Extradé d’Allemagne, voici ce que l’on sait du dossier Mohamed Boudrika
Le dossier de Mohamed Boudrika est actuellement « entre les mains du juge d’instruction près le tribunal correctionnel de Aïn Sebaâ ». C’est ce qu’indique à Médias24 une source judiciaire qui rappelle, par ailleurs, que le dossier est couvert par le secret de l’instruction à ce stade.
La même source précise néanmoins que Mohamed Boudrika a été entendu par le juge d’instruction, dans le cadre de l’interrogatoire préliminaire, le lendemain de son arrivée au Maroc, soit le vendredi 25 avril. Les chefs d’accusation précis ne seront officiellement confirmés qu’à l’issue de l’instruction.
Cela dit, selon nos informations recueillies auprès de différentes sources, Mohamed Boudrika est soupçonné d’avoir émis plusieurs chèques sans provision, distincts de ceux qui avaient motivé sa condamnation à un an de prison avec sursis en mars 2024, ainsi que d’avoir falsifié des documents respectivement émis par une notaire et par un architecte.
D’après des informations obtenues de sources bien informées, mais pas encore confirmées par les autorités judiciaires, deux des trois affaires impliquant Mohamed Boudrika sont en voie de résolution en sa faveur.
Neuf mois de détention dans la balance
« Lors de sa détention à Hambourg, Mohamed Boudrika a eu le temps de régulariser certains litiges et a obtenu des désistements de la part de plusieurs plaignants. Cela peut jouer en sa faveur, en facilitant sa libération prochaine ou en réduisant la peine encourue, surtout qu’il a déjà purgé neuf mois de détention », indique une source proche du dossier.
En effet, Mohamed Boudrika a été arrêté en juillet 2024 à l’aéroport de Hambourg, en exécution d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités marocaines. Il est resté détenu en Allemagne jusqu’à son extradition, neuf mois plus tard. Cette période de détention préventive sera considérée en cas de condamnation.
L’affaire de Mohamed Boudrika remonte à fin janvier 2024, lorsqu’ont commencé à circuler des rumeurs de fuite à l’étranger. À cette époque, en plus de son statut d’homme d’affaires, il cumulait les fonctions de :
- président du Raja Club Athletic ;
- président du conseil d’arrondissement de Mers Sultan ;
- parlementaire (RNI) ;
- coordinateur du RNI pour la préfecture d’Al Fida-Mers Sultan.
Face à la rumeur grandissante, Mohamed Boudrika avait alors nié faire l’objet de poursuites et déclaré être parti à Londres pour raisons médicales, évoquant une opération du cœur. Il s’était engagé à revenir dès que sa santé le permettrait.
Parallèlement, il a été condamné à un an de prison avec sursis pour émission de chèques sans provision, tandis que les accusations de faux et d’escroquerie ont continué à circuler, bien qu’il les ait toutes réfutées. Finalement, c’est à son arrivée en Allemagne qu’il a été arrêté.
Conséquence directe de son arrestation, il a été remplacé à la tête du Raja Club Athletic par son premier vice-président, Adil Hala. Par la suite, il a été révoqué par décision judiciaire de son poste de président du conseil d’arrondissement de Mers Sultan sur une requête du gouverneur. Il a également été déchu de son siège de parlementaire, sur décision de la Cour constitutionnelle, et remplacé par Zakaria Benkirane en tant que coordinateur du RNI pour la préfecture d’Al Fida-Mers Sultan.
Entre-temps, son frère, Abdellah Boudrika, placé en détention préventive depuis 2023, a été condamné, dans deux affaires distinctes de faux et usage de faux, à cinq et six ans de prison. Ces affaires ne sont pas liées à celles de Mohamed Boudrika. Leur mère, également entendue dans une autre procédure, a été relâchée faute de preuves.