Agriculture familiale : le CESE appelle à une relance équitable de ce potentiel négligé

« L’agriculture familiale n’est pas seulement un mode de production limité en ressources, c’est un mode de vie, un vecteur d’inclusion, de résilience et de durabilité ». C’est en ces termes que Abdelkader Amara, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), a ouvert l’atelier de restitution qui s’est tenu le mercredi 14 mai pour présenter l’avis du Conseil sur la petite et moyenne agriculture familiale (PMAF).

Cette agriculture, longtemps perçue comme la « chaîne faible des politiques publiques », constitue pourtant une pierre angulaire du développement agricole et rural. Elle permet d’assurer la sécurité alimentaire, de créer de l’emploi, de stabiliser les populations et de préserver la biodiversité et les traditions locales.

Abdelkader Amara a rappelé que l’avis a été élaboré grâce à une large concertation avec les parties prenantes, une visite de terrain à Essaouira et une consultation citoyenne inédite via la plateforme « Ouchariko » qui a recueilli 57% de réponses issues du monde rural. Si l’engagement y fut notable, la participation des jeunes est restée faible, soulevant des inquiétudes sur la relève générationnelle dans ce secteur.

Parmi les défis identifiés par les citoyens : le manque d’encadrement (27%), la vulnérabilité climatique (20%), les difficultés d’organisation (16%) et l’accès au financement (14,5%). Des données confirmées par le diagnostic du CESE.

Face aux défis climatiques, sociaux et économiques croissants, ledit rapport propose un changement de paradigme en faveur de la petite et moyenne agriculture familiale. Regroupant environ 70% des exploitations agricoles marocaines, la PMAF reste le parent pauvre des politiques publiques. L’avis du CESE appelle à en faire un levier stratégique du développement durable, fondé sur une approche territorialisée, inclusive et innovante.

Une agriculture familiale au cœur des équilibres ruraux

La PMAF regroupe des exploitations de moins de 5 hectares, fortement dépendantes du travail familial, combinant activité agricole et autres sources de revenus. Elle garantit l’autoconsommation de millions de ruraux et participe à l’approvisionnement des souks locaux. Mais son rôle va bien au-delà : elle maintient les populations dans les territoires, préserve des savoir-faire ancestraux, des semences locales, et assure des fonctions environnementales essentielles comme la lutte contre l’érosion, la gestion des ressources et la conservation de la biodiversité.

Si des programmes comme le Plan Maroc vert (PMV) ou Génération Green (2020-2030) ont reconnu la PMAF via le pilier de l’agriculture solidaire, les investissements réels témoignent d’un net déséquilibre : seulement 14,5 milliards de DH y ont été consacrés, contre près de 99 MMDH au profit de l’agriculture à forte valeur ajoutée, précise le rapport.

La conséquence : une faible valorisation économique (29% de la valeur ajoutée agricole), des conditions de vie précaires et une vulnérabilité accentuée face aux aléas climatiques et économiques.

Des défis persistants

Le rapport du CESE met en lumière plusieurs obstacles structurels :

Le rapport pointe aussi une recherche agronomique trop éloignée des besoins concrets des petits agriculteurs et une assurance agricole inégalement distribuée, avec des modèles d’indemnisation peu équitables.

Une feuille de route pour transformer la PMAF

Face aux constats alarmants sur la marginalisation de la petite et moyenne agriculture familiale, le CESE propose un plan d’action structuré autour de cinq axes prioritaires :

Le CESE insiste sur la nécessité de dépasser la vision productiviste centrée sur les grandes exploitations pour reconnaître les multiples fonctions de la PMAF : économique, sociale, culturelle, écologique.

La réussite de cette transformation passe par une territorialisation des politiques agricoles, un soutien ciblé aux femmes et aux jeunes ruraux, et une meilleure articulation entre les initiatives publiques et les dynamiques locales, conclut le rapport.

Au CESE, Ahmed Reda Chami passe le flambeau à Abdelkader Amara

Dans une allocution, M. Chami a félicité son successeur pour la confiance royale, saluant par la même occasion l’engagement du Conseil pour réussir ses missions visant, entre autres, à explorer les différents choix de développement et à accompagner les politiques publiques dans les domaines économique, social et environnemental.

Il a également mis en avant la qualité des rapports produits par le Conseil, basés sur la pertinence des avis, des propositions et des études élaborés à la faveur d’une méthodologie participative axée sur l’écoute, le dialogue et le rapprochement des points de vue des différentes composantes de la société.

M. Chami a relevé que le Conseil a fait preuve d’audace dans ses positions et d’ouverture sur les différentes institutions constitutionnelles et les espaces territoriaux en vue de renforcer les pratiques de démocratie participative pour la poursuite de la dynamique de développement.

Pour sa part, M. Amara a exprimé sa fierté de la confiance royale, laquelle est à la fois un honneur et une responsabilité nécessitant de redoubler d’efforts avec détermination et dévouement en vue de permettre au Conseil de poursuivre les missions qui lui sont dévolues et d’être à la hauteur des attentes et aspirations des partenaires institutionnels, des acteurs économiques, sociaux et environnementaux ainsi que de l’ensemble des citoyens.

Fort des réalisations, de l’expertise et des bonnes pratiques qu’il a accumulées depuis sa création, le Conseil est appelé à intensifier ses efforts, en application des hautes orientations royales, en vue d’insuffler une nouvelle dynamique à ses missions et de renforcer l’interaction avec les partenaires institutionnels, en particulier le gouvernement et le parlement, a souligné M. Amara.

Cette nouvelle dynamique permettra aussi d’accompagner les orientations stratégiques aux niveaux économique, social et environnemental et de contribuer au développement durable dans ses dimensions spatiales, a-t-il soutenu.

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Réformes et continuité : les choix du Roi pour trois institutions clés

Le Roi Mohammed VI a nommé, ce lundi 24 mars, trois nouveaux dirigeants à la tête d’importantes institutions constitutionnelles.

Le Conseil économique, social et environnemental, l’Institut du Médiateur et l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) doivent connaître une « nouvelle dynamique dans leurs missions et renforcer leur interaction avec les différentes institutions nationales, dans le suivi des différentes réformes et grands chantiers que connait le Royaume ».

Des nominations qui ne pouvaient pas attendre

Nommé depuis plusieurs mois pour représenter le Maroc auprès de l’Union européenne, Ahmed Réda Chami devait quitter les fonctions qu’il remplissait toujours à la tête du Conseil économique, social et environnemental (CESE) pour se consacrer pleinement à ses nouvelles missions, surtout dans l’actuel contexte international.

Ahmed Réda Chami quitte donc le CESE, mais fallait-il le remplacer sur le champ ? Le Roi a choisi de le faire pour que les travaux de cette institution ne soient pas gelés.

Pour remplacer le président partant, le Roi a fait appel à Abdelkader Amara, plusieurs fois ministre ayant eu la charge de départements stratégiques comme le commerce et l’industrie, l’énergie et les mines ou encore l’équipement. L’ex-ministre et désormais président du CESE sera appelé à travailler indépendamment de ses convictions politiques. D’ailleurs, pourrait-on lui attribuer des accointances avec le PJD dont il a démissionné en 2023, préférant prendre ses distances avec une formation politique dans laquelle il ne se reconnaissait plus ?

Aujourd’hui, on attend du CESE de consacrer la démocratie participative et de prêter une attention particulière au domaine de la protection sociale, aux jeunes, au dialogue social et aux disparités territoriales.

Comme cadeau de bienvenue, Abdelkader Amara va prochainement présider un CESE totalement remanié avec le renouvellement de ses membres (certains des membres actuels ont été nommés en 2011) et une arrivée en force des femmes et des Marocains de la diaspora.

L’INPLCC : mettre l’accent sur la prévention et l’anticipation

Me Mohamed Benalilou succède à Mohamed Bachir Rachdi à la tête de l’INPLCC. Ce dernier a le mérite d’avoir mis l’instance sur les rails. Aujourd’hui, l’instance a besoin de sang neuf pour accompagner ses nouvelles et larges prérogatives.

La lutte contre la corruption nécessite un travail pédagogique de longue haleine, avec une préférence pour une approche proactive avant de recourir aux mécanismes juridiques.

Pour ce qui est de l’approche juridique, Me Benalilou est l’homme indiqué pour une coopération globale avec les différentes instances judiciaires et de manière directe, lui qui a passé de longues années au ministère de la Justice à la tête de divers services et directions.

Son expérience l’habilite aussi à conserver l’indépendance de cette instance. Et n’oublions pas que, de par son expérience à l’Institution du Médiateur, il a acquis de solides connaissances en ce qui concerne les relations entre les citoyens et l’administration. N’oublions pas aussi le rôle que ce haut commis de l’État a joué pour dénouer la crise des grèves des étudiants en médecine.

À l’Institution du Médiateur, c’est Hassan Tariq qui remplace Me Benalilou. Il est attendu du nouveau responsable de chercher à améliorer davantage les relations entre les citoyens et les administrations, et de sonder de nouveaux mécanismes et de nouveaux rôles en matière de médiation. L’académicien et ancien diplomate est aussi appelé à moderniser les mécanismes de travail de l’institution au service de la médiation dans sa large acceptation.

Ce sont donc trois profils divers, venus d’horizons variés, qui ont été choisis pour diriger les trois institutions. À eux de faire leurs preuves à présent.

Stress hydrique : voici l’état d’avancement des chantiers de barrages en cours

A ce jour, l’état d’avancement des travaux des chantiers des barrages en cours se présente comme suit :

– Karoub dans la province de Larache à 97%,

– Todga, Province de Tingir à 92%,

– Tidas dans la province de Khémisset à 91%,

– Agdz dans la province de Zagora à 85%,

– Midas dans la région de Sefrou à 72%,

– Oued Ghiss dans la province d’Al Hoceima à 49%,

– Fask, Province de Guelmim à 46%,

– Sakia El Hamra, région de Laâyoune à 45%,

– Targa ou Madi, dans la province du Guercif à 30%.

Le point a également été fait sur l’avancement des travaux dans les barrages lancés récemment, qui comprennent les cinq grands barrages, dont les appels d’offres ont été lancé en 2020 pour un coût total estimé à environ 12,8 milliards de dirhams. Il s’agit de :

– Sidi Abbou dans la région de Taounate à 5%,

– Ait Ziyad dans la province d’Al Haouz à 2%,

– Boulaouane, Province de Chichaoua à 2%,

– Bani Azziman dans la région de Driouch à 5%,

– La hauteur du barrage de Mokhtar Soussi dans la province de Taroudant est de 1%.

– La hauteur du barrage Mohammed V dans les régions de Taourirt et Nador 1%,

– Kodiat El Barna dans la province de Sidi Kacem est en phase de démarrage des travaux

– Ratba dans la province de Taounate est en phase de démarrage des travaux.

D’autre part, la réunion a porté sur l’état d’avancement de la préparation des appels d’offres pour les cinq grands barrages programmés pour l’année 2021  :

-Un barrage sur Oued Al-Khder dans la province d’Azilal estimé à 150 millions de mètres cubes,

– Barrage de Tagzirt dans la province de Beni Mellal estimé à 85 millions de mètres cubes,

– Alkhankro dans la province de Figuig, estimé à un milliard de mètres cubes,

– Tamri dans la préfecture d’Agadir Idautnan estimé à 300 millions de mètres cubes,

– Surélévation du barrage d’Imfout dans la province de Settat d’une dizaine de fois à 90 millions de mètres cubes

Lors de cette réunion, les données techniques détaillées relatives à cinq grands projets de barrages à programmer pour l’année 2022 ont été étudiées.

Ces barrages devraient avoir une capacité totale de 1.510 millions de mètres cubes et un coût estimé à environ 8,5 milliards de dirhams :

– Beni Mansour, dans les régions de Tétouan et Chefchaouen,

– Dar Mimoun, province de Chefchaouen,

– Bouhamd, province de Chefchaouen,

– Rabat Al-Khair dans la province de Sefrou,

– Tadighoust dans la province d’Errachidia.

La voie express Tiznit-Dakhla sera réalisée « dans les délais » (Amara)

« Tous les travaux de ce projet titanesque, que ce soit le dédoublement de la route nationale No1 entre Tiznit et Laâyoune ou l’élargissement de la voie entre Laâyoune et Dakhla, ont été lancés », a affirmé le ministre qui a pris connaissance de l’état d’avancement des travaux de réalisation de deux sections de cette route près de Laâyoune et Tarfaya.

Il a ajouté que les marchés des 15 sections de ce projet « stratégique » ont été attribués et les travaux des ouvrages d’art sont en train d’être lancés « conformément au délai de la convention qui court jusqu’à fin 2021 ».

Le ministre s’est dit « très ferme » sur le respect par les entreprises attributaires des marchés des délais de mise en oeuvre de ce chantier.

« On peut comprendre certaines contraintes liées aux travaux de transfert des branchements d’eau et d’électricité ou les procédures d’expropriation, mais les entreprises qui ne respectent pas les cahiers de charge et accusent de grands retards verront leurs contrats résiliés », a-t-il dit.

Ainsi, le ministre, qui était accompagné du wali de la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, gouverneur de la province de Laâyoune, Abdeslem Bekrate, et du gouverneur de la province de Tarfaya, Mohamed Hamim, s’est enquis des travaux du deuxième lot de la section Laâyoune-Tarfaya, sur une longueur de 57 km, y compris les aménagements des bretelles d’entrées Nord et Sud de la ville de Tarfaya, pour un coût de 284,5 millions de DH.

Les travaux de ce lot ont atteint un taux d’avancement global de 60%.

Le ministre s’est également rendu sur le site du 2ème lot de la section Tarfaya-Oued El Waar qui s’étend sur 40 km, pour un coût de 212 millions de DH.

Les travaux de ce lot, qui a démarré le 15 octobre 2018 pour un délai d’exécution de 24 mois, ont atteint un taux d’avancement global de 35%.

La réalisation de la voie express Tiznit-Laâyoune fait partie du projet de la voie express Tiznit-Dakhla, qui s’inscrit dans le cadre des projets intégrés de développement des provinces du Sud prévus par le nouveau modèle de développement lancé par le Roi à Laâyoune à l’occasion du 40ème anniversaire de la Marche verte.

Ce projet d’envergure, qui s’étend sur 1.055 km et dont le coût de réalisation s’élève à environ 10 milliards de DH, constitue un levier structurant pour le développement économique et social des provinces du Sud du Royaume.

En effet, le projet va réduire le temps et le coût du transport, améliorer la fluidité du trafic, le niveau de service, le confort et la sécurité routière et facilitera le transport des marchandises entre les villes du Sud du Royaume et les grands centres de production et de distribution.

(MAP)

Transport de marchandises: voici le projet de contrat-programme

La tension est palpable entre les opérateurs du transport routier de marchandises et le ministère de tutelle. Les professionnels estiment que le département dirigé par Abdelkader Amara et Najib Boulif n’a pas tenu ses promesses faites en octobre dernier.

De son côté, le ministère réaffirme la poursuite du dialogue avec les opérateurs sur les problématiques urgentes comme le tonnage et estime que toute action doit se faire dans le cadre de la mise en œuvre des circulaires.

Le dialogue avec les professionnels se fait également sur les problématiques de fond dont la résolution nécessite une nouvelle stratégie pour le secteur et un contrat-programme pour son exécution.

Le Transport de marchandises en chiffre 

Le transport routier joue un rôle important dans le développement économique et social du pays.

En chiffres, le secteur représente 6% du PIB. Il contribue dans la mobilité des personnes à 90% et assure le transport 75% des flux de marchandises hors phosphate avec un parc de 4.056.598 de véhicules.

Le transport de marchandises, seul, compte plus de 84 300 entreprises dont plus de 80% détiennent moins de deux camions. Plus de 66% du parc de camions a moins de 15 ans.

Le secteur a bénéficié d’un programme pour le renouvellement du parc pour un montant de 377 MDH.

Bilan du programme de renouvellement du parc de camions.
Bilan du programme de renouvellement du parc de camions.

Les premiers détails du contrat-cadre

En parallèle aux discussions sur les questions urgentes, les professionnels réclament une réforme globale.

Le ministère a proposé une vision stratégique qui repose sur quatre piliers déclinés en plusieurs axes, dont médias24 détient copie :

Le premier pilier est relatif à la mise à niveau du secteur de façon globale

– L’adaptation de la réglementation nationale avec les standards internationaux notamment européens pour être en phase avec l’accord de libre-échange approfondi. Il est également question de mettre en place des réglementations spécifiques pour le transport des produits dangereux et des produits périssables. Une révision du code de la route est également évoquée pour prendre en considération les nouvelles pratiques du secteur.

– La simplification des procédures administratives. Il s’agit d’unifier les procédures et de les numériser.

– La révision des conditions d’exercice des métiers du transport de marchandise. Dans cet axe, le ministère propose de revoir les condition d’accès au secteur (compétence, capacité financière, expérience,…) en fonction de l’activité de transport. Il est également question de renforcer les critères de contrôle de l’exploitation des entreprises de transport.

– La structuration des transporteurs au sein d’entreprises. Cet axe vise à pousser les acteurs informels à se structurer. Cela se fera à travers la simplification des procédures de création d’entreprises de transport, la mise en place d’un registre des transporteurs ayant des camions de 2 à 3,5 tonnes et le renforcement du contrôle.

– La révision de l’arsenal juridique du transport de marchandise pour identifier les responsabilités dans l’opération de transport. Cela se fera en encadrant les relations contractuelles entre les différentes parties prenantes dans le transport de marchandises pour autrui en prenant en compte les différentes variables comme le prix du gasoil, le temps d’attente pour le chargement ou le déchargement de la marchandise. Le ministère de tutelle propose aussi d’instaurer un délai légal de paiement spécifique au secteur.

Le deuxième pilier de la stratégie est celui de la professionnalisation et l’amélioration du niveau de concurrence entre les opérateurs du secteur à travers six axes.

– La mise à niveau des ressources humaines du secteur. Pour ce faire, le ministère propose la mise en place d’un guide de référence pour la formation dans les métiers de transport, l’instauration de l’obligation de formation continue pour les dirigeants d’entreprises de transport et la formation initiale et continue pour les conducteurs professionnels. Il pense aussi à réviser les conditions de formation et d’obtention des permis de conduire pour les camions de transport de marchandises.

– La mise à niveau des entreprises de transport de marchandises à travers la catégorisation des entreprises et la mise en place d’un système fiscal adapté à ce secteur.

– Le renouvellement du parc de véhicules. Il est question d’augmenter les primes de renouvellement et élargir les catégories de bénéficiaires tout en facilitant la procédure.

– L’incitation à la protection de l’environnement et à l’efficacité énergétique. Le ministère compte revoir les critères pour la validation des véhicules pour les conformer à la norme EURO. Il envisage également de revoir les conditions de circulation dans le périmètre urbain et de former les conducteurs au respect des règles de la conduite écologique.

– L’accompagnement des entreprises pour accéder aux marchés internationaux. Pour atteindre cet objectif, le ministère compte nouer de nouvelles conventions bipartites et de réviser certaines conventions pour faciliter l’accès des entreprises marocaines aux marchés à l’étranger. Le département de tutelle envisage également de faciliter les procédures de transit des camions en collaboration avec l’administration des douanes. Dans ce même cadre, il est question d’intégrer le transport international dans le système PORTNET.

– L’élargissement de l’activité des entreprises pour englober des offres logistiques. Le ministère pense atteindre cet objectif en facilitant l’accès des entreprises de transport au foncier réservés aux activités logistiques. Il envisage également de travailler de concert avec l’AMDL pour étudier la faisabilité de la création de zones logistiques en milieu rural.

Le troisième pilier est relatif à la structuration et l’organisation du secteur où il est essentiellement question de l’amélioration de la représentativité professionnelle.

– L’amélioration des conditions sociales des travailleurs dans le secteur à travers la mise en place d’une convention collective qui régit les relations entre employeurs et employés. Il est également question de l’adaptation des dispositions relatives aux heures de conduites et repos avec les standards internationaux tout en veillant à introduire le chronotachygraphe digital dans l’arsenal juridique national.

– La structuration des représentations professionnelles en encourageant leur concentration dans des structures nationales avec des prolongements régionaux et locaux. L’idée est de pousser vers des concentrations homogènes des représentations par nature d’activité. Le ministère pense à définir des critères objectifs pour classer les associations les plus représentatives.

– La sécurité routière est également un important axe de travail dont les actions consistent en la révision du système de formation des conducteurs, la facilitation des procédures de formation continue, l’amélioration du contrôle technique des véhicules…

Le quatrième et dernier pilier de la vision stratégique proposée par le ministère est relatif à la gouvernance avec quatre axes principaux.

– La création de l’observatoire national du transport comme instance indépendante où est représentée à la fois l’administration et les professionnels. Il aura pour mission la réalisation des études relatives à l’offre et à la demande dans les différentes activités de transport de marchandise et les études ayant trait aux problématiques dont souffre le secteur. Il se chargera également de la publication des indicateurs sectoriels et la proposition de recommandations pour la mise à niveau du secteur.

– La mise en place du cadre réglementaire pour la création et le fonctionnement de bourses pour les offres de transport. Le ministère compte encourager la création de bourses numériques régionales et locales et inciter les opérateurs et leurs clients à y adhérer.

– La modernisation des équipements du contrôle routier.

– Le contrôle de la concurrence déloyale et la spéculation. Pour ce faire, le ministère veut généraliser les contrats de transport. Il compte également publier périodiquement les tarifs de référence, contrôler le travail au niveau des bourses de transports, créer une ligne verte pour dénoncer les cas de concurrence déloyale.

Pour la mise en œuvre de cette vision, le ministère de tutelle propose un contrat-cadre relatif à la mise à niveau des acteurs du secteur en plus de six contrats d’application :

–  Contrat programme pour la mise à niveau du transport international de marchandises.

–  Contrat programme pour la mobilité du transport de marchandise dans le périmètre urbain.

–  Contrat programme pour la la mise à niveau du transport des produits dangereux.

–  Contrat programme dédié aux produits périssables et aux légumes.

–  Contrat programme pour la mise à niveau du transport à l’intérieur des ports.

–  Contrat programme pour la mise à niveau des professionnels de transport de marchandise de la catégorie 2 et 3,5 tonnes. 

En ce qui concerne la gouvernance du contrat-programme, trois commissions seront mises en place. Une commission de pilotage présidée par le ministre de l’équipement et du transport. Une commission de suivi centrale présidée par le secrétaire général du ministère. Et des commissions de suivi régionales présidées par les directeurs régionaux du ministère.

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En Egypte, crainte du retour à un pouvoir autoritaire

Au-delà désormais des cercles des défenseurs des droits de l'Homme -qui dénonçaient depuis plus de trois mois la très sanglante répression visant les manifestants partisans de Morsi- des Egyptiens dénoncent un retour du pouvoir autoritaire, près de trois ans après la chute de Hosni Moubarak. Certes, l'armée, qui a destitué le 3 juillet le président islamiste Mohamed Morsi et nommé un gouvernement intérimaire, jouit toujours d'une large popularité. Certes une majorité d'Egyptiens sont bien plus avides de retrouver la stabilité dans un pays à l'économie en ruine que de se soucier du sort de ceux qu'ils considèrent comme une poignée de jeunes agitateurs. Mais une loi décrétée dimanche par le président intérimaire, interdisant toute manifestation n'ayant pas l'aval des autorités, a mis le feu aux poudres dans la rue et jusque dans les rangs des partisans de l'armée et des militants laïcs, estimant jusqu'alors que les militaires étaient un moindre mal après un an de présidence Morsi.

Depuis la destitution de M. Morsi, police et armée se sont lancées dans une implacable répression des manifestations de ses partisans, soutenues par les médias unanimes et une large partie de la population décidée à tourner la page des Frères musulmans. Depuis le 14 août, plus de mille manifestants pro-Morsi ont été tués et des milliers arrêtés, ce qui n'a guère ému la vaste majorité des Egyptiens. Mais mardi, la police a appliqué la nouvelle loi et dispersé à coup de canon à eau et de grenades lacrymogènes deux manifestations -de taille modeste- des mouvements laïcs de la jeunesse, arrêtant les militantes les plus connues du pays avant de les relâcher au beau milieu de la nuit au bord d'une route en plein désert, à 15 km du Caire.

11 années de prison

Ces rassemblements pacifiques dénonçaient la nouvelle loi sur les manifestations et un article maintenu dans la Constitution en cours de révision qui autorise les militaires à juger des civils. Toujours en vertu de cette loi jugée liberticide par les ONG et ayant provoqué l'inquiétude du secrétaire général de l'ONU, la justice a ordonné l'arrestation d'Ahmed Maher et Alaa Abdel Fattah, deux figures de la révolte de 2011 contre Moubarak, accusés d'avoir appelé à ces rassemblements. « Du déjà vu, je vais de nouveau me livrer aux autorités samedi », tweetait aussitôt ironiquement M. Abdel Fattah, déjà arrêté sous le régime Moubarak puis sous le pouvoir militaire qui a assuré l'intérim avant l'élection de M. Morsi. Et mercredi, une nouvelle décision a apporté de l'eau au moulin de la contestation: la justice a condamné 14 jeunes partisanes de M. Morsi à 11 années de prison, et envoyé en maison de correction sept mineures, simplement accusées d'avoir participé à des manifestations pro-Morsi et d'être des membres des Frères musulmans.

Hamdeen Sabbahi, ex-candidat à la présidentielle et l'un des opposants les plus virulents à Morsi, interpellait peu après les autorités sur Twitter: « J'appelle le président (par intérim) Adly Mansour à utiliser son droit de grâce pour les filles condamnées à 11 ans de prison ». Ces lourdes peines ont provoqué une onde de choc en Egypte, jusque dans les rangs de ceux qui avaient manifesté le 30 juin par millions pour réclamer le départ de M. Morsi.Pour Mohamed Sayyed, serveur dans un café au Caire, « ce verdict dit aux Egyptiens: "vous n'avez aucuns droits" ». Pour Gehad Gamal, employé dans une compagnie d'assurance, « ces condamnations nous renvoient à l'époque de Moubarak, où les droits politiques étaient réprimés ». Ces nouvelles critiques pourraient creuser le fossé au sein d'un gouvernement nommé par l'armée entre les faucons et les plus « libéraux ». Gouvernement chargé par les militaires d'amender la Constitution et d'organiser des élections législatives et présidentielle en 2014. Issandr El Amrani, directeur du projet Afrique du Nord d'International Crisis Group, estime que « plutôt que de consolider la coalition, cela l'affaiblit. Elle perd même des soutiens parmi ses partisans ». « Durant les trois dernières années, la brutalité policière a été un des facteurs importants de la crise politique et ce cycle se poursuit », prévient-il.

(Avec AFP)