Six feux de forêt au Maroc en 24 heures

Dans un communiqué publié ce vendredi 20 juin, l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) fait le point sur la situation des incendies de forêts à travers le Royaume.

« Grâce à la vigilance et aux interventions rapides et coordonnées des services compétents en la matière, tous les incendies ont été maîtrisés », note l’ANEF. La superficie totale touchée est estimée à 20 hectares.

Par province :

Tétouan : 15 ha – feu maîtrisé, opérations d’extinction des fumerons en cours ;
• Khénifra : 3,5 ha ;
• Chefchaouen : 1,1 ha ;
• Khémisset : 0,095 ha ;
• Midelt : 10 m² – origine naturelle (foudre) ;
• Casablanca : 0,02 ha ;
• Taza et Sidi Slimane : foyers hors domaine forestier.

Depuis le 1er janvier jusqu’au 20 juin 2025, le Maroc a enregistré :

• 111 incendies (un chiffre en baisse par rapport à la moyenne décennale – 130 incendies) ;
• une superficie totale brûlée de 130 ha, soit quatre fois moins que la moyenne des dix dernières années.

Pour rappel, l’ANEF avait identifié, sur la base de ses modèles scientifiques de prédiction, un niveau de risque élevé à extrême d’éclosion d’incendies de forêt entre le 16 et le 20 juin dans plusieurs provinces, notamment Azilal, Béni Mellal, Chefchaouen, Kénitra, Khémisset, Larache, Tanger-Assilah, Tétouan, M’diq-Fnideq, Taounate, Taza, Nador, Al Hoceima, Ouezzane…

L’ANEF appelle à la plus grande vigilance de la part des citoyens, en particulier dans les zones forestières à risque. Il est ainsi impératif :

• de ne pas allumer de feu en milieu naturel ;
• de ne pas jeter de mégots ou de déchets inflammables ;
• de signaler immédiatement toute fumée ou comportement suspect aux autorités locales ou aux agents des eaux et forêts ou à la protection civile.

Incendie dans la forêt Ouadras à Aïn Lahcen (Tétouan), 15 hectares ravagés

L’opération se déroule dans des conditions climatiques difficiles, marquées par des rafales de vent du Chergui et des températures élevées, qui ont contribué à la propagation rapide des flammes ayant ravagé, jusqu’à présent, environ 15 hectares, composés essentiellement de conifères et d’essences secondaires.

Dans une déclaration à la MAP, le directeur provincial de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) à Tétouan, Halim Akaâboun, a souligné que l’incendie s’est déclenché avec deux foyers rapprochés, précisant que « le premier foyer a été maîtrisé à 90%, tandis que les efforts se poursuivent pour circonscrire complètement cet incendie ».

Le responsable a précisé que les équipes d’intervention, composées d’environ 500 éléments des Forces armées royales, de la Gendarmerie royale, des Forces auxiliaires, de la Protection civile, de l’ANEF et des autorités locales, ainsi que des agents de la Promotion nationale et des volontaires de la population locale, et appuyées par 4 avions « Canadair » des Forces Royales Air, sont toujours mobilisées pour maitriser cet incendie.

Il a, en outre, noté que d’importants moyens logistiques et techniques ont été déployés, comprenant notamment des camions-citernes, des véhicules de première intervention, des ambulances, des bulldozers et d’autres engins.

M. Akaâboun a rappelé que les cartes de prévision publiées par l’ANEF, à travers ses bulletins d’alerte, permettent d’identifier les zones à risque élevé, en fonction des conditions météorologiques, notamment la hausse des températures et les vents de « chergui » enregistrés ces deux derniers jours.

Une enquête judiciaire a été ouverte par les services de la Gendarmerie royale, sous la supervision du parquet compétent, pour déterminer les circonstances du déclenchement de cet incendie.

Feux de forêts : appel à la vigilance de l’ANEF, risque de niveau rouge dans plusieurs provinces

Cette population est également appelée à alerter rapidement les autorités locales en cas d’observation de fumées ou de comportements suspects, indique l’ANEF dans un communiqué.

Durant la période allant de lundi à vendredi prochains, l’Agence produira, d’une manière journalière et par le biais de ses modèles scientifiques de prédiction, des cartes qui identifient avec précision les zones à risque sur l’ensemble du territoire national.

Après analyse des données relatives notamment aux types de forêts et à leurs niveaux de combustibilité et d’inflammabilité, et aux paramètres topo-climatiques, l’ANEF a repéré le risque extrême (niveau rouge) dans les provinces d’Azilal, de Béni Mellal, de Chefchaouen, de Kénitra, de Khémisset, de Larache, de Tanger-Assilah, de Taounate et de Taza, précise la même source.

Le risque élevé (Niveau orange) est repéré dans les provinces de Agadir-Ida -Ou-Tanane, Al Hoceima, Berkane, Fahs-Anjra, Ifrane, Khénifra, M’Diq-Fnideq, Nador, Ouezzane, Oujda-Angad, Skhirate-Témara, Taourirt, Taroudant et Tétouan.

Pour le risque moyen (niveau jaune), il est repéré dans les provinces d’Essaouira, de Rabat, de Salé, de Sefrou et de Sidi Slimane, conclut le communiqué.

https://medias24.com/2025/05/29/vue-du-ciel-les-traces-du-feu-de-foret-de-houara-pres-de-tanger-images-satellite/

Les CRI et l’ANEF au menu du prochain Conseil de gouvernement

Au début de ses travaux, le Conseil examinera un projet de loi portant approbation du décret-loi modifiant la loi portant création de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) ainsi qu’un autre projet de loi portant approbation du décret-loi complétant la loi relative à la réforme des centres régionaux d’investissement (CRI) et à la création des commissions régionales unifiées d’investissement (CRUI), précise la même source.

Le Conseil de gouvernement poursuivra ses travaux par l’examen d’un projet de décret instaurant des mesures réglementaires au profit des ingénieurs et des architectes exerçant au sein du ministère de la Justice et d’un autre projet de décret modifiant et complétant le décret fixant la vocation des établissements universitaires, les cycles des études supérieures ainsi que les diplômes nationaux correspondants.

Il se penchera ensuite sur l’examen d’un accord relatif à la reconnaissance réciproque des permis de conduire entre les gouvernements du Royaume du Maroc et de la République du Tchad, signé à Dakhla le 14 août 2024, ainsi que sur le projet de loi portant approbation dudit accord.

À la fin de ses travaux, le Conseil de gouvernement examinera des propositions de nomination à de hautes fonctions, conformément aux dispositions de l’article 92 de la Constitution, conclut le communiqué.

Incendie de la forêt Houara à Tanger : un suspect arrêté (Parquet)

Selon un communiqué du procureur général du Roi près la cour d’appel de Tanger, dont une copie est parvenue à Médias24, un individu a été interpellé par la Gendarmerie royale dans les environs de la forêt de Houara, située près du parc éolien de Tahaddart entre Tanger et Asilah, où un incendie fait des ravages depuis le début de l’après-midi du lundi 26 mai.

Selon la même source, le prévenu était en possession d’une besace contenant une dizaine de briquets, un calumet (sebsi) servant à fumer du kif moulu et une petite arme blanche.

Ce mercredi, explique le représentant du ministère public, il a été déféré devant le parquet, qui l’a déféré, à son tour, devant un juge d’instruction.

Le magistrat chargé de l’instruction a décidé de le poursuivre pour « incendie de forêt avec préméditation », « consommation de drogues » et « possession d’une arme blanche sans raison valable ».

Le prévenu a été placé en détention à la prison civile Tanger II.

L’incendie déclenché dans la forêt de Houara est l’un des pires enregistrés en ce début de saison estivale.

Il a ravagé plus de 40 hectares de couvert forestier. Ce qui a mobilisé quatre Canadair des FAR, des centaines d’éléments de la Protection civile, des agents de l’ANEF, des éléments des forces de sécurité et des personnels relevant des autorités locales.

Faune sauvage : au Maroc, un retour discret mais décisif des espèces menacées

Gazelles de Cuvier, mouflons à manchettes, autruches à cou rouge… Ces espèces emblématiques de la faune marocaine retrouvent progressivement leurs habitats d’origine. Menées dans plusieurs parcs et réserves protégés, les opérations de réintroduction s’inscrivent dans la stratégie nationale « Forêts du Maroc 2020-2030 », pilotée par l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF).

Contactée par Médias24, l’ANEF précise que ces opérations sont encadrées par des plans d’action spécifiques, fondés sur le suivi écologique, la sélection rigoureuse des sites et l’accompagnement post-lâcher. Objectif : restaurer les écosystèmes dégradés et reconstituer des populations viables d’espèces disparues localement ou menacées.

«  Chaque site de réintroduction est sélectionné selon des critères écologiques stricts, en tenant compte de la capacité d’accueil, de la disponibilité des ressources et de la sécurité des animaux », nous explique l’ANEF.

État de la faune sauvage : des signes encourageants

Au fil des dernières décennies, les efforts de conservation engagés par le Maroc ont permis d’amorcer une dynamique positive pour plusieurs espèces de la faune sauvage. Si les résultats restent contrastés selon les régions et les groupes taxonomiques, les signaux sont globalement encourageants.

Chez les mammifères terrestres, les ongulés sauvages affichent des progrès notables.

Les populations de gazelle de Cuvier, de gazelle dorcas et de mouflon à manchettes montrent des signes de stabilisation, voire d’augmentation dans certaines zones, notamment dans le Moyen Atlas, l’Anti-Atlas et le Haut Atlas oriental.

Le cerf de Berbérie, disparu au Maroc au XXe siècle, a été réintroduit dans le parc national d’Ifrane (avec plus de 25 individus suivis par GPS) ainsi que dans le parc naturel de Bouhachem, dans le Rif occidental. Des naissances observées sur place témoignent de son adaptation.

Le singe magot, seul primate présent en Afrique du Nord, bénéficie quant à lui de mesures renforcées de sauvegarde et de lutte contre le commerce illégal. Le Maroc abrite aujourd’hui la plus grande population mondiale de cette espèce. Un programme novateur a été lancé au parc national de Tazekka pour réhabiliter les individus saisis lors de trafics. Deux groupes sociaux ont été reconstitués et leur relâcher dans la nature est prévu à l’automne, après une phase d’acclimatation et un suivi écologique rapproché.

Dans les zones sahariennes, plusieurs espèces emblématiques sont en cours de restauration. La gazelle dorcas, dont la population initiale était estimée à moins de 40 individus, dépasse aujourd’hui les 500 grâce à un programme de renforcement dans le parc national d’Iriqui et le long de l’oued Drâa.

L’addax, disparu du territoire marocain en 1942, a été réintroduit depuis 2020 dans les mêmes zones à partir du parc national de Souss-Massa : une population sauvage estimée entre 55 et 60 individus s’y est depuis stabilisée, malgré les conditions climatiques difficiles.

Autre espèce disparue dans les années 1960, l’autruche à cou rouge a été relâchée en 2023 dans les réserves d’Iriqui et de Mhamid Lghizlane. Dès 2024, 32 poussins y ont été recensés, portant l’effectif total à une cinquantaine d’individus.

Côté avifaune, les résultats sont également probants. La population de l’ibis chauve, espèce emblématique du Sud-Ouest marocain, est en nette augmentation. Grâce à la protection stricte de ses sites de reproduction, à la surveillance renforcée et à des actions d’éco-développement, son statut a été révisé par l’UICN, passant de « en danger critique » à « en danger ». Un projet pilote de réintroduction est actuellement mené dans le parc national d’Ifrane, avec la création prochaine d’une volière destinée à accueillir un noyau reproducteur avant des lâchers encadrés.

Le vautour fauve a quant à lui retrouvé le massif du Jbel Moussa, où plusieurs couples nicheurs ont été observés pour la première fois depuis plus de quarante ans, illustrant l’efficacité des mesures de restauration écologique. Dans le même esprit, un réseau de placettes alimentaires a été mis en place dans plusieurs réserves afin de soutenir les populations de vautours et rapaces nécrophages migrateurs, notamment lors des périodes critiques.

Les suivis menés sur les rapaces ont également permis de constater l’élargissement des zones fréquentées par certaines espèces, comme le vautour percnoptère, tandis que la nidification du flamant rose dans la lagune de Khnifiss, au sud du pays, marque une autre avancée significative.

Des programmes de réintroduction ciblés et encadrés par ANEF

Face à ces dynamiques, l’ANEF a identifié une liste d’espèces prioritaires bénéficiant de plans d’action nationaux, fondés sur une approche intégrée alliant conservation in situ et ex situ, suivi scientifique, formation et implication des communautés locales. Sont concernés :

Un réseau national d’aires protégées en renforcement

Le Maroc dispose d’un réseau de 10 parcs nationaux, représentant les principaux écosystèmes du pays sur une superficie de 772.000 ha. Ces parcs sont : Toubkal (1942), Tazekka (1950), Souss Massa (1991), Iriqui (1994), Ifrane, Talassemtane, Haut Atlas Oriental, Al Hoceima (2004), Khenifiss (2006) et Khénifra (2008).

À ce réseau s’ajoutent 154 Sites d’Intérêt Biologique et Écologique (SIBE), couvrant 2,5 millions d’hectares. Une partie d’entre eux a été intégrée au réseau national, les autres bénéficient de mesures spécifiques de conservation. Une révision du Plan Directeur des Aires Protégées est en cours depuis 2024 pour aligner les priorités sur les objectifs du Cadre mondial pour la biodiversité (CMB), comme la conservation de 30 % des terres et la restauration de 30 % des écosystèmes dégradés d’ici 2030.

Parmi les autres initiatives :

Ces zones jouent un rôle crucial pour la biodiversité, mais aussi pour les populations : elles favorisent le tourisme durable, l’emploi local, et permettent une gestion raisonnée des ressources naturelles.

L’ANEF et la sécurité sociale au menu du prochain conseil de gouvernement

Au début de ses travaux, le Conseil examinera un projet de loi relatif à l’enseignement scolaire, suivi d’un projet de décret-loi modifiant la loi portant création de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF).

Le Conseil se penchera ensuite sur deux projets de décret, dont le premier porte sur les pensions d’invalidité ou de vieillesse versées par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), tandis que le second concerne l’application de certaines dispositions du dahir portant loi relative au régime de sécurité sociale.

Le conseil poursuivra ses travaux par l’examen d’un accord conclu entre le Royaume du Maroc et la République du Malawi sur l’entraide judiciaire pénale, signé à Laâyoune le 16 juillet 2024, ainsi que d’un projet de loi portant approbation dudit accord.

Selon le communiqué, le conseil clôturera ses travaux par l’examen de propositions de nomination à de hautes fonctions, conformément aux dispositions de l’article 92 de la Constitution.

Le gouvernement tiendra, après la fin des travaux du conseil, une réunion consacrée à l’examen de certaines propositions de lois, conclut le communiqué.

L’ANEF et Eucaforest s’allient pour innover dans les plantations forestières

Cette convention a été signée par Amar Rabhi, chef du Centre d’innovation, recherche et formation de l’ANEF, et Sghir Boulahfa, directeur général d’Eucaforest, en présence de Khalid Safir, directeur général de la CDG, et de Abderrahim Houmy, directeur général de l’ANEF.

S’inscrivant pleinement dans les engagements nationaux en faveur du développement durable et de la préservation des écosystèmes forestiers, cette initiative est en parfaite adéquation avec la Stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 », lancée sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, indique un communiqué de l’ANEF.

L’objectif de cette collaboration est de moderniser et d’optimiser les pratiques sylvicoles afin d’améliorer la performance des plantations forestières au Maroc. Elle met l’accent sur l’innovation technologique, la sélection variétale, l’optimisation des itinéraires techniques et la valorisation des ressources ligneuses, tout en intégrant les impératifs d’adaptation aux changements climatiques, ajoute la même source.

Par cette alliance stratégique, l’ANEF et Eucaforest uniront leurs expertises pour développer des solutions adaptées aux spécificités écologiques du Royaume. Cette démarche s’inscrit dans une vision globale de gestion durable des ressources forestières, contribuant activement à la restauration des écosystèmes naturels, à la lutte contre la désertification et au renforcement de la résilience des forêts face aux défis climatiques.

Cette collaboration entre la CDG et l’ANEF témoigne de leur engagement commun en faveur du développement durable et de la gestion responsable des forêts au Maroc. Elle souligne le rôle clé de la CDG dans la préservation du capital naturel et la promotion d’une économie verte, tout en affirmant la volonté de l’ANEF d’adopter une approche partenariale inclusive pour renforcer la durabilité et l’innovation au service des écosystèmes forestiers du Royaume, conclut le communiqué.

Après Ifrane, Mehdia désignée « Ville des zones humides »

L’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) a annoncé cette distinction lors de la célébration de la Journée internationale des zones humides, ce mercredi 12 février, en partenariat avec le Fonds mondial pour la nature (WWF).

Ainsi, Mehdia devient la deuxième ville marocaine à obtenir ce label après Ifrane, classée en 2022.

Ce classement témoigne de l’engagement du Maroc en faveur de la préservation des zones humides, des écosystèmes essentiels mais fragiles. « Cette célébration et ce classement traduisent la priorité accordée à la gestion durable des zones humides, dans le cadre de la vision éclairée du Roi Mohammed VI pour la préservation des ressources naturelles, et de la mise en œuvre de la stratégie Forêts du Maroc 2020-2030 », a déclaré Abderrahim Houmy, directeur général de l’ANEF, lors de l’événement.

 

Cet événement a également été marqué par la signature de plusieurs conventions, notamment un partenariat entre l’ANEF et le WWF visant à renforcer la coopération pour la protection et la promotion des zones humides. Une autre convention a ciblé le site de Sidi Boughaba, comme site Ramsar, afin d’accentuer les efforts de conservation et de développement durable.

Jamel Jrijer, directeur du WWF Afrique du Nord, a rappelé l’engagement de son organisation auprès du Maroc dans la préservation de la nature, depuis plus de vingt ans. Il a mis en avant l’importance de la stratégie nationale « Ghabati, Hayati » (Ma forêt, ma vie), qui vise à concilier conservation des écosystèmes et développement humain.

 

LIRE AUSSI

https://medias24.com/2024/02/02/au-maroc-les-zones-humides-de-plus-en-plus-menacees-par-la-secheresse/

La stratégie de reboisement des forêts du Maroc à l’épreuve de la sécheresse

L’impact de la sécheresse n’est pas uniquement une affaire d’agriculture. Les 9 millions d’hectares qui constituent le couvert forestier du Maroc ne sont pas non plus épargnés par la pénurie d’eau et le déficit pluviométrique, surtout lorsqu’il s’agit d’assurer la croissance de nouveaux plants. C’est la raison pour laquelle des techniques de plantation adaptées et une surveillance accrue figurent parmi les mesures phares pour remédier au recul des apports pluviométriques.

La Stratégie nationale des forêts (2020-2030), portée par l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), relevant du ministère de l’Agriculture, ambitionne d’atteindre 600.000 ha de reboisement d’ici 2030. Depuis le lancement effectif de cette stratégie en 2022, 150.000 ha ont été reboisés, dont :

– 70.400 hectares d’espèces autochtones (pins, eucalyptus) ;

– 60.000 ha de régénération d’espèces autochtones (cèdre, arganier, caroubier…) ;

– 19.600 ha d’améliorations sylvopastorales.

« En 2024, 70.000 ha ont été reboisés. La même superficie est prévue pour l’année en cours », assure Abderrahim Houmy, directeur général de l’ANEF, à l’occasion d’un point presse organisé ce jeudi 23 janvier à Rabat. Le reboisement fait partie d’une feuille de route mise en place pour diminuer les effets de la surexploitation et du réchauffement climatique sur les forêts du Maroc.

Ce couvert forestier est concerné par le phénomène de dédensification à hauteur de 10.000 ha par an. Si la reconstitution du couvert forestier est d’une importance capitale, c’est principalement en raison des multiples fonctions socio-économiques et environnementales de ce domaine :

– Réceptacle de l’essentiel de la faune et de la flore naturelles (2/3 des plantes et 1/3 des espèces animales) ;

– Espace de vie pour plus de 7 millions d’usagers (bois de feu, pâturage) ;

– Rempart contre la désertification et garant des grands équilibres environnementaux.

Sans oublier qu’au niveau méditerranéen, le Maroc occupe la 2ᵉe place en matière de biodiversité et la 1ᵉ place en termes d’endémisme (espèces d’origine locale). Toutefois, la sécheresse représente un frein pour atteindre notamment un taux de réussite du reboisement de 60%. Celui-ci se situe actuellement aux environs de 50%.

Goutte-à-goutte et tourbe végétale

« Sur 85% du territoire national, les précipitations des cinq dernières années ont accusé un déficit moyen compris entre 15% et 45% par rapport aux moyennes annuelles », nous explique l’ANEF. Dès lors, la problématique de la sécheresse se pose pour les forêts, mais aussi au niveau de l’eau destinée à irriguer les plants qui sont en mal de croissance.

« Avant les derniers épisodes de sécheresse, l’irrigation des nouveaux plants n’était pas nécessaire pour garantir leur croissance. Aujourd’hui, la donne a changé et l’irrigation est devenue capitale pour le reboisement », assure à Médias24 Abderrahim Houmy.

« Auparavant, l’irrigation des nouveaux plants dépendait principalement de la pluviométrie, au point que les plantations n’étaient réalisées que dans les régions qui avaient atteint un cumul pluviométrique satisfaisant. Autrement, on devait attendre que les conditions climatiques s’améliorent », explique-t-il.

Mais ce temps semble révolu. Du moins après six années de sécheresse consécutives. Car, de nos jours, « l’arrosage des plants est devenu indispensable », assure notre interlocuteur. À ce titre, une technique d’irrigation, appelée Water Box, a été introduite afin d’assurer la croissance des plants de manière économe.

« La Water Box est utilisée depuis deux ans. C’est une technique d’irrigation économe en eau d’arrosage à travers le goutte-à-goutte. Elle est appliquée sur 1.000 ha actuellement. Et en 2025, elle le sera sur 900 ha supplémentaires ». Concrètement, la Water Box favorise la croissance des plantes dans des environnements arides ou soumis à des stress hydriques. Elle se base sur :

– La récupération et le stockage de l’eau via un dispositif en forme de réservoir placé autour du jeune plant. Elle capte l’eau de pluie et réduit son évaporation en la stockant directement autour des racines de la plante.

– Un arrosage ciblé, en libérant lentement l’eau stockée, assurant un apport constant d’humidité aux racines. Cela permet de réduire considérablement les besoins en irrigation.

– La protection des jeunes plants, car elle agit comme une barrière thermique et physique, protégeant les plants des conditions extérieures difficiles (vent, forte chaleur, animaux, etc.).

À cela s’ajoute l’utilisation de la tourbe végétale qui semble plus adaptée aux nouvelles conditions climatiques, en comparaison à la terre végétale. En termes de contrôle et de suivi des sols et des plantations, des drones sont utilisés afin de permettre une collecte précise des données. 

Par ailleurs, des mesures d’incitation auprès de la population sont instaurées afin de préserver les superficies reboisées d’autres activités, pastorales notamment. Cela passe par la compensation de mise en défens. « Pour reboiser, il faut protéger les superficies en compensant les populations sur le droit d’usage, notamment pour le pâturage”, souligne Abderrahim Houmy.

En détail, les superficies concernées par cette protection ont atteint, en 2024, 76.400 hectares. Une enveloppe budgétaire de 40 MDH a été nécessaire pour protéger 570 périmètres. Pour 2025, ce sont 86.000 ha (49 MDH) et 800 périmètres qui seront concernés par cette mesure.

L’ANEF enquête sur la coupe illégale de 36 pins d’Alep à El Jadida

Dans un communiqué, l’Agence indique qu’elle « tient à informer l’opinion publique des mesures immédiates prises pour traiter cette affaire avec la plus grande rigueur ».

Sur la base des premiers éléments de l’enquête, « il a été établi l’implication présumée de quatre personnes, parmi lesquelles figure un cavalier relevant du district forestier de proximité d’Azemmour », ajoute la même source.

A cet effet, l’ANEF a déposé une plainte officielle auprès du Procureur général du Roi à El Jadida, conformément aux dispositions juridiques en vigueur, et travaille en étroite collaboration avec les autorités judiciaires et les services de sécurité pour identifier tous les responsables et garantir qu’ils répondent de leurs actes devant la justice.

L’Agence assure avoir mis en œuvre tous les moyens humains, techniques et logistiques nécessaires pour éclaircir les circonstances de ce délit et prévenir de tels actes à l’avenir.

Elle appelle également les citoyens à collaborer en signalant tout acte illégal touchant les forêts.

Dans la province d’Al Hoceima, le feu de forêt de Jbel Aghendrou totalement maîtrisé

Le feu a été entièrement maîtrisé mercredi à 11 h du matin, a confié à la MAP le directeur provincial de l’ANEF à Al Hoceima, Imad El Khadir, notant que l’incendie a ravagé environ un hectare de massifs forestiers, composés de chênes-verts et d’essences secondaires.

L’intervention rapide des équipes de la direction provinciale de l’ANEF, de la Protection civile, des autorités locales et de la Gendarmerie royale, en plus de certains volontaires de la population locale, a permis de circonscrire rapidement le feu de forêt et d’empêcher sa propagation, en raison du vent.

Les équipes d’intervention, composées de plus de 40 membres, ont déployé deux véhicules appartenant à l’ANEF, un camion-citerne de la Protection civile, ainsi que trois véhicules de la Gendarmerie royale, des forces auxiliaires et des autorités locales (un chacun).

Par ailleurs, les équipes de l’ANEF continuent de surveiller le site pour éviter que l’incendie ne se déclenche à nouveau, tandis qu’une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de l’incendie.

(Avec MAP)