Aceca : Mohamed Aouzal condamné, la faillite est totale
Le dirigeant d’Aceca (Africaine de conseil et courtage en assurance et réassurance), Mohamed Aouzal, a été condamné à trois ans et demi de prison ferme et à une amende de 1.000 DH.
Le jugement a été prononcé le vendredi 27 décembre par le tribunal correctionnel de Casablanca (Aïn Sebaâ). L’homme d’affaires, ancien président du Raja, était poursuivi pour « abus de confiance par un mandataire », en lien avec des faits commis dans le cadre de ses activités d’intermédiation en assurance.
Le prévenu avait été arrêté en novembre à la suite d’une plainte d’Axa Assurance, compagnie à laquelle il doit verser 2 MDH au titre de dédommagements, selon le jugement. Cette somme correspond à des primes collectées par Aceca auprès de clients, et non reversées à l’assureur, d’où le chef d’accusation d’abus de confiance.
Ces dernières années, ce type de grief s’est transformé en épouvantail dans le secteur. De nombreux opérateurs ont été attaqués par les compagnies d’assurance, conduisant à des condamnations fréquentes parmi les courtiers.
Pour Aceca et son PDG, cette procédure pénale confirme une descente aux enfers entamée en 2021. À l’époque, l’Autorité de contrôle des assurances (ACAPS) avait prononcé le retrait de l’agrément de courtier dont bénéficiait Aceca depuis les années 1950. Une sanction administrative qui reposait sur les mêmes motifs à l’origine de la condamnation de Mohamed Aouzal, à savoir le non-versement des primes encaissées pour le compte de plusieurs assureurs de la place.
À ce grief, le rapport de l’ACAPS ajoutait d’autres « manquements graves », tels que « le non- remboursement de sinistres au profit d’assurés », ou encore des cas de « présentation de titres sans provision ». Ce volet a donné lieu à des plaintes visant Khalid Aouzal, directeur général de la société, actuellement en fuite.
Conséquence du retrait d’agrément, Aceca a perdu toute source de revenus, synonyme de faillite pour ce qui fut l’un des plus importants opérateurs au Maroc. Sa « situation irrémédiablement compromise » a été actée en avril 2023 par un jugement de liquidation judiciaire.
Outre les dettes accumulées auprès d’assureurs, la société traîne aujourd’hui une ardoise de 236 MDH, dont 59 MDH émanent de créanciers privilégiés (DGI, CNSS, AWB, BCP, etc.).
Sur le papier, Axa Assurance détient la créance la plus importante, avec près de 57 MDH déclarés.
Concernant les créances déclarées, Mohamed Aouzal ne reconnaît que 120 MDH et fait même valoir 36 MDH de commissions que lui doivent des compagnies d’assurance.