Une mission commerciale américaine attendue au Maroc en mai 2025

Le Maroc s’apprête à accueillir une importante mission commerciale américaine en mai 2025, marquant une étape significative dans le renforcement des relations économiques entre les deux pays. L’annonce a été faite par Youssef Amrani, ambassadeur du Maroc aux États-Unis, sur la plateforme X.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de coopération économique accrue entre le Maroc et les États-Unis, qui entretiennent un partenariat commercial stratégique. Avec la mise en place de l’accord de libre-échange entre les deux pays depuis 2006, les échanges commerciaux ont connu une croissance significative, favorisant les investissements et la diversification des secteurs de collaboration.

Doray, la marque espagnole de miel, installe une usine au Maroc

Doray, dont 80% des ventes proviennent des marchés internationaux, a débuté son aventure au Maroc au début des années 1990. Aujourd’hui, le pays représente déjà 30% de son chiffre d’affaires, au même niveau que les États-Unis, selon le journal El Correo.

L’implantation d’une nouvelle unité de production au Maroc permettra non seulement de renforcer sa position sur ce marché clé, mais aussi d’accéder plus facilement à d’autres destinations comme l’Arabie saoudite et l’Égypte, grâce à des accords bilatéraux plus favorables qu’en Europe, rapporte la même source.

Basée à Espartinas, en Andalousie, Doray continue également d’investir dans la promotion du miel andalou et espagnol à travers sa marque propre. Longtemps tournée vers la production pour des marques blanches, l’entreprise met désormais l’accent sur le développement de produits innovants adaptés aux tendances de consommation actuelles. Parmi ses nouvelles références, on retrouve des sauces et toppings à base de miel, associés à des ingrédients comme le piment, la truffe noire ou le wasabi.

Avec l’ouverture de son usine marocaine, Doray prévoit d’augmenter ses effectifs locaux pour atteindre un niveau similaire à celui de son site en Espagne, qui emploie actuellement plus de 30 personnes. Cette expansion confirme la place stratégique du Maroc dans le développement industriel et commercial de la marque à l’échelle mondiale.

InnovX lance Athar Investment Fund, un nouveau fonds d’investissement d’impact dédié à l’agriculture

InnovX lance son nouveau fonds d’investissement d’impact, Athar Investment Fund, dont l’ambition est d’accompagner les acteurs engagés pour la transformation des chaînes de valeur alimentaires africaines.

Le lancement d’Athar Investment Fund reflète l’engagement d’InnovX de contribuer à développer une agriculture durable et résiliente, essentielle à la sécurité alimentaire sur le continent africain, indique un communiqué d’InnovX.

Le fonds Athar a pour mission de soutenir les acteurs pionniers de la transformation des chaînes de valeur alimentaires en Afrique en proposant des mécanismes de financement et d’accompagnement sur mesure, ajoute la même source.

« Nous agissons pour une conception plus inclusive de la notion de ‘performance de l’investissement’, où la rentabilité financière n’est plus un critère d’évaluation unique. Nos décisions d’investissement accordent une importance égale à la viabilité économique des projets et à leur impact social, économique et écologique », explique Marouane Mortabit, directeur général d’Athar Investment Fund, cité dans le communiqué.

Pour accompagner cette ambition, Athar Investment Fund met en place une méthodologie scientifique et rigoureuse de mesure de l’impact, conçue pour répondre aux enjeux du changement climatique, de croissance inclusive du stress hydrique et à la nécessité de créer des modèles agricoles résilients, note InnovX.

Résolument tourné vers l’agriculture d’avenir, Athar Investment Fund mobilise des ressources stratégiques et financières pour soutenir les entreprises engagées dans la transformation agroalimentaire, le développement d’infrastructures agricoles durables et la structuration des filières agricoles, conclut le communiqué.

Plateforme régionale de Marrakech-Safi : les travaux de construction confiés à Jet Contractors

Selon le PV sanctionnant les travaux de la commission d’ouverture des plis, l’offre de Jet Contractors a été jugée « la mieux disante par rapport au prix de référence » qui était de 130 millions de DH. Cependant, Jet Contractors percevra un peu plus de 132,4 MDH.

Comme nous l’expliquions dans un précédent article, cette plateforme régionale prévoit 4 entrepôts de 5.000 m2 chacun et devrait être prête dans neuf mois.

Située au niveau de la ville nouvelle de Tamansourt, elle sera dotée également d’une administration de 200 m2, d’un local social pour le personnel de 200 m2, d’un puits avec réservoir d’eau, d’aménagements extérieurs et d’espaces verts.

L’architecte de ce projet est Tawfik Bennana. Le bureau 3D concert se charge pour sa part des études techniques.

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Chaînes de valeur en Afrique : une intégration encore faible face à un potentiel inexploité (étude)

« L’Afrique est souvent associée à ses abondantes ressources naturelles, mais le manque d’intégration des chaînes de valeur freine sa capacité à capturer la valeur ajoutée localement », tel est le principal constat de l’étude sur les complémentarités entre les chaînes de valeur africaines.

Les résultats de cette analyse ont été présentés par Abdou Diop, président de la Commission Afrique de la CGEM, lors du « Africa SME Forum », tenu le 3 décembre 2024 à Rabat. Placé sous le thème « Innovation et co-industrialisation : bâtir des chaînes de valeur complémentaires ».

Voici les principaux constats de l’étude :

L’Afrique possède un potentiel et des opportunités significatifs pour transformer son narratif économique. Ce potentiel repose sur des atouts considérables : un capital humain abondant et diversifié, des ressources naturelles riches et variées, une volonté politique affirmée, une vision stratégique claire, ainsi que des exemples de réussites notables dans plusieurs pays africains. De plus, plusieurs secteurs du continent, tels que l’industrie automobile, sont déjà connectés aux chaînes de valeur mondiales, offrant un fort potentiel d’intégration et de développement.

Cependant, depuis des décennies, l’Afrique joue un rôle limité dans les chaînes de valeur mondiales, souvent cantonnée à l’exportation de matières premières brutes.

Les conséquences sont claires : l’Afrique dépend fortement des importations pour répondre à ses besoins en produits finis, et les bénéfices économiques de ses richesses naturelles profitent principalement à d’autres régions.

Un potentiel immense dans des secteurs clés

→Textile

L’Afrique est l’un des principaux producteurs de coton au monde, mais ce secteur vital souffre d’un paradoxe alarmant. Bien que le continent possède une abondance de matières premières, 90% du coton africain est exporté brut, sans transformation locale. Le rendement reste faible, et les infrastructures nécessaires à la filature et au tissage sont insuffisantes. En effet, l’Afrique ne représente qu’à peine 1% des capacités mondiales de tissage, ce qui limite son rôle dans la chaîne de valeur textile mondiale.

Cependant, le potentiel est considérable. La demande internationale pour le coton africain reste forte, et des capacités avancées dans l’assemblage offrent des bases solides pour développer une industrie intégrée. Le développement des filatures, la promotion du design local et l’amélioration des rendements pourraient transformer ce secteur en moteur économique pour le continent, tout en augmentant les exportations intra-africaines, aujourd’hui limitées à seulement 30%.

→Agroalimentaire 

Avec 13 millions de km² de zones de pêche et 7% de la production mondiale, l’Afrique dispose d’atouts exceptionnels dans le secteur agroalimentaire. Pourtant, la transformation locale des produits alimentaires reste minimaliste. Environ 80% des produits halieutiques transformés sont destinés à l’exportation, privant le continent d’une ressource précieuse pour répondre à ses propres besoins croissants en sécurité alimentaire.

Le potentiel de développement est immense. L’industrie agroalimentaire pourrait être renforcée en misant sur la transformation locale des ressources, notamment le poisson, le cacao et la canne à sucre. À titre d’exemple, bien que l’Afrique produise 20% du cacao mondial, seulement 6% des revenus de l’industrie du chocolat, évaluée à 100 milliards de dollars, reviennent au continent. Le développement d’industries locales pour le raffinage et la transformation pourrait non seulement réduire la dépendance aux importations, mais également augmenter la valeur ajoutée et stimuler l’emploi.

→Électronique 

L’industrie électronique africaine repose sur des ressources stratégiques telles que le cuivre, dont le continent détient d’importantes réserves, notamment en RDC, Zambie, et Maroc. Cependant, bien que l’Afrique dispose des capacités d’extraction et de raffinage, la production de fils de cuivre demeure faible, tout comme l’intégration dans les chaînes de valeur régionales.

Le secteur bénéficie néanmoins d’une forte croissance dans la fabrication de câbles électriques, mais cette activité est largement tournée vers l’extérieur. En renforçant les capacités locales pour produire des composants électroniques, l’Afrique pourrait répondre à la demande croissante en électrification tout en réduisant sa dépendance aux importations.

→Automobile : une opportunité pour une mobilité durable

L’Afrique possède des réserves abondantes de minerais stratégiques (critical minerals) tels que la bauxite, le cobalt, et le lithium, indispensables à la fabrication de batteries pour véhicules électriques. Pourtant, l’industrie automobile reste sous-développée sur le continent, avec des capacités limitées pour transformer ces ressources en produits finis.

Les perspectives sont cependant prometteuses. Le Maroc, par exemple, travaille activement à établir des unités de production pour les batteries, tandis que d’autres pays africains cherchent à renforcer leurs capacités dans la production d’aluminium pour les carrosseries. Avec une vision intégrée et des investissements ciblés, l’Afrique pourrait devenir un acteur majeur dans la transition mondiale vers une mobilité durable.

Freins structurels et feuille de route

Tous ces secteurs partagent des défis communs qui freinent leur développement :

Parmi ces défis en trouve la faible disponibilité des infrastructures électriques et logistiques, des coûts élevés de production dus à des réseaux énergétiques peu fiables, un commerce intra-africain limité, représentant une faible part des échanges totaux et une dépendance accrue aux importations pour les intrants nécessaires à la transformation.

Pour répondre à ces enjeux, la coopération entre les secteurs public et privé est essentielle. La création d’un label « Made in Africa » de haute qualité, soutenu par des normes harmonisées et une meilleure connectivité régionale, pourrait changer la donne. La Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) offre un cadre idéal pour favoriser le commerce intra-africain et attirer des investissements dans ces secteurs.

Agroalimentaire : une mission commerciale américaine au Maroc, une première en Afrique

Selon un communiqué de l’ambassade américaine à Rabat, cette mission vise à renforcer les liens commerciaux, à ouvrir de nouveaux marchés, et à étendre les partenariats existants entre les États-Unis, le Maroc et l’Afrique de l’Ouest.

« Une délégation de 26 entreprises agroalimentaires américaines, 21 dirigeants de coopératives, et 14 représentants des départements de l’agriculture des États rencontreront des acheteurs marocains et ouest-africains pour explorer les dernières tendances en matière de consommation alimentaire, évaluer la demande du marché, et accroître l’accès aux principaux marchés régionaux », affirme la même source.

« Cette mission commerciale souligne l’engagement des États-Unis à faire progresser les exportations agricoles et à favoriser les relations commerciales à long terme dans la région. Les investissements du Maroc dans les infrastructures, notamment les routes et les ports, le positionnent comme un pôle commercial régional, bénéficiant aux exportateurs américains et aux fabricants de produits alimentaires à travers l’Afrique », poursuit l’ambassade américaine.

Pour l’administrateur du Foreign Agricultural Service, Daniel Whitley, qui dirigera la mission, celle-ci « offre une opportunité cruciale aux entreprises agroalimentaires américaines de pénétrer le marché dynamique marocain et de tirer parti de sa position stratégique pour un accès plus large à l’Afrique ».

« La visite de la mission commerciale d’agro-industrie américaine au Maroc reflète le partenariat solide entre nos nations, mettant l’accent sur l’innovation, la durabilité et l’inclusion dans l’agriculture », a indiqué l’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Puneet Talwar.

Après la fusion, Smurfit Westrock affiche ses ambitions au Maroc

Officialisée le 5 juillet 2024, la fusion de Smurfit Kappa et WestRock ambitionne de créer un « acteur de premier plan mondial dans le domaine de l’emballage durable, réunissant une expérience et une expertise considérables des deux sociétés ».

Une opération stratégique qui permet à la nouvelle entité, « non seulement, d’élargir son offre de solutions d’emballage, mais également de renforcer son engagement en matière de durabilité ».

« Smurfit Kappa a apporté une exécution opérationnelle et des innovations de premier plan en tant que leader européen dans le carton ondulé et le containerboard (carton-caisse), avec une présence importante des panaméricains. WestRock, de son côté, a apporté un leadership dans l’emballage ondulé et de consommation, ainsi qu’une forte présence aux États-Unis, au Canada, au Brésil, au Mexique et en Asie », nous explique Mounir Naciri, PDG de Smurfit Westrock Maroc.

Dans cet entretien, le PDG de la filiale marocaine décrit comment l’intégration des deux entités va transformer le paysage de l’emballage durable, tout en répondant aux défis spécifiques du marché marocain.

Médias24 : La fusion de Smurfit Kappa et WestRock est désormais actée. Comment prévoyez-vous de maximiser les synergies en termes de coûts, de revenus et d’expansion géographique ? Et, surtout, qu’est-ce que cela va changer pour la filiale marocaine ?

Mounir Naciri : Avec l’achèvement de la fusion entre Smurfit Kappa et WestRock, désormais opérant sous le nom de Smurfit Westrock et listé aux Bourses de Londres et de New York, nous entrons dans une nouvelle ère pour l’industrie mondiale de l’emballage durable.

Cette combinaison stratégique positionne Smurfit Westrock comme un leader incontesté du secteur au niveau mondial. Avec plus de 500 sites de transformation d’emballage et 63 usines répartis dans 40 pays sur 6 continents, soutenus par une équipe de plus de 100.000 collaborateurs et générant un chiffre d’affaires combiné de 32 milliards d’euros.

Cependant, il est vrai que l’intégration des deux entités représente un défi opérationnel majeur. Smurfit Westrock doit aligner les opérations et les systèmes tout en conciliant des cultures d’entreprise distinctes. Cela exige une planification minutieuse et un leadership fort.

Ceci dit, la fusion offre une opportunité unique de s’étendre davantage sur de nouveaux marchés. Ici, au Maroc, elle offre un accès direct aux innovations mondiales tout en nous permettant de répondre aux besoins et attentes spécifiques de nos clients locaux. Pour Smurfit Westrock Maroc, il s’agit d’une véritable opportunité de croissance accélérée.

– Quelles sont les nouvelles opportunités de marché qui découlent de la fusion ?

– En unissant nos forces, Smurfit Westrock bénéficie d’une expansion géographique considérable, nous permettant d’atteindre de nouveaux clients et de répondre à la demande mondiale croissante d’emballages durables.

Cette fusion est également un catalyseur d’innovation. La nouvelle entreprise dispose désormais des capacités de recherche et développement les plus sophistiquées et étendues de l’industrie. En combinant les ressources et expertises des deux entités, nous accélérons le développement de solutions d’emballage encore plus respectueuses de l’environnement, adaptées aux besoins variés de nos clients dans des secteurs tels que l’alimentation, la santé et le e-commerce.

Nous n’envisageons pas de fermetures d’usines ; au contraire, il s’agit d’une opportunité de développementDe plus, les synergies opérationnelles résultant de cette fusion offrent des avantages indéniables. En rationalisant nos processus, nous optimisons nos ressources. Cela confère à Smurfit Westrock un avantage concurrentiel non seulement financier, mais également en termes d’efficacité et de réactivité face aux évolutions du marché.

– Envisagez-vous un redéploiement géographique et/ou de capacités de production de vos usines dans le cadre de la fusion ?

– La priorité immédiate est de réussir l’intégration des activités de Smurfit Kappa et de Westrock. Nous n’envisageons pas de fermetures d’usines ; au contraire, il s’agit d’une opportunité de développement.

Smurfit Westrock continue d’examiner le marché pour des opérations inorganiques qui pourraient renforcer ses activités ainsi que sa position dans les régions émergentes, en particulier sur des marchés clés comme l’Afrique et l’Asie.

– Justement, quels sont vos projets sur les marchés marocain et africain ?

– Nous avons de grandes ambitions pour renforcer notre présence au Maroc et à travers l’Afrique, en capitalisant sur les tendances clés de l’industrie de l’emballage.

Avec la montée du e-commerce et la demande croissante pour des solutions d’emballage durables, nous visons à augmenter significativement notre capacité de production.

Nous prévoyons également de nouer des partenariats stratégiques, tant avec des acteurs locaux qu’internationaux, afin de développer des solutions d’emballage innovantes et écologiques, spécifiquement adaptées aux réalités et exigences des marchés marocain et africain.

Il est important de noter que, grâce à notre filiale stratégique Smurfit Westrock Securities Concepts, nous sommes leaders dans les solutions d’identité biométrique, fabriquant des passeports, cartes d’identité, timbres, etc., pour plusieurs pays africains, comme la Tanzanie.

L’usine de Rabat est notre premier projet sur le continent, et également notre premier projet Green Field depuis près de trente ans.

–  Votre premier investissement en Afrique, s’est fait au Maroc …

– Effectivement. Smurfit Westrock a choisi le Maroc pour son premier investissement en Afrique en raison de plusieurs facteurs stratégiques qui démontrent le fort potentiel de ce marché. Tout d’abord, le Maroc bénéficie d’une économie dynamique et en croissance, soutenue par un environnement favorable aux investissements étrangers, notamment grâce au soutien proactif des autorités locales, qui a joué un rôle clé dans notre décision.

Notre usine à Rabat, inaugurée en juillet 2023, représente un investissement de plus de 40 millions d’euros et marque une étape significative dans notre stratégie africaine. Il s’agit de notre premier projet sur le continent, et également de notre premier projet Green Field depuis près de trente ans. Le site de 25.000 m² est conçu pour produire des solutions d’emballage innovantes et durables, avec un accent particulier sur la réduction de l’empreinte carbone. Grâce à l’installation de 1.500 panneaux solaires, l’usine est en mesure de couvrir plus de 55% de nos besoins énergétiques à partir de sources renouvelables.

Le Maroc, avec sa position géographique stratégique et ses infrastructures de haute qualité, est une plateforme idéale non seulement pour desservir le marché local, mais aussi pour se développer dans la région africaine.

De plus, cet investissement a permis de créer environ 400 emplois, directement et indirectement.

– Comment se porte donc votre activité au Maroc ?

– Les opérations de Smurfit Westrock au Maroc connaissent une croissance dynamique et prometteuse avec des installations à Rabat, Tanger, Agadir, Casablanca et Larache.

Notre usine ultramoderne à Rabat, jouant un rôle central dans notre stratégie régionale, est un véritable hub de production.

Nous constatons une demande croissante pour des emballages respectueux de l’environnement, notamment dans le secteur agroalimentaire.

– La nouvelle loi de l’UE sur les emballages en carton destinés à l’agriculture risque de durcir les réglementations. Quels changements anticipez-vous, et comment cela pourrait-il affecter le secteur de l’emballage agricole au Maroc ?

– La récente législation de l’UE sur les emballages (PPWR) introduit des normes plus strictes en matière de durabilité. Ces réglementations exigent des améliorations significatives des pratiques d’emballage pour minimiser l’impact environnemental. Pour les entreprises marocaines, et en particulier le secteur agricole, cela représente un défi considérable, mais aussi une opportunité de se démarquer grâce à l’innovation.

Pour le secteur de l’emballage agricole au Maroc, cela signifie un besoin d’adaptation rapide aux nouvelles normes tout en investissant dans des solutions innovantes. Les entreprises locales devront non seulement se conformer aux exigences européennes, mais aussi anticiper les attentes croissantes en matière de durabilité et d’efficacité. Cette transition pourrait stimuler la modernisation du secteur et ouvrir de nouvelles voies pour l’exportation et la compétitivité sur les marchés internationaux.

Nous croyons fermement que nous pouvons aider les exportateurs marocains à résoudre ces problèmes et les accompagner dans leur transition afin de se conformer aux réglementations de l’UE, étant donné que Smurfit Westrock fait partie du club des 50 meilleurs leaders industriels européens.

– Que propose Smurfit Westrock pour aider les agriculteurs marocains à se conformer à ces nouvelles réglementations ?

– Nous travaillons déjà avec nos clients sur des emballages qui répondent aux nouvelles exigences réglementaires tout en réduisant leur empreinte carbone. Nous avons développé une gamme complète de solutions d’emballage durables conformes aux normes les plus strictes, ce qui permet de répondre aux exigences environnementales et de traçabilité imposée par l’UE.

De plus, Smurfit Westrock met en œuvre des programmes de formation et un soutien technique pour aider les agriculteurs et les exportateurs à comprendre et à adopter ces nouvelles pratiques. Ces initiatives incluent des sessions de sensibilisation aux normes internationales et des conseils pratiques sur la gestion de l’emballage durable, ainsi que l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement pour réduire les coûts tout en respectant les critères réglementaires.

L’objectif est de faciliter une transition réussie vers des pratiques agricoles durables en fournissant à nos partenaires les outils et les connaissances nécessaires pour se conformer aux nouvelles réglementations européennes tout en améliorant leur compétitivité sur les marchés internationaux.

– En raison de la fusion et ses implications, envisagez-vous un changement de stratégie sur le marché marocain ?

– Notre stratégie est claire : être le partenaire de choix des clients en apportant au marché marocain l’expertise et les innovations de Smurfit WestRock. Notre ambition est de contribuer à la transformation de l’industrie au Maroc et en Afrique, en rompant avec les modèles traditionnels. Nous voulons faire de notre investissement au Maroc une référence pour le secteur, et pour inspirer les investisseurs intéressés par la région, et plus largement, l’Afrique.

Agroalimentaire : Teralys, filiale d’Al Mada, acquiert le groupe italien Nutkao

Selon un communiqué de la holding Al Mada, « la transaction sera finalisée après l’obtention des autorisations administratives de rigueur ».

La même source indique que le groupe Nutkao a été fondé en 1982, comme acteur spécialisé dans la production et la distribution de produits à base de cacao, de noisette et de pistache. Ce groupe détient des unités de production en Italie, mais aussi en Belgique et aux États-Unis, et dispose d’une unité de transformation du cacao au Ghana.

Selon la même source, Nutkao commercialise dans 80 pays une large gamme de produits répondant notamment aux nouvelles tendances de consommation, en s’appuyant sur une forte capacité d’innovation.

« Cette acquisition s’inscrit pleinement dans la stratégie de Teralys d’investir à long terme dans des projets structurants pour l’agro-industrie en favorisant la mise en valeur des ressources africaines et en développant davantage les productions locales », poursuit Al Mada.

« Elle fait suite à l’acquisition, en 2023, du groupe sénégalais Patisen et permettra la mise en œuvre de synergies industrielles et commerciales entre les deux groupes. Teralys aura également pour ambition de poursuivre le développement de Nutako par le lancement de nouveaux produits et le renforcement sur certains marchés, notamment en Afrique », conclut le communiqué.

Produits alimentaires. Le SIAL Canada, témoin des ambitions marocaines à l’export

MONTRÉAL. Près d’un an après avoir été l’invité d’honneur du Summer Fancy Food Show à New York, la gastronomie marocaine rayonne à nouveau sur le continent nord-américain à l’occasion du Salon international de l’alimentation au Canada (SIAL), organisé du mercredi 15 au vendredi 17 mai au Palais des congrès de Montréal.

Le SIAL a pour vocation de façonner l’avenir de l’alimentation. Et le Maroc compte bien obtenir sa part du gâteau, même au-delà du Canada. « C’est un salon qui aura un impact sur l’ensemble du marché nord-américain« , assure Ghita El Ghorfi, directrice générale de Morocco Foodex, l’Établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations.

Catalyseur des affaires agroalimentaires, cet événement rassemble plus de 1.000 exposants internationaux venus de 44 pays avec pour objectif principal de séduire quelques-uns des 20.000 visiteurs professionnels qui circulent entre les allées et les stands, en quête de juteuses opportunités commerciales.

Idéalement situé pour attirer un maximum de clients potentiels, le pavillon du Maroc (223 m²) regroupe 18 exportateurs issus de différentes filières, allant des grandes entreprises de biscuiteries pour qui cela n’a quasiment plus de secrets, aux petites structures familiales naissantes mais qui ont de grandes ambitions.

Pour tous ces acteurs, le SIAL est considéré comme une aubaine en vue de renforcer ou de créer un attrait pour leurs produits, en surfant sur la dynamique commerciale qui lie le Royaume au Canada. « Cette présence souligne l’engagement du Maroc à favoriser les relations commerciales mondiales, à partager ses produits alimentaires innovants et à renforcer l’attrait international de ses saveurs », confirme Tony Melis, directeur général du SIAL Canada.

Inauguration du pavillon marocain au SIAL. De gauche à droite : Nicolas Trentesaux, directeur général du SIAL Network ; André Lamontagne, ministre québécois de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation ; Ghita El Ghorfi, directrice générale de Morocco Foodex ; Souriya Otmani, ambassadrice du Maroc au Canada ; Tony Melis, directeur général du SIAL Canada.

4e partenaire économique et commercial du Canada en Afrique

Le Maroc est le 4e partenaire économique et commercial du Canada en Afrique, avec un volume d’échanges qui s’élève à plus de 1,4 milliard de dollars canadiens par an (10,2 MMDH). « La valeur des exportations marocaines agroalimentaires vers le Canada a dépassé les 3 millions de dollars (21,8 MDH), marquant une hausse notable de 47% par rapport à la période précédant la pandémie de Covid-19″, assure Souriya Otmani, ambassadrice du Maroc au Canada.

Outre les 80.000 tonnes d’agrumes (clémentines et mandarines) exportées chaque année vers le Canada, « nous souhaitons également promouvoir d’autres produits agricoles, que ce soit des produits frais, en conserve, de l’huile d’olive de table ou encore des produits de la mer qui sont peu présents sur le marché canadien », explique la directrice générale de Morocco Foodex.

Dans cette optique, une bonne connaissance du marché cible est indispensable, surtout au regard de ses spécificités. « Le marché canadien est unique », souligne notre interlocutrice. « Beaucoup de nos produits sont distribués dans des chaînes de distribution communautaires marocaines. Nous souhaitons élargir nos circuits de distribution pour atteindre tous les consommateurs canadiens et non canadiens. »

Selon le dernier recensement en date, la diaspora marocaine au Canada se chiffre à près de 104.000 personnes. « Les statistiques du Maroc indiquent que sa diaspora se situe davantage autour de 300.000 personnes« , précise le gouvernement du Canada. En raison de la barrière linguistique, la principale province d’accueil de ces ressortissants demeure le Québec, en particulier la région de Montréal.

Établir durablement une image de marque

Ces caractéristiques nécessitent des mesures d’accompagnement ciblées. En plus de la présence remarquée du Royaume lors de cet événement, qui offre une visibilité aux produits marocains savoureux,  il s’agira également d’organiser des voyages d’affaires pour les investisseurs canadiens au Maroc afin qu’ils soient convaincus de la qualité et des normes de production et de transformation pratiquées dans le pays.

D’ailleurs, suite à une visite dans le Souss, André Lamontagne, ministre québécois de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation, s’est dit impressionné par le processus de production d’huile d’argan et par la mobilisation communautaire engendrée par cette activité, d’une importance socio-économique cruciale.

En somme, la stratégie de Morocco Foodex représente autant un défi que l’opportunité d’établir durablement une image de marque afin de créer des débouchés supplémentaires pour les producteurs et exportateurs agroalimentaires marocains. « C’est une mission de longue haleine. Il faut capitaliser sur des événements comme le SIAL pour se faire connaître afin d’obtenir des résultats tangibles dans quelques années », conclut Ghita El Ghorfi.

Agroalimentaire : la compétitivité, principal « driver » d’un secteur appelé à augmenter sa valeur ajoutée

Le secteur agroalimentaire, qui représente un pan crucial de l’économie nationale, n’a pas été épargné par la hausse généralisée des prix au cours des dernières années. De plus, l’amont de cette branche industrielle, à savoir le secteur agricole, fait face aux enjeux liés à la durabilité et aux conséquences du réchauffement climatique (sécheresse, manque d’eau, etc.). Lors du SIAM qui s’est tenu du 22 au 28 avril à Meknès, Médias24 est allé à la rencontre de Eyad Sobh, président de la Commission du commerce extérieur de la Fédération nationale de l’agroalimentaire (Fenagri) regroupant une vingtaine d’associations sectorielles..

Selon notre interlocuteur, en 2023, le secteur, qui représente le quart de la production industrielle nationale, a généré un chiffre d’affaires de plus de 160 MMDH dont 40 MMDH à l’export. « Le premier défi de notre industrie est celui de la compétitivité », fait-il savoir. Et d’expliquer en substance : « Le marché marocain est ouvert. Il abrite une concurrence âpre. Beaucoup d’acteurs étrangers sont présents à la fois sur le marché domestique et dans les autres marchés internationaux où les opérateurs marocains sont également présents. » Selon Eyad Sobh, pour qui le prix et les capacités de production sont déterminants en matière de compétitivité, les produits agroalimentaires fabriqués au Maroc doivent être de meilleure qualité.

Dans l’optique de doper la compétitivité de ses membres, la Fenagri s’évertue à lever plusieurs obstacles. Pour ce faire, un contrat-programme a été mis en place grâce à l’étroite collaboration entre la Fenagri et le ministère de l’Industrie. Selon notre interlocuteur, la stratégie découlant du contrat-programme dénombre plusieurs piliers importants que sont l’export, la promotion du « made in Morocco », les compétences et les ressources humaines.

« Nous devons avoir des ressources humaines compétentes, capables de renforcer la compétitivité du secteur ainsi que les parts de marché à l’international », soutient-il. Et de conclure: « Au cours des prochaines années, notre industrie doit augmenter sa valeur ajoutée. »

 

Dumping. Voici comment les importations de conserves de tomates d’Égypte ont impacté le marché national

La hausse des importations en dumping des conserves de tomates originaires d’Egypte a engendré des dommages très importants pour la branche de production nationale, entravant ainsi son développement.

Cette situation a impacté les ventes du produit local, qui ont baissé de presque 14%, les parts de marché de la production nationale qui ont également baissé, en plus d’exercer une pression néfaste sur les prix pratiqués à la vente des produits nationaux, et d’impacter à la baisse les emplois, indique le rapport de la requête antidumping préparé par la Fédération nationale de l’agroalimentaire (Fenagri), qui représente la branche de production nationale portée par trois acteurs principaux, dont Médias24 détient copie.

L’écart entre les prix des produits importés d’Égypte et les produits locaux continue de se creuser

Ces importations ont eu deux effets importants sur la production nationale. Le premier, sur les prix intérieurs des conserves de tomate, et le second, sur la situation générale de la branche nationale de production.

En ce qui concerne les prix, pour démontrer le dommage sur le marché national, les trois acteurs du secteur de la conserve de tomate, à savoir Les Conserves de Meknès, Les Conserveries marocaines Doha et Moroccan Food Processing (MFPO), avec le soutien de la Fenagri, ont comparé les prix de vente moyens de la branche de production nationale aux prix des produits importés sur la période allant de 2018 à 2022.

Ils ont ainsi constaté que les prix pratiqués pour les produits importés d’Egypte sont, d’une part, plus bas que ceux des marques nationales et, d’autre part, que l’écart se creuse d’année en année, passant de 13% à 35% entre 2018 et 2022.

Dans un deuxième temps, et pour le cas des importateurs indépendants sur le marché national (vente directe sortie port au point de vente), la comparaison a été faite sur la base du prix sortie douane, majoré des frais d’approche de 3%. La sous-cotation est d’autant plus importante. Elle a évolué de 30% à 49% au cours de la période 2018-2022.

Arrêt de la commercialisation des marques « Mabrouka » et « La Chaîne »

Selon ledit rapport, les prix de vente du produit fabriqué localement ont stagné, excepté durant l’année 2022, qui a connu une inflation de l’ensemble des coûts des matières premières, des emballages et de l’énergie (fuel). Malgré cette hausse, la branche nationale a été contrainte de freiner l’augmentation raisonnable de ses prix de vente.

La pression exercée par les importations à bas prix sur les prix intérieurs empêche ainsi l’augmentation logique et raisonnable des prix, et aboutit à des marges négatives qui ne permettent pas aux trois opérateurs de maintenir leur pérennité, en particulier avec la hausse des prix des intrants.

Pire, cette situation a entraîné l’abandon de deux marques similaires en 2020-2021, à savoir la marque « Mabrouka » de Doha et « La Chaîne » de Moroccan Food Processing.

Cette situation représente également une menace pour le reste des opérateurs (chinois, italiens et espagnols), qui ont été poussés à changer de positionnement marketing et à faire évoluer qualitativement les produits et les marques commercialisés.

Baisse de la production et de la capacité de production

Le premier impact de l’augmentation des importations en dumping des conserves de tomates d’Egypte sur la branche de production nationale, de manière générale, a trait à la production et à la capacité de production des acteurs nationaux.

Selon les éléments de la requête, la production de la branche nationale a augmenté de 5,6% entre 2018 et 2020 avant d’enregistrer une régression de 10,5% en 2021 et de 5,9% en 2022.

Cette diminution est, entre autres, causée par la hausse des coûts de production de la branche nationale, de 4,1% en 2019 et de 9,1% en 2022, laquelle s’explique par plusieurs facteurs, notamment la hausse des coûts de la matière première et de l’emballage, le coût de l’énergie, ainsi que l’augmentation du SMIG de 10%. Par ailleurs, en l’absence de visibilité, les trois acteurs ont également préféré réduire leur production pour éviter l’accumulation des stocks du fait du caractère alimentaire du produit.

La baisse de la production a, par ricochet, engendré une nette dégradation de la part de marché de la branche nationale dans la consommation locale. Celle-ci, qui s’élevait à 67% en 2018, a atteint 59% en 2022, soit une perte de huit points en quatre ans. Les parts de marché des importations en dumping originaires d’Egypte ont pour leur part augmenté dans des proportions très importantes, passant de 19% en 2018 à 29,4 % en 2022.

En ce qui concerne la capacité de production, elle a également enregistré une tendance baissière de 60% en 2018 à 53% en 2022, alors que les importations en dumping d’origine égyptienne ont connu une forte croissance de 50,4% entre 2018 et 2022, passant de 4.915 tonnes en 2018 à 7.394 t en 2022.

La requête souligne ainsi une sous-utilisation importante de l’outil productif, ce qui engendre des charges de fonctionnement plus importantes en l’absence d’un régime d’utilisation optimale. De ce fait, les investissements liés à l’augmentation de la capacité ont été gelés.

Pour ce qui est de la consommation nationale, elle a diminué de 1,6% entre 2018 et 2022, tandis que les ventes de la production locale ont chuté de 13,8%.

Baisse de 33% des emplois permanents

En outre, les trois acteurs relèvent une baisse significative des emplois permanents, estimée à 33% entre 2018 et 2022, notamment à cause de la baisse des niveaux de production et de vente. Au lieu de créer davantage d’emplois permanents, ils ont préféré recourir à l’intérim.

Or, le nombre d’emplois et la masse salariale représentent un indicateur majeur des dommages créés par la concurrence déloyale. La branche de production nationale n’a donc pas réussi à maintenir ses emplois depuis 2018.

Tous les éléments présentés au ministère de l’Industrie, en plus d’autres analyses réalisées, ont incité ce dernier à envisager l’application d’un droit antidumping provisoire de 29,93% sur les importations de conserves de tomate d’Egypte.

Alerte en Europe sur des fraises marocaines contaminées à l’hépatite A

Une alerte sanitaire du Rapid Alert System for Food and Feed (RASFF) a été déclenchée suite à une notification émise le 4 mars 2024 par l’Espagne, faisant état de la détection de la présence du virus de l’hépatite A dans des fraises importées du Maroc. Selon la même source, les analyses ont révélé un risque qualifié de « sérieux ».

Une source professionnelle nous affirme que les exportations de fraises marocaines ont été bloquées durant 12 heures, avant que l’ONSSA n’intervienne pour situer le problème et établir des « mesures correctives ». Selon notre source, les exportations ont repris le mercredi soir.

Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’hépatite A est une inflammation du foie dont l’évolution peut être bénigne ou grave. Le virus de l’hépatite A (VHA) se transmet par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés ou par contact direct avec une personne infectée.