Viandes rouges : les prix restent élevés, malgré un cheptel suffisant et les mesures annoncées

Les prix des viandes rouges avoisinent toujours les 100 DH/kg ou plus dans différentes régions du Maroc.

Au marché de gros de Casablanca, le mercredi 10 septembre, la viande ovine oscillait de 85 à 110 DH/kg, tandis que la viande bovine coûtait de 74 à 94 DH/kg. Chez les bouchers, des marges supplémentaires pouvant atteindre 40 DH/kg sont appliquées, accentuant encore le coût pour le consommateur.

Ces niveaux de prix perdurent depuis plus d’un an, malgré les multiples mesures mises en place par le ministère de l’Agriculture. Une situation dénoncée par les consommateurs, d’autant que le dernier recensement du cheptel national a montré que l’offre est suffisante pour répondre aux besoins du pays, particulièrement pour la viande ovine.

Des marges très élevées et une désorganisation du marché

Joints par Médias24, différents professionnels du secteur pointent toujours les mêmes problématiques, à savoir les spéculations et la désorganisation du marché, mais ajoutent cette fois-ci « le retard de la mise en œuvre des mesures annoncées dans le cadre du programme de reconstitution du cheptel ».

D’après l’une de nos sources, « pour un veau vif, le kilogramme se négocie actuellement autour de 95 DH, tandis qu’un agneau de lait vif atteint jusqu’à 120 DH. Un mouton destiné à l’abattage, d’un poids variant entre 45 kg et 50 kg, coûte pour sa part 95 DH/kg, soit 30 DH de plus qu’il y a quelques mois ».

« Si l’on fait le calcul, un agneau de lait pourrait coûter jusqu’à 1 .700 DH actuellement. Son prix continue d’augmenter, car il est très prisé pour Aïd al-Adha et pourrait atteindre jusqu’à 2.500 DH ».

« Les engraisseurs commencent déjà à acheter leurs moutons en prévision de l’Aïd », nous confie notre source, estimant qu’il est peu probable qu’un nouvel appel à l’abstention du sacrifice soit lancé une deuxième année consécutive.

« Pour le prochain Aïd, les prix pourraient atteindre des niveaux record. Un agneau de lait peut consommer jusqu’à 3.000 DH d’alimentation d’ici cette période, une charge qui doit être compensée lors de sa vente », avertit notre source. « Un engraisseur qui l’achète actuellement à 1.700 DH pourrait donc le vendre à plus de 4.000 DH durant l’Aïd ».

Même constat auprès d’un autre professionnel. « Le lendemain du recensement, le prix du kilogramme d’agneau vif avoisinait 60 DH à 65 DH, alors que chez les bouchers, il dépassait largement les 100 DH/kg », souligne-t-il, pointant les marges appliquées par ces derniers.

Selon notre première source, le problème vient avant tout du circuit commercial. « Le bétail est vendu jusqu’à six reprises avant d’arriver au marché de gros. Le marché est désorganisé et soumis à la spéculation ».

D’autre part, « les marchés de gros souffrent d’un manque d’organisation, notamment de l’absence de certificats de naissance, de décès ou d’abattage, ainsi que le manque de traçabilité… Autant d’éléments qui alimentent la spéculation. Il faut donc s’attaquer au cœur du problème », dénonce l’une de nos sources.

Flambée des prix des aliments

Outre cette problématique structurelle, les professionnels pointent le coût des aliments pour bétail. « L’orge, le tourteau de soja ou encore le maïs ont vu leurs prix s’envoler. L’orge est vendue à 2,80 DH/kg et le tourteau de tournesol entre 2,20 et 2,25 DH/kg. Le blé tendre local coûte 2,20 DH/kg, contre 3,15 DH/kg pour l’importé, subventionné à hauteur de 1 DH par l’État. Au final, l’aliment d’engraissement peut atteindre 3,5 DH/kg ».

« On nous parle de subventions, mais elles tardent à entrer en vigueur. Tout est importé et le coût reste prohibitif pour la majorité des éleveurs, surtout les petits qui représentent 95% du secteur », nous explique-t-on.

« Le prix de l’orge, indispensable pour l’alimentation du cheptel, a bondi de 50% pour atteindre 3 DH le kilogramme », nous confirme une autre source du secteur, « alors que le soutien prévu par l’État devrait le ramener à 1,50 DH/kg ».

En effet, dans le cadre du programme de reconstitution du cheptel, le ministère de l’Agriculture avait annoncé, le 18 juin dernier, la subvention de l’aliment de bétail. L’État prévoit de subventionner l’orge à 1,5 DH/kg (dans la limite de 7 millions de quintaux) et les aliments composés à 2 DH/kg. L’acquisition devait se faire via des appels d’offres lancés par l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL), avec un suivi renforcé de la distribution sur le terrain.

D’après nos sources, aucune de ces mesures n’a encore été réellement mise en œuvre, « ce qui incitera, à terme, certains éleveurs à envisager d’abandonner leur activité ».

Attentes des éleveurs et impact de la sécheresse

Les éleveurs insistent également sur l’urgence de l’appui financier pour les femelles reproductrices.

Toujours dans le cadre du plan de reconstitution du cheptel, le ministère avait prévu une subvention de 400 DH par brebis ou chèvre femelle conservée dans le cheptel pendant une durée déterminée, mais il n’en est toujours rien selon les éleveurs sondés.

« La période actuelle correspond au début des agnelages et à la préparation des brebis à la gestation, qui dure en moyenne un à un mois et demi. Sans une alimentation adéquate avant cette phase, la production pourrait en pâtir. C’est donc le moment opportun pour mettre en œuvre les mesures annoncées, notamment l’aide financière de 400 DH pour chaque femelle identifiée et non abattue », concluent nos sources.

Contacté par Médias24, le ministère de l’Agriculture n’avait pas encore donné suite à notre requête au moment de la publication du présent article.

À suivre…

Aïd al-Adha : les détenus autorisés à recevoir des visites familiales, pas de panier-repas

Un programme alimentaire spécial sera mis en place pour les détenus à cette occasion, annonce la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), dans un communiqué.

Dans le cadre de la célébration de Aïd al-Adha et compte tenu de la portée religieuse et sociale profonde de cette fête au sein de la société marocaine, il a été décidé de célébrer cet évènement dans les établissements pénitentiaires sans procéder au rituel du sacrifice, conformément au message du Roi Mohammed VI au sujet de l’abstention d’accomplir le rite du sacrifice de l’Aïd, relève le communiqué.

Aïd al-Adha 2026 : l’ONSSA prépare dès à présent l’identification des bêtes destinées à l’abattage

L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) vient de lancer un appel d’offres pour l’acquisition de matériel et de fournitures pour l’identification des ovins et caprins destinés à l’abattage à l’occasion de Aïd al-Adha 1447.

Les prestations consistent en :

– l’acquisition de 7 millions de boucles en plastique pour l’identification des ovins et caprins ;
– l’acquisition de 1.200 applicateurs desdites boucles.

Selon le cahier des prescriptions spéciales inclus dans l’appel d’offres, les boucles doivent être fournies et présentées d’une manière qui garantit qu’elles soient utilisées pour un animal unique, avec les spécifications suivantes :

– La boucle doit porter le numéro d’identification à affecter à chaque animal.

– Chaque boucle doit être composée d’une partie « mâle » et d’une partie « femelle ». La partie « femelle » sous forme de plaquette et la partie « mâle » sous forme de bouton.

– Le numéro d’identification doit être composé de huit chiffres et porté dans la partie femelle de chaque boucle.

– Les boucles doivent être de couleur jaune.

– Les boucles doivent être inviolables.

– Elles doivent être imprimées au laser avec le numéro visuel à huit chiffres selon la numérotation adoptée.

– L’impression du numéro visuel doit rester lisible pendant au moins 7 années.

– La matière plastique constituant les parties visibles de la boucle (après fermeture des parties mâle et femelle) doit être de couleur unie jaune.

L’applicateur doit quant à lui répondre aux spécifications suivantes :

Le délai d’exécution de l’ensemble des prestations est fixé à deux mois, pour un coût estimé de 8,5 millions de DH.

Aïd al-Adha sera célébré le samedi 7 juin 2025 (officiel)

Dans un communiqué relayé par l’agence MAP, le ministère précise que le croissant lunaire annonçant le mois de Dou Al Hijja de l’an 1446 de l’Hégire n’a pas été observé mardi soir (27 mai).

De ce fait, le mois de Dou Al Qiida 1446 H aura compté 30 jours et le 1er Dou Al Hijja correspondra au jeudi 29 mai 2025.

Aïd al-Adha sera par conséquent célébré le 10 Dou Al Hijja 1446, correspondant au 7 juin 2025.

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Prime de Aïd al-Adha : sans sacrifice, la défiscalisation est-elle maintenue ?

Contactée par Médias24, une source autorisée nous confirme que la défiscalisation de la prime de Aïd Al-Adha reste en vigueur cette année, même si les Marocains ont été invités à s’abstenir du sacrifice.

Autrement dit, une entreprise qui souhaite verser une prime à ses salariés, à l’occasion de Aïd al-Adha, peut toujours le faire dans les conditions habituelles, sans que ce montant soit soumis à l’impôt sur le revenu.

Aïd al-Adha sans sacrifice : interdiction ou encadrement strict ?

Dans un souk rural de bétail, un agent de l’autorité s’adresse à la population par mégaphone, sur un ton destiné à sensibiliser : « Abstenez-vous du sacrifice ; l’abstention est nécessaire pour le cheptel et pour les prochaines années ; vous savez que les prix risquent de monter et que beaucoup de familles n’ont pas les moyens de suivre… » Cette scène et d’autres du même genre sont relayées sur les réseaux sociaux.

Outre cette sensibilisation sur les lieux de vente, il n’y aura pas d’interdiction d’abattage, car le Roi a été clair. Il a lancé un appel, pas une interdiction. Il y aura donc simplement un encadrement strict des pratiques entourant le sacrifice traditionnel : par exemple, la vente de foin ou de bétail dans des garages non autorisés, voire au coin de la rue…

Une nécessité économique vitale

Car cette année, l’Aïd devra se dérouler sans sacrifice. Il s’agit d’un impératif économique, dicté par la situation préoccupante du cheptel national, en déclin continu depuis 2016. Sans l’appel royal à s’abstenir du sacrifice, les brebis reproductrices, en particulier, auraient été massivement abattues pour répondre à la demande.

Sur les réseaux sociaux, l’on assiste à de nombreuses dérives, plusieurs personnes tentant de contourner l’appel royal à l’abstention du sacrifice. À quelques jours de cette fête, nombreux sont ceux qui se précipitent pour acheter un mouton à un prix encore accessible. Certains envisagent même d’abattre leur mouton avant ou après l’Aïd. Mauvais calcul, car les dégâts sur le cheptel sont les mêmes.

D’autres optent plutôt pour l’achat des abats, notamment le foie, les tripes, ou encore la douara. La demande pour cette dernière connaît d’ailleurs une nette hausse, encourageant, indirectement, une multiplication des abattages.

Or, il ne faut pas perdre de vue que la décision royale n’est pas d’ordre religieux. Elle repose essentiellement sur une réalité économique préoccupante, avec pour objectif prioritaire la préservation du cheptel national, et particulièrement les brebis. Procéder à l’abattage, c’est contribuer à aggraver la situation du cheptel ou à freiner sa reconstitution.

38% du cheptel perdus depuis 2016, et flambée des prix de la viande rouge

La crise du Covid-19, suivie de plusieurs années de sécheresse, a fortement impacté le cheptel national, en particulier les ovins, dont les effectifs ont chuté de 38% par rapport à 2016.

Le cheptel a donc connu un déclin alarmant enclenché par la pandémie, rendant sa reconstitution difficile depuis cette date. Dans les années normales, 230.000 têtes étaient abattues par an, contre 130.000 têtes actuellement.

Pire encore, le nombre de femelles reproductrices a chuté à 8,7 millions de têtes en 2024, contre 11 millions en 2016, mettant en péril le renouvellement des effectifs.

Combinée à l’inflation, la raréfaction du bétail a fait grimper les prix de la viande rouge à des niveaux très élevés, rendant le sacrifice difficilement accessible pour de nombreux ménages.

Selon nos informations, poursuivre l’abattage cette année risque d’accentuer la pénurie du bétail, avec des conséquences sur les prix de la viande, qui pourraient atteindre jusqu’à 200 DH/kg. Une telle flambée aurait des répercussions majeures sur le pouvoir d’achat et aggraverait la situation des petits éleveurs, endettés et déjà fortement affectés par la situation actuelle. S’abstenir est donc vital pour reconstituer le cheptel et revenir à un équilibre du marché de la viande rouge.

L’abstention du sacrifice devrait préserver 5 millions de têtes

Il faut savoir qu’en temps normal, les abattoirs contrôlés par les services sanitaires du ministère de l’Agriculture traitent environ 3,5 millions de têtes d’ovins et de caprins par an. En parallèle, près d’un million de bêtes sont abattues en dehors des circuits officiels lors d’événements tels que les baptêmes, le retour du Hajj, les mariages et autres célébrations.

Cependant, la période de Aïd al-Adha constitue un pic de consommation exceptionnel, avec une demande minimale estimée entre 5,5 et 6 millions de têtes. En additionnant cette demande aux besoins annuels habituels, ce sont près de 10 millions de têtes qui auraient été nécessaires pour satisfaire la demande nationale.

Or le cheptel actuel est loin de pouvoir répondre à une telle demande. Pour l’Aïd de cette année, seuls 3 millions de têtes étaient éligibles à l’abattage.

Si la demande devait être satisfaite à tout prix, les autorités chargées du secteur de l’agriculture auraient été contraintes d’abattre des femelles, essentielles à la reproduction et à l’accroissement du cheptel.

L’appel du Roi devrait ainsi permettre de préserver 5 millions de têtes, offrant une marge de manœuvre aux éleveurs pour reconstituer plus vite leurs troupeaux et s’extirper de ce cercle vicieux.

L’interdiction d’abattage des brebis identifiées pour reconstituer le cheptel

Pour permettre une reconstitution du cheptel dans de bonnes conditions, un nouveau programme a d’ailleurs été élaboré par le ministère de l’Agriculture, dont la mise en œuvre a été rendue possible grâce à l’amélioration des conditions climatiques. Ce programme viendra remplacer le dispositif de sauvegarde mis en place jusqu’à présent.

Présenté récemment par le ministre de l’Agriculture, ce programme, lancé sur instructions royales, s’articule autour de cinq axes majeurs, avec un budget global de 3 milliards de DH d’ici la fin de l’année. Il comprend plusieurs mesures d’allégement de dettes, une campagne de vaccination et des aides directes aux éleveurs.

Par ailleurs, 3,2 MMDH sont prévus en 2026 au profit des éleveurs inscrits dans la campagne de préservation des femelles reproductrices. Le ministère a ainsi interdit l’abattage des femelles ovines identifiées à des fins de reproduction jusqu’à mai 2026, afin d’en préserver plus de 8 millions d’ici là.

Pas d’interdiction formelle du sacrifice, mais un encadrement strict

Selon nos informations, si aucune interdiction formelle ne sera imposée aux citoyens, les pratiques habituelles accompagnant l’Aïd, et qui étaient tolérées, seront encadrées cette année.

Certaines pratiques, telles que la vente de foin ou de charbon au coin des rues, la vente de bétail dans des garages à l’intérieur de la ville ou encore le « choua » des têtes de moutons sur les trottoirs, ne seront pas tolérées, afin de maintenir l’ordre public et de faire respecter l’esprit de l’appel royal, lequel, rappelons-le, est loin de toute considération religieuse.

Cette décision repose sur une réalité économique nationale qui impose de repenser temporairement les modalités de cette célébration.

Ce qu’il faut donc retenir :

– Le Roi a appelé à s’abstenir du sacrifice cette année.

– L’appel royal a été lancé en raison de la situation du cheptel. C’est donc pour des raisons économiques et sociales.

– Nous ne constatons pas d’interdiction de l’abattage, mais de la sensibilisation et, selon nos sources, il est prévu une stricte application de la loi concernant les différentes pratiques informelles liées au sacrifice.

Aïd al-Adha sans sacrifice, mais pas sans abats : la consommation s’emballe et les prix explosent

Chez les bouchers, à Casablanca notamment, les prix ont pris l’ascenseur en quelques jours à peine. « Le foie ovin est aujourd’hui à 250 DH le kilogramme », apprend-on auprès de professionnels du secteur, contactés par nos soins. « La douara varie quant à elle entre 450 et 600 DH selon la taille ». Des tarifs jugés très élevés, au regard du pouvoir d’achat des Marocains.

« Certains bouchers obligent les clients à acheter l’ensemble des abats en pack »

Fin février dernier, le Roi Mohammed VI avait appelé le peuple marocain à s’abstenir du sacrifice de Aïd al-Adha après plusieurs années de sécheresse et la flambée des prix des aliments composés. L’objectif étant de permettre la reconstitution progressive du cheptel, tout en évitant une pression supplémentaire sur les éleveurs déjà fragilisés.

Cependant, une autre réalité se profile sur les étals : la demande pour les abats a explosé ces dernières semaines, à l’approche de l’Aïd, entraînant une flambée des prix sans précédent.

Contactés par nos soins, des bouchers à Casablanca nous confirment cette hausse. « Le foie ovin, qui coûtait 150 DH/kg, coûte à présent 250 DH/kg« , nous confirment nos sources. « Le foie bovin coûte quant à lui 200 DH/kg », ajoutent-elles. « La douara varie pour sa part entre 450 et 600 DH selon la taille, tandis que la tête d’agneau est vendue à 100 DH ». 

« De nombreux clients nous assurent qu’ils ont un évènement spécial à célébrer, juste pour qu’on accepte de les servir », nous confie par ailleurs l’un des bouchers contactés.

Interrogés, plusieurs consommateurs affirment pour leur part que, dans certains quartiers de la métropole, le foie d’agneau a atteint les 300 DH/kg. Le foie bovin, quant à lui, se négocie entre 170 et 200 DH/kg. « Pire, certains bouchers refusent désormais de vendre le foie ou la douara séparément, obligeant les clients à acheter l’ensemble des abats en ‘pack’, incluant les intestins et autres parties », nous explique-t-on.

 Les prix continueront à augmenter jusqu’au jour de l’Aïd

Ce phénomène s’explique par le fait que « bien que s’abstenant du sacrifice, une partie de la population veut tout de même goûter à l’ambiance de l’Aïd, notamment à travers les abats : foie, douara, intestins et autres », soulignent les professionnels du secteur.

« Nous-mêmes, bouchers, souhaitions limiter l’abattage local en important du bétail d’Espagne pour couvrir le besoin pour ce Aïd, mais la forte demande pour les abats pousse à l’abattage malgré tout« , déplorent-ils.

Face à cette tendance, nos professionnels lancent un appel à la responsabilité. « Il existe d’autres alternatives, notamment les brochettes de viande hachée, des côtelettes et de la viande, qui restent actuellement aux prix habituels ».

« La côtelette se vend autour de 130 DH/kg, et la viande ovine ou bovine avoisine les 100 DH/kg. Nous encourageons donc les consommateurs à privilégier ces produits afin de limiter l’abattage. »

Nos sources estiment par ailleurs que « les prix vont continuer à grimper jusqu’au jour de l’Aïd ». « Dans certains quartiers aisés, les clients sont prêts à payer n’importe quel prix », ajoutent-elles, précisant qu’ »il n’existe pratiquement aucune concurrence dans ces zones, tant la demande est soutenue ».

La consommation d’abats, ancrée dans la tradition de l’Aïd, se retrouve ainsi aujourd’hui au cœur d’un dilemme : se conformer aux habitudes culturelles ou faire preuve de solidarité pour garantir un avenir à l’élevage national. Une tension entre tradition et raison que chacun devra trancher à sa manière.

Reconstitution du cheptel. Les mesures détaillées du programme de soutien aux éleveurs

Sur instruction du Roi Mohammed VI, le gouvernement lance un vaste programme de soutien à la reconstitution du cheptel national.

Une circulaire conjointe sera émise pour préciser les rôles de chaque intervenant. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Agriculture, Ahmed Bouari, ce jeudi 22 mai à l’issue du Conseil de gouvernement.

Le programme s’articule autour de cinq axes majeurs, avec un budget global de 3 milliards de DH d’ici fin 2025.

3,2 MMDH sont prévus en 2026 au profit des éleveurs inscrits dans la campagne de préservation des femelles reproductrices.

Le programme comprend, comme nous l’avions révélé dans un précédent article, des mesures d’allégement de dettes, une campagne de vaccination et des aides directes aux éleveurs…

Voici donc le détail annoncé ce jour :

1. Reprogrammation des dettes des éleveurs :

Allègement des dettes pour 50.000 éleveurs, pour un montant total de 700 millions de DH, qui sera porté par le budget de l’État.

– Annulation de 50% des dettes (capital et intérêts) pour les crédits inférieurs à 100.000 DH. Les petits éleveurs représentent 75% des bénéficiaires.

– Annulation de 25% des dettes (capital et intérêts) pour les montants entre 100.000 et 200.000 DH, soit 11% des bénéficiaires.

– Reprogrammation des dettes et annulation des pénalités de retard pour les crédits dépassant 200.000 DH.

2. Subvention directe à l’alimentation du bétail

Subvention de la vente d’orge : un prix de vente de 1,5 DH/kg dans la limite de 7 millions de quintaux,

Prix de vente des aliments composés : un prix de vente de 2 DH/kg. Un montant total de 2,5 MMDH sera dédié à cette opération.

3. Identification des femelles reproductrices

Interdiction de l’abattage des femelles ovines identifiées à des fins de reproduction jusqu’à mai 2026. Objectif : plus de 8 millions d’ici fin mai 2026.

Subvention de 400 DH pour chaque femelle identifiée et non abattue.

4. Campagne préventive de traitement du cheptel :

Une campagne de traitement et de vaccination visera 17 millions de têtes, avec un budget de 150 millions de DH.

5. Encadrement et accompagnement technique

Un budget de 50 millions de DH est dédié à la formation, à l’encadrement et à l’appui technique des éleveurs.

Voici la date de Aïd al-Adha 1446-2025 selon le calcul astronomique

La conjonction (alignement du Soleil, de la Lune et de la Terre) aura lieu le mardi 27 mai 2025 à 15 h 03, selon les calculs établis par Hassan Talibi, astronome membre du Projet islamique d’observation du croissant lunaire. Au moment du coucher du Soleil ce jour-là, l’âge du croissant lunaire variera entre 16 heures et 14 minutes à Oujda, et 16 heures et 43 minutes à Dakhla. Cet âge rendra l’observation du croissant difficile, malgré sa durée de séjour qui pourra atteindre environ 58 minutes. Sa hauteur par rapport à l’horizon au moment du coucher du Soleil variera entre 8 et 9 degrés.

Notre astronome précise que cette hauteur est mesurée au moment même du coucher du Soleil ; il faut attendre un peu pour que l’éclat solaire diminue, ce qui rendra le croissant encore moins élevé dans le ciel, et donc plus difficile à observer.

Par conséquent, le croissant ne sera pas visible. Cette prévision est confirmée par la carte du Centre astronomique international, qui place l’ensemble du territoire marocain en dehors de la zone où l’observation du croissant est considérée comme possible et facile.

Quant au mercredi 28 mai, l’observation du croissant sera très claire, en raison de l’amélioration de tous les paramètres, notamment l’âge du croissant lunaire, qui était insuffisant la veille.

Ainsi, le premier jour de Dhou Al Hijja 1446 H correspondra au jeudi 29 mai 2025. Sur cette base, Aïd al-Adha, correspondant au 10 Dhou Al Hijja, aura lieu le samedi 7 juin 2025.

Rappelons que l’annonce officielle sera faite par le ministère des Habous et des affaires islamiques.

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Soutien à l’importation des ovins : 437 MDH déboursés en deux ans (ministère de l’Agriculture)

Le bilan de cette opération de soutien visant à encourager l’importation des ovins pour l’Aïd Al-Adha est présenté par le ministère de l’Agriculture.

Un coût total qui s’est élevé à 437 millions de dirhams pour l’importation de 875.000 têtes d’ovins, répartis comme suit :

Le ministère précise dans son communiqué que « l’importation a été ouverte à tous les opérateurs répondant aux critères définis par l’arrêté ministériel conjoint du ministère des Finances et du ministère de l’Agriculture. Ainsi, 156 importateurs ont pu bénéficier de cette mesure (61 en 2023 et 95 en 2024) ».

Le processus d’importation du bétail demeure ouvert, avec le maintien de la suspension des droits de douane et de la TVA, ajoute la même source.

Le département dirigé par Ahmed Bouari poursuit en expliquant que « ces mesures ont eu un impact concret sur l’amélioration de l’offre en ovins pour l’Aïd Al-Adha des années 2023 et 2024, contribuant également à la préservation du cheptel national. Elles ont en outre permis d’assurer l’approvisionnement des marchés en viande rouge et de stabiliser les prix, évitant ainsi une flambée excessive ».

Autre précision du ministère : « La suspension des droits de douane et de la TVA n’a eu aucun impact financier sur le budget de l’État, ces taxes ayant été appliquées les années précédentes à un taux de 200 % dans un objectif de protection du cheptel national, sans générer de recettes pour le Trésor public ».

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>> Pour approfondir le sujet, nos précédentes révélations et analyses :

Baisse alarmante du cheptel : seules 3 millions de têtes disponibles si le sacrifice de Aïd al-Adha avait été maintenu

Le cheptel national marocain traverse une crise sans précédent. Pour dénombrer les effectifs d’ovins, de bovins et de caprins dans le Royaume, le ministère de l’Agriculture a réalisé, vers la fin de l’année 2024, un recensement du cheptel national.

Le nombre de femelles reproductrices a chuté à 8,7 millions de têtes en 2024

Les chiffres de ce recensement n’ont pas encore été publiés, mais selon les statistiques officielles communiquées par le ministère de l’Agriculture à Médias24, le cheptel affiche un recul de 38% en 2024 par rapport à 2016, conséquence directe de sept années consécutives de sécheresse.

La situation est d’autant plus préoccupante que le nombre de femelles reproductrices a chuté de 11 millions à 8,7 millions sur la même période, mettant en péril le renouvellement des effectifs.

Les abattoirs ne reçoivent que 1,5 million de têtes, contre 3,5 millions en temps normal

En temps normal, les abattoirs contrôlés par les services sanitaires du ministère de l’Agriculture traitent environ 3,5 millions de têtes d’ovins et de caprins par an. En parallèle, près d’un million de bêtes sont abattues en dehors des circuits officiels lors d’événements tels que les baptêmes, le retour du hajj, les mariages et autres célébrations.

« Si Aïd al-Adha avait été maintenu, nous aurions été contraints d’abattre des femelles, essentielles à la reproduction »

Cependant, la période de Aïd al-Adha constitue un pic de consommation exceptionnel, avec une demande minimale estimée entre 5,5 et 6 millions de têtes. En additionnant cette demande aux besoins annuels habituels, ce sont près de 10 millions de têtes qui auraient été nécessaires pour satisfaire la demande nationale.

Or le cheptel actuel est loin de pouvoir répondre à une telle demande. Les abattoirs ne reçoivent plus que 1,5 million de têtes locales, soit moins de la moitié du volume habituel.

Seulement 3 millions de têtes éligibles à l’abattage pour Aïd al-Adha

De plus, le recensement effectué en 2024 et les campagnes de vaccination du cheptel révèlent un chiffre alarmant : le nombre d’animaux éligibles à l’abattage lors de l’Aïd ne dépasse pas trois millions de têtes.

Face à cette situation critique, si l’abattage pour cette fête avait été maintenu, les conséquences auraient été dramatiques sur la reproduction future du cheptel.

En effet, si la demande devait être satisfaite à tout prix, « nous aurions été contraints d’abattre des femelles, essentielles à la reproduction et à l’accroissement du cheptel », nous confie le ministère.

Rappelons que, le 26 février dernier, le Roi Mohammed VI a invité le peuple marocain à s’abstenir du sacrifice de Aïd al-Adha.

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Le Roi Mohammed VI invite le peuple marocain à s’abstenir du sacrifice de Aïd al-Adha

Le message royal a été lu sur les ondes par Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des affaires islamiques.

Le Souverain a rappelé l’importance de ce rite sacrificiel. Et il a mis en avant le « caractère de sunna certaine dans la limite du possible ».

Il a souligné la faiblesse du cheptel en raison des sécheresses successives, ainsi que les contraintes économiques et sociales qui rendent le sacrifice particulièrement onéreux. De ce fait, il a invité les Marocains à s’abstenir du sacrifice cette année.

« Nous Nous sommes attachés à garantir à notre peuple fidèle toutes les conditions nécessaires à l’accomplissement des préceptes de la religion, dans ses obligations et ses traditions, ses actes de culte et ses transactions, conformément à ce dont Dieu a gratifié la nation marocaine : une attache inébranlable aux piliers de l’Islam, un engagement envers les traditions établies et la célébration des jours sacrés, dont l’Aïd Al-Adha, qui sera célébré dans moins de quatre mois », a indiqué le Souverain.

« La commémoration de cette fête ne constitue pas une simple tradition passagère, mais porte en elle une signification religieuse profonde, traduisant l’attachement sincère de nos fidèles sujets aux manifestations de notre noble religion. Elle témoigne également de leur désir de se rapprocher de Dieu et de renforcer les liens sociaux et familiaux à travers cette occasion bénie. Notre souci de vous permettre d’accomplir ce rituel religieux dans les meilleures conditions s’accompagne du devoir de prendre en considération les défis climatiques et économiques auxquels notre pays est confronté, et qui ont conduit à une baisse significative du cheptel ».

« Dans cette perspective, et en tenant compte du fait que le sacrifice de l’Aïd Al-Adha est une sounna mou’akkada (tradition fortement recommandée) subordonnée à la capacité financière, son accomplissement dans de telles circonstances causerait un préjudice certain à une grande partie de notre peuple, notamment aux foyers aux revenus modestes », a poursuivi le Souverain.

« En vertu de la responsabilité qui Nous incombe, en tant que Commandeur des Croyants et garant vigilant de la bonne observance des préceptes religieux selon les exigences de la nécessité et de l’intérêt supérieur de la nation, et en conformité avec Notre devoir de préserver la sérénité et de lever toute contrainte ou difficulté, conformément à la parole de Dieu : « Il n’a mis aucune gêne sur vous dans la religion », Nous appelons Notre peuple bien-aimé à s’abstenir cette année d’accomplir le sacrifice de l’Aïd Al-Adha ».

Le Roi invite le peuple marocain à célébrer Aïd al-Adha comme à l’accoutumée, dans le respect de ses rites sacrés et de sa spiritualité profonde, à travers la prière de l’Aïd dans les mosquées et espaces de prière, l’aumône et la charité, le renforcement des liens familiaux, ainsi que toutes les manifestations de bénédiction et de gratitude envers Dieu, en quête de Sa récompense et de Ses bienfaits.

 

Voici la traduction officielle du message royal :

« Louange à Dieu,

« Prière et Salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons,

« Cher peuple,

« Nous avons veillé depuis que Nous sommes dépositaire de l’Imamat suprême, fondée sur les liens indéfectibles de la Beia, à réunir, au profit de Notre peuple fidèle, les conditions de l’observation de la religion, de ses obligations et ses traditions, de ses cultes et ses interactions sur fond de ce que le Très-Haut a bien voulu combler la Oumma marocaine en ce qui concerne l’attachement aux piliers et le respect des traditions les plus avérées, ainsi que la célébration des jours saints, parmi lesquels figure la fête de l’Aïd Al Adha, dont l’avènement est prévu dans moins de quatre mois.

« La célébration de cette fête n’est pas une occasion passagère, mais elle est porteuse de significations religieuses fortes illustrant la profondeur des liens de Nos fidèles sujets avec les différents aspects de notre Sainte religion et leur volonté de se rapprocher du Très-Haut, en s’évertuant à consolider les liens sociaux et familiaux à travers cet événement vénérable.

« Notre souci à vous permettre d’observer ce rituel religieux dans les meilleures conditions est étroitement lié à l’obligation de Notre prise en compte de ce que notre pays affronte en matière de défis climatiques et économiques qui ont eu pour conséquence une régression substantielle de l’effectif du cheptel.

« A cet effet, et tenant compte du fait que l’Aïd Al Adha constitue une sounna confirmée dans la mesure du possible, son accomplissement dans ces conditions difficiles est susceptible de porter préjudice à de grandes parties des fils de Notre peuple, particulièrement ceux à revenu limité.

« Partant de la responsabilité qui Nous incombe, en tant qu’Amir Al-Mouminine, fidèle protecteur des cultes de la religion selon ce que dictent la nécessité et l’intérêt légal et conformément à l’obligation qui est la Nôtre de lever la gêne et le préjudice et de favoriser la mise en place de la facilitation tout en se conformant à la teneur du verset coranique : “Et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion”, Nous invitons Notre cher peuple à s’abstenir d’accomplir le rite du sacrifice de l’Aïd de cette année.

« Nous le ferons s’il plaît à Dieu, au nom de Notre peuple, fidèle en cela à la sounna de Notre Aïeul le Prophète, que la paix et la bénédiction soient sur Lui, quand Il avait immolé deux moutons en disant : « celui-ci est pour moi, cet autre est au nom de ma Oumma ».

« Cher peuple,

« Nous vous invitons à célébrer l’Aïd Al Adha, s’il plaît à Dieu, selon ses rituels habituels et significations spirituelles nobles de la prière de l’Aïd dans les msallah et les mosquées, aux dons de l’aumône, aux rencontres avec les siens, ainsi que les différentes œuvres pies de dévotion en rendant grâce à Dieu pour Son immense générosité et en implorant récompense et rétribution.

« +Dis: Voici ma voie ! J’appelle les gens (à la religion) d’Allah, moi et ceux qui me suivent+. Véridique est la parole de Dieu.

« Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh ».

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