Gaz naturel. Energean justifie son retrait du projet d’Anchois et évoque un retour au Maroc
Dans un entretien accordé à la plateforme Petroleum Economist en marge de l’événement Africa Invest, organisé à Paris les 11 et 12 mai 2025, Mathios Rigas, PDG et actionnaire principal d’Energean, a indiqué un possible retour de la compagnie au Maroc. Cette annonce intervient après la rétrocession par Energean de ses parts dans les blocs offshore Lixus et Rissana, situés au nord du Maroc, en raison de résultats jugés insatisfaisants.
En Afrique, et plus particulièrement en Égypte où Energean est déjà présent, Mathios Rigas a confirmé que la compagnie envisageait également un retour au Maroc. Il a d’ailleurs souligné que le Royaume constitue un terrain d’opérations idéal en Afrique du Nord. Bien qu’aucun pays n’ait été spécifiquement cité, le PDG d’Energean a fait savoir que la compagnie devrait décider du choix d’un nouveau projet africain dans les prochains mois.
Rigas a précisé que la société continuait d’évaluer des opportunités en Afrique du Nord, et ce, malgré la rétrocession récente de ses actifs offshore marocains à Chariot. Toutefois, son attention se porte désormais plus activement sur l’Afrique de l’Ouest, région qui présente selon lui un potentiel de croissance majeure.
« Nous disposons d’un atout unique, qui s’avérera très précieux pour l’Afrique de l’Ouest, mais aussi pour l’ensemble de la région africaine. Energean est une entreprise dotée de capacités d’exploitation en eaux profondes qu’aucun autre indépendant ne possède. Nous avons prouvé que nous savons construire des infrastructures pour FPSO, forer des puits en eaux profondes et poser des pipelines dans ces mêmes conditions », a déclaré Mathios Rigas.
La présence d’Energean au Maroc s’est révélée de courte durée, n’ayant pas excédé une année (avril 2024-mai 2025). Cette période s’est achevée peu après le forage du puits Anchois-3 en septembre 2024, lequel a démontré que le gaz dans les zones ciblées était inférieur au modèle géologique pré-forage, limitant les ressources certifiées à 18 milliards de mètres cubes, un volume initialement identifié par Chariot.
Depuis, une absence de visibilité de la part de l’opérateur a entraîné une pause obligatoire, bloquant temporairement le développement du champ gazier d’Anchois dans le bloc offshore Lixus. Bien qu’il ne s’agisse que d’un retard de quelques mois, cette situation contraste avec les ambitions marocaines. En effet, le Royaume souhaite accélérer le développement de ses actifs gaziers récemment découverts, notamment Anchois et Tendrara, conformément à sa feuille de route gazière actualisée pour 2025-2030, dans laquelle le gaz naturel a été désigné comme ressource clé de la transition énergétique nationale.
Au cours de son entretien avec Petroleum Economist, Mathios Rigas a adressé un appel clair aux majors pétroliers : « Ne laissez pas vos actifs inexploités, confiez-les à des entreprises qui en feront bon usage ». Le PDG a rappelé qu’Energean avait adopté la même démarche avec ses actifs au Maroc, en les rétrocédant à Chariot, ces derniers étant trop modestes pour son portefeuille et ne justifiant pas une conservation à long terme.
Il a ajouté qu’Energean cible principalement du gaz déjà découvert (surtout offshore), situé dans une ‘zone idéale’ en termes de taille, se positionnant entre les projets des majors et ceux des juniors, et que l’Afrique regorge d’actifs nécessitant des opérateurs comme Energean pour les développer.
Ce qu’il faut retenir, c’est qu’Energean estime qu’un projet offshore de classe moyenne, tel que celui d’Anchois contenant 18 milliards de mètres cubes, est moins avantageux pour la compagnie, d’autant qu’elle ne détient que 45% des parts dans ce projet.
En revanche, en Afrique de l’Ouest, plusieurs découvertes récentes ont été mises en évidence, notamment le champ de BirAllah en Mauritanie qui abrite des réserves d’environ 1,41 trillion de mètres cubes, sachant que la licence d’exploitation de British Petroleum n’a pas été renouvelée par la Mauritanie.
De son côté, Chariot, redevenu opérateur, reprend le développement du champ d’Anchois qui devrait connaître un développement plus rapide pour rattraper le retard déjà accumulé, et ce, pour fournir davantage de gaz naturel qui sera produit dans le champ onshore de Tendrara situé dans la région de l’Oriental.