Aïd al-Adha : grâce royale au profit de 1.526 personnes

Voici le texte du communiqué :

« À l’occasion de l’Aïd al-Adha de cette année 1446 H – 2025 G, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu perpétue sa gloire, a bien voulu accorder sa grâce à un ensemble de personnes condamnées par différents tribunaux du Royaume. Ces personnes sont au nombre de 1.511 et se présentent comme suit :

* Les bénéficiaires de la grâce royale qui sont en détention sont au nombre de 1.305 détenus se répartissant comme suit :

– Grâce sur le reliquat de la peine d’emprisonnement ou de réclusion au profit de 72 détenus.

– Remise de la peine d’emprisonnement ou de réclusion au profit de 1.229 détenus.

– Commutation de la peine perpétuelle en peine à temps au profit de 4 détenus.

* Les bénéficiaires de la grâce royale qui sont en liberté sont au nombre de 206 personnes se répartissant comme suit :

– Grâce sur la peine d’emprisonnement ou son reliquat au profit de 71 personnes.

– Grâce sur la peine d’emprisonnement avec maintien de l’amende au profit de 6 personnes.

– Grâce sur la peine d’amende au profit de 115 personnes.

– Grâce sur la peine d’emprisonnement et d’amende au profit de 12 personnes.

– Grâce sur la peine d’amende et le reliquat d’emprisonnement au profit de 2 personnes.

En cette heureuse occasion, Sa Majesté le Roi, que Dieu le préserve, a bien voulu accorder sa grâce à des détenus condamnés dans des affaires d’extrémisme et de terrorisme, qui ont obtenu l’approbation royale après avoir officiellement exprimé leur attachement aux constantes et aux sacralités de la Nation et aux institutions nationales, révisé leurs orientations idéologiques et rejeté l’extrémisme et le terrorisme. Ils sont au nombre de 15 personnes, se répartissant comme suit :

– Grâce sur le reliquat de la peine privative et de la peine d’amende au profit de 5 détenus.

– Remise de la peine privative au profit de 10 détenus. Puisse Dieu garder Sa Majesté le Roi, source de clémence et de miséricorde, perpétuer Sa gloire et préserver Son Altesse royale le prince héritier Moulay El Hassan ainsi que tous les membres de la famille royale ».

Le Roi accomplira la prière de l’Aïd al-Adha à la mosquée Hassan II à Tétouan

Voici la traduction de ce communiqué :

« Le ministère de la Maison royale, du Protocole et de la Chancellerie annonce que Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, que Dieu l’assiste, accomplira, demain samedi 10 Di Al Hijja 1446 de l’Hégire correspondant au 7 juin 2025, la prière de l’Aïd al-Adha béni à la mosquée Hassan II de la ville de Tétouan.

La prière de l’Aïd sera diffusée en direct sur les ondes de la radio et à la télévision à partir de 11 h 00 ».

Casablanca : horaires spéciaux des bus pour Aïd al-Adha

Le samedi 7 juin, premier jour de l’Aïd, les bus débuteront leur service à partir de 10 h 30 et assureront des trajets jusqu’à 21 h 00.

Le lendemain, dimanche 8 juin, le service reprendra plus tôt, dès 7 h 00 du matin, pour s’achever également à 21 h 00. Ces horaires correspondent à un planning spécifique conçu pour cette période exceptionnelle.

Le centre de service clientèle d’Alsa observera les mêmes horaires que les bus :

Parallèlement, l’agence commerciale située sur l’avenue des Nations Unies ouvrira exceptionnellement :

Retour à la normale dès lundi

Alsa précise que les horaires habituels de l’ensemble de ses services seront rétablis à partir du lundi 9 juin 2025.

Cette initiative vise à assurer la continuité du service public tout en tenant compte du rythme particulier de la ville durant l’Aïd, période durant laquelle la mobilité des citoyens connaît des modifications importantes.

Aïd al-Adha : les détenus autorisés à recevoir des visites familiales, pas de panier-repas

Un programme alimentaire spécial sera mis en place pour les détenus à cette occasion, annonce la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), dans un communiqué.

Dans le cadre de la célébration de Aïd al-Adha et compte tenu de la portée religieuse et sociale profonde de cette fête au sein de la société marocaine, il a été décidé de célébrer cet évènement dans les établissements pénitentiaires sans procéder au rituel du sacrifice, conformément au message du Roi Mohammed VI au sujet de l’abstention d’accomplir le rite du sacrifice de l’Aïd, relève le communiqué.

Aïd al-Adha : le lundi 9 juin férié pour l’ensemble des salariés des banques

Dans un communiqué diffusé ce mardi 3 juin, le GPBM précise que chaque banque se chargera d’informer individuellement ses collaborateurs ainsi que sa clientèle de cette fermeture exceptionnelle.

Afin d’assurer la continuité des services et de répondre aux besoins des citoyens durant cette période, le groupement souligne que les banques prendront toutes les dispositions nécessaires sur l’ensemble du territoire national. Il s’agira notamment d’assurer l’approvisionnement en quantités suffisantes de billets de banque pour permettre l’alimentation continue des guichets automatiques de banque (GAB).

De plus, une attention particulière sera portée à la continuité du bon fonctionnement de ces guichets, avec la mobilisation des ressources humaines et techniques appropriées pour pallier tout éventuel dysfonctionnement technique.

Le département du chef du gouvernement fut le premier à décréter le lundi 9 juin jour férié et de manière exceptionnelle pour les administrations de l’État et les collectivités territoriales.

La CGEM a elle aussi appelé ses membres à suivre l’exemple du secteur public et à déclarer férié le lundi 9 juin.

L’ONCF déploie un dispositif spécial Aïd al-Adha

Ce dispositif « Spécial Aïd al-Adha » prévoit la programmation de trains supplémentaires, portant l’offre à environ 237 trains par jour, avec un renforcement ciblé sur les destinations les plus sollicitées, indique l’ONCF dans un communiqué.

Pour le train « Al Boraq », il s’agit de la mise en place d’une cadence horaire de 6h à 22h (hormis 13h) reliant Tanger à Kenitra, Rabat et Casablanca durant les jours de forte affluence, avec un accroissement de la capacité des places offertes sur les créneaux les plus sollicités.

Concernant le train « Al Atlas », l’ONCF renforce les capacités des trains, avec une programmation de trains supplémentaires sur les principaux axes du réseau ferroviaire Marrakech-Casa-Fès, Oujda, Nador, Khouribga et Safi.

Ce nouveau dispositif « Spécial Aïd al-Adha » prévoit également le renforcement des équipes d’accueil et d’orientation en gares et à bord des trains, ainsi que la mobilisation des équipes techniques 24h/24 et 7j/7, pour garantir le bon déroulement du trafic.

En cette période de forte affluence, l’ONCF recommande à ses clients d’anticiper l’achat des tickets de train et de privilégier la formule Aller-Retour afin d’éviter les files d’attente en gare et de garantir une place assise à bord.

Les billets sont disponibles via les différents canaux de vente ONCF (guichets ou au niveau des distributeurs automatiques de tickets au niveau des gares ; en ligne sur le site marchand « www.oncf-voyages.ma », via l’application mobile « ONCF VOYAGES », ou auprès des agences partenaires de la vente de proximité (Cash Plus, Barid Cash et Tasshilat).

Abattage suspendu, marchés fermés : ce que prévoient quelques communes pour Aïd al-Adha

Plusieurs communes ont annoncé des mesures exceptionnelles encadrant l’abattage des animaux et la vente de bétail, dont la commune d’Agadir, qui vient d’annoncer une série de mesures temporaires liées à l’activité d’abattage en amont de Aïd al-Adha. Des dispositions qui visent à « encadrer les pratiques sanitaires et logistiques en cette période sensible ».

À travers un communiqué officiel publié le lundi 2 juin, la commune d’Agadir a informé la population que l’abattage d’ovins et de caprins sera interdit du 2 au 5 juin au soir. Durant cette période, seuls les bovins pourront être légalement abattus.

En parallèle, les abattoirs municipaux d’Agadir seront fermés à titre exceptionnel « les vendredi 6 et samedi 7 juin 2025″, soit la veille et le jour de la fête de Aïd al-Adha ». L’activité reprendra normalement le dimanche 8 juin.

« La commune exhorte l’ensemble des citoyens à se conformer à ces mesures, en espérant leur collaboration pour ce qui est de l’intérêt général », conclut le communiqué.

Sidi Bouathmane : fermeture de l’espace de vente de bétail au marché hebdomadaire à partir du 2 juin

La commune de Sidi Bouathmane, à 40 km de Marrakech, a pour sa part annoncé la fermeture de l’espace de vente de bétail (rahba) au sein de son souk hebdomadaire, connu sous le nom de souk lathnine Sidi Bouathmane, et ce, le lundi 2 juin.

Cette décision intervient « en conformité avec les hautes directives royales invitant les citoyens à ne pas accomplir le rite du sacrifice de l’Aïd cette année », précise l’arrêté.

L’exécution de cet arrêté est confiée aux autorités locales, à la Gendarmerie royale ainsi qu’au représentant de la société Aswak Marrakech SARL, gestionnaire du marché hebdomadaire de Sidi Bouathmane, chacun dans son domaine de compétence.

Kasba Tadla : interdiction d’accès du bétail au marché hebdomadaire et fermeture de l’abattoir communal

La commune de Kasba Tadla, dans la région de Béni Mellal-Khénifra a, elle aussi, annoncé des mesures restrictives concernant l’accès au bétail et le fonctionnement de son abattoir en prévision de la période de l’Aïd.

Selon l’avis signé par le président du conseil communal, Ouafi El Kebir, l’entrée du bétail à l’espace de vente dédié au marché hebdomadaire de la ville de Kasba Tadla sera totalement interdite à compter du lundi 2 juin.

De plus, l’abattoir communal de la ville sera fermé à partir du jeudi 5 juin jusqu’au mercredi 11 juin inclus.

Ces décisions s’inscrivent, selon l’avis, dans le sillage de l’appel lancé par le Roi Mohammed VI, exhortant les citoyennes et citoyens à ne pas accomplir le rite du sacrifice de l’Aïd cette année. Cet appel visait à préserver et à reconstituer le cheptel national, fortement affecté par la sécheresse persistante.

En réponse, le gouvernement a annoncé un vaste programme de soutien à la reconstitution de ce cheptel qui prévoit notamment le rééchelonnement des dettes des éleveurs, ainsi qu‘une subvention directe à l’alimentation du bétail.

La CGEM appelle le secteur privé à faire du lundi 9 juin un jour férié

L’appel, signé par Chakib Alj et adressé aux membres de la CGEM, prie les entreprises du secteur privé, « dans la limite du possible », de déclarer fériée la journée du lundi 9 juin à l’occasion de Aïd al-Adha.

Vendredi dernier, le gouvernement avait pris une décision similaire pour les fonctionnaires et les salariés des administrations publiques et des collectivités territoriales.

Aïd al-Adha : le lundi 9 juin sera jour férié pour les administrations et les collectivités territoriales

C’est ce qu’indique un communiqué que viennent de diffuser les services du chef du gouvernement.

La décision gouvernementale est basée sur les dispositions de l’article 3 du décret 2.05.916daté du 20 juillet 2005. Ce texte de loi fixe les jours et les horaires de travail dans les administrations publiques et les collectivités locales.

Cette année, Aïd al-Adha aura lieu le samedi 7 juin.

Aïd al-Adha : les abattoirs de Casablanca maintiennent leur activité pour les professionnels, pas d’opération spéciale pour les particuliers

C’est ce qu’affirme un communiqué diffusé dans la soirée du dimanche 11 mai par Casa Prestations en réponse à des « rumeurs véhiculées sur les réseaux sociaux ».

Selon la SDL, les abattoirs de Casablanca vont continuer à fonctionner de manière normale avant et juste après l’Aïd, de sorte à assurer la continuité de l’approvisionnement des marchés en viandes rouges.

« Les abattoirs ne vont pas fermer, sauf durant les deux jours fériés officiels », affirme Aïcha El Abbassy, directrice de la Business Unit Communication au sein de Casablanca Prestations contactée par Médias24. « En dehors de cette période, ils resteront ouverts, mais uniquement pour les professionnels. Il n’y aura pas d’opération exceptionnelle pour les particuliers cette année », précise-t-elle.

Chaque année, une ouverture spéciale était organisée à l’occasion de l’Aïd al-Adha pour permettre aux citoyens d’effectuer leur sacrifice dans un cadre encadré, aux normes d’hygiène. « C’est dans ce cadre que les abattoirs ouvraient exceptionnellement le jour de l’Aïd. Cette année, ce ne sera pas le cas », confirme la responsable.

La responsable rappelle également qu’une période de maintenance est traditionnellement programmée juste après l’Aïd. « D’habitude, après l’Aïd, nous consacrons une période de deux à trois semaines à la maintenance. C’est une étape importante dans notre processus qualité », souligne-t-elle. Et d’expliquer ce choix de calendrier : « C’est la période la plus appropriée pour effectuer ces travaux sans perturber la continuité de l’activité ».

Cependant, cette organisation pourrait être réajustée cette année. « Étant donné les dispositions exceptionnelles, nous ajusterons cette période de maintenance. Cela se fera, comme toujours, en concertation avec les professionnels du secteur », conclut Mme El Abbassy.

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Rétrospective. Ces années où les Marocains ont été invités à s’abstenir du rituel du sacrifice de Aïd al-Adha

Dans une conjoncture difficile où le cheptel national va très mal et où le pouvoir d’achat ne se porte pas mieux, le Souverain s’est adressé au peuple marocain l’invitant à s’abstenir d’accomplir le rituel du sacrifice de Aïd al-Adha. Une initiative pour éviter au pays des séquelles économiques et sociales dont il pourrait payer le prix sur une longue période.

Dans une récente déclaration, Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, a révélé que le cheptel national a reculé de 38% par rapport à 2016.

Dans le passé, le Maroc avait fait face à de telles situations : le cheptel national qui dépérit à cause de longs cycles de sécheresse et le souci d’aménager le pouvoir d’achat des citoyens. Lors de toutes ces années où les Marocains ont été invités à ne pas procéder au rituel du sacrifice pendant les célébrations de Aïd al-Adha, tout s’est passé dans un climat de sérénité, à l’exception de l’année 1981.

L’effort de guerre en 1963 et les mouvements sociaux en 1981

L’Aïd al-Adha de l’année 1963 avait coïncidé avec la Guerre des Sables, premier conflit armé du Maroc indépendant avec l’Algérie. L’économie marocaine ne passait pas par une phase glorieuse et il fallait orienter les (maigres) ressources disponibles à l’effort de guerre, conflit qui, heureusement, n’a pas trop duré. Selon les témoignages de l’époque, tout s’est passé dans le calme et la sérénité.

À l’inverse de l’Aïd de l’année 1981, année marquée par plusieurs mouvements de protestation et de grèves contre des politiques jugées impopulaires.

Feu Hassan II avait décrété qu’il n’y aurait pas de sacrifice. Certains citoyens, dans plusieurs villes, avaient bravé la consigne, et le zèle de quelques agents et auxiliaires d’autorité avaient mis le feu aux poudres, notamment dans des localités enclavées comme Goulmima et ses environs, avec des dizaines d’arrestations après la découverte de deux chiens égorgés et suspendus à l’entrée de deux ksour. Des faits d’arrestations arbitraires et de tortures documentés et consignés, plus de deux décennies plus tard, par l’Instance équité et réconciliation (IER).

Derrière les portes closes

Moins de tensions avaient accompagné une décision similaire de feu Hassan II en 1996. Cette année faisait également partie d’un long cycle de sécheresse, et il fallait préserver le cheptel et le pouvoir d’achat des Marocains. Les pouvoirs publics disposaient d’un précieux outil de sensibilisation avec la télévision, et Hassan II avait dépêché Abdelkébir Alaoui Mdaghri, ancien ministre des Habous et des affaires islamiques, pour expliquer aux Marocains la portée d’une telle décision. Ce qui fut fait avec des références religieuses, mais aussi avec des statistiques qui indiquaient qu’il y avait péril en la demeure. En 1996, expliquait l’ancien ministre sur les ondes, les Marocains avaient besoin de 4,7 millions de têtes d’ovins et de caprins pour les célébrations de l’Aïd. Or, le cheptel était estimé à seulement 3 millions de têtes. Équation très difficile qui n’avait qu’une seule et unique solution : s’abstenir du rituel du sacrifice.

Des témoignages d’époque ne rapportent pas d’incidents significatifs, mais plutôt quelques péripéties anecdotiques : certains citoyens avaient pris toutes les précautions possibles pour égorger le mouton et en dissimuler les traces. D’autres avaient quitté leur domicile pour un séjour rural afin de savourer leur boulfaf loin des yeux et du nez des auxiliaires d’autorité. D’autres encore avaient choisi d’anticiper ou de retarder le sacrifice pour ne pas être inquiétés, sachant toutefois qu’aucune sanction n’était prévue contre eux.

2025 : « Merci Majesté », répondent les Marocains

Le 26 février 2025, le Souverain a appelé les Marocains à s’abstenir du sacrifice. Dès cette annonce, les réseaux sociaux ont été inondés de messages de remerciements au Roi. Car, si les chennaka (intermédiaires et spéculateurs) râlent parce qu’ils vont rater l’occasion de se remplir les poches, les pères de familles modestes sont soulagés de ne pas devoir débourser des sommes d’argent inconsidérées ou de s’endetter davantage pour acquérir un mouton. Sans parler des autres dépenses qui ne sont pas moins conséquentes : épices, accessoires, charbon…

« L’année dernière, j’ai déboursé 6.000 dirhams pour acheter le mouton, alors que ma retraite mensuelle est de 5.300 DH. Cette année, je suis soulagé car je n’en achèterai pas et je ne serai pas dans la gêne vis-à-vis de ma famille », nous confie ainsi un père de famille habitant Tamansourt, dans la banlieue de Marrakech. Un exemple parmi tant d’autres.

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Aïd al-Adha: sans l’abstention du sacrifice, le kilo de viande pourrait atteindre 200 DH

Le 26 février 2025, le Roi Mohammed VI a adressé un appel à la nation, invitant les Marocains à s’abstenir du sacrifice de Aïd al-Adha. Cet appel intervient dans un contexte économique et agricole difficile où le secteur de la viande rouge traverse une crise sans précédent, caractérisée par une flambée des prix liée à une baisse drastique du cheptel national, lequel peine à se reconstituer.

Selon les données du ministère de l’Agriculture, chaque année, Aïd al-Adha entraîne l’abattage d’environ 5,5 millions d’ovins et caprins. Or, ces dernières années, le cheptel a connu un déclin alarmant enclenché lors de la crise du Covid en 2020. Et depuis, il a été difficile de reconstituer le cheptel. Le ministre de l’Agriculture estime que le cheptel a diminué de 38% depuis 2016, conséquence directe des sécheresses successives et de la hausse des coûts d’alimentation du bétail.Célébrer l’Aïd cette année aurait été un suicide pour le secteurDans ce contexte, les professionnels du secteur alertent sur un scénario catastrophique si l’Aïd était célébré comme à l’accoutumée. Interrogés par Médias24, plusieurs acteurs du secteur sont unanimes : « Célébrer l’Aïd cette année serait un suicide pour le secteur« . Une telle fête fragiliserait davantage un cheptel déjà éprouvé, poussant les éleveurs dans un cercle vicieux et provoquant une nouvelle flambée des prix.

L’impact sur les prix : une explosion évitée

L’épargne de 5 millions d’ovins cette année pourrait contribuer à stabiliser un marché déjà fragilisé par la flambée des prix. Le prix du kilogramme de viande ovine, qui oscillait entre 80 et 100 DH, avoisine déjà 120 DH sur le marché de gros de Casablanca et a atteint 150 DH dans certaines régions.

Sans cette mesure, la baisse du cheptel aurait accentué la pénurie, poussant les prix de la viande à un seuil critique de 200 DH le kilogramme, un niveau jamais atteint. Une telle flambée aurait eu des répercussions majeures sur le pouvoir d’achat des ménages et aurait aggravé la situation des petits éleveurs, déjà confrontés à des coûts d’alimentation du bétail en forte augmentation.

Les experts s’accordent sur un fait indéniable : « Si plusieurs millions de têtes de bétail sont sacrifiées, le prix de la viande continuera d’augmenter et le cheptel ne sera, à ce rythme, jamais reconstitué ».

L’appel royal permettrait donc une économie de 5 millions de têtes, donnant ainsi une marge de manœuvre aux éleveurs pour reconstituer progressivement leurs troupeaux et sortir de ce cycle de raréfaction.

Un soulagement social et une décision inspirée par l’intérêt général

Au-delà des considérations économiques, cette décision revêt une dimension hautement sociale et spirituelle. L’abstention au sacrifice de l’Aïd, recommandée par Sa Majesté le Roi, Amir Al-Mouminine, est une application directe du principe de l’intérêt général. Dans des circonstances exceptionnelles comme celles que traverse le Maroc, il est permis de suspendre un rite lorsque cela sert le bien-être collectif.

D’ailleurs, la symbolique de ce geste royal dépasse largement la seule préservation du cheptel. Le Roi Mohammed VI accomplira lui-même le sacrifice en son nom et au nom du peuple marocain, une pratique bien ancrée dans la tradition islamique où l’imam ou le chef de la communauté peut effectuer le sacrifice pour l’ensemble de ses sujets. Ce geste soulage de nombreux citoyens qui, face aux difficultés financières, se trouvaient tiraillés entre la volonté de respecter la tradition et l’incapacité d’en assumer le coût.

Dans de nombreuses familles, l’achat du mouton de l’Aïd représente un poids financier important, voire insoutenable. L’année dernière, le prix moyen d’un mouton oscillait entre 3.000 et 6.000 DH, une somme que beaucoup de ménages ne peuvent se permettre dans le contexte économique actuel.

L’appel royal procure ainsi un véritable soulagement, desserrant la pression sociale liée à l’achat du mouton, souvent perçu comme un impératif moral et communautaire. Cette mesure évite également la stigmatisation des familles qui, par contrainte financière, auraient renoncé au sacrifice. Ainsi, aucun foyer ne se sentira exclu ou en porte-à-faux avec la tradition.