Affaire Babour – BOA : “les crédits ont été accordés dans le respect des règles et de la loi” (El Halaissi)
C’est une nouvelle audience qui apporte son lot de surprises, notamment pour les avocats qui s’attendaient à poursuivre l’audition du témoin Brahim Benjelloun Touimi. Mais qui se rendent compte qu’il ne témoignera plus, puisque la Cour décide de passer au témoin suivant, Mohamed Bennouna, conseiller de la direction générale chez Bank of Africa.
À plus de 80 ans et visiblement fatigué, l’homme viendra témoigner pendant deux heures et trente minutes. Mais avant, M’fadel El Halaissi a l’occasion de réagir au témoignage de Brahim Benjelloun Touimi, auquel il apporte sept “corrections”. En voici le détail.
Brahim Benjelloun Touimi ne revient pas
10h11. Au démarrage de l’audience, l’on remarque l’absence du procureur général du Roi habituellement présent lors des audiences. C’est un autre représentant du parquet qui le remplace. Cela n’empêchera pas l’audience de ce 7 juin d’avoir lieu. Les accusés sont invités à quitter leur box pour s’installer dans la salle 8 de la Cour d’appel de Casablanca.
Le président Torchi appelle le témoin Mohamed Bennouna, à la surprise des avocats de la défense qui s’attendaient à poursuivre l’audition de Brahim Benjelloun Touimi. L’un d’entre eux, Me Naciri, n’a pu poser aucune question au témoin puisqu’il avait été évacué de la salle suite à un malaise.
Mais le président Torchi estime qu’entre les avocats de la défense existe une “unité”. Son confrère, Me Lahlou, qui représente le même accusé, “devait poser les questions”. Mais les robes noires ne lâchent pas l’affaire.
Le bâtonnier du barreau de Marrakech, Me Moulay Slimane El Amrani, rappelle à la Cour qu’elle a accepté, lors de la précédente audience, de donner la parole à son client, M’fadel El Halaissi. Il avait demandé à réagir au témoignage de Brahim Benjelloun Touimi.
“De plus, nous lui avons demandé de fournir des preuves qu’il devait présenter aujourd’hui. De notre côté, nous avons apporté plusieurs documents et avons davantage de questions à lui poser. Tous les témoins sont revenus pour témoigner sauf lui. Est-ce qu’il bénéficie d’un privilège particulier ?”, interroge l’avocat.
Me Naciri en remet une couche. Il informe la Cour que la défense a “découvert de nouveaux éléments à travers des documents”. L’avocat souhaite les présenter à la Cour et au témoin pour obtenir ses éclairages.
De son côté, le représentant du parquet estime que puisque le témoin Mohamed Bennouna est présent, il peut être auditionné. “On peut poursuivre”, requiert-il.
Dans le même sens, l’avocat de la partie civile, Me Azeddine Kettani, propose “d’écouter les réactions de M’fadel El Halaissi et, si besoin, la Cour pourra de nouveau convoquer Brahim Benjelloun Touimi”. Cela dit, l’avocat rappelle que “la Cour a décidé de s’en tenir au témoignage qu’il a présenté”. Pour lui, il faudrait “poursuivre avec le prochain témoin”.
Le président consulte ses conseillers avant d’appeler, à deux reprises, Brahim Benjelloun Touimi. Il constate son absence et annonce que “la Cour décide d’appeler M’fadel El Halaissi pour réagir aux déclarations de Brahim Benjelloun Touimi. Mohamed Bennouna sera entendu par la suite”. Ce dernier quitte la salle.
“Les crédits ont été accordés dans le respect des règles et de la loi”
Comme lors de son audition, M’fadel El Halaissi commence une plaidoirie. Calme et structuré, l’accusé y va point par point. Il indique vouloir “corriger” le témoignage qui “contient des zones d’ombre”.
En premier lieu, il affirme “ne pas être apte à présider le comité des crédits”. Selon lui, “l’absence de l’administrateur – directeur général exécutif ne signifie pas que ses prérogatives sont transmises au directeur général commercial chargé des entreprises. Et ce, par principe d’égalité au sein dudit comité”.
“Le directeur général chargé des entreprises ne peut pas présider le comité et, à la fois, défendre le client. Bank Al-Maghrib peut confirmer que ce n’est pas possible”, poursuit l’accusé.
Et d’ajouter : “La deuxième correction est que les signatures apposées par les six personnes ne constituent pas une décision. Ce n’est que lorsque le directeur général exécutif signe que ça en devient une.” Ici, l’accusé fait référence aux six responsables qui signent la demande de prêt d’un client. Il explique que la décision par laquelle le prêt est octroyé n’en devient une que lorsque Brahim Benjelloun Touimi, président du comité de crédits, signe à son tour.
Pour étayer ses dires, l’accusé indique qu’une case “décision” est dédiée, dans la demande de prêt, au directeur général exécutif. “Si le montant dépasse les 50 millions de DH, la décision revient au président directeur général, après consultation de Mohamed Bennouna.”
“Troisième correction : le directeur général commercial n’est pas en mesure d’accorder des dépassements à hauteur de 20 millions de DH, ni allant jusqu’à 100% du montant du prêt. Je ne savais pas que j’avais ces prérogatives parce que ce n’est pas possible. Comment un directeur général commercial peut-il doubler le montant du prêt et en un seul coup ? Ce n’est pas logique !”, déclare M’fadel El Halaissi.
“Durant les 38 années passées dans les services commerciaux, je n’ai jamais doublé les lignes accordées aux entreprises ni accordé de prêt à 20 MDH”, assure-t-il. Il reviendra, plus tard, sur les conditions d’octroi de dépassements.
En attendant, il enchaîne avec la “quatrième correction”, selon laquelle “le dossier de l’entreprise de Babour Sghir est passé des dizaines de fois devant le comité des crédits entre 2013 et 2016”. Selon lui, le dossier était présenté à ce comité “chaque trois mois”, contrairement à ce qu’a déclaré Brahim Benjelloun Touimi qui a dit n’avoir vu passer ce dossier devant lui que “deux ou trois fois”.
À la “cinquième correction”, M’fadel El Halaissi s’arrête sur la question qui a été posée au témoin pour savoir si “la société de Babour Sghir a bénéficié de prêts après que la banque a découvert que les bons de caisse étaient falsifiés”. Pour l’accusé, “la base dans les relations bancaires est de ‘déclasser’ le dossier du service commercial au service contentieux, précisément à la direction des affaires juridiques et des garanties qui prend le relais du dossier et qui bloque l’octroi du moindre dirham au client”.
Selon M’fadel El Halaissi, les deux sociétés de Babour Sghir ‘Sami Oil’ et ‘For Sale Trading’ “n’ont bénéficié d’aucune facilité depuis 2017 à ce jour”.
La sixième et avant-dernière correction porte, quant à elle, sur “les deux dossiers validés par la banque sans l’accord du comité des prêts”. Il assure que ces dossiers datent “d’après juillet 2017”, soit suite à la découverte des bons de caisse falsifiés.
“Sans violer le secret professionnel, je peux vous dire que l’un des dossiers portait sur un montant de 400 millions de DH et l’autre sur un montant de 260 millions de DH. Ils n’ont aucun rapport avec le dossier de Babour Sghir”.
L’accusé ouvre une parenthèse au sujet des dépassements. Il indique qu’ils doivent répondre à des conditions. La première est un plafond puisqu’il “ne peut pas aller au-delà de 10% de la ligne de crédit, sans dépasser les deux millions de DH”. La seconde est de “ne pas les cumuler”, sachant que “chaque dépassement a un délai qui est généralement de quelques jours ou de quelques semaines”.
M’fadel El Halaissi précise que “chaque fin de mois, la direction des risques doit présenter à Bank Al-Maghrib des données sur les crédits accordés durant le mois. S’il y a des dépassements, Bank Al-Maghrib peut demander plus d’informations et peut surveiller le dossier en question”.
“Enfin, je veux rappeler que dans ce dossier, les crédits ont été accordés dans le respect des règles et de la loi. Il n’est pas possible qu’un dépassement dure sans l’accord de la direction des risques. Et ce, même si c’est dans le cadre de mes prérogatives (…). Dans ce dossier, le cœur du problème était les fausses garanties et l’inspection”, conclut-il.
Vérification des bons de caisse en cas d’opposition
10h47. Place au témoignage de Mohamed Bennouna qui commence par prêter serment.
Il informe la Cour être retraité et conseiller et déclare ne pas occuper de poste de prise de décision.
Le président Torchi lui demande si la banque perçoit de l’argent de l’État et si l’inspection de la banque se fait par des organismes étatiques. Ce à quoi le témoin répond par la négative.
L’homme, qui déclare avoir passé une soixantaine d’années au sein de la banque, explique n’avoir consulté le dossier de Babour Sghir qu’une seule fois. Il déclare être membre du comité de crédit et son rôle, consultatif, se limite à émettre des avis qui peuvent être pris en compte ou non.
-“Quelle est la remarque que vous avez faite au sujet du dossier de Babour Sghir ?”, demande le président Torchi.
-“Que les bons de caisse ne proviennent pas de notre banque et qu’il fallait vérifier s’ils étaient bons et ne faisaient l’objet d’aucune opposition. C’était la décision de Bouraqqadi. Nous nous sommes concertés”, déclare le témoin.
-“Est-ce que M’fadel El Halaissi a été informé et quelle était sa position ?”, interroge le magistrat.
-“Il était d’accord. Il n’y avait aucune opposition à ce sujet”, explique le témoin.
Le président Torchi lui demande si des dépassements ont été accordés après avoir découvert que les bons de caisse étaient falsifiés. Mohamed Bennouna déclare ne pas savoir. Le juge l’interroge alors sur la vérification de ces bons de caisse. “Ne fallait-il pas une recommandation en amont ?”
“C’est du jamais vu”, explique Mohamed Bennouna en faisant référence à la falsification des bons de caisse. “L’idée était de les vérifier pour savoir s’ils étaient frappés par des oppositions ou non”, précise-t-il.
Son témoignage correspond quasiment à celui du directeur des risques à l’époque, Moulay M’hamed Bouraqqadi Saâdani, avec qui il indique s’être concerté avant de recommander la vérification des bons de caisse. La différence entre leurs témoignages est la raison de la vérification. Selon l’ancien directeur des risques, cette recommandation s’explique par la somme importante que la banque s’apprêtait à accorder au client. C’était une mesure de précaution. Mohamed Bennouna, lui, indique que cette recommandation avait pour but de s’assurer que les bons de caisse ne faisaient pas l’objet d’opposition.
En tout cas, Mohamed Bennouna affirme, à plusieurs reprises, que la partie à qui incombe la responsabilité de la vérification de l’authenticité des bons de caisse est l’agence.
Au moment où il explique cela, le président Torchi demande à ce qu’on présente une chaise au témoin. À plus de 80 ans, l’homme semble fatigué. Il est même difficile de l’entendre malgré la présence d’un micro.
11h05. Lorsque le président Torchi demande au témoin si Babour Sghir bénéficiait d’un traitement préférentiel, le conseiller chez Bank of Africa dit qu’il “ne pense pas”.
Concernant la relation entre Babour Sghir et M’fadel El Halaissi, le témoin affirme qu’il existait une relation entre eux mais en ignore la nature. Quant à la relation entre Babour Sghir et son ancien chargé d’affaires, Mohamed Bennouna indique ne pas le connaître et ne l’avoir jamais vu.
-“Un banquier a-t-il le droit d’entretenir une relation commerciale avec le client ?”, demande le magistrat.
-“Normalement, ça ne devrait pas être le cas. À moins qu’une société propose à la banque des réductions pour les employés. Dans ce cas là, ça passe”, répond Mohamed Bennouna.
-“Si vous étiez directeur général commercial, auriez-vous acheté un bien auprès d’un client ?”, demande le président Torchi.
-“Ce n’est ni interdit, ni autorisé”, réplique le témoin.
“Nous parlons d’un prêt dont le montant peut perturber le budget de l’État”
11h13. Le représentant du parquet prend la parole. Il demande au témoin si la recommandation visant à vérifier l’authenticité des bons de caisse a été faite de manière écrite ou verbale. Il indique que c’était les deux à la fois.
Ensuite, il s’intéresse à “Bouraqqadi”. N’ayant pas suivi le dossier depuis le début qui, rappelons-le, est un dossier complexe dont les audiences se succèdent depuis février 2023, le représentant du parquet déclare “ne pas savoir si cet homme a été auditionné parmi les témoins”. Une phrase qui fait réagir Me El Fakir, avocat de M’fadel El Halaissi. Pour lui, “c’est une perte de temps”.
Le procureur du Roi n’accepte pas sa remarque. “Nous aurions pu ne pas poursuivre. C’est là que nous aurions perdu du temps”. Il choisit ensuite de s’arrêter sur un autre élément du dossier.
“Nous parlons d’un prêt dont le montant peut perturber le budget de l’État ! Est-ce que le conseil d’administration a un rapport avec les crédits ?”, interroge-t-il.
Le témoin s’engage dans ses explications. Il indique que les conseils d’administrations se tiennent en présence de deux cabinets d’audits qui présentent leurs conclusions et recommandations. De ce fait, “le conseil d’administration a connaissance des dossiers à risques”.
Le président Torchi prend le relais. Il demande au témoin qui est le dernier signataire lors de l’octroi de crédits. “Le directeur général exécutif”, indique Mohamed Bennouna.
-“Si la direction des risques ne signe pas, est-ce que l’administrateur – directeur général exécutif peut valider le dossier quand même ?”, demande le président Torchi.
-“Il en a le droit”, déclare le témoin.
Me El Fakir demande que le nom soit mentionné. Le témoin précise qu’il parle de “Brahim Benjelloun Touimi”.
“M’fadel El Halaissi présidait le comité de crédits en l’absence de Benjelloun Touimi”
11h33. Le président Torchi suspend l’audience le temps d’une pause. Celle-ci ne durera que quatre minutes. À la reprise, c’est l’un des magistrats conseillers qui s’adresse au témoin. Il lui demande, selon lui et au vu de son expérience, “quelles sont les personnes impliquées dans cette affaire et d’où vient le problème ?”.
-“Je n’ai pas assisté et on ne m’a pas demandé mon avis”, répond Mohamed Bennouna.
-“Pensez-vous qu’il y a eu négligence de la part de la banque ?”, demande le président Torchi.
-“Pour moi, tout s’est passé normalement”, répond le témoin.
Me Azeddine Kettani demande à ce dernier de préciser qui présidait le comité de crédit et qui le remplaçait en cas d’absence. Le témoin indique qu’il s’agit de Brahim Benjelloun Touimi et que son remplaçant était M’fadel El Halaissi. Il s’agit du troisième témoignage concordant dans ce sens ; même si l’intéressé réfute.
L’avocat de la partie civile lui demande si les bons de caisse étaient inclus comme pièce du dossier présenté au comité de crédit. Le témoin indique que non. “On ne voit pas les garanties. Le comité lit le dossier et donne ses directives à l’agence”.
11h47. Me Naciri prend la parole. Il ne la rendra que trente minutes plus tard, après plusieurs remarques du président Torchi.
Parmi les questions posées au témoin, Me Naciri lui demande comment est-il possible qu’une banque délivre une attestation de nantissement avant la signature de l’acte du nantissement. Ce à quoi, le témoin répond “ne pas être concerné”.
Lorsque l’avocat lui demande sur quelle base Attijariwafa Bank a remis son attestation de conformité, le témoin indique n’avoir vu ni les attestations ni les bons de caisse. Il répète la réponse qu’il vient de donner à Me Kettani. “Le comité ne les voit pas matériellement”.
Me Naciri présente ensuite un organigramme de la banque. Le témoin lui indique qu’il date de 2018.
L’avocat reformule ses questions et présente plusieurs documents qui doivent être consultés par toutes les parties, dont le témoin et qui doivent être enregistrés par le greffier, à chaque fois. Le tout demande du temps et laisse planer un silence pesant dans la salle pendant plusieurs minutes.
Après une demi-heure, Me Kettani intervient. Il rappelle que le témoin a prêté serment pour parler des faits, non pas pour analyser chaque document. Selon lui, il s’agit d’une “perte de temps”.
12h27. Me Lahlou prend le relais. Il représente également Babour Sghir. L’avocat va vite. Il présente une fiche au témoin. Il s’agit d’une “demande de prêt” et lui demande de consulter les observations qui y sont mentionnées et qui les a faites.
-“Le responsable des risques a émis un avis favorable et demandé de vérifier l’authenticité des bons de caisse”, indique le témoin.
-“Qui a signé le document ?”, demande l’avocat.
-“Bouraqqadi, El Halaissi et Brahim Benjelloun Touimi”, précise le témoin.
Il est ensuite interrogé sur la validité des bons de caisse. “Est-ce que Saïd Benjelloun Touimi a présenté une preuve ou l’a annoncé verbalement ?”, demande-t-il à Mohamed Bennouna.
-“Verbalement. Et on nous a donné l’attestation”, explique ce dernier.
-“L’attestation d’Attijariwafa Bank selon laquelle les bons de caisse sont valides ?”, demande l’avocat.
-“Oui”, réplique Mohamed Bennouna.
Me Lahlou indique que “nous connaissons désormais la procédure de demande de prêt”. Il en résume les étapes : d’abord l’agence auprès du chargé de clientèle, le directeur d’agence, le directeur régional, puis le comité de crédits. Mais que se passe-t-il si les premiers intervenants refusent? Est-ce que la demande arrive au comité de crédits ?”.
-“Non”, répond le témoin.
L’avocat présente une demande de prêt datant du 11 août 2017, au profit d’une société de Babour Sghir, signée par les premiers intervenants. Mohamed Bennouna indique que ce document n’est pas arrivé au niveau du comité des crédits. Mais l’intérêt de l’avocat est de souligner que cette demande date d’après les faits ; soit après avoir découvert que les bons de caisse étaient falsifiés.
12h38. Le bâtonnier El Amrani présente également un document à la Cour. Il précise que seul son client, M’fadel El Halaissi, s’est contenté de signer, sans ajouter la mention “avis favorable de dépassement”, comme les autres signataires. Il demande au témoin d’expliquer ce que signifie cette signature.
-“Est-ce juste signe de présence ?”, interroge-t-il.
-“Ça signifie qu’il est d’accord”, indique le témoin.
-“Le client avait une dette de 7 milliards de centimes et on lui donne un prêt de 8 milliards de centimes. Pourquoi ?”, demande l’avocat.
-“Je n’ai assisté qu’à la réunion du 20 octobre 2016. C’était la première et la dernière fois que je voyais ce dossier. Tout le monde peut en témoigner”, réplique Mohamed Bennouna, qui finit par s’énerver face à l’insistance de l’avocat. L’homme, assis sur une chaise depuis plus d’une heure et demie, se lève. Mais le président Torchi l’invite à se calmer. Il lui rappelle qu’il n’est que témoin et qu’il n’a pas besoin de se mettre en colère.
Le président Torchi répète au bâtonnier la réponse du témoin. “Il dit qu’il n’était pas présent”. Me El Amrani passe à autre chose mais précise d’abord qu’il dispose d’éléments qui prouvent le contraire.
L’avocat s’arrête sur le droit de véto. Celui dont dispose la direction des risques. Mais Mohamed Bennouna indique qu’il n’y a pas de droit de véto à la direction des risques. Si elle s’oppose, le dossier est remonté au président directeur général.
En réalité, c’est la définition du droit de véto qui a été donnée lors des précédents témoignages.
De son côté, Me El Fakir, qui représente également M’fadel El Halaissi, demande au témoin si son client avait l’autorité d’imposer un accord de prêt. “Non, sauf dans le cadre de ses délégations”, répond le témoin.
La majorité des demandes de convocation de témoins rejetées
13h09. Me Lahlou et Me Naciri présentent une requête à la Cour. Le second distribue aux magistrats et à ses confrères un document avant de prendre la parole. Il demande la convocation de Saïd Benjelloun Touimi, ancien directeur régional chez Bank of Africa et celle de Abderrahmane Bouyaacoubi, ancien associé de Babour Sghir, aujourd’hui en détention.
L’avocat va plus loin et demande à nouveau la convocation de Mounir Chraibi, ancien directeur des garanties et des affaires juridiques, ainsi que la convocation des responsables chez Attijariwafa Bank qui ont signé l’attestation de validité des bons de caisse.
Pour le procureur, “l’image n’est pas claire”. Il y voit une tentative “d’élargissement du champ des accusés”.
De son côté, Me Kettani rappelle que la Cour a déjà rejeté les demandes de convocation de ces personnes.
13h20. Le président Torchi consulte ses conseillers. Il invite ensuite Mohamed Bennouna à quitter la salle, puis s’adresse à Me Naciri. Il lui demande de présenter, dès lundi, le numéro d’écrou de Abderrahmane Bouyaacoubi pour procéder à sa convocation. Quant aux autres demandes, le président indique qu’elles sont rejetées.
Il lève l’audience et donne rendez-vous aux avocats la semaine prochaine, le 14 juin.
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