L’AMMC publie ses priorités d’action pour l’année 2026

L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a présenté à Rabat, le 27 janvier 2026, ses priorités d’action pour l’année 2026. Après une année 2025 marquée par une forte dynamique du marché, le régulateur veut accélérer le développement du marché des capitaux tout en renforçant sa solidité et son rôle dans le financement de l’économie.

L’objectif est bien de construire un marché des capitaux plus efficient, plus accessible et mieux préparé aux transformations à venir, notamment en matière de durabilité, d’innovation technologique et d’inclusion financière.

L’AMMC veut ainsi consolider la place du marché financier comme levier pour financer l’économie réelle, protéger l’épargne et soutenir la compétitivité du Maroc.

Cinq grands axes pour 2026

Les priorités 2026 s’inscrivent dans le plan stratégique 2024-2028 de l’Autorité et s’articulent autour de cinq axes.

Le premier porte sur le développement d’un marché des capitaux plus efficient et accessible, avec un accent mis sur le financement par le marché et le soutien à la dynamique boursière. Il s’agit d’encourager davantage d’entreprises à se financer via les marchés et de renforcer l’attractivité de la Bourse.

Le deuxième axe concerne les nouveaux enjeux liés à l’innovation financière et à la durabilité. L’AMMC entend contribuer à la mise en œuvre du cadre de la finance durable et de la gouvernance, soutenir les solutions innovantes de financement, favoriser l’inclusion financière et renforcer la coopération régionale.

Le troisième axe est centré sur l’éducation financière. L’Autorité veut élargir la portée de ses actions pour mieux mobiliser l’épargne et améliorer la protection des investisseurs, tout en élargissant le périmètre de l’habilitation des professionnels du marché.

Le quatrième axe touche au dispositif de supervision. L’AMMC prévoit de consolider la supervision basée sur les risques, de développer des contrôles thématiques, de veiller à l’intégrité du marché et à la protection des investisseurs, et d’accompagner les acteurs sur les questions de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Elle prévoit aussi d’élargir son périmètre de supervision.

Un axe transversal concerne enfin l’organisation interne. L’Autorité poursuit sa digitalisation, prévoit d’intégrer davantage l’intelligence artificielle, de renforcer les compétences internes et de développer sa démarche RSE.

2025, une année de forte accélération

Ces priorités s’appuient sur une année 2025 décrite comme très dynamique pour le marché des capitaux. Les levées de fonds ont nettement progressé sur plusieurs segments. Les émissions obligataires ont plus que doublé, tandis que le marché actions a progressé d’environ 70%, porté notamment par trois introductions en bourse totalisant 6 milliards de DH.

La gestion collective a aussi connu une forte progression, avec des souscriptions nettes en OPCVM atteignant 84,8 MMDH, soit près du double de 2024. Le marché de la titrisation a également bondi, avec 15,5 MMDH levés contre 2,4 MMDH un an plus tôt.

Côté régulateur, 2025 a été marquée par plusieurs chantiers : évolution du cadre réglementaire de la gestion d’actifs, encadrement du marché à terme, accompagnement des Fintechs, renforcement de la coopération internationale, intensification et digitalisation des contrôles, surveillance des abus de marché, actions en matière de LBC/FT, transformation digitale, stratégie data et renforcement de la cybersécurité.

À travers ces priorités 2026, l’AMMC confirme donc sa volonté de combiner développement du marché, protection des investisseurs et adaptation aux nouvelles transformations financières.

Profil des investisseurs : les petits porteurs pèsent 30% des échanges au T3-2025 en bourse

Au troisième trimestre 2025, l’activité boursière a nettement accéléré à la Bourse de Casablanca, portée par un volume transactionnel total de 34,4 milliards de dirhams, en hausse de 162% par rapport à la même période de 2024.

Dans ce contexte de marché haussier, la structure des investisseurs reste dominée par deux acteurs clés : les OPCVM et les personnes physiques marocaines, qui concentrent à eux seuls près des deux tiers des échanges sur le marché central actions. Ce sont les chiffres qui ressortent du dernier rapport sur le profil des investisseurs en Bourse du T3-2025 publié par l’AMMC.

Ce constat s’inscrit dans la continuité du deuxième trimestre. Déjà au T2-2025, la montée en puissance des personnes physiques marocaines avait fait figure de signe fort, avec une part des échanges proche de 28% un des plus hauts depuis 2017.

Autrement dit, les particuliers étaient revenus au cœur du marché, un retour que nous avons expliqué à plusieurs reprises par une combinaison de facteurs : les introductions en Bourse, une meilleure communication des entreprises et de la place, mais aussi une prise de conscience progressive de l’importance de la Bourse, par crainte de passer à côté des opportunités.

Au T3, ce segment retail reste très actif, aussi bien à l’achat qu’à la vente, ce qui confirme que le mouvement observé au printemps n’était pas ponctuel.

Une domination nette des OPCVM et des particuliers

Sur le compartiment actions du marché central, les OPCVM représentent 33,3% du volume trimestriel, tandis que les personnes physiques marocaines en captent 30,1%. Ensemble, ces deux catégories totalisent 63,4% des échanges.

Elles sont suivies par les personnes morales marocaines avec 24,9%, loin devant les investisseurs transitant par le réseau bancaire (5,8%) et les personnes morales étrangères (5,5%).

Cette répartition traduit une dynamique de marché fortement animée par les investisseurs domestiques, institutionnels comme particuliers, dans un environnement marqué par la hausse des indices MASI (+4% sur le trimestre) et MASI 20 (+3,5%).

Achats : les OPCVM en première ligne

Du côté des achats, les OPCVM confirment leur rôle moteur. Ils ont réalisé 11,6 milliards de dirhams d’achats sur le marché central actions au T3-2025, soit 38,5% du total. Ce volume progresse de 125 % par rapport au troisième trimestre 2024, traduisant un positionnement résolument offensif des gestionnaires d’actifs dans un marché porteur.

Les personnes physiques marocaines arrivent en deuxième position avec 9 milliards de dirhams d’achats, représentant 29,8% du total. Leurs interventions affichent une progression marquée, en hausse de 2,7 fois sur un an et de 15,7% par rapport au T2-2025, signe d’un regain d’appétit des particuliers pour les actions cotées.

Les personnes morales marocaines ont, pour leur part, acheté pour 6,7 milliards de dirhams (22,3% des achats), tandis que les investisseurs étrangers et les opérations transitant via le réseau bancaire restent plus marginales en volume.

Ventes : une activité soutenue, tirée par les particuliers et les entreprises marocaines

En face, les ventes sur le marché central atteignent également 30,1 milliards de dirhams, reflétant un marché très liquide. Les personnes physiques marocaines se placent cette fois en tête, avec 9,1 milliards de dirhams de ventes, soit 30,4% du total. Ces ventes progressent de 175,8% par rapport au T3-2024 et de 14,2% sur un trimestre.

Les OPCVM ont cédé pour 8,4 milliards de dirhams, représentant 28% des ventes. Malgré une légère baisse de leur part relative par rapport au trimestre précédent, leurs ventes restent en forte augmentation sur un an (+123,8%), tout en les maintenant en position nette acheteuse sur la période.

Les personnes morales marocaines, quant à elles, affichent une position nette vendeuse, avec 8,2 milliards de dirhams de ventes contre 6,7 milliards d’achats, confirmant leur rôle de fournisseurs de liquidités sur le marché.

Les investisseurs étrangers 

Concernant les investisseurs étrangers, les personnes morales étrangères ont réalisé au T3-2025 des achats pour 1,4 milliard de dirhams et des ventes pour 1,9 milliard de dirhams sur le marché central actions.

Par rapport au troisième trimestre 2024, les achats ont quasiment doublé, tandis que les ventes ont progressé de 2,5 fois. En comparaison trimestrielle, les ventes affichent également une légère hausse par rapport au T2-2025. Les investisseurs étrangers représentent 5,5% du volume total des transactions sur le marché central au cours du trimestre.

Levées de capitaux : un total de 97,8 MMDH atteint à fin octobre 2025

À fin octobre 2025, les levées de capitaux atteignent un total de 97,8 MMDH, contre 85,9 MMDH un an auparavant, selon les données de l’AMMC. Ainsi, le marché enregistre une hausse significative, tirée avant tout par la dette d’entreprise.

Sur le seul mois d’octobre, le marché des capitaux a enregistré 14,1 MMDH de levées, un niveau solide qui témoigne d’une activité primaire soutenue. Ainsi, les émissions obligataires atteignent 5,4 MMDH.

Dans le détail des émissions de TCN, les certificats de dépôt font la course en tête avec 24,5 MMDH, tandis que les bons des sociétés de financement s’établissent à 17,3 MMDH.

Bien qu’absents au mois d’octobre, les billets de trésorerie affichent néanmoins un cumul robuste de 16,5 MMDH, ce qui traduit un recours massif des entreprises aux instruments de trésorerie tout au long de l’année.

RCI Finance Maroc obtient le visa de l’AMMC pour une émission obligataire de 900 MDH

L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a visé, le 28 novembre 2025, le prospectus relatif à l’émission d’obligations ordinaires de RCI Finance Maroc pour un montant global de 900 MDH.

Caractéristiques de l’émission

L’opération porte sur 9.000 obligations ordinaires d’une valeur nominale unitaire de 100.000 DH, réparties en trois tranches à taux révisable toutes les 13 semaines, non cotées et remboursées in fine.

Pour les trois tranches, le taux facial initial sera déterminé sur la base du taux plein 13 semaines publié par Bank Al-Maghrib le 4 décembre 2025, auquel s’ajoute la prime correspondante. Les taux seront rendus publics le même jour sur le site de RCI Finance Maroc et dans un journal d’annonces légales.

Objectifs de l’opération

L’opération vise à renforcer les ressources stables de RCI Finance Maroc, à harmoniser la maturité moyenne de ses financements avec celle de ses encours de crédit, à diversifier ses sources de financement, à optimiser ses coûts et à accompagner son développement futur.

Elle s’inscrit dans le programme obligataire de 3,5 milliards de dirhams autorisé par l’Assemblée générale ordinaire du 26 mai 2025, dont une partie a déjà été mobilisée à travers des émissions réalisées en juin et novembre 2025.

Souscription, allocation et règlement

La période de souscription s’étendra du 5 au 9 décembre 2025 inclus. L’allocation se fera par adjudication au prorata, sans priorité entre les tranches et dans la limite du montant total de l’émission. Les souscriptions doivent être formulées en numéraire à travers des bulletins fermes et irrévocables remis aux membres du syndicat de placement. Le règlement et la livraison des titres interviendront le 17 décembre 2025.

Investisseurs concernés et négociabilité

La souscription est réservée aux investisseurs qualifiés de droit marocain, comprenant notamment les OPCVM, les établissements de crédit, les entreprises d’assurance et de réassurance, les compagnies financières, la Caisse de dépôt et de gestion ainsi que les organismes de retraite et de pension. Les obligations sont entièrement dématérialisées, négociables de gré à gré et ne font l’objet d’aucune garantie particulière.

L’AMMC vise le document d’information du fonds de titrisation « FT SOFAC AUTO LEASE III »

L’AMMC a délivré, le 13 novembre 2025, son visa à l’opération de titrisation « FT SOFAC AUTO LEASE III« . Cette validation autorise la mise sur le marché d’une émission structurée portant sur des créances issues de contrats de location avec option d’achat (LOA) de véhicules financés par SOFAC.

L’opération représente un montant global de 1.538.093.336,3 DH, réparti en :

Les obligations seront émises à taux fixe, déterminé par référence à la courbe BDT zéro-coupon publiée par Bank Al-Maghrib le 17 novembre 2025, assorti d’une prime de risque de 48 à 58 points de base.
Elles portent une maturité de 5 ans, avec une échéance fixée au 27 novembre 2030 et un amortissement trimestriel

Les parts résiduelles, quant à elles, seront amorties in fine.

L’émission est strictement réservée aux investisseurs qualifiés marocains, conformément à la réglementation sur l’appel public à l’épargne.

Calendrier de l’opération

L’opération est structurée par SOFAC Structured Finance (établissement gestionnaire). SOFAC agit comme initiatrice des créances et recouvreur et CIH Bank assure le rôle de dépositaire du fonds. L’ensemble s’inscrit dans le cadre légal de la loi 33-06 sur la titrisation, telle que modifiée.

Bourse. Les petits porteurs pèsent 28% des échanges au T2-2025, leur plus haut niveau depuis 2017

Dans plusieurs de nos articles consacrés à la Bourse de Casablanca, nous évoquions la montée en puissance des petits porteurs et leur rôle déterminant dans la dynamique du marché, particulièrement au cours du deuxième trimestre.

Les chiffres publiés par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) dans son rapport sur le profil des investisseurs au deuxième trimestre 2025 viennent désormais confirmer ce constat.

Les personnes physiques marocaines ont représenté 27,9% du volume total des transactions sur le marché central, un niveau inégalé depuis 2017. Cette part les place devant les institutionnels classiques, à savoir les personnes morales marocaines (25,4%) et étrangères (6,3%), tout en restant juste derrière les OPCVM, qui demeurent les opérateurs les plus actifs avec 36,7% des échanges.

Ce basculement confirme la montée en puissance des particuliers dans un marché porté par la progression des indices et l’intensité des échanges. Le MASI a gagné 3% sur le trimestre, tandis que le MASI 20 s’est apprécié de 3,5%, portant leurs performances semestrielles à +23,9% et +25,4%.

Dans ce contexte, le volume global des transactions sur les marchés central et de blocs a atteint 31,1 milliards de DH (MMDH), en hausse de près de 25% sur un an. Cette évolution illustre un marché animé par les arbitrages des particuliers, désormais au cœur de la liquidité et de la tendance haussière.

« On sent un vrai réveil des particuliers, c’est évident. Beaucoup d’épargnants ont voulu saisir la conjoncture : les performances du marché, les introductions en bourse, l’ambiance économique autour de la CAN et de la Coupe du monde à venir… tout cela crée un climat positif. Il y a aussi un effet de confiance : la communication des sociétés cotées s’est améliorée, les résultats sont solides, et les gens se disent qu’il serait dommage de rester spectateurs. Les investisseurs particuliers ne suivent plus seulement la tendance, ils la créent », commente un analyste de la place.

Une présence structurante et des volumes qui tendent vers la confirmation d’un mouvement durable

Le rapport de l’AMMC révèle une activité soutenue et régulière des petits porteurs, preuve que leur retour s’inscrit dans la durée. Les personnes physiques marocaines ont réalisé au deuxième trimestre 7,7 MMDH d’achats et 8 MMDH de ventes, des volumes en hausse respective de 73,7% et 83% sur un an. Ces niveaux placent les particuliers parmi les acteurs les plus dynamiques du marché central, avec une activité restée quasiment stable par rapport au premier trimestre 2025.

Les petits porteurs participent aux phases de hausse comme aux périodes de consolidation, animant la cote par des prises de bénéfices suivies de réinvestissements rapides. Leur comportement traduit une approche plus rationnelle du marché, loin de l’image spéculative qui leur était autrefois associée.

L’effet de ce regain d’activité se mesure également sur la liquidité. Le nombre d’ordres de bourse a atteint 556.336 au T2-2025, en progression de 71,3% par rapport à la même période de 2024, tandis que le nombre de contrats a grimpé à 276.449, soit une hausse de 71,1%. Le marché central concentre à lui seul 91% du volume total, soit 28,2 MMDH, un niveau en forte croissance sur un an.

Dans le même temps, les OPCVM ont poursuivi leurs achats (11,4 MMDH, +113%) et demeurent les premiers intervenants, tandis que les personnes morales marocaines restent majoritairement vendeuses. Le profil du marché s’équilibre ainsi entre la gestion collective, moteur de stabilité, et la clientèle de détail, moteur de mouvement et de profondeur.

Les autres profils d’investisseurs : un équilibre renouvelé autour des OPCVM

Le rapport met aussi en lumière une évolution de la structure globale du marché. Les OPCVM restent les acteurs dominants, avec 36,7% du volume total des transactions sur le marché central. Leurs achats atteignent 11,4 MMDH, soit une hausse de 113% par rapport au T2-2024, tandis que leurs ventes s’élèvent à 9,3 MMDH, en progression de 74,8%. Ces volumes traduisent une activité d’investissement soutenue, alignée sur la bonne orientation des indices et sur la collecte positive enregistrée depuis le début de l’année.

Les personnes morales marocaines, troisième force du marché avec 25,4% des échanges, affichent pour leur part une position nette vendeuse. Leurs ventes ont atteint 7,9 MMDH, contre 6,4 MMDH d’achats, soit une progression respective de 68,9% et 15,2% en glissement annuel. Cette configuration reflète des arbitrages plus que des désengagements : nombre d’entreprises profitent du cycle haussier pour matérialiser des plus-values ou réallouer leurs portefeuilles.

Les investisseurs étrangers consolident eux aussi leur présence, avec 1,7 MMDH d’achats, soit trois fois le niveau observé un an plus tôt, et 1,8 MMDH de ventes. Cette montée en puissance progressive témoigne d’un regain d’intérêt pour le marché marocain, soutenu par la visibilité économique et la stabilité monétaire.

Enfin, les opérations transitant par le réseau bancaire représentent 3,5% des volumes. Leurs achats s’élèvent à 858 millions de dirhams et leurs ventes à 1,1 MMDH, en forte hausse annuelle, mais en léger repli par rapport au trimestre précédent.

Cash Plus : tout ce qu’il faut savoir sur l’IPO, chiffres, objectifs et stratégie

Cash Plus a tenu une conférence de presse, le vendredi 31 octobre, à la Bourse de Casablanca ce 31 octobre 2025 pour officialiser l’annonce d’introduction en Bourse.

« C’est un moment historique pour l’entreprise que nous sommes, mais aussi pour son fondateur, qui a démarré il y a vingt ans avec un petit réseau d’agences dédié au transfert d’argent entre la diaspora et les Marocains d’ici », a déclaré Nabil Ammar, CEO de Cash Plus.

Une opération de 750 MDH, combinant augmentation de capital et cession d’actions

« L’objectif aujourd’hui, c’est une introduction en Bourse d’un montant global de 750 millions de DH », a indiqué Lotfi Lazrak, directeur exécutif de CFG Finance.

Elle se ferait en partie par une augmentation de capital de 400 MDH, et le reste par un cash-out, à travers des cessions d’environ 350 MDH, à un prix de souscription de 200 DH.

En termes d’actionnariat post-opération, les familles Tazi et Ammar détiendront chacune 35% du capital, Mediterrania Capital Partners (MCP) restera présent à hauteur de 15,5%, et le flottant atteindra 14%.

La période de souscription sera ouverte du 19 au 25 novembre, l’allocation des titres interviendra le 28 novembre et la première cotation le 8 décembre.

Dans le cadre de l’instruction du dossier, il y a eu des échanges avec Bank Al-Maghrib et l’AMMC. À la demande du régulateur, les deux familles Tazi et Ammar se sont engagées à maintenir leur participation pendant sept ans à compter de l’introduction en Bourse.

« C’est un élément très important de stabilité de l’actionnariat et de gouvernance, qui rassure le marché et confirme la volonté des familles de s’inscrire dans la durée pour exécuter le business plan présenté. Toute révision éventuelle de cet engagement ne pourrait intervenir qu’avec l’accord préalable de Bank Al-Maghrib », ajoute-t-il.

Trois axes de développement portés par l’introduction en Bourse

« Nous avons trois objectifs pour cette IPO », a déclaré Nabil Ammar. « Le premier, c’est d’aller toujours au plus proche des Marocains, là où ils sont. Cela passe par le renforcement du maillage territorial, une meilleure couverture des zones blanches, l’ouverture de flagship stores et la conclusion de partenariats avec d’autres réseaux de distribution », a-t-il détaillé.

Le deuxième axe concerne la poursuite de la transformation digitale. « Nous souhaitons développer nos activités digitales et aller encore plus loin dans la dématérialisation. Nous voulons créer une super application qui regrouperait à la fois des services financiers et des services du quotidien », a-t-il ajouté.

Enfin, Cash Plus reste attentif aux opportunités du marché : « Nous souhaitons être à l’écoute d’opportunités de croissance externe ou d’investissements qui nous permettraient de renforcer notre positionnement sur nos segments actuels et, le cas échéant, de développer de nouvelles activités complémentaires ».

Un modèle hybride entre réseau physique et digital

« Cash Plus est une entreprise hybride », explique Soufiane El Achouri, directeur général délégué du groupe. Notre modèle repose autant sur la capillarité de notre réseau physique que sur la force de notre plateforme digitale.

Sur le plan financier, Cash Plus anticipe pour 2025 un revenu global de 1,8 milliard de DH

« Il y a à peu près dix ans, on avait un business model assez concentré sur les métiers de transfert et, dès qu’on a entamé ce travail de diversification des services qu’on offre, ça nous a permis de passer d’une concentration des services de transfert d’argent en termes de revenus de 73% en 2022 à 52% actuellement, sur la base des chiffres bien évidemment estimés. Cela nous permet d’avoir plus de dilution en termes de revenus et moins de dépendance par rapport à un segment en particulier », a-t-il précisé.

« Ceci s’impacte sur les principaux agrégats financiers de la boîte, qui sont notamment le produit bancaire, passé de 440 millions en 2022 à plus de 879 millions en 2025e, avec une évolution en taux actualisé moyen par année qui dépasse les 25%, ce qui surperforme clairement ce qui se passe au niveau de la place ».

« Mais aussi en termes de résultats d’exploitation, on est passé de plus de 213 MDH en 2022 à 415 MDH en 2025, avec le même trend, donc une évolution d’année en année de 24,9%. Et bien évidemment, en termes de résultat net part du groupe, on passe de 121 MDH en 2022 à plus de 237 MDH pour l’année en cours », a détaillé Soufiane El Achouri.

« En termes de capitaux propres aussi, ça nous a permis, en fait, ce travail de diversification et de consolidation des principaux segments business, de disposer d’une assiette ou d’un socle assez solide. On passe de 195 MDH en 2022 vers une moyenne entre 370 et 380 MDH entre 2024 et 2025″, a-t-il ajouté.

« En termes de dividendes, on a toujours eu une politique de distribution quasi intégrale. On a distribué en 2022 plus de 100 MDH, donc 107 MDH exactement, et nos chiffres convergent vers 218 millions de charnière pour l’année en cours », a-t-il conclu.

Des prévisions de croissance soutenue mais prudente

« Pour consolider les acquis autour des trois objectifs, nous sommes sur un business plan à croissance soutenue. Entre 2025 et 2030, le produit net bancaire passerait de 879 millions à 1,457 MMDH, avec une tendance continue à la hausse », a détaillé Soufiane El Achouri.

« En termes de résultat d’exploitation, nous projetons un atterrissage à l’horizon 2030 à 696 MDH, avec un taux de croissance annuel supérieur à 10%. Et bien évidemment, le résultat net part du groupe suivrait la même trajectoire, passant de 237 MDH à 397 MDH sur la même période ».

Nous prévoyons d’atteindre un taux de distribution de 85% à l’horizon 2030, soit environ 307 MDH  de dividendes distribués 

Une fintech intégrée, entre services financiers et messagerie

« Nous avons développé depuis quatre ans notre service de messagerie nationale à travers la marque Chancel, ainsi qu’une offre de messagerie internationale, qu’elle soit routière ou aérienne, en partenariat avec des acteurs de renom comme DHL et FedEx », explique Nabil Ammar.

Cash Plus collabore aussi avec des entreprises privées pour la collecte de cash, des compagnies d’assurances pour le paiement de sinistres, ou encore des multinationales comme beIN Sports, afin de permettre la souscription à leurs services directement en agence.Nous avons une proximité réellement physique à travers un réseau de 4.900 points de vente, dont 87% sont des mandataires franchisés

Ce maillage inclut 650 agences propres, employant plus de 1.200 collaborateurs, et un ancrage fort dans les zones rurales avec 1.100 agences. À cela s’ajoute un réseau complémentaire de 2.100 partenaires “Khadamat”, qui utilisent la technologie Cash Plus pour des activités de paiement de factures ou de services non régulés.

L’entreprise mise également sur le digital avec son application Cash Plus Mobile, qui permet d’ouvrir un compte en ligne ou en agence, d’obtenir une carte de paiement ou de retrait à débit immédiat, ainsi qu’une carte virtuelle internationale pour les paiements e-commerce.

L’application offre aussi le paiement de factures, les transferts d’argent nationaux et internationaux, et une intégration directe avec des opérateurs mondiaux comme TikTok et PayPal.

20 ans de développement au rythme des opportunités réglementaires

L’entreprise revendique aujourd’hui plus de 5.000 points de vente répartis dans 178 localités, dont 20% en milieu rural, animés par 4.000 entrepreneurs et 1.500 collaborateurs. « Cash Plus, c’est avant tout une fintech marocaine, développée ici par des talents marocains, au service de tous les Marocains », a ajouté Nabil Ammar.

« Cette entreprise est née il y a vingt ans avec un petit réseau de transfert d’argent, à l’époque uniquement avec Western Union, et elle s’est développée au gré des opportunités réglementaires », rappelle Nabil Ammar, retraçant les grandes étapes de Cash Plus depuis sa création en 2004.

 « Nous avons ensuite entamé un vrai cycle de développement : élargissement du réseau, modernisation technologique et diversification des services », poursuit-il. Cash Plus est ainsi passé de 5 services en 2014 à plus de 150 aujourd’hui.

L’année 2019 marque une nouvelle avancée majeure avec l’obtention de la licence d’établissement de paiement, ouvrant la voie à de nouveaux relais de croissance. Puis viennent les années 2020–2021, marquées par la participation du groupe à plusieurs programmes d’inclusion financière et d’aides sociales : opérations Tadamon pendant la crise du Covid, CISM, Tayssir pour le paiement des bourses scolaires, ou encore le lancement du programme national des aides sociales.

« Aujourd’hui, plus de 1,5 million de familles reçoivent leurs aides sur des comptes Cash Plus », souligne Nabil Ammar.

Cash Plus se positionne sur deux grands segments :

Des ratios attractifs et une décote significative

Lotfi Lazrek a poursuivi : « Deux informations importantes : en termes de PER 2026, on ressort à 16,5 fois, alors que le marché se situe autour de 21-22 fois. Cela traduit une décote intéressante et, par conséquent, une marge de progression positive du cours ».

« Sur le dividend yield, le groupe se situe autour de 4,5%, soit quasiment le double de la moyenne du marché, aujourd’hui entre 2% et 2,5%. Nous sommes donc face à une société de croissance qui distribue aussi des dividendes plus généreux que la moyenne, ce qui renforce l’attractivité de la valorisation ».

Trois tranches de souscription et un calendrier précis

L’opération est structurée en trois tranches :

Cash Plus obtient le feu vert de l’AMMC pour son introduction en bourse

L’IPO de Cash Plus combine une augmentation de capital et une cession d’actions, pour un montant global de 750 MDH.

L’opération marque une nouvelle étape pour le spécialiste marocain des services financiers et de paiement, qui s’apprête à rejoindre le compartiment Principal F de la Bourse de Casablanca.

La transaction se fera par l’émission de 2.000.000 nouvelles actions et la cession de 1.800.000 actions existantes, au prix d’émission fixé à 200 DH par action, pour une valeur nominale de 10 DH. Le montant total de l’opération, prime d’émission incluse, atteint 750 millions de dirhams.

https://medias24.com/2025/10/28/cash-plus-ipo-introduction-bourse/

Tarik Senhaji à la tête de l’AMMC : les grands chantiers qui l’attendent

Tarik Senhaji est diplômé de l’École polytechnique et de l’ENSAE à Paris. Il débute sa carrière au sein de la Société financière internationale (SFI), filiale du Groupe Banque mondiale à Washington. Il y travaille trois ans avant de rejoindre Londres, où il exerce pendant plus d’une décennie dans plusieurs banques d’affaires internationales.

En 2011, il rentre au Maroc pour prendre la direction de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), avant de diriger pendant huit ans le Fonds souverain Ithmar. En 2020, il est nommé directeur général de la Bourse de Casablanca, fonction qu’il a occupée jusqu’à sa désignation à la tête de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) ce 19 octobre 2025.

L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) est le régulateur du marché financier national. Elle a pour rôle de protéger l’épargne investie en instruments financiers, d’assurer l’intégrité, la transparence et le bon fonctionnement des marchés, et de garantir l’égalité de traitement des investisseurs.

Elle veille aussi à l’application de la réglementation, au respect des obligations liées à la lutte contre le blanchiment des capitaux et œuvre à la diffusion de la culture financière auprès du grand public.

Son champ d’action couvre l’ensemble des acteurs et infrastructures du marché : sociétés de bourse, sociétés de gestion d’OPCVM, teneurs de comptes-titres, émetteurs faisant appel public à l’épargne, dépositaire central, société gestionnaire de la Bourse et du marché à terme, entre autres.

Les grands chantiers qui attendent Tarik Senhaji

En accédant à la présidence de l’AMMC, Tarik Senhaji prend la direction d’une institution engagée dans une phase stratégique importante. Le plan 2024-2028 fixe les priorités autour de quatre grands axes.

  1. Diversifier les instruments et élargir la base d’investisseurs

La priorité est d’accroître l’efficience et l’accessibilité du marché. L’un des chantiers majeurs consistera à poursuivre la mise en œuvre de la réforme encadrant les OPCVM, en finalisant ses textes d’application et en déployant concrètement les nouveaux outils qu’elle introduit.

L’AMMC accompagnera ainsi le lancement des ETF cotés en Bourse, la mise en place d’OPCVM à règles allégées destinés aux investisseurs qualifiés et l’introduction d’instruments de couverture sur le marché à terme.

Elle poursuivra également ses efforts pour élargir l’accès des PME au financement par le marché, en développant des solutions adaptées et en soutenant des mécanismes d’agrégation de leurs besoins.

  1. Stimuler l’innovation financière et encadrer les nouvelles technologies

L’Autorité souhaite accompagner l’essor des fintechs à travers un portail dédié et la mise en place d’un cadre législatif pour les cryptoactifs.

Elle prévoit aussi de délivrer les premiers agréments pour les plateformes de financement participatif et de renforcer son action dans le domaine de la finance durable, avec notamment une taxonomie verte et un reporting ESG enrichi.

  1. Développer l’éducation financière et renforcer la protection des investisseurs

La mobilisation de l’épargne constitue un pilier central de la stratégie. L’AMMC travaille à la création d’un portail interactif d’éducation financière, au développement d’outils pédagogiques innovants et à l’élargissement de son dispositif d’habilitation des professionnels. L’objectif est de rendre les produits d’investissement plus accessibles et d’élever le niveau de compétence des acteurs du marché.

  1. Moderniser la supervision et faire évoluer le cadre réglementaire

L’Autorité s’engage à moderniser ses outils de supervision, à renforcer ses capacités de détection des risques et à adapter ses procédures à l’évolution rapide du marché. De nouveaux textes législatifs et réglementaires sont prévus sur le marché secondaire de la dette, les prêts de titres, la gestion individuelle sous mandat ou encore les dérivés de gré à gré. L’AMMC souhaite aussi intégrer la contribution à la stabilité financière parmi ses missions.

Crédit du Maroc lance un emprunt obligataire subordonné d’un milliard de dirhams

L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a délivré, le 9 octobre 2025, son visa au prospectus relatif à une émission obligataire subordonnée initiée par Crédit du Maroc.

Cette opération porte sur un montant global pouvant atteindre 1 milliard de dirhams, et se déroulera sur une période de souscription comprise entre le 20 et le 22 octobre 2025 inclus.

Deux tranches non cotées d’une maturité de 10 ans

Elle prévoit l’émission de 10.000 obligations subordonnées d’une valeur nominale unitaire de 100.000 DH, réparties en deux tranches non cotées à la Bourse de Casablanca, toutes deux d’une durée de 10 ans :

Le remboursement du capital interviendra in fine à l’échéance, fixée au 27 octobre 2035. Aucun remboursement anticipé n’est prévu, sauf rachat éventuel sur le marché secondaire avec l’accord préalable de Bank Al-Maghrib.

Une émission réservée aux investisseurs qualifiés

Cette émission est strictement réservée aux investisseurs qualifiés de droit marocain, notamment les OPCVM, les établissements de crédit, les compagnies d’assurance, la Caisse de dépôt et de gestion, ainsi que les organismes de retraite.

La négociation des titres sur le marché secondaire sera également limitée à ces mêmes investisseurs.

Les titres seront négociables de gré à gré et entièrement dématérialisés. Les intérêts seront servis annuellement, à la date anniversaire de la jouissance fixée au 27 octobre de chaque année.

Objectif : renforcer les fonds propres de la banque

L’opération vise principalement à renforcer les fonds propres réglementaires de Crédit du Maroc afin de soutenir le développement de son activité et d’augmenter sa capacité de distribution de crédits, tout en respectant les exigences prudentielles en matière de ratio de solvabilité.

Les fonds levés seront classés parmi les fonds propres additionnels de catégorie 2, conformément à la réglementation de Bank Al-Maghrib.

Cette émission n’aura aucun impact sur le capital social, l’actionnariat ou la gouvernance de la banque, et sera comptabilisée en tant que dette subordonnée.

Programmes de rachat d’actions : un outil encadré, peu activé et souvent marginal dans l’équation boursière

À la Bourse de Casablanca, la possibilité pour les sociétés cotées de racheter leurs propres actions existe bel et bien. La réglementation encadre de manière stricte ces opérations, en précisant leurs objectifs, leurs conditions d’exécution et leurs limites opérationnelles. Pourtant, en pratique, cet outil demeure marginal dans le comportement des émetteurs marocains.

Au cours de ce premier semestre 2025, seules deux sociétés ont activé des programmes de rachat : la Banque centrale populaire (BCP) et Maroc Telecom.

Trois programmes sont actuellement en cours, couvrant respectivement une fenêtre de 18 mois pour BCP et deux périodes successives pour Maroc Telecom.

Or, ces opérations, bien que légalement ouvertes, ne donnent lieu qu’à des volumes modérés sur le marché central. Ainsi, la BCP a procédé sur les mois d’avril et mai 2025 à des achats cumulés d’environ 530.000 titres, soit une fraction marginale de son capital social.

Maroc Telecom, de son côté, bénéficie d’une autorisation sur 1,5 million de titres par programme, sans qu’un volume significatif d’exécution ne soit encore constaté dans les derniers rapports mensuels.

Il faut comprendre que le cadre marocain n’a pas été conçu pour permettre aux sociétés d’utiliser ces rachats comme un levier de soutien actif du cours ou de gestion financière des fonds propres.

La circulaire 01-11, qui régit les modalités pratiques, limite expressément les interventions à un objectif unique de régularisation du marché. Le recours à cet outil vise exclusivement à lisser les excès de volatilité, à fluidifier la liquidité ponctuellement, sans chercher ni à accumuler des titres en vue de les annuler, ni à influencer structurellement le prix de l’action.

Avant toute intervention, l’émetteur doit obtenir un visa de l’AMMC sur une notice précisant les conditions du programme : durée maximale de 18 mois, fourchette de prix, volume maximal d’actions et société de bourse désignée pour exécuter les ordres.

Les transactions s’effectuent exclusivement sur le marché central, dans la limite de 25% des volumes quotidiens moyens, sauf dérogation. L’émetteur ne peut donner aucune instruction ; la société de bourse agit de manière totalement indépendante.

« Ce type de programme reste pertinent dans un marché comme le nôtre où la liquidité est parfois réduite. Il permet d’assurer un minimum d’échanges sur le titre, de limiter les mouvements de prix trop brutaux quand la volatilité s’emballe, et même, dans certains cas, de générer un gain comptable si des actions rachetées à bas prix sont revendues plus tard. Cela dit, le vrai intérêt reste avant tout d’apporter de la stabilité et de la fluidité aux transactions quotidiennes, sans chercher à influencer artificiellement le cours », explique un professionnel de la place.

Pourquoi les programmes de rachat restent si peu utilisés au Maroc 

« Si le dispositif existe depuis plusieurs années, il faut comprendre que sa faible utilisation tient d’abord à une question de culture de marché. Beaucoup d’émetteurs n’ont pas forcément intégré cet outil dans leur gestion courante. Certains ne connaissent même pas précisément le cadre réglementaire qui encadre ces rachats ».

Ainsi, malgré la disponibilité du mécanisme, seules quelques grandes capitalisations y recourent ponctuellement.

Mais au-delà de ce déficit de diffusion, le cadre légal lui-même constitue une forme de barrière. Depuis la circulaire 01-11, publiée en 2011, le dispositif est devenu beaucoup plus rigoureux. « Avant cette réforme, certains émetteurs utilisaient les rachats de manière opportuniste, parfois même pour influencer le cours. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Le régulateur a verrouillé le système pour éviter tout risque de manipulation de marché », explique l’analyste.

Dès lors, même pour les sociétés intéressées, la mise en œuvre opérationnelle reste contraignante. « On ne peut pas intervenir librement. L’intermédiaire boursier agit seul, avec des limites strictes sur les volumes et sur les niveaux de prix autorisés. Pour certains émetteurs, cela enlève tout simplement l’intérêt économique du dispositif », poursuit-il.

Néanmoins, le principe même de régularisation de marché pourrait trouver davantage de sens dans un environnement comme celui de la Bourse de Casablanca, où la liquidité est souvent limitée sur certains titres.

« C’est justement dans un marché étroit qu’un programme de rachat régulier et bien calibré peut jouer un rôle utile sur la liquidité. Mais il faut que les sociétés en fassent un véritable outil de pilotage et pas uniquement une formalité ponctuelle validée par l’AMMC », conclut notre interlocuteur.

L’exemple BCP : quand le rachat reste marginal face aux dynamiques de marché

Entre avril et mai 2025, la banque a acquis près de 530.000 titres dans le cadre de son programme en cours, tout en respectant les plafonds réglementaires fixés. Toutefois, l’impact de ces interventions sur le cours de l’action est resté modeste sur cette période, le titre évoluant autour de 265 DH.

Ce n’est qu’au début du mois de juin que le marché a connu un mouvement marqué, avec un passage rapide du titre au-dessus de 300 DH, porté cette fois par des volumes de marché bien supérieurs et d’autres catalyseurs externes. Ainsi, l’exemple montre que le programme de rachat, pris isolément, ne constitue pas un levier décisif sur le prix lorsque d’autres facteurs fondamentaux s’imposent dans la dynamique boursière.

CIH Bank. Visa de l’AMMC pour une augmentation de capital de 1,5 MMDH

L’AMMC a visé le 20 juin 2025 le prospectus relatif à une nouvelle augmentation de capital de CIH Bank. Cette opération porte sur un montant maximum de 1,5 MMDH, intégrant une prime d’émission de 1,06 MMDH et un nominal de 410,8 MDH.

L’augmentation a été autorisée par l’assemblée générale extraordinaire tenue le 11 juin 2025.

L’opération prévoit l’émission de 4.108.341 actions nouvelles, au prix de 358 DH l’unité. Ce prix intègre une valeur nominale de 100 DH et une prime d’émission de 258 DH.

La période de souscription s’étalera du 4 au 23 juillet 2025. Les droits préférentiels de souscription (DPS) seront détachés le 1er juillet, avec une parité fixée à 3 actions nouvelles pour 23 DPS détenus. Les DPS seront cotés durant toute la période de souscription.

Le prix d’émission présente une décote indicative de 13,1% par rapport au cours de clôture du titre à 412 dirhams le 13 juin 2025.

Les valorisations par comparables boursiers font ressortir des niveaux situés entre 354 DH (selon la méthode du P/B) et 429 DH (selon le P/E), sur la base des résultats consolidés 2024.

L’augmentation de capital vise à renforcer les fonds propres réglementaires, anticiper les évolutions prudentielles et financer la dynamique de croissance du groupe.

Une fois l’opération finalisée, le capital social passera de 3,15 MMDH à 3,56 MMDH. La structure de l’actionnariat restera globalement stable en cas de souscription intégrale par les actionnaires existants. Le flottant boursier sera mécaniquement ajusté à hauteur de 16,37% du capital élargi.

Actionnariat avant et après l’opération