Mutandis prépare le lancement de plusieurs nouveaux produits

Mutandis étend fortement sa marque d’hygiène corporelle Vitaya. « On a lancé le shampoing Vitaya. Et maintenant, on va lancer le savon Vitaya puis le gel douche Vitaya. Donc on va continuer à faire grandir la marque Vitaya », annonce Adil Douiri, fondateur de Mutandis.

Le groupe prépare également une offensive dans les boissons, notamment avec l’élargissement de la gamme Fruit. « On va lancer beaucoup de produits sous la marque Fruit. On va lancer des produits out of home, des 250 ml, des 400 ml, plusieurs parfums ».

Il rappelle que Fruit n’est pas un « pur jus », mais une boisson au positionnement accessible : « Ce sont des boissons à base de jus… des sodas sans gaz, à mi-chemin entre Fanta et Hawaii d’un côté et un jus de fruits de l’autre ».

Lancement d’une eau de table, un marché à fort potentiel

Mutandis prépare aussi un nouveau produit stratégique : une eau de table. « On va lancer une eau de table. L’eau de table, c’est comme Aquafina : ce n’est pas une eau de source, ni une eau minérale. C’est une eau du robinet osmosée, purifiée, à laquelle on rajoute des minéraux ».

Avec la demande croissante et la montée en capacité prévue sur Aïn Ifrane début 2026, l’eau devient un axe majeur du plan de développement.

Marine Maquereau : une nouvelle conserve dès janvier

Face à la rareté de la sardine et à la forte disponibilité du maquereau cette année, Mutandis ajuste son offre.

« Le maquereau… est là en abondance. On a produit beaucoup de maquereaux et, d’ici le mois de janvier, vous trouverez chez les épiciers Marine Maquereau (Marine macro), en plus de Marine Sardine sans peau sans arêtes ».

Ce lancement permet au groupe de sécuriser ses volumes tout en diversifiant sa gamme à l’international, notamment sur le marché américain.

Un premier produit en Afrique : la poudre de protéines de poisson

La nouveauté la plus structurante concerne un nouveau métier industriel : la production d’hydrolysat de protéines de poisson, destiné notamment à la nutrition sportive et à l’alimentation animale.

« On démarre un produit pour la première fois en Afrique : un produit qui traite le poisson inutile ».

Ce produit est obtenu à partir de poissons qui ne peuvent pas aller en conserverie.

CFG Bank : croissance accélérée du PNB et forte collecte au T1-2025

À fin mars 2025, le PNB consolidé de CFG Bank s’élève à 303 MDH, en hausse de 45% sur un an. Ce chiffre regroupe la marge d’intérêt, les commissions et les revenus des activités de marché. Le PNB récurrent (marge d’intérêt + commissions) atteint 224 MDH, en progression de 24%.

Dans le détail, la marge d’intérêt atteint 116 MDH (+29%), portée par la hausse des encours. Les commissions, qui regroupent les frais bancaires et de gestion d’actifs, s’établissent à 108 MDH (+19%).

Les revenus non récurrents (activités de marché, courtage, corporate finance) enregistrent une envolée de +191%, à 78 MDH, grâce à un environnement boursier favorable en ce début d’année.

Les dépôts de la clientèle atteignent 18,2 MMDH à fin mars, en progression de 33% sur un an, soit une collecte nette de 4,5 MMDH. Fait notable, les dépôts non rémunérés bondissent de 57% et représentent en moyenne 50% des dépôts totaux.

Les encours de crédits s’élèvent à 16 MMDH (+22% sur un an), en hausse de 2,9 MMDH, principalement portés par le segment « Entreprises ».

Le résultat brut d’exploitation (RBE) atteint 170 MDH, en progression de 62% par rapport au premier trimestre 2024. Cette croissance est supérieure à celle du PNB, traduisant un bon levier opérationnel malgré une augmentation de 29% des charges.

Perspectives 2025

CFG Bank confirme ses objectifs pour 2025, avec une croissance attendue :

Ce dernier indicateur sera impacté par la fin du report des déficits fiscaux : CFG Bank sera désormais pleinement imposée sur ses bénéfices, ce qui ralentira la croissance nette.

La banque annonce également l’organisation de son premier Capital Markets Day à fin mai 2025 à Casablanca. Cet événement permettra de présenter des perspectives chiffrées à moyen terme.

Mutandis. Un chiffre d’affaires en recul de 4% au T1 2025

Le chiffre d’affaires de Mutandis ressort en légère baisse de 4% au premier trimestre 2025, à 452 MDH, selon le communiqué publié ce 5 mai.

Les boissons pénalisées par un arrêt industriel prolongé

Le repli global de l’activité est principalement attribuable à la mise à l’arrêt de l’usine d’Aïn Ifrane pendant deux mois et demi, consécutive à une double panne machine ayant nécessité le remplacement définitif d’une ligne de production en fin de vie.

Cet arrêt a permis, selon Mutandis, de remettre l’ensemble des installations aux meilleurs standards.

La production n’a repris qu’à la mi-mars, amputant fortement le chiffre d’affaires du segment boissons, qui s’effondre de 58% à 36 MDH sur le trimestre. Le mois de mars, coïncidant avec le ramadan et marqué par une météo peu clémente, n’a pas permis un rattrapage.

Hygiène : une dynamique solide au Maroc

À l’inverse, l’activité hygiène affiche une progression robuste de 6%, à 183 MDH, portée par une forte hausse des volumes (+16%), en particulier dans les détergents liquides. Le groupe souligne également la montée en puissance continue de Vitaïa, sa marque dédiée à l’hygiène de la personne. Cette performance confirme la solidité de la demande domestique sur ce segment et la pertinence du mix de produits proposé.

Produits de la mer : bonne tenue aux États-Unis, ralentissement en Afrique et en Europe

Les produits de la mer, premier contributeur au chiffre d’affaires du groupe, progressent de 11% à 238 MDH.

La marque Season réalise un excellent trimestre aux États-Unis, avec des volumes et un chiffre d’affaires en hausse de 35%. La marque Marine progresse également au Maroc (+10% en valeur).

Toutefois, les livraisons vers l’Afrique et l’Europe accusent un recul important (-37 MDH), en raison d’un niveau de stock insuffisant en début d’année, contrairement à 2024. Mutandis rappelle que le premier trimestre reste historiquement peu significatif dans cette activité, du fait de l’arrêt biologique et des maintenances sur la flotte de pêche.

Par ailleurs, le groupe annonce l’achèvement de son usine d’hydrolysats de poisson à Dakhla. Les premières exportations sont attendues une fois l’homologation obtenue.

Capex en hausse, endettement maîtrisé

Les investissements du trimestre atteignent 37 MDH. La dette nette bancaire s’établit à 950 MDH au 31 mars 2025, contre 850 MDH à fin décembre 2024, un niveau jugé soutenable au regard du profil de croissance du groupe.

Perspectives : guidance inchangée

Malgré un démarrage en demi-teinte, Mutandis maintient sa guidance annuelle communiquée en février : un excédent brut d’exploitation (EBE) en hausse d’environ 10%, et un résultat net courant attendu en progression de 10% à 15%. Le groupe semble confiant dans la capacité de ses différentes activités à converger vers une croissance plus marquée au fil de l’année.

L’impact des nouveaux tarifs douaniers US est positif pour Mutandis (Adil Douiri)

Les États-Unis ont décidé d’appliquer de nouveaux droits de douane sur les importations en provenance de plusieurs pays. Pour le Maroc, le taux retenu à présent est de 10%. Une décision qui change la donne pour certains exportateurs marocains, jusque-là protégés par l’Accord de libre-échange signé avec Washington en 2006.

Sur le papier, les exportations vers les États-Unis ne représentent qu’environ 4% des ventes marocaines à l’international. Mais derrière ce chiffre global, il y a des entreprises bien réelles, parfois fortement tournées vers ce marché et qui doivent aujourd’hui faire face à une nouvelle équation : comment préserver leur compétitivité face à ce surcoût soudain ? Peuvent-elles l’absorber, le répercuter, s’adapter autrement ?

L’impact est loin d’être uniforme. Ce genre de mesure n’a jamais un impact homogène. Chaque entreprise vit la chose à sa manière, selon ses marges, son positionnement, ses accords commerciaux et sa dépendance au marché américain. Pour certaines, ce sera une formalité. Pour d’autres, un vrai sujet stratégique.

Il n’y a pas de réponse simple, ni de lecture universelle. Tout se joue dans les détails, dans les coulisses des filières exportatrices.

Et c’est justement en regardant de près le cas de Mutandis qu’on comprend à quel point cette nouvelle donne peut, parfois, se transformer en avantage.

Depuis l’acquisition de Season Brand LLC en 2021, Mutandis a franchi un cap stratégique dans son développement international. À travers cette marque centenaire spécialisée dans les conserves de sardines haut de gamme, le groupe marocain s’est ouvert une voie directe vers les foyers américains.

Un effet positif anticipé pour Mutandis

Pour Adil Douiri, fondateur et PDG du groupe, la nouvelle grille douanière mise en place par l’administration Trump crée, contre toute attente, un déséquilibre favorable à son entreprise. « Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette mesure n’est pas une mauvaise nouvelle pour nous. Au contraire, l’impact est plutôt positif« .

En cause : la disparité des taux appliqués selon les origines. « Nos principaux concurrents sur le marché américain – la Thaïlande, le Vietnam et l’Union européenne – ont été frappés par des droits de douane bien plus élevés. On parle de 36% pour la Thaïlande, de 46% pour le Vietnam et de 20% pour l’Union européenne, contre 10% seulement pour le Maroc ».

Un écart qui, selon lui, change profondément la donne sur un marché où les marges sont étroites et la compétitivité cruciale. « Si ces nouveaux droits de douane sont effectivement maintenus, cela nous donnerait un avantage compétitif important ».

En clair, nous serions 10% plus compétitifs que les Européens, et jusqu’à 30% plus compétitifs que les producteurs asiatiques. Cela change complètement la donne

« On ne s’attendait pas forcément à un effet positif, mais au final, c’est une opportunité. Nos concurrents directs vont devoir composer avec des coûts supplémentaires, alors que nous restons relativement épargnés ».

Au-delà de cet avantage concurrentiel relatif, Mutandis a également évalué l’impact direct de la taxe de 10% sur ses propres coûts. Pour l’entreprise, le scénario d’une répercussion partielle sur le prix final reste envisageable, sans effet de rupture.

« Si on veut répercuter la hausse de 10% sur les prix d’achat par Season Amérique des conserves de sardines produites au Maroc, cela reviendrait à augmenter le prix de vente aux consommateurs d’environ 7%« , explique Adil Douiri.

Mais le groupe ne prévoit pas d’agir dans la précipitation : « On va d’abord observer la réaction de nos concurrents. Ensuite, on pourra ajuster nos prix, si besoin ».

Ce type d’ajustement ne serait pas une première pour le groupe qui a déjà traversé des périodes de hausse des coûts. « En 2021, 2022 et 2023, on a augmenté les prix de vente à la suite de la flambée des coûts des boîtes métalliques et de l’huile d’olive. Et cela ne s’est pas traduit par une baisse des volumes », rappelle Adil Douiri.

La nature même du produit – des conserves de sardines accessibles et peu onéreuses – limite les risques de sensibilité excessive au prix.

« Ce sont des produits très abordables. On a déjà montré qu’on pouvait répercuter des hausses sans perdre de clients. Donc, si on devait le refaire, je n’anticipe pas de difficulté majeure vis-à-vis des consommateurs américains », conclut-il.

Activité de Mutandis aux États-Unis

L’activité américaine de Mutandis repose essentiellement sur les produits de la mer, en particulier les conserves de poisson. Cette catégorie, portée par Season, représente à elle seule 25% du chiffre d’affaires global du groupe. Une proportion significative qui témoigne du poids croissant du marché nord-américain dans le modèle économique de l’entreprise.

Distribués via les grandes chaînes de la distribution américaine, notamment Costco et Walmart, les produits Season ont bénéficié d’un positionnement premium et d’une stratégie commerciale bien rodée.

En 2024, Mutandis a poursuivi un réajustement ciblé de son programme promotionnel, notamment en réduisant le nombre de mois promotionnels chez Costco (passant de trois à un). Ce recentrage a permis d’améliorer la rentabilité, tout en maintenant des volumes satisfaisants.

La filiale américaine, implantée à New York, joue aujourd’hui un rôle pivot dans la stratégie internationale du groupe. Cette implantation est à la fois un moteur dans la croissance du groupe et un laboratoire stratégique dans un marché très concurrentiel.

Mutandis: Adil Douiri propose une augmentation de capital réservée aux dirigeants du groupe

Mutandis va convoquer son assemblée générale pour proposer une augmentation de capital réservée aux cadres dirigeants du groupe, annonce un communiqué. L’objectif est de leur réserver une part de 4,7% du capital, pour un montant de 120 MDH. L’action serait cédée avec une petite décote: 263 DH au lieu de 310 DH constatés vendredi dernier, le 28 mars 2025.

Si l’opération aboutit entièrement, les cadres dirigeants monteraient alors à 12% du capital, contre 7,3% actuellement. Les parts de Adil Douiri sont comprises dans ce décompte.

Voici le texte du communiqué:

« Les succès passés et le développement futur de Mutandis reposent essentiellement sur son équipe de cadres dirigeants, un groupe patiemment assemblé au cours des 15 dernières années. Aujourd’hui soudée, cohérente et adhérant pleinement aux valeurs et à l’éthique du groupe, cette équipe a acquis un niveau de compétence et d’expertise précieux, en particulier dans le secteur des produits de grande consommation.

« En vue de fidéliser ses dirigeants, mais aussi de les faire bénéficier des fruits de la croissance dont ils sont les moteurs, Mutandis souhaite accroître leur actionnariat à moyen et long terme dans l’entreprise en organisant une augmentation de capital qui leur est réservée.

« L’augmentation proposée à l’assemblée générale qui sera convoquée dans les prochains jours, portera sur un montant maximum de 120 millions de dirhams, et concernera une trentaine de cadres dirigeants du groupe.

« Dans l’hypothèse où le montant effectif de l’opération est de 120 millions de dirhams, les cadres dirigeants du groupe détiendront près de 12% du capital de leur entreprise.

« Les actions seront émises au prix unitaire de 263 dirhams, soit une légère décote par rapport aux cours moyens récemment observés sur le marché. En contrepartie de cette décote, les titres seront placés dans des comptes bloqués et seront incessibles pendant une période minimale de 36 mois suivant leur date d’émission.

« L’ambition de Mutandis est qu’une partie de ces actions soit conservée à long terme par les dirigeants, contribuant ainsi à la constitution de leur patrimoine. Son objectif est également que la croissance future de Mutandis, telle qu’exposée lors du Capital Markets Day en mai 2024, bénéficie aux principaux cadres dirigeants.

« Le produit de l’augmentation de capital ira mécaniquement à la réduction de la dette nette du groupe (850 MDH au 31/12/2024),
accroissant la flexibilité financière du groupe dans la perspective de ses investissements futurs ».

Adil Douiri aux industriels : « Osez la Bourse pour booster votre croissance ! »

« Je vais parler de la bourse et de l’intérêt qu’elle peut apporter aux entreprises. Étant un professionnel de la finance et des marchés financiers, je suis convaincu de son utilité. Toutefois, je comprends qu’un industriel puisse hésiter à franchir ce cap. Si, aujourd’hui, je parviens à dissiper vos appréhensions et à vous encourager à sauter le pas, j’aurai atteint mon objectif ».

Adil Douiri, patron de Mutandis, entreprise cotée à la Bourse de Casablanca, a ouvert son intervention ce vendredi 30 par ces mots, lors de la conférence organisée par le ministère de l’Industrie en partenariat avec la Bourse de Casablanca et la Fédération nationale de l’agroalimentaire (FENAGRI), sous le thème « Marché boursier et secteur agroalimentaire marocains : un avenir de croissance et d’expansion ».

L’ex-ministre a partagé son expérience en tant qu’entrepreneur ayant introduit son entreprise en bourse.

L’histoire de Mutandis : une entreprise conçue pour la bourse

« Mutandis a été créée en 2008 avec une vision claire : aller en bourse. C’est-à-dire que, dès sa fondation, elle a été pensée pour une introduction en bourse ».

« Je ne disposais pas d’un patrimoine suffisant pour bâtir une entreprise de plusieurs milliards de dirhams. Donc, la bourse était, pour moi, un moyen incontournable de réaliser cette ambition ».

Il confie qu’au début de l’aventure, « nous avons constitué un large tour de table pour rassembler les capitaux nécessaires. Ne disposant pas moi-même des fonds pour créer une entreprise de cette envergure, il a fallu convaincre ceux qui étaient prêts à me faire confiance et à me suivre. »

Cette dynamique a permis d’accroître progressivement les capacités de financement de Mutandis.

Dans ses premières années, l’entreprise a suivi une stratégie d’acquisitions en rachetant des sociétés en difficulté ou en transition générationnelle. « Nous avons acquis, intégré et développé des entreprises dans l’hygiène, l’agroalimentaire, les produits de la mer et l’emballage, avec toujours l’ambition de structurer un groupe solide, inspiré des modèles de Procter & Gamble et Unilever, où l’épicier est notre client principal ».

Et d’ajouter : « Nous avons misé sur une intégration verticale complète, de la R&D au marketing stratégique, jusqu’à la vente aux épiciers et à l’exportation via des distributeurs étrangers. Une fois une certaine taille atteinte, nous avons pu réduire les acquisitions et commencer à développer nous-mêmes des usines à partir de zéro ».

L’introduction en bourse comme levier de croissance

L’introduction en bourse en 2018 a marqué un tournant décisif dans le développement de Mutandis. « Nous avons levé 200 millions de dirhams, ce qui nous a permis de changer d’échelle et d’entamer une nouvelle phase de croissance. Alors, nous avons investi massivement dans des projets de développement Greenfield, c’est-à-dire la création d’usines et de marques ex nihilo ».

Ce repositionnement s’est notamment traduit par une expansion à l’international. « En 2021, nous avons réalisé une acquisition stratégique aux États-Unis, un marché notoirement difficile d’accès pour une marque marocaine. En rachetant une marque américaine, nous avons pu pénétrer plus rapidement les réseaux de distribution des grandes surfaces ».

Depuis, Mutandis a également construit quatre nouvelles usines et renforcé son portefeuille de produits, notamment avec l’acquisition d’Ain Ifrane dans le secteur de l’eau minérale.

Une stratégie de financement bien rodée

« Avant son introduction en bourse, Mutandis comptait déjà 60 actionnaires et fonctionnait comme une entreprise cotée, avec des reportings trimestriels et une transparence financière rigoureuse. Nous avons levé 700 millions de dirhams avant la bourse, puis 200 millions le jour de l’introduction et 300 millions en 2022, soit un total de 1,2 milliard de dirhams ».

Douiri insiste sur les avantages patrimoniaux de la cotation en s’adressant aux chefs d’entreprises : « Même au plan patrimonial, la bourse valorisera largement votre entreprise, bien au-delà de ce que vous imaginez. Lever 500 millions de dirhams en fonds propres permet d’augmenter d’un montant équivalent sa capacité d’endettement bancaire ».

« En quatre ans, nous avons investi 1,5 milliard de dirhams, et la bourse a été un levier fondamental dans la concrétisation de cette ambition », souligne-t-il.

Grâce à cette stratégie, Mutandis, “qui n’était au départ qu’une idée sur papier avec des investisseurs convaincus”, emploie aujourd’hui 4 000 salariés, exploite 11 usines et exporte ses produits dans 50 pays.

« Nous générons environ 130 millions de dirhams de résultats nets courants, réalisons un chiffre d’affaires de 2,5 milliards de dirhams et distribuons 100 millions de dividendes par an ».

Conseils aux entrepreneurs

Adil Douiri partage quelques conseils clés à l’attention des entrepreneurs et chefs d’entreprises présents.

Premier conseil : « Adoptez une politique de dividendes régulière et prévisible. Verser un dividende, même en ayant besoin de capitaux, rassure les investisseurs et facilite les futures levées de fonds. Une entreprise qui verse un dividende stable et bien calibré inspire confiance aux marchés et lève plus facilement de nouveaux fonds lorsqu’elle en a besoin ».

Deuxième conseil : « Ne craignez pas la communication financière. Les idées appartiennent à tout le monde, ce qui fait la différence, c’est l’exécution. Soyez clairs, pédagogiques et synthétiques dans vos échanges avec le marché. Une bonne communication renforce la réputation de votre entreprise et facilite son accès aux financements ».

Pour Adil Douiri, la bourse est un outil incontournable pour accélérer la croissance des entreprises marocaines. « Nous comptons continuer à lever des fonds et à doubler de taille tous les cinq ou six ans en nous appuyant sur ce formidable mécanisme de financement ».

Options d’investissement et de placement en 2025 : l’avis de Adil Douiri

Investir en bourse, sur le marché obligataire ou dans d’autres placements n’est jamais une décision anodine. Cela exige une bonne compréhension du marché, des analyses techniques et une approche réfléchie pour choisir la meilleure option.

Cependant, l’analyse du marché peut s’avérer complexe pour les investisseurs particuliers, tandis que les institutionnels s’appuient sur l’expertise d’analystes spécialisés et des outils avancés pour affiner leurs décisions.

Le début de l’année 2025 est le meilleur moment pour poser la question : où investir ?

Adil Douiri, fondateur de CFG Bank et Mutandis, partage son point de vue sur les opportunités d’investissement.

Rotation sectorielle : vers de nouveaux moteurs pour la Bourse en 2025

Pour guider les choix d’investissement en bourse en 2025, une question essentielle se pose : les sociétés qui ont vu leur valeur s’envoler en 2024 et ont été réajustées à la hausse ont-elles encore le potentiel de tirer la Bourse vers le haut ? Jusqu’où cette dynamique peut-elle aller et quelles valorisations peut-on encore espérer ?

Après une année 2024 marquée par la forte progression de certaines valeurs, le marché pourrait entrer dans une nouvelle phase. « Il y a des sociétés qui sont pleinement valorisées, c’est-à-dire que leur valeur en bourse reflète pleinement tout ce qu’on peut espérer et imaginer de l’avenir pour elles« , explique Adil Douiri.  Les investisseurs ont déjà intégré dans les cours les potentiels flux futurs, ce qui limite les marges de progression.

Une rotation sectorielle semble engagée

« Les grands mouvements haussiers, les grandes vagues haussières se font avec un certain groupe d’actions qui tirent d’abord, ensuite elles deviennent un peu chères« .  Une fois ce cycle atteint, le marché cherche des opportunités ailleurs, en se tournant vers des secteurs encore moins valorisés.

Pour Adil Douiri, deux secteurs apparaissent comme les grands bénéficiaires de cette réorientation des investissements. « Le secteur bancaire va être l’un des leaders de l’année 2025, je pense ». Ces valeurs ont enregistré une croissance plus modérée en 2024 et affichent encore des valorisations attractives. « Il a déjà commencé, il y a un ou deux mois, parce que le mouvement de rotation a commencé à la mi-décembre ».

Le tourisme pourrait également connaître un regain d’intérêt

« Le secteur marche très fort, je suis très confiant pour le tourisme et le développement de la capacité hôtelière et des vols », annonce Adil Douiri. En 2024, une seule entreprise représentait ce secteur en bourse, mais son évolution a été particulière.

« Elle a décalé en 2023, mais pour des raisons qui lui sont propres, parce que le groupe Accor est sorti de la société Risma« , a-t-il évoqué. Cette sortie lui a offert une nouvelle liberté stratégique. « Elle s’est trouvée libre pour développer aussi vite qu’elle voulait, avec les marques qu’elle voulait », ajoute-t-il.

Jusqu’ici, cette valeur n’a pas suivi la dynamique du marché, mais cela pourrait changer. « Peut-être qu’en 2025, les excellents résultats touristiques du Maroc vont se poursuivre« , estime Adil Douiri.

Bons du Trésor et obligations 

Au-delà du marché actions, le marché obligataire constitue également une alternative d’investissement. Récemment, le taux d’intérêt a baissé de 0,25 point. Dans ce contexte, les bons du Trésor restent-ils une option pertinente ?

Pour Adil Douiri, « il y a une corrélation mathématique directe et immédiate entre la valeur d’une action et la valeur des bons du Trésor« .

Cette relation est forte et sans ambiguïté : « Quand les taux d’intérêt baissent, les valeurs des actions montent. Et quand les taux d’intérêt montent, la valeur des actions baisse, comme tout le monde l’a vu en 2022″, ajoute-t-il.

« En 2022, la bourse a baissé de 20% et les taux d’intérêt ont dû décaler de près de 200 points de base sur toute la courbe des taux obligataires« . Cette interaction est « arithmétique et mathématique » et doit être rappelée aux investisseurs.

Adil Douiri estime que les taux d’intérêt ont atteint un plancher et qu’une nouvelle baisse est peu probable. Pour illustrer cette tendance, il évoque le rendement des bons du Trésor marocains : « Le bon du Trésor à 10 ans offre actuellement un rendement de 3,15% ». Cela signifie qu’un investisseur qui l’achète aujourd’hui gagnera 3,15% par an s’il le conserve jusqu’à l’échéance.

L’achat d’obligations aujourd’hui ne permet pas de générer des gains en capital significatifs

Le faible potentiel de baisse des taux limite l’attrait des obligations. « Le coupon est bas, 3,20% sur un 10 ans. Une nouvelle baisse des taux n’apporterait qu’un faible gain en capital, peut-être 1% ou 2% sur 20 points de base », précise-t-il. Face à cette situation, Adil Douiri considère que les actions demeurent une meilleure alternative.

Placements sécurisés

Les placements monétaires représentent une part essentielle de l’épargne des ménages. « Les placements monétaires, c’est énorme, c’est une partie prépondérante de l’épargne des ménages« , observe Adil Douiri.

« Après la poussée inflationniste de 2022, les taux sont revenus à un niveau plus stable, autour de 2,5% pour le taux du jour le jour« .

Dans ce contexte, le rendement des placements monétaires demeure faible. « Après déduction de la marge du gérant d’OPCVM, il atteint au mieux 2,3% ou 2,4%. C’est sécurisé, prévisible, sans surprise, mais avec une performance limitée », explique-t-il.

Qu’en est-il du private equity ?

Selon Adil Douiri, le private equity complète les actions et les obligations. Contrairement aux placements cotés, il s’agit d’un investissement de long terme. « C’est une classe d’actifs illiquide, dans laquelle il faut s’engager pour 7 à 9 ans, mais avec un potentiel de performance supérieur à la Bourse et au marché obligataire sur le long terme », explique-t-il.

Sur le long terme, le private equity affiche des rendements supérieurs aux autres classes d’actifs. « Sur 30 ans, les obligations rapportent en moyenne 4% par an, contre 9% pour les actions cotées. Le private equity, lui, peut offrir entre 11% et 13% sur de longues périodes », ajoute-t-il.

Ce type d’investissement a toute sa place dans les portefeuilles des institutionnels

« Pour les professionnels, c’est une bonne classe d’actifs. Il faut en avoir un peu dans les bilans des compagnies d’assurance, des caisses de retraite, etc. Et des family offices », précise Adil Douiri.

Au Maroc, les fonds de private equity jouent un rôle important dans la transformation des entreprises en vue de leur introduction en bourse. « Il y a de plus en plus de sociétés qui ouvrent leur capital à des fonds pour préparer leur introduction en bourse, pour devenir modernes, transparentes, avec un bon tableau de bord« .

Or et matières premières

Pour Adil Douiri, les métaux et les matières premières ne sont pas une classe d’actifs. Ils ne doivent pas être traités au même titre que les actions ou les obligations. « Je n’ai pas d’expertise dans ce domaine mais, pour moi, ce sont avant tout des intrants industriels. Si l’épargne y afflue massivement, les prix augmentent, obligeant les industriels à répercuter cette hausse sur les consommateurs », explique-t-il.

Il estime que l’épargne ne doit pas être dirigée vers ces ressources, car cela fausse leur rôle dans l’économie réelle.

Conseils aux investisseurs

Adil Douiri insiste sur l’importance de la diversification. « Il ne faut jamais tout parier sur un seul actif. Un portefeuille doit être équilibré« , souligne-t-il.

Selon lui, les valeurs ayant fortement progressé en 2024 devraient connaître un ajustement : « Le plus logique, c’est qu’elles corrigent. Le marché va tourner et être entraîné par les sociétés en retard ».

Il recommande toutefois de ne pas les exclure totalement : « Un portefeuille doit en contenir une part, peut-être pour profiter d’une dernière phase de progression avant la correction. Mais elles ne sont pas toutes dans la même situation ».

Pour lui, le meilleur choix repose sur un équilibre entre les leaders de l’an dernier et les titres encore sous-évalués. « Il faut prévoir d’alléger les positions au moment de la correction, tout en se positionnant sur les sociétés de qualité qui restent en retard, notamment dans le secteur bancaire ».

Rappel : les raisons de la hausse du  marché boursier en 2024 

L’un des moteurs de cette croissance du marché boursier en 2024 a été l’accélération des investissements dans les infrastructures. La Coupe du monde 2030 a joué un rôle de catalyseur, poussant à l’anticipation de plusieurs projets d’envergure comme le TGV, les autoroutes, les ports et les stations de dessalement d’eau. Ce phénomène n’est pas inédit : des pays comme l’Espagne avaient connu une transformation similaire avant des événements majeurs comme la Coupe du monde 1982 et les Jeux olympiques de Barcelone.

Cette dynamique a permis une révision à la hausse des carnets de commandes des grandes entreprises de travaux publics qui se concentrent sur les infrastructures stratégiques.

Le secteur de la santé a également été un levier important du marché grâce à l’extension de l’AMO qui a élargi le marché des patients solvables. Le groupe Akdital, en particulier, s’est distingué avec un modèle de croissance structuré et reproductible lui permettant d’ouvrir de nouvelles cliniques à un rythme soutenu. Avec une nouvelle levée de fonds d’un milliard de dirhams, l’entreprise poursuit son expansion, confirmant son positionnement sur un marché en pleine transformation.

D’autres valeurs ont suivi une trajectoire positive, par exemple Marsa Maroc, qui bénéficie du développement des infrastructures portuaires. Avec l’ouverture de nouveaux ports à Nador, Dakhla Atlantique et Safi 2, ainsi que des concessions en Afrique (Bénin, Liberia, Djibouti), l’entreprise se positionne sur un marché en pleine croissance. Son activité étant directement liée à la gestion portuaire, elle profite du renforcement du commerce maritime et des investissements logistiques du pays.

Voici la nouvelle répartition du capital de CFG Bank après son introduction en bourse

Ce lundi 18 décembre marque le premier jour de cotation de CFG Bank, nouvel arrivant sur la cote casablancaise. Le groupe fondé par Adil Douiri et Amyn Alami est officiellement devenu la septième banque cotée de la place.

Lors de cette première journée de cotation célébrée par la cérémonie de la cloche, le management de CFG Bank et de la Bourse de Casablanca a dévoilé les chiffres clés de cette opération.

21 MMDH souscrits et près de 190 millions d’actions demandées

L’introduction en bourse de CFG Bank a marqué les esprits. D’entrée, le président du conseil d’administration de la Bourse de Casablanca, Kamal Mokdad, a qualifié l’opération de « meilleure opération en termes de taux de sursouscription sur les 15 dernières années et la plus importante en termes de nombre de souscripteurs sur les 10 dernières années« .

L’IPO portait sur un montant maximal global de 600 MDH. Les chiffres officiels montrent que la demande a été très forte ; le montant souscrit a avoisiné les 21 MMDH, soit un taux de sursouscription avoisinant les 35 fois. Près de 190 millions d’actions ont été demandées par plus de 23.000 souscripteurs, sur un total de 5.454.545 actions émises lors de l’opération. Parmi les souscripteurs qui ont pris part à l’opération figurent 303 institutionnels, 458 personnes morales et 22.873 personnes physiques.

Pour rappel, l’opération était répartie en trois tranches, dont 50% réservé pour le type d’ordre 1, 35% pour le type d’ordre 2 et le reste réservé aux salariés.

Plus des deux tiers des actions attribuées aux personnes physiques

La Bourse de Casablanca a souligné l’importance de la participation à cette opération de personnes physiques. « Nous observons une demande quasi équilibrée entre les institutionnels et les personnes physiques, mais après allocation, la balance tourne en faveur des personnes physiques », a déclaré Ahmed Arharbi, directeur exécutif des opérations de marché à la Bourse de Casablanca.

In fine, près de 69% des actions attribuées l’ont été auprès des personnes physiques, contre 26,5% auprès des institutionnels.

Les caractéristiques de ces personnes physiques ont également été dévoilées par Ahmed Arharbi. 98,8% sont marocaines. Par tranche d’âges, 50% des actions allouées l’ont été auprès d’investisseurs âgés de 35 à 60 ans. De plus, 21% des actions ont été attribuées aux séniors et 12% aux 24-35 ans.

L’un des chiffres qui attire l’œil est celui des actions attribuées aux mineurs. 15% des actions allouées l’ont été auprès de personnes mineures. Il s’agit de la troisième tranche d’âge la mieux servie sur cinq tranches d’âges au total. « Un pourcentage significatif de parents ont souscrit pour accroître le nombre de titres qui leur sera alloué », précise le directeur exécutif des opérations de marché de la bourse.

Concernant les zones géographiques, l’axe Casablanca-Rabat rassemble sans grande surprise près de 18.000 souscripteurs et 90% des titres offerts.

Une levée en bourse pour catalyser la croissance

Rappelons qu’à travers ces 600 MDH levés sur le marché boursier, le groupe CFG Bank a pour objectif d’accompagner sa croissance rapide, d’améliorer ses fonds propres et de diminuer le coût du capital.

Le groupe connaît en effet un développement rapide, avec des indicateurs « largement supérieurs aux autres banques du pays ». Sur la période 2018-2023, CFG Bank affiche un taux de croissance annuel moyen de son PNB de 31,7%. Ce dernier devrait atteindre 634 MDH d’ici la fin de l’année.

Cette croissance est notamment tirée par les bonnes tenues des encours des crédits clientèle et des dépôts clientèle, qui ont affiché sur la même période des taux moyens respectifs de 34,8% et 23,4%. Ils sont attendus en fin d’année à 11 MMDH et près de 12 MMDH.

En termes de profitabilité, le groupe ambitionne de doubler ses bénéfices d’ici 2027 pour atteindre 365 MDH. La banque entend continuer à dérouler sa stratégie amorcée en 2015 et poursuivre le recrutement des clients au sein des segments actuels. Il s’agit des particuliers et des professionnels sensibles à la qualité de service, et des moyennes et grandes entreprises.

« Nous prévoyons une évolution de 15% par an sur la période 2023-2027 pour approcher les 3 MMDH. Après cette opération d’introduction en bourse par augmentation de capital, ils devraient se situer fin 2023 à 1,7 MMDH environ », expliquait Souad Benbachir, directrice générale du groupe lors de la conférence annonçant l’IPO du groupe, fin novembre.

Post-IPO, le groupe atteint une valorisation de 3,85 MMDH, soit la 28e plus importante sur 77 sociétés cotées.

Ci-dessous, la répartition du capital de CFG Bank telle qu’annoncée dans les chiffres actualisés ce lundi matin par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC).

Source : AMMC

Transformation de CFG Bank, ambitions, IPO, avenir de la banque, inflation… Le regard de Adil Douiri

CFG Bank deviendra la 7e banque cotée du pays. La première date de cotation de la valeur est prévue au 18 décembre 2023. L’opération était dans le pipe depuis plusieurs années et, désormais, la banque a atteint la taille critique et des résultats positifs rassurants pour effectuer son entrée en bourse et lever 600 MDH.

Fondée il y a maintenant trois décennies par deux financiers spécialisés dans l’asset management et les contrats à terme obligataires, comment la petite banque d’affaires est devenue l’une des banques de la place parmi les plus dynamiques en croissance et les plus avancées technologiquement ?

Médias24 est allé à la rencontre de Adil Douiri, président du conseil d’administration et cofondateur de CFG Bank, pour décrypter l’histoire de CFG, les influences de son business model, les ambitions de la banque, et également revenir sur l’appétit de son dirigeant, hyperactif dans le capitalisme national. Entretien.

Médias24 : Pour revenir brièvement sur l’IPO, nous avons vu que vous avez décidé de diviser la valeur nominale par 5, de 100 dirhams à 20 dirhams. Pour quelle raison avez-vous fait cela ?

Adil Douiri : C’est simplement pour avoir un cours de bourse à 110 dirhams plutôt qu’à 550 dirhams. Cela permet de rendre le cours plus accessible, on peut dire que c’est pour la liquidité. La majorité des actions à la Bourse de Casablanca traitent autour de 200. Il y a un gros nuage de points autour de ces niveaux-là, et ensuite quelques valeurs vers 400 ou 500 dirhams et quelques-unes assez illiquides au-delà de 2.000 dirhams. Nous avons préféré mettre le plus petit cours possible.

– Revenons sur la genèse de CFG. En 1992, qu’est-ce qui vous a motivés à lancer une banque d’affaires ?

– Il s’agissait des métiers que l’on pratiquait nous-mêmes. Pour ma part, j’étais à la banque Paribas dans l’asset management américain, et Amyn Alami était sur le marché à terme des instruments financiers de la Bourse de Paris, donc le marché à terme obligataire.

Nous avons dupliqué un business model anglo-saxon typique

J’ai beaucoup observé Paribas de l’intérieur et j’observais tous les métiers, surtout ceux que je ne faisais pas, à savoir la corporate finance, les ventes croisées entre les différents départements, et je trouvais que c’était un modèle fantastique. Vous avez la capacité de faire beaucoup de ventes croisées dans une banque d’affaires, à travers plusieurs départements, pour le même client.

Le modèle américain m’intéressait car je travaillais sur ce secteur, en observant Goldman Sachs, Morgan Stanley, Merrill Lynch, etc. Puis quand il a fallu franchir le pas, nous avons dupliqué un business model anglo-saxon typique, comme les banques précitées.

Ensuite, à partir des années 2000, nous avons ajouté le retail avec les épargnants petits porteurs, à travers la marque Dar Tawfir. Nous avons donc complété le modèle de Morgan et Goldman, en rajoutant le retail.

La troisième décennie, donc de 2010 à 2015, nous avons conceptualisé le business model pour lancer une banque universelle. Il a fallu acheter l’informatique, paramétrer, construire les agences avant de les ouvrir au public.

Dans les activités de banque d’affaires au Maroc, il y a un plafond quand on n’a pas la capacité à lier le service rendu avec un octroi de crédit

– Pourquoi cette volonté de s’orienter vers une banque universelle ? Était-ce pour toucher plus de monde ?

– Non. En réalité, dans les activités de banque d’affaires au Maroc, il y a un plafond quand on n’a pas la capacité à lier le service rendu avec un octroi de crédit. Une banque qui peut à la fois faire du crédit et des opérations de marché (IPO, émissions obligataires…) dispose d’un avantage très fort vis-à-vis du client, par rapport à une banque qui ne peut faire que des opérations de marché.

Nous commencions à buter face à des banques qui, elles-mêmes, étaient constituées des équipes de banque d’affaires et qui venaient chez le client en proposant un bundle (groupage, ndlr) banque commerciale et banque d’affaires. Stratégiquement, il était important pour nous de pouvoir donner du crédit.

– Structurellement, CFG demeure une petite banque par rapport aux autres. Quelle est la part de marché actuelle de CFG sur les crédits bancaires et quel est son objectif post IPO ?

– C’est tout petit. Nous sommes à 11 MMDH sur 1.300 MMDH environ… Disons 1%. Le fait est que nous grandissons très vite. Nous ne pouvons pas accélérer car nous avons un encours crédit qui progresse annuellement de 25% ou 30%. Nous n’avons pas d’objectif de part de marché en tant que tel. Nous sommes plafonnés dans notre relation commerciale par le coefficient de division des risques, qui ne nous autorise pas à donner à chaque groupe d’intérêt ou à chaque client plus de 200 MDH au total.

En augmentant le capital, pour les clients avec lesquels vous travaillez de façon extrêmement efficace, vous pouvez augmenter la distribution. Donc, il y aura un impact direct sur le coefficient de division des risques. Comme notre clientèle est essentiellement de la grande entreprise et du particulier (immobilier résidence principale, ndlr), car c’est notre positionnement, la grande entreprise a toujours de l’appétit. Si vous êtes dans la capacité de la financer à hauteur de 100 MDH de plus, elle les prendra. Il s’agit d’une logique assez mécanique.

Nous grandissons avec la taille de notre bilan et de nos fonds propres pour pouvoir donner plus à nos clients. Nous avons un service très sur mesure car nous avons un ADN de banque d’affaires. C’est l’équipe banque d’affaires historique qui donne des crédits aujourd’hui. Elle a une approche cousue main et devient à la limite une sorte de directeur financier du client, avec un accompagnement opérant plus comme une banque d’affaires que comme une banque commerciale.

– La direction générale a évoqué, lors de la conférence de presse, le fait que la banque resterait sur la même cible de clientèle. Pourquoi ?

– Nous n’avons pas épuisé nos segments. Nous avons une focalisation et nous nous concentrons sur les grandes entreprises avec du leasing et du crédit d’investissement. Nous ne faisons pas de crédit court terme pour les grandes entreprises.

La grande entreprise, c’est le continuum de la banque d’affaires

De l’autre côté, nous avons les particuliers avec les gens qui achètent leur résidence principale, donc c’est un niveau de risque très bas. Il y a une garantie réelle qui est l’hypothèque de l’appartement et, en général, le particulier fait tout pour honorer sa traite, car il s’agit de sa résidence principale.

Nous avons fait ce choix pour deux raisons. La grande entreprise, car c’est le continuum de la banque d’affaires, c’est naturel pour nous et nous sommes très bons dans ce domaine. Le particulier qui fait du crédit hypothécaire, c’était important pour nous, car ce dernier fournit les dépôts à vue. De l’autre côté, nous ne pouvions pas prendre de risque de perte de crédit quand le bilan était encore tout petit. Nous avons donc choisi les deux aspects les moins risqués, le temps de grandir et de nous consolider.

– Le positionnement de CFG repose également sur la technologie et l’innovation. Toutes les banques de la place tentent de se mettre à la page. La banque CFG de demain, à quoi ressemblera-t-elle, et qu’est-ce qu’elle implique pour le client ?

– La direction sur laquelle nous travaillons est claire. Les produits que l’on va lancer, je ne peux pas en parler aujourd’hui. Nous souhaitons minimiser la taille du réseau. Pour ce faire, il faut réduire la fréquentation. Il ne faut pas saturer les agences. Tout ce que l’on développe et que l’on développera sera fait pour dire aux gens : ‘Mais pourquoi venez-vous ?’.

Si l’on arrive à trouver des machines de nouvelle génération permettant à la personne de gérer elle-même son dépôt de cash, nous aurons fait un saut technologique important

Nous sommes en train d’améliorer la télébanque, pour ceux qui ne sont pas à l’aise sur l’application téléphonique. Ils n’auront qu’à décliner leur identité et auront un banquier au bout du fil, et non un call center, pour régler leurs problèmes ou avoir des conseils. Le banquier pourra voir les dernières opérations du client et se saisir du dossier comme si c’était son banquier habituel.

La télébanque va prendre une place plus importante, se sophistiquer et faire baisser le trafic dans les agences. Le travail sera également fait sur le traitement du cash qui est un des plus grands obstacles technologiques. C’est beaucoup de mouvements à traiter. Si l’on arrive à trouver des machines de nouvelle génération permettant à la personne de gérer elle-même son dépôt de cash, nous aurons fait un saut technologique important en limitant la pression sur les équipes humaines, car c’est le cash qui nous consomme le plus de temps.

Il restera, à terme, le déplacement pour les crédits un peu compliqués, où le client désire un crédit mais ne sait pas sous quelle forme, etc. Tout ce qui est conseil se fera en agence, jusqu’au jour où cela se fera en visioconférence ou autre. Cela nous permettra de grandir avec un réseau qui grandit moins.

– Quel est le poids de la partie banque d’affaires dans vos revenus ?

– Elle est encore significative car elle compte pour un tiers du PNB. Sur 600 MDH de PNB, la banque d’affaires compte pour 200 MDH et 400 MDH pour la partie banque universelle.

Nous avons donc une structure de PNB qui est très différente des grandes banques commerciales. 45% de nos revenus sont composés de marges d’intérêts, les commissions également et les parties volatiles que sont les opérations de marché représentent 10% du PNB.

Cela vient notamment de notre fort développement en asset management (immobilier locatif et OPCVM), ainsi que le change.

Nous sommes plutôt dans une structure de PNB et de bilan qui nécessite moins de fonds propres que les autres pour faire le PNB.

Quand vous nouez une relation avec un chef d’entreprise, ce n’est pas un acte anodin. C’est une relation très dense et forte

– Revenons également sur l’image de fabrique à IPO dont jouit CFG Bank. Est-ce que cette activité sera toujours couverte et que vous apporte-t-elle ?

– C’est une activité très importante pour nous. Nous parlions de ventes croisées tout à l’heure. Cette activité engendre un énorme niveau de ventes croisées. Quand vous nouez une relation avec un chef d’entreprise, ce n’est pas un acte anodin. Vous devenez son conseiller, son gestionnaire d’épargne et domiciliataire d’actions, centralisateur de l’émetteur, vous faites des opérations sur titres, vous faites des augmentations de capital à la bourse, etc. C’est une relation très dense et forte.

Malheureusement, nous ne parvenons à en faire qu’une seule par an ces dernières années. Nous aimerions en faire cinq ou six par an, avec la participation des autres banques, mais bon… ce n’est pas suffisant, et le Maroc mérite mieux qu’une IPO par an.

– Il y a avec vous une recherche d’infini dans les créations d’entreprises, vous souhaitez qu’elles vous survivent. Pourquoi cette fascination et ce besoin de faire cela ?

– Parce que j’ai une fibre ou une sensibilité d’économiste pour mon pays, et que je ne souhaite pas que des gens créent des entreprises puis qu’elles meurent. C’est triste pour l’emploi, le PIB, la croissance, etc. Chaque fois qu’une entreprise est pérennisée, c’est quelque chose de gagné pour le pays. Il y a moins de menace. C’est un patriotisme économique, et il faut se l’appliquer à soi-même si on dit aux autres de le faire.

– Depuis plus de dix ans, vous développez un appétit fort d’entreprendre et avez une remarquable présence dans le capitalisme national. CFG Bank, Immorente, Mutandis, une prise de participation dans Risma récemment… Qu’est-ce qui vous fait courir aujourd’hui ?

– Alors pour éclaircir, Risma c’est différent. C’est un fonds d’investissement créé à l’occasion par les équipes de CFG Bank et géré par moi-même. Cela a permis de racheter la part d’Accor qui s’en va. C’est, en somme, un fonds ad hoc qui a été créé rapidement pour racheter quelqu’un qui partait.

J’aime bien me fixer des challenges et construire des équipes. La mentalité, c’est la croissance. C’est notre état d’esprit

CFG est une vieille entreprise de 31 ans, et c’est une aventure superbe dont je suis très fier. Le nouveau tournant que l’on a pris est très excitant et nous donne des années de croissance devant nous. C’est très technologique, et en même temps très léger. Il y a 400-450 personnes, ce n’est pas énorme.

Mutandis, c’est un bateau plus lourd mais très régulier, prévisible et récurrent. Il grandit. Pas à la vitesse de CFG, mais il grandit tout le temps et augmentera ses dividendes chaque année.

C’est une belle aventure, car créer un petit Procter & Gamble est pour moi un challenge formidable pour développer une douzaine de marques présentes en Afrique, au Maroc et aux USA. J’aime bien me fixer des challenges et construire des équipes. La mentalité, c’est la croissance. C’est notre état d’esprit.

– Quel est le prochain challenge ? Un nouveau secteur en vue ?

– Franchement, il n’y en aura pas d’autres. Je suis ravi de participer à CFG. Mutandis, de son côté, va grandir à la fois de façon organique et par acquisitions…

Mieux vaut ne pas être boulimique

– Il y a en a dans le pipe actuellement ?

-Non. Nous venons d’acheter Aïn Ifrane, donc nous digérons son intégration dans les équipes et l’impact financier de la dette acquise pour l’acheter. Mieux vaut ne pas être boulimique. Mais nous nous lançons des challenges géniaux.

Lancer la sardine sans peau et sans arêtes, et la lancer au Maroc, seuls, sans concurrents, dans une catégorie qui n’existe pas… Vous ne savez pas si ça plaira aux gens. C’est intellectuellement stimulant de créer une catégorie dans un pays.

– Terminons avec votre double casquette d’économiste et d’industriel. L’inflation a affiché un recul notable au mois d’octobre à 4,3%. Sur 12 mois, ce taux a été principalement tiré par la composante alimentaire. Premièrement, comment voyez-vous la situation évoluer et impacter Mutandis ? Deuxièmement, pensez-vous que les industriels jouent un rôle dans le maintien des prix élevés ?

– Le cycle est facile à comprendre. Premièrement, il y a le choc sur les intrants que l’industriel utilise. Les boîtes, les produits chimiques et autres. D’un coup, cela passe de 100 à 150. S’il ne répercute pas sur son prix de vente, il perd beaucoup d’argent.

J’ai dit, il y a plusieurs mois d’ailleurs, que l’inflation est un sujet clos, c’est fini

Comme il ne connaît pas l’avenir, il ne peut savoir si le prix de ces commodités va baisser ou rester élevé. Donc il est obligé de faire en sorte de maintenir la stabilité de son entreprise et de répercuter doucement sur son prix de vente pour tenter de rétablir les marges. C’est ce que nous avons fait en 2022, de septembre 2021 à octobre 2022. Le but étant de répercuter par petites touches les hausses des intrants sur les prix, pour essayer de retrouver les marges d’avant-Covid.

Cela s’est terminé depuis le T4-22. Il n’y a plus de hausses de prix depuis. J’ai dit, il y a plusieurs mois d’ailleurs, que l’inflation est un sujet clos, c’est fini. De fait, je le dis car nous voyions les commodités qui commençaient à baisser à partir d’octobre 2022. Nous voyons tous les industriels autour de nous qui ont arrêté d’augmenter leurs prix de vente. Donc si vous regarder 12 mois devant vous, vous savez que le prix sera le même.

Aujourd’hui, nous avons des commodités stables. D’ailleurs, nous tablons dans notre budget 2024 sur un baril de pétrole entre 80 et 85 dollars

Le prix des commodités a baissé durant le S1-23, donc les marges se sont rétablies et nous sommes revenus aux marges de 2019. Les intrants pour les industriels n’ont pas baissé pour revenir aux niveaux de 2019. Ces intrants ont arrêté de grimper, ils ont reculé un peu, mais demeurent bien supérieurs aux niveaux de 2019. Donc les prix de vente des produits finis ne montent plus, mais ne sont pas aussi bas que ce qu’ils étaient en 2019.

Si jamais les matières premières baissent et reviennent au niveau d’avant-Covid, vous pouvez être certain qu’avec la concurrence tellement intense, quelqu’un va baisser le prix et les autres vont être obligés de le suivre, etc. Aujourd’hui, nous avons des commodités stables. D’ailleurs, nous tablons dans notre budget 2024 sur un baril de pétrole entre 80 et 85 dollars.

Ce que nous voyons actuellement, c’est une très forte hausse de l’huile d’olive qui se vend au triple de son cours normal. C’est devenu le premier constituant d’une conserve de sardine, surtout pour Season et le marché américain. Au Maroc, c’est plutôt de l’huile de tournesol. Si l’on prend la marge cumulée de l’usine marocaine et de la marque Season américaine, on arrive plus ou moins à la passer au consommateur. Nous ne sommes pas loin de 30 dirhams la boîte de conserve de sardines Season. Au Maroc, c’est 7 dirhams la boîte de conserve pour la marque Marine.

Revenus d’ici 2027, dividende, fonds propres… ce qu’il faut retenir de l’IPO CFG Bank

CFG Bank a eu le feu vert de l’AMMC pour son introduction en bourse. Elle deviendra ainsi la 7e banque cotée de la place, 8 ans après le lancement de son activité de banque commerciale. « Désormais, nous avons la taille critique et la rentabilité rassurante pour pouvoir effectuer cette opération », souligne le directeur général, Younes Benjelloun.

Les caractéristiques de l’offre peuvent être retrouvées ici. Le groupe explique concernant l’IPO, qu’il compte « réduire la valeur nominale des actions constituant le capital social de la Société de 100 MAD à 20 MAD, avec prise d’effet à compter du premier jour de cotation à la Bourse de Casablanca prévu le 18 décembre 2023. Dans ce contexte, l’ensemble des informations présentées au niveau de la note d’opération sont basées sur une valeur nominale unitaire de 20 MAD ».

Un total de 5.454.545 actions seront émises au prix unitaire de 110 dirhams, soit un montant global de 600 MDH. Il faut également rappeler que cette IPO se fait uniquement par augmentation de capital. Aucun actionnaire au tour de table ne cédera d’actions.

600 MDH pour accompagner la stratégie de forte croissance

Les montants levés par l’introduction en bourse permettront de renforcer les fonds propres, accélérer la croissance rapide du groupe, diminuer le coût du capital, améliorer les ratios prudentiels et accroître la notoriété de la banque.

Le groupe connaît en effet un développement très rapide, avec des indicateurs « largement supérieurs aux autres banques du pays ». Sur la période 2018-2023, CFG Bank affiche un taux de croissance annuel moyen de son PNB de 31,7%. Ce dernier devrait atteindre 634 MDH d’ici la fin de l’année.

Cette forte croissance est notamment poussée par les bonnes tenues de l’encours des crédits clientèle et les dépôts clientèle, qui ont affiché sur la même période des taux moyens respectifs de 34,8% et 23,4%. Ils sont attendus en fin d’année à 11 MMDH et près de 12 MMDH.

Le RNPG quant à lui, affiche une croissance exponentielle, passant de -105 MDH en 2018, à un résultat positif de 164 MDH en 2023. Ce dernier affiche un taux de croissance moyen supérieur à 100% sur la période précitée.

Quelles sont les raisons de cette forte croissance et notamment sa capacité à générer du revenu récurrent ?  « A peu près 90% de nos revenus sont considérés comme récurrents, c’est-à-dire la marge d’intérêts, plus les commissions qui sont récurrentes. Année après année, ces chiffres sont renouvelés de façon assez systématiques. La proportion de nos commissions globales par rapport au total du PNB est très nettement supérieure à la moyenne du marché. Nous tournons autour de 50% de nos revenus qui sont de commissions et 50% de marge d’intérêt », détaille Younes Benjelloun.

Cela vient du fait qu’une grande part provient des activités d’asset management à travers les OPCVM et l’immobilier locatif. Pour rappel, CFG Bank est actionnaire d’Immorente Invest et actionnaire à hauteur de 60% de Reim Partners, expert dans la gestion et l’investissement immobilier locatif.

Le RNPG multiplié par deux d’ici 2027, dividende prévu au titre de 2023

L’IPO du groupe lui permettra également de renforcer ses fonds propres à travers une levée de 600 MDH et de poursuivre le recrutement de ses clients. « Nous allons continuer à dérouler notre stratégie amorcée en 2015 et poursuivre le développement des segments actuels, c’est-à-dire à recruter des clients au sein des segments actuels. Il s’agit des particuliers et des professionnels sensibles à la qualité de service, et des moyennes et grandes entreprises. L’idée étant à termes, d’étoffer des nouveaux produits dans ces segments. Nous le ferons quand nous considérerons qu’il y a un vrai degré de technologie et de différentiation », explique la directrice générale, Souad Benbachir.

In fine, le groupe entend doubler son résultat net d’ici 2027 à 365 MDH. Ces résultats viendront de fait renforcer les fonds propres du groupe. « Les fonds propres sont le nerf de la guerre car c’est cela qui permet d’octroyer des crédits. Nous prévoyons une évolution de 15% par an sur la période 2023-2027 pour approcher les 3 MMDH. Après cette opération d’introduction en bourse par augmentation de capital, ils devraient se situer fin 2023 à 1,7 MMDH environ », poursuit la directrice générale.

La banque annonce « gérer ses fonds propres de façon rigoureuse sans être en excès pour éviter la destruction de valeur ». Trois augmentations de capital ont été effectuées en 2016, 2018 et 2020 puis des émissions de dettes subordonnées. « Aujourd’hui l’IPO est une occasion pour augmenter nos fonds propres, sans faire de l’excédent », précise Younes Benjelloun.

Cette consolidation a pour objectif de permettre au groupe de poursuivre sa croissance et respecter ses ratios prudentiels.

« Une banque qui grandit très vite de 30% par an sur l’encours de crédit doit augmenter ses fonds propres aussi vite. D’ici trois ans ou quatre ans, les fonds propres que nous aurons engrangés suite à l’opération nous permettront de doubler la taille de nos encours tout en distribuant un dividende. D’ailleurs un dividende au titre de l’année 2023 sera distribué dès le mois de mai ou juin 2024 pour tous les souscripteurs », annonce le cofondateur du groupe, Adil Douiri.