CMT : Alpha Mena change sa recommandation d’“acheter” à “accumuler”

Dans une note diffusée récemment, la société de recherche Alpha Mena est revenue sur les résultats du T4-2022 de la Compagnie minière de Touissit (CMT). Autrefois recommandée à l’achat, la valeur est désormais recommandée à l’accumulation dans les portefeuilles avec un potentiel de croissance de 18,3% du titre à 2 225 dirhams.

Depuis le début de l’année, le groupe parvient à tenir le cap en bourse dans un contexte assez perturbé. Alors que le MASI lâche un peu plus de 2% à la clôture de la séance du 27 mars, le titre affiche une progression de plus de 8% à 1.815 dirhams.

D’un point de vue opérationnel, la société fait également preuve de résilience, malgré un contexte économique incertain.

Une année 2022 marquée par la résilience et une diversification annoncée

Malgré un contexte inflationniste prononcé en 2022, le groupe est parvenu à afficher des indicateurs en bonne forme.

Il a notamment bénéficié, comme le rappelle Alpha Mena, d’un bon effet de fluctuation des prix et des taux de change. Le groupe a également amélioré sa situation financière, avec une forte réduction de sa dette nette de près de 17% à fin 2022 à 282 MDH.

Le groupe pourra également tabler sur une amélioration de sa production grâce à de nouveaux projets en cours. « Assurant les besoins croissants en métaux, la compagnie minière de Touissit a annoncé récemment les résultats positifs de l’étude de faisabilité du projet de cuivre dans la province d’Azilal », souligne la société de recherche.

Une bonne manière pour CMT de diversifier ses revenus à terme. « Les travaux de construction de l’usine sont prévus pour la fin du S1-2023 et une entrée en exploitation à partir du S2-2024 », note Alpha Mena.

Une amélioration de la production qui se poursuivra et une bonne tenue des marges

En 2022, CMT a enregistré une production soutenue de 355.160 tonnes, en hausse de 19%, grâce notamment à la mise en service du nouveau broyeur.

Il a également annoncé l’entrée en production du nouveau puits à l’horizon 2024 au niveau de Tighza. « Cela augmentera le traitement du tout-venant de 10% à 15% en 2024. Les revenus de CMT devraient évoluer à un TCAM de 11,1% sur la période 2021-2024 selon nos prévisions », explique Alpha Mena.

Le groupe anticipe une bonne tenue des marges sur la période aux alentours de 54%, particulièrement à partir de 2023, notamment du fait de la baisse des coûts du pétrole, qui a perdu plus de 37% depuis un an. « Globalement, nous restons positifs par rapport aux perspectives de croissance de CMT et sa solidité financière en général », souligne la société de recherche.

Le bon plan de développement de la minière et la demande croissante en métaux annoncent de bons auspices, mais la société de recherche rappelle que la situation de change en 2023 s’annonce moins avantageuse qu’en 2022. « Par ailleurs, la persistance des incertitudes à l’international pèse sur les perspectives des volumes. D’ailleurs, notre valorisation tient compte de ce contexte, et aboutit à un potentiel combiné de 18%. CMT recèle encore du potentiel, mais le contexte actuel nous amène à être un peu prudents », conclut Alpha Mena.

Maroc Telecom : Alpha Mena change sa recommandation d’accumuler à acheter

Dans une note diffusée le 7 février, la société de recherche Alpha Mena est revenue sur les perspectives de Maroc Telecom. En bourse, le titre a connu une année 2022 pour le moins perturbée. Sur cette période le titre a lâché près du tiers de sa valeur pour terminer à 95 dirhams.

Le titre a notamment été conduit à la baisse du fait de différents facteurs comme l’éclatement de la guerre en Ukraine, l’astreinte de 2,45 MMDH de l’ANRT et le contexte baissier du marché dans son ensemble, suite à la hausse du taux directeur de Bank Al-Maghrib (BAM).

Pour Alpha Mena, le titre détient un fort potentiel de croissance et le groupe affiche de bons fondamentaux. Elle anticipe une hausse de 48,7% d’ici 6 mois à 143 dirhams et change sa recommandation sur le titre d’accumuler à acheter.

Une sanction pesante de l’ANRT

L’an dernier, le titre avait été plombé par différentes annonces, notamment une astreinte du régulateur pour un montant de 2,45 MMDH portant sur le dégroupage. Cela a fortement entamé la rentabilité du groupe sur les neuf premiers mois de l’année.

Comme le rappelle la société de recherche, « IAM a procédé au paiement de cette pénalité au cours du T3 2022. Nous notons ici l’ampleur de cette pénalité qui représente en moyenne plus de 40% des bénéfices annuels ajustés enregistrés sur la période 2018-2021 ». A fin septembre, le groupe affichait un RNPG en baisse de 51% à 2 MMDH. Cela a créé un détournement de la part des investisseurs après une année 2020 marquée par une amende de 3,3 MMDH.

La valeur connue pour être un titre de rendement commence à entraîner la crispation de certains investisseurs. Comme nous le confiait une source de la place à ce sujet l’an dernier, « il y a encore un procès en cours au tribunal de Rabat, donc peut-être d’autres déboires judiciaires à suivre… C’est probablement ce qui fait que certains investisseurs ne la voient plus comme une valeur de rendement ».

Néanmoins, les fondamentaux du groupe demeurent solides, avec de bonnes perspectives africaines cette année qui devraient compenser le retrait du groupe sur le marché national.

La profitabilité prévue en hausse pour 2023

Le groupe conserve, malgré cette forte baisse en bourse, des fondamentaux opérationnels solides. Dans les derniers chiffres disponibles à fin septembre 2022, le revenu du groupe demeurait stable à 26,8 MMDH.

Le groupe a également affiché une amélioration de sa profitabilité grâce à une hausse des marges. « Le RNPG ajusté ressort en hausse de 5,1% à 4,5 MMDH. Notons également que l’EBIT à fin septembre a augmenté́ de 4,5% à 8,870 MMDH avec une marge d’EBIT de 33,1%, soit une hausse de 140 pb, témoignant de la bonne résistance des marges du groupe et d’une meilleure maîtrise des coûts opérationnels », indique Alpha Mena.

Il convient de préciser que la société de recherche souligne la bonne performance du groupe par rapport à ses pairs de la région qui affichent une marge d’EBIT moyenne de 22,2% en 2022.

« Les niveaux de marges ont toujours soutenu la forte capacité de génération de cash du groupe, se traduisant par un ROCE très attractif aux alentours de 26% sur la période 2019-2021, nettement supérieur à ses pairs (14,5% sur la même période) », poursuit Alpha Mena.

Le groupe dispose également de bons relais de croissance, notamment en Afrique avec le segment de la Data Mobile et du Mobile Money. Cette tendance haussière sur les activités des filiales africaines viendra compenser la baisse d’activité du groupe au Maroc, du fait d’une concurrence plus rude et de la baisse des terminaisons d’appels. Alpha Mena note cependant que « la solide dynamique du Haut Débit fixe au Maroc se maintiendrait profitant toujours du fort engouement pour les offres Fiber to the Home (FTTH) et ADSL ». Cette année, elle anticipe un RNPG de 3,66 MMDH, en net retrait du fait de l’astreinte.

Le titre est à un bon point d’entrée actuellement

Les bons fondamentaux et la baisse du cours observée l’an dernier ont rendu le titre attrayant pour la société de recherche qui considère que l’action est à un bon point d’entrée pour les investisseurs.

Le titre recèle un potentiel fondamental élevé pour Alpha Mena de plus de 48%. « Notre valorisation est soutenue par l’amélioration notable de la rentabilité du groupe et la consolidation de sa capacité de génération de cash. En outre, le titre se négocie à 13,6x P/E 2023e et à un VE/EBITDA 2023e de 5,63x, inférieur à ses comparables qui se traitent à 16,3x P/E 2023e et à un VE/EBITDA 2023e de 7,11x « , note la société de recherche.

Un possible retour à une politique de distribution normative est également attendu cette année. Au titre de 2022, le groupe devrait afficher, selon Alpha Mena, un yield de 3,28% avec un dividende par action de 6,95 dirhams. Pour 2023, Alpha Mena s’attend à un dividende de 7,1 dirhams et à un rendement de plus de 6%.

Avec sa capacité à générer du cash et ses bonnes performances, HPS est à un bon point d’entrée (Alpha Mena)

La valeur HPS avait l’habitude de connaître de fortes croissances après son introduction en bourse. Mais depuis l’année 2021, le cours évolue très timidement, malgré des performances en constante amélioration.

Les derniers chiffres disponibles à fin septembre 2022 montrent que l’année écoulée a été, encore une fois, marquée par de très bons résultats. Dans une note diffusée le 24 janvier, la société de recherche Alpha Mena revient sur les performances et les perspectives du groupe. Elle anticipe une hausse de 18% du cours à 7.359 dirhams d’ici six mois et change sa recommandation sur le titre, d’ »alléger » à « accumuler ».

Une année 2022 record en termes de résultats

Opérant sur un segment en pleine croissance et qui est amené à prendre de l’ampleur, le groupe améliore constamment ses résultats et ses revenus depuis plusieurs années. A fin septembre, il affichait un chiffre d’affaires en hausse de 27% à 734 MDH, dont 541 MDH de revenus récurrents.

« Cette croissance a été réalisée grâce au développement des activités du groupe et à l’intégration réussie des acquisitions réalisées en 2021. Ainsi, la diversification réussie des business modèles du groupe s’est traduite par le renforcement des revenus récurrents, +42,7% par rapport au 9M 2021, représentant désormais 74% des revenus consolidés contre 66% durant la même période en 2021 », note la société de recherche.

Côté profitabilité, les améliorations sont également au rendez-vous. A fin juin de l’année dernière, le groupe affichait une envolée de près de 84% de ses bénéfices à 68 MDH. La société de recherche précise que le groupe a affiché « une marge opérationnelle de 18,2% (+220 pb), et une marge nette de 14,5% (+450 pb) grâce à la croissance soutenue des revenus et à un pilotage efficace des coûts ». Cette performance de HPS est notable par rapport à ces pairs, qui affichent en moyenne une marge opérationnelle de 12,5% et une marge nette de 10,6%.

Les chiffres démontrent une bonne résilience du groupe malgré la détérioration du climat économique global. « Pour les prochaines années, nous pensons que les nouvelles acquisitions (IPRC et ICPS) devraient booster davantage la croissance des activités du groupe, étendre son empreinte géographique et renforcer son modèle économique », note Alpha Mena. Pour l’année 2022, elle s’attend à un résultat net de 146 MDH et des revenus de 935 MDH.

De belles perspectives en 2023 et un point d’entrée actuel intéressant

Cette année encore, le groupe devrait afficher des performances en bonne forme malgré le climat économique incertain qui se profile et la récession attendue dans différents pays. Son directeur général, Brahim Berrada, nous expliquait dans un précédent article que le groupe allait poursuivre son expansion géographique en 2023 et la consolidation de ses parts de marché dans ses zones porteuses.

« Le premier axe consiste à poursuivre notre développement géographique. Nous avons aujourd’hui une forte présence en Afrique francophone et au Moyen-Orient. Sur ces zones, nous sommes dans une stratégie de consolidation de nos parts de marché et d’accompagnement de nos clients », confiait-il. Le groupe a d’ailleurs procédé récemment au remplacement de son ancien bureau à Singapour pour accompagner ses clients et sa croissance régionale.

La société compte également poursuivre sa diversification, notamment à travers son activité de Processing, incluse dans son activité paiement, qui connaît une forte croissance. A fin septembre, l’activité paiement voyait son chiffre d’affaires croître de 38,2%.

A l’instar des opérations menées en 2021 avec l’acquisition des sociétés IPRC et ICPS, la croissance externe est un des leviers de croissance du groupe. « Nous avons l’objectif de générer 10% à 15% de croissance additionnelle par an grâce à la croissance externe. Nous envisageons plusieurs cibles. Elles peuvent avoir des fonctions de consolidation, c’est-à-dire qu’elles sont déjà dans notre métier et nous permettent d’accroître nos parts de marché et nos revenus », indiquait à ce sujet le directeur général du groupe.

In fine, avec un bon potentiel de croissance de l’industrie des paiements électroniques, une forte résilience de son business model et une bonne aptitude à générer du cash, le titre représente actuellement un bon point d’entrée pour la société de recherche. « Le momentum positif est désormais de retour. Les réalisations rassurantes du groupe ainsi que ses perspectives prometteuses à long terme devraient encore soutenir la reprise du titre », conclut Alpha Mena.