Barrage Bouassame : aucun risque pour la sécurité après les récentes précipitations (ministère)

« À la suite des récentes précipitations, une visite d’inspection menée le 18 mars 2025 par la direction générale de l’Hydraulique a confirmé l’absence de tout risque compromettant la sécurité du barrage Bouassame », souligne un communiqué du ministère.

Après un examen approfondi, les experts du ministère ont relevé qu’aucun signe d’instabilité du barrage ni de ses appuis n’a été détecté, et qu’aucune infiltration d’eau au niveau des fondations n’a été observée, poursuit-on.

Les deux vannes de vidange de fond ont été testées et fonctionnent correctement. Des venues d’eau ont été constatées sur le parement aval, sans présenter de danger particulier compte tenu du profil du barrage, qui assure sa grande stabilité, précise la même source.

Le barrage Bouassame est situé dans la province d’Al Hoceima, avec une capacité de 100.000 m³. La fin des travaux a eu lieu en 2014, et sa réception définitive a été faite en septembre 2015.

Le ministère de l’Équipement et de l’eau réaffirme sa stricte vigilance en faveur de la sécurité des infrastructures hydrauliques. Il rappelle que la conception, la construction et l’exploitation des barrages sont rigoureusement encadrées par la loi n° 30.15 relative à la sécurité des barrages.

Le Maroc déploie des « bataillons de guerre électronique » près de Sebta et Melilia selon un média espagnol

Selon le journal espagnol La Razón, citant des « sources bien informées », le Maroc prévoit de déployer des bataillons terrestres spécialisés dans les systèmes de guerre électronique dans des zones proches de Sebta et Melilia.

Ces unités auront pour mission de mener des opérations offensives en utilisant des systèmes avancés de brouillage et de neutralisation des capacités ennemies, que ce soit dans le domaine des communications, des radars ou d’autres systèmes de défense hostiles, poursuit la même source.

Les bataillons de guerre électronique sont équipés de technologies de pointe, spécifiquement conçues pour ce type d’opérations militaires. Grâce à ces systèmes, « les forces armées marocaines peuvent perturber et affaiblir les capacités opérationnelles de tout adversaire sur le champ de bataille », ajoute le média espagnol.

« Par cette initiative, le Maroc continue de progresser dans la modernisation de ses forces armées, consolidant ainsi sa position dans le domaine de la guerre électronique et garantissant une plus grande sécurité sur son territoire », conclut-on.

La station de dessalement de Tanger annoncée pour fin 2028 à début 2029

Dans une déclaration à la suite de la réunion du conseil d’administration de l’Agence du bassin hydraulique du Loukkos (ABHL), tenue le lundi 24 février à Al Hoceïma, le ministre de l’Équipement et de l’eau, Nizar Baraka, a mis en avant l’accélération des travaux de construction des barrages et la programmation de nouvelles infrastructures dans le contexte du projet royal de liaison des bassins hydrauliques de Oued Laou, Loukkos, Sebou, Bouregreg et Oum Er-Rbia.

Parmi les projets examinés :

– La poursuite de la réalisation du projet de transfert de l’excédent des eaux du barrage Oued El Makhazine vers le barrage Dar Khroufa, avec un débit de 3,2 mètres cubes par seconde pour assurer l’approvisionnement en eau potable du Grand Tanger ;
– La poursuite de la réalisation du barrage de Rhiss dans la province d’Al Hoceima pour assurer l’approvisionnement en eau potable d’Al Hoceima ;
-Le lancement des appels d’offres pour la construction du barrage Bouhmed dans la province de Chefchaouen et du barrage Tfer dans la province de Larache ;
– La programmation de 7 petits et moyens barrages dans la région de Tanger Tétouan Al Hoceima. Trois de ces barrages concernent la zone d’intervention de l’Agence du Bassin Hydraulique du Loukkos ;
– La poursuite de l’équipement des forages et la réalisation des travaux des forages d’exploration pour assurer l’approvisionnement en eau potable dans les zones rurales ;
– La poursuite des études nécessaires pour arrêter les scénarios de gestion participative des nappes souterraines les plus importantes du bassin hydraulique du Loukkos ;
– La poursuite de la réalisation des projets de la réutilisation des eaux usées traitées pour l’arrosage des espaces verts et des terrains de golf.

Le ministre a, par ailleurs, insisté sur le renforcement des capacités de dessalement, avec un « grand projet à Tanger d’une capacité de 150 millions de mètres cubes, prévu entre fin 2028 et début 2029″. Il a également annoncé la mise en place d’unités mobiles de dessalement et de projets d’assainissement des eaux usées, notamment à Tanger-Med, Tamuda Bay, Beni Arous et Ayacha.

 

Suivi des projets hydrauliques et routiers

En marge des travaux du conseil d’administration de l’ABHL, Nizar Baraka a effectué une visite de terrain dans la province.

Le ministre s’est rendu sur le site d’aménagement de l’oued Ibelouken, situé à 11 km d’Al Hoceïma, où il a assisté à une présentation sur les projets routiers réalisés entre 2021 et 2025. Parmi ces projets figurent l’élargissement et le renforcement de la route régionale RR 509 entre Lakhlafa et Issaguen, sur une distance de 52 km.

Il a également donné le coup d’envoi des travaux de protection de la plaine d’Ajdir contre les inondations.

La visite s’est poursuivie à la station de dessalement de l’eau de mer d’Al Hoceïma, d’un budget de 330 millions de DH.

Le ministre a également supervisé l’état d’avancement des travaux de mise en place de stations mobiles de dessalement d’eau de mer dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Neuf stations sont prévues dans les provinces d’Al Hoceïma et de Chefchaouen, pour un investissement total de 160 millions de DH. Ce projet s’inscrit dans un programme national de 203 stations, financé à hauteur de 2,4 milliards de DH.

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Dans la province d’Al Hoceima, le feu de forêt de Jbel Aghendrou totalement maîtrisé

Le feu a été entièrement maîtrisé mercredi à 11 h du matin, a confié à la MAP le directeur provincial de l’ANEF à Al Hoceima, Imad El Khadir, notant que l’incendie a ravagé environ un hectare de massifs forestiers, composés de chênes-verts et d’essences secondaires.

L’intervention rapide des équipes de la direction provinciale de l’ANEF, de la Protection civile, des autorités locales et de la Gendarmerie royale, en plus de certains volontaires de la population locale, a permis de circonscrire rapidement le feu de forêt et d’empêcher sa propagation, en raison du vent.

Les équipes d’intervention, composées de plus de 40 membres, ont déployé deux véhicules appartenant à l’ANEF, un camion-citerne de la Protection civile, ainsi que trois véhicules de la Gendarmerie royale, des forces auxiliaires et des autorités locales (un chacun).

Par ailleurs, les équipes de l’ANEF continuent de surveiller le site pour éviter que l’incendie ne se déclenche à nouveau, tandis qu’une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de l’incendie.

(Avec MAP)

Le premier service clientèle en Amazigh au Maroc lancé à Al Hoceima

Cette idée, portée par la société MyOpla, confirme la diversité culturelle du Royaume et relate l’énorme potentiel économique et la présence de ressources humaines polyglottes et hautement qualifiées dans la région du Nord en général et la province d’Al Hoceima en particulier, indique dans un communiqué le Centre régional d’investissement de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (CRI-TTA), qui a pris part à la cérémonie de lancement du projet.

Cette cérémonie a été marquée par la signature d’une convention de partenariat entre l’ANAPEC et la société pour l’accompagnement et l’emploi de 250 personnes dans la province d’Al Hoceima.

MyOpla est une entreprise d’externalisation de services et d’offshoring. Elle emploie plus de 1.200 personnes sur ses trois sites de Tanger, de Tétouan et d’Al Hoceima.

Installée dans la région depuis 2013, la société a bénéficié d’un accompagnement ciblé et adapté de bout en bout par le CRI et par l’ensemble des acteurs régionaux.

Al-Hoceima : décryptage scientifique d’une zone à haut risque sismique (avis d’expert)

Dans la nuit du 15 mars, un tremblement de terre d’une magnitude de 4,7 sur l’échelle de Richter a été enregistré en mer, à environ 29 km au Nord-Est d’Al Hoceima. Cette secousse a été largement ressentie dans plusieurs villes marocaines, en particulier à Al Hoceima, Nador et Driouch. Le tremblement de terre principal a été suivi d’une dizaine de répliques, dont la plus forte a atteint une magnitude de 3,5.

Malgré l’absence de dégâts matériels et humains, cette secousse intense a créé un sentiment de panique parmi les habitants, qui gardent en mémoire l’ampleur dévastatrice du séisme du 24 février 2004.

Contacté par Médias24, Dr Raul Perez Lopez, sismologue, géologue chercheur et porte-parole des chercheurs à l’Institut Géologique et Minier d’Espagne (IGME), nous a confié sa lecture de la forte activité sismique que connaît la région.

Dr Raul Perez Lopez
Dr Raul Perez Lopez, sismologue à l’IGME

Depuis 1996, notre interlocuteur explore les secrets des tremblements de terre dans les quatre coins du monde. Son expertise réside dans l’étude des effets géologiques des séismes, en s’appuyant sur plusieurs techniques de sismologie dont l’étude des précurseurs sismiques par émissions de gaz dans les failles actives.

Puzzle géologique : croisée de plaques tectoniques et des failles

La mer d’Alboran, située en Méditerranée occidentale, est un point chaud de tectonique active, fortement marqué par la convergence de la plaque africaine et de la microplaque ibérique, elle-même rattachée à la plaque eurasiatique.

Par cette convergence, la mer d’Alboran absorbe une partie des 4 à 5 mm/an de convergence entre les plaques africaine et eurasiatique.

Les limites de plaques africaines et eurasiatiques traversant la région d’Al Hoceima

« Cette convergence engendre des forces tectoniques importantes à grande échelle, entraînant l’accumulation d’énergie élastique dans la région. Lorsque cette énergie est brusquement libérée le long d’un plan de faille, elle se manifeste sous la forme d’un tremblement de terre. Au fil du temps, la mer d’Alboran a connu des tremblements de terre modérés à forts, une tendance qui devrait se poursuivre », nous explique Perez Lopez.

Les répercussions des failles dans la région

L’événement sismique du 15 mars a été enregistré au large de la ville d’Al Hoceima. Il a été largement ressenti dans les villes d’Al Hoceima, Nador et Deriouch et légèrement ressentie dans les villes espagnoles de l’autre rive de la Méditerranée, à savoir les côtes de Malaga, Granada et Alméria.

Une dizaine de répliques, dont la plupart étaient imperceptibles, ont frappé la mer d’Alboran entre le vendredi 15 mars et le dimanche 17 mars 2024. Les magnitudes de ces répliques variaient de 1,6 à 3,5 sur l’échelle de Richter.

Enregistrement sismique de la journée du 15 mars (Station sismique du Rocher Badis)

« La forte activité sismique de la région s’explique par la présence de failles actives orientées Nord-Est vers Sud-Ouest. Ces failles, situées dans une zone à lithosphère épaisse, sont susceptibles de déclencher des séismes modérés à forts. Encadrée par la chaîne Bétique et le Rif, la mer d’Alboran est parcourue de nombreuses failles actives potentiellement productrices de tremblements de terre » précise notre interlocuteur.

La carte ci-dessous montre que la majorité des séismes dans la région d’Al Hoceima se concentre près des failles situées dans la mer d’Alboran et particulièrement la Faille d’Al Idrissi:

arc de Gibraltar
Carte de l’activité sismique dans l’Arc de Gibraltar avec ses principales failles actives (Source: IGN). FAL : Faille d’Al-Idrisi ; FJ: Faille Jebha ; FAV: Faille d’Averroès FC: Faille de Carboneras FAN: Faille Nord-Alboran ; FY: Faille de Youssef

Sur l’importance de la veille scientifique, Dr Raul pense qu’à « l’heure actuelle, nous ne pouvons que surveiller les zones actives pour obtenir des séries chronologiques de données sismiques, satellitaires et GPS, et tenter de créer de nouveaux modèles pour décrire le mécanisme des tremblements de terre dans une zone donnée. Il reste encore beaucoup de travail à faire dans ce domaine ».

« L’existence de précurseurs sismiques fait toujours l’objet d’un débat ouvert au sein de la communauté scientifique », ajoute Dr Lopez Perez.

Al Hoceima : Face à un risque sismique permanent

Sur la possibilité de l’occurrence d’un fort séisme, Dr.  Raul Perez Lopez estime un risque sismique permanent puisque, traditionnellement, les tremblements de terre ont tendance à se produire aux mêmes endroits et dans cette zone existe des preuves géologiques indiquant que de puissants tremblements de terre se sont produits dans les temps anciens.

S’ajoute à cela, les failles actives qui accumulent de l’énergie tectonique et qui peuvent déclencher un séisme à tout moment.

Bathymétrie de fond réalisée par AUV mettant en évidence un segment de la faille Al Idrissi (D’après les travaux de Garcia et al., 2019)

Auparavant, trois importants séismes ont touché la région d’Al Hoceima : le séisme de 1994 (magnitude de 5,8), le séisme de 2004 (magnitude de 6,3), le séisme de 2016 (magnitude de 6,4). La profondeur de l’ensemble de ces séismes était superficielle.

Malgré sa forte magnitude, le séisme de 2016 n’a pas causé beaucoup de victimes comme les séismes précédents (15 blessés). Ceci est dû à la situation de l’épicentre du séisme qui était localisé dans la mer d’Alboran, et particulièrement aux alentours de la faille d’Al Idrissi. Ce séisme a été suivi par une série de répliques intenses d’une magnitude supérieure ou égal à 5 degrés à l’échelle de Richter.

Coupe lithosphérique conceptuelle avec mécanisme au foyer de la secousse principale (rouge) et des répliques (bleu) du séisme d’Al Hoceima de 2016. Les hypocentres des séismes (points rouges) de magnitude entre 3 et 6.4 sont souvent superficiels ne dépassant pas les 25 kilomètres de profondeur (D’après les travaux de Garcia et al., 2019)

Sur la possibilité d’un risque de Tsunami, Dr Raul Perez affirme sa possibilité « les tremblements de terre situés en mer peuvent toujours provoquer un tsunami. L’impact d’un tsunami dépend en effet de plusieurs paramètres, tels que la typologie de la côte, le fond marin, la propagation des vagues, etc. »

Malgré son risque faible (2%), un travail scientifique a modélisé le potentiel maximal de génération de tsunamis dans la mer de l’Alboran. Par cette modélisation, il a estimé des élévations maximales des vagues devant la côte dépassant 1,5  m et ce sont les côtes africaines entre Al Hoceima et Melilla et les côtes ibériques entre Malaga et Adra0 qui sont les plus exposées.

L’importance d’une bonne gouvernance

Pour une bonne gestion du risque sismique, Dr. Raul Perez Lopez pense que « la prévention est l’approche la plus pragmatique. Cependant, comme nous l’avons vu précédemment, notre capacité à prédire les tremblements de terre reste limitée. Pour progresser dans ce domaine, nous avons besoin de données massives, de modèles physiques solides et, surtout, de nouvelles mathématiques capables d’élucider la dynamique des tremblements de terre ».

« Richard P. Feynman, prix Nobel de physique, a judicieusement observé que si nous comprenons les profondeurs de l’univers et les subtilités des particules subatomiques, notre connaissance des tremblements de terre et des volcans reste limitée, » avance notre interlocuteur Dr. Perez Lopez.

« Sur le plan de la recherche scientifique, il y a un important travail de fond à faire. J’espère que l’exploitation du big data, de l’intelligence artificielle et des technologies émergentes permettra aux sismologues de transcender les limitations actuelles et de faire progresser notre compréhension des phénomènes sismiques » ajoute notre interlocuteur.

De nombreux articles scientifiques traitent de la sismicité de la mer d’Alboran, en particulier sa zone sud. La communauté scientifique marocaine a apporté une contribution importante à ce sujet, et sa participation ne cesse de croître. De plus, une synergie scientifique existe entre les chercheurs espagnols et marocains pour mieux comprendre l’activité sismique élevée dans cette région.

Consciente du risque sismique, l’agence urbaine d’Al Hoceima avait entrepris une étude pour effectuer un micro-zonage sismique de la ville. Ce projet devrait permettre de prévenir les effets de l’aléa sismique par la révision de la planification urbaine, tout en tenant compte de la vulnérabilité du bâti actuel.

5 MDH pour l’élaboration d’un plan stratégique de développement de la filière du cannabis

L’objectif de cette étude est d’élaborer, sur le moyen et long termes (dix ans), un plan stratégique de développement de la filière du cannabis licite.

Les opportunités de développement du cannabis médical et industriel au Maroc sont réelles et prometteuses, compte tenu des atouts dont dispose le Royaume (écosystème : sol et climat propices, proximité du marché européen en plein essor, savoir-faire ancestral des agriculteurs traditionnels, etc.) et des opportunités offertes par ce marché à l’international.

En effet, le secteur du cannabis médical et industriel présente à l’échelle mondiale une forte tendance à la légalisation ainsi que de très bonnes perspectives de croissance.

L’ambition du Maroc est de faire du secteur du cannabis licite un véritable pôle de développement socio-économique, basé sur la compétitivité et le développement durable. Or la transversalité de la filière, ainsi que la multiplicité des intervenants, nécessitent la mise en place d’une vision stratégique nationale concertée, devant bénéficier de la forte adhésion et de la mobilisation totale de tous les acteurs aussi bien institutionnels qu’économiques.

Trois missions en 85 jours

Le délai de réalisation de cette étude est fixé à 85 jours, réparti sur trois missions principales :

– La première est scindée en deux sous-missions, dont la première est relative à l’analyse du marché international du cannabis médical et industriel. L’objectif de l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC) est d’avoir un panorama des échanges internationaux, en quantités et en valeurs, des produits de cannabis par segment (médicinal et pharmaceutique, cosmétique, compléments alimentaires, construction, textile et autres usages…), indiquant les tendances récentes sur les cinq dernières années, ainsi que les prévisions d’évolution de 5 ans à 10 ans.

Des rapports d’analyse comparative de la réglementation et de l’organisation de la filière, des techniques de production et de valorisation du cannabis par segment, des coûts de revient de la production du cannabis et du prix d’achat par l’industrie de transformation du cannabis dans cinq pays, devront ainsi être livrés à l’ANRAC.

La seconde sous-mission est relative à l’analyse du développement de la filière du cannabis licite au niveau national. Le titulaire de ce marché devra ainsi établir un rapport sur l’état des lieux de l’offre nationale actuelle de production par province autorisée à l’échelle communale, indiquant les superficies emblavées par période de semis, la productivité par type de semences (locales et importées) avec les modes de production (bour, irrigué) et les techniques de production adoptées.

Il devra également livrer à l’ANRAC un rapport sur l’analyse et les perspectives de l’offre nationale potentielle de production par province autorisée à l’échelle communale, indiquant les superficies potentielles par période de semis, la productivité prévisionnelle et le coût de production, ainsi qu’un rapport sur le potentiel de transformation et de valorisation de l’offre nationale potentielle de production en distinguant les parts destinées aux fins médicinales et pharmaceutiques (THC>1%) de celles destinées aux fins industrielles (THC<1%).

Le titulaire est également tenu de préparer une synthèse des facteurs de compétitivité de la production nationale par rapport aux facteurs clés et aux contraintes réglementaires identifiés.

– La seconde mission est relative à la préparation d’un plan stratégique, qui a pour objectif de définir le positionnement cible du Maroc sur la filière, ainsi que ses orientations stratégiques.

– Enfin, pour la troisième mission, le titulaire du marché doit élaborer un programme d’action de mise en œuvre du plan stratégique de développement de la filière du cannabis licite.

Il devra ainsi préparer une feuille de route d’opérationnalisation des orientations stratégiques pour chaque segment prioritaire identifié (médicinal, pharmaceutique, cosmétique, compléments alimentaires, construction, textile, autres usages) et les alternatives pour chaque maillon de la filière de cannabis (culture, transformation, commercialisation, import, export du cannabis et de ses produits) avec leur échéancier d’objectifs intermédiaires, les indicateurs de réalisation, d’impact et de suivi-évaluation.

Enfin, le titulaire sera tenu de préparer un plan de communication concernant le plan stratégique national du développement de la filière.

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45 MDH pour une zone économique dédiée à la valorisation du cannabis à Al Hoceima

Ce projet, qui sera mis en œuvre par l’Agence régionale d’exécution des projets (AREP) de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, sous la tutelle de la province d’Al Hoceima, vise à créer une zone d’activités économiques sur une superficie de 10 hectares.

Son objectif est d’accueillir des activités prometteuses pour la transformation et la valorisation du cannabis pour en extraire des produits à des fins médicales, cosmétiques et industrielles.

Le projet fait l’objet d’un accord multilatéral, associant le conseil régional de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (20 MDH), le conseil régional d’Al Hoceima (10 MDH), le ministère de l’Agriculture, le ministère de l’Industrie et du commerce, et l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (5 MDH chacun).

Cette enveloppe financière couvrira les coûts des études techniques, ainsi que la préparation et la réalisation de cette zone économique.

Tanger. Comment la ville du détroit redessine sa toile touristique

Tanger, la plus cosmopolite des destinations marocaines, n’a cessé de se réinventer au fil des siècles. Si elle a jadis été l’adresse culturelle internationale des écrivains, peintres et autres intellectuels célébrissimes de leur époque, le Tanger du XXIe siècle se drape d’une autre étoffe. Celle du tourisme multidimensionnel : affaires, balnéaire, écologique, historique et, bien évidemment, culturel.

Les chiffres prouvent d’ailleurs l’embellie de l’activité touristique de la ville du détroit. À fin octobre 2023, Tanger enregistre près de 2,3 millions de nuitées (dont 1,17 million de nuitées pour le tourisme national et 1,13 million de nuitées pour le tourisme international).

Ce succès incontestable s’explique par plusieurs facteurs. « La région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a bénéficié de chantiers d’envergure et d’ambitieux programmes lancés par S.M. le Roi Mohammed VI, dont les programmes ‘Tanger Métropole’ et ‘Al Hoceima, Manarat Al Moutawassit’, ainsi que le programme intégré de développement économique et social de la province de Tétouan et la préfecture de M’diq-Fnideq. La région constitue une destination touristique par excellence, puisqu’elle attire un nombre important de touristes marocains et étrangers, grâce aux potentialités naturelles et aux infrastructures d’envergure dont elle regorge », nous décrit d’emblée Rkia Alaoui, présidente du Conseil régional du tourisme (CRT).

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Vue aérienne sur la ville et la baie de Tanger.

 

Quand l’Atlantique et la Méditerranée s’entrelacent

Quand on pense à la ville de Tanger, c’est le bleu azur de sa baie qui vient d’abord à l’esprit. Ce même bleu aux nuances mouvantes que Matisse a tenté jadis d’explorer dans ses toiles de la période tangéroise. Car grâce à sa situation géographique unique entre la Méditerranée et l’Atlantique, Tanger est d’abord une destination balnéaire. La mer est évidemment un de ses plus importants atouts touristiques. Les plages situées aussi bien sur la Méditerranée que sur la rive atlantique attirent les estivants en nombre. Une double exposition qui encourage la pratique de sports nautiques comme la voile, la plongée, etc.

Pour le tourisme balnéaire, « la région de Tanger offre de magnifiques plages et paysages côtiers, que ce soit du côté de la Méditerranée ou de l’Atlantique », confirme Rkia Alaoui. Elle cite, à juste titre, les plages de Sidi Kacem, Sidi Kankouch, Achakkar, Oued Marssa, Belyounech et Cabo Negro. « Ces plages et sites balnéaires de la région de Tanger offrent une grande diversité de paysages allant du sable fin aux falaises escarpées, et qui s’adaptent aux différents goûts des visiteurs. De nombreuses options sont donc disponibles pour profiter de la mer dans cette magnifique région : se détendre au soleil, faire de la planche à voile ou explorer les criques cachées, etc. ».

La région de Tanger offre de magnifiques plages et paysages côtiers, que ce soit du côté de la Méditerranée ou de l’Atlantique 

Tanja Marina Bay, une expérience de vie maritime d’exception

En plus de ses spots balnéaires, Tanger offre aux plaisanciers une marina, dont le succès certain tient là aussi à plusieurs facteurs. Rkia Alaoui cite d’abord « l’emplacement stratégique. La marina de Tanger est idéalement située le long de la côte méditerranéenne, offrant des vues splendides sur la mer et un accès facile aux plages environnantes ». Sans oublier, les infrastructures modernes. Tanja Marina Bay est, en effet, équipée de toutes les infrastructures modernes nécessaires pour accueillir les bateaux de plaisance, y compris les postes d’amarrage, les services d’entretien et des équipements de sécurité. En plus, « la marina propose une gamme complète de services et de commodités pour les plaisanciers, à savoir des restaurants, des cafés, des clubs nautiques ainsi que d’autres installations de divertissement », ajoute la présidente du CRT.

En somme, l’attrait de la marina repose sur une combinaison d’ingrédients à même de satisfaire les plaisanciers et les visiteurs à la recherche d’une expérience de vie maritime de qualité à Tanger.

Tanja Marina Bay propose une gamme complète de services et de commodités pour les plaisanciers

La région de Tanger ne se limite pas, pour autant, à son offre balnéaire. Dans « l’arrière-pays, les amoureux de la nature peuvent profiter de l’air pur et du calme loin des bruits de la ville. Les amateurs de randonnées aussi peuvent trouver leur bonheur dans la région, qui est entourée de montagnes offrant des sentiers de randonnées pittoresques », souligne la présidente du CRT. Et à cela, s’ajoutent les événements et les festivals qui mettent en valeur la richesse culturelle de la région.

Monuments et musées : rendez-vous avec l’histoire

C’est un secret de polichinelle. L’histoire de Tanger est intimement liée à son passé culturel. Cela transparaît encore aujourd’hui dans ses différents monuments historiques et ses musées. C’est le cas par exemple de la Kasbah de Tanger. Située au sommet de l’ancienne médina, cette vieille forteresse offre une vue panoramique sur la ville et le détroit de Gibraltar. Et c’est l’un des sites les plus emblématiques de Tanger (voir photos). Et il ne faudra pas quitter ce lieu sans flâner dans le musée de la Kasbah des cultures méditerranéennes, situé à l’intérieur de la forteresse. Ce musée propose une collection d’objets et d’œuvres d’art traditionnels qui retracent l’histoire de cette ville du Nord au passé mythique. On peut en profiter également pour visiter l’Espace d’art contemporain que propose ce musée depuis fin 2021.

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Ce n’est pas tout. Le musée Ibn Battouta, dédié à la mémoire de ce Tangérois légendaire, mérite aussi le détour. « Ce site historique a été restauré dans le cadre du programme de réhabilitation et de valorisation de l’ancienne médina de Tanger (2020-2024). Il vient ainsi enrichir l’offre touristique et culturelle de la ville et améliorer son attractivité à l’échelle nationale et internationale », précise Rkia Alaoui. À cette offre culturelle s’ajoute le musée de la Légation américaine qui présente une collection variée d’œuvres d’art et d’artefacts liés à l’histoire des relations entre les Etats-Unis et le Maroc.

La présidente du CRT de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, précise à ce propos que « Tanger a connu, en pleine crise sanitaire, l’achèvement des travaux dans le cadre du programme de mise en état et de valorisation des sites culturels et historiques pour la période 2020-2024. Parmi lesquels l’aménagement de la Villa Harris en un haut lieu d’exposition des œuvres d’art. On peut citer également la rénovation du château de Perdicaris, le riad Sultan, le Centre d’interprétation Ibn Battouta, l’ancienne prison de la Kasbah, ainsi que le projet de réhabilitation qui est toujours en cours de la place des arènes de Tanger (Plaza Toro) ». Les férus des visites muséales ont donc l’embarras du choix.

Tanger a connu, en pleine crise sanitaire, l’achèvement des travaux des principaux sites culturels et historiques

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Hôtellerie d’affaires, un développement inédit

Au-delà de son aura culturel, Tanger s’est muée ces dernières années en destination privilégiée pour le business international, dont Tanger Med – le complexe portuaire leader en Afrique et en Méditerranée – est la plaque tournante.  Ce qui s’est traduit par un développement inédit des investissements dans l’hôtellerie d’affaires. Et cette tendance ne risque pas de s’affaiblir au cours des prochaines années. « La confiance des investisseurs dans le secteur a repris des couleurs après la pandémie, après l’ouverture d’importants établissements à Tanger, qui se sont ajoutés à une offre diversifiée en hébergement, restauration et activités », nous confie la présidente du CRT.

De l’énergie renouvelable à la technologie de pointe, en passant par l’industrie manufacturière, le tourisme, et bien plus encore, Tanger-Tétouan-Al Hoceima devient au fil des ans un terrain fertile où les idées novatrices fleurissent et prospèrent. Pour Rkia Alaoui, « la ville de Tanger étant parmi les destinations prioritaires, grâce à ses potentialités touristiques et son rôle central dans le développement territorial de toute la région, l’ambition est donc d’augmenter son attractivité sur plusieurs produits touristiques dont le city break, le tourisme culturel et le tourisme d’affaires ».

Dans ce contexte, les nombreuses chaînes hôtelières de renommée présentes ont permis un enrichissement remarquable de l’infrastructure d’accueil de la ville avec des espaces événementiels attrayants et une capacité litière importante. Selon notre interlocutrice, ces investissements viennent également renforcer les efforts déployés au niveau des infrastructures touristiques de la ville, notamment la réhabilitation de l’ancienne médina, un facteur d’attractivité majeur de la ville du détroit. Et en se projetant, Rkia Alaoui estime qu’ « il est impératif, dans le futur, de promouvoir le produit et l’animation touristiques, ainsi que le tourisme d’affaires, pour que Tanger devienne une destination touristique tout au long de l’année ». Le cap est donné.

Le légendaire phare du Cap Spartel à Tanger.

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Al Hoceima : l’étude de micro-zonage sismique confiée au groupement Maroc Ingenov et LPEE

L’Agence urbaine d’Al Hoceima a retenu le groupement Maroc Ingenov et LPEE pour la réalisation de l’étude de micro-zonage sismique. Ce groupement s’est vu attribuer ce marché pour 4.800.000 DH.

Tanger-Tétouan-Al Hoceima est une région de fréquente activité sismique ; elle vit sous la menace permanente de secousses telluriques. Elle se caractérise par la présence de « déformations récentes et de failles actives », expliquait l’Agence urbaine d’Al Hoceima dans le document de l’appel d’offres lancé en octobre dernier.

La ville d’Al Hoceima, plus spécifiquement, fait partie des régions ayant enregistré le plus grand nombre de tremblements de terre au cours des trois dernières décennies, selon le Réseau de surveillance sismique. Deux furent particulièrement destructeurs : celui de 1994, de magnitude 5,3 sur l’échelle de Richter, et celui de 2004, de magnitude 6,3 avec plus de 600 morts, 926 blessés, 15.230 sans-abris et des dégâts importants aussi bien en ville qu’à la campagne.

Pour prévenir les effets de ces aléas, et dans l’optique d’une planification qui tienne compte de la notion du risque dans l’aménagement du territoire, l’Agence urbaine compte réaliser une étude de micro-zonage sismique de la ville. Il s’agit d’études sismiques visant à réduire la vulnérabilité sismique des zones urbaines fortement exposées, d’évaluer les différences de vulnérabilité du cadre bâti et d’élaborer des plans d’intervention appropriés à l’échelle intra-urbaine de la ville d’Al Hoceima.

Cette étude concerne l’ensemble de l’aire urbaine de la commune d’Al Hoceima et sa périphérie, couvrant une superficie totale d’environ 1.772 ha.

L’étude en question se déroulera en quatre phases :

1- Collecte et exploitation des données disponibles sur l’aire d’étude et définition des sites d’investigation.

2- Investigation, analyse des données et évaluation de la vulnérabilité.

3- Préparation des cartes de micro-zonage et de la vulnérabilité.

4- Etablissement d’un plan d’intervention.

Bientôt un micro-zonage sismique de la ville d’Al Hoceima

Tanger-Tétouan-Al Hoceima est une région de fréquente activité sismique ; elle vit sous la menace permanente de secousses telluriques. Elle se caractérise par la présence de « déformations récentes et de failles actives« , explique l’Agence urbaine d’Al Hoceima dans le document de l’appel d’offres.

La ville d’Al Hoceima, plus spécifiquement, fait partie des régions ayant enregistré le plus grand nombre de tremblements de terre au cours des trois dernières décennies, selon le Réseau de surveillance sismique. Deux furent particulièrement destructeurs : celui de 1994, de magnitude 5,3 sur l’échelle de Richter, et celui de 2004, de magnitude 6,3 avec plus de 600 morts, 926 blessés, 15.230 sans-abris et des dégâts importants aussi bien en ville qu’à la campagne.

Pour prévenir les effets de ces aléas, et dans l’optique d’une planification qui tient compte de la notion du risque dans l’aménagement du territoire, l’Agence urbaine compte réaliser une étude de micro-zonage sismique de la ville. Il s’agit d’études sismiques visant à réduire la vulnérabilité sismique des zones urbaines fortement exposées, d’évaluer les différences de vulnérabilité du cadre bâti et d’élaborer des plans d’intervention appropriés à l’échelle intra-urbaine de la ville d’Al Hoceima.

Cette étude concerne l’ensemble de l’aire urbaine de la commune d’Al Hoceima et sa périphérie, couvrant une superficie totale d’environ 1.772 ha.

L’étude en question se déroulera en quatre phases :

1- Collecte et exploitation des données disponibles sur l’aire d’étude et définition des sites d’investigation.

2- Investigation, analyse des données et évaluation de la vulnérabilité.

3- Préparation des cartes de micro-zonage et de la vulnérabilité.

4- Etablissement d’un plan d’intervention.

Les coûts de cette prestation sont estimés à 4,8 millions de DH. Le délai pour réaliser l’étude est de 24 mois.

Carte de situation de l’aire d’étude.

Séisme: risques, enseignements, explications… un tour d’horizon avec le Pr Fida Medina

La chaîne de l’Atlas est à tectonique active. Preuve en est le séisme du vendredi 8 septembre 2023. Un phénomène naturel aussi inattendu que violent, ayant fait près de 3.000 décès et des milliers de blessés. De nombreuses maisons ont été détruites tandis que d’autres sont devenues inhabitables.

Près d’un mois jour pour jour après ce phénomène naturel d’une force ahurissante, Médias24 s’est entretenu avec le Pr Fida Medina*, enseignant-chercheur émérite en géologie et président de l’Association marocaine des géosciences (AMG), afin de mieux cerner les spécificités du tremblement de terre le plus puissant enregistré à terre dans le Royaume et lister les enseignements à en tirer.

Médias24 : Est ce que le récent séisme qui a frappé le Maroc est bien le plus puissant jamais enregistré dans le Royaume ?

Pr Fida Medina : A terre, c’est en effet le plus puissant séisme enregistré au Maroc. Par contre, en mer, il y a eu des séismes plus puissants. Le tremblement de terre en 1755, d’une magnitude de 9 et un second séisme en 1969, dont la magnitude était de 8.

Depuis quelques jours, on observe un calme total à la station de Tiouine.

– Des répliques du dernier séisme sont-elles toujours à craindre ?

– En géophysique, les répliques obéissent à un phénomène normal qui suit la variation du champ de forces régional. Pour le séisme d’Agadir, de magnitude 5,7, il y a eu plus de 100 répliques et l’activité a duré 4 années selon un fichier de mon collègue Taj-eddine Cherkaoui. Donc, on peut s’attendre à une activité équivalente ou supérieure dans ce dernier cas. Même si depuis quelques jours, on observe un calme total à la station de Tiouine.

– Doit-on avoir peur des répliques de manière générale ?

– Oui. Il faut rester prudent, notamment dans le cas des maisons endommagées par le premier séisme. Mais aussi à cause des glissements de terrain et des éboulements qui pourraient survenir s’il y a une réplique de magnitude 4 ou plus.

– Le secteur touristique est important pour l’économie du pays. De fait, peut-on rassurer les touristes par rapport aux risques de répliques et de leur dangerosité ?

– Cela dépend de la mentalité des touristes. Les touristes sédentaires qui passent leurs journées dans les hôtels ou à la piscine, auront certainement des appréhensions et vont privilégier des endroits éloignés de l’épicentre. Mais il y a aussi des touristes aventuriers qui n’ont aucune crainte, comme les Français et les Espagnols qui aiment faire notamment du trekking en haute montagne. Donc une des priorités serait de reconstruire les gîtes et maisons d’hôtes endommagés ainsi que les accès (pistes, sentiers…).

– Est ce que toutes les failles et zones sismiques du Maroc sont connues et documentées ?

– Absolument. Du moins pour celles de surface grâce au Plan national de cartographie géologique (PNCG) et à la carte néotectonique du Maroc, publiée dans les années 2000. Cette dernière gagnerait à être actualisée car il y a de nouvelles failles.

Cette carte montre les failles les plus importantes dans la région de Marrakech. On y voit notamment que le front Atlassique est parcouru de failles cartographiées comme celle de Tizi N’test et la faille d’El Medinet au Nord. Par contre, les failles profondes ne sont que partiellement connues via les rares profils sismiques pétroliers publiés.

– Quand et comment ces failles se sont-elles formées ?

– Elles ont été formées depuis le Précambrien. Mais si on ne s’intéresse qu’à la période dite Alpine, elles résultent de l’inversion d’âge tertiaire d’un rift triasico-jurassique complexe. Il y a aussi de nouvelles failles qui se sont formées en fonction des discontinuités qu’il y avait dans la roche.

– Quelles sont les différences entre le séisme d’Al Hoceima, d’Agadir et le plus récent, dans le Haut Atlas ?

-Le séisme d’Al Hoceima a été provoqué par une zone de faille permanente qui traverse la mer d’Alboran et qui rentre par Al Hoceima à travers ce qu’on appelle la faille d’Al Idrissi. Il y a une zone très fracturée de plusieurs kilomètres de large qui s’appelle South Alboran Shear Zone ou la zone de faille de Dillon en référence au chercheur qui l’a découvert en 1980.

Cette zone rentre à Al Hoceima pour s’accommoder en failles d’effondrement dans la plaine de Nekor. En plus, le séisme d’Al Hoceima est né d’un mouvement (on dit aussi jeu) latéral contrairement à celui du Haut Atlas qui est provoqué par un mouvement inverse. A cause de cette zone de fracture, il y a beaucoup de séismes. Et de temps à autre, quand l’énergie s’accumule, il y a un puissant séisme.

Dans l’Atlas, les séismes sont rares mais puissants car les contraintes et forces s’y accumulent lentement (slow motion) jusqu’au jour où l’énergie accumulée est relâchée. A l’inverse d’Al Hoceima, Agadir n’est pas considérée comme une zone à forte activité sismique. Il y a eu le séisme de magnitude 6 puis le calme plat interrompu par quelques séismes sporadiques de magnitude inférieure à 5.

– En cas de séisme, quelles sont les attitudes à adopter ?

– Dans le cas du tremblement de terre, on ne dispose que de très peu de temps (quelques secondes) et il faut agir rapidement en cherchant les endroits sûrs (sous les tables par exemple). A cet égard, j’aimerais rappeler que l’Institut scientifique avait distribué dans le temps une brochure destinée aux élèves et enseignants, qui indiquait la conduite à tenir lors d’un tremblement de terre. Il faudrait en faire de même à travers le ministère de l’Education nationale.

La sismologie instrumentale est une science jeune

– Pourquoi la science est toujours incapable de prévoir les séismes ?

– Je vous fais remarquer que la sismologie instrumentale est une science jeune et n’est apparue qu’au 20e siècle. Le premier sismographe au Maroc n’a été installé qu’en 1934 ! Et la démocratisation de la technologie satellitaire indispensable au suivi des failles (GPS) ne date que des années 2000.

Quant à la prévision, si la faille a une trace superficielle (San Andreas, Levant, Turquie), il y a actuellement des méthodes géodésiques et géophysiques pour en faire le suivi (GPS, microsismicité) en temps réel.

De même, sur la base du principe de migration des zones de rupture, développé par les universités américaines, on peut prévoir les zones de risque maximum lors du prochain séisme. Par exemple, tous les sismotectoniciens s’accordaient à dire que la zone de Kahramanmaras (Turquie) allait subir un mégaséisme. C’est documenté dans des articles bien avant ce séisme.

Mais si la faille est profonde et ne s’exprime pas en surface (on dit qu’elle est « aveugle »), cela dépendra de l’état des études géologiques et géophysiques autour d’elle.

Dans le cas du séisme de l’Atlas, il y a des études tectoniques et néotectoniques depuis 1970 et géomorphologiques depuis 1941 qui indiquent que les sédiments récents sont déformés et/ou fracturés et donc qu’il y a une tectonique active et un risque de séisme malgré l’absence de séismes historiques certains.

Maintenant, on s’attendait plutôt à des séismes à l’avant de la chaîne, mais pas au centre, et la puissance est 10 fois celle d’Agadir. Le principe de migration des failles vers l’avant-pays (piggy-back) ne semble pas avoir été respecté. Ce sont plutôt les failles arrières qui ont joué (out-of-sequence). Mais il est encore prématuré de se prononcer car il y a encore de nombreuses vérifications à faire concernant la répartition des répliques, leurs profondeurs, les mouvements des failles…

– Que pensez-vous du fameux scientifique néerlandais et de ses prédictions concernant les séismes en Turquie et au Maroc ?

– J’ai un peu regardé ses vidéos. Pour la sismologie, il se base sur la probabilité d’occurrence des séismes, une méthode très commune utilisée par les sismologues. Quant à l’influence des planètes, il devrait convaincre les autres scientifiques par des équations et des démonstrations quantitatives. Les forces et pressions intérieures se chiffrent en Mégapascal (MPa), Gigapascal (GPa) et Kilobar (Kbars) quand même. Aucune force externe n’atteint ces valeurs.

– Que peut-on apprendre de l’expérience japonaise en matière de séismes ?

– Le Japon est avec les Etats-Unis le pionnier des recherches sismologiques. On peut citer Aki, Okada, Kanamori et d’autres. Son ingénierie parasismique est mondialement connue. Cependant, cela n’a pas empêché le désastre de Fukushima et les 20.000 morts du tsunami. En outre, le pays se trouve dans une zone de subduction avec des vitesses énormes de déplacement atteignant 8 cm/an et des séismes profonds, ce qui est différent du cas du Maroc.

– Quel est le ou les pays dont l’expérience et la sismicité s’approchent le plus de celles du Maroc ?

– Comme le Maroc se situe à la croisée de la Méditerranée et de l’Atlantique, notre géologie est en partie partagée avec nos plus proches voisins ibériques qui malgré des séismes plus faibles, ont une recherche très poussée et plusieurs programmes de recherche géophysique ont été menés au Maroc. Je citerais Topo-Iberia et Picasso par exemple qui ont fourni d’énormes quantités d’informations qu’on n’a pas encore exploitées par manque d’étudiants.

En outre, leurs institutions de prévention des catastrophes organisent des journées de simulation de tremblements de terre et de tsunamis à laquelle participent tous les citoyens des villes choisies. On pourrait organiser des exercices communs par exemple.

– Quels enseignements scientifiques peut-on tirer de ce séisme ?

– Ce sont les mêmes enseignements tirés après les séismes d’Al Hoceima et Alboran en 1994, 2004 et 2016. Sur le plan géologique, nous avons la confirmation que l’Atlas est une chaîne à tectonique active sur toute sa longueur et que l’absence de sismicité sur certains segments n’est que le résultat d’une récurrence longue par rapport à la longévité humaine, et qui peut durer un millénaire …On devrait donc tenir compte de ce facteur pour le développement futur.

Ensuite, il est certain que les paramètres cinématiques, dynamiques et énergétiques habituellement attribués à l’Atlas doivent être revus à la hausse, comme cela a été fait après les séismes d’Al Hoceima, et leurs conséquences sur l’évaluation des risques.

Le meilleur moyen serait la création d’un institut multidisciplinaire

– Le renforcement de notre résilience doit passer impérativement par le développement de compétences spécialisées dans le domaine et à travers la R&D. Qu’en pensez-vous ?

– Sur le plan recherche, l’ampleur de ce séisme montre que les géo-risques devraient occuper une plus grande place dans le panorama de recherche marocaine, au même titre que la recherche pétrolière ou minière.

En raison de la variété de risques géologiques (séismes, tsunamis, volcanisme, glissements de terrain…) et météo-climatiques (orages, climat, fulgurites), le meilleur moyen serait la création d’un institut multidisciplinaire (peut-être à travers la mise à niveau de l’ING existant) auquel seraient associées des unités de recherche universitaires (UR), et ayant un budget suffisant pour travailler et financer les UR.

De même, la recherche océanographique indispensable à l’amélioration des connaissances sur la géologie marine se verrait grandement renforcée par la création d’un institut océanographique associant les chercheurs universitaires (à travers l’expansion de l’INRH par exemple), à l’image de IEO espagnol.

– Est ce qu’il y a des lacunes dans ce domaine sur le plan académique ?

– Les laboratoires universitaires devraient s’intéresser beaucoup plus aux géorisques. En effet, il est malheureux que les géosciences soient peu attirantes pour les étudiants, surtout ceux nés en ville.

Pire, on a vu beaucoup d’étudiants arrivés en doctorat abandonner leurs thèses pour le marché du travail. L’un des labos de l’Institut scientifique a perdu ses 5 doctorants partis en une journée en enseignement secondaire.

Par exemple, cela fait 2 années qu’on cherchait avec les facs de Marrakech un étudiant pour réétudier les failles actives du front nord-atlassique, sans succès. Il faudrait réfléchir à une solution à ce problème en octroyant des bourses et en multipliant les stages de formation notamment.

– Face à ce genre de phénomènes inattendus, quel pourrait être l’apport des associations scientifiques ?

– Sur le plan partage des connaissances, on regrettera l’absence totale des associations scientifiques du panorama de l’information liée à ce séisme. Et pour cause, elles ne reçoivent pas l’attention qu’elles méritent, alors que ce sont elles, et non pas les administrations, qui réunissent les scientifiques et les institutions publiques et privées.

Les sociétés de géosciences en Europe (EAGE, SGE, SGP, SGF etc..) et aux Etats-Unis (la toute puissante AAPG, la SEG) sont très estimées par les gouvernements et les citoyens. Il faudrait en faire de même au Maroc, où les associations équivalentes ont toutes été un échec : la SGM, la MAPG, l’AMArgiles etc…

La nôtre (AMG/MAG) est en voie d’extinction aussi à cause de l’absence de réponse des autorités de tutelle à nos réclamations depuis deux années.

– Justement, est-ce que les décideurs politiques gagneraient à prendre davantage en considération les géorisques ?

– Il faut que les décideurs politiques et économiques ne considèrent plus les géorisques comme une entrave coûteuse au développement. Au contraire, ils sont appelés à solliciter les scientifiques pour toute étude sérieuse préalable, voire à financer des projets pour éviter les contretemps graves.

Par exemple, le risque de tsunami a fait l’objet de plusieurs thèses de chercheurs marocains compétents mais qui à notre connaissance n’ont pas été consultés. A titre d’exemple de collaboration et de partenariat, le gouvernement andalou se réunit périodiquement avec les universitaires pour établir le programme environnemental régional. Dans la région nantaise (France), il y a également une forte collaboration entre scientifiques et gestionnaires du territoire, sans oublier que c’est un Marocain qui dirige l’unité de recherches environnementales. Un exemple à suivre.

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* Né à Tétouan en 1955, Fida Médina, enseignant-chercheur émérite, est président de l’Association marocaine des géosciences. Après avoir obtenu son baccalauréat au lycée Hassan II à Rabat, il fréquente les bancs de la faculté des sciences puis ceux de l’Université Paris VI pour son doctorat. Par la suite, il est nommé professeur au département de Géologie de l’Institut scientifique de Rabat, entre autres fonctions. Actuellement membre de l’EAGE (European Association of Geoscientists and Engineers) et de la Sociedad Geológica de España.

https://medias24.com/2023/09/30/le-pr-fida-medina-a-rabat-il-y-a-encore-des-traces-du-passage-du-tsunami-de-1755/