Gazoduc africain atlantique : le projet coûtera moins cher que prévu (Amina Benkhadra)

Chantier énergétique quasi-pharaonique, long de 6.900 km et d’un coût de revient initialement estimé à 25 milliards de dollars, ce mégaprojet a pour vocation de transporter le gaz nigérian vers le Maroc en traversant 13 pays d’Afrique de l’Ouest, avec une connexion au réseau gazier européen via le gazoduc Maghreb-Europe. Dans cet entretien avec Médias24, la directrice générale de l’ONHYM revient sur les avancées techniques et financières qui permettront de réduire de 20% les prévisions d’investissement (CAPEX) et d’ouvrir les vannes du gazoduc à partir de 2029.

Medias24 : Quel est l’état d’avancement du chantier de gazoduc Nigéria-Maroc ?

– Amina Benkhadra : Initié par SM Le Roi Mohammed VI avec le soutien du Président Nigérian Buhari et réitéré par son successeur Son Excellence le Président Tinubu, le futur Gazoduc Africain Atlantique (GAA) est un projet stratégique. L’accord de coopération établi entre les deux pays mandate l’ONHYM et la NNPC (Nigerian National Petroleum Company) pour conduire les études en vue de la décision finale d’investissement.

Sa vocation est d’être un véritable levier d’intégration régionale et de développement économique pour les pays de l’Afrique de l’Ouest, avec un tracé total qui s’étend sur plus de 6.900 km à travers 13 pays sur la côte atlantique et 3 pays enclavés de la région du Sahel.

Il s’inscrit parfaitement dans l’Initiative Atlantique prônée par SM le Roi et aura des retombées socio-économiques indéniables pour l’ensemble des pays concernés par son tracé.

Avec le concours de références mondiales dans ce type de projets (Worley, Intecsea, Doris, ILF), nous avons mené différentes études de faisabilité technique et financière qui ont montré sa viabilité.

À date, le projet a atteint plusieurs jalons majeurs sur les volets technique, environnemental, économique et de coopération régionale avec le soutien de la Mauritanie et de la Cedeao, qui comprend 14 des 16 pays hôtes du gazoduc, mais également avec l’engagement de chaque pays concerné.

Avec le concours de références mondiales dans ce type de projets (Worley, Intecsea, Doris, ILF), nous avons mené différentes études de faisabilité technique et financière qui ont montré sa viabilité.

Il permettra d’accélérer le développement des industries dans ces pays qui ont tous des richesses minières importantes et qui ont besoin de gaz pour se développer, d’assurer une intégration des économies de la sous-région et de renforcer la connectivité avec l’Europe.

« Nous sommes en passe de lancer l’AMI pour les premières phases »

A quel stade sont arrivées les études topographiques et géotechniques du parcours total ?

– Finalisées en 2024, les études d’ingénierie détaillée ont permis, une fois le tracé confirmé, d’enclencher les activités de terrain pour les études topographiques et géotechniques et les études d’impacts environnemental et social, indispensables à la mobilisation des financements.

Essentielles, ces études ont mobilisé des moyens humains et techniques conséquents le long du tracé, en mer et sur terre, pour préparer la phase suivante de construction, et, aujourd’hui, nous sommes en passe de lancer l’appel à manifestation d’intérêt pour les premières phases du projet.

Je tiens à remercier les représentants de tous les pays traversés qui nous ont apporté leur assistance en facilitant les démarches nécessaires pour travailler sur leur territoire, prouvant leur engagement dans ce projet structurant qui contribuera à généraliser l’accès à l’énergie à l’ensemble de ces pays.

Ainsi, les études topographiques et géotechniques pour le tronçon terrestre marocain, réalisées par le groupement franco-marocain (Fondasol et Etafat), sont pratiquement terminées, avec les essais en laboratoire qui sont réalisés par le laboratoire marocain LPEE.

Les études de terrain (surveys) sur le segment maritime, de Dakar au Sénégal à Dakhla au Maroc en passant par la Mauritanie, ont été finalisées en 2024 par la société NSea. Nous démarrons celles pour le segment offshore du Nigéria au Sénégal.

La société RPS a finalisé les installations des équipements de surveillance et de mesures des conditions maritimes (températures, vagues, courants, etc…) sur le plancher océanique au large du Sénégal, de la Mauritanie et du Maroc, et prépare celles pour le reste du tracé.

La dernière étape verra la cérémonie de signature officielle du traité par les Chefs d’États de l’organisation régionale élargie à la Mauritanie et au Maroc.

L’étude d’impact environnemental et social (ESIA) pour le segment maritime du Nigéria au Maroc a été lancée l’été dernier avec la société américaine CSA Ocean. Celle sur le segment terrestre au Maroc est aussi en cours, par la société Phénixa/Oreade-Brèch.

 -Où en sont les accords en termes de gouvernance et sur le plan politique ?

L’ONHYM et la NNPC ont signé des accords avec les sociétés pétro-gazières nationales de l’ensemble des pays traversés, et aussi au nom du Maroc et du Nigéria, avec la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Ce dernier accord a permis de mener, depuis 2 ans, sous l’égide de la Cedeao, de l’ONHYM et de la NNPC, les négociations de l’accord intergouvernemental, ou traité, qui organisera la gouvernance de ce projet transfrontalier.

La validation des termes de ce traité a été actée le 1er novembre par les ministres en charge de l’énergie des États de la CEDEAO, élargis à la Mauritanie et au Maroc.

Cet effort collectif a permis d’aboutir, au mois de décembre 2024, à l’approbation de ce même traité par les chefs d’États de la Cedeao.

La dernière étape verra la cérémonie de signature officielle du traité par les Chefs d’États de l’organisation régionale élargie à la Mauritanie et au Maroc.

Une capacité annuelle de 30 milliards de m³, dont 15 milliards pour l’Europe

Sachant que le projet est long de 6.900 Km, combien de portions devront être sécurisées ?

-Pour faire face aux différentes contraintes techniques, financières et environnementales que comporte un projet de cette envergure, sa mise en œuvre se fera en effet par tronçons.

Les études ont favorisé une infrastructure principalement offshore d’une capacité annuelle de 30 milliards de m³ qui permettra de mettre à disposition un flux de 15 milliards de m³ pour l’export vers l’Europe, en profitant de la capacité du gazoduc GME qui relie déjà le Maroc à l’Europe.

-Comment seront ventilés les différents tronçons ?

-Afin de faciliter le financement et la mise en œuvre du projet, la construction est prévue de manière progressive autour de différents tronçons qui sont économiquement indépendants l’un de l’autre, à savoir le tronçon sud qui va du Nigéria à la Côte d’Ivoire, le tronçon central entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal et enfin le tronçon nord qui part du Sénégal en traversant la Mauritanie et le Maroc.

Chaque étape a été stratégiquement conçue pour surmonter les défis techniques, exploiter au maximum les synergies avec les infrastructures existantes, et aussi répondre aux normes environnementales et sociales les plus exigeantes.

-Quelles sont les différentes phases ?

-Le tronçon sud, notamment la section allant du Ghana à la Côte d’Ivoire que nous définissons comme la phase 1A, fait partie des premières phases à mettre en œuvre.

Servant un double enjeu, il répondra au besoin gazier urgent et croissant exprimé par la Côte d’Ivoire et réalisera l’extension d’une infrastructure de transport de gaz déjà existante dans la zone qui est le West African Gas Pipeline (WAGP), reliant le Nigeria au Ghana via le Bénin et le Togo. C’est là une matérialisation concrète des synergies portées en son sein par le projet Gazoduc Atlantique African.

Également développé en priorité, le tronçon nord ou phase 1B permettra d’alimenter les besoins du Maroc en termes d’approvisionnement gazier, tout en diversifiant les sources de gaz notamment aux côtés du projet du terminal d’importation qui est prévu à Nador.

En anticipation de cette phase 1B et en synergie avec la Dorsale Atlantique développée par l’ONHYM, ce tronçon verra la réalisation anticipée d’un premier segment qui partira du Gazoduc Maghreb Europe (GME) pour relier les villes de Kénitra et Mohammedia, et qui sera ensuite prolongé par un second segment jusqu’à Jorf Lasfar via Berrechid.

Connecté au GME, le Gazoduc Africain Atlantique sera relié au continent européen avec une capacité d’export de 15 bcm qui sera mise à la disposition des offtakers de ce continent.

Le tracé marocain est finalisé

 A quel horizon l’ONHYM prévoit-il de lancer les premiers appels d’offres pour la construction des tronçons marocains de l’infrastructure. ?

-Concernant cette composante du Gazoduc Africain Atlantique, les études d’avant-projet détaillé de ce segment sont terminées et le tracé est finalisé, avec un retour de toutes les administrations et parties prenantes.

Les documents nécessaires au lancement des appels d’offres pour la construction des tronçons sont terminés depuis 2024, et nous sommes en attente des autorisations pour lancer le processus.

Nos efforts sont actuellement concentrés sur les premières phases (1A et 1B) pour atteindre les premières décisions finales d’investissement d’ici la fin 2025 et 2026.

Nous disposons d’un concept robuste, d’un corridor de circulation figé et d’une stratégie de réalisation en ligne avec les benchmarks internationaux et d’un business case démontré.

Une économie de 5 milliards de dollars

 -Quel sera le coût de revient total du GAA ?

Des efforts d’optimisation sont en cours pour améliorer les paramètres économiques grâce à des discussions avec les fournisseurs de tubes et les sociétés spécialisées dans la logistique.

À ce propos, les derniers résultats permettent d’espérer un investissement total (CAPEX) qui serait ramené sous le plafond de 20 milliards de dollars.

Une société de projet sera créée dans les prochains mois et détenue par ONHYM et NNPC

-A quel stade est arrivé le financement du projet ?

-Le projet se décline à travers une feuille de route, qui voit la participation des États traversés et des bailleurs de fond.

La structuration globale du financement du projet et la conduite de l’ensemble des travaux menant à la décision finale d’investissement seront assurées par une société de projet. Cette dernière sera initialement détenue conjointement par ONHYM et NNPC et qui sera créée dans les prochains mois et ouverte à d’autres parties.

Quand connaitra-t-on l’identité de tous les investisseurs ?

– La société de projet sera une holding qui détiendra une partie du capital des sociétés de projets régionales, dont chacune portera l’investissement d’un des trois tronçons identifiés.

Un first gas (première alimentation en gaz) entre 2029 et 2030

Le capital de la holding et des sociétés filles sera ouvert aux partenaires stratégiques (sociétés pétro-gazières des pays hôtes, Majors, traders, opérateurs mondiaux de gazoducs, etc.) ou aux partenaires financiers (fonds d’investissement, institutions financières bilatérales ou multilatérales, etc.) dont les intérêts sont alignés avec les porteurs du projet.

Ainsi, l’ONHYM et la NNPC ont déjà démarré les actions de promotion du projet auprès des investisseurs mondiaux et des bailleurs de fonds pour explorer les modalités d’investissement et de financement, mais également les voies de partenariats avec différents intervenants dans la chaîne de valeurs.

En témoignent les discussions avancées et les mémorandums d’entente signés avec un des principaux opérateurs mondiaux de pipelines et un des principaux traders européens de gaz, ainsi que les dernières rencontres au Sommet Afrique-USA de l’énergie de mars 2025 auquel a participé l’ONHYM, et enfin les dernières Assemblées Générales du FMI et de la Banque mondiale au cours desquelles la partie nigériane a présenté le projet.

Je me dois d’ailleurs de rappeler également l’impact positif de la visite royale aux Émirats Arabes Unis en décembre 2023, qui a permis la signature d’un accord important sur le sujet.

 -Dans l’idéal, quand commencera à fonctionner le gazoduc Nigéria Maroc ?

-Nous prévoyons, si le projet continue avec la même dynamique positive, un first gas entre 2029 et 2030.

Gazoduc Maroc-Nigeria : des échanges en cours avec des institutions américaines, aucune décision d’investissement à ce jour

Des médias nigérians ont rapporté que Wale Edun, ministre des Finances et ministre coordinateur de l’économie, a déclaré que les États-Unis étaient intéressés par l’option d’investir dans le projet de gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP).

« Les principaux domaines d’intérêt des États-Unis au Nigeria comprennent les investissements dans le secteur du gaz naturel, en particulier le gazoduc Nigeria-Maroc, compte tenu des vastes réserves de gaz du pays ».

Selon des sources fiables sondées par Médias24, il s’agit pour le moment de ce que l’on peut qualifier de déclaration d’intention. En ce sens, où il n’y a rien de concret à ce stade.

Cela dit, le Maroc comme le Nigeria cherchent à intéresser et à séduire les Américains pour une participation dans ce projet de grande envergure continentale. Selon notre source, des discussions et des échanges ont bien lieu.

« Certaines entreprises essaient d’explorer les opportunités sur la partie équipement/infrastructures », nous confient-elles. De plus, « en mars dernier, la directrice générale de l’ONHYM, Amina Benkhadra, s’est rendue dans la capitale américaine où elle a rencontré des responsables de fonds d’investissement, de l’Eximbank et de l’US Energy Department ».

Ces échanges ont notamment eu lieu en marge du forum « Powering Africa Summit », plateforme de dialogue sur les projets énergétiques du continent, auquel l’ONHYM a participé. L’objectif est d’intéresser les institutions américaines au potentiel stratégique du NMGP, à la fois pour le financement et pour les opportunités industrielles.

Par ailleurs, et selon nos sources, le Maroc a exprimé « son intérêt de voir la Development Finance Corporation (DFC) participer au financement du projet NMGP ». Ce souhait a été exprimé par l’ONHYM.

Le projet de gazoduc Afrique-Atlantique entre dans une « phase décisive d’investissement » (Benkhadra)

La directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), Amina Benkhadra, a présenté à Washington les avancées majeures du gazoduc Afrique Atlantique (GAA), à l’occasion d’un événement organisé mercredi 5 mars par le think tank américain l’Atlantic Council.

Ce projet d’envergure émanant de la vision du Roi Mohammed VI et du président du Nigeria entre dans une phase décisive d’investissement, a affirmé Mme Benkhadra lors de ce briefing stratégique, tenu en marge de sa participation au « Powering Africa Summit », un événement majeur sur le partenariat énergétique entre les Etats-Unis et l’Afrique qui se tient les 6 et 7 mars dans la capitale fédérale américaine.

Devant un parterre de diplomates, d’experts du domaine énergétique, de représentants du secteur privé et de bailleurs de fonds, la DG de l’ONHYM a souligné l’importance fondamentale de cette infrastructure pour la sécurité énergétique de l’Afrique de l’Ouest, de l’Europe et, plus largement, de l’espace atlantique.

Rappelant que le projet a franchi des étapes importantes, Mme Benkhadra a précisé que la décision finale d’investissement progresse avec une mise en service progressive prévue pour les premiers tronçons dès 2029.

Dans cette perspective, elle a insisté sur l’importance des partenariats stratégiques, évoquant les discussions avancées en cours avec de grands opérateurs internationaux, y compris américains, et des institutions financières afin de garantir la viabilité économique et technique du projet.

Soulignant l’impératif d’accélérer les collaborations internationales, l’ambassadeur du Maroc à Washington, Youssef Amrani, a, pour sa part, insisté sur la nécessité de mobiliser les financements et d’accompagner les prochaines étapes du projet, en capitalisant sur l’intérêt croissant manifesté par les partenaires internationaux.

(Avec MAP)

Pourquoi l’initiative royale Atlantique est un modèle d’intégration africaine (A. Benkhadra et Y. Amrani)

Organisée entre le 12 et la 14 décembre à Rabat par le Policy Center for the New South (PCNS), la 13ème édition de la Conférence internationale « Atlantic Dialogues » a porté sur l’Initiative atlantique dévoilée lors du discours royal du 48ème anniversaire de la Marche verte qui a proposé aux pays du Sahel d’utiliser la façade atlantique du Maroc pour désenclaver leurs économies.

Que va changer la proposition royale pour le continent africain ?

Au premier jour de ce rendez-vous annuel qui a coïncidé avec les 10 ans du PCNS, les participants à la table ronde ont rappelé le rôle précurseur du Maroc pour contribuer au développement économique africain à travers un renforcement croissant de la coopération atlantique qui permettra de désenclaver les économies de pays isolés et de renforcer leur intégration dans l’économie mondiale.

« Au départ, l’initiative royale part d’un état d’esprit ambitieux qui a évolué avec le temps en une forte dynamique qui va permettre de créer des richesses économiques et de stabiliser par la même occasion la région », a résumé l’ambassadeur du Maroc aux Etats-Unis en ajoutant que cette stratégie est vouée à devenir un outil de paix et de stabilité indispensable pour l’Afrique dont les répercussions remonteront jusqu’à l’Europe.

L’occasion de préciser que cette initiative marocaine qui vise à répondre aux attentes africaines est complémentaire d’autres dispositifs d’intégration.

Sa vocation n’est en effet pas de concurrencer ou de ravir la place d’autres pays africains comme le Sénégal qui a une façade atlantique et encore moins de remplacer des mécaniques existants.

Un précieux outil de relance pour pallier les précédents avortés ou en crise

Et d’ajouter que cette stratégie « créée par et pour l’Afrique » renforcera la connectivité maritime de la façade atlantique de Tanger jusqu’à Cap Town avec la création de corridors énergétiques qui développeront les échanges économiques à travers les grands ports de Tanger Med et de Dakhla.

Citant la tentative avortée de lancer un marché commun via l’Union du Maghreb arabe (UMA) et la récente crise de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) marquée par le retrait imminent du Mali, du Burkina Faso et du Niger, le diplomate avance que l’initiative Atlantique recèle les outils nécessaires pour relancer le marché africain et l’intégration continentale.

Sachant que la CEDEAO traverse une crise inédite et que l’UMA n’a jamais décollé, la vison royale est, selon Youssef Amrani, une priorité du Maroc en terme de politique étrangère pour assurer la paix et la sécurité en Afrique où le Royaume constitue le deuxième investisseur du continent.

 L’hyper-connectivité du futur port de Dakhla et le projet de gazoduc : des exemples parfaits d’une intégration africaine réussie 

Citant à son tour l’exemple du futur port de Dakhla, la directrice générale de l’ONHYM avance que la construction de ce corridor maritime montre que le Maroc regarde de plus en plus vers l’Afrique.

Hormis cette zone où vont se développer des zones logistiques, des activités de pêche, de tourisme, d’hydrogène vert … qui ne manqueront pas de contribuer au développement de l’Afrique, Amina Benkhadra ajoute à sa lecture le projet de gazoduc Nigéria- Maroc, passant par 13 pays dont 3 enclavés, qui constituera l’archétype d’un projet d’intégration énergétique continentale Sud-sud qui permettra de renforcer la prospérité et la croissance de la zone

« Cette dynamique structurante va non seulement accélérer et démocratiser l’accès à l’énergie gazière non polluante à de nombreux pays mais également générer plus de richesse et d’emplois et moins d’immigration clandestine vers des pays européens », prédit Amina Benkhadra en se félicitant du fait que deux tronçons sur les 3 prévus par le projet seront fonctionnels à partir de 2029.

En conclusion, les deux intervenants ont affirmé que ces exemples de chantiers d’infrastructures vont constituer des leviers stratégiques s’inscrivant dans un nouveau modèle de développement durable plus innovant et inclusif pour satisfaire les aspirations des pays africains désireux de relever ensemble les défis mondiaux et de surmonter les obstacles au développement …

Gazoduc Nigeria-Maroc : « Les deux premiers tronçons seront opérationnels dès 2029 » (A. Benkhadra)

Après avoir qualifié, lors de son intervention à la 13e édition de « The Atlantic Dialogues », le gazoduc Nigeria-Maroc-Europe de « projet éminemment stratégique de l’Initiative Atlantique », la directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) est revenue sur les prochaines étapes avant que ce projet, qui permettra de désenclaver l’approvisionnement gazier du continent africain et de fournir les marchés européens, ne devienne une réalité.

« Un projet majeur qui s’inscrit dans la politique d’intégration africaine du Maroc »

« Depuis le début du règne de Sa Majesté le Roi, la politique de coopération avec l’Afrique a été un axe majeur du Maroc, avec une politique Sud-Sud orientée vers la coopération régionale grâce à la mise en place d’un certain nombre de projets dans des secteurs comme la banque, l’assurance, l’industrie les télécommunications… », résume Amina Benkhadra. La directrice générale de l’ONHYM précise que cette dynamique couronnée par l’Initiative Atlantique, qui propose d’offrir aux pays enclavés l’exploitation de la façade atlantique du Maroc pour développer leurs échanges commerciaux, va permettre d’intégrer 27 pays qui sont engagés dans cette vision extrêmement ambitieuse et stratégique du développement.

En parallèle à toutes ces actions de partenariat économique qui ont fait du Maroc le deuxième investisseur du continent, contribuant ainsi à la croissance dans de nombreux pays africains, notre interlocutrice estime que l’initiative royale de lancer un projet de gazoduc entre le Nigeria et le Maroc, qui concerne 13 pays sur la côte et trois autres enclavés, aura une ampleur encore plus stratégique.

Le gazoduc s’inscrit dans la dynamique de développement continental initiée par le Maroc depuis 25 ans

Et d’ajouter que le futur gazoduc est un projet majeur de la dynamique marocaine de promotion du développement, qui s’inscrit dans la continuité de sa politique de contribution à long terme à la croissance économique de l’Afrique, depuis le début du règne du Roi Mohammed VI en 1999.

À la question de savoir si cette connexion gazière permettra à de nombreux pays africains d’assurer leur consommation énergétique avant 2040, la directrice générale de l’ONHYM espère que le gazoduc deviendra une réalité bien plus tôt, avec le démarrage du dispatching régional du gaz à la veille du coup d’envoi du Mondial 2030.

« First gaz à partir de 2029″

Rappelant que cet ambitieux projet de 25 milliards de dollars sera déployé sur 6.500 kilomètres, découpés en trois tronçons dont deux avanceront en parallèle, Amina Benkhadra se veut prudente en affirmant que l’échéance finale n’est pas encore déterminée.

« Cela dit, le début de la circulation gazière (first gaz) dans les deux premiers tronçons devrait avoir lieu d’ici 2029”, révèle notre interlocutrice , en insistant sur le fait que ces deux chantiers, à savoir celui du Sud (Nigeria-Ghana-Côte d’Ivoire) et celui du Nord (Sénégal-Mauritanie-Maroc, qui sera ensuite connecté à l’Europe), devraient démarrer en même temps.

Optimiste sur une accélération du projet, Amina Benkhadra conclut son propos en déclarant qu’il ne restera plus qu’à connecter le troisième tronçon entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal pour assurer la continuité du trajet du gazoduc qui ira du Nigeria à l’Europe.

L’Onhym et l’ONEE signent un contrat de transport du gaz naturel

Cet accord formalise la collaboration de longue date entre les deux Offices, qui a conduit à la mise en service commerciale du « Reverse Flow » en juin 2022, dispositif qui permet d’importer du gaz naturel liquéfié (GNL) acheté sur le marché international, déchargé et regazéifié dans les terminaux espagnols, avant d’être transporté vers le Maroc via le gazoduc Maghreb-Europe (GME), indique l’Onhym dans un communiqué.

À cette occasion, la directrice générale de l’Onhym, Amina Benkhadra, et le directeur général de l’ONEE, Tarik Hamane, « se sont félicités de la coordination permanente de leurs équipes respectives et de la qualité du service accompli par Onhym, à travers sa filiale OMCo », conclut-on.

La finalisation des accords du gazoduc Nigéria-Maroc au centre d’un atelier régional à Abidjan

En tant qu’élément catalyseur de ce projet phare de l’intégration africaine, le Royaume du Maroc est représenté à cet atelier de travail, initié par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) par une délégation de responsables du ministère de la Transition énergétique et du développement durable, ainsi que de l’Office national des hydrocarbures et des mines.

L’organisation de cet atelier de travail sur le projet d’IGA et HGA s’inscrit dans le cadre du projet stratégique de Gazoduc Africain Atlantique, lancé suite à l’initiative du Roi Mohammed VI et l’ancien président du Nigéria Muhammadu Buhari, soutenu par l’actuel président Bola Tinbu.

L’atelier offre l’occasion de finaliser les dispositions des projets de textes de l’IGA et du HGA, suite aux commentaires et recommandations partagés et discutés par les différents pays traversés par ce gazoduc.

Le projet du gazoduc vise à stimuler le développement économique et à faciliter l’accès des pays traversés aux sources énergétiques mais également, à renforcer la coopération Sud-Sud entre ces pays conformément à la vision stratégique du Roi Mohammed VI pour un développement énergétique durable et intégré en Afrique, particulièrement sur la façade atlantique.

Le projet stratégique du Gazoduc africain atlantique est en train d’avancer d’une manière « extrêmement favorable » et ce, grâce à l’engagement de l’ensemble des pays traversés, a souligné la directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), Amina Benkhadra.

Ce projet a une portée véritablement stratégique, dans la mesure où il va contribuer à accélérer l’accès à l’énergie pour des pays de cette sous-région africaine, étant donné que certains pays ont un taux d’électrification inférieur à 40%, a précisé Mme Benkhadra dans une déclaration à la presse, en marge des travaux de cet atelier.

« Ce projet phare qui symbolise la pertinence de la Coopération Sud-Sud, va contribuer au développement économique et social notamment, à travers le développement de différentes industries notamment, le secteur minier, compte tenu des ressources minières importantes dont regorgent les pays traversés », a expliqué la responsable.

Après avoir indiqué que ces pays ont besoin d’une énergie durable pour pouvoir se développer, Mme Benkhadra a expliqué que la mise en place de ce projet va contribuer a une croissance soutenue et à la création d’emplois et par là, sera un facteur de stabilisation des jeunes dans cette sous-région du Continent.

Pour Mme Benkhadra, le projet du gazoduc africain atlantique va également contribuer à plus d’intégration de cette sous-région africaine, déplorant le fait que l’Afrique demeure le Continent le moins intégré au niveau mondial, alors même que toute intégration est, sans nul doute, porteuse de croissance et de développement.

C’est pourquoi, estime Mme Benkhadra, au-delà d’un simple projet de transport et d’accès à l’énergie, le GazoducNigéria- Maroc demeure un projet d’envergure qui garantira à cette partie de l’Afrique, une stabilité politique, économique et sociale, et contribuera également à plus de sécurité énergétique non seulement en Afrique mais également, entre ce Continent et l’Europe.

Et Mme Benkhadra de poursuivre que le Gazoduc africain atlantique permettra également d’exporter du gaz vers l’Europe et de ce fait, sera un élément de réduction de la dépendance européenne en gaz naturel vis-à-vis de ses autres fournisseurs, en permettant une diversification des sources d’approvisionnement.

Sur un autre registre, elle s’est félicitée de la tenue à Abidjan de cet atelier de travail dédié à l’examen et la validation de l’IGA et de l’HGA du projet du Gazoduc, rappelant que cette réunion de travail s’inscrit dans le sillage de l’avancement du projet stratégique du gazoduc Maroc- Nigéria.

Après avoir souligné que l’IGA est une pièce fondamentale dans le cadre du développement de ce genre de grands projets transfrontaliers, en ce sens qu’il va fixer toutes les conditions de gestion et de gouvernance du projet entre l’ensemble des pays traversés, elle a tenu à rappeler que cet accord intergouvernemental a été préparé depuis plus d’une année entre l’ONHYM et la NNPC et a fait l’objet de plusieurs ateliers de travail à Rabat, et à Marrakech tout au long de l’année 2023 et 2024.

(Avec MAP)