Villes sans bidonvilles : la moyenne annuelle des bénéficiaires a triplé entre 2021 et 2025

La moyenne annuelle des ménages bénéficiaires du programme « Villes sans bidonvilles » est passée de 6.200 entre 2018 et 2021 à près de 18.500 entre 2021 et 2025, a relevé le secrétaire d’État chargé de l’Habitat, Adib Benbrahim, le lundi 26 mai à la Chambre des représentants.

Adib Benbrahim a précisé que ce programme a permis de déclarer 62 villes et centres urbains sans bidonvilles et d’améliorer les conditions de vie de plus de 366.000 familles. Environ 74.000 ménages sont actuellement concernés par des unités de logement achevées ou en cours de réalisation.

Il a souligné les résultats encourageants enregistrés par le programme « malgré les contraintes qui ont jalonné sa mise en œuvre sur le terrain, notamment la hausse continue du nombre de familles éligibles ».

Le secrétaire d’État a également évoqué les lenteurs dans les opérations d’auto-construction dans le cadre des projets de relogement sur des lots de terrain.

Il a, à ce propos, indiqué que la circulaire du chef du gouvernement relative à la programmation de nouvelles opérations destinées à traiter les unités d’habitation restantes dans le cadre du programme « Villes sans bidonvilles », concernant environ 120.000 familles, adopte désormais l’approche des aides au logement ou du programme de logement social.

Adib Benbrahim a rappelé que le programme « Villes sans bidonvilles », lancé en 2004 par le Roi Mohammed VI, visait initialement 270.000 familles réparties sur 85 villes et centres urbains.

Gouvernement Akhannouch II : le compte est bon pour les attributions des secrétaires d’Etat

Dans la plus récente édition du Bulletin officiel, on retrouve les décisions des ministres de tutelle relatives aux attributions des secrétaires d’État qui sont rattachés à leurs départements.

Il s’agit des attributions de Omar Hejira, secrétaire d’État au Commerce extérieur, de celles de Abdeljabbar Rachidi, secrétaire d’État chargé de l’Insertion sociale, et d’Adib Benbrahim, secrétaire d’État chargé de l’Habitat.

Les trois décisions sont signées, respectivement, par Abdessamad Kaiouh, Naima Benyahia et Fatima-Zohra El Mansouri.

Aide directe au logement : 30.848 bénéficiaires, nouvelles mesures de simplification à venir

En réponse à une question orale sur « l’aide au logement et son impact économique et social », le secrétaire d’Etat chargé de l’Habitat, Adib Benbrahim, a souligné que le programme a bénéficié à 26% de Marocains résidant à l’étranger, 46% de femmes et 35% de jeunes (moins de 35 ans).

Et de relever que que la superficie de 70% des logements acquis oscille entre 60 et 100 m2, tandis que le nombre moyen de chambres par logement s’élève à trois.

S’agissant de l’impact économique, Adib Benbrahim a fait savoir que ce programme a contribué, depuis janvier 2024 jusqu’à novembre, à la hausse de 8,88% des ventes de ciment et à la création de 57.000 emplois.

Par ailleurs, il a souligné que le ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville poursuit ses efforts visant à encourager et à faciliter l’opération d’acquisition des logements par un grand nombre de citoyens. Il a ainsi été procédé à la signature d’une convention avec la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) pour mettre en place une plateforme numérique dédiée à la gestion des demandes d’aide directe au logement et d’une convention avec la Direction générale des impôts, la Trésorerie générale du Royaume et la Conservation foncière. Le but étant de faciliter, de simplifier et de dématérialiser les procédures et démarches, ainsi que de réduire les délais de réponse et d’améliorer les performances du programme.

Adib Benbrahim a également évoqué la signature d’une convention avec le Conseil national de l’Ordre des notaires pour suivre les dossiers des citoyens tout au long de l’opération d’octroi d’aide directe au logement, en plafonnant à 2.500 dirhams les honoraires des notaires pour les acquéreurs d’un logement de moins de 300.000 dirhams et en intégrant le programme d’aide directe au logement au fonds « Damane Assakane » pour permettre aux bénéficiaires de profiter des crédits Fogarim.

Gouvernement Akhannouch II : des secrétaires d’État toujours sans attributions

Heureux qui comme Lahcen Essaadi, le benjamin du gouvernement et secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’économie sociale et solidaire. Nommé à ce poste le 23 octobre, Fatim-Zahra Ammor lui signe son arrêté d’attributions le 29, et cet arrêté est publié le 31 au Bulletin officiel.

Idem pour Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, sous la tutelle de son camarade de parti (RNI), Ahmed El Bouari, dont l’arrêté des attributions est signé.

Deux sur six donc… sachant qu’Adib Benbrahim et Hicham Sabiry du PAM ainsi que Omar Hjira et Abdeljabbar Rachidi de l’Istiqlal n’ont toujours pas de périmètre d’action clairement défini.

Le dossier du travail, dont hérite Hicham Sabiry, n’est-il pas aussi urgent que celui de la pêche maritime ? Le commerce extérieur affecté à Omar Hjira n’est-il pas aussi important que l’artisanat et l’économie solidaire ?

Fixer les attributions d’un membre du gouvernement n’est pas un luxe dont on peut se passer. Un secrétaire d’État a besoin d’une base légale, écrite noir sur blanc et promulguée au Bulletin officiel, pour avoir un droit de regard sur les établissements relevant de son département et pouvoir embaucher, muter, sanctionner, lancer des appels d’offres…

D’ailleurs, Aziz Akhannouch s’était lui-même empressé de signer les décrets d’attributions des huit nouveaux ministres qui ont rejoint son équipe. Ces décrets, datés du 28 octobre, ont été publiés au BO le jour même !

« Pendant ce temps-là, l’un des nouveaux secrétaires d’État avait une terrible équation à résoudre : trouver un bureau où s’installer au sein de son ministère de tutelle. Quant à s’entourer d’un groupe de cabinards, c’est une autre paire de manches », ironise un jeune leader d’une formation de la majorité gouvernementale.

Trois des quatre secrétaires d’État approchés par Médias24 ont préféré ne pas répondre à nos questions sur la (assez) longue attente de leurs arrêtés d’attributions.

C’est aux ministres dont relèvent les secrétaires d’Etat récemment nommés de s’atteler au plus vite à définir leur attributions. Nous parlons ici de Fatima Ezzahra El Mansouri et Younes Sekkouri pour le PAM, et de Ryad Mezzour et Naima Ben Yahya du côté de l’Istiqlal.

Des « moteurs en panne »

Cela aurait pu éviter à Omar Hjira le commentaire de l’opposition sur ce point.

Au Parlement, les six secrétaires d’État viennent en renfort à leurs collègues lors des débats autour du PLF 2025. Cinq d’entre eux ont changé de bord puisqu’ils étaient également, jusqu’à leur nomination, des députés (sauf Abdeljabbar Rachidi).

Omar Hjira aura alors cette réflexion en qualifiant les tout nouveaux secrétaires d’État de « moteurs » du gouvernement. Propos auquel Abderrahim Chahid, chef du groupe USFP (opposition) à la Chambre des représentants rétorque : « Vous êtes plutôt des moteurs en panne qui n’auront aucun à rôle à jouer ». Avant d’enfoncer le clou en ajoutant que les secrétaires d’État étaient tout simplement « de hauts fonctionnaires jusqu’à nouvel ordre ».

Le député ittihadi faisait allusion à l’absence du texte réglementaire des attributions de quatre nouveaux membres du gouvernement. Mais aussi au rôle qu’ils doivent jouer au sein de l’exécutif, avec cette question récurrente : à quoi servent alors les six secrétaires d’État ?

« C’est un vieux débat, et il est légitime de se poser la question pour savoir si on raisonne en termes de compétence et d’utilité ou alors selon une logique de rente », commente, pour Médias24, Ahmed El Bouz, professeur de droit constitutionnel et de sciences politiques à l’Université Mohammed V de Rabat.

Une affaire d’égo ?

Les quatre ministres de tutelle concernés refuseraient-ils alors de signer les fameux arrêtés ? « Possible, et ce n’est pas nouveau, et parfois le retard de la publication de ces textes va au-delà de deux années », explique Ahmed El Bouz qui rappelle un antécédent qui avait fait beaucoup de bruit à l’époque : Habib El Malki, ministre de l’Education nationale dans le gouvernement Abbas El Fassi, qui compliquait la tâche à Mohamed El Gahs, secrétaire d’État à la Jeunesse. Même si les deux étaient issus du même parti (USFP), cela n’avait pas arrangé les choses, et c’est El Fassi himself qui intervenait pour apaiser les esprits.

Bien avant, l’on se rappelle une situation similaire au sein du gouvernement Youssoufi I. Abdelkrim Benatiq était alors secrétaire d’État auprès du ministre de l’Economie sociale, des petites et moyennes entreprises et de l’artisanat, qui n’était autre qu’Ahmed Lahlimi. Les deux hommes, pourtant issus tous les deux de l’USFP, ne pouvaient pas cohabiter. Abdelkrim Benatiq avait changé de poste lors du remaniement du 23 juillet 2001 en tant que secrétaire d’État au Commerce extérieur.

Pour Ahmed El Bouz, il s’agit là d’une polémique salutaire pour ouvrir un large débat sur l’architecture des gouvernements en général, et trancher cette histoire de secrétaires d’État une fois pour toutes.

« Il faut qu’on soit fixés de manière exacte sur le rôle des secrétaires d’État. Est-on en présence de simples auxiliaires de leurs ministres de tutelle ou de vrais décideurs responsables de véritables chantiers gouvernementaux ? », s’interroge encore le politologue.

Pour bientôt, inchallah !

« La polémique n’a pas lieu d’être, et il s’agit d’une question de temps », affirme une source au sein de la majorité gouvernementale, promettant les arrêtés d’attributions manquants dans les semaines, sinon les jours à venir.

« Les quatre responsables auxquels vous faites allusion ont fait et font l’objet d’une unanimité au sein de la majorité, et personne n’en conteste la compétence. Comme on ne saurait parler de divergences entre eux et leur ministre de tutelle », ajoute notre interlocuteur.

Pour rappel, et dans les derniers gouvernements, Saâd Dine El Otmani détient le record des secrétaires d’État avec 13 postes, contre 0 pour Benkirane, 7 pour El Fassi, 6 pour Jettou et 9 dans le gouvernement Youssoufi.

Nommé secrétaire d’État, Adib Benbrahim cède ses parts et démissionne de son cabinet d’audit

Adib Benbrahim a cédé ses parts dans son cabinet d’audit Horwath Maroc Audit, après sa nomination en tant que secrétaire d’Etat chargé de l’Habitat. Selon des sources juridiques, l’opération a été réalisée le 24 octobre, le jour de son installation dans ses nouvelles fonctions.

Selon les mêmes sources, il a cédé ses parts à El Bouazzaoui Hanati. Il a aussi démissionné de ses fonctions de gérant de la société. C’est El Bouazzaoui Hanati qui reprend la gérance.

Horwath Maroc Audit est considéré comme l’un des cabinets d’audit les plus réputés de Rabat. Il fait partie du réseau international d’audit et de conseil Crowe Global depuis 2005. Il a pour clients de nombreuses sociétés cotées ainsi que d’importants acteurs publics.

Comme nous l’écrivions dans un précédent article, Adib Benbrahim a dû également céder le siège qu’il occupait au Parlement (Chambre des représentants, élu à la circonscription Rabat-Chellah) à son camarade de parti (PAM) et colistier Aziz Lomaini, également vice-président de la commune de Rabat.