Cession de l’Hôtel Avanti de Mohammédia : qui étaient les trois prétendants ?

L’hôtel Avanti a un nouveau propriétaire. Le 11 juillet 2025, une ordonnance du juge-commissaire chargé de la liquidation de la Samir et des biens de ses dirigeants a acté la vente de l’établissement au profit de la société Remax Immo, entité dirigée par Abdeljabbar Bouayad.

La cession s’inscrit dans la procédure d’extension de la liquidation judiciaire de la raffinerie à certaines de ses filiales, dont la Société Hôtelière Samir. Il ne s’agit donc pas, comme il a parfois été avancé, d’une vente en lot des actifs du raffineur, mais d’une opération distincte de la cession globale visant la Samir, qui attend toujours un repreneur.

Selon nos informations, Remax Immo a été sélectionnée au terme d’une procédure marquée par la présence de trois candidats. Le prix de rachat retenu avoisinerait 170 millions de dirhams, hors frais d’enregistrement, soit légèrement au-dessus de la mise à prix initiale, fixée à 165 MDH.

Deux autres investisseurs figuraient parmi les concurrents. Le premier est un tandem formé par le groupe Mfadel, acteur majeur de l’immobilier, et Accor, enseigne hôtelière mondiale. Le duo avait soumis une offre autour des 168 MDH, assortie de toutes les garanties requises, y compris le maintien de l’emploi. Mfadel et Accor sont déjà partenaires dans deux hôtels situés à Mohammédia (un Ibis et un Novotel).

Le second candidat est la société Abdelali Hiba Negoce, un acteur discret opérant notamment dans la promotion immobilière. Selon nos sources, cette société a soumis une offre financière de 200 MDH, soit la plus élevée des trois propositions, chèque à l’appui.

L’opération a donné lieu à l’ouverture d’un dossier judiciaire et à plusieurs audiences, conclues par l’ordonnance du 11 juillet. À ce stade, l’absence de recul sur les critères exacts de sélection ne permet pas d’expliquer le choix du tribunal.

Remax Immo est dirigée par Abdeljabbar Bouayad, entrepreneur connu pour ses activités commerciales, notamment à travers les enseignes Sportflex (distributeur des marques Skechers, Timberland ou Vans). Il s’était déjà positionné sur cet actif hôtelier en février 2024, mais via une autre société qu’il détient : Al Wifaq Development. À l’époque, il avait formulé une offre supérieure à celle d’Aylise Fedala, société liée à la famille Aït Menna, qui avait pourtant été retenue. Cette première vente avait ensuite été annulée, l’adjudicataire s’étant rétracté.

Remax Immo, créée en 2005, est une société de promotion immobilière. À noter qu’elle n’a aucun lien avec Re/Max (Real Estate Maximum), le réseau international de franchises immobilières également présent au Maroc.

Hôtel Avanti : après le couac Aït Menna, la vente relancée

Ce mercredi 16 octobre, le tribunal de commerce de Casablanca a lancé un nouvel appel à manifestation d’intérêt pour la vente de l’hôtel 4 étoiles Avanti à Mohammédia.

Cette vente s’inscrit dans le cadre de la liquidation judiciaire de la Société Hôtelière Samir. Le prix d’ouverture est fixé à 165 millions de dirhams, selon une évaluation d’expertise. Les candidats intéressés auront 30 jours pour soumettre leurs offres écrites. Celles-ci doivent inclure des prévisions d’activité, le prix d’acquisition et des garanties d’exécution.

Cette relance fait suite à une première tentative de vente infructueuse. L’hôtel Avanti avait été attribué à la société Aylis Fedala, dirigée par la famille Aït Menna. Cette société avait proposé 165 MDH. Bien que l’offre ait été validée en février, elle a été annulée quatre mois plus tard à la demande de l’acheteur, sans explication claire.
Le retrait d’Aylis Fedala a créé un vide dans le processus de vente. D’autres investisseurs, comme Wifaq Development, avaient montré de l’intérêt, proposant même 170 MDH. Cependant, leur offre avait été écartée en faveur d’Aylis Fedala, qui s’est finalement retirée.

Les nouvelles conditions de vente stipulent que les offres doivent inclure des éléments clés, comme le niveau et les perspectives d’emploi. Les propositions seront reçues par le syndic judiciaire Abdelkbir Safadi, au tribunal de commerce.

À la Samir, la vente avortée de l’Avanti Mohammedia Hotel suscite l’agacement

À la Samir, on digère mal la cession avortée de l’Avanti Mohammedia Hotel. Mis en vente dans le cadre de la liquidation de deux filiales du raffineur (Hôtelière Samir et Corral Hotel Resort), l’établissement devait être racheté par la société Aylis Fedala qui s’est finalement désistée pour des raisons encore obscures.

Une offre initiale de 165 MDH pour l’hôtel Avanti

Dirigée par la famille Aït Menna, Aylis Fedala avait déposé une offre de 165 MDH pour l’acquisition de l’hôtel. L’opération avait été validée en février par le tribunal de commerce de Casablanca, avant son annulation quatre mois plus tard à la demande de l’acheteur.

Depuis, Avanti n’a toujours pas trouvé preneur. « De nouveaux investisseurs ont manifesté leur intérêt, sans offre officielle », rapporte cette source proche du dossier.

Le retrait surprise d’Aylis Fedala a perturbé le processus qui était bien parti pour aboutir. Les Aït Menna n’étaient pas les seuls prétendants au rachat. La société Wifaq Developement s’était également positionnée – et de manière sérieuse, avec une proposition à 170 MDH. Le tribunal l’a écartée au profit d’une offre inférieure sur le papier, et qui s’est, en prime, révélée non concluante.

Pourtant, Aylis Fedala avait bien déposé des chèques en garantie de sa démarche. Selon nos informations, la société a demandé leur restitution, mais son action s’est heurtée à une fin de non-recevoir du juge-commissaire. Nous n’avons pas pu établir les motifs de cette décision qui date du 16 juillet.

Le désistement d’Aylis Fedala a perturbé une procédure qui avait toutes les chances d’aboutir

Pourquoi Aylis Fedala s’est-elle rétractée alors qu’elle a déposé des chèques ? Pourquoi le tribunal n’a-t-il pas encaissé les chèques directement après leur dépôt ? C’est ce que se demandent des experts sondés par nos soins. Au sein de la Samir, c’est plutôt le mécontentement qui ressort à l’évocation de cet épisode, perçu comme un nouveau rendez-vous manqué en vue de la résolution de l’affaire.

La revente de l’Avanti aurait profité d’abord à ses salariés qui espéraient la relance de l’établissement situé sur la côte de Mohammédia. Les sommes générées par l’opération auraient également pu être reversées sur les comptes de la liquidation de la Samir, et ce, pour étoffer les actifs servant à rembourser les créanciers du raffineur. Quand on sait que l’Etat est le premier créancier (plus de 16 MMDH), le manque à gagner pour le contribuable est considérable.

Ce dossier s’inscrit dans une série d’échecs entourant la Samir. En liquidation depuis 2016, la raffinerie est elle-même proposée pour une cession globale. Mais, en dépit d’offres récurrentes, l’entreprise cherche inlassablement et vainement un acquéreur.

Sur ce volet, les enjeux sont autrement plus importants. On parle d’un potentiel d’une dizaine de milliards de dirhams dégagés par une vente éventuelle. Soit la possibilité, pour les créanciers, de récupérer une partie honorable de leurs dus.

Pourtant, et malgré l’intérêt pour les caisses publiques, l’indolence est la règle. Le temps joue contre toutes les parties prenantes : le raffineur qui perd progressivement en valeur (moins de 16 MMDH aujourd’hui contre 21,8 MMDH neuf ans plus tôt), et donc en attrait aux yeux d’éventuels repreneurs, mais aussi les créanciers qui pâtiront de cette dévaluation, sans parler des quelque 600 employés de la Samir, suspendus à une issue de plus en plus improbable.

Qui a la main sur ce dossier ? Juillet dernier, le ministère de la Transition énergétique de Leila Benali avait annoncé des pistes à l’étude pour le sauvetage de l’unique raffinerie du Royaume. Sans davantage de précisions. Sollicitée à plusieurs reprises par Médias24, la ministre n’a pas souhaité répondre à nos questions.

https://medias24.com/2024/05/30/rachat-de-lavanti-hotel-les-ait-menna-font-volte-face/

Avanti Mohammedia Hotel : le groupe Ait Menna écarté, la vente officiellement relancée

Le syndic Abdelkbir Safadi va prospecter de nouvelles offres pour le rachat de l’Avanti Mohammedia Hotel, établissement en vente dans le cadre de la Société hôtelière Samir (ancienne filiale du raffineur Samir).

Cette démarche survient à la suite du désistement de Aylis Fedala, qui s’était adjugé l’hôtel avant de se rétracter au moment du paiement des 165 MDH fixés par le tribunal de commerce de Casablanca. Comme révélé par Médias24, le groupe a ensuite déposé un désistement officiel devant le juge-commissaire.

Selon nos informations, la volte-face de l’acheteur s’explique essentiellement par des considérations financières, des dépenses supplémentaires qu’impliquait la vente judiciaire. En plus des 165 MDH, l’acheteur devait s’acquitter d’un montant additionnel de 3% au profit du Trésor public.

Ce mercredi 5 juin, le magistrat a rendu une ordonnance où il autorise le syndic à recevoir de nouvelles offres de rachat.

Le retrait des Ait Menna laisse le champ ouvert à un autre acquéreur potentiel : Al Wifaq Development qui s’était positionné avec un montant total de 170.980.000 DH, offre incluant les frais judiciaires. L’entreprise s’était également engagée à maintenir l’activité de la société, ainsi que les postes des salariés.

Situé sur la façade atlantique, l’hôtel est bâti sur un terrain de 4 hectares, auquel il faut ajouter deux terrains mitoyens totalisant près de 20.000 m².

Avanti Mohammedia Hotel fait partie du patrimoine hôtelier détenu par la Société hôtelière Samir et Corral Hotel Resort & Company. Ces deux entités avaient été placées en liquidation pour « confusion de patrimoine » avec la Samir.

Dans leur tour de table, on retrouve d’anciens dirigeants du raffineur marocain, dont les deux Saoudiens Hussein Al Amoudi et Jamal Baamer, eux-mêmes faisant l’objet d’une sanction patrimoniale visant leurs biens personnels.

Les Aït Menna nouveaux propriétaires de l’hôtel Avanti à Mohammedia

Aylis Fedala est le nouveau propriétaire de l’Avanti Mohammedia Hotel, établissement rattaché à la Société hôtelière Samir. L’acquéreur s’est engagé à maintenir l’emploi.

Le tribunal de commerce a validé l’offre de 165 MDH formulée par la société détenue par la famille Aït Menna.

L’offre des Aït Menna a été retenue malgré l’existence d’une proposition supérieure soumise par la société Wifaq Développement, qui avait déposé un chèque de 170 MDH. Selon les explications d’une source proche du dossier, cette offre n’est supérieure que parce qu’elle inclut les frais judiciaires fixés à 3%. L’engagement du maintien de l’emploi a également pesé dans le choix du tribunal.

La vente de l’Avanti s’inscrit dans la procédure d’extension de la liquidation de la Samir à son ancienne filiale, la Société hôtelière Samir. Cette société est détenue par l’ex-dirigeant du raffineur, Hussein Al Amoudi, dont le patrimoine est lui-même sous le coup de la liquidation pour fautes de gestion.

LIRE AUSSI : Deux prétendants au rachat de l’Avanti Mohammedia Hotel à 160 MDH