Loi sur la collecte de dons à des fins caritatives ou humanitaires : le décret d’application publié au BO

Le décret n° 2.25.152 a été adopté en conseil du gouvernement du 6 mars. Il définit notamment les autorités chargées de délivrer les autorisations pour ce genre d’opérations et les parties habilitées à y procéder.

Daté du 20 mars, il a été publié au Bulletin officiel du 3 avril et devra être exécuté, chacun en ce qui le concerne, par les ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères et par le Secrétaire général du gouvernement.

La publication de ce décret est accompagnée par celle des spécimens nécessaires à fournir lors de chaque démarche.

Collecte de dons à des fins caritatives ou humanitaires : un décret pour mettre fin (pour de bon) à l’anarchie

La loi 18-18 a été adoptée par le Parlement et promulguée par Dahir après publication au Bulletin officiel du 9 janvier 2023. Cette loi est complète puisqu’elle définit dans quelles conditions et selon quels critères des ONG ou de simples citoyens pouvaient collecter et distribuer des dons à des fins caritatives ou humanitaires. Mais restait un grand vide législatif à combler : un texte réglementaire (décret d’application) pour définir les autorités gouvernementales chargées de délivrer les autorisations, d’assurer le contrôle, voire de demander des comptes, transparence oblige.

Désormais, c’est chose faite avec l’adoption du décret n° 2.25.152 en conseil du gouvernement du 6 mars. Il définit notamment les autorités chargées de délivrer les autorisations pour ce genre d’opérations et les parties habilitées à y procéder.

Demandes et autorisations, mode d’emploi

Les demandes d’autorisation pour une collecte de fonds à des fins caritatives ou humanitaires peuvent être introduites par :

Les demandes d’autorisations sont adressées au :

Des commissions spéciales sont créées au niveau de ces autorités publiques pour examiner les demandes et donner (ou non) leur aval. Toute autorisation de ce genre est d’une validité n’excédant pas une année.

La distribution des aides caritatives ou humanitaires soumise au régime déclaratif

Le législateur a stipulé que toute collecte de fonds doit se faire via un compte bancaire et les ONG concernées sont tenues de soumettre aux autorités compétentes tous les éléments liés à leur action : finalité de l’opération, montants collectés, justificatifs, nombre des bénéficiaires… Quand la collecte dépasse le montant d’un million de dirhams, les comptes de l’opération doivent être certifiés par un expert-comptable inscrit à l’ordre de cette profession.

Pour en revenir à la distribution des aides caritatives ou humanitaires par les ONG, celles qui ont donc eu les autorisations nécessaires pour collecter des fonds ou des dons en nature, aucune opération n’est tolérée sans une déclaration préalable auprès des autorités 10 jours au moins avant toute opération. Ce délai est réduit à 24 heures quand l’opération de distribution a un caractère urgent : une catastrophe naturelle, par exemple, qui requiert une intervention dans les meilleurs délais.

Les ONG ou le groupe de personnes physiques qui veulent procéder à une distribution d’aides caritatives ou humanitaires doivent indiquer, dans leur déclaration, le lieu de la distribution, la nature des denrées ou des produits concernés, le nombre des bénéficiaires, la liste des personnes qui vont procéder à la distribution… Après toute opération de ce genre, un rapport détaillé doit être remis à l’autorité concernée (gouverneur, wali…).

Les autorités publiques, en vertu de la loi, sont habilitées à intervenir à tout moment pour ordonner l’arrêt des opérations de distribution en cas de constatation de dérives : troubles à l’ordre public, non-conformité des denrées ou produits distribués. Car, en plus de l’objectif d’instaurer la transparence dans ce genre d’opérations, il est aussi question de préserver la santé publique.

Fini le délai de grâce aux YouTubeurs et autres influenceurs

Avec l’adoption du décret d’application n° 2.25.152, un grand vide législatif a été comblé. Tout est désormais encadré par la loi et la loi 18-18 pourra pleinement et concrètement entrer en vigueur (après publication au BO dudit décret) pour mettre fin à une anarchie qui n’a que trop duré.

Le dernier exemple de cette anarchie, on l’aura vécu lors du tremblement de terre d’Al Haouz, le 8 septembre 2023, avec une avalanche d’appels aux dons sur les réseaux sociaux et un grand désordre dans l’acheminement, par des particuliers et des ONG, d’aides dans cette région.

Aujourd’hui, la loi est claire : pour collecter des dons ou en distribuer, tout doit passer par les autorités publiques, chacune selon ses prérogatives et ses compétences.

Si la loi 18-18 ne prévoit pas de peines privatives de liberté, elle contient par contre de lourdes condamnations pécuniaires qui vont, selon la nature des contraventions, de 10.000 à 500.000 dirhams.

Aide médicale à Gaza : l’initiative royale aura un énorme impact sur le moral de la population (ministre palestinien)

Dans une déclaration à la MAP en marge de l’inauguration du Centre de recherches et d’études « Bayt Al Maqdis », Ashraf Al Aawar a exprimé ses remerciements et sa gratitude au Roi Mohammed VI et au peuple marocain pour ces aides qui auront un énorme impact sur le moral de la population dans la bande de Gaza.

Et de poursuivre que les efforts du Maroc, déployés sur instructions du Roi, contribuent à « alléger les souffrances du peuple palestinien en cette conjoncture délicate », notant que ces aides ne sont pas les premières du genre dans la mesure où d’autres étaient acheminées et entrées dans la bande de Gaza.

Ashraf Al Aawar a en outre salué le rôle majeur et agissant du Roi Mohammed VI et ses hautes directives à l’Agence Bayt Mal Al Qods Acharif pour renforcer la résistance des Maqdessis, à travers des projets ciblant plusieurs secteurs tels que l’éducation et la santé, ajoutant que ces projets contribuent de manière positive et effective à la continuité des services de plusieurs établissements dans la Ville Sainte.

Le Roi Mohammed VI, président du Comité Al Qods, a donné ses instructions pour déployer une opération humanitaire d’aide médicale, destinée à la population palestinienne de Gaza, composée de 40 tonnes de produits médicaux contenant notamment des dispositifs pour la prise en charge des brûlures et des urgences chirurgicales et traumatologiques, ainsi que des médicaments de première nécessité.

(Avec MAP)

Le Conseil de sécurité alerte sur une famine imminente à Gaza

Le Conseil de sécurité de l’ONU a mis en garde, jeudi 11 avril, contre la “menace de la famine” qui plane sur la bande de Gaza, déjà aux prises avec une situation humanitaire “catastrophique”.

Dans une déclaration à la presse, l’instance exécutive de l’ONU a réitéré sa demande d’autoriser, de faciliter et de permettre l’acheminement immédiat, sûr et sans entrave d’une aide humanitaire à grande échelle directement à la population civile dans l’ensemble de l’enclave palestinienne.

Appelant au plein respect du droit international, y compris le droit international humanitaire, le Conseil a renouvelé son appel en faveur d’un cessez-le-feu et à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages.

L’instance onusienne a par ailleurs appelé au plein respect du statut protégé des travailleurs, des installations et des opérations humanitaires en vertu du droit international, et à se conformer aux mécanismes de notification humanitaire et de déconfliction.

Lors d’une audition mercredi devant le Congrès, la directrice de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), Samantha Power, a mis en garde contre le risque de famine dans le nord de Gaza, où plus de deux millions de Palestiniens seraient bientôt confrontés à une faim extrême, selon les agences de l’ONU.

Mme Power a déclaré qu’une famine semblait avoir commencé, selon une évaluation de l’Initiative mondiale de classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC), un collectif d’agences des Nations Unies et d’agences de secours, dont elle a qualifié la méthodologie de solide.

(Avec agences)

Sur instructions royales, des aides humanitaires d’urgence distribuées à Al-Qods

Dans un communiqué, l’Agence Bayt Mal Al-Qods a précisé qu’elle a consacré ces aides aux établissements hospitaliers et sociaux principaux, qui prennent en charge les cas médicaux et sociaux d’urgence engendrés par les développements de la situation dans la Bande de Gaza.

Il est à rappeler que deux avions militaires marocains, avec à leur bord des aides humanitaires d’urgence destinées aux populations palestiniennes, sont arrivés, mercredi, à l’aéroport El Arich, en Egypte.

Les cargaisons de ces deux avions, constituées d’importantes quantités de denrées alimentaires, de produits médicaux et d’eau, ont été remises au Croissant-Rouge égyptien pour les acheminer vers la Bande de Gaza.

(Avec MAP)