Affaire Bioui-Naciri : accusations, sexe et trafic d’influence
L’un (Saïd T.) est un ancien officier de la police judiciaire, et l’autre (Dalila B.) est une ancienne amie du couple Bioui, suspectée d’avoir entretenu des relations “intimes” avec Abdenbi Bioui, d’une part, et avec Saïd Naciri, d’autre part.
Les deux sont accusés dans cette affaire complexe qui comprend un volet de trafic d’influence. Abdenbi Bioui est suspecté d’avoir usé de son pouvoir pour piéger son ex-femme, Samia M., en faisant incarcérer la mère de cette dernière pour vol.
En vue d’accuser son ex-belle-mère d’avoir dérobé ses bijoux personnels, avec la complicité de son ex-femme, leurs aides ménagères et leur amie Dalila, Abdenbi Bioui est suspecté d’avoir fait intervenir Saïd T., qui a mené l’enquête judiciaire et émis un avis de recherche contre l’ex-femme de Bioui, permettant ainsi son arrestation.
Durant l’audience du mercredi 28 janvier, ces deux accusés ont décliné leurs versions des faits devant le président Ali Torchi qui n’a pas hésité à les confronter aux déclarations recueillies auprès d’autres accusés ou témoins.
Voici le déroulé de l’audience comme si vous y étiez.
Des images, un audio et un policier
14h26. La sonnette retentit pour annoncer le début de l’audience, et l’assistance se lève à l’arrivée des juges dans la salle 8 de la cour d’appel de Casablanca. Les accusés sont tous présents dans le box qui leur est dédié. Leur nombre important ne permet pas de les installer en dehors. Ils se présentent un par un.
Cette fois, c’est l’accusé Saïd T. qui est appelé à la barre. Il est accompagné de ses avocats, dont Me Mohamed Benmalek. Le président Torchi commence par lire un extrait des déclarations recueillies par la police judiciaire en 2023.
Le passage en question fait référence à un sac rempli de bijoux qui concerne Samia M., l’ex-épouse de Abdenbi Bioui. Il fait également référence à Samira. E., femme de ménage de la mère de Samia M., et à une femme qui a présenté des photos au parquet dans lesquelles figure le contenu du sac plein de bijoux.
Le président Torchi évoque en outre un enregistrement vocal, et demande à l’accusé qui est un officier de la police judiciaire à Casablanca, si c’est Abdenbi Bioui qui a présenté ledit enregistrement audio.
L’accusé confirme et précise que c’est sur la base de cet enregistrement vocal, considéré comme “nouvel élément” que l’enquête a pu être rouverte.
À ce moment-là de l’audience, on ne comprend pas de quel audio il s’agit. En fait, l’accusée qui sera auditionnée par la suite (Dalila B.) en détaillera le contenu. Il s’agit d’un enregistrement qui porte sur deux échanges téléphoniques : un premier entre D. B. et S. A. (ancienne femme de ménage de l’ex-belle-mère de Bioui), et un second entre Dalila B. et un certain Regragui, époux de Samira E.
En bref, dans cet échange, les époux affirment qu’un sac a été caché dans l’appartement de D. B., et qu’il contient des bijoux qui ont ensuite été envoyés à Samia M. Nous reviendrons sur le contenu de cet audio plus tard.
À cette étape de l’audience, la cour se focalise sur le rôle joué par Saïd T. Le président Torchi lui demande “pourquoi ne pas avoir envoyé l’enregistrement audio au parquet compétent ?”. Ce à quoi Saïd T répond en assurant avoir fait son travail et envoyé ledit enregistrement à la police scientifique. Un enregistrement introuvable à ce jour.
“Mais c’est le parquet qui ordonne l’expertise à faire par la police scientifique”, lui rétorque le président.
L’accusé continue de soutenir qu’il n’a fait que son travail et que, par la suite, il a quitté le service de la police judiciaire concerné par cette affaire. Selon lui, son successeur devait poursuivre le travail.
14h52. Le président Torchi confronte l’accusé au PV d’audition de son ancien adjoint Zakaria S. qui, à l’époque, était un inspecteur de police. Il était l’un des trois assistants de Saïd T. dans cette affaire de vol dans laquelle Abdenbi Bioui est le plaignant. Il accuse son épouse et sa belle-mère de lui avoir volé des objets précieux.
Dans ses déclarations, Zakaria S. indique qu’il a rédigé un PV dans le cadre de cette affaire, dont le contenu lui a été “dicté par Saïd T.” qui, par la suite, “n’a pas joint les photos dans le dossier”.
Or, Saïd T. explique qu’il ne dictait pas à son assistant quoi écrire mais qu’en réalité, lorsque la personne auditionnée n’est pas en mesure de formuler une phrase claire, comme c’est le cas d’une personne analphabète par exemple, il s’occupe de reformuler pour clarifier ses dires avec des termes soutenus”.
Et pour clarifier davantage la situation, Saïd T. invite la cour à convoquer son ancien assistant pour témoigner devant les juges.
Concernant les photos du contenu du sac, Saïd T. affirme qu’elles n’existent pas ; et que si elles avaient été présentées en 2013, pourquoi n’ont-elles été versées qu’en 2023 ? Selon lui, elles devraient déjà figurer dans le dossier.
Il convient de préciser que ces images ont été présentées au parquet par une femme. Mais pour Saïd T., qui nie avoir reçu des photos en 2013, cette femme a peut-être voulu apaiser sa conscience en 2023.
En fait, ces images prouvent qu’il n’y avait pas de montres ou de bijoux pour homme. C’était de la joaillerie féminine, donc ce ne pouvait être des objets volés à Abdenbi Bioui.
Le président Torchi lit ensuite un autre passage des déclarations. Il s’agit du PV de Samira E. qui, pour cette affaire de vol, a dû passer dix jours derrière les barreaux. Après sa libération, elle indique avoir croisé, par hasard, l’inspecteur Zakaria S.
D’après les déclarations de Samira E., projetées sur les nouveaux écrans imposants de la salle 8 de la cour d’appel de Casablanca, l’inspecteur lui a dit : “Si tu savais combien d’argent a été versé pour t’envoyer en prison, tu en aurais perdu la tête”.
“Je n’y étais pas”, déclare Saïd T. en faisant référence à cette conversation qui ne concerne que Zakaria S. et Samira E., selon lui.
Une arrestation expresse
Le président Torchi le confronte alors aux propos du gendarme qui a procédé à l’arrestation de Samia M. sur l’autoroute vers Casablanca, au niveau de Khémisset.
Abdelmajid E. a déclaré avoir reçu un appel pour le prévenir qu’une voiture de la marque Mercedes allait passer sur l’autoroute, à bord de laquelle se trouvait une femme recherchée. Avec son collègue, Abdelmajid E. arrête la voiture qui correspond à la description. Derrière le volant, un homme et, à ses côtés, une femme dont la procédure de vérification d’identité vient confirmer son statut de recherchée par la police judiciaire.
Le président Torchi précise que, selon ce gendarme, c’est Abdenbi Bioui qui l’a appelé. “Comment Bioui savait-il pour l’avis de recherche ? Et comment se fait-il qu’un avis émis la veille mène à l’arrestation de la personne dès le lendemain. Ce genre de procédure prend souvent beaucoup de temps ?”, interroge le magistrat.
Ici, le juge cherche à comprendre comment un avis de recherche émis par Saïd T. la veille a pu conduire à l’arrestation de la personne concernée dès le lendemain, sachant qu’une intervention de Abdenbi Bioui pour avertir les gendarmes a permis cette arrestation. Cela signifie-t-il que l’agent de la police judiciaire a informé Abdenbi Bioui de l’émission de l’avis de recherche ?
“Parfois, les personnes sont arrêtées le jour même de l’émission de l’avis de recherche. Normalement, elle devait être convoquée par courrier, mais elle m’avait dit qu’elle ne comptait pas se rendre au commissariat. J’ai tenté de lui adresser un courrier et de lui téléphoner, en vain. Si je n’avais rien fait, elle aurait pu fuir à l’étranger”, assure l’accusé.
— “Connaissiez-vous Abdenbi Bioui avant qu’il ne présente sa plainte ?”, demande le président Torchi.
— “Non”.
— “Et après, êtes vous restés en contact ?”
— “Dans le cadre d’une mission officielle qui concerne les évènements de Jrada, je l’ai rencontré avec plusieurs autres responsables dans la région”, indique l’accusé.
Mais le juge le met face aux déclarations de Abdenbi Bioui, recueillies par la police judiciaire. Il y indique qu’il connaît Saïd T. “depuis des années”, et que ce dernier lui a “demandé un appartement à Saïdia pour passer des vacances familiales”.
Selon Abdenbi Bioui, Saïd T. a bénéficié de cet appartement sans contrepartie. Mais pour l’accusé, c’est faux. Il confirme avoir parlé à Abdenbi Bioui de son projet de visiter Saïdia en famille en été, sans savoir qu’il y détenait des appartements. Et que, selon lui, Bioui l’a présenté à un certain Abdellah qui l’attendait à Saïdia, lui a fait visiter deux appartements et l’a laissé y séjourner près d’une semaine contre la somme de 6.000 DH. “À la fin de mon séjour, j’ai contacté ce Abdellah à qui j’ai remis les clés près d’une pharmacie. Mais je ne savais pas que c’était l’appartement de Abdenbi Bioui”, indique-t-il aux juges.
15h34. C’est au tour du procureur général du Roi d’interroger l’accusé. Il s’adresse à l’officier de la police judiciaire avec des questions d’ordre procédural. “Faut-il retranscrire le contenu de l’audio avant de le présenter aux parties ?” ; “quelle est la procédure à suivre pour envoyer un élément à la police scientifique ?”, demande le représentant du parquet.
L’accusé répond que, sans retranscrire le contenu de l’enregistrement vocal, il a envoyé l’audio à la police scientifique. Concernant la procédure suivie, il précise qu’en 2013, il fallait rédiger un rapport signé par lui et ses chefs administratifs, et l’envoyer au laboratoire national de la police scientifique à Rabat, le seul à l’époque, à travers un fonctionnaire du même service.
15h49. C’est au tour de son avocat, Me Mohamed Benmalek, de lui poser quelques questions. D’abord, il lui demande si son adjoint devait obligatoirement co-signer les procès-verbaux rédigés par ses soins. L’accusé répond que non.
Ensuite, il lui demande s’il est dans l’obligation d’informer ses supérieurs directs de tout avancement dans l’enquête judiciaire. Ce à quoi l’accusé répond en expliquant qu’en tant qu’officier de la police judiciaire, les supérieurs auxquels il doit répondre sur le plan judiciaire sont les procureurs et leurs substituts. “En parallèle, j’ai des chefs administratifs et je dois tenir au courant la Direction centrale”.
Enfin, Me Benmalek demande à son client s’il a reçu des directives de la part du procureur compétent pour retranscrire le contenu dudit enregistrement vocal. Saïd T. est catégorique : il n’a reçu aucune directive dans ce sens.
Bioui, Naciri et Dalila : un triangle suspicieux
16h05. L’accusé est remercié. Il rejoint le box des accusés, tandis que Dalila B. est appelée à la barre.
Dès qu’elle se présente devant le président Torchi, Dalila affirme être “encore étourdie”. “Je ne sais rien sur les accusations qui me sont adressées”.
Pour lui rafraîchir la mémoire, le président relit un passage du PV de son audition par la BNPJ datant du 12 octobre 2023. Elle y raconte les faits datant de 2013. Après la lecture faite par le magistrat, Dalila est invitée à expliquer sa version des faits.
Selon elle, tout commence lorsque Samia M., son amie, épouse de Abdenbi Bioui à l’époque, l’appelle pour lui demander de venir la chercher en voiture avec sa mère et leurs aides ménagères. Dalila fait office de “chauffeur” en rendant service à son amie. Elles vont d’abord acheter un billet d’avion (Casablanca-Oujda) pour Jamila, la belle-mère de Bioui. Puis elles se rendent chez Dalila, avant d’effectuer un dernier trajet vers l’aéroport.
Lorsqu’elle y dépose Jamila et sa femme de ménage, Samira E., cette dernière remet un sac à sa sœur Ghizlaine, qui n’est autre que la femme de ménage de Samia M. (les deux sœurs sont aides ménagères. L’une travaille chez la mère, et l’autre chez la fille).
Le soir, une réception est prévue chez Dalila pour son frère et ses amis émiratis. Pour la préparer, elle sort faire des courses seule. Elle apprendra plus tard que, pendant ce temps-là, Ghizlaine est entrée chez elle grâce son aide ménagère, et y a caché le fameux sac dont elle ignorait l’existence.
Le soir, la police se présente et embarque tout le monde au commissariat, où se trouve Abdenbi Bioui devant l’entrée. Dalila n’en sortira qu’à 8 h le lendemain matin. Choquée, elle s’enferme pendant quarante-huit heures et n’adresse la parole à personne, jusqu’à ce que Samira E. l’appelle pour lui dire que Ghizlaine a laissé un sac chez elle et qu’elle veut le récupérer. Surprise, elle lui remet le sac dont elle ignorait l’existence. Mais avant de le lui tendre, elle y jette un coup d’œil et découvre des bijoux. Son attention est attirée par une montre masculine blanche. “On dirait une Rolex”, indique-t-elle à la cour tout en précisant qu’elle n’a pas eu le temps de voir tout ce qu’il y avait à l’intérieur du fameux sac et qu’elle n’a entraperçu que des montres et des colliers.
Plus tard, lorsqu’elle se rend à son salon de coiffure, “les femmes présentes” lui rapportent les ragots qui circulent. Une histoire de vol entre les époux Bioui. “C’est là que je comprends tout. Je prends peur et je décide de me protéger. J’appelle Samia et sa mère, mais elles ne me répondent pas. J’appelle ensuite Samira qui me dit de raccrocher parce que la police est susceptible d’écouter notre discussion. Elle me raccroche au nez puis me rappelle. À ce moment-là, je l’enregistre”, raconte Dalila.
Et d’ajouter : “Je lui demande pourquoi on m’a mêlée à cela alors que je ne suis au courant de rien. Elle me dit que c’est malgré elle et qu’elle ne fait qu’appliquer ce qu’on lui demande de faire. Je l’informe que je suis en train d’enregistrer la conversation et je raccroche”.
“Son mari m’appelle ensuite, il me dit à peu près la même chose et je l’enregistre également. Je me dis que je vais garder ces vocaux pour me protéger en cas de besoin. Plus tard, Abdenbi Bioui m’appelle et demande à me voir. Je me doutais de ce qu’il allait me dire. Lorsqu’on se voit, il m’accuse d’avoir contribué à le voler et me menace. Je lui fais alors écouter l’audio et le lui remets”, poursuit-elle.
Par la suite, la police judiciaire convoque Dalila B. “Je m’empresse de m’y rendre, rassurée par mon innocence. Je suis alors surprise des accusations qui me sont adressées. On m’accuse d’avoir caché le sac, mais j’explique qu’il a été placé chez moi à mon insu”.
— “Quelle est ta relation avec Samia et Abdenbi ?”, demande le président Torchi.
— “Samia est mon amie, je l’ai connue en France. Son mari est devenu notre ami aussi”, répond-elle.
— “Abdenbi Bioui a déclaré à la police judiciaire qu’il y a eu un accord entre vous pour enregistrer ladite conversation”.
— “Non, j’avais enregistré les appels avant de le voir”, assure-t-elle.
Le président Torchi lui demande alors de préciser quelle est la nature de sa relation avec Saïd T. et de justifier les 15 appels entre eux deux. Elle précise que c’était dans le cadre de la procédure, qu’il y a eu des appels de sa part pour la convoquer aux confrontations, d’autres pour la faire auditionner et, parfois, elle devait l’appeler pour retrouver son bureau.
Mais comment justifier une série de 654 appels avec Abdenbi Bioui ? Le président Torchi lui demande des explications.
— “Nous étions amis, nous avions une relation commerciale et j’étais souvent avec sa femme, alors ils s’appelaient des fois via mon téléphone”, justifie-t-elle.
— “Avez-vous déjà voyagé ou été dans un hôtel à l’étranger avec Abdenbi Bioui ?”, demande le juge.
— “Non”, répond Dalila.
Mais le juge la confronte à plusieurs éléments de preuve. D’abord, il affiche sur les écrans de la salle 8 les historiques de leurs voyages à partir du et vers le Maroc. Tous avec un décalage d’un jour ou deux. Par exemple, il quitte le territoire national le 21 février 2016, et elle fait de même le 22 février 2016. Lui rentre le 23 février, et elle le 24. Idem en avril 2016 et en décembre 2017.
“Je suis une femme d’affaires qui organise des défilés en France. Je suis tenue de voyager très souvent. De plus, ce ne sont pas les mêmes dates de voyage”, explique-t-elle en précisant qu’il s’agit seulement d’une coïncidence.
Mais le président Torchi lui demande alors d’expliquer leur séjour simultané en date du 13 janvier 2018, le temps d’un week-end, dans un hôtel à Michlifen.
“C’est un grand hôtel. Je peux ne pas le croiser. De plus, je voyage tout le temps avec mes enfants et ma mère”, indique-t-elle.
16h36. Le juge l’interroge alors sur la nature de sa relation avec Saïd Naciri. Celle-ci est, selon elle, de nature “commerciale”. “C’est mon client et un ami de mon oncle maternel”.
Le président l’interrompt aussitôt : “Mais lui affirme que vous avez eu une relation intime, et que vous lui présentiez des femmes pour des relations de la même nature”.
“Cela touche à ma dignité”, dit-elle avant d’éclater en sanglots. La scène touche plusieurs personnes présentes dans la salle, probablement des proches de Dalila. L’une d’elles quitte même la salle. Les autres retiennent difficilement leurs larmes.
De son côté, Dalila suit la suggestion du juge et prend le temps de retrouver son calme. Une fois apaisée, elle répond à la nouvelle question du juge qui revient sur sa relation avec Abdenbi Bioui.
— “Comment expliquez-vous les 1.002 appels, quasi quotidiens, entre vous et Abdenbi Bioui du 7 janvier 2013 au 25 août 2021 ? Vous dites que vous êtes amie avec sa femme, mais c’est avec lui qu’il y a autant d’appels pas avec elle”, demande le président Torchi.
— “Elle était à mes côtés [durant des appels, ndlr]”, dit-elle
— “Même après le dépôt de la plainte, et donc en sachant qu’il y avait un conflit entre votre amie et lui, vous avez continué à vous appeler ?”
— “Oui, c’est normal. Il y a toujours un conflit entre eux. Je ne sais rien d’autre”, déclare-t-elle en essayant de se défendre.
16h43. Le président Torchi revient à nouveau sur sa relation avec Saïd Naciri. Il lui demande de justifier les 530 appels entre eux deux. Selon elle, c’était une relation de vendeur à client. Mais le président la confronte aux déclarations de Saïd Naciri devant la police judiciaire.
Il y indique que sa relation avec Dalila B. a démarré dans un cadre commercial avant de se transformer en relation intime, puis de commencer à lui “envoyer des femmes” pour entretenir avec elles des relations sexuelles. Pour Dalila, tout cela est faux.
— “Tous deux mentent ? Quel est l’intérêt de Saïd Naciri de dire cela à votre sujet si c’est faux ?”, demande le juge.
— “Je ne sais pas”, se contente-t-elle de répondre, en larmes.
Me Mehdi Ezzouate intervient. Il représente Saïd Naciri dans cette affaire. Il demande alors à Dalila B. si son client est concerné par cette affaire de vol de bijoux. Ce à quoi elle répond par la négative.
17h14. La notaire Salima B. prend la place de Dalila B. à la barre. Elle est accusée de faux et usage de faux. Mais son audition n’aura duré que trois minutes. Le président Torchi demande rapidement de lever l’audience. La prochaine est prévue pour le vendredi 31 janvier.