L’avenir de Rabat à l’aube de la Coupe du monde 2030

D’année en année, Rabat se métamorphose. En 2022, la Ville Lumière était la capitale culturelle de l’Afrique. En 2030, elle sera l’une des villes hôtes de la Coupe du Monde 2030. Les chantiers se multiplient à 5 ans de l’échéance.

D’ailleurs, récemment, le royaume s’est engagé dans une transformation majeure de sa mobilité urbaine et interurbaine, avec l’extension de la ligne à grande vitesse (LGV) jusqu’à Marrakech, mais aussi le lancement de l’ambitieux projet du réseau express régional (RER). Sa mise en service est attendue d’ici 2030. Ce projet feroviaire répond à la demande croissante qui risque d’augmenter davantage durant la période de la Coupe du monde 2030.

Concernant Rabat, la ville se prépare, doucement mais sûrement, à ce grand rendez-vous. Médias24 a échangé avec Nourredine Sridi, délégué régional du tourisme de Rabat-Salé-Kénitra pour comprendre les enjeux et la transformation attendue à l’aube de cet événement sans précédent dans le Royaume.

Médias24. Rabat fait partie des villes hôtes de la Coupe du monde 2030. Quel rôle stratégique peut-elle jouer ?

Nourredine Sridi. Oui, Rabat est bien l’une des villes hôtes officielles de la Coupe du monde 2030. Elle accueillera plusieurs matchs dans un stade entièrement reconstruit : le nouveau complexe sportif Prince Moulay Abdellah, d’une capacité de 68.500 places, avec des tribunes couvertes, des loges VIP, des équipements technologiques de dernière génération et une conformité totale aux normes FIFA.

En tant que capitale politique, culturelle et institutionnelle du Royaume, Rabat occupera également une place stratégique dans le dispositif global : accueil des délégations, organisation d’événements diplomatiques, centre média et base logistique de haut niveau.

– Quel est l’état actuel de l’offre hôtelière et touristique dans la région, et quels efforts sont en cours pour la renforcer d’ici 2030 ?

– La région Rabat-Salé-Kénitra dispose aujourd’hui d’environ 12.000 lits touristiques, dont plus de 70% sont concentrés dans la ville de Rabat. Cette capacité est répartie sur une offre hôtelière riche, équilibrée et très diversifiée.

Nous disposons d’hôtels de luxe et haut de gamme tels que le Ritz Carlton, le Marriott, le Sofitel, le Fairmont Marina, The View, le Conrad, le Four Seasons Bab Al Bahr, le Waldorf Astoria Rabat-Salé et, bientôt, le Royal Mansour Rabat, en cours de construction. Nous avons aussi des hôtels 3 et 4 étoiles bien positionnés, offrant un excellent rapport qualité-prix.

Il faut noter qu’il existe une offre croissante d’appart-hôtels et de maisons d’hôtes, notamment dans la médina et les quartiers résidentiels, et une offre complémentaire en arrière-pays, dans les provinces de Khemisset, de Tamesna ou de Sidi Bettach, avec des gîtes ruraux, des fermes hôtes et des villages de vacances.

Dans la perspective de la Coupe du monde 2030, les autorités locales mettent en œuvre un plan de développement touristique intégré, visant à renforcer l’hébergement en capacité et en qualité, à diversifier la restauration, du gastronomique à la street-food, et à créer des espaces d’animation touristique et culturelle dans les zones stratégiques.

– Peut-on s’attendre à une hausse significative du tourisme dans la région ? Quel positionnement souhaitez-vous mettre en avant ?

– Oui, une hausse significative du tourisme est attendue, grâce à la Coupe du monde, mais aussi aux efforts structurels engagés.

Un levier clé sera l’extension de l’aéroport international de Rabat-Salé, qui triplera sa capacité en passant de 1,5 à 4 millions de passagers par an d’ici 2030, avec un nouveau terminal de 69.000 m² et des parkings modernes. Cette transformation permettra de plus que doubler les arrivées internationales poste-frontière, faisant de Rabat un véritable troisième hub touristique national.

Rabat se positionne comme une destination culturelle premium, durable et connectée, à la croisée des influences arabes, andalouses et africaines, avec plus de 20 sites classés à l’UNESCO et un patrimoine architectural et artistique vivant. La ville développe également une offre forte dans le tourisme de luxe, avec des prestations exclusives et un art de vivre raffiné, dans le tourisme d’affaires (MICE), avec des infrastructures modernes, connectées et accessibles, et enfin dans le tourisme de loisir, autour du patrimoine, de la nature, du littoral, du shopping et de la création contemporaine.

– Comment Rabat peut-elle capitaliser sur cet événement footballistique pour renforcer son attractivité économique et touristique ?

– La Coupe du monde 2030 représente une opportunité historique pour repositionner Rabat sur la scène internationale, bien au-delà du sport. Elle offre une visibilité mondiale exceptionnelle, qui doit être exploitée pour accélérer la transformation de la destination, structurer son offre, attirer de nouveaux publics et inscrire son nom durablement dans l’esprit des voyageurs et des investisseurs.

Sur le plan économique, Rabat pourra attirer de nouveaux investissements directs dans les secteurs stratégiques (hôtellerie, restauration, culture, mobilité, digital, événementiel, etc), dynamiser l’écosystème entrepreneurial local, avec des retombées directes pour les PME, artisans, startups et prestataires, stimuler l’emploi local, à travers les chantiers liés aux infrastructures, à l’accueil, aux services et à la culture. La capitale aura la capacité de renforcer son image de capitale d’affaires, de conférences et de diplomatie, grâce à ses équipements et à son positionnement institutionnel.

Sur le plan touristique, Rabat pourra s’affirmer comme une destination à part entière, alliant patrimoine, nature, art de vivre et innovation, déployer une stratégie de marketing territorial puissante, s’appuyant sur des contenus immersifs, des ambassadeurs de la destination et des campagnes ciblées sur les marchés prioritaires. La Ville Lumières pourra créer une programmation culturelle et événementielle autour de la Coupe du monde, valorisant les atouts identitaires de la ville : patrimoine UNESCO, musées, design, artisanat, musique, gastronomie, et mettre en œuvre des expériences visiteurs fluides et mémorables, pour fidéliser et encourager le retour.

L’objectif est de faire de la Coupe du monde un accélérateur de rayonnement, et de Rabat une destination référence sur la carte du tourisme méditerranéen et africain — moderne, humaine, inspirante et durable.

 

La porte des Oudayas à Rabat
Rabat se positionne comme une destination culturelle premium, durable et connectée, à la croisée des influences arabes, andalouses et africaines, avec plus de 20 sites classés à l’UNESCO et un patrimoine architectural et artistique vivant. Ph : Pexels

– Quels secteurs clés de l’économie locale pourraient bénéficier en priorité de cette dynamique ?

– La Coupe du monde 2030 va agir comme un accélérateur économique pour Rabat et sa région, en générant des investissements directs, en dynamisant les filières liées à l’accueil et en créant des opportunités pour les entreprises locales. Plusieurs secteurs clés bénéficieront de cette dynamique :

1. Le BTP et les infrastructures

• La reconstruction complète du Complexe Moulay Abdellah et des autres terrains de foot, l’extension de l’aéroport de Rabat-Salé, les aménagements urbains autour des axes touristiques et les nouvelles infrastructures hôtelières représentent un investissement estimé à plus de 4 milliards de dirhams.
• Les retombées concernent aussi bien les grandes entreprises que les sous-traitants et artisans locaux du bâtiment, du génie civil, de la signalétique ou de l’éclairage public.

2. L’hôtellerie, la restauration et les services touristiques

• L’afflux attendu de visiteurs étrangers et nationaux stimulera la demande sur l’ensemble de la chaîne d’accueil : hôtels, maisons d’hôtes, restaurants, cafés, traiteurs, services de transport privé, guides touristiques.
• Ce secteur sera un générateur important d’emplois directs et indirects, avec un potentiel de plus de 1 000 créations de postes dans les prochaines années.

3. La culture, l’artisanat et les industries créatives

• Rabat, déjà capitale culturelle du Royaume, verra ses musées, ses festivals, ses lieux d’art contemporain et son artisanat mis en valeur auprès d’un public international.
• Cela renforcera la demande pour les créateurs, artistes, designers, producteurs locaux, mais aussi pour les marchés de la médina, les coopératives et les circuits de découverte culturelle.

4. Le digital, la tech et les solutions intelligentes

• La Coupe du monde 2030 nécessitera des outils technologiques avancés pour la gestion des flux, la billetterie, la sécurité, les traductions en ligne, les visites immersives, ou encore les applications mobiles de destination.
• Ce contexte crée des opportunités pour les start-ups, développeurs, agences digitales et acteurs du numérique dans la région, en lien avec la vision de Rabat comme ville intelligente et connectée.

5. Le commerce et les entreprises de proximité

• L’augmentation du trafic touristique stimulera les secteurs de la vente au détail, des souvenirs, du textile, des produits du terroir, des transports locaux, des agences réceptives, etc.

La médina à Rabat par un temps calme.
Rabat. La ville se prépare, doucement mais sûrement, pour la Coupe du monde.

– Quelles actions sont prévues pour capter la clientèle internationale à Rabat et ses alentours ?

– Afin de tirer pleinement profit de la Coupe du monde 2030 et de capter une part significative des visiteurs internationaux, plusieurs actions concrètes sont mises en œuvre à l’échelle de la ville et de sa région. Ces actions sont articulées autour de trois axes : visibilité, accessibilité et expérience.

Des fanzones seront mises en place dans différents quartiers de la ville. Elles seront bien plus que de simples espaces de retransmission : elles offriront une ambiance festive, une immersion culturelle et une vitrine vivante du patrimoine local à travers des concerts, des animations artistiques, des stands gastronomiques et des activités interactives.

Pour permettre aux visiteurs de découvrir pleinement la richesse du territoire, un programme structuré de plus de 10 circuits touristiques est en cours de développement. Ces circuits seront conçus comme de véritables portes d’entrée vers l’identité plurielle de la région, en s’appuyant sur 12 expériences complémentaires. Chaque circuit bénéficiera de supports en plusieurs langues, d’un encadrement professionnel et sera progressivement intégré dans les circuits des tour-opérateurs et des plateformes de voyages.

D’autre part, des campagnes de communication ciblées seront menées en coordination avec le Centre régional de tourisme (CRT), l’Office national marocain de tourisme (ONMT), les compagnies aériennes et les tour-opérateurs. Elles viseront à intégrer Rabat dans les offres touristiques liées à la Coupe du monde, à renforcer la visibilité de la destination dans les marchés émetteurs prioritaires (Europe, Amérique du Nord, Golfe, Afrique) et à positionner Rabat comme une ville à vivre avant, pendant ou après les matchs.
Et pour finir, des partenariats sont en cours avec les agences de voyages, les plateformes digitales et les réseaux de distribution pour promouvoir Rabat et proposer des séjours sur mesure. Un accueil spécifique est aussi envisagé pour les groupes, délégations, médias et clients VIP.

– En termes de mobilité, d’accueil et d’expérience touristique, quels sont les chantiers prioritaires du CRT pour les années à venir ?

– Pour garantir une expérience fluide, moderne et qualitative aux visiteurs attendus pendant la Coupe du monde 2030 et au-delà, Rabat et le CRT travaillent sur plusieurs chantiers prioritaires, articulés autour de trois grands axes : la mobilité, l’accueil et l’amélioration de l’expérience touristique.

1. Mobilité et accessibilité

• Le chantier d’extension de l’aéroport international de Rabat-Salé, qui fera passer la capacité de 1,5 à 4 millions de passagers par an, est au cœur de la stratégie d’accessibilité. Ce projet fera de Rabat le 3ᵉ hub aérien du pays, après Casablanca et Marrakech.
• Le développement de nouvelles lignes aériennes internationales est en cours, avec un objectif de 15 liaisons directes d’ici 2030.
• La mobilité interne est également une priorité : la ville poursuit l’amélioration du réseau tramway, du transport public et la promotion de la mobilité douce (marche, vélo, circuits piétons touristiques).
• L’un des projets emblématiques est le déploiement d’un bus touristique à impériale, qui permettra aux visiteurs de découvrir les principaux sites d’intérêt de Rabat à travers des circuits commentés, accessibles, pratiques et attractifs.

2. Qualité de l’accueil et signalétique

• Un plan d’amélioration de l’accueil touristique est en cours, ciblant les gares, l’aéroport, les médinas, les plages, les musées et les pôles hôteliers.
• Ce plan prévoit la mise en place de guichets d’information multilingues, une signalétique urbaine moderne et cohérente, et la digitalisation des supports d’orientation (QR codes, cartes interactives, info en temps réel).
• Des dispositifs spécifiques seront mis en place pour l’accueil des groupes VIP, des délégations officielles et des visiteurs internationaux pendant les événements.

3. Expérience visiteur et hospitalité

• La formation des professionnels est un axe prioritaire, avec un objectif de plus de 1 000 personnes formées d’ici 2028 dans les métiers de l’accueil, du guidage, de la restauration et du service.
• L’amélioration de l’expérience passe aussi par l’usage du digital : outils de réservation en ligne, cartographie géolocalisée, informations multilingues, audioguides, etc.
• Enfin, les autorités travaillent à renforcer les standards de qualité dans les hôtels, restaurants, espaces publics et zones de forte fréquentation touristique.
L’objectif est clair : offrir aux visiteurs une expérience fluide, sécurisée, conviviale et immersive, à la hauteur des standards internationaux, et faire de Rabat une destination de référence au-delà de l’événement sportif.

-Selon vous, quels sont les défis majeurs à relever pour que Rabat devienne une destination touristique incontournable sur la carte mondiale ?

-Rabat possède des atouts indéniables pour devenir une destination touristique de premier plan : patrimoine classé à l’UNESCO, capitale culturelle et politique du royaume, offre balnéaire, nature, architecture contemporaine, gastronomie, art de vivre… Mais pour concrétiser cette ambition à l’échelle mondiale, plusieurs défis stratégiques doivent encore être relevés. Tout d’abord, celle de changer la perception internationale de Rabat : Aujourd’hui, Rabat souffre encore d’une image perçue comme principalement administrative.

Le premier défi est donc de faire émerger une nouvelle identité de destination, centrée sur la culture, la modernité, la nature, la sécurité et la qualité de vie. Il s’agit de passer du statut de ville “institutionnelle” à celui de capitale inspirante, humaine et vibrante, à l’image de ce qu’est réellement Rabat.

La capitale a un fort besoin d’amélioration de l’accessibilité aérienne. L’attractivité touristique passe aussi par l’accessibilité. Le chantier d’extension de l’aéroport Rabat-Salé est un pas décisif, mais il devra être accompagné d’une ouverture plus large aux compagnies internationales, d’une politique de promotion des lignes directes et d’une meilleure desserte interrégionale. L’objectif est d’atteindre 1 million de passagers à l’horizon 2030 et de faire de Rabat un point d’entrée compétitif par rapport à Marrakech ou Casablanca.

Il est nécessaire de structurer une offre touristique forte et cohérente. Le potentiel existe, mais il reste parfois dispersé. Le défi est de structurer une offre lisible, segmentée et commercialisable, avec des produits adaptés aux différentes clientèles (loisir, affaires, luxe, culture, sport, famille…). Cela implique la création de packages, la digitalisation de l’offre, et une coordination entre les opérateurs privés et les institutions.

Améliorer la qualité de service et la formation est aussi un défi majeur. L’hospitalité est un pilier de l’expérience touristique. Le renforcement de la formation continue, le développement d’une culture de service, et l’adoption de standards internationaux dans l’accueil, la restauration, l’accompagnement, et la propreté urbaine seront essentiels pour fidéliser les visiteurs.

Le défi restant est de renforcer la promotion et la présence sur les marchés internationaux. Rabat doit être plus visible. Cela implique une présence continue dans les salons professionnels, une stratégie digitale ciblée, une mobilisation d’ambassadeurs de la ville, et des campagnes créatives pour mettre en valeur sa singularité.

Ces défis sont à la fois techniques, organisationnels et symboliques. Mais ils sont à la hauteur du potentiel exceptionnel de Rabat. La Coupe du monde 2030 est une fenêtre stratégique pour accélérer cette transformation et inscrire durablement Rabat sur la carte des grandes capitales touristiques mondiales.

– Enfin, qu’aimeriez-vous que les visiteurs étrangers retiennent de leur passage à Rabat pendant la Coupe du monde 2030 ?

– Nous souhaitons que chaque visiteur reparte de Rabat avec un souvenir vivant, émotionnel et profond. Qu’il ne s’agisse pas seulement d’un match ou d’un séjour, mais d’une rencontre authentique avec une ville à dimension humaine, enracinée dans l’histoire et tournée vers l’avenir.

Nous voulons qu’ils retiennent que Rabat est une capitale élégante et accueillante, qui conjugue patrimoine et modernité ; Une ville ouverte, tolérante, cosmopolite, au carrefour des cultures arabe, andalouse et africaine ; Une destination calme, inspirante, sûre et verte, où il fait bon se promener, s’émerveiller, déguster, échanger et revenir.

Qu’ils se souviennent de l’hospitalité chaleureuse de ses habitants, de la beauté de ses paysages, de l’émotion d’un coucher de soleil sur le Bouregreg, du silence majestueux d’un monument, ou encore du goût d’un plat typique partagé dans une médina vivante.

Notre ambition, au-delà de l’événement sportif, est que Rabat marque les esprits, touche les cœurs et donne envie d’y revenir — et d’en parler. Que la Coupe du monde soit pour beaucoup une première visite… mais jamais une dernière.

Air Arabia : deux nouvelles liaisons directes reliant Rabat à Nador et Oujda

À partir du 9 janvier 2025, la compagnie opérera ainsi trois vols directs par semaine entre Rabat et Oujda, suivis du lancement de deux vols hebdomadaires vers Nador à compter du 12 janvier 2025, avec des tarifs à partir de 350 dirhams marocains pour les deux destinations, annonce un communiqué d’Air Arabia Maroc.

Ces lignes seront opérées par des Airbus A320, selon le calendrier suivant :

Horaires des vols entre Oujda et Rabat, à partir du 9 janvier 2025 (heures locales) :

Horaires des vols entre Nador et Rabat à partir du 12 janvier 2025 (heures locales) :

Les billets pour ces nouvelles liaisons sont déjà disponibles via plusieurs canaux : le site web officiel d’Air Arabia Maroc, son centre d’appels dédié et les agences de voyages agréées.

La RAM reçoit un nouveau Dreamliner ce dimanche 24 novembre

Comme déjà annoncé par Médias24, et en attendant l’attribution de l’appel d’offres international visant à quadrupler sa capacité d’ici 2037, Royal Air Maroc recevra d’abord deux gros porteurs Boeing 787 Dreamliner, suivis de 10 moyen-courriers 737 en 2025. Ces acquisitions feront passer la flotte de 51 à 63 appareils.

Ce dimanche matin, le nouvel aéronef en route vers Casablanca.

Commandés avant la signature du contrat-programme de juillet 2023, ces nouveaux avions permettront de porter la flotte de long-courriers à 11 appareils. Un levier stratégique pour ouvrir de nouvelles lignes internationales et renforcer la compétitivité de la compagnie sur le marché global.

RAM : voici les délais de livraison des avions qui vont renforcer la flotte

Malgré les difficultés traversées par le fournisseur américain Boeing, qui pourraient profiter au constructeur européen Airbus, les livraisons de 11 avions, prévues d’ici 2025, auront lieu dans les délais impartis, nous confirme une source engagée dans les négociations avec le constructeur américain.

2 Dreamliner livrés dans les prochaines semaines

« Le premier Boeing 787 sera livré dans une quinzaine de jours, tandis que le deuxième suivra à la fin du mois de décembre », révèle notre interlocuteur en rappelant que ces avions, qui ont été commandés avant la signature du contrat-programme de juillet 2023, permettront à la compagnie nationale de disposer de 11 long-courriers pour multiplier les lignes nécessitant de gros-porteurs.

Le premier Boeing 787 sera livré dans une quinzaine de jours, tandis que le deuxième suivra à la fin du mois de décembre

Et de rappeler que ces livraisons imminentes seront nécessaires pour inaugurer la ligne Casablanca-Toronto, mais aussi rouvrir les vols vers Sao Paulo et Pékin qui avaient opérés brièvement avant d’être suspendus durant la crise sanitaire.

10 Boeing 737 Max renforceront la flotte en 2025

Tout en affirmant qu’il faudra attendre la confirmation du calendrier de livraison par le constructeur américain, notre interlocuteur estime que 9 autres aéronefs 737 Max 8 devraient rejoindre la flotte avant fin 2025 pour renforcer les vols moyen-courriers de RAM vers l’Afrique et l’Europe.

« Ces avions comparables à ceux que la compagnie possède déjà, et pour lesquels les négociations ont abouti avant le lancement de l’appel d’offres international lancé en 2023, vont nous permettre de gérer la transition en attendant que l’appel d’offres soit enfin attribué entre Boeing, Airbus et Embraer et ATR ». Notre source précise que les 150 avions requis pour quadrupler la flotte à l’horizon 2037 nécessiteront un délai de 4 à 5 ans avant les premières livraisons à RAM.

Le rythme de livraison dépendra de la date d’attribution de l’appel d’offres

À la question de savoir si la compagnie disposait d’un agenda ou d’une visibilité sur les livraisons des 150 avions prévus par le contrat-programme signé en juillet 2023, notre interlocuteur explique qu’il faudra attendre la sélection finale des offres des différents constructeurs ayant participé à l’appel d’offres international.

Sachant qu’il a été lancé depuis neuf mois et que ces processus d’attribution prennent en moyenne deux ans, il faudra attendre 2025 avant d’être fixé sur les marques et les produits retenus par la compagnie nationale et, in fine, sur le rythme de livraison, conclut notre source en laissant entendre que la moyenne devrait s’établir à 10 avions/an pour respecter le délai qui court jusqu’à 2037.

Air Arabia lance un vol direct entre Fès et Milan-Bergame

Selon un communiqué de la compagnie aérienne, cette nouvelle liaison sera opérée par un Airbus A320, à raison de deux vols hebdomadaires. Les passagers pourront ainsi décoller de Fès chaque mardi et dimanche à 13h45 pour rejoindre Milan-Bergame à 16h40.

Le retour s’effectuera également les mercredis et dimanches, avec un départ de Milan-Bergame à 17h30 et une arrivée à Fès prévue à 20h25.

Transavia lancera un vol Nantes-Essaouira à l’été 2025

À partir du 11 juillet 2025, Transavia opérera un vol hebdomadaire tous les vendredis, avec des tarifs à partir de 500 DH en aller simple, rapporte le journal spécialisé Air Journal.

Cette nouvelle destination renforce la présence de la filiale du groupe Air France-KLM au Maroc, et qui propose déjà des vols au départ de Nantes vers Agadir, Tanger, Casablanca, Marrakech et Oujda.

Les vols pour la saison estivale (du 30 mars au 25 octobre 2025) sont disponibles à la vente depuis le mardi 1er octobre.

Royal Air Maroc reprend sa ligne directe Casablanca-Sao Paulo

Les vols seront programmés au départ de Casablanca les lundi, jeudi et samedi à 16h40 (heure locale) pour une arrivée à Sao Paulo à 22h20 (heure locale).

Les vols retour quitteront Sao Paulo les mardi, vendredi et dimanche à 00h20 (heure locale) pour un atterrissage à Casablanca à 13h15.

Les vols directs seront opérés par des Boeing 787 Dreamliner, avions de nouvelle génération, offrant le plus haut niveau de confort et de sûreté, tout en favorisant une empreinte carbone réduite, indique un communiqué de la RAM.

« Nous sommes très heureux de reprendre la route aérienne directe Casablanca-Sao Paulo suspendue depuis la crise sanitaire. Elle s’inscrit dans le cadre de notre plan de développement et permettra de renforcer notre réseau sur le long courrier et surtout de marquer notre retour sur le continent de l’Amérique Latine. Cette ligne facilitera le déplacement des touristes et hommes d’affaires des deux continents, tout en répondant aux attentes de touristes européens désireux de programmer des voyages combinés en Afrique et en Amérique Latine », a déclaré Hamid Addou, PDG de Royal Air Maroc, cité dans le communiqué.

La réouverture de cette ligne connectant les capitales économiques et financières des deux pays répond à la demande croissante des hommes d’affaires et des touristes des deux côtés de l’Atlantique, souligne le communiqué. La relance de cette desserte s’inscrit également dans le cadre de la mobilisation de la compagnie nationale pour accompagner les grands chantiers du Royaume, en particulier le grand événement sportif planétaire qui sera organisé par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, en l’occurrence la Coupe du Monde de football 2030. « Les Brésiliens, de grands amateurs du ballon rond, pourront ainsi se déplacer facilement et dans les meilleures conditions de confort avec Royal Air Maroc, entre Sao Paulo et les trois pays organisateurs de la Coupe du Monde, via le hub de la compagnie à Casablanca », note la même source.

Les vols seront disponibles à la vente à partir du 12 juin, sur le site internet de la compagnie nationale, via ses centres d’appel ainsi que dans ses agences commerciales et sur le réseau des agences de voyages.

Air Arabia inaugure sa nouvelle base à Rabat avec cinq nouvelles destinations internationales

La cérémonie d’inauguration de cette nouvelle base s’est tenue le mardi 28 mai 2024 à l’aéroport de Rabat-Salé.

L’ouverture de cette base à Rabat vise à renforcer la connectivité entre le Maroc et des villes clés en Europe, tout en contribuant activement au développement touristique et économique de la région de Rabat-Salé-Kénitra, indique un communiqué d’Air Arabia.

Voici le détail des fréquences des vols depuis Rabat :

Barcelone : 3 vols par semaine (lundi, mercredi, vendredi)
Paris : 5 vols par semaine (mardi, mercredi, jeudi, samedi, dimanche)
Bruxelles : 2 vols par semaine (lundi, vendredi)
Basel Mulhouse : 2 vols par semaine (mardi, samedi)
Istanbul : 2 vols par semaine (jeudi, dimanche)

Les billets pour ces nouvelles destinations sont disponibles à l’achat via le site web d’Air Arabia, par téléphone via le centre d’appels de la compagnie, ou auprès des agences de voyages partenaires, poursuit le communiqué.

La RAM lancera une ligne directe Casablanca-Abuja en juin prochain

Cette nouvelle desserte vers Abuja sera opérée à raison de trois fréquences par semaine (mardi, vendredi et dimanche), a-t-on précisé lors d’une rencontre avec les représentants des grandes agences de voyage au Nigeria et les partenaires institutionnels et commerciaux.

« Nous sommes réunis pour célébrer ensemble un événement majeur qui marquera les relations entre le Maroc et le Nigeria et leur donnera un nouvel élan », s’est félicité l’ambassadeur du Maroc au Nigeria, Moha Ou Ali Tagma, dans une allocution à cette occasion.

« Le 23 juin sera un grand jour. Il représentera un achèvement important des efforts visant à rapprocher davantage le Maroc et le Nigeria, faisant d’Abuja une ville très proche et à quelques heures de Casablanca », a affirmé M. Tagma.

A l’instar du Cameroun, le Nigeria sera le deuxième pays africain à être desservi par la RAM sur deux villes : Lagos avec un vol quotidien et bientôt Abuja, à raison de trois fréquences par semaine, a-t-il dit.

« Cette nouvelle connexion entre le cœur du Nigeria, Abuja, et la vibrante métropole de Casablanca, n’est pas simplement une trajectoire de vol, mais c’est surtout une étape importante dans le parcours de Royal Air Maroc, renforçant son engagement en Afrique pour une meilleure connectivité », a déclaré, pour sa part, le représentant de la RAM.

« Pour les voyageurs à la recherche de business, d’échanges culturels ou d’expériences touristiques, la RAM est fière d’offrir une connexion pratique et fiable vers le Maroc et au-delà », a-t-il poursuivi.

(Avec MAP)

La compagnie aérienne Volotea lance une nouvelle liaison entre Agadir et Lille

La compagnie aérienne espagnole Volotea annonce le lancement d’une nouvelle liaison entre la ville d’Agadir et la ville française de Lille à partir du 10 novembre 2024, selon un communiqué publié le 11 avril. Les vols seront disponibles chaque dimanche, à raison d’un vol par semaine, avec plus de 7.500 sièges disponibles à la vente. Les réservations sont déjà ouvertes sur le site officiel de la compagnie.

« Nous sommes ravis d’annoncer le lancement de cette nouvelle liaison aérienne vers Agadir au départ de l’aéroport de Lille. Notre objectif est d’offrir à nos clients toujours plus d’options pour découvrir de nouveaux horizons, en particulier lors de la saison hivernale. Cette nouvelle route témoigne de notre engagement à renforcer la connectivité entre les Hauts-de-France et des destinations prisées comme Agadir. Elle s’ajoute à notre vaste réseau existant et illustre notre volonté continue d’élargir nos horizons », indique Gilles Gosselin, responsable France de Volotea, cité dans le communiqué.

Cette annonce fait suite au succès de la liaison hebdomadaire lancée par Volotea entre Nantes et Agadir en août 2023, ainsi que d’autres routes stratégiques reliant Marrakech à Bilbao et à Nantes.

Ryanair lance ses premières liaisons internes au Maroc

En décembre 2023, la compagnie Ryanair avait annoncé avoir obtenu l’approbation pour opérer des vols domestiques au Maroc.

Dans le cadre de cette expansion, le transporteur irlandais lance 11 routes domestiques reliant 9 destinations marocaines, à savoir Agadir, Errachidia, Essaouira, Fès, Marrakech, Ouarzazate, Oujda, Tanger et Tétouan. Les vols seront progressivement lancés.

Sur le site de la compagnie, les billets de différentes dessertes sont mis à la vente. Les tarifs varient entre 159 DH et 518 DH en aller simple.

Tourisme : la lecture de Hamid Bentahar, président de la CNT

Le tourisme est une priorité pour le gouvernement, en témoignent les objectifs ambitieux fixés à l’horizon 2026 et 2030. Et les thématiques liées à ce secteur stratégique sont nombreuses, à commencer par un contexte géopolitique impactant négativement certaines destinations arabo-musulmanes.

Mais il n’y a pas que cela. Ouverture de bureau de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) en Inde, réouverture de la ligne directe Casablanca-Pékin, marchés émergents à privilégier, priorités budgétaires, destinations concurrentes dont il faut s’inspirer, résultats des voyages communs CNT-ONMT à l’étranger, projets structurants nécessaires pour réussir la CAN 2025 et le Mondial 2030, taux d’occupation idéal… Hamid Bentahar revient sur tous les thèmes d’actualité qui permettront de générer 26 millions d’arrivées en 2030.

Medias24 : Le conflit au Proche-Orient a-t-il généré une crise des arrivées étrangères ?

Hamid Bentahar : Cette triste situation a, bien évidemment, impacté quelques marchés émetteurs de touristes vers le Maroc, à l’image des États-Unis qui ont subi de grosses perturbations. Cependant, d’autres marchés ont été moins touchés, comme le marché anglais ou français, qui sont stratégiques pour le Maroc.

Mobiliser l’aérien et faciliter l’obtention des visas seront porteurs de résultats conséquents.

– Quel est le principal enseignement ?

– Cette situation géopolitique dont le tourisme mondial est tributaire doit nous pousser à accélérer encore plus la diversification de nos marchés, car les destinations mono-marché sont beaucoup plus fragiles que celles qui ont une offre diversifiée.

En 2022, les destinations qui ont dépassé les objectifs de 2019 ne sont pas nombreuses, mais celles qui ont subi une diversification, notamment celles de la région du Moyen-Orient, ont enregistré en 2023 la plus grande progression par rapport à 2022. Ceci a été rendu possible grâce à une diversification des compagnies aériennes qui ont construit de nouvelles routes et des liaisons avec le monde entier aussi bien sur le moyen que le long courrier. Cela leur a permis de trouver d’autres solutions et d’être moins dépendantes lorsqu’il y a une perturbation dans l’un de leurs marchés.

– En parlant de diversification, l’ONMT vient d’ouvrir un bureau en Inde…

– C’est une très bonne initiative de l’ONMT, qui a cette volonté de diversifier les marchés émetteurs. J’espère que cette action sera suivie par l’ouverture d’une ligne aérienne directe ; le potentiel de ce marché est très important, les professionnels y croient depuis longtemps.

Mobiliser l’aérien et faciliter l’obtention des visas seront porteurs de résultats conséquents.

– A court terme ?

– Si on mobilise les avions rapidement, ce sera à court terme mais cela dépendra juste du nombre de sièges que l’on arrivera à créer pour satisfaire la demande qui est bien présente.

Il y a un potentiel important dans les pays de l’Est et dans les pays d’Asie comme le Japon, la Chine, la Thaïlande, la Corée du Sud…

– Quid de la réouverture rapide de la ligne directe Casablanca-Pékin ?

– Bien évidemment et pas seulement pour la Chine car en réalité, les opérateurs privés veulent accélérer la mise en œuvre de la feuille de route du ministère et aussi celle de la Royal Air Maroc.

Nous sommes bien évidemment contents que la RAM mette de nouveaux moyens et nous espérons qu’elle ouvrira des lignes non seulement vers la Chine mais aussi pour le Japon.

– Quels sont les autres marchés émergents qui pourraient performer ?

– Nous sommes persuadés qu’il y a un potentiel important dans les pays de l’Est et dans les pays d’Asie comme le Japon, la Chine, la Thaïlande, la Corée du Sud…

Mais aussi en Amérique latine comme la ligne fermée du Brésil et vers l’Argentine et le Mexique, car aujourd’hui, le Maroc est connu grâce à la Coupe du monde et ces marchés ont envie de venir chez nous.

Il faut donc leur permettre de venir en vol direct comme par exemple aux États-Unis, où nous sommes très loin du potentiel de ce marché qui n’est pas un pays mais un continent où il faut multiplier les lignes aériennes avec des longs courriers.

L’envie de Maroc est devenue encore plus forte parce que notre pays a démontré une réactivité remarquable dans la gestion des crises successives qu’il a connues.

– Comment expliquer le million de visiteurs supplémentaires en 2023 (14,5 au lieu de 13,5) ?

– Au-delà des chiffres, il y a l’engouement sur le voyage car les gens aiment voyager et parce que la demande sur le voyage est beaucoup plus importante qu’avant. Sachant que les gens veulent changer d’air, les compagnies aériennes sont revenues en force dans la connectivité par rapport à la période ayant précédé la pandémie.

En effet, l’envie de Maroc est devenue encore plus forte parce que notre pays a démontré une réactivité remarquable dans la gestion des crises successives qu’il a connues.

Cette gestion exemplaire nous a permis de revenir plus fort avec le travail collectif accompli par les professionnels et par l’Office national marocain du tourisme, ainsi que grâce à l’effort remarquables du gouvernement qui a mis en place des moyens supplémentaires pour lancer la campagne « Terre de lumière ».

Sans compter la stratégie offensive annoncée par la Royal Air Maroc et les signaux positifs des compagnies low cost et des tours-opérateurs qui ont permis d’accélérer la reprise en 2023.

– Ne faut-il pas craindre que la soif de voyager post-Covid ne finisse par s’essouffler en 2024 ?

– Avant de vous répondre, je voudrais rappeler que dans les performances de 2023, il y a surtout 2 millions et demi de Marocains qui vivent de manière directe ou indirecte du tourisme, qui se sont remis au travail après avoir traversé trois années très difficiles. Le fait que l’on revienne au niveau des performances de 2019 doit être célébré.

Pour l’avenir, je reste confiant ; toutes les études montrent que les gens veulent voyager davantage et que malgré l’inflation et le contexte de la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, le tourisme international va progresser en 2024 avec des opportunités et des réservoirs de croissance à saisir. Le Maroc devra être en première ligne.

– Que préconisez-vous pour maintenir la croissance ?

– D’abord la rapidité d’exécution, à savoir faire ce que l’on dit et dire ce que l’on fait en accélérant la mise en œuvre des programmes déjà lancés par le ministère du Tourisme et par la Royal Air Maroc ainsi que les projets structurants qui sont inscrits dans la feuille de route.

Accélérer également la mise en œuvre des E-visas pour que leur délivrance soit rapide, parce que l’envie de Maroc est bien là, il faut la transformer en venue effective et continuer à simplifier les procédures.

Travailler aussi sur la qualité de l’expérience durant tout le parcours, que ce soit dans les aéroports où l’on a du travail à faire pour améliorer l’expérience des visiteurs et des voyageurs ainsi que dans les transports en commun dont les chantiers ont été identifiés au niveau de la feuille de route. L’ONDA doit avoir les moyens de donner la meilleure image et la meilleure expérience aux voyageurs aussi bien nationaux qu’internationaux dès leur arrivée. Sans leur mise en œuvre, on ne pourra pas atteindre les objectifs.

En septembre 2022, vous déclariez qu’il fallait quadrupler les moyens publics pour doubler le nombre d’arrivée. Les 6 milliards de DH injectés entre 2023 et 2026 suffiront-ils ?

– Si les 6 milliards sont accompagnés d’une véritable mobilisation accompagnée de moyens au niveau de la RAM et des projets structurants avec une véritable synchronisation et un effort collectif sur la qualité de l’expérience en stimulant l’animation et la diversité de l’offre, on pourra y arriver. Mais il est évident qu’avec les 6 milliards seulement, la réponse est non, ce ne sera pas suffisant.

– Quels sont les pays dont le Maroc peut s’inspirer en termes de benchmark ?

– Sur chaque segment, comme le tourisme d’affaires, le tourisme balnéaire, le tourisme rural ou pour l’animation, il y a des best in class. Ce sont ceux-là qui m’intéressent. C’est pourquoi nous nous devons de continuer à observer les meilleures pratiques en nous inspirant par exemple, pour Agadir, de destinations balnéaires concurrentes comme la Turquie, l’Espagne ou la Grèce.

Pour l’offre Affaires, il faut regarder du côté des pays qui organisent de grands congrès internationaux pour le business, comme Dubaï qui a beaucoup investi dans les rencontres internationales culturelles, sportives et dans les grands événements business. Ces évènements sont de véritables leviers de développement au-delà du tourisme.

Barcelone est un bon exemple de benchmark pour Casablanca avec un mix de tourisme d’affaires et de loisirs, ainsi que le Portugal qui réalise presque autant de visiteurs que son nombre d’habitants.

Pour pouvoir changer de dimension en termes d’occupation et relancer la machine de l’investissement, il faut en effet développer le tourisme d’affaires.

– La multiplication des voyages de la Confédération nationale du tourisme avec l’ONMT est-elle payante ?

– C’est en effet grâce à ce travail collaboratif que nous avons réussi à convaincre les partenaires internationaux et nos clients historiques d’attirer de nouveaux clients. Bien évidemment, ce n’est que le début parce que le potentiel est très important et que nous devons redoubler d’efforts pour aller chercher de nouveaux clients à la fois dans les marchés matures historiques mais aussi dans les nouveaux marchés.

Au regard de nos ambitions et des objectifs de croissance, nous devons par conséquent accélérer la diversification des marchés et des segments de clients auxquels on s’adresse. Mais l’effort de promotion ne sera pas suffisant s’il n’est pas accompagné de la mise en œuvre urgente et rapide des projets structurants qui ont été identifiés dans le cadre de la feuille de route.

– Un exemple de projet structurant nécessaire ?

– Les palais des congrès et les parcs d’exposition qui sont prévus dans les grandes villes touristiques et nous permettront de changer de dimension pour atteindre la croissance supplémentaire escomptée.

Ainsi, le palais des expositions de Marrakech permettra d’augmenter l’occupation durant les jours de semaine où le défi de la ville ocre est de remplir les hôtels, parce qu’en dehors des vacances scolaires, le niveau d’activité des jours de semaine est plus faible. Pour pouvoir changer de dimension en termes d’occupation et relancer la machine de l’investissement, il faut en effet développer le tourisme d’affaires.

A contrario, dans les villes d’affaires comme Casablanca, il faudra trouver des solutions pour développer l’activité hôtelière pendant les week-end avec de nouvelles infrastructures d’animations et un grand effort au niveau de l’événementiel pour remplir la partie week-end.

– Que faut-il faire pour augmenter le taux d’occupation hôtelier qui stagne ?

– Nous avons récupéré le niveau d’activité de 2019, qui était de 48%, mais il nous faut encore travailler. L’objectif de la feuille de route, c’est que si on veut relancer la machine, il faut parvenir à 65% de taux d’occupation.

– Comment y parvenir ?

– Pour stimuler le taux d’occupation, la diversification des segments est une des solutions. Pour les destinations du tourisme de loisirs, nous devons assurer un remplissage hôtelier les jours de semaine et les week-ends avec une offre de palais d’expositions et l’organisation d’événements pour augmenter le taux d’occupation.

Les villes d’affaires doivent trouver des solutions pour les week-ends avec de l’animation comme New York l’a fait en lançant la culture du spectacle et de Broadway pour pouvoir maximiser l’activité commerciale et la performance pendant tous les jours de la semaine et tous les mois de l’année.

– Dans ce cas, quel serait le taux idéal d’occupation ?

– L’idéal serait d’arriver à viser d’abord 65% et ensuite dépasser la barre des 70%, qui était l’objectif initial de la vision 2010. Pour cela, il faut mobiliser l’ensemble des acteurs et des moyens pour atteindre cet objectif qui nous emmènera dans un cercle vertueux en termes d’investissements et de création d’emplois.

– Sachant que 51% des arrivées ont été réalisées par des MRE et que les marchés étrangers traditionnels ont connu une croissance assez moyenne, n’y a-t-il pas lieu de s’inquiéter ?

– Encore une fois, je pense qu’il faut apprécier le fait que l’on ait remis tout l’écosystème au travail. Dans tous les pays touristiques qui ont connu des crises, on a d’abord vu le retour du tourisme interne suivi par la diaspora, la clientèle de luxe, le tourisme de loisirs et enfin celui des affaires. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter ; le classement mondial du Maroc a connu une croissance remarquable : on est passés de la 34e place en 2019 à la 22e en 2022 selon l’Organisation mondiale du tourisme.

– Que signifie ce classement ?

– L’Organisation mondiale du tourisme fait un classement annuel des destinations touristiques selon leurs performances. Et dans ce classement, notre pays a gagné 12 places. Cela signifie que nous sommes bel et bien sur un trend positif.

– Quelles sont les régions qu’il faut accompagner ?

– Toutes celles qui ont des taux d’occupation inférieurs à 50% méritent plus d’attention, à l’image de Ouarzazate ou de la région de l’Oriental qui est une destination saisonnière. Ces régions méritent une mobilisation à la fois au niveau national et au niveau régional pour réduire la saisonnalité et augmenter leur niveau d’activité.

– Comment renforcer la capacité hôtelière à l’horizon du Mondial de 2030 ?

– En construisant de nouveaux hôtels, en ouvrant ceux qui sont toujours fermés et en accompagnant les rénovations.

– Quel impact touristique aura la future ligne à grande vitesse pour Marrakech et Agadir ?

– Marrakech ne serait pas la destination qu’elle est aujourd’hui s’il n’y avait pas eu d’autoroute. De la même manière, la LGV va avoir un impact très important pour les villes de Marrakech et Agadir. Ce sont des projets structurants qui vont nous permettre de faciliter la mobilité et surtout de permettre aux visiteurs étrangers de vivre plusieurs destinations dans un même temps et de découvrir la diversité de l’offre marocaine. Nous espérons que les autres destinations touristiques et régions du Royaume connaîtront également un développement accéléré de leurs connectivités par des infrastructures terrestres, maritimes et aériennes.

Si on veut que la relance soit saine et durable, il faut impérativement réduire l’écart entre le formel et l’informel.

– Pour augmenter les arrivées en hiver, peut-on imaginer, comme en Espagne, des villages anglais ou allemands à Agadir ?

– Je suis contre ; le succès du Maroc ne repose pas sur des ghettos mais sur l’authenticité et le vivre-ensemble. Dans nos médinas, les visiteurs nationaux, les habitants et les visiteurs internationaux se côtoient, s’entraident et se nourrissent de leurs différences. Nous ne sommes pas une destination touristique mais une destination à vivre avec un véritable melting pot.

Un mot sur la concurrence déloyale des locations de type Airbnb ?

– Si l’on veut que la relance soit saine et durable, il faut impérativement réduire l’écart entre le formel et l’informel. Ceux qui dérangent aujourd’hui sont ceux qui commercent sur les plateformes qui signent des contrats en anglais et virent des devises à l’étranger.

Nous avons eu des réunions avec les grandes plateformes, qui nous ont dit qu’il suffisait de faire passer une loi pour clarifier les montants à acquitter et les procédures à suivre, comme c’est déjà le cas dans d’autres pays.

Aujourd’hui, il y a une volonté gouvernementale, tout le monde est d’accord y compris les plateformes. Il faut juste accélérer la mise en œuvre de ce projet pour contrer l’informel structuré.

– Que représente financièrement le manque à gagner ?

– Il n’y a pas, à ce jour, de chiffres officiels. Tout ce que je peux avancer, c’est qu’il y a environ plus de deux fois plus d’acteurs informels sur ces plateformes que d’acteurs formels.

– C’est-à-dire ?

– Concrètement, il y a 4.000 établissements hôteliers recensés par le ministère du Tourisme et presque 12.000 plateformes d’hébergement en ligne.

– Comment se présente le premier trimestre 2024 ?

– A l’image du dernier trimestre 2023, nous avançons doucement sur certaines destinations. En 2023, nous avons très bien commencé l’année et avons été ralentis vers les derniers mois. Cette fois-ci, nous démarrons timidement ces premiers mois de l’année, mais je reste optimiste. Chaque mois qui passe, les performances s’améliorent.

Je suis confiant, même si tout dépendra de notre capacité à ouvrir de nouvelles liaisons aériennes, à diversifier les marchés, à mettre en œuvre les projets structurants…

– Personne ne pensait que le Maroc serait co-organisateur du Mondial 2030. Selon vous, est-ce une autoroute pour votre secteur ?

– Nous, nous y avons toujours cru et nous en sommes très fiers. Nous sommes dans une dynamique très positive et avons une feuille de route offensive avec, pour la première fois, des moyens conséquents qui vont nous permettre d’être au rendez-vous pour le Mondial, mais également pour la Coupe d’Afrique des nations qui aura lieu l’année prochaine.

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