Procès de Saïd Naciri : les faits, rien que les faits

Depuis quelques jours, une campagne de soutien à Saïd Naciri prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux, au point de se matérialiser dans les tribunes du stade Mohammed V. Le dimanche 11 mai 2025, le groupe ultra Winners (supporter du WAC) a brandi une banderole explicite : « Justice pour Saïd Naciri ».

Les raisons derrière cet élan de soutien sont inconnues. Est-ce le fruit des déclarations de Saïd Naciri lors de ses auditions devant la cour d’appel, les 18 et 25 avril, puis le 9 mai ? Ou s’agit-il d’un simple élan de nostalgie de certains supporters envers l’ancien président de leur club ? Peu importe, au fond.

À ce stade, Saïd Naciri, comme les autres mis en cause dans cette affaire, bénéficie toujours de la présomption d’innocence tant qu’aucune décision judiciaire définitive n’a été rendue à son encontre.

Mais, en parallèle de cette mobilisation, des soutiens de Saïd Naciri s’attaquent sur les réseaux sociaux à la chanteuse Latifa Raafat qui se dit même menacée par certains internautes. Bien qu’elle ne soit ni plaignante ni à l’origine de l’enquête, ces derniers l’accusent d’être celle qui a “envoyé Saïd Naciri en prison”.

En réalité et à date, Latifa Raafat a été entendue comme témoin dans ce dossier. D’abord, par la police judiciaire, puis par le juge d’instruction. À ce jour, elle n’a pas encore été entendue par la cour d’appel de Casablanca.

Elle a toutefois été mentionnée par Saïd Naciri au cours de ses auditions, contestant les déclarations qu’elle a faites à la police judiciaire.

L’affaire a pris une plus grande ampleur ces dernières heures, après une sortie médiatique de Latifa Raafat qui a accordé une interview au youtubeur “Touhfa” où elle présente sa version des faits.

Cette cacophonie qui s’empare des réseaux sociaux ne change rien aux faits judiciaires, qui eux seuls doivent guider la compréhension de cette affaire.

Voici donc ce qui a été discuté et retenu jusqu’à présent devant la cour d’appel de Casablanca.

Des accusations multiples

Rappel du contexte. Les audiences publiques ont débuté en mai 2024. Depuis, sur la trentaine de personnes poursuivies dans ce dossier, à peine une dizaine d’entre elles ont été entendues à la barre. Aucun témoin n’a encore été convoqué.

Saïd Naciri, lui, a été appelé pour la première fois à se présenter à la barre le 18 avril 2025. Son audition s’est poursuivie le 25 avril, puis le 9 mai. Chacune de ces audiences a duré environ trois heures. La prochaine est prévue pour le vendredi 16 mai.

Si la cour n’a jusque-là traité que certains éléments du dossier qui concernent Saïd Naciri, il est essentiel de rappeler que l’ancien président du WAC ne comparaît pas uniquement pour des affaires de biens immobiliers ou de véhicules, ayant largement fait le tour des réseaux sociaux. Selon l’enquête préliminaire, il est présenté comme « chef de la logistique », « porte-parole » ou encore « facilitateur » et « chargé des relations publiques », une sorte d’homme à tout faire au centre du présumé réseau de trafic de drogue « dirigé » par Abdenbi Bioui.

En mars 2024, le juge d’instruction a retenu contre lui une série de chefs d’accusation (à consulter en détail ici), allant du “faux et usage de faux” à ”l’exportation de stupéfiants”, en passant par le “trafic d’influence” et “l’escroquerie”. Pour l’instant, seul ce dernier volet a été abordé par la cour.

À ce stade, la formation de magistrats, présidée par le juge Ali Torchi, s’est concentrée sur les litiges liés à certains biens que le Malien Hadj Ben Brahim affirme lui appartenir, et qu’il accuse Saïd Naciri – entre autres – de lui avoir subtilisés. Il s’agit notamment d’une Mercedes-Benz Classe S 350 et d’une villa située dans le quartier de Californie à Casablanca.

Latifa Raafat : un témoin parmi d’autres

C’est dans ce contexte que le nom de Latifa Raafat a été évoqué par Saïd Naciri. Concernant la villa, il a contesté les déclarations de la chanteuse faites devant la police judiciaire. Voici ce qu’il a déclaré à la cour le 25 avril dernier :

“Latifa Raafat dit que je me suis rendu à leur villa à Californie en décembre 2013, et qu’ils m’y ont accueilli alors qu’ils étaient mariés. Or, voici son acte de mariage. Bien qu’il s’agisse d’un document personnel, je le présente pour prouver que leurs propos sont faux. Le document indique qu’ils se sont mariés le 16 janvier 2014”.

Au sujet de la voiture, Saïd Naciri affirme qu’un accord a été conclu avec Hadj Ben Brahim pour échanger cette voiture contre deux appartements. Selon lui, il est impossible que Latifa Raafat ait conduit le véhicule en 2013, comme elle l’aurait déclaré, puisque la voiture en question a été mise en circulation au Maroc en juin 2014. Il précise que cette opération a eu lieu après le divorce du couple Raafat-Ben Brahim.

À ce jour, les propos de Latifa Raafat sont uniquement rapportés par Saïd Naciri lui-même. Sera-t-elle convoquée à son tour pour s’expliquer devant la cour ? Cela reste incertain. En tout cas, Saïd Naciri n’a cessé de réclamer la convocation de ses détracteurs pour les confronter.

Durant ces audiences, Saïd Naciri a également contesté les déclarations d’autres personnes citées dans le dossier. Le 9 mai dernier, il a été confronté à deux d’entre elles à la barre : Fouad Y. et Salima B., également poursuivis dans ce dossier.

La suite du procès s’intéressera à d’autres volets plus lourds, notamment l’accusation de trafic international de stupéfiants qui reste, juridiquement, d’une gravité bien supérieure aux litiges liés à des biens matériels.

LIRE AUSSI : Notre dossier “Affaire Bioui – Naciri”

Affaire Bioui-Naciri : un accusé de trafic de drogue nie en bloc

À la salle 8 de la cour d’appel de Casablanca, la section des crimes financiers a procédé, ce jeudi 6 janvier, à l’audition d’un des accusés de l’affaire de trafic de drogue international impliquant Abdenbi Bioui et Saïd Naciri.

Cet accusé, Allal H., avait été entendu une dizaine de minutes lors de la précédente audience. Cette fois-ci, le président Torchi l’a interrogé durant plus de deux heures au sujet de son implication dans cette affaire.

Durant tout ce temps, Allal H., accusé d’avoir transporté de la drogue du Maroc jusqu’aux frontières algériennes, entre autres, n’a pas cessé de clamer son innocence. Il a assuré n’avoir « aucun rapport » avec le trafic de drogue ni avec aucun des protagonistes qui affirment eux-mêmes avoir transporté de la drogue (Chira) avec lui.

Ce dernier a continué de réfuter les accusations qui lui sont adressées malgré les déclarations auxquelles l’a confronté le président Ali Torchi. Parmi elles, ses propres propos lors de son interrogatoire par la BNPJ.

Lors de son audition, la BNPJ lui avait présenté différents extraits d’appels téléphoniques entre lui et d’autres accusés, mais aussi entre d’autres accusés qui l’évoquent dans leurs échanges.

Selon le PV de la BNPJ, Allal H. avait avoué son implication dans l’organisation et l’exécution du trafic de drogue. Mais, devant les magistrats de la cour d’appel de Casablanca, il a tout nié en bloc, affirmant ne pas avoir signé le PV de son audition par la BNPJ, dont le contenu est faux selon lui.

Durant cette audience, les échanges entre le président Torchi et l’accusé se sont limités à la lecture, par le premier, du contenu des PV de la BNPJ qui concernent Allal H., tandis que ce dernier n’a cessé de se défendre en martelant n’avoir « aucun rapport » avec cette affaire.

« J’ai travaillé en Espagne entre 1998 et 2014. J’ai bien gagné ma vie, sachant que mon père ne nous a laissés manquer de rien. Je n’ai jamais eu besoin de m’impliquer dans des affaires de drogue pour obtenir de l’argent sale », a-t-il argumenté.

Après plus de deux heures d’audition, le président Torchi a fixé la prochaine audience au 14 février.

Affaire Bioui-Naciri : accusations, sexe et trafic d’influence

L’un (Saïd T.) est un ancien officier de la police judiciaire, et l’autre (Dalila B.) est une ancienne amie du couple Bioui, suspectée d’avoir entretenu des relations “intimes” avec Abdenbi Bioui, d’une part, et avec Saïd Naciri, d’autre part.

Les deux sont accusés dans cette affaire complexe qui comprend un volet de trafic d’influence. Abdenbi Bioui est suspecté d’avoir usé de son pouvoir pour piéger son ex-femme, Samia M., en faisant incarcérer la mère de cette dernière pour vol.

En vue d’accuser son ex-belle-mère d’avoir dérobé ses bijoux personnels, avec la complicité de son ex-femme, leurs aides ménagères et leur amie Dalila, Abdenbi Bioui est suspecté d’avoir fait intervenir Saïd T., qui a mené l’enquête judiciaire et émis un avis de recherche contre l’ex-femme de Bioui, permettant ainsi son arrestation.

Durant l’audience du mercredi 28 janvier, ces deux accusés ont décliné leurs versions des faits devant le président Ali Torchi qui n’a pas hésité à les confronter aux déclarations recueillies auprès d’autres accusés ou témoins.

Voici le déroulé de l’audience comme si vous y étiez.

Des images, un audio et un policier

14h26. La sonnette retentit pour annoncer le début de l’audience, et l’assistance se lève à l’arrivée des juges dans la salle 8 de la cour d’appel de Casablanca. Les accusés sont tous présents dans le box qui leur est dédié. Leur nombre important ne permet pas de les installer en dehors. Ils se présentent un par un.

Cette fois, c’est l’accusé Saïd T. qui est appelé à la barre. Il est accompagné de ses avocats, dont Me Mohamed Benmalek. Le président Torchi commence par lire un extrait des déclarations recueillies par la police judiciaire en 2023.

Le passage en question fait référence à un sac rempli de bijoux qui concerne Samia M., l’ex-épouse de Abdenbi Bioui. Il fait également référence à Samira. E., femme de ménage de la mère de Samia M., et à une femme qui a présenté des photos au parquet dans lesquelles figure le contenu du sac plein de bijoux.

Le président Torchi évoque en outre un enregistrement vocal, et demande à l’accusé qui est un officier de la police judiciaire à Casablanca, si c’est Abdenbi Bioui qui a présenté ledit enregistrement audio.

L’accusé confirme et précise que c’est sur la base de cet enregistrement vocal, considéré comme “nouvel élément” que l’enquête a pu être rouverte.

À ce moment-là de l’audience, on ne comprend pas de quel audio il s’agit. En fait, l’accusée qui sera auditionnée par la suite (Dalila B.) en détaillera le contenu. Il s’agit d’un enregistrement qui porte sur deux échanges téléphoniques : un premier entre D. B. et S. A. (ancienne femme de ménage de l’ex-belle-mère de Bioui), et un second entre Dalila B. et un certain Regragui, époux de Samira E.

En bref, dans cet échange, les époux affirment qu’un sac a été caché dans l’appartement de D. B., et qu’il contient des bijoux qui ont ensuite été envoyés à Samia M. Nous reviendrons sur le contenu de cet audio plus tard.

À cette étape de l’audience, la cour se focalise sur le rôle joué par Saïd T. Le président Torchi lui demande “pourquoi ne pas avoir envoyé l’enregistrement audio au parquet compétent ?”. Ce à quoi Saïd T répond en assurant avoir fait son travail et envoyé ledit enregistrement à la police scientifique. Un enregistrement introuvable à ce jour.

“Mais c’est le parquet qui ordonne l’expertise à faire par la police scientifique”, lui rétorque le président.

L’accusé continue de soutenir qu’il n’a fait que son travail et que, par la suite, il a quitté le service de la police judiciaire concerné par cette affaire. Selon lui, son successeur devait poursuivre le travail.

14h52. Le président Torchi confronte l’accusé au PV d’audition de son ancien adjoint Zakaria S. qui, à l’époque, était un inspecteur de police. Il était l’un des trois assistants de Saïd T. dans cette affaire de vol dans laquelle Abdenbi Bioui est le plaignant. Il accuse son épouse et sa belle-mère de lui avoir volé des objets précieux.

Dans ses déclarations, Zakaria S. indique qu’il a rédigé un PV dans le cadre de cette affaire, dont le contenu lui a été “dicté par Saïd T.” qui, par la suite, “n’a pas joint les photos dans le dossier”.

Or, Saïd T. explique qu’il ne dictait pas à son assistant quoi écrire mais qu’en réalité, lorsque la personne auditionnée n’est pas en mesure de formuler une phrase claire, comme c’est le cas d’une personne analphabète par exemple, il s’occupe de reformuler pour clarifier ses dires avec des termes soutenus”.

Et pour clarifier davantage la situation, Saïd T. invite la cour à convoquer son ancien assistant pour témoigner devant les juges.

Concernant les photos du contenu du sac, Saïd T. affirme qu’elles n’existent pas ; et que si elles avaient été présentées en 2013, pourquoi n’ont-elles été versées qu’en 2023 ? Selon lui, elles devraient déjà figurer dans le dossier.

Il convient de préciser que ces images ont été présentées au parquet par une femme. Mais pour Saïd T., qui nie avoir reçu des photos en 2013, cette femme a peut-être voulu apaiser sa conscience en 2023.

En fait, ces images prouvent qu’il n’y avait pas de montres ou de bijoux pour homme. C’était de la joaillerie féminine, donc ce ne pouvait être des objets volés à Abdenbi Bioui.

Le président Torchi lit ensuite un autre passage des déclarations. Il s’agit du PV de Samira E. qui, pour cette affaire de vol, a dû passer dix jours derrière les barreaux. Après sa libération, elle indique avoir croisé, par hasard, l’inspecteur Zakaria S.

D’après les déclarations de Samira E., projetées sur les nouveaux écrans imposants de la salle 8 de la cour d’appel de Casablanca, l’inspecteur lui a dit : “Si tu savais combien d’argent a été versé pour t’envoyer en prison, tu en aurais perdu la tête”.

“Je n’y étais pas”, déclare Saïd T. en faisant référence à cette conversation qui ne concerne que Zakaria S. et Samira E., selon lui.

Une arrestation expresse

Le président Torchi le confronte alors aux propos du gendarme qui a procédé à l’arrestation de Samia M. sur l’autoroute vers Casablanca, au niveau de Khémisset.

Abdelmajid E. a déclaré avoir reçu un appel pour le prévenir qu’une voiture de la marque Mercedes allait passer sur l’autoroute, à bord de laquelle se trouvait une femme recherchée. Avec son collègue, Abdelmajid E. arrête la voiture qui correspond à la description. Derrière le volant, un homme et, à ses côtés, une femme dont la procédure de vérification d’identité vient confirmer son statut de recherchée par la police judiciaire.

Le président Torchi précise que, selon ce gendarme, c’est Abdenbi Bioui qui l’a appelé. “Comment Bioui savait-il pour l’avis de recherche ? Et comment se fait-il qu’un avis émis la veille mène à l’arrestation de la personne dès le lendemain. Ce genre de procédure prend souvent beaucoup de temps ?”, interroge le magistrat.

Ici, le juge cherche à comprendre comment un avis de recherche émis par Saïd T. la veille a pu conduire à l’arrestation de la personne concernée dès le lendemain, sachant qu’une intervention de Abdenbi Bioui pour avertir les gendarmes a permis cette arrestation. Cela signifie-t-il que l’agent de la police judiciaire a informé Abdenbi Bioui de l’émission de l’avis de recherche ?

“Parfois, les personnes sont arrêtées le jour même de l’émission de l’avis de recherche. Normalement, elle devait être convoquée par courrier, mais elle m’avait dit qu’elle ne comptait pas se rendre au commissariat. J’ai tenté de lui adresser un courrier et de lui téléphoner, en vain. Si je n’avais rien fait, elle aurait pu fuir à l’étranger”, assure l’accusé.

— “Connaissiez-vous Abdenbi Bioui avant qu’il ne présente sa plainte ?”, demande le président Torchi.

— “Non”.

— “Et après, êtes vous restés en contact ?”

— “Dans le cadre d’une mission officielle qui concerne les évènements de Jrada, je l’ai rencontré avec plusieurs autres responsables dans la région”, indique l’accusé.

Mais le juge le met face aux déclarations de Abdenbi Bioui, recueillies par la police judiciaire. Il y indique qu’il connaît Saïd T. “depuis des années”, et que ce dernier lui a “demandé un appartement à Saïdia pour passer des vacances familiales”.

Selon Abdenbi Bioui, Saïd T. a bénéficié de cet appartement sans contrepartie. Mais pour l’accusé, c’est faux. Il confirme avoir parlé à Abdenbi Bioui de son projet de visiter Saïdia en famille en été, sans savoir qu’il y détenait des appartements. Et que, selon lui, Bioui l’a présenté à un certain Abdellah qui l’attendait à Saïdia, lui a fait visiter deux appartements et l’a laissé y séjourner près d’une semaine contre la somme de 6.000 DH. “À la fin de mon séjour, j’ai contacté ce Abdellah à qui j’ai remis les clés près d’une pharmacie. Mais je ne savais pas que c’était l’appartement de Abdenbi Bioui”, indique-t-il aux juges.

15h34. C’est au tour du procureur général du Roi d’interroger l’accusé. Il s’adresse à l’officier de la police judiciaire avec des questions d’ordre procédural. “Faut-il retranscrire le contenu de l’audio avant de le présenter aux parties ?” ; “quelle est la procédure à suivre pour envoyer un élément à la police scientifique ?”, demande le représentant du parquet.

L’accusé répond que, sans retranscrire le contenu de l’enregistrement vocal, il a envoyé l’audio à la police scientifique. Concernant la procédure suivie, il précise qu’en 2013, il fallait rédiger un rapport signé par lui et ses chefs administratifs, et l’envoyer au laboratoire national de la police scientifique à Rabat, le seul à l’époque, à travers un fonctionnaire du même service.

15h49. C’est au tour de son avocat, Me Mohamed Benmalek, de lui poser quelques questions. D’abord, il lui demande si son adjoint devait obligatoirement co-signer les procès-verbaux rédigés par ses soins. L’accusé répond que non.

Ensuite, il lui demande s’il est dans l’obligation d’informer ses supérieurs directs de tout avancement dans l’enquête judiciaire. Ce à quoi l’accusé répond en expliquant qu’en tant qu’officier de la police judiciaire, les supérieurs auxquels il doit répondre sur le plan judiciaire sont les procureurs et leurs substituts. “En parallèle, j’ai des chefs administratifs et je dois tenir au courant la Direction centrale”.

Enfin, Me Benmalek demande à son client s’il a reçu des directives de la part du procureur compétent pour retranscrire le contenu dudit enregistrement vocal. Saïd T. est catégorique : il n’a reçu aucune directive dans ce sens.

Bioui, Naciri et Dalila : un triangle suspicieux

16h05. L’accusé est remercié. Il rejoint le box des accusés, tandis que Dalila B. est appelée à la barre.

Dès qu’elle se présente devant le président Torchi, Dalila affirme être “encore étourdie”. “Je ne sais rien sur les accusations qui me sont adressées”.

Pour lui rafraîchir la mémoire, le président relit un passage du PV de son audition par la BNPJ datant du 12 octobre 2023. Elle y raconte les faits datant de 2013. Après la lecture faite par le magistrat, Dalila est invitée à expliquer sa version des faits.

Selon elle, tout commence lorsque Samia M., son amie, épouse de Abdenbi Bioui à l’époque, l’appelle pour lui demander de venir la chercher en voiture avec sa mère et leurs aides ménagères. Dalila fait office de “chauffeur” en rendant service à son amie. Elles vont d’abord acheter un billet d’avion (Casablanca-Oujda) pour Jamila, la belle-mère de Bioui. Puis elles se rendent chez Dalila, avant d’effectuer un dernier trajet vers l’aéroport.

Lorsqu’elle y dépose Jamila et sa femme de ménage, Samira E., cette dernière remet un sac à sa sœur Ghizlaine, qui n’est autre que la femme de ménage de Samia M. (les deux sœurs sont aides ménagères. L’une travaille chez la mère, et l’autre chez la fille).

Le soir, une réception est prévue chez Dalila pour son frère et ses amis émiratis. Pour la préparer, elle sort faire des courses seule. Elle apprendra plus tard que, pendant ce temps-là, Ghizlaine est entrée chez elle grâce son aide ménagère, et y a caché le fameux sac dont elle ignorait l’existence.

Le soir, la police se présente et embarque tout le monde au commissariat, où se trouve Abdenbi Bioui devant l’entrée. Dalila n’en sortira qu’à 8 h le lendemain matin. Choquée, elle s’enferme pendant quarante-huit heures et n’adresse la parole à personne, jusqu’à ce que Samira E. l’appelle pour lui dire que Ghizlaine a laissé un sac chez elle et qu’elle veut le récupérer. Surprise, elle lui remet le sac dont elle ignorait l’existence. Mais avant de le lui tendre, elle y jette un coup d’œil et découvre des bijoux. Son attention est attirée par une montre masculine blanche. “On dirait une Rolex”, indique-t-elle à la cour tout en précisant qu’elle n’a pas eu le temps de voir tout ce qu’il y avait à l’intérieur du fameux sac et qu’elle n’a entraperçu que des montres et des colliers.

Plus tard, lorsqu’elle se rend à son salon de coiffure, “les femmes présentes” lui rapportent les ragots qui circulent. Une histoire de vol entre les époux Bioui. “C’est là que je comprends tout. Je prends peur et je décide de me protéger. J’appelle Samia et sa mère, mais elles ne me répondent pas. J’appelle ensuite Samira qui me dit de raccrocher parce que la police est susceptible d’écouter notre discussion. Elle me raccroche au nez puis me rappelle. À ce moment-là, je l’enregistre”, raconte Dalila.

Et d’ajouter : “Je lui demande pourquoi on m’a mêlée à cela alors que je ne suis au courant de rien. Elle me dit que c’est malgré elle et qu’elle ne fait qu’appliquer ce qu’on lui demande de faire. Je l’informe que je suis en train d’enregistrer la conversation et je raccroche”.

“Son mari m’appelle ensuite, il me dit à peu près la même chose et je l’enregistre également. Je me dis que je vais garder ces vocaux pour me protéger en cas de besoin. Plus tard, Abdenbi Bioui m’appelle et demande à me voir. Je me doutais de ce qu’il allait me dire. Lorsqu’on se voit, il m’accuse d’avoir contribué à le voler et me menace. Je lui fais alors écouter l’audio et le lui remets”, poursuit-elle.

Par la suite, la police judiciaire convoque Dalila B. “Je m’empresse de m’y rendre, rassurée par mon innocence. Je suis alors surprise des accusations qui me sont adressées. On m’accuse d’avoir caché le sac, mais j’explique qu’il a été placé chez moi à mon insu”.

— “Quelle est ta relation avec Samia et Abdenbi ?”, demande le président Torchi.

— “Samia est mon amie, je l’ai connue en France. Son mari est devenu notre ami aussi”, répond-elle.

— “Abdenbi Bioui a déclaré à la police judiciaire qu’il y a eu un accord entre vous pour enregistrer ladite conversation”.

— “Non, j’avais enregistré les appels avant de le voir”, assure-t-elle.

Le président Torchi lui demande alors de préciser quelle est la nature de sa relation avec Saïd T. et de justifier les 15 appels entre eux deux. Elle précise que c’était dans le cadre de la procédure, qu’il y a eu des appels de sa part pour la convoquer aux confrontations, d’autres pour la faire auditionner et, parfois, elle devait l’appeler pour retrouver son bureau.

Mais comment justifier une série de 654 appels avec Abdenbi Bioui ? Le président Torchi lui demande des explications.

— “Nous étions amis, nous avions une relation commerciale et j’étais souvent avec sa femme, alors ils s’appelaient des fois via mon téléphone”, justifie-t-elle.

— “Avez-vous déjà voyagé ou été dans un hôtel à l’étranger avec Abdenbi Bioui ?”, demande le juge.

— “Non”, répond Dalila.

Mais le juge la confronte à plusieurs éléments de preuve. D’abord, il affiche sur les écrans de la salle 8 les historiques de leurs voyages à partir du et vers le Maroc. Tous avec un décalage d’un jour ou deux. Par exemple, il quitte le territoire national le 21 février 2016, et elle fait de même le 22 février 2016. Lui rentre le 23 février, et elle le 24. Idem en avril 2016 et en décembre 2017.

“Je suis une femme d’affaires qui organise des défilés en France. Je suis tenue de voyager très souvent. De plus, ce ne sont pas les mêmes dates de voyage”, explique-t-elle en précisant qu’il s’agit seulement d’une coïncidence.

Mais le président Torchi lui demande alors d’expliquer leur séjour simultané en date du 13 janvier 2018, le temps d’un week-end, dans un hôtel à Michlifen.

“C’est un grand hôtel. Je peux ne pas le croiser. De plus, je voyage tout le temps avec mes enfants et ma mère”, indique-t-elle.

16h36. Le juge l’interroge alors sur la nature de sa relation avec Saïd Naciri. Celle-ci est, selon elle, de nature “commerciale”. “C’est mon client et un ami de mon oncle maternel”.

Le président l’interrompt aussitôt : “Mais lui affirme que vous avez eu une relation intime, et que vous lui présentiez des femmes pour des relations de la même nature”.

“Cela touche à ma dignité”, dit-elle avant d’éclater en sanglots. La scène touche plusieurs personnes présentes dans la salle, probablement des proches de Dalila. L’une d’elles quitte même la salle. Les autres retiennent difficilement leurs larmes.

De son côté, Dalila suit la suggestion du juge et prend le temps de retrouver son calme. Une fois apaisée, elle répond à la nouvelle question du juge qui revient sur sa relation avec Abdenbi Bioui.

— “Comment expliquez-vous les 1.002 appels, quasi quotidiens, entre vous et Abdenbi Bioui du 7 janvier 2013 au 25 août 2021 ? Vous dites que vous êtes amie avec sa femme, mais c’est avec lui qu’il y a autant d’appels pas avec elle”, demande le président Torchi.

— “Elle était à mes côtés [durant des appels, ndlr]”, dit-elle

— “Même après le dépôt de la plainte, et donc en sachant qu’il y avait un conflit entre votre amie et lui, vous avez continué à vous appeler ?”

— “Oui, c’est normal. Il y a toujours un conflit entre eux. Je ne sais rien d’autre”, déclare-t-elle en essayant de se défendre.

16h43. Le président Torchi revient à nouveau sur sa relation avec Saïd Naciri. Il lui demande de justifier les 530 appels entre eux deux. Selon elle, c’était une relation de vendeur à client. Mais le président la confronte aux déclarations de Saïd Naciri devant la police judiciaire.

Il y indique que sa relation avec Dalila B. a démarré dans un cadre commercial avant de se transformer en relation intime, puis de commencer à lui “envoyer des femmes” pour entretenir avec elles des relations sexuelles. Pour Dalila, tout cela est faux.

— “Tous deux mentent ? Quel est l’intérêt de Saïd Naciri de dire cela à votre sujet si c’est faux ?”, demande le juge.

— “Je ne sais pas”, se contente-t-elle de répondre, en larmes.

Me Mehdi Ezzouate intervient. Il représente Saïd Naciri dans cette affaire. Il demande alors à Dalila B. si son client est concerné par cette affaire de vol de bijoux. Ce à quoi elle répond par la négative.

17h14. La notaire Salima B. prend la place de Dalila B. à la barre. Elle est accusée de faux et usage de faux. Mais son audition n’aura duré que trois minutes. Le président Torchi demande rapidement de lever l’audience. La prochaine est prévue pour le vendredi 31 janvier.

Affaire Bioui-Naciri : la cour s’intéresse au volet de trafic d’influence

Deux accusés ont témoigné à la barre ce mardi 28 janvier à la salle 8 de la cour d’appel de Casablanca.

Les auditions, menées par le président Ali Torchi, ont duré plus de deux heures. Elles concernent un policier, Saïd T., et une amie du couple Bioui, Dalila B.

Les deux sont impliqués dans des faits datant de 2013, lorsque Abdenbi Bioui a accusé de vol son ex-femme Samia Moussa et sa belle-mère, Jamila Btioui.

Saïd T. est accusé d’avoir participé à faciliter l’arrestation de Samia Moussa. Il lui est également reproché de ne pas avoir suivi la procédure dans la gestion de certaines preuves telles que des images et des vocaux, ce qu’il nie fermement.

De son côté, Dalila B. est accusée d’avoir participé au vol des bijoux. Elle se défend avec un enregistrement audio dont le contenu n’a pas été retranscrit. Des photographies des bijoux auraient été présentées au parquet par une tierce personne et, selon ses déclarations, ils ne comprendraient aucun objet masculin, comme des montres, contrairement à ce qu’avance Dalila B.

Cette dernière est également accusée d’avoir entretenu des relations intimes avec Abdenbi Bioui, d’une part, et Saïd Naciri, d’autre part.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, l’audience est toujours en cours. Nous reviendrons sur les détails dans une autre chronique.

Affaire « Escobar du Sahara » : des fonctionnaires communaux à la barre

La chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca poursuit l’interrogatoire des accusés dans l’affaire dite « Escobar du Sahara« . Ce jeudi 23 janvier, le juge Ali Torchi n’avait pas encore entamé les questions relatives au trafic international de drogue, principal volet de ce procès ouvert en mai 2024. Le magistrat souhaite d’abord élucider les accusations de spoliation immobilière visant Abdenbi Bioui.

Les faits remontent à 2013. L’ancien président de la région de l’Oriental est accusé de s’être approprié deux biens de son ex-conjointe via des procurations fallacieuses, avec des complicités au sein des services de légalisation de la commune d’Oujda.

Des fonctionnaires de la commune sont ainsi suspectés d’avoir aidé Bioui en légalisant frauduleusement lesdites procurations. Ces documents ont fait l’objet d’une expertise de la police judiciaire qui a confirmé la falsification de signatures attribuées à la victime.

« C’est une faute professionnelle. Il n’y a jamais eu de volonté de falsification ». Entendu par le juge, Tayeb T. réfute les accusations de « faux » qui le visent. Au moment des faits, il était responsable du registre où les opérations ont été numérotées et consignées. Mais il résume son rôle à l’enregistrement des données qui lui ont été transmises par des collègues. « Je ne suis pas chargé des vérifications. C’est la fonction de l’agent vérificateur », insiste l’intéressé.

S’il assure qu’une dame s’est présentée personnellement pour enregistrer les procurations, Tayeb T. estime que c’était à l’agent vérificateur de s’assurer préalablement de son identité et de sa signature.

L’agent vérificateur, c’est Soulaimane K., et il a également été interrogé lors de l’audience. Il affirme avoir accueilli l’ex-conjointe de Bioui en personne, tout en vérifiant méticuleusement son identité et les raisons de sa venue.

Comme son collègue, Soulaimane K. nie toute implication dans la falsification des procurations et tout lien avec Abdenbi Bioui qu’il ne connaît pas personnellement, selon ses dires. « Ma probité ne souffre d’aucun doute. Quel intérêt aurais-je à falsifier pour le compte de Bioui ? », clame-t-il devant le juge Ali Torchi.

Dans ce volet de l’affaire, le président tente encore d’élucider une inconnue : les deux procurations ont des traces dans les registres, mais les documents eux-mêmes sont introuvables dans les archives de la commune.

Au moment où nous mettions cet article en ligne, le président avait levé l’audience pour une heure…

Affaire Bioui-Naciri : les aveux accablants d’un faux témoin repenti

« J’ai fait un faux témoignage à la demande de Abdenbi Bioui. J’ai commis une erreur et je regrette ». Ces propos émanent de Benkasou B., accusé dans l’affaire dite de « l’Escobar du Sahara« . Interrogé ce vendredi 3 janvier par la chambre criminelle, l’intéressé a reconnu avoir témoigné dans un ancien dossier en faveur de l’ex-président de la région de l’Oriental.

Dans ce procès, Abdenbi Bioui est présenté comme le chef d’un important réseau de trafic international de drogue. Mais les accusations à son encontre s’étendent également à des faits de spoliation immobilière, de trafic d’influence et de subornation de témoins.

Figure influente à Oujda, l’homme politique et homme d’affaires est suspecté d’avoir usé de ses relations pour provoquer l’arrestation de plusieurs individus dans des conditions douteuses.

Contexte : en 2013, Abdenbi Bioui était visé par une plainte déposée par son ex-épouse, S. M., qui l’accusait de lui avoir extorqué deux biens immobiliers à Oujda et Casablanca. Pour inciter son ancienne compagne à retirer sa plainte, Bioui aurait mis en place un stratagème impliquant l’arrestation de son beau-frère qu’il aurait faussement impliqué dans une bagarre violente.

L’enquête a révélé que certains témoins avaient été manipulés pour accuser le beau-frère de Bioui d’avoir été l’agresseur, sur la base de témoignages fabriqués. Ce dernier, incarcéré sur la foi de ces faux témoignages, n’a été libéré que lorsque l’ex-épouse de Bioui a retiré sa plainte.

« J’ai témoigné sans avoir assisté aux faits. J’ai commis une erreur. Je n’en ai pas mesuré les conséquences », a déclaré Benkasou B., l’un des deux faux témoins entendus ce vendredi par le juge Ali Torchi. Devant la police, il avait affirmé que le beau-frère de Bioui avait agressé un certain Issam, également mobilisé par Bioui. Des faits auxquels Benkasou B. n’avait pas assisté.

« Je connais Abdenbi Bioui à travers sa relation avec mon père décédé. Ils étaient amis et faisaient des affaires ensemble. C’est à ce titre qu’il m’a demandé de témoigner », a ajouté l’accusé. Il a précisé n’avoir « obtenu ni promesse ni contrepartie » en échange de son témoignage.

« Vous savez que le faux témoignage est puni ici-bas et dans l’au-delà… », l’a réprimandé le juge Ali Torchi. « Oui, j’ai commis une erreur », a insisté Benkasou B.

Poursuivi en état d’arrestation, il est jugé pour « faux témoignage dans une affaire délictuelle ».

Au moment où nous rédigions ces lignes, le juge avait interrogé cinq accusés dans ce volet de l’affaire, où Bioui est également accusé d’avoir impliqué des membres des forces de l’ordre. L’un d’eux, un gendarme, a été interrogé pour des faits liés à « un acte arbitraire attentatoire à la liberté, ordonné dans un intérêt privé ». Un autre épisode sur fond de vengeance entre Bioui et son ancienne épouse.

Affaire Bioui-Naciri : boudée par la défense, l’audience reportée

Le juge Ali Torchi a décidé le renvoi de l’affaire dite « Escobar du Sahara » au vendredi 3 janvier 2025.

Ce nouveau report a été prononcé à l’issue d’une courte audience tenue ce vendredi en l’absence des avocats des 25 accusés jugés dans ce dossier de trafic international de stupéfiants.

Selon nos informations, la défense a boycotté la séance pour exprimer son mécontentement à la suite du refus, par le président, de leurs demandes préliminaires.

L’absence des avocats n’a pas empêché le juge d’entamer l’interrogatoire des accusés. Un seul mis en cause, Hassan Mani, a été entendu avant qu’un émissaire du bâtonnier de Casablanca ne vienne demander le renvoi de l’audience. Une demande acceptée par le président qui poursuivra les interrogatoires dans une semaine.

Les accusés, qui comptent parmi eux des hommes politiques, des notaires et des membres des forces de l’ordre, doivent répondre de chefs d’accusation allant du trafic de drogue au trafic d’influence, en passant par l’escroquerie et la subornation de témoins.

Affaire Bioui-Naciri : renvoi au 1er novembre

Le juge Ali Torchi a décidé de renvoyer ce dossier au 1er novembre prochain. Le renvoi a été décidé à l’issue d’une audience tenue ce vendredi à la chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca, qui statue en première instance sur cette vaste affaire de trafic de stupéfiants.

La prochaine séance sera consacrée à la suite des contre-répliques de la défense à l’intervention du ministère public qui s’est opposé à une grande partie de leurs demandes préliminaires. Ces demandes comprennent notamment la convocation de certains témoins présentés comme clés par les avocats des accusés, dont Ahmad Ahmad, ancien président de la Confédération africaine de football.

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Affaire Bioui-Naciri : la défense de Naciri veut faire témoigner l’ex-président de la CAF

Les avocats de la défense de Saïd Naciri ont demandé, ce vendredi 4 octobre, la convocation d’un témoin clé. Il s’agit d’Ahmad Ahmad, ex-président de la CAF qui, selon la défense de Naciri, pourra témoigner au sujet d’une affaire d’achat de villa.

L’instance collégiale, chargée de statuer sur cette affaire et présidée par le juge Ali Torchi, n’a pas encore statué sur cette demande, ni celles visant la convocation d’autres personnalités publiques tel que la chanteuse Latifa Raâfat, son ex-époux Hadj Ahmed Ben Brahim alias “le Malien” ou “Escobar du Sahara”, purgeant actuellement une peine de dix ans de réclusion pour trafic de drogue international. Mais aussi le député du PAM, Abdelouahed Chaouki et le député du RNI, Hicham Aït Manna, également maire de Mohammedia et président du Wydad Athletic Club.

Pour les avocats de l’accusé, ces personnes ont été entendues par la police durant l’enquête ou ont été cités comme étant présents durant des moments où des faits reprochés à l’accusé se sont déroulés, doivent témoigner durant le procès pour démêler le vrai du faux.

Selon nos informations, la défense de Saïd Naciri a également demandé la convocation d’un certain Abdelouahed Laghzioui, désigné dans cette affaire comme “fournisseur du malien”. Ce dernier a été confronté à des accusés et témoins durant l’enquête, mais n’a pas été auditionné. La défense réclame à ce qu’il soit entendu par la cour.

Report de la session de juillet du conseil régional de l’Oriental jusqu’à l’élection d’un président

Lors de la séance d’ouverture de cette réunion, qui s’est déroulée en présence du wali de la région de l’Oriental, gouverneur de la préfecture d’Oujda, Mouad Jamaï, il a été procédé à l’approbation, à l’unanimité des membres présents, de la proposition du report de l’ensemble des points à l’ordre à la prochaine session, qui sera convoquée par le président élu en compagnie des membres de son nouveau bureau.

La wilaya de la région de l’Oriental avait annoncé l’ouverture des candidatures (27 juin-1er juillet), pour l’élection du nouveau président de la région, à la suite de la vacance du poste.

Le président de la session ordinaire du conseil pour le mois de juillet, Mohamed Moknif, a indiqué que la conjoncture que vit la région « nécessite la mobilisation des efforts pour traverser cette phase délicate avec succès, et ce, en faisant preuve de sérieux et de responsabilité et en érigeant l’intérêt supérieur de la région en base de l’action du conseil ».

Figuraient à l’ordre de cette session l’examen et l’approbation de plusieurs projets de conventions de partenariat touchant à différents domaines.

Il s’agit notamment du projet de contrat d’exécution de la feuille de route touristique de la région, et des projets d’amendement des conventions de partenariat portant sur le développement de la station touristique de Saïdia et des médinas d’Oujda, Figuig et Debdou, outre la création et l’activation d’un mécanisme de soutien aux investissements et aux petites, moyennes et très petites entreprises touristiques de la région, et le développement d’un outil de soutien aux investissements pour réaliser de nouvelles unités hôtelières, infrastructures et équipements sportifs.

(Avec MAP)

Le PAM propose Abdelkader Boudraa en remplacement de Naciri à la tête du Conseil préfectoral de Casa

Le candidat qui était jusque-là pressenti pour ce poste était Ahmed Brija, premier vice-président du Conseil préfectoral, qui gère ce dernier par intérim depuis l’arrestation de Saïd Naciri dans le cadre de l’affaire internationale de trafic de drogue.

Dans un article précédent, des sources de la préfecture nous avaient expliqué que des conditions légales doivent être respectées. La loi en vigueur exige que ce soit la tête de liste de chaque parti composant le Conseil qui dépose sa candidature pour ce poste. Ahmed Brija occupe la 6e place, tandis que Abdelkader Boudraa occupe la première place après Saïd Naciri.

Nos sources nous avaient aussi assuré que ce poste restera sous le giron du PAM, en respect d’un pacte conclu entre les partis de la majorité aux élections de 2021.

Composition du Conseil préfectoral de Casablanca – Source : Wilaya de la région Casablanca-Settat

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Conseil régional de l’Oriental : qui succèdera à Bioui ? Les candidatures sont ouvertes

Après Saïd Naciri, c’est au tour de Abdenbi Bioui d’être remplacé à la présidence du conseil régional de l’Oriental. Six mois après l’arrestation de ce dernier dans une affaire internationale de trafic de drogue, le wali de la région de l’Oriental a ouvert ce jeudi 27 juin les candidatures. Le dernier délai a été fixé pour le lundi 1er juillet, apprend Médias24 auprès de sources de la région.

La région actuellement gérée par Omar Hejira

Selon nos sources, depuis l’arrestation de l’ancien président de la région, celle-ci est gérée par le bureau du conseil régional. Toutefois, le pouvoir de signature a été délivré à Omar Hejira, premier vice-président de la région, par les autorités gouvernementales concernées selon les lois en vigueur.

« Durant cette période, le conseil a tenu au moins 4 sessions, où plusieurs projets et conventions ont été adoptés. Le conseil a également été présent à d’autres manifestations et rencontres, et tout s’est bien passé », expliquent nos sources.

« Il n’y a donc jamais eu de blocage depuis l’incarcération de Bioui, et les relations avec les autorités sont restées bonnes ».

La date de l’élection du nouveau président fixée par le wali

Après le 1er juillet, dernier jour de présentation des candidatures pour ce poste, « le wali de la région annoncera la date de l’organisation des élections ».

Selon les lois en vigueur, « cette date devrait être fixée dans un délai de 15 jours. Une session du conseil sera ainsi organisée, en présence de tous les membres du conseil, où sera élu le nouveau président régional de l’Oriental ».

Une fois élu, « le nouveau président présentera à son tour la liste de son bureau, qui sera également votée par les membres du conseil ».

Et nos sources d’ajouter : « Tous les membres du PAM ont le droit de présenter leur candidature. Par ailleurs, il incombe au secrétariat national du parti de faire son choix, selon plusieurs critères, notamment son profil et sa fidélité au parti ».

« Le futur président doit également être apte à gérer la région. C’est une grande région, avec des projets très importants ».

« Ce siège restera dans le giron du PAM »

À ce jour, « il n’y pas de candidat pressenti », selon nos sources, « mais les membres du conseil savent d’emblée que ce siège restera dans le giron du PAM ».

Après les élections de 2021, « les régions de tout le Maroc avaient fait l’objet d’un accord entre les trois partis de la majorité gouvernementale, à savoir le PAM, le PI et le RNI », expliquent nos interlocuteurs.

« Sur les 12 régions du Royaume, il a été convenu que chaque parti gère 4 régions. Celle de l’Oriental a été confiée au PAM. Si la loi donne le droit à tous les membres de déposer leur candidature, l’on sait déjà que le futur président sera du PAM », pour maintenir l’équilibre établi.

« On ignore toutefois à ce stade si l’opposition présentera un candidat. Elle en a le droit, mais on ne sait pas si ce sera le cas. Ce qui est sûr, c’est que ce sera une aventure, parce qu’ils n’ont pas la majorité », et leur candidat ne sera de ce fait pas élu.

Nos sources assurent par ailleurs que « le RNI et le PI sont prêts à travailler avec n’importe quel nouveau candidat choisi par le PAM ».

Le nouveau président aura trois ans pour achever l’exécution du PDR

En termes de projets, « le futur président du conseil régional de l’Oriental devra donner la priorité aux projets hydriques, la région étant lourdement touchée par la succession des années de sécheresse », nous confient nos sources.

« Nous sommes actuellement à mi-mandat. Lors de notre première année, nous avons élaboré notre Plan de développement régional (PDR). C’est un programme de 13 milliards de DH, avec des projets qui touchent plusieurs axes, notamment l’environnement, l’agriculture, l’eau et l’investissement… Actuellement, nous sommes à 48% de son exécution ».

« La planification de tous les projets est déjà faite. Le futur président du conseil régional devra alors achever l’exécution des projets restants. Les trois prochaines années seront ainsi dédiées à l’exécution du reste du PDR ».

Et nos interlocuteurs de souligner : « Le PDR de l’Oriental est un programme qui respecte l’équité territoriale. Toutes les provinces de la région en bénéficieront, avec entre 11% et 15% des projets prévus pour chaque province, selon leur poids ».

« Dans le nord de l’Oriental, il y a notamment les provinces de Nador, d’Oujda et de Berkane, dont la population est élevée. C’est donc normal qu’elles soient concernées par davantage de projets ».

« En revanche, dans le sud de la région, les projets porteront plutôt sur l’agriculture, l’économie sociale et solidaire et l’eau notamment. Mais la priorité du conseil devra être le stress hydrique. La région est drastiquement touchée », concluent-ils.