales dans l’organisation de ces grands événements. Le Royaume est devenu une destination de choix et une destination stratégique pour l’organisation de ces événements ».

Durant cette visite guidée, Malika Berkia explique que « les sides events de la Banque mondiale ont lieu dans une des salles les plus importantes de la Banque mondiale sur lesquels Avant scène a travaillé à une scénographie particulière ».

Durant la période de préparation avec le ministère des Finances, le FMI et la Banque mondiale, les deux institutions « avaient à cœur de pouvoir présenter le Maroc en images ». Autrement dit, le but était de montrer à travers les images que les assemblées ont lieu au Maroc.

Ainsi, en termes de scénographie, l’idée était de « retrouver des codes spécifiques du Maroc ». « Nous avons fait travailler des artisans marocains sur certaines salles dans notre scénographie et notre décoration pour mettre en valeur notre savoir-faire et notre artisanat, notamment à travers une fontaine au centre d’une salle de conférences, du travail de plâtre et de zellige. »

Voici, en vidéo, l’intégralité de la visite guidée dans les coulisses de l’organisation des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale 2023.

“Le nouveau sud est très bien représenté par un pays comme le Maroc“ (Karim El Aynaoui)

Dans une interview accordée à Médias24, le président exécutif du PCNS, Karim El Aynaoui, s’est arrêté sur plusieurs thématiques dont les attentes du continent, l’architecture financière internationale, ou encore sur la différence entre le sud global et le nouveau sud.

Voici l’essentiel de ses déclarations. L’intégralité de l’entretien est à visionner ci-dessous :

Financement plus élevé : principale attente du continent

À la question de savoir quelles sont les attentes du continent des institutions financières internationales, Karim El Aynaoui indique qu’elles sont “nombreuses mais assez précises”. “Au-delà des questions de voix et de représentation, qui font appel à des principes moraux”, l’idée est de connaître la représentation du “nombre d’administrateurs dont dispose l’Afrique aux conseils d’administration de ces institutions”.

”Ces conseils d’administration sont exécutifs. Ils sont très impliqués dans le management. Ils se réunissent au moins deux fois par semaine et passent les projets. C’est important. Ce ne sont pas des conseils d’administration distants du management”.

“Ce que demande l’Afrique c’est, en premier lieu, de rappeler que ces institutions sont légitimes, vues comme étant légitimes et utiles. À la fois la Banque mondiale sur le financement du développement, donc à long terme, et le Fonds monétaire international en tant que mécanisme d’assurance collective de gestion des crises”.

“Il n’y a pas de remise en question de ces institutions fondamentalement. Ce que nous défendons et ce que souhaite la plupart des pays africains sont des institutions plus fortes, plus larges, avec des capacités de financement, en particulier sur le long terme (…). Beaucoup de pays ont besoin de financement plus élevés donc il faut une banque mondiale plus musclée. Cela suppose des injections dans le capital, de faire grossir les institutions et donc que les principaux actionnaires – pays du G7 en premier, la Chine et l’Inde en particulier – augmentent leurs contributions”.

“Il en est de même pour le Fonds monétaire international : qu’il puisse financer davantage, en termes de gestion de crise, être plus actif dans la résolution des problèmes de dettes etc. ce qui suppose des éléments de dons également. Il y a, là aussi, une question de ressources”.

Interrogée sur l’apport des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale au vu du contexte géopolitique et géo-économique actuel, Karim El Aynaoui explique qu’il ne faut pas “attendre une révolution”.

“Ces réunions se tiennent, depuis des décennies, chaque année. Deux fois par an (…). Chaque année on prend le pouls de la croissance mondiale et on partage des appréciations. Il y a des rapports qui sont sortis à cette occasion notamment le World Economic Outlook du FMI qui donne les perspectives. Le message principal est un ralentissement de l’économie mondiale, une inflation qui reste assez élevée. En baisse, mais tout de même assez élevée”.

“Ces tensions géopolitiques affectent la globalisation et la mondialisation que l’on a longtemps cru comme étant heureuse avec une forme de convergence de tous les pays vers une ouverture au commerce”.

Sud global et nouveau sud : quelle différence ?

“Le sud global est un front anti-occident. Le groupement des BRICS, sous la houlette de ces grands émergents, en particulier la Russie – Chine accompagnés d’un certain nombre de pays qui viennent de rentrer dans les BRICS, propage un narratif anti-occident”.

“Le nouveau sud est très bien représenté par un pays comme le Maroc. Un pays de juste milieu qui veut coopérer avec tout le monde, avec ce sud global ou ce ‘vieux nord’ (…). Nous sommes un nouveau sud bien dans sa peau, à l’aise dans ce nouveau monde qui s’ouvre, décomplexé, avec de plus grands espaces que nous sommes en train de saisir”.

À la question de savoir comment les hauts organismes financiers globaux gèrent le fait d’être “bousculés” par ce “nouveau Sud”, Karim El Aynaoui a expliqué que, si cela “se ressent” davantage aujourd’hui, il s’agit “des caisses de résonance des rapports et des tensions géopolitiques globales qui existent depuis les années 1990 (…) Ces conséquences ont mis trente ans à vraiment se faire sentir dans l’ordre international, avec la montée en puissance de la Chine”.

L’ouvrage “Morocco’s quest for stronger and inclusive growth”, commenté par Oumaima Bourhriba

Cet ouvrage met en avant tous les facteurs sous-jacents de la résilience du Maroc et les réformes entreprises pour renforcer la résilience et l’inclusivité du pays, nous explique l’économiste qui a contribué à sa réalisation.

“Après les perturbations des années 80, il y eut le programme d’ajustement structurel des déséquilibres macroéconomiques du pays” rappelle t-elle.

“Durant ces trois dernières décennies, ce Maroc a témoigné d’une stabilité macroéconomique très importante et a renforcé sa résilience à travers une batterie de réformes” explique l’économiste avant de citer à titre d’exemples “ l’ouverture du pays à l’échelle internationale, les réformes pour renforcer et assurer l’indépendance de la banque centrale ainsi que le cadre de la surveillance financière et une amélioration de la gouvernance des administrations publiques”

Les autorités marocaines ont élaboré des réformes pour améliorer la sécurité sociale, le système éducatif et l’inclusion des jeunes et des femmes, même durant la pandémie du Covid-19, souligne-t-elle.

Ce livre trace tous ces facteurs et réformes avec pour objectif de donner des leçons aux pays en développement qui sont en quête de stabilité macro-économique.

L’économiste a contribué à cet ouvrage dans le cadre d’un chapitre dédié aux secteurs manufacturiers au Maroc pour tracer l’évolution de l’emploi à leurs niveaux à travers quatre facteurs : l’offre étrangère, la productivité, la demande étrangère et enfin, la demande domestique.

“Nous avons confirmé l’importance des relations stratégiques entre l’UE et le Maroc” (Paolo Gentilioni)

Après avoir rencontré le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, le Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, à la fiscalité et à l’union douanière, Paolo Gentilioni a souligné, à travers une publication sur X (anciennement Twitter), que cette rencontre représente un “engagement pour continuer à renforcer les relations entre le Maroc et l’Europe”.

Dans une déclaration à la presse, il précise que cette rencontre a également permis de “confirmer l’importance des relations stratégiques entre l’Union européenne et le Maroc”. Selon Paolo Gentilioni, “c’est la géographie, c’est l’histoire, mais c’est aussi l’avenir qui nous disent que ces relations sont très importantes”.

Et d’ajouter : “Il s’agit de travailler ensemble pour le développement de nos économies, pour les relations entre nos cultures et pour le développement de notre agenda vert. Il y a les potentialités de la recherche et du développement des énergies renouvelables”.

Par ailleurs, Paolo Gentilioni a commenté l’organisation des assemblées annuelles par le Maroc, seulement un mois après le tremblement de terre du 8 septembre. Pour lui, il s’agit d’un “message de confiance et de coopération entre le Maroc et l’Europe qui est très important”.

“Je pense que votre pays peut être fier d’avoir organisé cet événement dans une situation pas facile mais avec grand succès sur le plan international”, a-t-il conclu.

AA2023. L’essentiel de la 5e journée des Assemblées annuelles

La 5e journée sur le site de Bab Ighli a démarré par la plénière des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, à laquelle ont bien évidemment pris part, respectivement, la directrice générale du FMI et le président de la Banque mondiale.

Dans le cadre de sa couverture en continu des assemblées annuelles, Médias24 s’est entretenu avec de hauts responsables marocains. Il s’agit de Mbarka Bouaida, présidente de la région Guelmim-Oued Noun (à partir de 1:36:00) ; Habiba Laklalech, directrice générale de l’Office national des aéroports (à partir de 2:09:44) ; Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football (à partir de 2:42:42.) ; et Karim El Aynaoui, président exécutif du Policy Center for the New South (à partir de 6:36:15).

Des mesures à prendre “sans regret”

Lors de la séance plénière des AA2023, Kristalina Georgieva a annoncé les mesures « à prendre sans regret » face à la situation mondiale actuelle, soulignant qu’il est essentiel de réduire l’écart de revenu entre l’Afrique et les pays les plus avancés et de générer une croissance créatrice d’emplois.

Ajay Banga, président de la Banque mondiale, a quant à lui évoqué les quatre domaines de focus choisis par son institution pour faire face à l’urgence climatique, dévoilant son ambition de lever 4 milliards de dollars pour le Crisis Response Window Plus.

“Les investissements post-séisme n’auront aucun impact sur le PLF 2024”

Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget et président de la FRMF, a accordé une interview exclusive à Médias24, dans laquelle il évoque la position privilégiée du Maroc à l’international à la suite des AA2023, et le financement du plan d’investissement de 120 MMDH sur cinq ans après le séisme d’Al Haouz.

Le ministre est revenu sur le positionnement renforcé du Maroc à l’international, et sur la forte visibilité dont bénéficie le pays après les récentes annonces d’organisation de la CAN, de la Coupe du Monde ainsi que des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale.
Il a également rappelé les trois sources de financement qui permettront de déployer les 120 MMDH sur cinq ans, annoncés dans le cadre du programme royal.

Trafic aérien : un record historique attendu d’ici fin 2023

Médias24 a aussi reçu sur son plateau, à Bab Ighli, Habiba Laklalech, directrice générale de l’ONDA.

Lors de notre entretien, Habiba Laklalech a abordé la vision stratégique de l’ONDA, le modèle de gestion des aéroports, les projets d’extension et de construction de nouvelles infrastructures aéroportuaires.

“L’ONDA se porte très bien maintenant avec la reprise du trafic, après les deux années de Covid (…). À fin septembre, le niveau de trafic aérien a dépassé celui d’avant-Covid et on s’attend à ce que, d’ici la fin de l’année, on enregistre un véritable record historique.”

Région Guelmim-Oued Noun : un accord de financement dans le pipe avec la BERD (130 MDH)

Médias24 s’est également entretenu avec la présidente de l’Association des régions du Maroc et du conseil régional de Guelmim Oued-Noun. Mbarka Bouaida a apporté un éclairage sur plusieurs aspects en lien avec la région qu’elle préside, notamment les projets susceptibles d’être financés grâce au partenariats public-privé (PPP) et le développement du secteur des énergies renouvelables.

“Il est utile de préciser que la région Guelmim-Oued Noun s’est ouverte aux institutions financières internationales afin de financer des projets, mais aussi pour bénéficier de l’assistance technique de celles-ci, ainsi que du partage de savoir-faire avec d’autres régions du monde.”

Mbarka Bouaida précise que “la région a signé avec la SFI un accord de financement de 40 millions de dollars pour la réalisation de projets de mise à niveau urbaine et portuaire. Nous avons également dans le pipe la signature d’un accord de financement de 130 MDH avec la BERD, pour la réalisation de projets d’assainissement et d’approvisionnement en eau potable.” 

Médias24 s’est entretenu avec Karim El Aynaoui, président exécutif du PCNS. À la question de savoir comment les hauts organismes financiers globaux gèrent le fait d’être “bousculés” par ce “nouveau Sud”, Karim El Aynaoui a expliqué que, si cela “se ressent” davantage aujourd’hui, il s’agit “des caisses de résonance des rapports et des tensions géopolitiques globales qui existent depuis les années 1990 (…) Ces conséquences ont mis trente ans à vraiment se faire sentir dans l’ordre international, avec la montée en puissance de la Chine”.

Débat sur l’économie mondiale

En deuxième partie de journée, un débat sur l’économie mondiale s’est tenu avec la participation de Gita Gopitah, première directrice générale adjointe du FMI, Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE) et Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

“Aujourd’hui, nous assistons à une croissance mondiale faible du fait de l’inflation. Cette croissance à moyen terme risque également d’être faible, autour de 3%”, a indiqué Gita Gopitah, qui n’a pas manqué de rappeler le niveau record des dettes de plusieurs pays et le fardeau des services de la dette pour les finances publiques de ceux-ci.

Christine Lagarde, qui a rappelé l’objectif et le mandat de la BCE consistant à ramener le taux d’inflation à 2%, a souligné la nécessité d’investir dans l’économie numérique et l’économie verte, afin d’insuffler un nouveau souffle à la croissance mondiale, pénalisée également par les fragmentations géo-économiques et les velléités protectionnistes.

“Nous avons recensé près de 3.000 mesures de restriction au commerce en 2022”, a révélé Gita Gopitah. Toujours sur le registre des obstacles à l’essor du commerce international, Ngozi Okonjo-Iweala a déclaré en substance : “Pour certains, nous assistons à la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement, mais les problèmes découlent aussi de la sur-concentration des chaînes d’approvisionnement dans certaines zones géographiques. D’où la nécessité de remédier à cela.”

Par ailleurs, il convient de mentionner que le continent africain s’est invité dans les discussions du panel consacré à l’économie mondiale. “L’Afrique ne représente que 3% du commerce mondial. Sachant que ce chiffre a baissé durant le Covid-19”, a indiqué la patronne de l’OMC. Elle reste tout de même optimiste pour le continent qui, selon elle, doit tirer profit de sa jeunesse, augmenter la valeur ajoutée des produits échangés et lever les barrières au commerce.

« Forever Marrakech », la nouvelle campagne de l’ONMT qui promeut la ville ocre à l’international

Cette nouvelle campagne vient réaffirmer Marrakech, et plus largement le Maroc, comme une destination incontournable, précise l’ONMT dans un communiqué publié à cette occasion. L’objectif consiste à rassurer les voyageurs du monde, mais aussi à « mettre en exergue la fierté des Marocains et la résilience de tout un peuple, qui va déjà de l’avant ».

Dans le film de l’ONMT, la caméra vient « magnifier la lumière qui effleure les visages et les façades colorées de la ville, et révèle les trésors des galeries d’art et de l’artisanat local ». Alors que la sublime Marrakech se réveille et se dévoile à nous, « sans artifice et à l’humanité débordante, en harmonie avec la lumière, elle laisse place à la joie mesurée et à la vie ».

Pour accompagner ce lancement, l’ONMT met en place également une nouvelle identité graphique symbolisant « le jour qui se lève et continuera d’illuminer la ville à l’infini ». Baptisée « Forever Marrakech », elle s’accompagne d’une signature très forte : « Tant que le soleil se lèvera, Marrakech brillera ».

Cette nouvelle campagne de l’ONMT sera déployée au cours des prochains jours dans les marchés stratégiques : la France, l’Espagne, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, « principalement en digital et affichage urbain statique et dynamique ».

L’Office s’attèlera ensuite à sublimer de la même manière l’ensemble des autres villes touristiques du Royaume. « L’objectif étant pour l’ONMT que l’ensemble des régions du Maroc repartent dans un même élan et avec le même dynamisme », conclut-on.