Transfèrement d’Escobar, voitures entreposées au WAC et faux témoignages : les explications de Saïd Naciri
Après avoir longuement examiné les accusations d’escroquerie présumée liées aux biens de Hadj Ben Brahim, alias le Malien, la cour s’est penchée sur d’autres volets du dossier impliquant Saïd Naciri. Une étape attendue, qui a permis de lever le voile sur plusieurs éléments ayant suscité un vif intérêt auprès de l’opinion publique marocaine durant la phase d’instruction.
Bien que cette dernière soit couverte par le secret, de nombreuses rumeurs et fuites ont circulé à l’époque. Certaines évoquaient des véhicules importés de Chine appartenant au Malien entreposés dans le parking du complexe Benjelloun du Wydad Athletic Club. Pour rappel, des véhicules similaires avaient été saisis lors d’une opération de lutte contre le trafic de drogue, entraînant l’arrestation de Hadj Ben Brahim, propriétaire de l’entreprise importatrice.
D’autres faisaient état d’employés du club licenciés par Saïd Naciri après avoir témoigné contre lui. Durant la même période, des extraits de procès-verbaux de la police judiciaire contenant des retranscriptions d’échanges téléphoniques entre Saïd Naciri et Hadj Ben Brahim, alors incarcéré, avaient également circulé sur les réseaux sociaux.
Face à la cour, ce vendredi 16 mai, Saïd Naciri a présenté sa version des faits : les circonstances dans lesquelles ces voitures se sont retrouvées dans les locaux du club, les raisons qui ont poussé certains anciens employés à témoigner contre lui, et s’il les a effectivement licenciés en représailles. Autant de questions auxquelles il a apporté son éclairage lors de cette audience très attendue.
Aide financière ou escroquerie ?
10h08. Le président Ali Torchi ouvre l’audience par la lecture d’une retranscription d’écoute téléphonique entre Saïd Naciri et Hadj Ben Brahim. Le but étant de permettre à Saïd Naciri d’expliquer ses propos.
La conversation porte, dans un premier temps, sur une somme de 20.000 dirhams que Hadj Ben Brahim a demandée à Saïd Naciri pour la remettre à une femme. Ce dernier explique devant la cour que son interlocuteur, alors en détention, lui aurait fait part de ses difficultés financières.
Selon Saïd Naciri, une femme prénommée Fadwa s’était présentée à lui, affirmant être l’épouse de Hadj Ben Brahim. “Je lui ai demandé comment cela se faisait, car la seule femme que je connaissais de lui était son ex-épouse”, raconte-t-il. “Elle m’a expliqué qu’elle vivait au Mali, qu’ils avaient un enfant ensemble atteint d’un handicap, et qu’il avait besoin de soins. C’est pour cela qu’elle m’a demandé une aide financière”.
Le président Torchi poursuit la lecture du document et aborde un passage plus sensible de l’échange, dans lequel il est question d’un “transfèrement”. Interpellant directement Saïd Naciri, le magistrat lui demande : “De quel transfèrement s’agit-il ?”
Saïd Naciri affirme que Hadj Ben Brahim souhaitait être transféré au Mali. “Je lui ai dit, à lui comme à sa femme, de déposer une demande, en espérant que l’issue leur soit favorable, si Dieu le veut. À ce moment-là, j’étais député”, précise-t-il. Il assure avoir cru sincèrement qu’il s’agissait de l’épouse du Malien, avant d’apprendre par la suite qu’il s’agissait en réalité de sa compagne. “Je n’avais aucun problème avec lui, donc j’étais prêt à l’aider, à condition qu’il retire ses vêtements et ses affaires entreposés chez moi. C’est justement la preuve qu’il n’avait ni appartement ni aucun bien. Il n’avait nulle part où les mettre”.
Le président Torchi s’attarde ensuite sur deux phrases extraites de leur échange téléphonique : “On travaille dessus” et “d’ici six mois”. Il demande à l’accusé de préciser leur signification.
“Oui, je lui ai dit que la demande était faite, mais qu’il n’y avait rien d’officiel. Je n’ai pas parlé d’un délai de six mois, j’ai dit ‘le mois 6’, c’est-à-dire le mois de juin”, se défend Saïd Naciri. Il insiste également sur le fait qu’il n’a versé aucune somme d’argent dans ce cadre. “J’ai bien précisé, dans la suite de la conversation, que je n’avais payé personne. Je lui ai juste demandé de faire venir cette dame pour qu’elle récupère ses affaires. Mais lui, il voulait m’escroquer”.
Le président Torchi poursuit la lecture de la retranscription de la conversation téléphonique entre Saïd Naciri et Hadj Ben Brahim, soulignant un passage où ce dernier demande : “Quand ?”, et où Naciri répond : “Ça y est, ne me demande plus cela au téléphone. Tout se passera bien, si Dieu le veut”. Le magistrat l’interpelle : “Qu’avez-vous à dire à ce sujet ?”
“Oui, je lui ai dit que tout se passera bien, si Dieu le veut”, confirme Saïd Naciri. Il insiste sur cette formule pour souligner qu’il ne s’engageait à rien d’illégal.
10h34. Le président Torchi aborde deux interceptions téléphoniques entre Saïd Naciri et Fadwa, datées du 14 juillet et du 18 août 2021. Ces appels ont été analysés par la police judiciaire, qui les a présentés à Fadwa pour commentaire. Celle-ci a déclaré : “Je voulais prendre les 20.000 dirhams restants des 100.000 DH. Mais il [Saïd Naciri, ndlr] faisait traîner les choses”. Selon cette interprétation, Fadwa récupérait l’argent au nom de Hadj Ben Brahim, tandis que Saïd Naciri aurait volontairement ralenti la remise des fonds.
Réagissant vivement, Saïd Naciri réfute ces affirmations : “C’est faux ! Vous verrez dans les prochaines conversations téléphoniques que j’ai raison. Toute cette histoire va durer jusqu’en 2022”.
Le président Torchi enchaîne alors par une autre conversation, datant du 20 janvier 2022, dans laquelle Saïd Naciri dit à Fadwa, au sujet du transfèrement : “Ils vont le régler”. Le magistrat lui demande à qui il fait référence en disant “ils”.
Naciri précise : “Il faut voir la conversation en entier. À ce moment-là, on parlait du frère de Fadwa, Rachid, pas de Hadj Ben Brahim. Ce qu’elle a déclaré à la police judiciaire ne correspond pas au contenu réel de l’échange. Elle prétend que je lui ai dit être en contact avec le ministre de la Justice, mais si vous consultez l’enregistrement, vous ne trouverez rien de tel”.
L’appartement imaginaire
Le président Torchi change de sujet et interroge Saïd Naciri au sujet d’un appartement situé à Rabat.
“Ma société, AKAP, a acquis un terrain de 8.000 ou 9.000 mètres carrés pour y construire un immeuble R+5 comptant plus de 190 appartements. Cela n’a strictement rien à voir avec Hadj Ben Brahim. Je vais même vous révéler quelque chose. Une fois, je leur ai dit [à la police judiciaire, ndlr] que je possédais un appartement à Tanger. Sachez que lui, Hadj Ben Brahim, a affirmé qu’il était à lui. Je leur ai ensuite avoué que je plaisantais et que c’était faux”. Par cette anecdote, Saïd Naciri cherche à démontrer que le Malien cherche à le compromettre en usant d’accusations mensongères, allant jusqu’à se revendiquer propriétaire de biens inexistants.
Le président Torchi lui demande tout de même : “Est-ce que Hadj Ben Brahim a acheté l’appartement à Rabat ?”
– “L’appartement et même tout le complexe n’ont été livrés qu’en 2015”, indique Saïd Naciri. Il souligne qu’à cette date, Hadj Ben Brahim était incarcéré en Mauritanie.
Le président enchaîne ensuite avec les déclarations d’une certaine Houria B., femme de ménage ayant travaillé pour différentes personnes. Elle affirme avoir été employée par l’agent libanais de Hadj Ben Brahim, puis directement par le Malien lui-même, dans une villa située boulevard Mekka à Casablanca. Il s’agit de la fameuse villa du quartier Californie.
D’après Houria B., Saïd Naciri faisait partie des visiteurs réguliers de cette villa, tout comme Abdenbi Bioui et d’autres individus.
“Après le mariage de mon employeur, Hadj Ben Brahim avec Latifa Raafat, une soirée a été organisée avec la famille de cette dernière dans la villa en question. À un moment, elle est allée dans la cuisine et a remarqué des verres rangés dans les étagères. Elle m’a demandé à quoi ils servaient, et je lui ai expliqué qu’ils étaient utilisés par Hadj Ben Brahim et ses invités pour consommer de l’alcool. Une dispute a alors éclaté entre eux, et depuis ce jour-là, j’ai quitté la villa définitivement”, explique Houria B. à la police judiciaire. Cet extrait de PV est lu par le président Torchi.
Saïd Naciri commente ces propos : “Elle confirme qu’elle assistait aux fameuses soirées de débauche. Elle affirme y avoir été avant le mariage avec Latifa Raafat, tandis que cette dernière soutient que ces soirées ont eu lieu après leur divorce. L’une d’elles ment”.
Les voitures du Malien dans le parking du WAC
11h00. Le président Torchi aborde un autre pan du dossier : le recel de véhicules entreposées dans le complexe sportif Benjelloun, siège du Wydad. “Expliquez-nous votre rapport avec ces voitures”, demande le magistrat à Saïd Naciri.
Ce dernier répond qu’environ cinq ou six parmi une soixantaine de voitures du même type avaient été vendues à un certain Mohamed M., ami de Saïd Naciri. Il réfute les avoir achetées auprès du Malien. Pour étayer ses propos, il cite Taoufik Z., alors directeur de la société ayant importé les voitures. “Il a détaillé leur destination dans ses déclarations. À aucun moment il ne cite mon nom”, affirme Saïd Naciri. Il ajoute avoir présenté des témoins pour confirmer ses dires et assure que leurs témoignages ont été écartés.
Le président relaye alors les propos de Hadj Ben Brahim : “Il dit que c’est à vous qu’il a remis les voitures”.
“Tout ceci est faux ! J’ai expliqué comment ces véhicules sont arrivés au complexe : c’est Mohamed M. qui les a achetés, et comme il ne disposait d’aucun lieu pour les entreposer, il les a mis dans le parking du Wydad”, rétorque Saïd Naciri.
Il assure avoir une déclaration sur l’honneur du directeur de la sécurité du club, confirmant la présence de Mohamed M. le jour de l’arrivée des voitures au club du WAC. Il précise également que ce dernier est décédé depuis.
Le président Torchi poursuit avec la lecture d’un procès-verbal établi à partir des déclarations de Mustapha M., fils de Mohamed M. Celui-ci affirme que son père était associé à Saïd Naciri et qu’ils avaient pour projet d’ouvrir un showroom automobile sur le boulevard de la Résistance. Il ajoute que son père avait remis un chèque à Hadj Ben Brahim et qu’un accord avait été conclu pour garer les voitures au complexe Benjelloun.
Saïd Naciri conteste formellement : “Ce n’était pas mon associé. Si ça l’avait été, je ne l’aurais pas caché. La preuve, j’ai reconnu avoir acheté des appartements à Hadj Ben Brahim. J’ai d’ailleurs une déclaration sur l’honneur de Mustapha M. qui confirme exactement ma version des faits”.
Le président Torchi recadre Saïd Naciri : “La cour vous demande de réagir aux propos, pas de lire des procès-verbaux”.
Il poursuit ensuite avec la lecture du procès-verbal d’un certain Abdelilah A., beau-frère de Saïd Naciri, marié à sa sœur. Dans ses déclarations à la police judiciaire au sujet desdits véhicules, Abdelilah A. affirme : “Cela fait sept ans que je suis directeur au Wydad”.
Réagissant, Saïd Naciri exprime son indignation : “C’est triste qu’ils en soient arrivés à utiliser mon propre beau-frère. Ils l’ont menacé en lui mettant la pression avec une histoire de chèque. J’ai une déclaration sur l’honneur où il affirme n’avoir jamais été directeur au WAC”.
Il poursuit : “Le WAC emploie plus de 200 personnes, et pourtant ils n’ont cité que d’anciens employés avec qui j’étais en conflit. Abdelilah A., en 2024, était un simple salarié. Donc selon eux, il serait passé de directeur à gardien ? Il n’a jamais eu la moindre responsabilité au sein du club”.
Saïd Naciri mentionne également un autre témoin à charge, Driss S., qui, selon l’accusé, a reconnu avoir menti. “Il a avoué à sa famille avoir fait un faux témoignage. J’ai une déclaration sur l’honneur de son frère, dans laquelle il affirme que ce témoignage a été dicté par Fatima A. et Abdelwahed Chawki”.
Ces révélations provoquent une vive réaction dans la salle, manifestement choquée.
Président Torchi : “Ce Driss S. était-il employé au Wydad ?”
Saïd Naciri : “En 2015, je l’ai engagé pour conduire la voiture de John Toshack [ancien entraîneur au WAC, ndlr]”.
Le président poursuit : “Il a déclaré reconnaître votre villa à Californie, d’où il affirme avoir récupéré les six véhicules qu’il a ensuite déposés au complexe Benjelloun”.
Saïd Naciri rétorque : “Comment peut-il prétendre avoir sorti six voitures d’un garage qui ne peut en contenir que deux ?”
Le président Torchi l’interroge alors sur les caractéristiques de la propriété : “Quelle est la superficie de la villa ?”
-“Environ 1.200 mètres carrés”, indique Saïd Naciri.
-“Et la superficie construite ?”
-“Pas moins de 500 mètres carrés”.
-“Donc il reste plus de 500 mètres carrés pour accueillir les voitures, non ?”
-“Mais comment ? Elles vont monter sur le jardin ?”, ironise Saïd Naciri avant de proposer “une constatation sur les lieux”.
« Je l’ai virée en 2019 »
11h55. Au sujet des témoignages en sa faveur qui ont, selon lui, été écartés, Saïd Naciri révèle avoir porté plainte.
“J’ai présenté trois plaintes au parquet pendant l’enquête, via mon avocat de l’époque, Me Omar Tayeb”, déclare Saïd Naciri. “Malgré cela, ils n’ont pas voulu entendre certains témoins, notamment le responsable de la sécurité”. Il précise que les plaintes ont été déposées les 23 octobre, 8 novembre et 28 novembre 2023.
Concernant les témoins à charge, Saïd Naciri affirme avoir licenciée sa secrétaire de l’époque Fatima A. en 2019, pour faute grave. “Elle prétend avoir été renvoyée en 2023, après avoir témoigné contre moi, mais c’est faux”, insiste-t-il.
Il affirme pouvoir s’appuyer sur plusieurs personnes pour confirmer ses dires, parmi lesquelles Mohamed G., directeur des affaires juridiques du club, son beau-frère Abdelilah A., ainsi que Sakina S. et Najib D., qui sont venus remplacer Fatima A. Au total, il cite quinze noms, tous employés du Wydad, prêts, selon lui, à attester de sa version.
Observant l’attitude de l’accusé, le président Torchi lui fait remarquer : “Vous avez des conseillers à votre gauche et à votre droite”, en référence aux personnes qui l’entourent et lui soufflent, de temps à autre, des recommandations. Ces interventions semblent avoir pour but de ralentir le rythme de l’accusé qui s’emporte par moments, et dont le débit de parole est en décalage avec la cadence du greffier qui prend note… à la main.
“Je ne les écoute même pas, Monsieur le Président. Je suis concentré avec la cour”, répond Saïd Naciri, tentant de rassurer le tribunal sur sa pleine implication dans l’audience.
Une voiture… encore !
Le président Torchi revient sur le sujet du beau-frère de Saïd Naciri, Abdelilah A. Il tente de comprendre son rôle, s’il n’est pas employé du WAC comme le prétend l’accusé.
“Il est marié à ma sœur. J’ai toujours voulu qu’il la laisse tranquille, car il l’embêtait. Pour l’éloigner, je lui ai donné une voiture, une Hyundai, et je lui demandais parfois de petits services de coursier. Cela n’avait aucun rapport avec le Wydad. D’ailleurs, un vrai directeur de club serait connu de tout le monde au Maroc ; il se déplace avec l’équipe, il a des fonctions bien précises. Moi, j’ai deux ‘chauffeurs’ que je paie de ma propre poche, pas avec l’argent du WAC”, explique-t-il.
L’un de ces chauffeurs est Abdelhak A. Le président Torchi cite ses propos devant la police judiciaire où il a déclaré : “Saïd Naciri m’a demandé d’aller en urgence au WAC pour prendre la Hyundai de chez Abdelilah A. et de la parquer loin, et d’attendre ses directives. Sans savoir pourquoi, je l’ai parquée devant chez moi à la Villette”.
Saïd Naciri s’explique : “C’est l’une des voitures que j’ai achetées chez Hadj Ben Brahim, mais qui n’a jamais été transmise à mon nom. Ce jour-là, la police m’a appelée et m’a demandé la voiture, objet de l’enquête. Je leur ai dit qu’elle était disponible. Mais pour l’avoir sous la main afin de la soumettre à la police, je devais la récupérer de chez Abdelilah A. J’ai demandé à Abdelhak A. de la récupérer et de la mettre en lieu sûr. Elle était d’ailleurs en plein boulevard, devant un commissariat. Si je voulais la cacher, je ne l’aurais pas mise devant un commissariat”.
12h29. Le président Torchi déclare passer à l’analyse des faits concernants un autre chef d’accusation. Mais avant d’annoncer lequel, Saïd Naciri demande à ajouter des précisions au sujet de son ancienne secrétaire, Fatima A.
Il donne de nouvelles preuves : “Nous avions contacté, par mail, la FRMF pour les avertir de son départ, et j’ai moi-même écrit à la FIFA pour leur annoncer qu’elle n’était plus avec nous, car c’est elle qui gérait la boîte e-mail. Nous avons respecté la procédure de licenciement. D’ailleurs, voici les PV d’audition signés par elle en date de septembre 2019. Pourtant, lorsqu’elle a été entendue le 2 octobre 2023 par la police judiciaire, elle a déclaré que je l’avais virée parce qu’elle avait témoigné contre moi”.
Au sujet de ces déclarations à la PJ, le président Torchi lit un passage dans lequel Fatima A. indique avoir été contactée par Saïd Naciri, par téléphone, à la suite de son témoignage. Selon elle, l’ancien président du Wydad lui a parlé de manière sévère, lui reprochant son témoignage et la menaçant de porter plainte contre elle. Elle affirme qu’elle arrivait à entendre une tierce personne à côté de Saïd Naciri, lui dictant ses propos. Elle indique avoir appris, par la suite, à travers Abdelhak A., que cette tierce personne était “l’avocat du club, Me El Mehdi Ezzouate”.
“À l’époque, j’étais mis sur écoute. Je veux qu’on me donne le détail de ce prétendu échange. Elle dit que je l’ai virée, elle et Abdelhak, ainsi que Abdelilah, mais aucun d’eux ne travaillait au WAC à ce moment-là. Pis, les deux hommes n’y avaient jamais travaillé”, commente Saïd Naciri.
Et d’ajouter : “Abdelhak m’a été présenté par des wydadis pour qu’il m’aide. Il venait chez moi et restait sur place. Je le chargeais de faire quelques courses, comme chercher du pain, etc.”
“Il a déclaré dans un premier PV qu’il n’a jamais travaillé au WAC, mais ce PV a disparu. Il ne reste que celui où il dit le contraire, en reprenant les mêmes propos que Fatima A., affirmant lui aussi que je l’ai appelé le lendemain de son témoignage pour le virer du Wydad. Mais comment aurais-je su qu’il avait témoigné contre moi ? Je ne travaille pas à la BNPJ”, ironise Saïd Naciri.
“Concernant Me Ezzouate, il est au barreau de Casablanca. Il peut venir s’expliquer s’il m’a dicté quoi que ce soit. Ces gens n’ont ni attestation de travail ni virement du WAC. Pour décoder tout cela, ils doivent venir devant la cour”, demande à nouveau l’accusé, qui ne cesse de réclamer des confrontations avec les témoins.
12h45. “Contentons-nous de cela pour le moment”. Le président Torchi lève l’audience. Elle reprendra le vendredi 23 mai.