Face à l’anarchie médiatique, l’ANME appelle à une régulation « plus ferme »

Dans un communiqué, l’ANME souligne l’émergence de « pratiques dangereuses qui fragilisent la profession » : l’usurpation du statut de journaliste, la normalisation du sensationnalisme, et la confusion entre journalisme et création de contenu sur les réseaux sociaux.

Elle alerte sur la montée d’un climat où l’information rigoureuse et encadrée cède la place à une anarchie médiatique alimentée par la recherche effrénée d’audience et de profit.

Face à ces dérives, l’Association appelle à un encadrement législatif plus strict et à un renforcement des réglementations existantes afin de lutter contre la prolifération des contenus trompeurs. Elle insiste sur la distinction essentielle entre les médias professionnels, soumis à des obligations légales et éthiques, et certains créateurs de contenu qui exploitent les plateformes numériques à des fins lucratives, souvent en contournant les règles fiscales et déontologiques.

L’ANME salue également les efforts des autorités en matière de régulation du secteur, notamment à travers le travail de la commission provisoire pour la gestion des affaires du secteur de la presse et de l’édition. Elle appelle enfin à une mobilisation collective des institutions et de la société civile pour protéger le droit du public à une information fiable et de qualité.

Carte des stades : le seul et unique document autorisant les journalistes à accéder aux enceintes sportives

La Ligue nationale de football professionnel (LNFP) et l’Association nationale des médias et des éditeurs (ANME) renforcent leur engagement envers les professionnels des médias sportifs en lançant une initiative majeure : la « Carte des Stades ». Cet outil a pour objectif d’améliorer les conditions de travail des journalistes et photographes professionnels dans les stades marocains, indique un communiqué conjoint.

Avec la « Carte des Stades », la LNFP cherche à garantir un environnement de travail adapté aux besoins des professionnels des médias. Cet outil leur permettra d’exercer leurs missions dans des conditions optimales, facilitant ainsi la couverture des compétitions sportives, ajoute la même source.

L’instauration de cette mesure est déjà en vigueur, d’après les deux organisations.

Une nouvelle « carte des stades » délivrée aux journalistes pour couvrir les matchs de la Botola

À partir de la prochaine journée de la Botola, les journalistes et correspondants des institutions médiatiques, détenteurs de la carte professionnelle délivrée par le Conseil national de la presse, pourront couvrir les rencontres du championnat national, munis de leur « carte des stades ».

Cette carte, personnelle et à usage unique, est dotée d’une puce RFID et est impossible à falsifier. Elle vise essentiellement à mieux organiser la couverture médiatique des matchs de la Botola et à améliorer les conditions de travail des journalistes sportifs.

« Nous vivons aujourd’hui un moment historique et décisif pour unifier les rangs dans le secteur du journalisme sportif et organiser le secteur », a déclaré Driss Chahtane, président de l’Association nationale des médias et des éditeurs (ANME), lors de la cérémonie marquant le lancement officiel de la carte des stades.

Selon ce dernier, le secteur de la presse en général est en proie à un « chaos généralisé », et le domaine du journalisme sportif est infiltré par des personnes n’ayant aucun lien avec la profession. « Nous devons mettre fin à toute forme de désordre, de laisser-aller, et aux intrus qui profitent de ce secteur ».

Le président de l’ANME a rappelé que « la carte des stades » est délivrée uniquement aux journalistes détenteurs de la carte professionnelle de la presse, afin d’assurer une couverture médiatique professionnelle des matchs de la Botola et lutter contre des pratiques qui nuisent à la profession.

De son côté, Youness Bassour, chef de la cellule organisant l’entrée des journalistes dans les stades, a indiqué que l’association a reçu plus de 1.308 demandes provenant de différentes villes marocaines, et que la carte des stades a été accordée à 249 journalistes professionnels, dont 27 femmes et 222 hommes. De plus, 134 cartes ont été attribuées aux photographes professionnels.

Le président de la Commission provisoire de gestion des affaires de la presse et de l’édition, Younes Mjahed, a quant à lui affirmé que cette initiative mérite d’être encouragée pour organiser le secteur du journalisme sportif, ajoutant que la question de l’organisation a été soulevée à de nombreuses reprises.

Au terme de cette rencontre, les « cartes des stades » ont été remises à leurs détenteurs qui pourront s’en servir dès la prochaine journée de la Botola.

AG de l’ANME : appel à une réforme urgente pour redynamiser la presse marocaine

L’Association nationale des médias et des éditeurs (ANME) a tenu, le vendredi 20 septembre, son assemblée générale ordinaire annuelle. Cette rencontre a permis de faire le point sur les défis auxquels le secteur de la presse est confronté, mais aussi sur les réformes nécessaires pour assurer son développement à l’approche des grands événements internationaux, notamment la Coupe du monde 2030.

Lors de cette rencontre, Fatima Ouriaghli, vice-présidente de l’ANME, a souligné que cette assemblée « est l’occasion de revenir sur les nombreux problèmes qui affectent la presse nationale ». « Plusieurs chantiers sont déjà ouverts par l’ANME pour pallier ces problèmes, mais les défis restent encore nombreux et de taille ».

Mokhtar Laghzioui, secrétaire général de l’ANME, a présenté un rapport moral retraçant les quatre années d’existence de l’association. Créée à un moment critique de l’histoire des médias au Maroc, l’ANME est née en plein cœur de la crise sans précédent provoquée par la pandémie de Covid-19, qui avait d’ailleurs failli condamner le secteur à la disparition, souligne le communiqué de l’ANME. Malgré sa jeunesse, l’association a réussi à mettre en place des mesures cruciales, telles que la garantie du maintien des rémunérations des salariés de la presse, un effort porté avec détermination par Driss Chahtane, président de l’ANME, note la même source.

Par ailleurs, Mokhtar Laghzioui a rappelé qu’à l’aube de grands événements comme la Coupe du monde 2030, une question cruciale se pose : la presse nationale est-elle aujourd’hui suffisamment outillée pour faire face à des défis d’une telle envergure ? Il a insisté sur l’urgence de restructurer en profondeur la presse sportive, en citant l’exemple des lacunes observées lors de la couverture du Mondial du Qatar 2022, où des comportements non professionnels ont été relevés. Un effort particulier doit être fait sur la formation, tant en matière de compétences rédactionnelles que communicationnelles, afin de rehausser le niveau général avant les grandes échéances internationales.

Situation financière

La question des finances a été abordée par Khalid El Horri, trésorier de l’ANME, qui a détaillé la situation financière de l’association. La trésorerie actuelle s’élève à 3,42 millions de DH, contre une trésorerie initiale de 6,38 millions de DH. Les dépenses d’exploitation annuelles ont atteint 5,38 millions de DH, un montant largement soutenu par une aide du ministère de tutelle, détaille l’ANME.

L’ANME a pu dégager un excédent net de 1 million de DH, destiné au financement de formations linguistiques pour les journalistes, une initiative visant à renforcer leurs compétences en communication, particulièrement à l’international. Khalid El Horri a également mentionné les opérations de change effectuées lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations (CAN), permettant à l’association de récupérer 210.000 DH en euros.

De son côté, Abdelmounaim Dilami, président d’honneur de l’ANME, a salué l’évolution de l’association, qui « s’adapte aux mutations profondes du contexte social, économique et politique ». « L’ANME permet aujourd’hui au secteur de s’exprimer d’une seule voix, en mettant de plus en plus l’accent sur l’éthique et les valeurs morales », a-t-il indiqué, soulignant le « dynamisme du président Driss Chahtane dans la résorption des problèmes du secteur ».

Faiblesse structurelle

À son tour, Younes Moujahid, président du Conseil national de la presse, a évoqué l’un des aspects critiques de la crise actuelle : la faiblesse structurelle des entreprises de presse. Il a souligné l’importance de restructurer ces entités pour garantir le respect des règles déontologiques, comme l’absence de plagiat et le professionnalisme. « Seule une presse forte et professionnelle pourra résoudre les problèmes auxquels est confronté le secteur dans son ensemble, mais cela nécessite un engagement politique ferme et rigoureux », a-t-il ajouté. Le passage abrupt à la presse numérique a été un autre point de discussion, avec des effets néfastes sur le secteur. « La société attend une presse professionnelle, responsable et auto-organisée », a-t-il insisté.

Abdelkabir Akhchichen, président du Syndicat national de la presse marocaine, a dénoncé la précarité sans précédent qui touche le secteur. Il a plaidé pour une refonte du cadre légal afin de combattre la médiocrité, tout en rappelant que le syndicat et l’ANME sont des alliés de premier plan dans cette bataille pour l’amélioration des conditions de travail des journalistes. « Nous continuerons à militer pour garantir un soutien étatique permanent à la presse nationale », a-t-il déclaré avec conviction.

Abdellah El Bakkali, président du Conseil de la carte de presse, a exprimé son inquiétude face à la prolifération de faux journalistes. Selon lui, 40% des cartes de presse actuelles ont été attribuées à des individus qui ne remplissent pas les critères professionnels. Il a insisté sur l’urgence de définir clairement ce qu’est une entreprise de presse, et de mettre fin à la multiplication des entités fictives. « L’année 2025 sera cruciale pour l’avenir de la presse nationale. Nous devons stopper l’hémorragie définitivement ».

Driss Chahtane, président de l’ANME, a clôturé l’assemblée en rappelant la gravité de la situation. « Nous, journalistes professionnels, sommes devenus minoritaires dans notre propre secteur », a-t-il déploré, dénonçant l’influence croissante des « faux journalistes » et des influenceurs qui s’auto-proclament journalistes sans respect des normes professionnelles. Il a souligné l’importance de l’intervention de l’ANME pour redonner à la presse marocaine son prestige d’antan. « Nous allons travailler d’arrache-pied pour instaurer un cadre légal fort et efficace, et implémenter des entreprises de presse solides et structurées ».

Il a également annoncé que des réformes concernant l’octroi du soutien financier de l’État aux entreprises de presse seront bientôt publiées, avec des critères renforcés pour s’assurer que seules les entreprises véritablement structurées puissent en bénéficier.

Le SNPM et l’ANME poursuivent leurs efforts pour mettre à niveau le secteur de la presse

Consacrée à la discussion des affaires du secteur et de ses nouveautés, la réunion fut l’occasion d’avoir un débat approfondi sur les conditions actuelles du secteur, les mesures prises pour le soutenir, ainsi que les étapes futures concernant la structuration du système juridique, précise un communiqué.

Ainsi, le SNPM et l’ANME ont annoncé avoir pris cinq engagements communs :

– Premièrement : poursuivre le travail conjoint sur toutes les questions concernant le secteur, et intensifier les réunions afin d’accélérer le système de mise à niveau du secteur de la presse et de l’édition, tant sur le plan juridique que structurel, afin de surmonter leur fragilité et parvenir à asseoir un environnement médiatique sain, sûr et compétitif.

– Deuxièmement : soutenir l’élément humain, considéré comme la pierre angulaire de toutes les étapes et mesures de réforme du secteur, et adhérer à toutes les mesures soutenant cette orientation.

– Troisièmement : poursuivre l’application des contenus de l’accord conjoint signé le 16 février 2023 au siège du ministère de la Jeunesse et de la culture à Rabat, qui prévoient une augmentation nette des salaires des journalistes de 2.000 DH répartis sur deux ans, et 1.000 DH pour les salariés indiqués dans l’accord. La première partie de ces augmentations devaient être mises en application trois mois après la signature de l’accord et la deuxième à la fin du mois de mai prochain, selon les termes de l’accord conjoint.

– Quatrièmement : finaliser la discussion des axes et des clauses de la convention collective devant régir le secteur de la presse et de l’édition à travers des rencontres, dans le but d’atteindre une formule consensuelle devant garantir à la fois la stabilité aux professionnels et la qualité de leur production.

– Cinquièmement : les deux organismes expriment leur ferme engagement dans la révision du cadre juridique régissant les secteurs de la presse et de l’édition, et appellent à accélérer ce processus afin d’instaurer un environnement juridique qui contribuera à un développement réel et global des deux secteurs.

L’ANME solidaire de son président Driss Chahtane face à des propos diffamatoires

En s’attaquant à Driss Chahtane, Ali Mrabet ne s’est pas limité à la personne de ce dernier en tant que directeur de publication, mais aussi en tant que président de l’Association nationale des médias et éditeurs (ANME). Il a également accusé la presse marocaine de tremper sa plume dans l’encrier des « services ».

Dans un communiqué, l’ANME affirme que son président n’a pas été arrêté et condamne fermement cette attaque « ignoble » contre son président.

Ces allégations constituent une « attaque mesquine à l’encontre de notre association et de notre président, visant publiquement une institution soumise à la loi et représentant des dizaines de sites web, journaux et stations de radio. Ce comportement est intolérable en toute circonstance », conclut l’ANME.

Rachid Niny, nouveau président de l’Association nationale des médias et de l’édition

La démission de Abdelmounim Dilami a été approuvée par les membres du bureau exécutif de l’Association nationale des médias et de l’édition (ANME), précise cette dernière dans un communiqué publié ce mardi 8 février.

Conformément au règlement interne de l’association, la présidence a été confiée au premier vice-président, Rachid Niny, qui occupera ce poste jusqu’à la fin du mandat du bureau actuel, fixé à trois ans.