Affaire des tickets du Mondial : voici les motifs des réductions de peines

En réduisant les peines de Adil El Omari et de Mohamed El Hidaoui, qui sont passées de dix mois de prison ferme à 10.000 dirhams d’amende pour le premier, et de dix-huit mois à huit mois de prison ferme pour le second, la Cour d’appel de Casablanca a motivé sa décision de réduction de peine par des éléments de fait et de droit. Les voici.

Lors de ce procès en appel, Adil El Omari a été condamné à verser une amende de 10.000 dirhams car il a été reconnu coupable de « vente de tickets sans autorisation ». Il a en revanche été innocenté pour :

– vente de tickets de matchs à prix élevé ;
– tentative d’escroquerie.

La Cour a estimé que le chef de poursuite relatif à la « complicité de tentative d’escroquerie » ne peut être retenu contre lui car « le complice ne peut être sanctionné que si l’infraction principale a été consommée« .

Par ailleurs, la Cour a estimé que les éléments du dossier, y compris « les déclarations de toutes les parties », ne montrent pas qu’il s’agit de « tickets dont les prix sont fixés par les instances qui sont en mesure de le faire ». Or, « l’élément relatif au prix fixe du ticket est nécessaire pour constituer l’infraction« .

S’il a été condamné pour vente de tickets sans autorisation, c’est en raison du virement réalisé par El Hidaoui au neveu de Adil El Omari. La Cour a retenu cet élément comme étant compromettant contre le journaliste sportif et a jugé que les tickets ont été vendus sans autorisation.

Quant à Mohamed El Hidaoui, la décision de la Cour a permis de réduire sa peine à huit mois de prison ferme. Le président de l’Olympique club de Safi a été jugé coupable de « tentative d’escroquerie ».

Pour la Cour, la « vente de tickets à prix élevé » et la « vente de tickets sans autorisation » sont deux accusations qui portent sur le même fait. Ainsi, en se basant sur l’article 118 du Code pénal, la Cour estime que « si un seul acte peut revêtir plusieurs qualifications, il faut retenir la plus sévère ». Dans ce cas d’espèce, il s’agit de « tentative d’escroquerie », car elle est punissable d’une peine privative de liberté, contrairement à la vente de tickets à prix élevé ou à la vente de tickets sans autorisation qui, elles, ne sont punissables que d’amendes.

Si la Cour a estimé que Mohamed El Hidaoui est coupable de tentative d’escroquerie, c’est sur la base des articles 546 et 114 du Code pénal. Le premier incrimine la tentative d’escroquerie et le second dispose que « toute tentative de crime qui a été manifestée par un commencement d’exécution ou par des actes non équivoques tendant directement à le commettre, si elle n’a été suspendue ou si elle n’a manqué son effet que par des circonstances indépendantes de la volonté de son auteur, est assimilée au crime consommé et réprimée comme tel ».

Pour l’instance collégiale, c’est la publication sur les réseaux des audios compromettants de Mohamed El Hidaoui qui l’ont empêché de consommer l’infraction. Autrement dit, « il a été empêché par un élément externe à sa volonté« .

De plus, en raison de sa situation sociale et en l’absence d’antécédents judiciaires, la Cour d’appel de Casablanca a accordé à Mohamed El Hidaoui des circonstances atténuantes, justifiant une sentence moindre.

Affaire des tickets du Mondial : le prononcé du verdict en appel reporté

Alors que les avocats des deux accusés, Mohamed El Hidaoui et Adil El Omari, attendaient impatiemment le prononcé du verdict concernant leurs clients prévu ce lundi 18 décembre, le président de l’instance collégiale a annoncé le report au lundi 25 décembre.

La raison de ce report ? L’absence d’un membre de l’instance collégiale chargée de statuer sur cette affaire.

Pour rappel, celle-ci a été mise en délibéré lors de la dernière audience du 4 décembre.

LIRE AUSSI 

https://medias24.com/2023/11/28/affaire-des-tickets-du-mondial-el-hidaoui-netait-ni-eligible-aux-tickets-gratuits-ni-charge-de-les-distribuer-avocat/

 

Tickets du Mondial : la cour d’appel fixe la date du prononcé du verdict

Lors de l’audience du 4 décembre, la cour d’appel de Casablanca a fixé la date du prononcé de la décision. Il s’agit du lundi 18 décembre.

Mohamed El Hidaoui et Adil El Omari, les deux accusés dans cette affaire dont le jugement en premier ressort a été rendu en août dernier, seront alors fixés sur leurs sorts respectifs.

Affaire des tickets du Mondial : « El Hidaoui n’était ni éligible aux tickets gratuits ni chargé de les distribuer » (avocat)

En décortiquant le jugement rendu en première instance et en rappelant les déclarations de leurs clients devant la police judiciaire, les avocats de Mohamed El Hidaoui et de Adil El Omari plaident pour que ceux-ci soient relaxés.

“Non chargés de la distribution des tickets gratuits” ; “invalidité de l’enregistrement audio enregistré illégalement” ; “contradiction entre les deux chefs d’accusation (‘tentative’ : acte manqué et ‘vente’ : acte supposant une transaction consommée)” ; “déclarations des témoins” et “absence de bénéfices pécuniaires”… autant d’argument relevés par les avocats de la défense (Me Mohamed El Hallaki, Me Sabah Sellami, qui représentent Mohamed El Hidaoui, et Me Khalid Fakerni qui représente les deux accusés) durant l’audience du 27 novembre. Voici leurs arguments.

Quant à Me Said Agiach, il aura l’occasion de plaider lors de la prochaine – et supposée dernière – audience fixée au 4 décembre.

Me Mohamed El Hallaki déconstruit le jugement

16h45. Pour clôturer cette journée à la salle 9, l’audience de l’affaire des tickets du Mondial démarre enfin. Le président rappelle que, lors de la précédente audience, c’est Me Mohamed Benmalek qui avait plaidé en faveur de son client Mohamed El Hidaoui ; il donne donc la parole à Me Mohamed El Hallaki, qui représente également le président de l’Olympique Club de Safi.

L’avocat adopte la même stratégie que son confrère lors de la précédente audience. Il déconstruit, point par point, le jugement rendu en premier ressort. Mais avant d’entamer cette analyse, il demande pourquoi Mohamed El Hidaoui est le seul concerné par cette affaire.

“Le plus étonnant, c’est que plusieurs personnes ont été entendues, dont un membre de la Fédération royale marocaine de football (FRMF). Il y a des images de personnes en train de vendre des tickets à l’entrée du stade (à Doha, ndlr), d’autres l’ont eux-mêmes déclaré. Un certain Kadri a annoncé que Oussama Benabdallah lui avait vendu deux tickets, un autre a avoué avoir tenté de vendre un ticket, mais seul Mohamed El Hidaoui est accusé de tentative d’escroquerie. Pourtant, personne ne connaît, à ce jour, le sort des 3.400 tickets gratuits”.

Il s’arrête également sur l’enregistrement audio de l’appel retenu comme élément de preuve contre son client. Il rappelle qu’il est “interdit d’intercepter les appels” et estime que “cet enregistrement a été fait de mauvaise foi”. Ainsi, “il ne peut être considéré comme preuve”, affirme l’avocat.

Il revient également sur le refus de la demande de convocation des témoins par le tribunal de première instance, et ce “sans motif”. “C’est par la suite que nous avons compris pourquoi les témoins n’ont pas été convoqués : le procureur a considéré Fayza comme victime. Or, lors de son audition devant vous, elle déclare elle-même qu’elle ne se considère pas comme victime”.

Pour cet avocat, son client a été “utilisé pour calmer l’opinion publique”. Il demande donc à ce qu’il soit innocenté dans le cadre de ce procès en appel.

17h13. Lors de sa courte intervention, Me Sabah Sellami choisit de lire le mémoire qu’elle remet à la cour. Elle y mentionne le fait que son client, Mohamed El Hidaoui, “n’a reçu qu’un seul ticket gratuit, offert par (le joueur) Hamdallah qui ne fait pas partie des tickets destinés aux supporters marocains, payés par l’argent public”.

“L’escroquerie implique l’obtention d’un bénéfice pécuniaire, or Mohamed El Hidaoui a juste offert des tickets et n’a jamais réclamé de paiement ou de remboursement”, souligne l’avocate qui affirme également l’innocence de son client.

“El Hidaoui n’était ni éligible aux tickets gratuits ni chargé de les distribuer”

17h25. Me Khalid Fakerni démarre la dernière plaidoirie de cette audience, et la première en faveur de Adil El Omari. Il commence par critiquer le jugement de première instance qu’il considère “sans fondement juridique” et en “violation des articles 108 et 708 du Code de procédure pénale”.

L’article 708 dispose que “tout acte qualifié de délit au regard du droit marocain, commis en dehors du Royaume du Maroc par un Marocain, peut faire l’objet de poursuites et d’une condamnation au Maroc”.

“La réponse du TPI a été d’invoquer l’article 711. Or, celui-ci concerne des crimes précis. Ça n’a aucun rapport avec l’article 708”, fustige l’avocat.

Quant à l’article 108, relatif à l’interdiction d’intercepter des appels téléphoniques, Me Khalid précise que cette disposition a été soulevée dans le cadre des exceptions de forme, mais que le tribunal n’y a répondu qu’au fond.

Ensuite, l’avocat propose à la cour d’expliquer les faits. Il donne “la vraie version”, celle des accusés. Il revient sur le Mondial 2022, les vols à 5.000 DH vers Doha, la plateforme de la FIFA, les matchs, et particulièrement celui de la demi-finale opposant le Maroc à la France qui a suscité un “chaos”.

“Pour obtenir les tickets gratuits, il fallait prendre le bus, aller vers un stade où les tickets sont octroyés gratuitement dans le respect de certaines conditions : être marocain, et que la date d’arrivée à Doha soit du jour-même ou la veille. On conclut donc que Mohamed El Hidaoui ne répondait pas à ces critères, puisqu’il était à Doha depuis le début du Mondial. Par ailleurs, il ne fait pas partie de la FRMF et n’en est pas un représentant”, explique l’avocat qui vise à éliminer les hypothèses selon lesquelles son client a bénéficié des tickets gratuits prévus pour le public marocain.

L’avocat rappelle que le stade qui devait accueillir la demi-finale a une capacité d’accueil de 68.000 places et que, depuis janvier 2022, soit près d’un an avant le début de la compétition, les tickets des matchs étaient déjà en vente sur le site de la FIFA. Cette dernière a, selon Me Fakerni, annoncé avoir vendu cinq millions de tickets. Il est donc logique, pour l’avocat, que “ceux dont les vols vers Doha ont été annulés cherchent à revendre leurs tickets !”.

Ensuite, l’avocat s’arrête sur le virement que Mohamed El Hidaoui a effectué sur le compte du neveu de Adil El Omari. Lorsque le journaliste sportif a réglé les tickets à la place de Mohamed El Hidaoui qui ne disposait plus d’argent liquide, le président de l’OCS l’a remboursé en envoyant un virement vers le compte du neveu d’El Omari.

“Les gens demandent pourquoi El Omari n’a pas donné son RIB, mais celui de son neveu. Il est libre ! Il ne veut peut-être pas que son épouse sache qu’il a de l’argent, ou bien il ne connaît pas son RIB mais avait, sur WhatsApp, le RIB de son neveu”, suggère-t-il pour justifier le choix de client.

De plus, Me Fakerni souligne que le virement a été effectué le 13 décembre, donc la veille du match. “Si le virement avait été fait après, on aurait pu dire qu’il s’agit d’une mise en scène. Et si Mohamed El Hidaoui a montré le virement à Fayza, c’est pour lui faire comprendre qu’il n’y a pas de tickets gratuits disponibles, qu’il a pu lui trouver des tickets gratuits, à elle, même si, lui, a dû payer les siens”.

”Tentative d’escroquerie” vs “Vente” : “des accusations contradictoires”

Pour l’avocat, l’on ne reproche à son client qu’un seul fait. “Comment est-il donc possible qu’il y ait deux qualifications juridiques ?”, interroge-t-il, en faisant référence aux charges retenues contre lui et pour lesquelles il a été reconnu coupable en première instance : tentative d’escroquerie et vente de tickets à un prix autre que leur tarif.

“Ces deux qualifications sont contradictoires. Si on lui reproche la tentative d’escroquerie, c’est parce que, soit-disant, il n’a pas été payé sur le champ (par Fayza) en reportant le paiement à leur retour au Maroc. Dans ce cas, pourquoi l’accuse-t-on également de vente ? La vente suppose une transaction”, poursuit l’avocat.

“Notre VAR est le PV de la police judiciaire”

Me Fakerni, ancien membre du comité du Raja Club Athletic, relève un autre point dans son argumentaire en optant pour une comparaison sportive. “Dans le football, l’arbitre joue le rôle du juge. Lorsqu’il rate une action, il fait appel à la VAR. Et c’est ce que nous allons faire ici. Notre VAR est le procès-verbal de la police judiciaire, dans lequel on peut lire que la police judiciaire demande à Mohamed El Hidaoui s’il a été chargé de distribuer les tickets gratuits destinés aux supporters marocains lors de la Coupe du monde 2022. Il y répond par la négative”, affirme l’avocat qui brandit le PV en question.

Il invoque à nouveau la VAR au sujet de son autre client, Adil El Omari. “Il a déclaré qu’il recevait, chaque match, par la FRMF, deux tickets gratuits de catégorie 1. Sauf pour la demi-finale, il en a reçu un de catégorie 1 et un autre de catégorie 2 ; comme tous les journalistes. Il n’a pas été chargé de distribuer quoi que ce soit. C’est Mohamed Boudrika, membre de la fédération, qui a lui-même déclaré être chargé de ‘surveiller’ l’opération de distribution par les autorités qataries”.

17h57. Le représentant du parquet demande une pause de cinq minutes. Le président annonce la suspension de l’audience. La fille d’El Hidaoui et ses sœurs en profitent pour le saluer sous la surveillance de quatre policiers, tandis que Adil El Omari, en liberté, est autorisé à s’éloigner pour discuter avec les avocats de la défense.

18h17. L’audience reprend et Me Fakerni poursuit automatiquement sa plaidoirie. Il s’arrête sur le droit de revente des tickets accordé par la FIFA. L’avocat rappelle que le Maroc n’était pas favori au début de la Coupe du monde 2022. “Les Belges et les Croates étaient attendus en huitièmes de finale. Ce sont donc les Belges et les Croates qui ont acheté les tickets. Idem pour la demi-finale, ce sont les Portugais qui ont acheté les tickets, et non pas les Marocains. C’est en prenant en compte cet élément d’imprévisibilité des qualifications que la FIFA permettait la revente des tickets à travers un site web”.

L’avocat présente un document prouvant l’achat, par une citoyenne marocaine, de tickets pour lesquels elle a déboursé la somme de 80 riyal qataris en guise de “frais de revente”. Me Fakerni vise à démontrer que la revente des tickets avec un bénéfice n’est pas interdite.

Il revient ensuite sur un autre élément retenu contre Adil El Omari. Dans le jugement rendu en première instance, le tribunal a estimé que le journaliste sportif avait reçu des frais de déplacement par la FRMF et par son employeur ; “il ne devait donc pas faire des bénéfices financiers durant son voyage”. Or, “à son retour au Maroc, il a retrouvé plus de 60.000 DH sur le compte de son neveu”.

Là encore, Me Fakerni demande – symboliquement – la VAR. Il revient sur le PV de la police judiciaire et explique que son client s’est rendu à Doha avec 1.200 dollars et quelques riyal qataris. “Il a reçu 40.000 DH de la part de la FRMF, et non pas 20.000 DH. Il a obtenu, précisément, 20.000 DH au premier tour, et 20.000 DH après la qualification. De plus, les frais de logement et de transport étaient pris en charge, et c’est Mohamed El Hidaoui qui payait à chaque sortie (café, restaurant, etc.). Il n’a donc pas déboursé grand-chose. Surtout qu’il a reçu, de la part de ses amis, plusieurs sommes d’argent, dont 1.000 euros de la part de Mohamed El Hidaoui, d’autres lui ont remis 2.500 dollars, 3.000 dollars, etc. En tout, il avait plus de 180.000 DH en sa possession”.

Ainsi, pour cet avocat, Adil El Omari disposait de suffisamment de cash pour dépanner Mohamed El Hidaoui qui recherchait des tickets pour ses amis. Et l’argent qu’il a récupéré du compte de son neveu au Maroc ne constitue pas “un bénéfice”.

Pour clôturer sa plaidoirie, Me Fakerni présente deux factures, dont l’une est au nom de “Afriquia” et l’autre au nom de “Wafasalaf”. Ce sont des factures d’achats de tickets pour le Mondial 2022. Selon Me Khalid Fakerni, “la société Afriquia a acheté 193 tickets à 183.000 DH pour ses salariés qui ont pu les donner à des tiers. Idem pour Wafasalaf qui a payé plus de 711.000 DH”.

18h42. Le président s’entretient avec le seul avocat qui n’a pas encore plaidé, Me Saad Agiach ; puis annonce le report au lundi 4 décembre pour que l’avocat puisse plaider à son tour, et que les accusés prononcent leurs derniers mots”.

LIRE AUSSI 

https://medias24.com/2023/11/21/affaire-des-tickets-du-mondial-le-juge-doit-etre-convaincu-certes-mais-il-doit-surtout-convaincre-avocat-del-hidaoui/

Affaire des tickets du Mondial : « Le juge doit être convaincu certes, mais il doit surtout convaincre » (Avocat d’El Hidaoui)

C’est une audience de plus de deux heures qui s’est tenue ce lundi 20 novembre, durant laquelle Me Mohamed Benmalek, avocat de Mohamed El Hidaoui, a plaidé en faveur du président de l’Olympique de Safi, condamné en première instance à dix-huit mois de prison ferme pour tentative d’escroquerie et vente de tickets à un tarif autre que leur prix, lors du Mondial 2022.

Également condamné, mais toujours en liberté, le journaliste sportif Adil El Omari, verra ses avocats plaider en sa faveur lors de la prochaine audience, fixée au 27 novembre.

Retour sur tous les arguments de Me Benmalek et sur son analyse du jugement rendu en premier ressort contre son client.

“L’enregistrement audio ne contient rien”

18h09. L’affaire des tickets du Mondial est le dernier dossier de la journée qu’accueille  la salle 9 de la cour d’appel de Casablanca. Le président appelle à la barre les deux accusés, puis rappelle les noms des avocats qui les représentent pour s’assurer de leur présence à tous. Le procureur du Roi prend directement la parole.

Il se met debout pour son réquisitoire de moins de cinq minutes. Il rappelle les principaux éléments à charge, selon lui, et “confirme les poursuites”. Pour le représentant du parquet, les éléments à charge sont : “Les déclarations de Fayza et des autres témoins qui sont concordantes, notamment sur le prix de 8.000 DH par ticket” ; “l’enregistrement de l’appel téléphonique” ; “le fait que Adil El Omari ait donné le compte bancaire de son neveu au lieu du sien pour qu’El Hidaoui envoie une somme d’argent” ; “les enregistrements audio extraits des téléphones de la famille S. (Ghita S., Fayza S., Younès A., ndlr) prouvent que les tickets ont été achetés en contrepartie d’argent”.

18h15. Les accusés sont invités à s’asseoir sur le banc. L’audience sera longue. Me Benmalek ouvre le bal des plaidoiries. En fait, il sera le seul à plaider ce lundi 20 novembre.

L’avocat estime que “dans ce dossier, il y a quelque chose qui cloche”. Selon lui, “on lui (à El Hidaoui, ndlr) a imputé des paroles qu’il n’a pas dites. Dans le rapport (de la police judiciaire, ndlr), il est formulé que Mohamed El Hidaoui a montré le virement à Fayza ‘pour lui faire croire’ quelque chose. C’est une formule qui a été prise en compte dans les attendus du jugement en première instance”, déplore Me Benmalek qui continue de décortiquer le contenu du jugement du tribunal correctionnel de Ain Sebaâ.

La ligne de défense de ce dernier est de déconstruire les éléments contenus dans le rapport de la police judiciaire point par point et évènement par évènement.

“Ilyas (ami de Mohamed El Hidaoui, ndlr) a dit (à la police judiciaire, ndlr) qu’El Hidaoui l’a appelé et l’a informé avoir donné ses tickets à Fayza, mais cette information a été occultée dans le rapport. Ce qui est négatif pour El Hidaoui est mentionné, mais ce qui est en sa faveur est omis”, martèle Me Benamalek.

Par ailleurs, il estime que l’enregistrement audio qui a circulé sur les réseaux sociaux “ne contient rien”. Pour lui, une grande importance a été donnée à cet audio, “tandis, que l’on pouvait voir, sur des vidéos, des personnes chargées de distribuer les tickets gratuits, en train de les vendre”. De plus, il rappelle que son client “ne fait pas partie de la Fédération royale marocaine de football. Il est parti (à Doha, ndlr) par ses propres moyens et de sa propre initiative. Il ne faisait partie d’aucune délégation”.

L’avocat s’arrête ensuite sur le match autour duquel gravite toute cette affaire : la demi-finale opposant le Maroc à la France. “Pour ce match, El Hidaoui ne cherchait pas des tickets pour lui-même, mais pour ses amis. Lui avait reçu un ticket de la part de Hamadallah (international marocain et ex-joueur de l’Olympique club de Safi dont El Hidaoui est président, ndlr).

“Je vous prie de ne pas prendre en compte le rapport de police”

Me Benmalek rappelle que son client est “serviable” et qu’il a pris “quatre tickets pour ses amis et trois autres pour les amis de l’un d’eux, Mehdi”. Or, les vols de ces derniers ont été annulés. “Tout le monde cherchait un moyen de se débarrasser des tickets déjà achetés”, indique-t-il. Parmi eux, ce fameux Mehdi. “D’où l’audio”, explique l’avocat qui “prie” l’instance collégiale de “ne pas prendre en compte le rapport (de la police judiciaire, ndlr)”.

Ce dernier ne précise pas non plus, selon Me Benmalek, que dans l’échange audio, celui qui s’adresse à Mohamed El Hidaoui lui dit : ‘Dites au monsieur que son argent est prêt’. Pour l’avocat, “ceci prouve que ce n’est pas Mohamed El Hidaoui qui vend mais ‘un monsieur’ qui n’est autre que le fameux Mehdi.

Concernant le témoignage de Fayza, Me Benmalek répond au procureur en précisant que celle-ci “ne s’est pas rétractée”. Il s’arrête sur le réquisitoire du représentant du parquet : “Lorsque Mohamed El Hidaoui donne les prix des tickets, ce n’est pas pour les vendre, mais pour informer (Ghita et Younès, ndlr) du prix qu’il y a sur le marché noir”.

“Younès a dit, devant cette cour, ‘je savais d’avance que si El Hidaoui payait pour moi des tickets, il n’accepterait jamais que je le rembourse’. Younès a demandé à El Hidaoui de lui trouver des tickets, et non pas de les lui vendre”, souligne Me Benmalek.

L’avocat revient à nouveau sur le procès en premier ressort. “Nous avons présenté trois exceptions de forme. Le tribunal a répondu à sept ! On nous en a ajouté quatre gratuits. C’est pourquoi je parle, et je pèse mes mots, d’un dangereux précédent”, déplore l’avocat qui annonce fêter, en mars 2024, ses quarante ans dans les tribunaux. “Jamais je n’aurais imaginé, alors que nous vivons dans une période d’indépendance de la justice, voir un jugement pareil”, déplore-t-il.

« Le juge doit être convaincu certes, mais il doit surtout convaincre »

Il regrette également que « ce dossier ait pris en compte des faits inexistants ». « Où est passée la présomption d’innocence ? ”, interroge Me Benmalek qui sélectionne et analyse des passages dudit jugement.

“Je défie quiconque de trouver une déclaration de qui que ce soit, même du représentant de la FRMF, selon laquelle Mohamed El Hidaoui a pris des tickets gratuits”.

“Le plus étrange, c’est que l’on retient dans ce jugement que ‘cette fête footballistique (عرس كروي) a failli être gâchée’. Est-ce un jugement ou un commentaire sportif ? C’est de la folie !”, s’insurge Me Benmalek qui hausse le ton.

19h17. Après une heure de plaidoirie, l’avocat de Mohamed El Hidaoui continue d’utiliser toutes ses cartes et de poser sur la table la panoplie d’arguments dont il dispose pour défendre son client. Il s’arrête également sur l’absence d’éléments constitutifs de l’infraction d’escroquerie et même de la tentative d’escroquerie.

Pour lui, “le jugement manque de motifs”. “Le juge doit être convaincu certes, mais il doit surtout convaincre”, estime Me Benmalek qui réitère l’innocence de son client.

“Mohamed El Hidaoui avait des ambitions avant d’être placé en détention. Des ambitions pour sa société, mais aussi pour son rôle en tant que parlementaire. Désormais, il est placé aux côtés de criminels et se demande ce qu’il fait là”. Pour Me Benmalek, “cette condamnation injuste fait perdre, à tous, le sentiment de sécurité judiciaire”.

Il revient à nouveau sur les déclarations des témoins et interroge la cour : “De ce que vous avez entendu, où sont les éléments constitutifs de l’escroquerie ? Qui est induit en erreur ? Comment parler d’escroquerie sans dommage ?”.

20h06. Me Saad Agiach, qui s’apprêtait à plaider lors de cette audience, commence à ranger ses nombreux papiers étalés devant lui. Vu l’heure tardive, il comprend que son intervention sera reportée.

De son côté, Me Benmalek poursuit sa plaidoirie. Il s’adresse à l’instance collégiale : “J’ai confiance en vous. Vous allez remettre les choses à leur place. Tout a été discuté devant vous et devant le parquet qui parle toujours d’éléments inexistants”, poursuit-il en faisant référence à la vente de tickets dont a parlé le procureur du Roi dans son réquisitoire.

Nouvelle demande de libération provisoire

20h11. Le président échange avec ses conseillers avant d’annoncer le report de l’audience au 27 novembre pour que les avocats de Adil El Omari plaident en sa faveur. En attendant, la parole est de nouveau accordée à Me Benmalek afin qu’il puisse demander la libération provisoire de son client.

Pendant ce temps, un chahut émane du côté de l’assistance. Alors que tout le monde croyait l’audience levée après l’annonce du report, un agent de police a essayé de faire sortir Mohamed El Hidaoui du côté des détenus. Pour sa famille, l’agent s’est comporté violemment à son égard. “Il l’a poussé”, rapporte la sœur de Mohamed El Hidaoui au président qui la rassure et l’invite à se rasseoir.

Le calme reprend rapidement et l’avocat d’El Hidaoui demande à nouveau sa libération : “Je fais appel à votre humanisme et votre conscience. Mohamed El Hidaoui souffre. Il est privé de sa famille. Sa fille vient d’Espagne chaque semaine pour assister aux audiences. Il est prêt à déposer une caution pour venir comme un homme libre lors de la prochaine audience. J’espère que cette demande sera entendue”, conclut Me Benmalek.

20h25. Le président annonce que cette demande sera traitée le mercredi 22 novembre, avant de rappeler la date de la prochaine audience (le 27 novembre) et de lever l’audience.

Mohamed El Hidaoui est rapidement invité à quitter la salle du côté des accusés qui seront reconduits à la prison locale de Aïn Sebaâ. Sa famille, qui espérait le voir quelques minutes, est visiblement déçue.

Adil El Omari quitte la salle en homme libre. Ses avocats prendront la parole lors de la prochaine audience.

LIRE AUSSI 

https://medias24.com/2023/10/31/affaire-des-tickets-du-mondial-si-les-temoins-avaient-ete-entendus-en-1re-instance-nous-nen-serions-pas-la-me-benmalek/

Affaire des tickets du Mondial : “Si les témoins avaient été entendus en 1re instance, nous n’en serions pas là” (Me Benmalek)

Aux environs de 16h00, ce lundi 30 octobre, la salle 9 de la Cour d’appel de Casablanca a accueilli la suite du procès de Mohamed El Hidaoui et Adil El Omari. Lors de cette nouvelle audience, quatre personnes sont venues témoigner. La prochaine, fixée au 13 novembre, sera dédiée aux plaidoiries.

Retour sur cette audience de près de deux heures qui a tourné autour de Mohamed El Hidaoui, condamné en premier ressort à dix-huit mois de prison ferme. Adil El Omari, qui n’aura pas prononcé un mot durant cette audience du 30 octobre, est en état de liberté provisoire, après sa condamnation en première instance à dix mois de prison ferme.

“J’ai demandé à El Hidaoui de me trouver des tickets, peu importe leur prix, j’étais prête à payer”

16h23. Début de l’audience. Le président s’installe avec ses conseillers et appelle aussitôt les deux accusés. Mohamed El Hidaoui s’avance du côté des accusés en détention et Adil El Omari du côté des hommes en liberté. Tous deux restent debout face aux juges. Adil El Omari n’hésite pas à saluer El Hidaoui et lui tape amicalement sur le dos. Le président de l’Olympique Club de Safi (OCS) reste de marbre.

Le président appelle les témoins à se présenter à la barre. Ils remettent tous au greffier leur carte d’identité. Seule Faïza est invitée à rester. Les autres doivent quitter la salle 9.

Après lui avoir indiqué la sanction prévue dans le code pénal pour faux témoignage, le président s’adresse à Faïza : “Connais-tu El Hidaoui ?”. Elle répond par l’affirmative.

– “Sais-tu pourquoi tu es ici ?”, lui demande-t-il.
– “Pour l’affaire des tickets.”
– “Du Mondial !”, précise le président.

À la demande de celui-ci, Faïza, médecin de profession, explique n’avoir connu Mohamed El Hidaoui que dans les circonstances du Mondial 2022. “J’avais un ticket mais mes trois amis qui arrivaient dans le vol suivant n’en avaient pas. J’ai appelé El Hidaoui pour leur en trouver”.

En fait, pour assister au match de la demi-finale, Faïza comptait initialement se rendre au Qatar avec sa sœur Ghita et son beau-frère Younes. C’est ce dernier qui a contacté Mohamed El Hidaoui, qu’il connaissait et qui était déjà sur place, pour savoir s’il avait des tickets. Les deux hommes ont convenu d’en trouver à leur arrivée.

Or, le vol de Younes et de son épouse Ghita a été annulé. Seule Faïza a pu se rendre à Doha en attendant l’arrivée de trois de ses amis. Mais ceux-ci n’avaient pas de tickets. Elle indique alors avoir fait “tout son possible” pour leur en trouver. “J’étais prête à payer n’importe quel prix”, déclare-t-elle à la Cour.

Faïza explique avoir fait de son mieux pour trouver des tickets de son côté, sur Facebook notamment, mais aussi en appelant plusieurs connaissances. Elle a également demandé l’aide de son beau-frère. C’est donc lui qui lui a fourni le contact de Mohamed El Hidaoui.

Elle rencontre le président de l’OCS dans un café à Doha. “J’y suis allée et j’ai beaucoup attendu. Il (Mohamed El Hidaoui, ndlr) m’a dit que ça allait être très difficile d’en trouver, mais qu’il allait faire de son mieux. À un moment, j’ai perdu espoir”, déclare-t-elle.

Interrogé par le président sur le prix que Mohamed El Hidaoui indique pour chaque ticket, Faïza déclare ne plus se rappeler s’il s’agissait de 700 ou 800 euros. En tous cas, elle affirme avoir tenté de lui remettre “une enveloppe contenant 2.000 euros. C’est tout ce que j’avais !”, précise-t-elle.

– “Comment allais-tu faire pour rentrer alors ?”, demande le président.
-“J’avais mes amis avec moi”, explique Faïza.

Elle poursuit en indiquant qu’en remettant l’enveloppe des 2.000 euros à El Hidaoui, celui-ci a refusé de prendre l’argent. “Il m’a dit de garder mon argent… jusqu’au Maroc”.

Le président enchaîne sur d’autres éléments que Faïza a déclarés à la police judiciaire lors de son interrogatoire. “Tu as déclaré que lors de ta rencontre avec El Hidaoui, celui-ci a passé un appel téléphonique et a mis le haut-parleur, tu t’en rappelles ?.” – “Je ne me souviens plus”, déclare Faïza.

Le président lui demande alors s’il est vrai que Mohamed El Hidaoui lui a montré un virement qu’il a réalisé (sur son téléphone, ndlr). “Oui”, affirme la témoin.

– “Pour quelle raison a-t-il montré ce virement ?”, interroge le président.
– “Pour m’expliquer son retard”.
– “Un virement peut prendre deux minutes. Quel est le rapport entre le retard et le virement ?”, demande le président, interrompu par Me Mohamed Benmalek, avocat de Mohamed El Hidaoui. L’avocat demande à prendre la parole car il estime que “la témoin a répondu mais que la Cour lui pose à nouveau la même question”.

Un échange s’ensuit entre le président et l’avocat de la défense. Ensuite, celui-ci commence à poser ses questions : a-t-elle chargé El Hidaoui de lui trouver les tickets et de les acheter pour elle, ou bien a-t-elle demandé qu’il les trouve pour les lui vendre ?

“Je lui ai dit de me trouver des tickets, peu importe le prix, j’étais prête à le payer. Je le remercie toujours d’ailleurs, à ce jour. Sans lui, mes amis n’auraient pas pu avoir des tickets. Nous lui sommes reconnaissants à ce jour”, insiste-t-elle.

C’est au tour d’un autre avocat de la défense d’intervenir. Il s’adresse à Mohamed El Hidaoui pour savoir “s’il avait de l’argent sur lui ou pas ?”. Le président de l’OCS explique : “Je n’avais plus d’espèces. J’ai trouvé des tickets gratuits que j’ai reçus dans une enveloppe et je les ai remis dans cette même enveloppe (à Faïza, ndlr)”.

Le président revient à nouveau sur le fameux virement qu’El Hidaoui a montré à Faïza. Celle-ci indique qu’El Hidaoui “n’a pas clairement dit que le virement était en lien avec mes tickets”.

Faïza précise également s’être rendue, par bus, à un endroit où les tickets gratuits étaient distribués “par des Marocains”. Elle indique avoir attendu “5 ou 6 heures” dans des conditions “horribles”. Interrogée sur les conditions d’obtention de ces tickets gratuits, elle explique qu’il “fallait prouver que l’on venait d’arriver (à Doha, ndlr) avec le cachet d’entrée sur le passeport qui devait dater du jour même”.

Me Khaled Fakerni, avocat de Adil El Omari, lui demande alors si “n’importe qui aurait pu se procurer des tickets”. “Impossible”, répond-t-elle avec certitude.

17h13. Les questions du procureur général du Roi n’auront duré que quelques minutes. Me Benmalek coupe court à la situation en soulignant que la témoin “a déjà parlé du virement”.

“El Hidaoui n’est pas le genre à revendre des tickets”

17h17. Le président appelle alors Ghita à la barre. Elle prend place non loin des accusés et se retourne pour saluer Mohamed El Hidaoui. Les relations semblent cordiales.

Informée par le président sur la sanction du faux témoignage, Ghita lève sa main droite et jure de ne dire “que la vérité”. Avant de commencer à l’interroger, le président invite sa sœur à s’asseoir. Idem pour les deux accusés.

Elle explique sa version des faits en assurant que lorsqu’elle prévoyait de voyager à Doha avec sa soeur et son époux, c’est ce dernier qui échangeait avec El Hidaoui. “Notre vol a été annulé, mais avant, il nous avait dit de prendre les billets d’avion et qu’on se débrouillera ensemble pour trouver les tickets pour le match”.

– “Avait-il dit que les tickets étaient disponibles ?”
– “Je ne saurais vous dire”, répond-t-elle, hésitante, avant de préciser que Mohamed El Hidaoui avait informé son mari que “les tickets gratuits n’étaient plus disponibles”.

“Le contenu du rapport (de la police judiciaire, ndlr) a été tiré de ma conversation (sur WhatsApp, ndlr). Je ne m’en rappelle plus”, poursuit-elle avant d’expliquer, à son tour, que l’aide de Mohamed El Hidaoui a été précieuse pour sa sœur. “Elle le remercie encore aujourd’hui. Elle a vu des gens qui sont restés à l’extérieur du stade et qui n’ont pas pu assister (au match, ndlr)”.

Pour elle, Mohamed El Hidaoui “n’est pas le genre à revendre des tickets. Je l’ai vu pendant la campagne électorale et au vu de l’argent qu’il donnait aux nécessiteux, je ne vois pas ce qu’il aurait fait avec 7.500 DH”.

17h29. Younes, troisième témoin et lien entre El Hidaoui et Faïza, est appelé à la barre.

Le président lui demande de prêter serment et d’expliquer son rôle dans cette affaire. Une explication inaudible en raison du ton que prend le témoin. Trop faible, malgré le micro en marche.

On peut néanmoins l’entendre expliquer qu’“au début, les tickets gratuits étaient disponibles, selon Mohamed El Hidaoui. Ensuite, il a dit qu’ils ne l’étaient plus et que nous allions les acheter”. Lorsque le président lui demande pourquoi ils n’étaient plus disponibles, le témoin indique ne pas savoir.

17h42. Ilyas, le quatrième et dernier témoin, entre dans la salle. Il avance difficilement avec une attelle sur sa cheville droite et une béquille. On lui fournit donc une chaise face aux magistrats.

Ilyas est un ami de Mohamed El Hidaoui. Il indique également être adhérent de l’OCS dont l’accusé est président. Selon ses dires, sous serment, il était présent avec El Hidaoui “depuis le début”, affirme-t-il en référence au premier match de l’équipe nationale à Doha. C’est également ce qu’il avait indiqué à la police judiciaire.

“J’étais avec lui dans l’appartement. Je suis témoin devant Dieu qu’il n’a jamais vendu (de tickets, ndlr). Il aidait les gens mais ne leur a jamais rien vendu”, explique le quatrième témoin.

N’ayant pas pu repartir à Doha pour la demi-finale, Ilyas a été contacté par El Hidaoui. “Je recevais quatre tickets gratuits pour chaque match. Il m’a appelé et m’a demandé si j’avais pris ceux de ce match-là. Je lui ai dit que non et qu’il pouvait les prendre. Après, il m’a informé qu’il les avait donnés à Faïza car il cherchait à en acheter pour elle mais qu’il n’en avait pas trouvé”.

“Si les témoins avaient été entendus en première instance, nous n’en serions pas là”

17h49. Le président consulte discrètement ses deux conseillers. La famille d’El Hidaoui en profite pour demander l’autorisation de lui fournir de l’eau ainsi qu’à Adil El Omari, qui n’a pas prononcé un seul mot depuis le début de l’audience.

Le président annonce le report au 13 novembre pour “le début des plaidoiries”. Mais Me Benmalek demande à s’entretenir avec les sages. Après quelques échanges inaudibles pour l’assistance, Me Benmalek est invité à prendre la parole. Il plaide pour la libération provisoire de son client, que ses enfants, présents dans la salle, “ont hâte d’enlacer”.

Il argumente en expliquant que ces témoins − “s’ils avaient été entendus en première instance, nous n’en serions pas là”, souligne-t-il au passage − montrent que Mohamed El Hidaoui “ne vendait pas de tickets et qu’il est connu pour ses valeurs”.

“La personne considérée par les magistrats de première instance comme victime d’une tentative d’escroquerie est aujourd’hui un témoin qui déclare qu’El Hidaoui n’est pas le genre à escroquer (…). Ces déclarations suffisent pour comprendre que cet homme a été jugé injustement et que la Cour peut mettre fin à cette injustice”, poursuit l’avocat, qui assure que les garanties de présence sont assurées et que son client s’engage à assister à chaque audience. Il demande donc sa libération, “même sous caution”.

18h06. Le président a fixé le 1er novembre pour trancher sur cette demande de libération provisoire. La famille d’El Hidaoui court vers lui. Ils cherchent tous à l’enlacer, y compris ses enfants. Adil El Omari quitte la salle, en souriant, accompagné de son confrère et ami Mohamed Beloudi.

LIRE AUSSI 

https://medias24.com/2023/08/28/affaire-des-tickets-du-mondial-voici-les-faits-incrimines-par-les-juges/

Affaire tickets du Mondial : l’audience du 13 novembre sera dédiée aux plaidoiries

Le procès en appel de Mohamed El Hidaoui et Adil El Omari se poursuit. L’audience de ce lundi 30 octobre a été marquée par quatre témoignages autour de Mohamed El Hidaoui. Des témoignages considérés, par sa défense, comme étant en sa faveur.

Me Mohamed Benmalek, avocat de Mohamed El Hidaoui, s’est non seulement félicité des déclarations versant dans le sens de son client, mais a également demandé sa libération provisoire. Une question sur laquelle la Cour ne tranchera que ce mercredi 1er novembre, tandis que la prochaine audience a été fixée au 13 novembre. Celle-ci sera dédiée aux plaidoiries.

Il convient de noter que cette audience, durant laquelle Mohamed El Hidaoui et Adil El Omari étaient présents, a principalement porté sur les témoignages de « l’affaire Faïza », précédemment expliquée sur Médias24. Celle-ci a, par le biais de son beau-frère et de sa sœur, pris contact avec Mohamed El Hidaoui pour obtenir des tickets lors du Mondial.

Si elle affirme que le président de l’OCS a refusé de prendre une enveloppe contenant 2.000 euros en contrepartie des quatre billets qu’il lui a remis, elle insiste néanmoins sur le fait que Mohamed El Hidaoui a reporté le paiement à leur retour au Maroc. Chose qui n’a jamais eu lieu.

LIRE AUSSI 

https://medias24.com/2023/08/28/affaire-des-tickets-du-mondial-voici-les-faits-incrimines-par-les-juges/