En quête de soutien américain, l’Algérie met ses minerais sur la table
Ces nouvelles déclarations sont survenues lors d’une rencontre qui a réuni deux journalistes du journal spécialisé Defense Scoop avec l’ambassadeur d’Algérie à Washington. Dans une tentative de séduire l’administration américaine, le diplomate a affirmé que l’Algérie est « prête à discuter » avec les États-Unis au sujet de ses ressources naturelles et minérales stratégiques, qui sont « très demandées à l’échelle mondiale ».
Sabri Boukadoum ne s’est pas limité à présenter l’Algérie comme un fournisseur de minerais. Il a également offert les services de l’Algérie en matière d’espionnage et de surveillance en Afrique du Nord et dans la région du Sahel. « L’avantage de l’Algérie pour les États-Unis, c’est que nous sommes présents sur le terrain en Afrique du Nord ! », a-t-il fièrement déclaré.
L’ambassadeur a également mis en avant « l’importance des informations humaines », sous-entendant que l’Algérie surpasse les technologies modernes en matière de collecte d’informations. « Connaître les populations, les tribus et leurs interactions est essentiel, il faut disposer de renseignements humains », a-t-il insisté.
Les chefs militaires des deux pays avaient signé un protocole d’accord le 22 janvier dernier, après des années de négociations. De manière générale, l’accord représente l’engagement officiel des pays à promouvoir une collaboration bilatérale plus étroite entre leurs troupes.
« Le ciel est la limite », a déclaré l’ambassadeur lorsqu’on lui a demandé quelles étaient les priorités de l’Algérie dans cette expansion de la coopération militaire.
L’officialisation de ce nouveau mémorandum d’accord intervient à un moment où la présence physique des troupes américaines en Afrique diminue dans certaines régions. L’ambassadeur n’a dans ce sens pas hésité à se tirer une balle dans le pied en critiquant la présence des alliés historiques de l’Algérie pour quémander le soutien des États-Unis. « L’influence, l’engagement et les investissements de la Russie et de la Chine s’étendent de manière notable sur le continent africain », a-t-il fait remarquer.
Voyons maintenant de quelles ressources minérales dispose l’Algérie.
Des ressources en minerais pas aussi abondantes qu’on le laisse croire
>> Phosphates
Les ressources algériennes sont estimées à 2,2 milliards de tonnes (50 milliards au Maroc). La production de phosphates a atteint environ 671.500 tonnes en 2022 (40 millions de tonnes au Maroc).
>> Or
L’Algérie possède des réserves d’or actuellement estimées à 173,6 tonnes. Avec six mines d’or actives, le pays a produit environ 138 kg d’or en 2022. En comparaison, l’Afrique du Sud en a produit 88.883 kg lors de la même année.
>> Minerai de fer
La mine de Gara Djebilet, située dans la province de Tindouf, est le principal gisement de minerai de fer en Algérie. Elle dispose d’environ 3,5 milliards de tonnes de minerai de fer (la Mauritanie comprend des réserves d’environ 15 milliards de tonnes), dont environ 1,7 milliard de tonnes exploitables.
>> Terres rares
L’Algérie dispose de plusieurs sites présentant un potentiel avec des pourcentages allant de 0,11% à 1,13% d’oxydes de terres rares. La presse algérienne parle de 20% des réserves mondiales de ces minerais.
Aux États-Unis, la mine de Mountain Pass contient à elle seule de 8% à 12% d’oxydes de terres rares, principalement sous forme de bastnaésite.
Notons que les terres rares sont indispensables dans la fabrication de batteries pour les véhicules hybrides et électriques, téléphones portables, aimants des éoliennes.