Développement durable et économie bleue : les priorités de l’AFD dans les provinces du Sud

Cette première mission d’un DG de l’AFD dans le cadre du mandat élargi de l’agence aux régions du Sud, annoncé par le président de la République française Emmanuel Macron en octobre 2024, « visait à écouter les priorités exprimées par les élus, les autorités et les populations locales et à préparer le déploiement de nouveaux programmes et projets de développement durable à fort impact social, environnemental et économique, en réponse directe aux besoins des habitants et dans le respect du droit international », précise un communiqué de l’AFD.

À Rabat, accompagné de Christophe Lecourtier, ambassadeur de France au Maroc, M. Rioux s’est entretenu avec la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah Alaoui, le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita et avec le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, poursuit la même source.

Ces rencontres ont permis de « réaffirmer le soutien de l’AFD à la régionalisation avancée du Royaume ». Un échange a également eu lieu avec le gouverneur du Fonds d’équipement communal (FEC), Omar Lahlou, ainsi qu’avec la direction du groupe OCP.

Par ailleurs, une réunion a été organisée avec les autres partenaires techniques et financiers présents à Rabat. Pour compléter ce travail, un échange aura lieu à Paris, le 21 mai avec Mbarka Bouaida, la présidente du Conseil régional de Guelmim-Oued Noun et présidente de l’Association des Régions du Maroc (ARM).

À Laâyoune, M. Rioux et sa délégation ont été accueillis par Abdeslam Bekrate, wali de la région Laâyoune-Sakia El Hamra, Sidi Hamdi Ould Errachid, président du Conseil régional, et Moulay Hamdi Ould Errachid, président du Conseil communal.

Un échange a également été organisé avec Mohammed Jifer, directeur du Centre régional d’investissement (CRI) de la région Laâyoune-Sakia El Hamra. Cette étape à Laâyoune a permis « d’engager un dialogue approfondi avec les élus, les autorités locales, et de rencontrer la population locale pour mieux comprendre leurs attentes et les défis spécifiques que pose le développement durable dans la région », souligne l’AFD.

La délégation a visité le port de pêche de Laâyoune ainsi que celui de Boujdour, gérés par l’Agence nationale des ports (ANP), qui constituent « des atouts essentiels pour la croissance économique régionale et la création d’emplois ». Les échanges avec les représentants régionaux de l’ANP ont mis en lumière « l’importance du développement de l’économie bleue et du verdissement des ports pour renforcer la résilience économique et écologique des infrastructures portuaires face aux effets du changement climatique notamment au bénéfice des populations de ces régions ».

A la Cité des métiers et des compétences (CMC) de Laâyoune, M. Rioux a échangé avec de jeunes actuellement en formation.

La mission s’est poursuivie à l’African Sustainable Agriculture Research Institute (ASARI) de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), spécialisée dans l’agriculture durable, la lutte contre la désertification et la valorisation de la filière cameline.

À Dakhla-Oued Eddahab, M. Rioux a rencontré Ali Khalil, wali de la région, El Khattat Yanja, président du Conseil régional, Erragheb Hormatollah, président du Conseil communal de Dakhla, ainsi que Mounir El Houari, Directeur général du Centre régional d’investissement, en charge de l’attractivité pour le secteur privé. Une rencontre s’est également tenue avec Khalid Safir, directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion.

Rémy Rioux s’est également entretenu avec Mimouna Essayed, présidente de la Commission régionale des droits de l’Homme et cinq membres de sa commission afin « d’évoquer les enjeux sociaux, humains et citoyens qui accompagnent le développement régional, notamment sur les migrations, la culture et la situation des plus vulnérables ».

La délégation a visité le chantier du grand port Dakhla Atlantique et le port de pêche ANP de Dakhla.

Tout au long de cette mission, les échanges avec les élus, les autorités, les acteurs économiques, les chercheurs, la Commission régionale des Droits de l’Homme (CRDH) et les citoyens « ont permis d’identifier des priorités claires qui orienteront les futurs engagements de l’AFD ».

Ces priorités, poursuit l’AFD dans son communiqué, incluent le développement de l’économie bleue, le verdissement des ports, la réhabilitation et la modernisation des réseaux d’eau et d’assainissement dans un contexte d’écosystème naturel fragile, en appui direct aux régions et aux sociétés régionales multiservices (SRM), ainsi que le développement économique et social en particulier pour les jeunes et les femmes.

Ces axes seront au cœur des nouveaux programmes et financements que l’AFD développera avec ses partenaires locaux dans une approche partenariale de long terme, de l’ordre de 150 millions d’euros pour 2025-2026.

Sahara marocain : l’AFD prévoit des investissements de 150 millions d’euros dans les provinces du Sud

« Le groupe AFD va désormais investir dans les régions du Sud et y apporter des investissements et des financements », a précisé M. Rioux dans une déclaration à la presse à l’issue de ses rencontres avec le wali de la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, gouverneur de la province de Laâyoune, Abdeslam Bekrate, le président du Conseil régional, Sidi Hamdi Ould Errachid, et le président du Conseil communal, Moulay Hamdi Ould Errachid.

Le DG de l’AFD, qui conduit une importante délégation dans le cadre de sa visite de travail au Maroc, a mis en avant les investissements de taille réalisés dans les provinces du Sud, faisant observer que l’AFD peut « apporter des expertises et des financements complémentaires ».

M. Rioux s’est dit, par ailleurs, « très impressionné » par les investissements et la qualité des infrastructures dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, lesquels permettent de créer de l’emploi et de répondre aux attentes de la jeunesse des régions du Sud du Royaume.

Dans ce cadre, il s’est félicité de l’implantation d’entreprises privées et de la mise en place de zones industrielles à Laâyoune-Sakia El Hamra, relevant que l’investissement de l’AFD dans les provinces du Sud est un signe à même d’encourager les acteurs économiques, « en apportant des solutions de financement ».

L’AFD, a poursuivi M. Rioux, renforcera davantage son action avec le groupe OCP dans le domaine de la recherche appliquée, notamment en agriculture, rappelant la signature à Rabat d’un important financement portant sur la décarbonation de la chaîne de valeur du Groupe.

À cette occasion, les membres de la délégation de l’AFD ont suivi des présentations sur le programme de développement régional et le programme de développement de la commune. Ils ont aussi pris connaissance des différents projets de développement inscrits dans le cadre du nouveau Modèle de développement des provinces du sud, lancé par le Roi Mohammed VI en 2015.

Les rencontres tenues à Laâyoune ont permis également à la délégation française de s’informer de la dynamique de développement tous azimuts que connait la région, ainsi que des programmes et projets réalisés dans l’objectif d’ériger cette région en hub stratégique.

Au cours de ce déplacement, les membres de la délégation française ont effectué des visites de terrain à plusieurs projets socio-éducatifs et économiques, où ils ont constaté de visu les efforts soutenus déployés en faveur d’un développement intégré de la région de Laâyoune-Sakia El Hamra.

Ainsi, ils ont visité le port de Laâyoune où ils ont suivi des explications sur le trafic commercial et les débarquements des produits de la pêche au niveau de cette infrastructure, ainsi que sur le projet d’extension de cette plateforme portuaire.

A l’Institut africain de recherche en agriculture durable (ASARI), relevant de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), la délégation française a suivi une présentation sur les missions de cet établissement.

Cette visite du directeur général de l’AFD s’inscrit dans le cadre du partenariat d’exception renforcé, scellé entre le Roi Mohammed VI et le président de la République française Emmanuel Macron, et traduit de manière tangible la volonté partagée de renforcer la coopération bilatérale déjà riche entre les deux pays et de soutenir les dynamiques de développement inclusif et durable dans toutes les régions du Royaume.

(Avec MAP)

Le DG de l’AFD en mission de terrain au Sahara marocain

Cette annonce a été faite par Rémy Rioux lors d’un point de presse, à l’issue de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, ce vendredi à Rabat.

Le directeur général de l’AFD a inscrit sa visite dans le cadre de la mise en œuvre de la déclaration conjointe signée en octobre 2024 entre le Roi Mohammed VI et le Président de la République française, Emmanuel Macron, à l’occasion de la visite d’État de ce dernier au Royaume.

“Vous vous souvenez qu’à cette occasion, le Président Emmanuel Macron a exprimé la nouvelle position de la France sur les provinces du Sud”, a-t-il rappelé, précisant que sa mission actuelle s’inscrit dans “l’opérationnalisation rapide” de cette orientation stratégique.

Rappelant l’extension du mandat de l’AFD aux provinces du Sud, M. Rioux a indiqué que “je me rends demain à Laâyoune et dimanche et lundi à Dakhla”, marquant ainsi une étape importante dans la concrétisation des engagements pris.

Se félicitant du fait que “les provinces du Sud forment un trait d’union stratégique avec l’Afrique subsaharienne, le long de la façade atlantique”, M. Rioux a souligné que cela constitue “un cadre d’action très important” pour le groupe AFD.

M. Rioux a souligné la solidité et la portée stratégique du partenariat liant le Maroc et la France, affirmant que le Royaume demeure le premier partenaire du groupe AFD. “Le Maroc, c’est plus de 3 milliards d’euros de projets en cours, plus de 30 milliards de DH, 70 projets en cours”, a-t-il relevé, ajoutant que pas moins de 80 collaborateurs du groupe sont mobilisés sur le terrain au Maroc, ce qui est « évidemment très important ».

(Avec MAP)

AFD-Crédit Agricole du Maroc : 2,1 millions d’euros pour soutenir la transition écologique des agriculteurs

Suite à la signature en avril 2024 au SIAM de deux conventions de crédit (70 M€) entre l’Agence française de développement et le Crédit Agricole du Maroc (CAM) en faveur de l’agriculture durable et résiliente, les deux institutions renforcent leur partenariat à travers le financement d’un programme d’assistance technique pour un montant total de 2,1 millions d’euros destiné à accompagner les agriculteurs éligibles au financement du CAM, indique un communiqué conjoint.

Le nouveau programme a été lancé le 29 novembre 2024 en présence de Mohamed Fikrat, président du directoire du Crédit Agricole du Maroc, de Christophe Lecourtier, ambassadeur de France au Maroc et de Quiterie Pincent, directrice de la représentation de l’Agence française de développement à Rabat.

Centré sur l’utilisation rationnelle de l’eau d’irrigation ainsi que sur l’amélioration de la gestion des risques climatiques, sociaux et environnementaux par le CAM, ce programme d’assistance technique permet également de promouvoir et d’inciter financièrement des projets innovants, s’inscrivant dans le programme Istidama porté par le CAM (économies d’énergie et production d’énergies renouvelables, développement de l’agriculture biologique et valorisation des déchets), poursuit le communiqué.

« Dans un contexte de changements climatiques, ce partenariat renforcé permettra au groupe CAM de poursuivre son engagement au service de la résilience de l’agriculture marocaine en accompagnant les opérateurs économiques dans leur transition écologique », a déclaré Mohammed Fikrat, président du directoire du CAM, cité dans le communiqué.

Quiterie Pincent, directrice de la représentation de l’AFD au Maroc, a souligné : « Avec ce nouveau programme d’appui, qui mobilise pour une  partie des ressources provenant du Fonds Vert pour le Climat, nous approfondissons un partenariat qui va de l’avant depuis plus de 10 ans, au service de l’adaptation de l’agriculture marocaine au changement climatique ».

Le groupe AFD va investir au Sahara marocain (Rémy Rioux, DG)

«Le groupe AFD va désormais investir au Sahara, trait d’union entre le Maroc et ses pays voisins. Je me rendrai prochainement à Laâyoune et à Dakhla à la rencontre des populations locales», a affirmé M. Rioux dans une interview à la MAP, soulignant que cette décision est confortée par l’approche « tout Afrique » que l’AFD estime avoir en commun avec le Maroc.
«Nous avons en commun une approche tout Afrique, pour promouvoir la coopération régionale», a souligné le DG de l’AFD qui considère le rayonnement du Maroc à l’échelle continentale comme une « force motrice » pour soutenir les transitions à l’œuvre dans le Continent.

Le groupe AFD va désormais investir au Sahara, trait d’union entre le Maroc et ses pays voisins. Je me rendrai prochainement à Laâyoune et à Dakhla

Il a ainsi cité l’axe Atlantique pour renforcer la coopération portuaire, l’engagement de Rabat pour une Afrique pionnière en matière d’économie bleue durable, la sécurité alimentaire, avec le lancement de la plateforme Agrifinance, portée par le groupe OCP et soutenue par l’AFD, en vue de financer la transformation locale des chaînes de valeur agricoles dans le continent, ou encore la coopération muséale autour du partenariat avec la Fondation Nationale des Musées, pour favoriser l’ouverture de la Fondation sur le continent et les échanges d’expertises au bénéfice de plusieurs pays africains.

M. Rioux a également évoqué d’autres modèles de coopération, notamment dans le domaine du sport ou encore de la formation professionnelle, où le Maroc a joué un rôle pionnier et fait essaimer des initiatives innovantes dans nombre de pays d’Afrique.

Dans la perspective d’accompagner le partenariat d’exception renforcé entre le Maroc et la France, le DG de l’AFD a souligné que la récente visite d’Etat au Royaume du Président français Emmanuel Macron a permis de réaffirmer «notre engagement pour écrire ensemble, et pour les 30 prochaines années, le livre nouveau des relations entre nos deux pays, en investissant sur la trajectoire de développement durable de l’ensemble du territoire du Royaume, en échangeant nos expériences de développement, et en joignant nos forces sur tout le continent africain».

Pour l’AFD, a-t-il précisé, cette ambition s’est traduite par la signature de six déclarations d’intention avec le gouvernement marocain, représentant un montant de plus de 900 millions d’euros sur les cinq prochaines années, dans une logique de co-investissement.

«Dans la continuité des approches promues par les autorités marocaines, notre Groupe va notamment soutenir directement les régions de Casablanca-Settat et de Guelmim-Oued Noun, pour contribuer au développement inclusif et durable de ces territoires », a-t-il notamment indiqué.

Et d’ajouter que l’AFD renforcera davantage son action en travaillant de concert avec l’OCP, avec lequel «nous venons de signer un accord de partenariat dont nous sommes très fiers» pour soutenir la décarbonation et la résilience de l’économie marocaine et, plus largement, du continent africain.

Dans la continuité des approches promues par les autorités marocaines, notre Groupe va notamment soutenir directement les régions de Casablanca-Settat et de Guelmim-Oued-Noun

Mettant en avant les secteurs privilégiés dans le cadre du partenariat maroco-français, le DG de l’AFD a cité en premier lieu la préservation des ressources naturelles qui constitue « l’un des défis majeurs des prochaines années, pour de nombreux pays, dont le Maroc ». Il a assuré, à cet égard, que la lutte contre le stress hydrique sera au centre des interventions du Groupe, à travers le soutien à la stratégie nationale de l’eau.

«Nous travaillerons également pour étendre notre appui à la gestion durable des forêts dans de nouveaux territoires, comme le massif du Toubkal, et continuerons à soutenir la promotion d’une agriculture durable et résiliente», a-t-il dit. Il a ajouté que l’inclusion socio-économique des jeunes et des femmes fait également partie des priorités d’action de l’AFD avec le Maroc, à travers l’accompagnement des grandes réformes sociales dans le Royaume.

La troisième priorité est de soutenir la relance économique par l’investissement privé et les initiatives entrepreneuriales. Pour y contribuer, a-t-il précisé, l’ensemble des composantes du groupe – AFD, Proparco et Expertise France – aux côtés de STOA et de Bpifrance, s’associent au Fonds Mohammed VI pour l’Investissement pour la création de « l’Accélérateur d’Investissements Maroc-France ».

«Enfin, la transition énergétique demeure évidemment l’une des priorités phares de notre partenariat, en poursuivant notre soutien pour la recherche et le développement de technologies d’avenir, comme l’hydrogène vert et les mobilités durables », a-t-il conclu.

Le Maroc est le premier pays partenaire du groupe AFD dans le monde. Depuis trente ans, le groupe a investi plus de 7 milliards d’euros pour accompagner les réformes et les investissements innovants définis et portés par les acteurs publics et privés marocains.

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Transition énergétique : OCP signe des partenariats avec Bpifrance, l’AFD et Engie

Le groupe OCP a annoncé la signature d’un protocole d’accord avec Bpifrance et l’Agence française de développement. L’objectif est de renforcer ce partenariat ambitieux pour accompagner la décarbonation du tissu industriel marocain et le développement d’une agriculture durable, inclusive et respectueuse de l’environnement et de la biodiversité, au service de la sécurité alimentaire du continent africain, précise un communiqué conjoint.

En présence du Roi Mohammed VI et du président de la République française, Emmanuel Macron, la signature du protocole d’accord par Mostafa Terrab, PDG du groupe OCP, et Isabelle Bébéar, directrice des Affaires internationales et européennes chez Bpifrance, s’est déroulée le 28 octobre à Rabat, dans le cadre de la visite d’État du président français au Maroc.

Ce partenariat vise à « soutenir, via l’utilisation d’outils de financement, d’investissement et de garanties, des projets stratégiques développés par le groupe OCP en collaboration avec des entreprises françaises ».

Ce protocole d’accord porte également sur la création d’un fonds d’investissement de 53,2 millions de DH par Bpifrance et InnovX, filiale de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), elle-même détenue par la Fondation OCP, visant à investir dans des fonds soutenant des start-up, PME et ETI innovantes en Afrique dans les secteurs agricoles et agroalimentaires ainsi que dans les énergies vertes.

En lien avec ce fonds, Bpifrance et InnovX pourront également étudier la possibilité d’accompagner en co-investissement des start-up et PME innovantes de leurs écosystèmes respectifs pouvant contribuer à la stratégie du plan d’investissement vert du groupe OCP par le biais de collaborations technologiques avec les différentes entités de l’écosystème du même groupe (InnovX, UM6P, etc.) sur des verticales ciblées au Maroc (hydrogène vert, carbon farming, stress hydrique, etc.).

Capitalisant sur le succès d’un premier programme conjoint dédié au plan hydrogène vert porté par InnovX, filiale de l’UM6P engagée dans le développement d’entreprises et d’écosystèmes innovants et durables, Bpifrance renforcera sa collaboration avec l’ensemble du groupe OCP afin d’aboutir à un partenariat global au bénéfice de la stratégie d’investissement vert du groupe.

Cette coopération se fera notamment via le déploiement du programme « Connect », porté par la Direction export de Bpifrance : un dispositif visant à renforcer les partenariats entre le groupe OCP et des entreprises françaises, notamment dans la mise en œuvre de sa stratégie de décarbonation industrielle. Ce soutien inclura un accompagnement en financement et en garantie des projets portés par le groupe OCP au Maroc et ailleurs en Afrique, incluant des entreprises françaises.

L’AFD soutiendra également cette initiative à travers un soutien en financement, en ligne avec les ambitions de durabilité et de préservation des ressources naturelles partagées de part et d’autre par le groupe OCP et l’AFD.

Isabelle Bébéar, directrice des Affaires internationales et européennes chez Bpifrance, a déclaré : « La signature de ce protocole d’accord est une pierre de plus qui vient fortifier le partenariat bilatéral franco-marocain sur deux filières stratégiques communes : la sécurité alimentaire et la décarbonation du tissu industriel au Maroc et plus largement en Afrique. En capitalisant sur nos domaines d’expertise respectifs avec le groupe OCP, acteur majeur dans la région, nous serons en mesure de développer des programmes concrets en faveur de ces enjeux stratégiques et au profit de nos entreprises ».

Mostafa Terrab, président-directeur général du groupe OCP, a pour sa part ajouté : « Ce partenariat marque une nouvelle étape dans notre engagement commun pour renforcer la souveraineté alimentaire et accélérer la transition énergétique de l’Afrique. Ensemble, nous mettons en place des solutions novatrices qui bénéficieront à la fois aux producteurs agricoles et aux industriels, tout en respectant les objectifs de durabilité. En alliant l’expertise et les ressources du groupe OCP, de Bpifrance et de l’AFD, nous ouvrons de nouvelles perspectives pour une croissance inclusive, durable et résiliente en Afrique ».

Partenariat stratégique entre le groupe OCP et Engie

Le groupe OCP a également signé un partenariat stratégique avec Engie qui vise à accélérer la transition énergétique du groupe marocain et à contribuer activement à celle du Royaume du Maroc. Ce partenariat englobe plusieurs projets ambitieux d’énergie renouvelable, de stockage d’énergie, d’hydrogène et d’ammoniac verts, d’infrastructures électriques et de dessalement durable, ainsi que le déploiement d’un agenda de Recherche & Innovation (R & I) autour de ces thématiques, indique un communiqué conjoint.

L’accord a été signé par Mostafa Terrab, président-directeur général du groupe OCP, et Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, dans le cadre de la visite d’État du président français au Maroc.

Le JDA (Joint Development Agreement) vise en premier lieu à codévelopper et gérer quatre projets industriels d’envergure :

L’accord inclut également le déploiement d’un agenda de recherche et d’innovation pour renforcer la compétitivité de cette collaboration et créer des opportunités innovantes.

Ce partenariat entre Engie et OCP contribue à « relever les défis énergétiques et environnementaux du groupe OCP et s’inscrit en cohérence avec sa stratégie de décarbonation ainsi qu’avec l’ambition du Royaume du Maroc en matière de transition énergétique », poursuit la même source.

Les deux groupes unissent ainsi leurs forces pour créer une plateforme industrielle unique dédiée à la transition énergétique. Cette plateforme permettra de « renforcer l’écosystème industriel local en générant des opportunités économiques et technologiques nationales, en plus de constituer un vivier potentiel d’emplois ».

« Ce partenariat avec Engie contribue à notre engagement envers une croissance durable, axée sur l’innovation énergétique et la décarbonation. Grâce à cette alliance stratégique, nous continuerons à renforcer la compétitivité internationale du groupe OCP dans le domaine des énergies renouvelables, tout en contribuant à un avenir durable pour les générations futures », a indiqué Mostafa Terrab.

« Ce partenariat avec le groupe OCP concrétise une vision commune de la transition énergétique avec une approche intégrée et diversifiée des solutions technologiques. Ensemble, nous contribuerons au développement de solutions énergétiques bas carbone, tout en consolidant l’écosystème industriel marocain. Cette collaboration positionnera nos deux groupes comme acteurs majeurs de la décarbonation du Royaume et renforcera la présence d’Engie au Maroc », a souligné Catherine MacGregor.

Le JDA envisage également la création potentielle d’une joint-venture entre le groupe OCP et Engie, conclut-on.

Le financement du sport au centre des discussions entre la CDG et l’AFD

Cette réunion a été l’occasion de faire le point sur la relation CDG-AFD et les projets communs, mais aussi de prospecter de nouvelles voies de collaboration, principalement dans les domaines du développement durable, de la transition climatique, ainsi que du financement de l’économie sociale et solidaire, a indiqué Khalid Safir dans une déclaration à la presse à l’issue de cette rencontre.

Les discussions ont porté également sur l’accompagnement du Maroc dans ses grands chantiers d’infrastructures, notamment sportives, a-t-il poursuivi, notant que la relation CDG-AFD est « multiforme ». Cette coopération, a-t-il expliqué, s’étend tant sur des projets au Maroc que sur des projets multilatéraux, « puisque nous sommes tous deux membres d’instances internationales ».

De son côté, Rémy Rioux a souligné que la coopération entre les deux institutions française et marocaine, est de « longue date », notant que celle-ci repose principalement sur « la confiance ».

« La réunion d’aujourd’hui a abordé la finance durable, le verdissement de l’économie, ainsi que le renforcement de l’économie sociale et solidaire, avec pour objectif d’accroître davantage l’impact social des interventions des banques publiques de développement », a déclaré le responsable français.

« Nous pouvons œuvrer dans ce sens à la fois bilatéralement entre la France et le Maroc et également dans un cadre multilatéral », a-t-il poursuivi.

Les discussions ont porté également sur le financement du sport, « un sujet de grande importance puisque le Maroc sera l’hôte de la Coupe du Monde 2030« , a-t-il indiqué, ajoutant que cet événement sera une occasion « exemplaire » pour mettre le sport au service des objectifs de développement durable.

M. Rioux a également exprimé son grand intérêt pour « la vision et le rôle que la CDG jouera dans ce grand succès que sera la Coupe du Monde 2030 ».

(Avec MAP)

L’AFD accorde près de 780 MDH au CAM pour la durabilité de l’agriculture marocaine

Le programme, qui s’élève à 70 millions d’euros (équivalent de 757 MDH) en prêt et 2,1 millions d’euros (plus de 22 MDH) en assistance technique, permettra principalement de financer des investissements dans les exploitations agricoles, notamment pour l’usage plus efficace de l’eau en agriculture, l’agroécologie et la diffusion d’espèces et de variétés résilientes au changement climatique.

« De plus, il permettra de poursuivre le programme Istidama, en soutien aux innovations en zone rurale, ayant pour objectif les économies d’énergie et la production d’énergies renouvelables, le développement de l’agriculture biologique et la valorisation des déchets », exprime un communiqué conjoint.

Une partie de l’assistance technique viendra soutenir directement les investissements innovants, en parallèle à des actions de formation et de sensibilisation déployées sur le terrain pour les agriculteurs bénéficiaires, mais également au sein du Crédit Agricole du Maroc (CAM).

Mohammed Fikrat, président du directoire du CAM, précise : « Grâce à ce partenariat, le groupe CAM renforcera son engagement au service de la résilience et de la durabilité de l’agriculture marocaine levier majeur du développement rural et de la sécurité alimentaire. »

Quiterie Pincent, directrice de la représentation de l’Agence française de développement (AFD) au Maroc, souligne : « Nous nous réjouissons de l’approfondissement de notre partenariat avec le CAM, sur ce nouveau projet qui mobilise, pour partie, des ressources financières du Fonds Vert pour le Climat. »

https://medias24.com/2023/11/29/resilience-agricole-lafd-accorde-pres-de-880-mdh-a-credit-agricole-du-maroc/

Un prêt de 1,4 MMDH de l’AFD en appui à la réforme de l’Éducation au Maroc

La première convention, d’un montant de 130 millions d’euros (1,42 milliard de DH), consiste en un crédit destiné à financer le programme d’appui à la feuille de route pour la réforme du système éducatif, visant, selon l’AFD, l’atteinte de trois objectifs :

– garantir la qualité des apprentissages afin de doubler le taux des élèves du primaire maîtrisant les fondamentaux ;
– rendre effective la scolarité obligatoire pour réduire la déperdition scolaire d’un tiers ;
– favoriser l’épanouissement et le civisme, et doubler le taux des élèves bénéficiant d’activités parascolaires.

La seconde convention, d’une valeur de 4,7 millions d’euros (environ 50 millions de DH), prend la forme d’une subvention visant à mobiliser des appuis techniques pour accompagner la mise en œuvre des réformes éducatives prévues, explique l’AFD dans un communiqué.

Ces accords de financement s’étaleront sur une durée de cinq ans et contribueront à l’atteinte des objectifs stratégiques fixés par la Feuille de route 2022-2026, notamment :

– amélioration du niveau de maîtrise des langues pour les enseignants du collège ;
– amélioration du niveau de maîtrise des langues pour les élèves du collège ;
– contribution à la réduction du taux d’abandon scolaire ;
– promotion d’un nouveau modèle de collège offrant de meilleures conditions d’encadrement et d’épanouissement des élèves (soutien scolaire, activités parascolaires) ;
– amélioration des services de cantine et de transport scolaire.

Résilience agricole : l’AFD accorde près de 880 MDH à Crédit Agricole du Maroc

Ce nouveau programme a pour objectif d’accompagner le CAM dans l’intégration des enjeux climatiques, environnementaux et sociaux dans ses activités. Il soutiendra en particulier le financement de trois types d’investissements :

– les investissements contribuant à la lutte contre le changement climatique, avec un fort accent sur les économies d’eau agricole dans l’irrigation contrôlée ;

– les investissements favorisant la sécurité alimentaire, en garantissant la disponibilité durable des denrées alimentaires de base ;

– les investissements bas carbone.

Ce nouveau programme, qui mobilise également des financements du Fonds Vert pour le climat délégués à l’AFD, contribue à la transition écologique au sein des territoires du Maroc. Une subvention de 2,1 millions d’euros accompagne ce financement, partagée entre assistance technique et appui aux investissements agricoles innovants.

La promotion de l’égalité de genre au sein du CAM est également un objectif transversal au projet.

« Ce nouveau programme, qui comprend une participation financière du Fonds Vert pour le Climat, contribue au verdissement du système financier et, par ce biais, à la transition écologique au sein des territoires. Face aux effets du changement climatique, le financement d’investissements innovants contribuant à la durabilité des filières agricoles est capital », explique Quiterie Pincent, directrice de la représentation de l’AFD au Maroc, dans un communiqué de l’AFD.

Un entretien avec Mihoub Mezouaghi : missions, projets et avenir de l’AFD au Maroc

Médias24 : Commençons par rappeler la mission de l’AFD…

Mihoub Mezouaghi : L’AFD est un établissement financier public qui intervient dans les pays dits en développement, comme le Maroc où il est présent depuis plus de trente ans.

Pour cela, il mobilise des financements essentiellement sous forme de prêts, mais aussi de dons délégués par l’État français ou par des institutions internationales (l’Union européenne en premier lieu). Cette ressource en dons est le plus souvent affectée à une assistance technique des partenaires.

En tant qu’établissement public, l’AFD est un outil au service de la politique publique de coopération et de solidarité internationale de la France. Il convient également de préciser que l’AFD est un groupe composé de deux filiales : Proparco dédiée au financement du secteur privé, et Expertise France pour le pilotage de programmes d’assistance technique et de mobilisation de l’expertise publique.

En réalité, l’AFD fait partie de la famille des banques publiques de développement, nationales et internationales, dont la vocation est de contribuer à l’effort d’investissement public en matière de développement durable, et de créer des conditions favorables à l’investissement privé. Ces banques sont particulièrement précieuses en période de crise du fait de leur rôle contra-cyclique.

Par ailleurs, l’AFD préside le Club IDFC (International Development Finance Club), qui regroupe 26 banques publiques de développement, dont la CDG qui y représente le Maroc.

– Les prêts accordés offrent donc des taux d’intérêt préférentiels…

– En fait, il s’agit de taux d’intérêt concessionnels. En première clarification, les financements de l’AFD ne proviennent pas a priori du budget de l’État français. En effet, les ressources financières sont levées sur le marché international, avec une signature France qui permet d’emprunter à des coûts relativement bas.

L’AFD transforme ensuite cette ressource en investissements à impact social, économique et environnemental. Selon la nature du projet, des dons de l’État français peuvent bonifier le prêt.

– C’est-à-dire ?

– Les taux d’intérêt pratiqués seront abaissés par ces subventions. Et ce, pour orienter les financements vers des priorités définies de manière conjointe avec nos partenaires marocains.

– Peut-on avoir une idée des taux d’intérêt pratiqués ?

– La réglementation oblige à la confidentialité. Je peux cependant vous confirmer que ces financements sont de longue maturité, en moyenne de quinze à vingt ans, et qu’ils sont concessionnels, donc à des taux relativement bas.

– L’AFD n’a donc aucune vocation lucrative…

– Du tout. Par son activité, elle est plutôt partenariale.

C’est à la fois un instrument de financement de long terme, de dialogue stratégique sur les trajectoires de développement durable, et de mobilisation d’expertises. Ces instruments sont, le plus souvent, articulés à ceux de nos partenaires nationaux et internationaux.

– Un exemple ?

– Prenons l’exemple des instituts à gestion déléguée cofinancés par l’AFD. Parmi eux figurent l’Institut de formation aux métiers de l’industrie automobile (IFMIA), l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA) et, plus récemment, l’Institut de formation aux métiers des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (IFMEREE).

Le financement a bien entendu été affecté aux travaux de construction et d’équipement. Mais il a surtout entraîné un partenariat financier (en cofinançant ces projets avec le Royaume du Maroc et l’Union européenne), pédagogique (en mobilisant diverses expertises de formation), industrielle (en associant le secteur privé à leur gouvernance) et, plus globalement, économique (en favorisant la création d’emplois et l’employabilité des jeunes diplômés).

– À l’instar de la francophonie, le but de l’AFD n’est-il pas d’exporter les valeurs de la France ?

– Là encore, le point de départ n’est pas celui-ci. Le financement de l’AFD répond d’abord à un projet, ou à une politique publique définie et portée par notre partenaire.

Cela dit, le dialogue partenarial qu’il induit repose nécessairement sur un dialogue dans lequel l’AFD apporte une expertise, qui est nécessairement le résultat de son histoire. La France, comme tous les pays, a sa propre expérience, et donc sa propre conception des problématiques et des options de solutions. Je vous confirme que, par construction, l’AFD apporte avec elle cette expérience dans le cadre de ses missions.

La réalité est en fait plus vertueuse. L’AFD apprend aussi de l’expérience de ses partenaires à travers 120 pays, contribuant ainsi à renforcer sa compréhension des situations et son offre de solutions financières et non financières.

L’intelligence est aujourd’hui sur tous les continents ; des innovations sociales s’y produisent pour apporter une solution à un problème, qui parfois peuvent bénéficier à d’autres. L’enjeu devient davantage de connecter et de faire converger ces intelligences à travers des relations partenariales.

Je crois que, dit ainsi, cela correspond davantage à l’utilité publique de l’AFD et à son rôle.

– L’aide financière de l’AFD n’est-elle pas un outil pour faire travailler des entreprises françaises au Maroc ?

– Les financements de l’AFD sont dits déliés. Cela signifie que les marchés financés font l’objet d’un appel d’offres ouvert. L’AFD ne participe pas à la commission d’attribution des marchés.

Nous faisons confiance aux maîtrises d’ouvrage, qui choisissent l’offre technique la plus adaptée aux besoins qu’ils ont eux-mêmes définis. En revanche, nous veillons sur le fait que la passation de marché a bien respecté la réglementation et les bonnes pratiques.

Si des financements AFD ont bénéficié à des entreprises françaises, cela signifie que nos partenaires ont estimé qu’il s’agissait de la meilleure option financière et technique.

– Dans ce cas, pourquoi les chantiers du TGV et du tramway ont-ils été attribués à des entreprises françaises ?

– Ces deux chantiers ne sont pas de même nature. Le premier a été porté par les chefs d’État et scelle un partenariat stratégique. Le second a résulté du process que je vous ai décrit.

Je suis persuadé qu’un pays comme le Maroc se dotera à moyen terme d’un instrument de même type pour connecter le Maroc à l’Afrique.

– Dans ce cas, que gagne l’AFD exactement ?

– L’AFD est un établissement public qui sert une politique publique de coopération. Elle gagne à réaliser au mieux ses missions et à contribuer à connecter la France au monde.

À ce propos, je suis persuadé qu’un pays comme le Maroc se dotera à moyen terme d’un instrument de même type pour connecter le Maroc à l’Afrique.

Notre action est portée par une relation bilatérale fondamentalement forte, qui a encouragé la diversification et la profondeur de notre portefeuille de financements.

– Le Maroc est classé premier en termes d’octroi de financements de l’AFD. Quelle en est l’explication ?

– À mon sens, il y a trois raisons. D’abord parce que le Maroc a engagé depuis deux décennies un effort d’investissement public constant et élevé, parmi les plus élevés en Afrique (près de 30% du PIB). Pour financer cet investissement, le Maroc a mobilisé ses partenaires financiers internationaux, dont l’AFD.

Ensuite, la qualité de nos partenaires permet globalement une exécution rapide des projets. Un établissement financier sera forcément d’autant plus appétent au risque que son partenaire est crédible.

Enfin, notre action est portée par une relation bilatérale fondamentalement forte, qui a encouragé la diversification et la profondeur de notre portefeuille de financements. Par ailleurs, la proximité géographique et les interdépendances humaines ont nécessairement un impact positif.

– Le Maroc est donc le meilleur client de l’AFD…

– Le Maroc est notre premier partenaire financier. Ce serait plus juste de le dire ainsi.

– Trente ans après son installation au Maroc, hormis le TGV et le tramway, quels sont les projets les plus emblématiques auxquels l’AFD a participé ?

– Je ne saurais ici vous faire une liste exhaustive tant le champ des projets est étendu. Mais si vous souhaitez que j’illustre un projet emblématique, j’en choisirais trois de manière très arbitraire.

Celui conduit par l’ONEE en matière d’infrastructure d’accès à l’eau potable dans les régions du Nord qui, contrairement aux idées reçues, souffrent d’un problème aigu de stress hydrique.

Celui des instituts à gestion déléguée, dans lesquels, avant la crise Covid, le taux d’insertion professionnelle atteignait en moyenne près de 85%.

Enfin, celui avec la Fondation nationale des musées, qui vise à faire émerger une expertise africaine dans les métiers de la préservation du patrimoine culturel.

Ces trois projets sont très différents dans leur finalité et dans les volumes financiers, mais ils illustrent le large spectre des projets, et la diversité qui irrigue notre partenariat.

– Quelle a été la ventilation par secteur d’activité des 7,6 milliards d’euros attribués depuis trente ans ?

– Le portefeuille de projets est très diversifié et couvre de nombreux secteurs (transport, énergie, éducation, santé, agriculture, etc.). Mais la cohérence est ailleurs.

Au cours de notre dernier cycle quinquennal entre 2017 et 2021, 85% de nos financements ont eu un impact à co-bénéfice climat (en matière d’atténuation ou d’adaptation au changement climatique). Cela confirme l’agenda prononcé de l’AFD en faveur du climat.

– Est-ce que le Maroc est un bon emprunteur ?

– Notre cotation du risque Maroc est parmi les meilleures. Cela signifie notre confiance à l’égard de notre emprunteur.

– La crise sanitaire vous a poussé à recentrer vos activités sur des projets comme la protection sociale…

– La protection sociale universelle est l’une des réformes clés du Royaume, dont l’AFD a participé au financement, en particulier à la réforme de l’AMO à travers un prêt à l’État de 150 millions d’euros, et une subvention d’assistance technique de 4 millions d’euros.

Plus globalement, les projets de l’AFD seront recentrés sur l’impact climat, le développement humain et le financement des territoires. Et cela dans un alignement des orientations du Nouveau Modèle de développement.

– Quid du financement du projet de connexion de LGV Casablanca-Marrakech, puis Marrakech-Agadir ?

– Le projet est en phase d’étude. Lorsque le temps du montage financier sera venu, la partie marocaine engagera un dialogue avec ses partenaires financiers. Et bien entendu, le moment venu, nous serons à la disposition de nos partenaires.

– Quels sont les projets prioritaires pour l’avenir ?

– Pour les cinq prochaines années, nos financements seront orientés selon quatre axes stratégiques :

* la relance par l’investissement privé et les initiatives entrepreneuriales ,

* l’inclusion économique des jeunes et des femmes par le développement humain ,

* la décarbonation de l’économie ,

* la résilience écologique des territoires.

– Dans dix ans, comment voyez-vous l’AFD au Maroc ?

– Difficile de se projeter à cet horizon. Possiblement, elle sera davantage une banque publique de développement qui cofinancera, avec des partenaires financiers marocains, des projets dans les territoires, et sans doute aussi sur le continent africain.

AFD: près de 150 millions d’euros au profit du Maroc

« Au Maroc, l’AFD a procédé à un décaissement par anticipation sur des opérations en cours sans altérer leurs objectifs initiaux. Au cours des trois prochains mois, près de 100 millions d’euros seront versés au budget de l’Etat afin de contribuer au financement du programme de stabilisation économique et sociale et près de 50 millions d’euros aux entreprises publiques marocaines », annonce un communiqué. 

Dans le même temps, le gouvernement marocain et l’Agence de développement française ont signé le 1er avril un nouvel accord de prêt de 100 millions d’euros en appui à l’amélioration de la performance des communes. Ce programme vise à renforcer les capacités humaines et financières des collectivités locales qui sont également amenées à porter une partie des réponses de soutien face à la crise. 

Maintenir l’accès des TPME au financement et soutenir le secteur privé

L’AFD a mobilisé deux lignes de crédit en faveur de Finea et du groupe Crédit agricole du Maroc, permettant l’accès des TPME à des financements adaptés. Le versement des ressources financières dans les semaines suivant la déclaration de l’état d’urgence sanitaire s’élève à 130 millions d’euros.

Proparco, la filiale du groupe AFD dédiée au secteur privé, a récemment procédé à une augmentation de capital pour le groupe Oncologie et diagnostic du Maroc (ODM). Proparco a par ailleurs acquis au cours du mois d’avril, aux côtés du fonds SPE AIF I, Saham Pharma, premier fabricant d’antibiotiques et l’un des principaux fournisseurs d’hôpitaux au Maroc. Une nouvelle opération dans le secteur de la santé devrait se matérialiser d’ici la fin de l’année 2020.

Un soutien des nouvelles politiques de long terme

Le groupe AFD devrait mobiliser au cours du second semestre 2020 entre 400 et 550 millions d’euros pour soutenir les nouvelles politiques structurelles et les réformes institutionnelles qui constitueront les leviers d’une sortie de crise.

Un programme de soutien des réformes du secteur de la santé et du système de protection sociale est d’ores et déjà en préparation avec le ministère de la Santé. En améliorant l’offre de soins et en appuyant l’extension de la couverture maladie, ce programme contribuera à renforcer la performance du système de santé et sa capacité à mieux résister et répondre aux menaces posées par l’épidémie.

L’AFD a également engagé des discussions avec le ministère de l’Agriculture pour un programme de soutien à la stratégie Generation Green. Compte tenu des premiers enseignements de la crise sanitaire, ce programme visera notamment à accélérer la mise aux normes sanitaires des circuits de transformation et de commercialisation alimentaire.

L’AFD poursuivra par ailleurs son appui financier à la réforme de la régionalisation avancée et aux programmes de villes durables qui contribueront à la relance économique des territoires, ainsi qu’à leur résilience sociale et écologique.

Ces financements de politiques publiques de long terme seront accompagnés par la mobilisation d’expertise, notamment mise en œuvre par sa future filiale, Expertise France, qui renforcera la position du groupe en tant que partenaire technique du Maroc

« L’enjeu est d’abord de mobiliser à court terme des financements en faveur du programme de stabilisation économique et sociale », explique Mihoub Mezouaghi, directeur de l’AFD au Maroc.