Examens du baccalauréat et état civil au menu du prochain Conseil de gouvernement

Au début de ses travaux, le Conseil suivra un exposé du ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports sur les données et les nouveautés relatives aux examens du baccalauréat pour la session 2025.

Le Conseil poursuivra ses travaux par l’examen d’un projet de loi modifiant la loi relative à l’état civil, avant de se pencher sur un projet de décret fixant les aptitudes nécessaires à l’exercice des missions du syndic et les honoraires qu’il perçoit dans le cadre des procédures relatives aux difficultés des entreprises, fait savoir le communiqué.

Le Conseil s’attèlera ensuite à l’examen d’un accord de coopération militaire entre les gouvernements du Royaume du Maroc et du Burkina Faso, signé à Rabat le 24 juillet 2024, et du projet de loi portant approbation dudit accord, ajoute la même source.

À la fin de ses travaux, le Conseil examinera des propositions de nomination à de hautes fonctions, conformément aux dispositions de l’article 92 de la Constitution, conclut le communiqué.

Chambre des conseillers : nouveau grand oral pour Aziz Akhannouch, le 19 novembre

La séance, qui se tiendra conformément aux dispositions de l’article 100 de la Constitution, sera axée sur « Le système de l’industrie nationale, un levier de l’économie nationale », indique la Chambre des conseillers dans un communiqué.

 

 

Visite de Macron au Maroc : ce qu’en dit la presse française

« Macron en visite d’Etat à Rabat pour sceller la réconciliation franco-marocaine », titre le journal économique Les Échos au bas de sa une, avec renvoi à l’article intégral en page 9. Des révélations ? Aucune, mais la publication donne la parole à Hamza Meddeb, qu’elle présente en tant que chercheur au Carnegie Middle East Center et spécialiste de l’Afrique du Nord.

« Pour la France, ce sera l’opportunité de sceller cette nouvelle phase “rose” de la relation bilatérale en signant des accords, alors que le Maroc s’est lancé dans des chantiers colossaux et que l’économie française est à la peine », déclare Hamza Meddeb.

« Macron au Maroc, trois jours pour renouer », titre Libération en une également, mais avec ce titre plus parlant pour un dossier central de deux pages : « Emmanuel Macron chez Mohammed VI : le retour en grâce ».

Des révélations ? Pas grand chose non plus et Libération reprend les affirmations de son confrère La Tribune qui évoque des contrats dans le secteur de l’aérien et de la défense : une éventuelle coopération entre Royal Air Maroc et Airbus et de possibles achats d’hélicoptères Caracal par les FAR.

« Le voyage de réconciliation au Maroc », affirme Le Parisien. « Vente d’équipements militaires pour Naval Group, Airbus Helicopters (12 à 18 Caracal pour quelque 400 millions d’euros), extension de la ligne ferroviaire à grande vitesse Kénitra-Marrakech et, surtout, grands projets d’infrastructures énergétiques au Sahara occidental intéressant le groupe Engie », ajoute le quotidien.

« Emmanuel Macron au Maroc : l’heure de la réconciliation », titre Le Figaro qui publie un article signé par son correspondant marocain, Omar Kabbadj. « Alors que le Maroc s’apprête à distribuer plusieurs contrats représentant des milliards d’euros pour l’extension de la ligne ferroviaire à grande vitesse Kénitra-Marrakech, l’Office national des chemins de fer du Maroc (ONCF) veut acquérir 18 rames de train pour 421,4 millions d’euros. Alstom cherche à se positionner… Mais fera face à la concurrence du chinois CRRC Zhuzhou Locomotive, des sud-coréens de Hyundai Rotem et des deux entreprises espagnoles CAF et Talgo », croit savoir le journal français.

Notons que Le Monde, autre journal de référence en France, ne consacre pas une seule ligne à cette visite dans son édition (papier) de dimanche-lundi. La publication se focalise plutôt sur des sujets internes comme la santé. Cependant, il y revient, dans son édition électronique en titrant Visite de Macron au Maroc : des retrouvailles qui irritent l’Algérie.

Un nouveau protocole d’accord pour renforcer la collaboration entre l’OCDE et le Maroc

Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, accompagné de la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah, ainsi que du secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Mathias Cormann, a lancé, ce mercredi 11 septembre à Rabat, la discussion autour des principales conclusions de la première étude économique du Maroc.

La réalisation de cette étude dote le Maroc d’un outil stratégique équivalent à celui des pays membres de l’OCDE. Elle a été menée par le desk économique du Maroc à l’OCDE, dont les travaux ont débuté le 20 février 2023.

À l’occasion de sa première visite officielle à Rabat, le secrétaire général de l’OCDE a présenté les conclusions majeures de cette étude. Celle-ci analyse la performance économique du Maroc face aux défis mondiaux et internes, tout en offrant des perspectives de croissance et des recommandations stratégiques.

Par ailleurs, cette étude ouvre des perspectives importantes pour soutenir l’agenda des réformes et des chantiers structurants en cours, répondant à des enjeux critiques tels que le stress hydrique, les politiques de l’emploi, notamment pour les jeunes, les réformes de la protection sociale, l’investissement et l’amélioration du capital humain, explique un communiqué du département du chef du gouvernement.

Ses résultats ont été discutés lors d’un panel de haut niveau, abordant différentes dimensions telles que la territorialité, la productivité, le secteur informel et l’inclusion économique des jeunes.

Lors de cet événement, Aziz Akhannouch et Mathias Cormann ont dressé un bilan de la coopération entre le Maroc et l’OCDE, marquant la fin de la deuxième phase du Programme-Pays du Maroc, signé le 19 juin 2019. Un nouveau protocole d’accord a été signé afin de renforcer la collaboration entre l’OCDE et le Maroc sur de nouvelles priorités stratégiques.

Intervenant lors de cette cérémonie, la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah, a souligné « l’importance de cette coopération qui est une relation multidimensionnelle entamée en 2005 et renforcée par le lancement du deuxième Programme-pays en 2019 ».

Cette coopération, a-t-elle soutenu, a franchi un nouveau cap avec l’intégration de la dimension économique, notamment par la création d’un bureau Maroc au sein du département des affaires économiques de l’OCDE et la réalisation de la première étude économique du Royaume par l’Organisation.

Cet événement marque la fin du Programme-Pays II Maroc-OCDE qui s’est focalisé sur des priorités stratégiques telles que la gouvernance publique, la croissance économique, l’investissement et le développement territorial.

En marge de cette cérémonie, un atelier technique, réunissant représentants, experts de plusieurs départements, institutions de référence, universitaires et journalistes, a été organisé pour approfondir les conclusions de l’étude économique avec les experts de l’OCDE.

PPM Maroc-OCDE

La première phase du Programme-Pays, de juin 2015 à juillet 2018, avait pour objectif de « soutenir des actions stratégiques dans divers domaines tels que l’investissement, le commerce, la gouvernance publique, l’éducation, l’emploi, et la promotion des réformes socio-économiques. »

Le deuxième Programme-Pays, signé le 25 juin 2019 et en vigueur jusqu’au 25 septembre 2024, vise à « faire progresser les réformes engagées par le Maroc dans plusieurs domaines de politiques publiques ». Il comprend 14 actions thématiques regroupées en quatre piliers : la gouvernance publique, l’intégrité et la lutte contre la corruption ; la croissance économique, l’investissement et la fiscalité ; le renforcement du capital humain ; et le développement territorial. Ce programme permet de renforcer la participation du Maroc aux organes de l’OCDE.

Il est à noter que le Maroc est le premier pays de la région MENA et de l’ensemble du continent africain à bénéficier d’un tel programme.

Loi sur la grève : une première réunion ce jeudi 11 juillet (Akhannouch)

En réponse aux interventions des conseillers parlementaires, Aziz Akhannouch a indiqué que son gouvernement « aspire à promulguer une loi organique équilibrée qui garantit les droits de la classe ouvrière, assure son droit de grève, tout en préservant les intérêts économiques des entreprises ».

Il a expliqué dans son exposé qu' »après plus de soixante ans de reconnaissance constitutionnelle du droit de grève, et pour surmonter l’impasse dans laquelle se trouvait le débat sur l’organisation de l’exercice du droit de grève dans notre pays, nous avons décidé de réinscrire la loi organique sur la grève dans la nouvelle session du dialogue social et de soumettre son contenu au Parlement cette année« .

Le chef du gouvernement a exprimé sa « volonté de voir cette loi organique se concrétiser rapidement », fixant le mois d’octobre 2024 comme délai maximum pour son achèvement.

Akhannouch à Manama pour représenter le Roi Mohammed VI au 33e Sommet arabe

Aziz Akhannouch a été accueilli à l’aéroport international de Bahreïn par Cheikh Nasser Ben Hamed Al Khalifa.

La délégation marocaine à ce Sommet comprend notamment le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita.

Le Sommet de Manama discutera d’une série de questions relatives à l’action arabe commune dans ses dimensions politique, économique, sociale, culturelle et sécuritaire, en plus de la coopération des pays arabes avec d’autres blocs régionaux.

L’accent sera également mis sur la question palestinienne, la sécurité dans la région arabe et la situation dans nombre d’Etats membres.

(Avec MAP)

Akhannouch s’entretient avec le directeur général de la FAO

A cette occasion, le chef du gouvernement a rappelé « l’intérêt particulier que le Maroc accorde au secteur de l’agriculture et au monde rural, en vue de réaliser un développement intégré et de créer de la valeur ajoutée, à travers les stratégies successives basées sur la restructuration de l’agriculture, l’amélioration de la productivité, le placement de l’investissement au cœur de l’équation agricole, ainsi que sur la promotion du capital humain », indique un communiqué du département du chef de gouvernement.

De son côté, le directeur général de la FAO a salué l’expérience marocaine en matière d’agriculture et d’industrie de la transformation alimentaire, considérant que les stratégies adoptées par le Maroc au cours des vingt dernières années sous la conduite du Roi, peuvent constituer un « exemple à suivre pour les différents pays africains ». Il a assuré que la FAO entend développer son partenariat avec le Royaume de manière profitable aux autres pays africains.

Les deux parties ont également passé en revue les mécanismes de renforcement du partenariat stratégique permanent entre le Maroc et la FAO, qui gère dans le Royaume un portefeuille estimé à quelque 22 millions de dollars dans les domaines de la permaculture et du développement rural notamment, ainsi qu’en matière d’interventions urgentes, souligne la même source.

Ils se sont également félicités de l’accompagnement technique offert par la FAO, et qui a évolué de manière notable, à travers la mise en œuvre sur le terrain de projets répondant à des besoins ponctuels, vers un partenariat stratégique basé sur une approche de programmation.

Ces entretiens ont été l’occasion de mettre l’accent sur l’importance de la Conférence régionale de la FAO pour l’Afrique, pour laquelle le gouvernement a mobilisé toutes les conditions de réussite, afin d’en faire une opportunité d’échange de bonnes pratiques, de prospection de partenariats et d’examen de solutions innovantes autour des systèmes d’agriculture et d’alimentation, ajoute le communiqué.

Rabat accueille la 33e session de la conférence régionale de la FAO pour l’Afrique

Organisée sous l’égide du Maroc, cette conférence de trois jours offre une opportunité majeure pour les pays africains de discuter des solutions pratiques et concrètes pour la sécurité alimentaire et l’amélioration de la production agricole, et de définir les priorités avec la FAO pour les deux prochaines années, dans le but de réaliser un changement transformateur et durable dans les systèmes agroalimentaires à travers le continent.

La conférence, sur le thème « Systèmes agroalimentaires résilients et transformation rurale inclusive », permettra aussi aux membres et autres parties prenantes de partager les meilleures pratiques, d’explorer des partenariats, de discuter des opportunités, ainsi que de fournir des orientations régionales sur la transformation des systèmes agroalimentaires en Afrique.

Au menu de ce rendez-vous figurent notamment des tables rondes ministérielles, le lancement de nouvelles publications de la FAO et des événements spéciaux portant sur plusieurs sujets, à l’instar de la stimulation des investissements des secteurs public et privé par le financement de systèmes agroalimentaires résilients, la transformation bleue en Afrique et le potentiel des aliments aquatiques, en plus des moteurs et déclencheurs de la transformation des systèmes agroalimentaires en Afrique.

Les discussions porteront sur le cadre stratégique de la FAO pour la période 2022-2031, qui est une feuille de route visant à contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) en mettant fin à la pauvreté, en éliminant la faim et en réduisant les inégalités, en soutenant la transformation vers des systèmes agroalimentaires plus efficaces, inclusifs, résilients et durables pour une meilleure production, une meilleure nutrition et un meilleur environnement.

(Avec MAP)

La réforme des CRI au menu du prochain Conseil de gouvernement

Le Conseil planchera également sur l’examen de deux projets de décret. Le premier fixe les modalités d’établissement de la liste des arbitres, ainsi que les conditions d’inscription et de radiation y afférentes. Le deuxième concerne la conception, la production et la maintenance des aéronefs.

Par la suite, le Conseil examinera un accord conclu dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, portant sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, adopté à New York le 19 juin 2023 et signé par le Royaume du Maroc le 21 septembre 2023, en plus d’un projet de loi portant approbation dudit accord.

Le Conseil achèvera ses travaux par l’examen de propositions de nomination à des fonctions supérieures.

Dialogue social. Ce que Chakib Alj a dit à Aziz Akhannouch

« Comme vous le savez, la CGEM a tenu, vendredi dernier, une réunion avec monsieur le chef du gouvernement et quelques ministres autour du dialogue social. Chacune des parties a exprimé, en toute franchise, son avis et ses contraintes », avance le patron des patrons s’adressant aux membres de la CGEM.

« À cette occasion, nous avons réitéré l’attachement de la CGEM au respect des engagements pris dans le cadre de l’accord social d’avril 2022 qui est un tout indivisible. Ces engagements concernent la réforme du Code du travail et la promulgation de la loi sur la grève », poursuit-il.

« Nous avons aussi évoqué le sujet de l’inflation qui affecte fortement le pouvoir d’achat des citoyens, et dont nous sommes bien conscients. Nous avons aussi rappelé que cette inflation touchait fortement les entreprises, les TPME spécialement, qui ont souffert et souffrent encore des répercussions des crises successives », explique Chakib Alj dans son message, ajoutant que « la CGEM continuera à porter la voix des entreprises marocaines, toutes tailles confondues, dans le cadre du dialogue social et de tous les sujets en lien avec la compétitivité de l’entreprise marocaine et le développement socio-économique de notre pays ».

« Nous restons optimistes et confiants quant à l’avancée de l’accord tripartite d’avril 2022 et aux résultats du dialogue social qui, nous l’espérons, aboutira à un équilibre responsable entre toutes les parties ».

Le gouvernement a mené dans ce cadre des discussions avec les différents partenaires sociaux. Le nouveau round de dialogue social a ainsi été lancé le mardi 26 mars par une rencontre entre le chef du gouvernement et une délégation de l’Union marocaine du travail (UMT), suivie d’une rencontre avec une délégation de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et de la Confédération démocratique du travail (CDT).

L’objectif est de fixer le cap et les priorités des commissions thématiques, qui se réuniront à partir de cette semaine.

Le paysage protestataire marocain à travers les quatre derniers gouvernements

Nombreuses sont les vagues de protestation qui se sont succédées dans le Royaume ces dernières années. Pour comprendre leur évolution dans le temps, Médias24 a joint, Hicham Berjaoui, professeur de droit public à l’Université Mohammed V de Rabat pour une lecture.

Selon lui, la prolifération des mouvements sociaux est un phénomène universel auquel le Maroc ne fait pas exception.

« Les systèmes représentatifs à travers le monde connaissent une accentuation des mouvements contestataires. Ce constat est valable tant dans les pays développés que dans les pays en développement. Le Maroc n’en excipe pas dans la mesure où les dynamiques contestataires demeurent un des marqueurs de son histoire politique », souligne Berjaoui.

Au milieu du gué de son mandat, le gouvernement actuel fait face, dans la même lignée, à une montée progressive des mouvements sociaux. Or, depuis la crise des enseignants protestant contre le nouveau statut unifié, les grèves se sont multipliées dans le secteur public. Des fonctionnaires des Collectivités territoriales à ceux des ministères de l’Équipement et de l’eau, ou encore du Transport et de la logistique, en passant par le personnel du ministère de la Santé, la revendication est presque unanime : la hausse des salaires.

Même la sphère estudiantine n’a pas échappé à la fièvre de la revendication. C’est le cas des futures blouses blanches qui entament à présent leur troisième mois de boycott ouvert, déclenché en décembre dernier.

Le gouvernement Akhannouch n’est pas le seul à faire face aux mouvements sociaux. Loin s’en faut ! Ses trois prédécesseurs, les gouvernements Abbas El Fassi, Benkirane et El Otmani, avaient également été déstabilisés par des vagues de protestation, dont nous retraçons, ci-dessous, le cours des événements.

Quand les enseignants contractuels défilaient à l’époque d’El Otmani

Le torchon brûlait pareillement, en 2019, entre le gouvernement El Otmani et les enseignants contractuels. Ces derniers avaient défilé dans les rues du Royaume, en protestation contre la contractualisation, réclamant l’abandon du contrat à durée indéterminée et l’intégration pure et simple dans la fonction publique.

D’autres mouvements avaient également surgi durant ce mandat, tels que les grèves des professionnels de la santé, les  protestations des fonctionnaires doctorants ou encore les manifestations des étudiants en médecine ayant abouti à la signature d’un accord écrit avec le gouvernement en 2019.

Le cabinet Benkirane, l’autre figure du PJD, avait vu naître sous ses deux mandats (2011-2013 et 2013-2017) plusieurs actions collectives revendicatives, et non des moindres.

Près de 110 syndicats de transport avaient lancé une grève nationale de 72 heures en 2013, pour protester contre l’indexation des prix du carburant sur les cours internationaux. Abdelilah Benkirane s’était également attiré par le passé les foudres des Marocaines. En 2014, quelque 200 personnes avaient manifesté devant le Parlement pour protester contre ses déclarations sur le rôle des femmes dans la société moderne.

Un bras de fer enseignants stagiaires/Benkirane avait aussi éclaté en octobre 2015. Ces premiers protestaient contre l’annulation des deux décrets régissant la formation et le concours d’accès aux CRMEF.

En 2016, trois grands mouvements avaient émergé à l’époque Benkirane : la protestation contre la tentative de main mise sur les structures de  l’Etat, les contestations sur la réforme des retraites et le mouvement populaire du Rif.

Abbas El Fassi et les diplômés chômeurs ! 

Si la crise des jeunes diplômés chômeurs remonte à la fin des années 1980, elle s’est prolongée jusqu’aux années 2000, notamment durant le gouvernement Abbas El Fassi (2007-2011). Les diplômés chômeurs représentaient alors une catégorie omniprésente du paysage protestataire marocain.

C’est en 1991 qu’a été créée l’Association nationale des diplômés chômeurs du Maroc (ANDCM), première organisation rassemblant des titulaires de diplômes allant du baccalauréat jusqu’au doctorat, en situation de chômage, et poursuivant l’objectif d’intégrer ses adhérents à la fonction publique. Depuis lors, l’espace protestataire des diplômés s’est amplifié en nombre d’acteurs et en dossiers revendicatifs. Les manifestations des diplômés constituaient aussi bien des réponses au chômage qu’à des sujets disparates tels que le renchérissement des transports et des services de première nécessité, le respect des droits de l’Homme ou le détournement de l’argent public.

En novembre 2008, cinq groupes de 3e cycle ont mené des actions publiques de protestation et des négociations avec des représentants de la primature et du ministère de l’Intérieur. En février 2009, une centaine de jeunes diplômés chômeurs appartenant au Groupement marocain des cadres au chômage ont envahi massivement le Salon international du livre de Casablanca, en scandant des slogans contre leur marginalisation sociale et la politique de l’emploi adoptée par le gouvernement.

Le mouvement du 20-Février 

On ne peut évoquer le mandat Abass El Fassi sans l’associer au mouvement du 20-Février.

Le 20 février 2011, des milliers de Marocains avaient manifesté dans la plupart des villes du pays, en réponse à l’appel lancé initialement sur internet par des jeunes appartenant à divers réseaux sociaux créés sur le web 2.0. Ceux-ci réclamaient une série de réformes dans divers domaines : une assemblée constituante, l’application des principes de la bonne gouvernance dans les affaires publiques, la reconnaissance du pluralisme social et identitaire de la société marocaine, l’élargissement de l’accès de la population à la santé, l’éducation et l’emploi…

Les revendications du 20-Février exigeaient la dissolution du gouvernement et du Parlement, ainsi que l’abrogation de la constitution (de 1996) et la création d’un pouvoir constituant émanant du peuple pour l’élaboration d’un projet soumis à référendum. La nomination d’un gouvernement de transition était demandée : il serait chargé de prendre des initiatives urgentes pour atténuer la gravité de la crise sociale, notamment réduire les prix et augmenter les salaires, embaucher tous les diplômés chômeurs sans condition ni restriction, et libérer tous les détenus politiques. Enfin, on demandait l’ouverture de procès pour tous les fonctionnaires impliqués dans des délits contre le peuple marocain. Cette liste de revendications s’est prolongée dans les plateformes successives, en incluant des revendications telles que celles d’un Etat « civil » (dawla madaniyya), la liberté de conscience ainsi que l’instauration d’une monarchie parlementaire.

« De nouvelles formes contestataires ont émergé depuis 2011 »

Après avoir rappelé les principales vagues de protestation qu’a connues le Maroc durant les deux dernières décennies, il est temps maintenant de s’attaquer à la question fondamentale : que retenir de l’évolution et de la gestion du paysage protestataire marocain au fil des derniers mandats ?

Jusqu’en 2011, le fait contestataire s’organisait et évoluait sous l’encadrement des institutions classiques de médiation sociale, tels les partis politiques, les syndicats et les associations, explique Hicham Berjaoui.

« Malgré les critiques organisationnelles que suscitent les organismes d’encadrement précités, ils ont pu canaliser et atténuer les mouvements contestataires qui s’étaient constitués avant l’apparition et le déferlement de la cyber-contestation. Depuis 2011, une pluralité de facteurs a significativement contribué à l’émergence de nouvelles formes contestataires qui récusent le rôle, voire l’utilité des institutions partisanes et syndicales« .

La contestation se déclenche désormais à l’extérieur du champ institutionnel officiel, note le professeur de droit public à l’Université Mohammed V de Rabat.

« C’est le cas, dans le contexte marocain, des coordinations qui se forment dans l’espace virtuel pour se déverser rapidement et massivement dans la rue. La cyber-contestation serait donc la forme la plus répandue des dynamiques de remise en cause des choix et des arbitrages opérés par les gouvernements ».

« Et bien que son lieu natal soit le Web, la cyber-contestation se caractérise par sa capacité à investir le monde réel et à exercer des pressions efficaces sur les processus de définition et de mise en œuvre des politiques publiques. La cyber-contestation fabrique sa légitimité en récusant des partis politiques et des syndicats dans lesquels se propagent des logiques de carrière ».

Au cœur des contestations, les problématiques sociales habituelles

« Au demeurant, le contenu de la contestation, ou de la revendication, n’a pas connu une mutation notoire dans la mesure où il se rapporte généralement à des problématiques sociales habituelles : chômage, accès à l’enseignement, accès aux soins, justice territoriale, équipements publics… », souligne notre interlocuteur.

Pour prendre en charge la contestation, les gouvernements adoptent le plus souvent des formules similaires, précise-t-il. Il s’agit, dans les faits, de l’ouverture d’une négociation susceptible de déboucher sur une modification ponctuelle ou un report de l’implémentation des décisions contestées.

« En d’autres termes, les gouvernements mettent en œuvre des traitements symptomatiques ou curatifs en fonction des profils des responsables et de la cohérence de la majorité gouvernementale. De plus, la faiblesse des capacités communicationnelles de certains responsables, le caractère limité des moyens financiers mobilisables et la difficulté d’encadrer des dynamiques contestataires usant avec une remarquable habileté des espaces virtuels, sont autant de facteurs qui poussent les gouvernements à adopter des plans de dépassement instaurant une certaine proportionnalité entre la satisfaction partielle des demandes scandées et le recours aux interventions sécuritaires », conclut Hicham Berjaoui.

Akhannouch : près de 390.000 artisans sont enregistrés au Registre national

Aziz Akhannouch a précisé lors de son allocution que le Registre national de l’artisanat constitue une référence pour tous les intervenants gouvernementaux et les organismes et institutions concernés par l’élaboration et la mise en œuvre des programmes de développement. Les artisans inscrits dans le registre pourront bénéficier de divers avantages en plus des programmes de soutien et d’accompagnement, a-t-il souligné.

Selon le chef du gouvernement, le chantier stratégique visant à généraliser la protection sociale a permis à plus de 641.000 artisans de bénéficier de l’assurance maladie obligatoire (AMO) en s’inscrivant à la Caisse nationale de sécurité sociale, ce qui contribuera certainement à améliorer les conditions de santé et de vie des acteurs du secteur.

Aziz Akhannouch a rappelé l’importance du secteur de l’artisanat en tant que source de création d’activités génératrices de revenus et d’encouragement à l’intégration dans le marché du travail. En effet, « ce secteur vital contribue à hauteur de 7% au PIB et emploie environ 20% de la population active », a-t-il déclaré. De plus, 10% des recettes touristiques en devise étrangère proviennent des achats de produits de l’artisanat. « Pour la première fois de son histoire, les exportations du secteur ont dépassé le seuil du milliard de DH en 2022 et 2023, avec un taux de croissance estimé à 7%« , s’est félicité le chef du gouvernement.

Aziz Akhannouch a également passé en revue les efforts gouvernementaux visant à améliorer et à perfectionner les mécanismes de soutien aux acteurs du secteur, et à mettre en place de nouveaux programmes pour les artisans, afin de les aider à améliorer leurs capacités de production, leur connaissance des marchés, de les orienter vers l’exportation, d’encourager la création de regroupements et de clusters professionnels, ainsi que d’établir des centres d’excellence pour certains secteurs de l’artisanat comme les tapis et la poterie.