Bourse, OPCVM, OPCI, immobilier… : le point sur les rendements

Il existe plusieurs types de placements au Maroc, répondant à des stratégies d’épargne et d’investissement très différentes selon l’horizon choisi, court, moyen ou long terme.

Les rendements qui en découlent varient fortement d’un produit à l’autre : certains privilégient la sécurité et la liquidité, d’autres misent sur la performance et la prise de risque.

Pour optimiser son épargne, l’investisseur peut combiner plusieurs approches, en mixant placements prudents et dynamiques. Mais il n’existe aucune recette miracle, car chaque épargnant agit selon ses objectifs, son profil et son appétence au risque.

Pour mieux évaluer les rendements offerts par les différents supports au Maroc, Médias24 a croisé les données les plus récentes et sollicité plusieurs acteurs du marché.

L’objectif est de dresser une photographie fidèle des rendements moyens observés sur les cinq dernières années, tout en mettant en lumière les tendances qui se redessinent sur le marché des placements.

Le marché boursier

La Bourse de Casablanca affiche une hausse de près de 26% depuis le début de l’année 2025. Sur un horizon de cinq ans, la progression dépasse 80%, illustrant le potentiel de rendement élevé qu’offre ce segment pour les investisseurs disposés à accepter une certaine volatilité.

« La Bourse reste un levier d’investissement puissant, mais elle exige une approche sélective et une vraie discipline de gestion », explique un analyste de marché. « Les investisseurs doivent raisonner en termes de stratégie de long terme, de diversification et de tolérance au risque ».

« Si le rendement moyen annualisé du MASI ressort autour de 12% à 13% sur les cinq dernières années, il s’accompagne d’une volatilité bien supérieure à celle des produits de taux ou de l’immobilier. Par ailleurs, le marché actions se distingue par sa capacité à créer de la valeur sur la durée, mais il demeure exposé aux cycles économiques et aux comportements spéculatifs », explique le même analyste.

Les OPCVM : un éventail de rendements selon la stratégie et l’horizon

Les Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) continuent d’occuper une place centrale dans les portefeuilles d’épargne au Maroc. Leurs performances reflètent la diversité des stratégies d’investissement, entre prudence monétaire et exposition aux actions.

Les fonds monétaires affichent un rendement moyen de 2,7% sur un an, tandis que les obligataires court terme (OCT) se situent autour de 3,4%. Ces produits, à faible volatilité, restent privilégiés pour les placements de trésorerie à court horizon.

Les fonds obligataires moyen et long terme (OMLT) enregistrent une performance moyenne de 7,1% sur un an et un rendement annualisé de 3,1% sur cinq ans.

« Les niveaux de taux observés depuis deux ans demeurent attractifs. La détente amorcée par Bank Al-Maghrib soutient les portefeuilles obligataires, notamment sur les maturités longues », explique un gestionnaire d’actifs.

Les fonds diversifiés, qui combinent actions et obligations, se distinguent par leur capacité à capter la hausse des marchés. Ils affichent 18,2% sur un an et environ 5,5% par an sur les cinq dernières années.

« Ces fonds offrent un bon compromis entre rendement et risque. Ils profitent de la dynamique boursière tout en conservant une composante obligataire qui limite la volatilité ».

Enfin, les fonds actions dominent largement le paysage. Leur performance atteint 34,6% sur un an, soit la meilleure progression du marché et environ 18,8% par an sur cinq ans, selon les rendements annualisés.

L’action reste la classe d’actifs la plus performante sur le long terme, mais aussi la plus exposée aux corrections de marché. Sur cinq ans, les fonds actions ont presque doublé, ce qui illustre la profondeur du rebond boursier.

Immobilier locatif et OPCI

« Le rendement locatif brut pour un appartement à usage résidentiel oscille en moyenne entre 5% et 8% par an », estime une source de gestion des actifs immobiliers.

Cette performance dépend fortement de la localisation du bien, et du rapport entre le prix d’achat et le loyer perçu.

« Dans les grandes villes comme Casablanca ou Rabat, un appartement bien situé rapporte rarement plus de 5% à 6% brut. En revanche, dans les zones périphériques ou dans certaines villes secondaires, on peut atteindre 7% à 8%, mais au prix d’un risque de vacance plus important ».

Pour évaluer la rentabilité réelle d’un investissement locatif, il faut déduire plusieurs éléments du rendement brut. Les frais d’acquisition, les charges de copropriété, d’entretien et de gestion, la vacance locative structurelle ainsi que la fiscalité sur les revenus locatifs.

« Quand on intègre l’ensemble de ces paramètres, le rendement net réellement perçu tourne plutôt autour de 3% à 4% par an. C’est un rendement raisonnable, mais surtout régulier, ce qui fait tout l’intérêt de l’immobilier dans un portefeuille à long terme ».

Sur un horizon de cinq ans, le rendement cumulé d’un placement locatif se situe entre 16% et 22%, selon les hypothèses retenues

« Autrement dit, un investissement d’un million de dirhams génère entre 160.000 et 220.000 DH de revenus locatifs nets sur cette période, hors éventuelle plus-value », poursuit notre source.

« L’immobilier n’est pas un produit de spéculation rapide. C’est un placement de construction patrimoniale, stable, tangible, et qui sert souvent d’ancrage de sécurité face à la volatilité des marchés financiers », conclut-il.

Par ailleurs, le secteur offre aussi d’autres portes d’entrée. Les investisseurs peuvent y accéder indirectement via le marché actions, notamment à travers des sociétés comme Aradei Capital ou Immorente Invest, spécialisées dans l’immobilier professionnel et qui rémunèrent régulièrement leurs actionnaires grâce à la distribution de dividendes issus de loyers commerciaux.

En ce qui concerne les OPCI, ce sont des placements de long terme, conçus pour générer des revenus réguliers à partir d’actifs locatifs : bureaux, commerces ou plateformes logistiques.

Leur horizon d’investissement est généralement de dix ans, même si les investisseurs peuvent souscrire ou racheter leurs parts deux fois par an, selon les dispositions prévues dans le règlement de gestion.

Leur modèle repose sur un équilibre entre performance, sécurité et liquidité, l’objectif étant de produire un flux de revenus stable tout en préservant la valeur du capital investi. Un gestionnaire de fonds souligne que la vocation première d’un OPCI est de « créer de la valeur à long terme à travers un immobilier structuré et professionnellement géré, offrant des rendements durables et maîtrisés ».

« En moyenne, le rendement locatif brut des actifs immobiliers intégrés dans les OPCI se situe entre 6% et 9%, selon les catégories d’immeubles et la qualité des locataires ».

Un placement en OPCI offre sur un horizon de cinq ans une rentabilité globale située entre 34% et 53% cumulés

« Le métal jaune reste une valeur refuge. C’est un placement qu’on peut intégrer dans une stratégie d’investissement à long terme, mais il ne faut pas en abuser. Accumuler trop d’or comporte ses propres risques, notamment en matière de sécurité ou de volatilité du cours », estime un autre gestionnaire interrogé.

L’or évolue aujourd’hui à des niveaux records, portés par les incertitudes économiques mondiales. « Cela reste un actif complémentaire, précise-t-il. En général, on recommande d’y consacrer entre 3% et 5% d’un portefeuille bien diversifié. Il est très difficile de prévoir son rendement et son évolution », poursuit le même gestionnaire.

Comptes sur carnet, dépôts à terme et bons du Trésor

« Les comptes sur carnet restent un placement de précaution plus qu’un produit de rendement. Sur les cinq dernières années, leur rémunération est restée particulièrement basse, autour de 1,8% en moyenne, avec un point bas proche de 1% en 2022″, explique une source de marché contactée par nos soins.

« Même lorsque les taux ont commencé à se redresser, l’ajustement sur les carnets d’épargne est resté très limité. En 2025, les taux se situent entre 1,9% et 2,2%, soit leur niveau le plus élevé depuis 2019. Mais c’est une amélioration symbolique car en termes réels, le rendement reste faible et à peine supérieur à l’inflation ».

« Dans ce cadre, les comptes sur carnet restent une épargne d’attente, pratique et sans risque, mais qui ne protège pas contre l’érosion du pouvoir d’achat ».

Concernant les dépôts à terme, ils restent un choix rassurant pour beaucoup d’épargnants. Ils permettent de placer son argent en toute sécurité, avec une visibilité claire sur le rendement, même si celui-ci reste modeste.

« Sur les cinq dernières années, la rémunération de ces produits s’est en effet située autour de 2,4% pour les dépôts à court terme et un peu moins de 2,7% pour ceux dépassant un an. Après plusieurs années de recul, une amélioration a commencé à se dessiner à partir de 2023″, ajoute notre interlocuteur.

« On a vu une petite tension sur les taux à partir de 2023. Les banques ont légèrement relevé leurs grilles, mais la hausse est restée contenue. En 2024, les rendements se sont stabilisés autour de 2,8% à 3% pour les dépôts d’un an, avant un léger repli observé depuis le début de 2025.

Sur cinq ans, en cumul, un compte sur carnet a généré à peine 9% de rendement, contre environ 13% à 15% pour les dépôts à terme, selon la durée et les conditions offertes par les banques

« Maintenant, si on parle du marché obligataire, il est globalement détendu. Sur le court terme, les bons du Trésor à un an se négocient autour de 2,2%, tandis que ceux à cinq ans s’établissent à environ 2,5%. Les maturités à dix ans affichent un rendement proche de 2,8%, et la courbe se redresse progressivement pour atteindre 3,3% sur vingt ans et 3,7% sur trente ans ».

« Les conditions d’émission sont restées confortables depuis le début de l’année », indique notre interlocuteur. « La demande des investisseurs institutionnels demeure forte, ce qui permet au Trésor de financer ses besoins sans exercer de pression sur les taux ».

La Bourse de Casablanca termine en baisse

La Bourse de Casablanca a clôturé en territoire négatif ce mardi 22 avril 2025. Le MASI a reculé de 0,37% à 17.205,43 points, tandis que le MASI 20 a perdu 0,43% à 1.398,36 points. L’indice MASI ESG a légèrement fléchi de 0,13% à 1.182,65 points.

Malgré ces replis journaliers, les performances annuelles restent nettement positives, avec une progression de 16,46% pour le MASI, +17,21% pour le MASI 20, et +14,29% pour le MASI ESG depuis le début de l’année.

Le volume global de la séance s’est établi à 1,26 MMDH, traduisant une activité notable sur plusieurs grandes valeurs. La capitalisation boursière s’élève désormais à 898,78 MMDH.

La plus forte hausse de la journée revient à Sanlam Maroc, dont le titre s’est envolé de 9,74% à 2.140 DH, dans un contexte favorable pour le secteur des assurances. CMT a gagné 3,30% à 1.880 DH, tandis que Med Paper a progressé de 2,05% à 22,93 DH.

À l’opposé, Unimer a accusé la plus forte baisse avec une chute de -5,88% à 160 DH, suivi de Maghrebail (-5,64% à 920 DH) et d’Addoha (-4,87% à 38,05 DH), cette dernière poursuivant sa volatilité après un rallye récent.

Bourse de Casablanca. Le MASI entame la semaine en légère hausse

L’indice MASI a terminé la séance du lundi 21 avril 2025 sur une légère progression de 0,15%, à 17.268,91 points, poursuivant sa dynamique haussière amorcée depuis le début de l’année (+16,89%). Le MASI 20 a pour sa part gagné 0,24% à 1.404,42 points, tandis que l’indice ESG a évolué de +0,10% à 1.184,23 points.

Le volume global des échanges s’est établi à 171,16 millions de DH, dans un marché modérément actif. La capitalisation boursière s’élève à 900,68 MMDH.

S2M en tête des variations, Sanlam Maroc sanctionnée

En tête des plus fortes hausses, S2M s’est envolée de +9,55% à 539,8 DH, signant la meilleure performance de la séance. Elle est suivie d’Oulmès qui a progressé de +5,89% à 1.223 DH, et de Sothema, en hausse de +3,13% à 1.251 DH.

À l’inverse, Sanlam Maroc a subi la plus forte baisse de la journée, décrochant de -7,14% à 1.950 DH, vraisemblablement sous l’effet d’un réajustement technique. CDM recule de -3,05% à 1.081 DH, tandis que CMT abandonne -2,15% à 1.820 DH.

Volatilité, incertitude… Comment les investisseurs réajustent leurs portefeuilles

Il aura suffi d’une déclaration de Donald Trump pour raviver la nervosité sur les marchés. Dans un climat déjà chargé, les réactions ne se sont pas fait attendre  : replis soudains, volumes agités, et retour des questions que tout investisseur se pose dans ces moments-là. Faut-il revoir ses positions  ? Réduire l’exposition au risque  ? Attendre ?

Ce regain d’incertitude, provoqué par un contexte international mouvant, a mis à l’épreuve les portefeuilles des investisseurs marocains. Car au-delà des chiffres et des indices, ce sont bien des choix concrets qui se posent  : que garder, que vendre, et à quel moment.

Face à ces mouvements de marché, les investisseurs et les sociétés de gestion d’actifs sont en première ligne. Comment réagissent-ils  ? Et quels arbitrages opèrent-ils  ?

Quand la panique s’installe, les portefeuilles s’ajustent dans la précipitation

Dès l’annonce de Donald Trump sur l’augmentation des droits de douane, le marché casablancais a subi une chute brutale, perdant près de 10% en quelques séances. À l’origine de ce recul, un mouvement vendeur d’ampleur, principalement porté par les investisseurs particuliers.

« Ce qui s’est passé, c’est une réaction de panique. Beaucoup de personnes physiques ont choisi de solder leurs positions. La prise de bénéfices s’est transformée en un désengagement massif, alimenté par la peur », explique un analyste de la place.

Le comportement des investisseurs était irrationnel

Ce réflexe intervient dans un contexte où la Bourse de Casablanca venait d’enchaîner trois années de hausse, avec une performance cumulée supérieure à 50%. L’annonce politique a agi comme un déclencheur. Les gains enregistrés ont été sécurisés dans l’urgence, parfois sans discernement. « La nervosité qui a gagné les marchés internationaux a rejailli sur le marché marocain ».

Cette dynamique a également influencé les arbitrages entre classes d’actifs. Sur le segment des OPCVM, les investisseurs ont fortement réduit leur exposition aux fonds actions, au profit des produits monétaires jugés plus sûrs.

« Le flux s’est orienté vers les OPCVM monétaires. Ce n’est pas un mouvement marginal, on parle d’un vrai transfert de position. La priorité, pour beaucoup, était de protéger le capital ».

« Dans ce contexte, certaines catégories de valeurs ont davantage souffert. Les titres dominés par les personnes physiques, notamment dans les secteurs de l’immobilier ou du BTP, ont été plus exposés à la vente. À l’inverse, les valeurs dites défensives ont mieux résisté, bien qu’elles n’aient pas échappé à la tendance générale ».

« On a observé un recul sur l’ensemble des valeurs, mais plus marqué sur les valeurs à forte présence individuelle ».

Les investisseurs institutionnels ont été globalement plus stables, certains ayant même profité des niveaux de valorisation pour se repositionner

« Malgré l’ampleur de la correction, le professionnel se veut nuancé. Cette phase reste conjoncturelle, même si elle met en lumière la sensibilité structurelle du marché marocain aux signaux externes ».

Mais comment réagir en cette période de volatilité et d’incertitude ?

Un investisseur reste un être humain. Et à ce titre, il peut être influencé par une série de biais cognitifs qui altèrent sa capacité à prendre des décisions lucides.

« Il n’y a pas de réaction parfaite face à une crise, car l’investisseur n’est pas une machine. Il peut être affecté par l’effet de disposition, par le biais d’ancrage ou encore par la panique ».

Cette irrationalité partielle n’est pas exceptionnelle, ni propre au Maroc. Elle s’est déjà manifestée dans des épisodes antérieurs, notamment au début de la crise sanitaire. « Au moment des premières annonces liées au Covid au Maroc, le marché avait plongé de plus de 25% en trois jours. C’était une surréaction des investisseurs. Par la suite, il y a eu un réajustement, car le marché avait identifié une anomalie et l’a corrigée ».

Ce type de phénomène, selon lui, est révélateur d’une certaine forme d’efficience dynamique du marché marocain. Les investisseurs peuvent réagir de manière excessive à court terme, mais le système finit par se stabiliser dès que l’émotion cède la place à la rationalité.

« Les gens rentrent ensuite pour corriger cette surréaction, ce qui est sain, et c’est ce qu’on observe actuellement dans la tendance de notre marché boursier ».

Pour un gestionnaire d’actifs, « la pire réaction serait de céder à la précipitation. C’est dans ces moments-là que les réajustements impulsifs, souvent guidés par la peur ou l’excès de prudence, conduisent à des décisions incohérentes ». « Lorsqu’un investisseur change de cap brutalement à chaque choc de marché, il finit par perdre ses repères », explique-t-il. « L’enjeu n’est pas de deviner le prochain mouvement du MASI, mais de s’assurer que son portefeuille reste aligné avec ses objectifs initiaux ».

La priorité n’est pas d’agir vite, mais d’agir juste

Dans ce type de contexte, l’approche la plus prudente consiste à éviter les réajustements radicaux. Tenter de sortir totalement du marché pour y revenir plus tard expose à un risque majeur, c’est celui de rater les phases de rebond, qui se produisent souvent sans prévenir. L’idée n’est donc pas d’anticiper les retournements, mais de se conformer à une stratégie d’investissement claire.

Enfin, il faut rappeler que la volatilité n’est pas permanente. Les périodes de panique ont tendance à s’estomper une fois l’émotion passée, et le marché retrouve progressivement ses fondamentaux.

Ce que le marché attend dans les prochaines semaines

L’élément le plus difficile à gérer reste l’incertitude liée à des facteurs exogènes, comme les annonces de politique étrangère. À l’heure actuelle, les investisseurs évoluent au rythme des déclarations de Donald Trump.

« Tout dépend des annonces. Si demain on apprend qu’il n’y a pas d’escalade sur les tarifs, c’est positif. Mais s’il annonce une mesure plus dure, cela changera complètement l’équation », conclut notre analyste.

Qu’en est-il des sociétés de gestion ?

Quand la volatilité se prolonge et que les marchés deviennent moins lisibles, les sociétés de gestion marocaines activent des mécanismes internes de suivi et d’adaptation.

« Lorsqu’un événement majeur survient, comme récemment avec les annonces américaines sur les droits de douane, on suit l’évolution des classes d’actifs heure par heure, en fonction des réactions de marché », explique notre gestionnaire d’actifs.

« En interne, les sociétés distinguent généralement deux niveaux d’analyse : l’allocation stratégique globale, qui fixe les grands équilibres entre actions, obligataire, monétaire, et produits alternatifs ; puis l’ajustement tactique, qui affine le positionnement selon l’actualité ».

« Le marché peut très vite déséquilibrer une allocation cible. Par exemple, si les actions chutent brutalement, leur poids relatif diminue. La question devient alors : faut-il revenir à l’équilibre initial ou rester sous-pondéré ? Ce sont des arbitrages que nous réévaluons avec prudence », ajoute-t-il.

« Face à cette complexité, les choix diffèrent selon les sociétés. Certaines privilégient une approche contracyclique, qui renforce les actifs devenus attractifs après la correction. D’autres préfèrent stabiliser les portefeuilles en privilégiant les valeurs défensives ou les supports monétaires, notamment au sein des OPCVM ».

Ce qui reste commun, en revanche, c’est la priorité donnée à la lisibilité des portefeuilles, particulièrement pour les clients les plus exposés.

L’AMMC vise l’augmentation de capital d’un milliard de dirhams d’Akdital

L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a visé, en date du 24/06/2024 sous la référence VI/EM/019/2024, le prospectus relatif à l’augmentation du capital social réservée au public par émission de 1 492 537 nouvelles actions pour un montant global d’opération de 999.999.790 dirhams (incluant la prime d’émission), avec suppression du droit préférentiel de souscription des actionnaires.

Le prospectus visé par l’AMMC est constitué :

• De la note d’opération
• Du document de référence relatif à l’exercice 2023 enregistré par l’AMMC en date du 24/06/2024 sous la référence EN/EM/006/2024.

La période de souscription est prévue du 2 juillet 2024 au 9 juillet 2024 à 15h30 inclus.

Le prix de souscription de l’action est fixé à 670 dirhams.

TGCC : désengagement de Mediterrania Capital confirmé au profit d’investisseurs locaux

Le fonds Meditarrania Capital, présent dans le capital de TGCC, a effectué sa sortie, nous confirme une source autorisée.

Il s’agit d’une sortie naturelle après une période d’investissement de six années, ce qui est la norme d’un cycle d’investissement de ce genre.

Le fonds a participé à renforcer les fondamentaux et la gouvernance du groupe, jusqu’à l’emmener à l’IPO en décembre 2021.

Le fonds détenait jusqu’à la semaine dernière un total de 7,26% du capital et l’a désormais cédé sur le marché à de nombreux investisseurs locaux durant plusieurs séances.

Cette session devrait accroître le flottant en bourse. Notons que la capitalisation boursière du groupe frôle désormais les 10 MMDH à l’heure où ces lignes sont écrites, et que le titre enregistre une croissance de près de 70% en YTD.

Obligations, actions, immobilier… Round-up des meilleurs placements en 2024

Le contexte économique s’inscrit désormais dans un contexte inflationniste baissier. Les rendements réels des placements ont été pour certains dans le négatif pendant près de deux ans mais, avec une inflation qui s’est terminée à 3,4% au mois de décembre 2023 en glissement annuel et des perspectives de décrue sur le reste de l’année 2024, les épargnants devraient bénéficier d’un cadre plus favorable.

Si ces derniers ont une multitude de choix pour investir leur épargne, quels sont les placements les plus recommandés en 2024 ?

Premièrement, il n’y a pas de recette miracle et les stratégies de placement doivent respecter la volonté des épargnants. Certains optent pour du court terme, d’autres pour du long terme, certains ont une appétence au risque, d’autres pas.  Tout est question d’horizon de placement et de profil d’investisseur. Pour se faire une idée des tendances qui se dessinent, Médias24 a sollicité l’expertise d’une filiale d’investissement et placements d’un des groupes bancaires de la place. Voici ce qu’il en ressort.

L’OMLT 5 ans procure en moyenne 3,5% de rendement

« Ce que le client qui entre sur une classe d’actifs doit définir en premier, c’est son horizon de placement. S’il souhaite investir sur trois mois, inutile d’aller chercher de l’action. S’ensuit ce que cherche le client et son aversion au risque », nous explique-t-on. Voici pour les fondamentaux. Voyons les classes d’actifs.

Le resserrement monétaire de Bank Al-Maghrib a fait bondir les taux obligataires depuis la fin de l’année 2022. On observe désormais une détente, dans un contexte international de stabilisation des taux directeurs. Les taux obligataires demeurent toutefois encore attractifs pour les investisseurs, à des niveaux non observés depuis dix ans.

« Les niveaux de taux que l’on retrouve aujourd’hui sur l’obligataire sont des niveaux qui n’ont pas été vus depuis 2014-2015. Les espérances de performances sur les trois ou cinq prochaines années sont bien supérieures à ce qu’elles étaient il y a dix ans. L’environnement est globalement favorable. Le resserrement monétaire est arrêté au niveau global et il y a des anticipations de baisse. L’inflation baisse, ce qui favorise une baisse des taux, et cela est favorable pour tous les marchés que ce soit obligataire, actions ou diversifié », explique notre interlocuteur.

Pour un investissement globalement sécurisé, notre gestionnaire préconise les placements Obligations moyen, long terme (OMLT). « Ce que nous privilégions en termes de classe d’actifs sur du moyen, long terme, c’est généralement de l’OMLT si l’aversion au risque est élevée », explique-t-il. En revanche, s’il y a volonté d’investir sur une durée supérieure à trois ans, « le diversifié est plus approprié, surtout que l’on est dans une phase prévue d’investissements importants de l’État et du secteur privé dans le sillage de la Coupe du monde. Cela va être favorable au marché action », poursuit notre gestionnaire d’actifs.

En général, un placement monétaire entre trois mois et une année peut générer 3% de rendement. « Pour l’OMLT, plus la durée s’allonge, plus l’incertitude augmente. En moyenne, un OMLT avec une duration de cinq ans rapporte 3,5%« .

Sur le plus long terme, le diversifié et le marché actions sont intéressants

Généralement, les placements sur le marché actions peuvent s’avérer plus rémunérateurs, bien que plus risqués. C’est notamment le cas avec les fonds diversifiés qui allient obligataire et action. « Pour un diversifié au-delà de trois ans, cela peut générer, selon les stratégies, entre 4% et 5%. Pour l’action, on peut atteindre au-delà de 6%, mais généralement, on parle d’un placement d’une durée supérieure à cinq ans », explique notre source.

Au-delà de cinq ans, cela demeure souvent le meilleur choix en termes de performance. « Le marché action est généralement le meilleur choix sur ce type de duration, avec un rendement qui peut atteindre de 6% à 8%. C’est ce que les performances génèrent en moyenne, tous secteurs confondus. On peut avoir une thématique de croissance ou de rendement… Tout dépend de l’objectif du client », poursuit notre source.

Les investisseurs sont également friands d’immobilier et de placements moins classiques. L’or, par exemple, a été un placement juteux pour plusieurs investisseurs au cours des quatre dernières années. En effet, entre début 2019 et aujourd’hui, le cours de l’once d’or a progressé de 53% à 2.023 dollars l’once.

L’immobilier cyclique mais attrayant, l’or à investir avec parcimonie

Bien que le métal jaune joue régulièrement son rôle de valeur refuge, il n’en reste pas moins un investissement volatil. Cependant, il est pris en compte par certains gestionnaires. Mais étant donné le risque de volatilité du cours, une petite poche d’investissement seulement est recommandée. « L’or est un produit alternatif qu’il faut intégrer. Il faut le considérer légèrement dans l’allocation globale de l’investissement. Généralement, ces allocations sont comprises entre 3% et 5%. Il n’y a pas de rendement, et l’évolution est difficilement prédictible », explique notre gestionnaire.

L’immobilier est apprécié du marché. Il est considéré comme tangible, concret. Cependant il peut être très varié, du fait qu’il existe plusieurs types d’immobilier. « Si vous disposez d’un actif immobilier et que vous y vivez, vous êtes déjà bien exposé à l’immobilier. Vous avez mobilisé votre épargne dans un investissement intéressant. Vous avez un actif, vous épargnez dedans », explique notre source.

Si acheter en propre pour de la location peut être intéressant sur le long terme, d’autres critères doivent être pris en compte. « On parle ici de la liquidité du placement, des impôts… beaucoup de choses peuvent limiter l’attrait pour certains investisseurs. Il faut diversifier », estime notre gestionnaire.

Mais le secteur peut également être investi à travers les opérateurs du secteur. En somme, cela revient à miser sur le marché actions. « Les investissements dans l’immobilier peuvent également se faire à travers le marché actions, notamment auprès d’Aradei Capital et d’Immorente Invest qui font de l’immobilier professionnel et rémunèrent convenablement les investisseurs. Les entreprises qui font de la promotion immobilière ont connu une évolution erratique entre 2008 et aujourd’hui. C’est assez volatil, cela suit les cycles économiques », conclut-il.

Notons que depuis le début de l’année seulement, l’indice ‘MASI Participation et promotion immobilières’ affiche une progression de 20,7% contre 4,4% pour le MASI.

Malgré la baisse progressive des taux, l’obligataire rémunère encore de manière attrayante

L’année 2023 a été très particulière sur le marché obligataire. Elle avait très mal commencé, avec une hausse des taux des bons du Trésor qui avait entraîné une déroute très importante de la valorisation des fonds obligataires.

Cette forte hausse des taux a ensuite engendré un fort attrait des investisseurs vers le monde obligataire du fait de niveaux de rendement très attrayants et dans un contexte d’aversion aux risques. Mais depuis la pause du cycle de resserrement monétaire de Bank Al-Maghrib (BAM), et de la décrue progressive du niveau d’inflation, les taux ont commencé à se stabiliser puis à afficher une baisse sur certaines maturités en fin d’année 2023.

Une baisse qui s’amorce, poussée par deux facteurs clés

Désormais, une accalmie est bel et bien observée. D’ailleurs, la société de recherche Attijari Global Research notait dans son document hebdomadaire « Hebdo Taux » du 12 janvier dernier : « Les rendements primaires des maturités 26 semaines, 5 ans et 15 ans ont reculé en une semaine de 11, 21 et 31 PBS respectivement. Sur le marché secondaire, les baisses ont varié entre -5 PBS et -15 PBS. Au vu des placements importants du Trésor sur le marché monétaire, soit 25 MMDH en moyenne au cours de cette semaine, ainsi qu’une maîtrise des tombées du Trésor durant l’année 2024 autour des 84 MMDH, contre 150 MMDH en 2023, nous écartons toute pression sur les Taux primaires au cours du T1-24 ».

Les investisseurs anticipent une baisse du taux directeur

Contactée par Médias24, une source du marché confirme cette tendance baissière sur certaines maturités. « Les maturités courtes et moyennes ont été complètement impactées. Il y a encore un peu de marge sur les 20 ou 30 ans. Mais il y a une anticipation d’une baisse du taux directeur de la part des investisseurs », explique-t-elle.

En somme, deux facteurs poussent les taux obligataires vers une direction baissière. Premièrement, un recul progressif de l’inflation qui s’est terminée à 3,4% en décembre 2023. Cela engendre une baisse des exigences des investisseurs et une anticipation de la baisse du taux directeur courant 2024 par certains investisseurs.

Puis, notre source explique que « le Trésor est à l’aise. Il n’a aucune pression à lever des liquidités et dispose encore de potentiel sur l’enveloppe des financements innovants. Il y a aussi un rôle à jouer sur les privatisations cette année. Il y a les paiements de l’IS en mars qui rendront la situation encore plus confortable. Il y a donc une aisance qui pousse également les taux à la baisse ».

Une autre source de la place note un allongement de la duration du Trésor, c’est-à-dire la durée moyenne de la dette du Trésor. « La duration moyenne de sa dette en 2022 était assez courte car le Trésor a retardé les levées. Mais en 2023, il a repris les levées en remontant les taux, permettant ainsi au Trésor d’étaler son échéancier en somme. Cela confère plus de confort au marché », explique-t-elle.

Un détournement vers le marché diversifié et actions, mais l’obligataire reste très attractif

De fait, le marché, à moyen terme, va se détourner progressivement vers des opportunités d’investissement à meilleurs rendements. Cependant, cela dépend du profil de risque des investisseurs.

« Concernant le flux obligataire, ce dernier va se détourner progressivement et se diriger plutôt vers du diversifié ou de l’action. Cela va donner un upside au marché action par effet mécanique. En somme, il n’y a plus vraiment d’upside sur le marché obligataire. Il a largement été consommé. Ce qui se passe, c’est qu’ils vont chercher de l’upside ailleurs, avec un peu plus de prime de risque sur le diversifié ou l’action. D’autres OPCVM pourront à terme se diriger vers les financements innovants », explique notre source.

Depuis le début de l’année, un engouement intéressant est observé sur le MASI avec une progression de plus de 5,6% à plus de 12.770 points à la mi-séance du 23 janvier. « Le secteur immobilier est celui qui a le plus pris l’année dernière. Il y a beaucoup de discussions sur les valeurs cimentières, celles du BTP et également Taqa Morocco, qui a déjà fortement progressé depuis le début de cette année. Il y a de l’intérêt sur le marché », poursuit notre source.

Notre autre source de la place attribue la hausse du marché action à la baisse des taux. « Est-ce que cela va perdurer ? Personne ne le sait ; cela dépendra des résultats du T4, des newsflow durant les prochains mois, etc. ». L’un de nos deux interlocuteurs rappelle que la prudence est de mise dans l’attente du jugement contre Maroc Télécom. « Il faut voir ce qu’il va se passer la semaine prochaine sur Maroc Télécom, notamment du fait que cette dernière est fortement pondérée dans les portefeuilles. C’est très attendu par le marché et ce sera un point crucial. S’il y a une lourde amende, cela sera fortement ressenti », explique notre source.

Mais le marché obligataire, malgré la baisse des taux, reste attractif avec des rendements qui demeurent à des plus hauts depuis plusieurs années. « Sur le marché obligataire, il y a des prix qui s’envolent et des opportunités qui faiblissent du fait de la baisse des taux, de l’ordre de 1%. Mais il faut rappeler qu’après la pandémie de Covid-19, les taux étaient très bas. A échéance 5 ans, un BDT offrait du 2% de rendement en 2020. Aujourd’hui, on parle de 3,4%. C’est une bonification des taux qui rémunèrent correctement le risque actuel, il ne faut pas l’oublier non plus. Ils restent à des niveaux au plus haut depuis 8 ou 10 ans », conclut notre source.

Première édition du Salon de l’épargne les 3 et 4 novembre à Casablanca

Cette première édition se veut, selon ses organisateurs, « un carrefour d’échange entre les professionnels de l’épargne, de l’investissement financier et des placements, d’une part, et les épargnants, d’autre part. Le Salon proposera un ensemble de conférences thématiques animées par des professionnels autour de l’investissement boursier, des OPCVM, de l’assurance-vie…

Les organisateurs souhaitent, à travers les interactions entre experts et épargnants, créer des opportunités d’affaires et promouvoir les composantes du marché des capitaux au Maroc auprès du grand public.

Durant les deux jours du Salon, les compagnies d’assurance présenteront leurs produits et les gestionnaires de fonds mettront en lumière les potentialités de la gestion collective. Les sociétés de Bourse discuteront des opportunités et des risques associés aux marchés financiers et présenteront leurs solutions aux visiteurs. Les banques, quant à elles, offriront des informations sur des produits d’épargne plus traditionnels, tels que les comptes d’épargne ou encore les dépôts à terme.

Par ailleurs, deux sessions seront dédiées, le samedi 4 novembre, aux discussions sur les perspectives du marché actions et des principales tendances sur les actions.

Dimagaz assailli par les actions en paiement, 1,8 MMDH réclamé par trois banques

Dimagaz est dans le collimateur du secteur bancaire. Condamné à plus d’un milliard de dirham (1,1 MMDH) au profit de Banque Populaire (BP), le distributeur de gaz butane doit gérer d’autres actions en paiement au tribunal de commerce. Bank of Africa (BOA) et Crédit Agricole du Maroc (CAM) lui réclament respectivement 370 et 315 millions de dirhams, correspondant à des crédits impayés.

Les actions de BOA et CA sont entre les mains du même juge (Aziz Dikr Allah), mais font l’objet de traitements séparés. Pour l’heure, aucune n’a donné lieu à un jugement.

BOA devait être fixée le 18 janvier, mais le juge a retiré le dossier des délibérés à la demande de Dimagaz. La prochaine audience aura lieu le 1er février. Cette même date verra se tenir la 10e audience du dossier initié par Crédit Agricole.

Banque Populaire avait obtenu la condamnation « solidaire » de la société et son dirigeant, Najib Jerari, caution personnelle. BOA semble avoir opté pour une stratégie similaire. Un détail : les deux banques sont assistées par le même cabinet, Kettani Law Firm.

Représenté par le cabinet Bassamat & Laraqui, Crédit Agricole a ratissé large. Son action est dirigée non seulement contre Dimagaz et son PDG, mais aussi contre cinq autres membres de la famille.

Entre BP, BOA et CA, l’endettement bancaire est déjà de 1,8 MMDH pour Dimagaz. Nous avons repéré des actions antérieures, certaines initiées par d’autres banques pour des montant inférieurs.

Le sort de la société, autrefois convoitée par Total Maroc, semble plus que jamais compromis. Une incertitude amplifiée par l’absence de son dirigeant, incarcéré à la prison de Ouarzazate où il doit répondre d’une poursuite pour chèque sans provision.

Les montants en jeu, l’historique de la société et son secteur, l’arrière-plan pénal du dossier, le profil des avocats mobilisés… L’affaire Dimagaz n’a pas révélé tous ses secrets.