Fact-checking. Pouvoir d’achat, emploi, dette : les déclarations d’Akhannouch passées au crible

Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a accordé une interview le 10 septembre 2025 aux chaînes publiques Al Aoula et 2M.

Ce rendez-vous a été l’occasion d’entendre le chef de l’exécutif sur le bilan de quatre années d’action gouvernementale. Il a également présenté les priorités de la dernière année du mandat.

Il a naturellement été questionné sur le bilan économique et nombreux sont les aspects abordés.

Fidèle à sa démarche de fact-checking des discours politiques, en particulier à l’approche des élections, Médias24 a confronté les déclarations économiques du chef du gouvernement à notre analyse et aux données officielles.

La vérification concernera uniquement les données chiffrées. Ni les idées, ni les idéologies ni les lectures partisanes ne sont concernées.

Voici ce qu’il en ressort.

Inflation et pouvoir d’achat

Il s’agit d’un sujet qui touche directement la vie quotidienne des ménages marocains, tout en étant au cœur du débat politique à l’approche des élections.

Selon Akhannouch, l’inflation a été déclenchée par des chocs externes, et le gouvernement a mis en place plusieurs mesures pour lutter contre la hausse des prix.

« Après le Covid, nous avons connu un choc d’offre qui a provoqué une hausse des prix. La première réaction du gouvernement a été de soutenir les prix du marché pour que l’activité économique ne s’interrompe pas. Nous sommes intervenus sur l’électricité. Alors que le prix avait doublé en Europe, il est resté inchangé au Maroc, ce qui a coûté à l’État 2 MMDH par an. Nous avons également subventionné les professionnels du transport pour stabiliser les tarifs, et nous avons fait de même pour le blé dont les cours avaient flambé, mobilisant une enveloppe de 10 MMDH pour que la baguette reste vendue à 1,2 DH », explique Akhannouch.

« Dans l’agriculture, nous avons aussi pris en charge une partie du coût des intrants afin d’alléger les charges des agriculteurs et de contenir le prix des légumes. L’inflation a atteint 6,6% en 2022, puis 6,1% en 2023 avant de redescendre à 0,9% en 2024. Elle devrait se situer autour de 1% à 1,2% d’ici la fin de 2025. C’est le taux d’inflation le plus modeste parmi tous les pays de la Méditerranée », poursuit-il.

Notre commentaire : ce que dit le chef du gouvernement est en majeure partie vrai. Les chiffres de l’inflation énoncée sont exacts et sans les mesures engagées, la situation aurait été plus douloureuse pour les ménages modestes et vulnérables.

Mais, il faut rappeler que l’inflation est cumulative. Revenir à 0,9% en 2024 reflète seulement une inflation en glissement annuel (décembre 2024 par rapport à décembre 2023), tandis que les hausses de 2022 et 2023 restent bien présentes dans l’IPC (indice des prix à la consommation).

En d’autres termes, les prix n’augmentent plus, mais ils restent élevés. La hausse de 2022-2023 est toujours présente et maintient la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.

Les données officielles confirment que le niveau général des prix a augmenté et que le pouvoir d’achat s’est affaibli.

Le HCP, qui a publié l’évolution du pouvoir d’achat sur la période 2000-2023, met en évidence un recul sur la période récente correspondant au mandat du gouvernement actuel, de 2022 à 2023.

Ci-dessus : l’évolution du revenu brut disponible par habitant RDBH.

En 2022, le pouvoir d’achat a diminué de 2,5% sous l’effet d’une inflation de 6,6%, malgré une progression du revenu disponible brut par habitant (RDBH). En 2023, la situation s’est légèrement redressée avec une amélioration modeste de 1,5%, grâce à une hausse du RDBH de 7,6%, absorbée en grande partie par une inflation de 6,1%.

Pour 2024, les chiffres officiels du RDBH ne sont pas encore publiés. Ils paraissent chaque année dans les comptes nationaux des secteurs institutionnels.

Mais avec une croissance de 3,8% et une inflation limitée à 0,9%, tout porte à croire que le pouvoir d’achat pourrait enregistrer une amélioration non négligeable.

Où en est la promesse d’un million d’emplois ?

En réponse à une question sur l’emploi et sur la promesse de créer un million de postes, Akhannouch affirme que le gouvernement a déjà pu en générer 600.000.

« Jusqu’à aujourd’hui, nous avons pu créer 600.000 emplois. Si l’on ajoute ce qu’a créé l’administration et ce qui sera créé d’ici la fin du mandat, nous atteindrons l’objectif », promet le chef du gouvernement.

Il ajoute : « Le problème n’est pas la création d’emplois, mais la destruction dans le secteur agricole à cause des conditions climatiques défavorables. Cette année, la campagne agricole sera exceptionnelle. La saison des olives sera record, nous allons doubler la production. La récolte de dattes progressera de 50%, celle des légumes de 20% et celle des agrumes de 25%. Cette campagne créera près de 200.000 emplois, ce qui fera baisser le taux de chômage », explique Akhannouch.

Notre commentaire : Certes, il y a une forte destruction d’emplois dans le monde rural, qui se situe de 1 à 1,2 million d’emplois depuis 2018.

Le chef du gouvernement cite, sans préciser si c’est du net ou du brut, la création de 600.000 emplois. On s’interroge aussi si ce chiffre inclut le secteur agricole ou pas. Sans ces précisions, il est difficile de se prononcer avec justesse. On peut supposer que pour atteindre ce chiffre de 600.000 emplois créés, le calcul a été fait hors agriculture qui concentre l’essentiel des destructions d’emplois.

Notons cependant qu’en 2021, lors de la présentation des principaux engagements du gouvernement sur la période 2021-2026 au Parlement, le chef de l’exécutif a clairement mentionné la création « d’au moins un million d’emplois nets au cours des 5 années ».

Si l’on prend la période choisie par le chef du gouvernement, soit entre le T4-2021 et le T2-2025, on peut considérer que les créations nettes (créations moins destructions) sont de 239.000 emplois, correspondant à la différence entre le stock d’emplois de 10.624.000, à fin 2021, et celui de fin juin 2025 qui s’élève à 10.863.000.

Mais, en réalité, on ne peut pas comparer un T2 (deuxième trimestre) à un T4 (4e trimestre) car l’échantillon de l’enquête (90.000 familles) change d’un trimestre à l’autre. La seule comparaison possible est celle du même trimestre (T2 vs T2, T4 vs T4…).

Si on prend donc une période comparable, soit le T4-2021 au T4-2024, on constate une création nette de 152.000 emplois sur trois ans. Il faudra attendre la publication des chiffres du quatrième trimestre 2025 pour actualiser la situation des créations nettes sur la période 2021-2025.

À mentionner qu’entre T4-2021 et T4-2024, l’agriculture a perdu 363.000 emplois.

Cette lecture rappelle une évidence. Certes, le gouvernement ne contrôle pas les conditions climatiques, mais en économie, l’emploi se mesure toujours en création nette et sur l’ensemble des secteurs. L’agriculture ne peut être isolée puisqu’elle mobilise investissements et politiques publiques.

La finalité de la création d’emplois est de réduire le chômage, or celui-ci n’a pas reculé depuis l’arrivée du gouvernement.

Déficit budgétaire et dette du Trésor

Au sujet de la dette, Akhannouch a affirmé que la situation des finances publiques s’est nettement améliorée depuis l’arrivée de l’actuel gouvernement.

Il met en avant une forte progression des recettes ordinaires, passées selon lui de 220 MMDH en 2020 à 420 MMDH en 2024, ainsi qu’une réduction du déficit budgétaire et du ratio d’endettement.

« Les recettes ordinaires sont passées entre 2020 et 2024 de 220 à 420 MMDH. Les recettes fiscales, elles aussi, sont passées de 199 à 363 MMDH sur la même période. Concernant la dette et le déficit, au moment où nous avons commencé notre travail, le déficit budgétaire était de 7,1%. Nous terminerons l’année 2026 à 3%, et cette année à 3,5%. Pour la dette, ce qui compte n’est pas son niveau en valeur absolue, mais son poids rapporté au PIB. Lorsque notre gouvernement a pris les commandes, ce ratio était de 72,2% en 2020, et il sera ramené à 65,8% à fin 2026 », souligne Akhannouch.

Notre commentaire : là il faut préciser que le mandat de l’exécutif actuel a commencé en novembre 2021.

En réalité, les recettes ordinaires sont passées de 255,7 MMDH en 2021 à 372,6 MMDH en 2024, et devraient atteindre 395,3 MMDH en 2025 (selon les prévisions du PLF 2025), soit une hausse de plus de 54,6% sur quatre ans.

Les recettes fiscales, elles, ont progressé de 214,4 MMDH fin 2021 à 300,1 MMDH fin 2024, soit une progression de 39,8%.  Ces évolutions reflètent un effort de consolidation budgétaire porté par des réformes de l’IS, de la TVA et de l’IR ainsi que l’instauration de la retenue à la source.

Mais, une partie de ces recettes provient des « financements innovants », qui constituent pour certains analystes une dette cachée. Ils sont compatbilisés dans les recettes non fiscales.

En 2022 et 2023, ces financements ont représenté près de 8% des recettes ordinaires, et en 2024 ils ont atteint 35,3 MMDH, soit 9,5% des recettes ordinaires et 2,2% du PIB.

Il y a un débat sur le recours à ce mécanisme et sa soutenabilité à long terme, car il repose sur des cessions d’actifs que l’État ne peut pas reproduire indéfiniment. Une fois cette marge épuisée, le risque est d’aboutir à un dérapage budgétaire, avec des conséquences directes sur le déficit et la dette.

Notons cependant que le FMI a admis de ne pas inclure ces financements dits innovants dans la dette du Trésor.

Croissance : une moyenne gonflée par le rebond de 2021

Au sujet de la croissance, Akhannouch déclare que « les projections officielles tablaient sur 4,4%, mais selon nos prévisions liées aux productions agricoles, il est possible que la croissance de 2025 atteigne 4,6%. Cela porterait la croissance annuelle moyenne sur la période 2021-2026 à 4,4%« .

Notre commentaire : lorsqu’on parle de croissance sous ce gouvernement, il faut en réalité partir de 2022, puisque 2021 relève encore du mandat précédent. D’autant que l’année 2021 est un cas particulier marqué par un simple rebond mécanique, avec une hausse de 8,2% qui gonfle artificiellement la moyenne.

Source : HCP.

En calculant correctement la croissance moyenne sur 2022-2026, et en tenant compte des projections officielles du ministère des Finances (4,4% en 2025 et 4,2% en 2026), on obtient une moyenne de 3,6%.

Même si l’on retient l’hypothèse optimiste d’Akhannouch avec 4,6% en 2025, la moyenne ne changerait presque pas, passant seulement de 3,58% à 3,62%.

Notons aussi que la croissance est tirée d’abord par les investissements publics massifs et par la distribution des aides sociales qui a amélioré la demande.

Enfin, ajoutons une problématique fondamentale qui passe inaperçue : la part des investissements privés reste pour le moment en dessous de la moitié et, selon nos estimations, elle est inférieure à 40% du total.

À Dakhla, le RNI ouvre le bal des meetings et affiche sa confiance

C’est par la ville de Dakhla que le RNI a choisi de commencer ses meetings de précampagne. Samedi 3 mai, le temps est parfait. Dans les vastes chapiteaux dressés, 2.000 personnes selon les organisateurs, sont mobilisées dans tous les sens du terme. Drapeaux marocains, couleur bleue dominante dans le public, présence massive de femmes comme toujours dans les provinces du sud. L’opération est bien menée. Elle est peut-être voulue comme une première démonstration de force.

Jusqu’à fin octobre, seuls les partis d’opposition bougeaient vraiment. Les composantes de la majorité gouvernementale ont attendu sagement les échéances de mi-mandat (changement ou confirmation de différents élus présidant des instances nationales) et le remaniement.

Ensuite, tous les regards se sont rivés vers les législatives de 2026. Le compte à rebours a commencé.

Quelques déclarations par-ci par-là, quelques petits meetings, la mobilisation des organisations parallèles, des jeunes, des femmes, des ingénieurs…. Quelques visites de terrain. Quelques discours annonçant le positionnement à venir pour les législatives.
Le comportement des composantes de la Majorité est intéressant à suivre. Comment se singulariser sans critiquer les alliés. Comment bousculer l’ordre du tiercé gagnant de septembre 2021 sans créer de désordre dans les rangs. Équation difficile surtout pour le PAM et l’Istiqlal. Généralement, un attelage à trois donne toujours l’avantage au parti de tête.

Bref, dans ces moments où tout le monde s’observe, on est en même temps alliés, concurrents et adversaires. Une relation multicouches, à plusieurs registres.

Après les petites déclarations et les réunions de moindre dimension, on attendait les vrais meetings politiques. Le RNI a donc dégainé le premier, ce samedi 3 mai 2025. Il a choisi Dakhla, devant un auditoire dense, qui n’était pas composé uniquement de militants de base. Il y avait aussi des sympathisants et probablement des curieux et autres, attirés par la proximité avec le parti qui conduit le gouvernement et l’influence qu’on lui prête.

Occuper l’espace

Le parti revendique aujourd’hui 130.000 membres et lance une campagne d’adhésions. Il ne suffit pas d’avoir des sympathisants, venus pour des raisons diverses et variées, il faut les faire voter. Depuis 2021, on sait encore plus qu’avant, à quel point le bilan local est important pour l’avenir d’un parti et pour le vote lors des législatives. Cette année, le vote législatif précédera d’une année le vote local. En 2021, ils avaient coïncidé.

Environ 2.000 personnes, selon les organisateurs, étaient présentes au meeting du RNI, répartis entre deux vastes chapiteaux.

« Nous irons beaucoup plus que les 130.000 adhésions actuelles », promet un membre du bureau politique contacté par Médias24. « Et déjà 130.000, cela prouve que le RNI est un parti structuré, avec un engagement important de ses militants », constate-t-il. Il nous assure que les données personnelles des adhérents sont recueillies et gérées en conformité avec la loi sur les données personnelles.

Des bilans locaux mis en avant

Il ne faut donc pas s’étonner que le parti mette en avant, lors de cette première escale à Dakhla, les réalisations locales. Dakhla est la capitale d’une région peuplée de 220.000 habitants, en majorité concentrés dans cette langue de terre et aux abords de sa lagune qu’on appelle ici, « l’oued ».

Selon notre source du bureau politique, le gouvernement a donné davantage de moyens aux collectivités territoriales: en 2024, en accordant une prime exceptionnelle à toutes les collectivités pour renforcer leurs moyens; et en 2025 à travers une mesure de la loi de finances qui a augmenté de deux points la part de TVA redistribuée aux collectivités.

Le RNI préside la commune de Dakhla ainsi que son conseil provincial. Le conseil régional, lui, est revenu à l’Istiqlal.

Erragheb Hormatollah, jeune président de la commune, venu des jeunesses du RNI, fournit à Médias24, un rapide bilan: cela va des terrains de proximité (9), aux centres de santé (5), à la refonte du schéma directeur d’urbanisme, tous les réseaux locaux (voirie, eau potable, assainissement, réutilisation des eaux usées), le renforcement d’éclairage public, les marchés de proximité (1 réalisé et 4 en cours), le nouveau marché de gros de fruits et légumes (95% d’achèvement), les terrains de proximité (9 réalisés), le réaménagement de la piscine communale…

Enfin, la commune vient de lancer l’appel d’offres pour le nettoiement, la collecte et le traitement des déchets; ainsi que pour les transports urbains, dans le cadre du contrat-programme avec le ministère de l’Intérieur. Une gare routière est également attendue dans cette ville où la première faculté de médecine a ouvert à la rentrée 2024.

Ce meeting est le premier d’une tournée qui conduira ce parti dans les 11 autres régions, en remontant du sud vers le nord, et qui s’achèvera en décembre. Akhannouch, dans un discours relativement court, livre ses messages et notamment celui-ci  : après la voie de la confiance, c’est la voie des réalisations. En d’autres termes, un bilan qu’il revendique. Mais un bilan contrarié par la crise géopolitique et les sécheresses consécutives. Pour ce qui concerne l’emploi, le parti n’a pas tenu sa promesse électorale. Il a entretemps pris un nouvel engagement à l’horizon 2030. Idem, en matière de croissance, les taux réalisés restent en-deça des objectifs et des besoins.

Akhannouch répond brièvement et indirectement à certaines critiques. Par exemple, et à raison, sur le coût réel des subventions à l’importation de bétail. Il ajoutera qu’aucun autre gouvernement n’a jamais affiché un tel bilan dans les réformes et l’instauration de l’Etat social.

Depuis 2016, le RNI est devenu progressivement une grosse machine électorale dotée de moyens conséquents. Avec l’Istiqlal, qui a un appareil qui couvre tout le territoire, ce sont les deux partis les mieux organisés. Le troisième allié, le PAM, redémarre après avoir instauré une direction collégiale. Il reste encore entre 14 et 17 mois pour les élections législatives (en juin ou septembre). Il est trop tôt pour mesurer réellement un rapport de forces. Mais le RNI affichait ce samedi 3 mai une grande confiance.

Élections 2026 : Akhannouch revigore ses troupes

Les deux groupes parlementaires du Rassemblement national des indépendants (RNI) se sont réunis, avant l’ouverture, vendredi 11 avril, de la deuxième session de l’année législative 2024-2025.

Lors de cette réunion, Aziz Akhannouch a appelé les parlementaires du RNI à faire face aux « tentatives de déstabilisation » et aux « attaques injustifiées » émanant de certains courants de l’opposition. Il a souligné que la majorité dispose d’une vision de travail unifiée et reste déterminée à mener à terme les différents programmes mis en œuvre par le gouvernement.

Il a affirmé que la majorité gouvernementale œuvre dans un esprit d’équipe pour relever le défi du développement, répondre aux attentes des citoyens et honorer les engagements pris à leur égard. Il a également assuré que cette majorité continue de fonctionner avec cohésion et une grande coordination, en dépit des tentatives visant à entraver son action.

Le président du RNI a ainsi invité les députés et les conseillers de son parti à défendre les réalisations du gouvernement et à communiquer activement à leur sujet, afin de faire barrage aux « campagnes de désinformation ». Selon lui, la période actuelle doit être marquée par une accélération du rythme de travail, tant au sein de l’hémicycle qu’en dehors, pour faire face aux contre-vérités propagées par les adversaires de la majorité.

Dans son intervention, Akhannouch a estimé que les parlementaires du RNI doivent être fiers des réalisations du gouvernement et les défendre avec conviction. Il les a appelés à intensifier leur présence et leur communication, à la fois au sein de l’institution législative et sur le terrain, et à répondre aux « campagnes de désinformation orchestrées par certains courants de l’opposition », cherchant à générer du « buzz politique ».

Il les a également exhortés à continuer d’écouter les préoccupations des citoyens, dans le respect des engagements du parti à leur égard.

Enfin, Aziz Akhannouch a exprimé le souhait que la prochaine session parlementaire soit une réussite, et qu’elle constitue un point de départ pour insuffler une nouvelle dynamique de communication au sein des deux groupes parlementaires du parti, à la Chambre des représentants et à la Chambre des conseillers.

Le compte rendu du Conseil de gouvernement du jeudi 20 mars 2025

Emploi. Un nouveau cap pour l’emploi à l’horizon 2030, sous l’ombre des incertitudes climatiques

Le gouvernement a récemment dévoilé une nouvelle feuille de route pour l’emploi couvrant la période 2025-2030. Cette stratégie vise à créer, si la pluviométrie reprend son cours normal, 1,45 million d’emplois et à ramener le taux de chômage à 9 % d’ici 2030.

Ce nouveau plan interroge l’efficacité de la première stratégie d’emploi mise en place au début du mandat gouvernemental. Cette dernière avait été freinée d’une part par l’effondrement de l’emploi rural ; et d’autre part, par le contexte géopolitique né de la guerre en Ukraine.

Dès son investiture en octobre 2021, le gouvernement de Aziz Akhannouch avait déclaré que l’emploi était l’une de ses priorités, avec un engagement chiffré : la création d’un million d’emplois d’ici la fin du mandat. Toutefois, les données officielles du marché du travail, publiées par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), montrent que cette promesse n’est pas tenue.

Bilan de l’emploi 2022-2024 : où en est-on ?

Pour évaluer objectivement le bilan en matière d’emploi, notre analyse se concentre sur la période s’étendant du premier trimestre 2022 au quatrième trimestre 2024, soit une durée de trois ans correspondant à la pleine action de l’exécutif.

L’évaluation du bilan de l’emploi sous ce gouvernement peut être abordée selon deux angles. La première approche consiste à examiner la création nette d’emplois sur la période concernée. En comparant les chiffres, on constate une destruction nette de 24.000 emplois, le stock d’emplois étant passé de 10.697.000 au premier trimestre 2022 à 10.673.000 à la fin de 2024.

Toutefois, une analyse plus détaillée révèle une dynamique contrastée entre les différentes catégories d’emplois:

-en ce qui concerne les emplois rémunérés, une évolution positive est enregistrée. Le nombre d’emplois rémunérés est passé de 9.252.905 au premier trimestre 2022 à 9.605.700 à la fin de 2024, ce qui représente une création nette de 352.795 emplois, soit une moyenne annuelle de plus de 110.000 nouveaux postes rémunérés.

-cette dynamique a été neutralisée par la destruction massive d’emplois non rémunérés, qui a atteint un total de 376.795 emplois perdus sur la même période. Ainsi, en additionnant les créations nettes d’emplois rémunérés et non rémunérés, le solde global s’établit à une perte nette de 24.000 emplois.

-le même constat s’applique aux emplois urbains, dont la création nette s’élève à 280.000 sur la période 2022-2024, soit une moyenne annuelle de plus de 90.000 emplois. Cette création a été effacée par la disparition de 304.000 emplois en milieu rural, ce qui aboutit au même solde négatif. Cette tendance met en évidence l’érosion structurelle de l’emploi rural, un phénomène dont les solutions restent limitées.

Donc:

*création nette de 352.000 emplois rémunérés en trois ans

*destruction, essentiellement dans le monde rural, de 376.000 emplois non rémunérés.

*création nette de 250.000 emplois urbains.

Le bilan du gouvernement ne peut être résumé à une simple destruction d’emplois. Un effort a été fourni pour stimuler l’emploi. Toutefois, les pertes se concentrent sur deux segments vulnérables : les emplois non rémunérés et l’emploi rural.

Ces deux catégories se recoupent largement, car l’essentiel des emplois non rémunérés sont liés à l’agriculture familiale en milieu rural. L’emploi rural, quant à lui, demeure majoritairement agricole, ce qui le rend extrêmement sensible aux chocs climatiques, notamment à la sécheresse.

Ainsi, la contre-performance du marché du travail au cours des trois dernières années pâtit directement des conditions climatiques, un facteur exogène qui échappe à toute anticipation à long terme, notamment dans le cadre d’un mandat gouvernemental de cinq ans. D’où la mention conditionnelle : « si la pluviométrie reprend son cours normal », figurant dans la nouvelle feuille de route.

Mais supposons que la pluviométrie s’était maintenue à un niveau normal et qu’il n’y ait eu ni destruction ni création d’emplois dans le monde rural. Si on adopte cette hypothèse, on se retrouve avec une création nette de 280.000 emplois en trois ans. On est donc loin du million projeté. La sécheresse n’est pas le seul facteur en cause.

Toujours en théorie: si l’on ajoute 350.000 emplois nets projetés d’ici 2026, on se retrouverait avec 630.000 emplois créés et pas un million.

350.000 emplois d’ici fin 2026 : quel impact sur le bilan du gouvernement ?

Supposons maintenant que l’objectif à court terme de 350.000 créations nettes d’emplois d’ici 2026 soit atteint. Cela porterait le solde net global de créations d’emplois sur l’ensemble du mandat à 326.000 emplois, en prenant en compte le déficit de 24.000 emplois enregistré entre 2022 et 2024.

Cette projection repose de surcroît sur une hypothèse implicite : la stabilité de l’emploi rural, un scénario peu probable dans un contexte marqué par des sécheresses récurrentes et une vulnérabilité accrue du secteur agricole. Or, selon la feuille de route gouvernementale, aucune création d’emplois agricoles n’est prévue sur la période, ce qui implique que les pertes d’emplois en milieu rural pourraient venir compromettre le solde net.

Ainsi, si les conditions climatiques défavorables persistent, une partie des 350.000 emplois projetés pourrait être neutralisée par des destructions supplémentaires dans le secteur agricole et les activités connexes, compromettant ainsi l’atteinte des objectifs de stabilisation du marché du travail. Dès lors, le bilan à court terme ne pourra être établi avec certitude qu’en fonction de l’évolution effective de l’emploi rural d’ici 2026.

Par ailleurs, si l’on raisonne en termes d’emplois rémunérés, sachant que la majorité des créations d’emplois concernent cette catégorie, le stock total d’emplois rémunérés atteindrait alors plus de 750.000 nouveaux postes sur l’ensemble du mandat (350.000 supplémentaires d’ici 2026, s’ajoutant aux 352.795 emplois rémunérés créés entre 2022 et 2024).

Donc, quel que soit le mode de calcul adopté (stock d’emploi rural intact et pas de sécheresse; calcul uniquement des emplois rémunérés; ajout des 350.000 emplois projetés d’ici 2026), le constat est le même in fine: on reste plus ou moins loin du million d’emplois.

La remise des compteurs à zéro : un choix politique ?

Avec cette nouvelle feuille de route, le gouvernement semble redémarrer les compteurs à zéro en fixant de nouveaux objectifs pour 2030. Ce choix relève avant tout d’une approche politique, qui permet à l’exécutif de décaler l’échéance de ses engagements tout en évitant un bilan négatif à la fin du mandat.

Mais la question de la faisabilité et de l’efficacité de cette nouvelle stratégie demeure. L’État continuera d’injecter des fonds publics considérables pour stimuler l’emploi, notamment à travers les politiques d’investissement, les dispositifs d’insertion et les mesures de soutien aux secteurs vulnérables.

Or, cette approche est-elle soutenable sur le long terme ? Est-elle économiquement viable? Une entreprise est censée créer des emplois selon ses besoins. Baisser le coût de l’emploi au recrutement reste une mesure de court terme, un pari. Le problème n’est-il pas structurel ? Qualité de la formation, adéquation de la formation, sous-capitalisation des entreprises, oligopoles, faiblesse de la concurrence dans les secteurs, compétitivité… sont autant de facteurs méritant chacun un débat.

Au-delà de la mobilisation des ressources publiques, il est légitime de se demander si d’autres approches pourraient être plus efficaces pour dynamiser l’emploi de manière structurelle.

Akhannouch s’entretient avec la présidente de la BERD

Ces entretiens ont été l’occasion de passer en revue les chantiers de développement majeurs initiés par le Royaume du Maroc, sous la conduite éclairée du Roi Mohammed VI, indique un communiqué du chef du gouvernement.

Ces entretiens ont également été l’occasion de saluer le choix du Maroc pour abriter les travaux de la 5e édition de l’Africa Investment Forum, placé sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, et qui se tiennent du 4 au 6 décembre à Rabat, avec la participation d’acteurs majeurs, en vue de faciliter le financement et la réalisation de projets de développement dans le continent africain, ajoute la même source.

Cité dans le communiqué, le chef du gouvernement s’est félicité à cette occasion de la dynamique dont fait preuve la BERD dans l’accompagnement des projets d’infrastructure et l’appui à l’accélération de la transition énergétique dans notre pays, en cohérence avec la vision éclairée du Roi Mohammed VI, mettant l’accent sur l’importance d’élaborer une stratégie nouvelle associant le Maroc à la BERD pour la période 2024-2029, en vue d’accompagner les projets de l’économie verte dans le Royaume, de soutenir la compétitivité du secteur privé, de renforcer la cohésion sociale et de réduire les disparités spatiales.

Odile Renaud-Basso a pour sa part rappelé que la BERD dispose d’importants investissements au Maroc, dont la valeur a dépassé 400 millions d’euros cette année, et qui portent principalement sur la transition énergétique, les secteurs neutres en carbone, l’intégration de la femme et la digitalisation de l’économie, soulignant que les priorités de l’action de la BERD s’inscrivent en harmonie avec les priorités de développement dans le Royaume, note le communiqué.

Les deux responsables ont en outre passé en revue les relations de coopération entre le Maroc et la BERD, le Royaume étant devenu en 2012 un espace de déploiement pour les opérations de la banque, et ayant bénéficié depuis lors d’investissements d’une valeur de 4,74 milliards d’euros, dont 77% destinés au financement du secteur privé.

Le renforcement de la coopération bilatérale au centre d’entretiens entre Akhannouch et la Première ministre de la RDC

Au début de ces entretiens, le chef du gouvernement a félicité Suminwa Tuluka Judith pour sa nomination, en avril dernier, en tant que première femme à diriger un gouvernement dans la République démocratique du Congo, indique un communiqué de la primature.

Aziz Akhannouch a également « salué les relations historiques et fraternelles entre Rabat et Kinshasa, et la volonté commune de renforcer la coopération bilatérale dans les différents domaines, sous la conduite des deux chefs d’Etat, le Roi Mohammed VI et le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi ».

Le chef du gouvernement a salué « la solidarité agissante entre les deux pays et leur défense commune du principe de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale, qu’illustre la participation du Maroc à l’opération de maintien de la paix dans la République démocratique du Congo depuis les années 1960, ainsi que le soutien clair par la République démocratique du Congo à la marocanité du Sahara et l’ouverture d’un consulat général de la RDC à Dakhla en décembre 2020 ».

Au cours de ces entretiens, les deux responsables ont passé en revue les perspectives prometteuses du partenariat économique bilatéral, notamment à travers le renforcement de la concertation pour la tenue de la prochaine session de la Commission mixte et la dynamisation du Conseil d’affaires maroco-congolais.

Série d’entretiens d’Emmanuel Macron avec Akhannouch, Talbi Alami et Ould Errachid

Le président français a également reçu Rachid Talbi Alami, président de la Chambre des représentants, et Mohamed Ould Errachid, président de la Chambre des conseillers.

Le président Emmanuel Macron avec Rachid Talbi Alami.
Le président Emmanuel Macron avec Mohamed Ould Errachid.

Le président de la République française, Emmanuel Macron, et son épouse Brigitte Macron sont arrivés le lundi 28 octobre en fin d’après-midi à Rabat pour une visite d’État au Maroc, à l’invitation du Roi Mohammed VI.

Akhannouch : les sortants ont travaillé avec sérieux mais il fallait un nouvel élan

Dans une interview accordée au journal en ligne Madar21, Aziz Akhannouch a déclaré : « Les ministres qui ont quitté le gouvernement ont été à la hauteur des attentes », précisant que « la situation actuelle exige des ministres politiques capables de travailler plus rapidement, de mettre en œuvre les programmes gouvernementaux et de les expliquer aux citoyens. Nous avons trouvé des figures politiques ayant de surcroît des capacités de gestion ».

Akhannouch a reconnu que « trois années de travail sous pression n’ont pas été faciles », affirmant que les ministres sortants ont rempli leurs missions constitutionnelles avec des efforts importants pour élaborer de nombreux plans.

Ils « ont travaillé avec sérieux, et d’autres viennent maintenant pour poursuivre ce travail sérieux et insuffler un nouvel élan au gouvernement ».

Il ajoute que ce dernier doit profiter du temps restant pour accélérer la mise en œuvre des programmes essentiels, notamment les programmes royaux, les chantiers sociaux et économiques, ainsi que plusieurs réformes.

Concernant le timing de ce remaniement, le chef du gouvernement a indiqué qu’après une évaluation intermédiaire, il est apparu que de grandes réalisations avaient été accomplies, mais qu’il était nécessaire de revoir la composition du gouvernement pour accélérer la cadence de travail.

Il a précisé que l’entrée de nouveaux ministres rapprochera l’action gouvernementale des citoyens, convaincu de la nécessité d’impliquer des responsables ayant une véritable expérience politique et une connexion directe avec la population.

Il a également mis en avant le rôle des partis de la majorité dans ce remaniement, affirmant que la concertation a permis de trouver des personnalités politiques expérimentées, dans le secteur privé comme dans le secteur public.

Akhannouch a insisté sur l’urgence d’accélérer les projets du gouvernement compte tenu du temps limité restant, ajoutant qu’il fallait atteindre les ambitions du programme gouvernemental et de la vision royale dans les meilleures conditions possibles.

« Les étudiants en médecine doivent faire preuve de flexibilité pour mettre fin à cette crise »

En ce qui concerne la crise des étudiants de médecine, Aziz Akhannouch a déclaré que les deux nouveaux ministres en charge de l’Enseignement supérieur et de la Santé et de la protection sociale sont prêts à dialoguer avec les étudiants pour mettre fin à la crise qui dure depuis plus de dix mois, appelant ces derniers à « faire preuve d’écoute et de flexibilité dans les négociations, car cette opportunité est la dernière pour sauver l’année universitaire des facultés de médecine ».

Le chef du gouvernement a indiqué qu' »il y avait eu plusieurs possibilités de parvenir à des résultats lors des tentatives précédentes », soulignant qu »‘il est difficile pour l’État de revenir sur ce programme de réforme ».

Akhannouch a poursuivi en affirmant que « la porte du dialogue et de la communication avec les étudiants reste ouverte », et que « la présence de nouveaux ministres aux ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé et de la protection sociale rend le dialogue possible ».

Il a souligné que « les deux nouveaux ministres sont prêts à dialoguer avec les étudiants et à les écouter », précisant que « l’écoute doit être réciproque ».

S’adressant aux étudiants en médecine, Akhannouch a déclaré que « c’est la dernière opportunité de sortir de la crise ».

Le chef du gouvernement a exprimé son « grand espoir de voir ces jeunes faire preuve d’écoute objective », en insistant sur le fait que « le gouvernement sera également objectif avec les étudiants ».

Akhannouch représente le Roi Mohammed VI au XIXe Sommet de la francophonie

A son arrivée au château de Villers-Cotterêts, Aziz Akhannouch a été accueilli par le président français Emmanuel Macron et Brigitte Macron, ainsi que la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo.

Outre le segment ministériel et celui des chefs d’État et de gouvernement, le Sommet de la francophonie, qui se tient sur le thème « Créer, innover et entreprendre en français », se veut un moment d’échange avec les jeunes créateurs et entrepreneurs à travers plusieurs événements, notamment le salon des technologies « Franco Tech » et le Village de la francophonie qui accueille des pavillons nationaux, dont celui du Maroc, ainsi qu’un festival qui célèbre la langue française.

Depuis son adhésion à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) en 1981, le Maroc a su se positionner comme un acteur clé à travers sa participation active aux travaux des différentes instances de l’Organisation.

(Avec MAP)

À Pékin, Akhannouch expose les atouts du Maroc en matière d’industrialisation et de modernisation de l’agriculture

Le Royaume du Maroc est fermement convaincu que « le partenariat stratégique entre la Chine et les pays africains constitue un pilier solide pour notre continent », dans la mesure où ce partenariat renforcera les relations entre les deux parties et permettra d’en élargir le champ, a affirmé le jeudi 5 septembre Aziz Akhannouch, lors du Sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) qui se tient à Pékin.

S’exprimant lors d’une conférence de haut niveau sur « l’industrialisation et la modernisation de l’agriculture en Afrique », le chef du gouvernement a noté que le choix du thème de cette réunion reflète la profonde conscience de la Chine et du continent quant à l’importance de l’industrialisation, de la modernisation de l’agriculture et du développement durable pour le continent.

Aziz Akhannouch a rappelé que le Maroc a adopté des stratégies ambitieuses dans ce cadre, telles que le Pacte national pour l’émergence industrielle et le Plan d’accélération industrielle qui ont contribué au développement des capacités industrielles et à la promotion de l’innovation dans le Royaume.

Dans le même ordre d’idées, il a mis en avant le souci du Maroc de se doter d’une nouvelle Charte de l’investissement, avec comme objectifs le renforcement de la présence des entreprises marocaines à l’international et la promotion de l’attractivité et du flux des investissements étrangers vers le Royaume.

Dans ce contexte, le chef du gouvernement a relevé que le Maroc est conscient de l’importance de miser sur les secteurs d’avenir, tels que les énergies renouvelables, les voitures électriques, la construction aéronautique, les industries électroniques et l’hydrogène vert.

Développement agricole et sécurité alimentaire

Côté agriculture, le Royaume a lancé des initiatives ambitieuses pour moderniser ce secteur, notamment le plan « Maroc vert » et la stratégie « Génération Green 2020-2030 », a-t-il rappelé.

Il a également souligné que le Maroc, dans le cadre de la promotion de la bonne gouvernance des ressources en eau, conformément aux orientations royales, prépare de grands projets d’une valeur financière de plus de 14 milliards de dollars, liés notamment à l’adoption du goutte-à-goutte dans le secteur agricole, la réalisation de barrages, le transfert d’eau entre les bassins hydriques, en plus d’autres projets innovants de dessalement de l’eau de mer, a précisé Aziz Akhannouch, assurant que ces chantiers « nous permettront de répondre à nos besoins en eau, aussi bien pour le secteur agricole que pour l’eau potable ».

La politique africaine du Royaume a placé le développement agricole et la sécurité alimentaire au cœur des préoccupations, a-t-il insisté, ajoutant que lors des visites du Roi Mohammed VI dans les pays africains, l’agriculture a toujours été un élément clé dans la stratégie de coopération avec les États du continent, que ce soit à travers les multiples programmes de coopération ou encore grâce aux directives royales données au groupe OCP pour développer des programmes spéciaux dans ce domaine en faveur des pays africains.

Pour faire face aux défis de la sécurité alimentaire du continent, le Royaume a lancé de grands projets, dont la construction d’usines de production d’engrais en Éthiopie et au Nigeria, sachant que l’OCP a renforcé sa présence en Afrique par l’ouverture de 12 représentations aux quatre coins du continent, ainsi que la stimulation de la production et la distribution d’engrais à la faveur du lancement de huit projets industriels sur le continent.

Grâce à ses atouts stratégiques et à ses ressources, le Maroc restera un partenaire idéal pour la Chine et l’Afrique dans la mise en œuvre de diverses initiatives conjointes, a-t-il souligné, notant que cette coopération permettra de se concentrer sur des secteurs vitaux tels que la modernisation de l’agriculture, le développement des infrastructures et les énergies renouvelables.

Alors que le système international fait face ces dernières années à une succession de crises interconnectées et à des changements géopolitiques profonds dans un monde multipolaire, une action commune telle que le renforcement de la coopération sino-africaine est devenue indispensable pour relever les différents enjeux, a fait remarquer le chef du gouvernement.

À cet égard, il a souligné que le Maroc s’engage à contribuer à donner un contenu concret au Forum sur la coopération sino-africaine à travers le développement de ses mécanismes, programmes et initiatives dans divers secteurs, dans le cadre d’une plus grande ouverture sur l’expérience pionnière chinoise, d’autant plus que les objectifs de ce Forum se croisent avec plusieurs initiatives lancées par le Roi Mohammed VI, traduisant ainsi l’engagement du Maroc en faveur de la paix, de la stabilité, de l’intégration régionale et du développement durable en Afrique.

Il s’agit notamment de l’Initiative internationale pour faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique, qui vise à offrir à cette région un accès plus direct et bénéfique à l’océan, renforçant ainsi les échanges commerciaux et économiques, en plus du projet de gazoduc Nigeria-Maroc ayant pour objectif la création d’un corridor énergétique stratégique favorisant la coopération énergétique et stimulant la croissance économique dans la région.

Le Royaume du Maroc est fermement convaincu que ces initiatives, soutenues par des partenariats trilatéraux, joueront un rôle essentiel dans la réalisation d’un avenir prospère et durable pour l’Afrique, a conclu le chef du gouvernement.

(Avec MAP)

L’eau, l’investissement et la création d’emplois, « priorités de la seconde moitié du mandat gouvernemental » (Akhannouch)

Le chef du gouvernement a indiqué qu’en parallèle à la « poursuite de la consolidation des fondements de l’Etat social, tel que voulu par le Roi Mohammed VI, le gouvernement se penchera, à l’horizon de la seconde moitié de son mandat, sur le renforcement de la dynamique d’investissement et la création d’emplois à travers la promotion d’un climat d’investissement garantissant une croissance économique durable ».

« De grands enjeux nous attendent à cette rentrée politique nécessitant un redoublement des efforts pour la mise en oeuvre des différentes politiques publiques adoptées par le gouvernement, ainsi qu’une accélération de la cadence du travail, tout en faisant preuve de sérieux et d’efficacité dans la mise en œuvre des différents projets programmés afin d’être à la hauteur de la responsabilité confiée par SM le Roi et mériter la confiance des Marocains », a-t-il dit.

A cet égard, le chef du gouvernement a mis l’accent sur les orientations royales contenues dans le discours du Trône, soulignant qu’elles représentent « une boussole pour l’action du gouvernement », notamment en ce qui concerne la gestion de la question de l’eau qui revêt un caractère stratégique. Ceci implique, lors de la prochaine étape, une actualisation continue des mécanismes de la politique nationale de l’eau et l’accélération des différents projets concernés, a-t-il noté.