Argane : un patrimoine marocain sous emprise étrangère ?

Les réseaux sociaux se sont récemment emparés d’un sujet sur lequel Médias24 a alerté en 2023 à travers une enquête publiée en quatre épisodes : Argane. Hold-up sur un patrimoine national.

« Marocains, Marocaines, notre trésor national est en train de nous être volé sous nos yeux ! Une multinationale française, Olvea Group, Olvea Morocco a réussi à évincer nos coopératives féminines du marché de l’huile d’argan. Ces femmes, qui perpétuent un savoir-faire ancestral depuis des générations, se retrouvent aujourd’hui écartées par des pratiques injustes et prédatrices », écrit MoorishRbati sur X.

L’écrivaine et essayiste France Colle s’empare du sujet et fait une vidéo et s’interroge : « Pourquoi déposséder certaines femmes marocaines de leur travail ? »

Le sujet est en réalité plus complexe. Nous avons consacré une série d’articles à ce sujet pour mettre en lumière un patrimoine national qui attise des appétits de tous bords dans un secteur où se mêlent intérêts économiques, dispositions légales et équilibres sociaux.

L’enquête de Medias24 révélait plusieurs volets où ce patrimoine marocain ancestral profite à des étrangers au détriment des populations locales ou de l’économie marocaine.

Des importateurs qui contrôlent toute la chaîne au Maroc

La faible valorisation sur le marché marocain laisse très peu de valeur ajoutée aux producteurs marocains. L’huile d’argan pure locale est vendue par les producteurs à un prix bien inférieur à sa valeur marchande sur le marché international.

La principale cause de cette faible valorisation est la mauvaise évaluation en amont de la structure des coûts dans la chaîne de valeur nationale, en plus de la défaillance de gouvernance de la filière, ce qui profite au principal acteur privé de la filière au Maroc.

« Les coopératives vendent leur production au prix de revient ou parfois même à perte, car elles ont des contrats avec des clients. C’est le cas à l’Union des coopératives féminines de l’arganeraie : nous avions un contrat avec un client et nous avons été obligées de vendre à perte pendant pratiquement une année », nous expliquait Jamila Idbourrous, directrice de l’Union des coopératives féminines de l’arganeraie (UCFA), qui regroupe plus d’une vingtaine de coopératives réparties dans les six provinces de l’arganeraie.

Notre enquête révélait que le plus gros de l’huile d’argan exportée dans le monde transite par un groupe français, Olvea. On estime à 70% la quantité en volume écoulée par ce groupe sur le marché international.

Le contrôle en amont et en aval de la chaîne de valeur confère à cet opérateur français le quasi-monopole, comme le révèle un rapport de l’IPD (le Bureau de la promotion des importations en Allemagne) sur l’exportation de l’huile d’argan vers l’Europe. On peut y lire : « Dans le cas particulier de l’huile d’argan marocaine, une part de marché importante est détenue par des importateurs qui contrôlent toute la chaîne d’approvisionnement dans le pays d’origine, depuis la production de l’huile jusqu’à la distribution. C’est le cas, par exemple, de l’entreprise française Olvea. Ces entreprises ont une influence importante sur la disponibilité du produit, les prix du marché et sont des concurrents redoutables pour les petits exportateurs et coopératives. Notons aussi, dans le cas de l’huile d’argan, l’influence importante en amont de la chaîne de valeur des négociants et traders qui achètent et entreposent des quantités d’amandons qu’ils revendent au gré des fluctuations du marché ».

Dans cette enquête, l’ancien président de l’Association marocaine de l’indication géographique de l’huile d’argane (AMIGHA), estime que « seuls 5% environ de la valeur ajoutée de la filière profitent au Maroc. Le reste est réparti entre les intermédiaires et les revendeurs ».

Une source au sein d’une coopérative locale nous confiait sans ambiguïté : « Le groupe français définit à lui seul l’avenir de la fédération interprofessionnelle FIFArgane. À chaque fois qu’il y a un contentieux, c’est systématiquement le parti de la multinationale qui l’emporte, et ce, à cause de son poids dans la production nationale ».

L’argan n’a toujours pas le statut d’indication géographique protégée

Notre enquête se penchait aussi sur l’aspect réglementaire. Sur le tard, les producteurs et productrices de l’huile d’argan se sont regroupés en coopératives, au début des années 2000, dans le but à la fois de promouvoir leur savoir-faire et de profiter de la valeur que les marchés occidental et local accordaient à cette denrée.

Mais cette conquête espérée des marchés internationaux a été confrontée à l’impossibilité d’utiliser le nom ‘Argane’, celui-ci étant la propriété du laboratoire français Pierre Fabre. Ce dernier a procédé à l’enregistrement de la marque ‘Argane’ dès l’année 1983.

Une bataille judiciaire enclenchée en 2013 entre deux entreprises françaises pour l’usage du terme « Argane » comme marque commerciale relance l’espoir des coopératives marocaines. Dans ce dossier, la justice française a considéré que le terme ‘Argane’ renvoyait au nom générique d’un arbre fruitier endémique du sud du Maroc et de l’Algérie, et qu’il ne pouvait de fait y avoir d’exclusivité quant à son utilisation.

Ainsi, les coopératives marocaines peuvent utiliser l’appellation ‘Argane’, mais sans présenter aucune garantie quant à la protection de l’indication géographique. Pour cela, une autre bataille juridique doit être engagée.

En mai 2024, Jamila Idbourouss nous expliquait que, s’agissant de l’indication géographique protégée, le dossier fait actuellement l’objet d’une réforme du cahier des charges. « Au cours de ces dix années, il y a eu des changements de versions et des changements de standards, en plus du défaut de reconnaissance de l’organisme certificateur par les instances internationales ».

« L’implication des institutions nationales, dont le ministère de l’Agriculture, est nécessaire pour protéger l’appellation Argane à l’échelle nationale et internationale », concluait-elle.

La SAPST célèbre la Journée mondiale de l’arganier

L’arganier, symbole de la richesse et de la biodiversité du Royaume, joue un rôle crucial dans l’économie et le développement rural du pays. Son huile précieuse, reconnue pour ses propriétés cosmétiques et culinaires exceptionnelles, est une source de revenus importante pour les populations locales, notamment les femmes.

Consciente de l’importance de cet arbre précieux, la SAPST « a entrepris plusieurs initiatives visant à sa préservation et à sa valorisation », précise-t-on dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée mondiale de l’arganier. Parmi ces initiatives figurent notamment « la mise en place du centre Targant pour un investissement de 30 millions de DH, inauguré en 2022 sur les hauteurs de la station touristique Taghazout Bay ».

Targant : Un havre de découverte et de gastronomie

Situé au cœur de la baie de Taghazout à moins de 20 km d’Agadir, Targant est un véritable havre de découverte et de gastronomie. Ce complexe unique offre une immersion totale dans l’univers de l’argan, à travers un musée –le premier musée de l’Argan au monde– retraçant son histoire et ses usages, une unité de production permettant d’observer le processus de fabrication de l’huile d’argan, une boutique proposant une large gamme de produits dérivés de l’argan et un centre d’activité dédié à l’organisation d’ateliers et de formations.

Ces actions « ont bénéficié à 18.000 femmes depuis la création de Targant, pour une production moyenne de 150 – 200 L/jour« , poursuit la même source. Par ailleurs, le Targant participe régulièrement aux foires et manifestations internationales de renom à Londres, Berlin et Washington, tout en étant largement distribué à travers le Maroc, notamment en collaboration avec des entités prestigieuses telles que les hôtels composant la station de Taghazout Bay.

Pour les amateurs de saveurs culinaires, Targant propose également « un restaurant raffiné où une gastronomie marocaine et internationale revisitée avec les produits terroirs est mise à l’honneur. »

L’exploitation de Targant a été gracieusement confiée à la Fondation du Sud, cette dernière ayant accordé sa gestion à un opérateur privé, rappelle la SAPST. « Les revenus issus de la gestion du centre sont reversés à la Fondation pour mener des actions solidaires ».

Grâce aux efforts conjugués de la SAPST, de la Fondation du Sud et des communautés locales, les arganeraies marocaines sont aujourd’hui mieux protégées et valorisées. L’huile d’argan Targant, « produite dans le respect des normes environnementales et sociales les plus strictes, est reconnue comme une référence de qualité dans le monde entier ».

Comment démarre la campagne agricole dans le Souss-Massa, région phare de production et d’exportation

La région Souss-Massa dispose d’un vivier agricole aussi riche que diversifié, étalé sur plus de 460.000 hectares de surface agricole utile, répartie entre environ 120.000 exploitations. Les agrumes et le maraîchage représentent les principales productions agricoles. Des filières dont les résultats étaient en recul lors de la campagne précédente à cause d’une pluviométrie en berne.

L’actuelle campagne 2023-2024 démarre quant à elle sous de meilleurs auspices. « Jusqu’au 7 novembre, le cumul pluviométrique moyen enregistré dans la région Souss-Massa s’élève à 19 mm contre 16 mm enregistrés à la même date de la campagne précédente, soit une amélioration de 17%, et de 9% par rapport à la moyenne régionale », indique à Médias24, la Direction régionale de l’agriculture (DRA) de Souss-Massa. 

Un programme d’assolement diversifié 

L’une des spécificités de la région Souss-Massa réside dans un assolement diversifié. Outre les agrumes et le maraîchage d’automne et d’été, on y cultive également des cultures céréalières et fourragères. À cela s’ajoutent des produits spécifiques à la région, comme le safran. Sans oublier la production animale.  

Comme de coutume lors du lancement d’une campagne agricole, commençons par les céréales. La superficie programmée est limitée en comparaison à d’autres régions (89.950 ha), pour une production prévisionnelle d’environ 770.000 quintaux. « Actuellement, les agriculteurs ont lancé l’opération d’emblavement », affirme la DRA de Souss-Massa. 

Poivron, tomate ronde ou segmentée… Les zones agricoles de Souss-Massa sont l’un des piliers de la filière maraîchère de primeurs. Une bonne ou une mauvaise campagne agricole aura des répercussions sur le plan national et international. 

À ce titre, la production prévisionnelle pour la campagne 2023-2024 est estimée à 1.709.019 tonnes (dont 1.111.600 t de tomates) pour une superficie de 23.158 ha (dont 7.400 ha de tomate). Plus en détail, les prévisions et les programmes d’assolements maraîchers s’établissent comme suit :  

– Le maraîchage d’été : La production prévisionnelle est de 862.795 t, pour une superficie de 6.860 ha. À ce jour, 89% du programme a été réalisé (6.085,5 ha) ; 

– Le maraîchage d’automne : La production attendue est de 846.224 t, pour une superficie de 16.298 ha. À ce jour, 12.640,5  ha ont été réalisés (dont 7.003 ha de tomate ), soit 97% du programme. 

Au-delà des produits maraîchers, les agrumes représentent une culture phare dans la région. Pour la campagne agricole 2023-2024, « une production de 428.000 t est attendue pour une superficie de 39.600 ha », souligne la DRA de Souss-Massa. 

Plus d’un million de têtes recensées

Essentielles à l’alimentation des animaux, les cultures fourragères sont également cultivées dans la région de Souss-Massa. À l’issue de cette campagne, la production prévisionnelle est estimée à 1.345.850 t, « sur une superficie programmée de 23.235 ha, soit un rendement moyen de 58 t/ha », précise la DRA. »35% du programme des cultures fourragères a été réalisé, soit 8.189 ha (60% de luzerne et 40% de maïs fourrager) », ajoute la même source.

Bien que la superficie des parcours s’élève à 3.526.111 ha, les cultures fourragères demeurent capitales en vue de nourrir un cheptel dont l’effectif global s’élève à 2.193.853 têtes dans la région, dont : 

– les bovins : 165.721 têtes ; 

– les ovins : 1.057.977 têtes ; 

– les caprins : 967.155 têtes.

Lors de la dernière campagne, la production des viandes rouges était de 31.618 t, soit + 17%  par rapport à la précédente (27.000 t). 

Concernant la filière apicole, elle est dépendante de 142.675 ruches, dont la production de miel s’est établie lors de la dernière campagne à 1.000 t, en recul de 23% par rapport à la précédente (1.300 t). 

Des subventions pour réduire l’impact de la sécheresse

Afin de mener à bien la campagne agricole 2023-2024, plusieurs mesures ont été prises dans la région de Souss-Massa. Des mesures impulsées par le ministère de l’Agriculture, comme c’est le cas dans l’ensemble du Royaume.

Elles se déclinent comme suit : 

– Mobilisation de 20.200 q de semences de céréales sélectionnées (50% pour le blé tendre, 42% pour le blé dur et 8% pour l’orge) mis à la disposition des agriculteurs au niveau de 11 points de vente. Plus de 2.600 q ont été commercialisés. 

– En matière d’engrais, quatre centres de relais sont mobilisés. 13% de la quantité allouée (300.600 q) a été commercialisée, soit 40.079 q.

– Pour ce qui est des subventions des semences et plants des principales espèces maraîchères, la tomate ronde a un plafond de 70.000 DH/ha. Le plafond de la pomme de terre est de 15.000 DH/ha, contre 5.000 DH/ha pour l’oignon. 

– Une dotation régionale en orge subventionnée de 182.000 q est mobilisée, dont 47% déjà livrés au profit de 6.727 bénéficiaires. À cela s’ajoute une dotation régionale en aliments composés de 476.600 q, dont 97% déjà livrés au profit de 29.362 bénéficiaires.

Enfin, les quantités de produits agricoles exportées à partir de la région de Souss-Massa s’établissent comme suit : 

– Agrumes : 1.426 t, dont 70% de petits fruits ; 

– Produits maraîchers : 67.860 t, dont 60% de tomate ;  

– Huile d’argan : 45 t ;  

– Safran : 22 kg.

Les femmes des forêts marocaines : entre pénibilité, exploitation et lutte pour l’autonomie économique

« Heureusement que mon mari travaille. Autrement, il aurait été difficile de subvenir aux besoins de ma famille toute seule », nous explique, avec une émotion non dissimulée, une femme qui dirige une coopérative spécialisée dans la production de produits d’argan dans la région de Souss-Massa. 

À son image, elles sont nombreuses à regretter l’époque pas si lointaine où l’exploitation des fruits d’argan permettait d’acquérir une indépendance financière. De nos jours, la sécheresse est un frein majeur à l’autonomisation des femmes dans les zones forestières.

Il semble en effet hypothétique d’améliorer la condition d’une population qui dépend des forêts sur le plan pécuniaire, surtout quand les ressources de ces dernières sont en proie au caprice du climat. Et même si les conditions climatiques redevenaient par miracle favorables, l’amélioration du niveau de vie des femmes est freinée par un contexte social où l’homme est plus que jamais mis sur un piédestal. La femme travaille dans des conditions de pénibilité extrême, pendant que l’homme en cueille les lauriers. 

Des services et biens valorisés à 17 milliards de DH par an 

Le secteur forestier du Royaume couvre neuf millions d’hectares. « C’est un réceptacle essentiel de la faune et de la flore naturelle du pays », précise l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF). Sur le pourtour méditerranéen, le Maroc occupe ainsi la 2e place en termes de biodiversité et la 1re en matière d’endémisme. 

Le couvert forestier marocain est également un espace de vie pour plus de 7 millions d’usagers et 3 millions de femmes. Les biens et services de ce couvert forestier sont valorisés par l’ANEF aux alentours de 17 milliards de DH par an. Remparts contre la désertification, les forêts marocaines sont ainsi garantes d’équilibres socio-économiques, dont les fondements s’appuient cependant sur un déséquilibre qui ne date pas d’hier. 

 

Les résultats d’un diagnostic détaillé sur les enjeux du genre dans le secteur forestier, réalisé par l’ANEF dans trois régions représentatives (l’Oriental, Fès-Meknès et Souss-Massa), corroborent ce constat. Il en ressort la présence quasi permanente des femmes à tous les niveaux de gestion des produits forestiers, de la préservation à la commercialisation.

Mais si les produits forestiers sont cruciaux pour le revenu et l’autonomisation des femmes, l’accès aux capitaux, à l’information et leur participation à la prise de décision restent limités. En outre, les femmes assument des fonctions importantes et productives mais sous-estimées et peu valorisées en employabilité. « Ce sont des ouvrières très mal payées », résume Mohamed Mahdi, professeur de sociologie rurale. « La grande partie de la plus-value réalisée est réservée aux exploitants », déplore-t-il.

Dire d’une femme qu’elle est hadga est la meilleure façon de l’exploiter

On pourrait croire que le métier de la forêt et du bois est l’une des professions associées aux hommes. Pourtant, ce sont les femmes qui accomplissent ces tâches le plus souvent. L’étymologie du terme hadga en est la preuve implacable. « Dire d’une femme qu’elle est hadga est la meilleure façon de l’exploiter », souligne Mohamed Mahdi. 

« Dans le Haut Atlas où il fait très froid, la femme hadga est celle qui a des réserves de bois exposées devant chez elle. Un bois qu’elle a récolté pendant l’été, à raison de deux à trois fois par semaine, en prévision de l’hiver et de la neige », poursuit-il.  

Si les butanes de gaz dispensent aujourd’hui les femmes de la récolte du bois, la pénibilité de leurs conditions dans les zones forestières est toujours d’actualité. Certes, l’activité des femmes dans les forêts a été profondément structurée grâce au Plan Maroc vert. Cependant, cette stratégie n’a pas réussi à diminuer les disparités entre les hommes et les femmes. 

Dans le Haut Atlas central, l’exploitation des forêts est organisée sous forme de coopératives. Idem dans l’arganeraie du Souss et dans les forêts de l’alfa et de l’armoise dans l’Oriental. L’exploitation du caroubier est elle aussi conditionnée par une forme d’agrégation. Le pendant de cette forme d’exploitation collective des ressources forestières réside dans une sorte de discrimination à l’égard des femmes. 

Par exemple, les hommes sont sollicités pour faire tomber les caroubes, du fait de la pénibilité de la tâche. Cela dit, « les fruits sont ramassés par les femmes qui les mettent dans des sacs avant de les transporter sur leur dos. Mais comme le caroubier est rentable, c’est l’homme qui conserve l’argent gagné », précise Mohamed Mahdi.  

Un revenu dont une majeure partie échappe donc aux bourses des femmes, et dont la pérennité est menacée par la sécheresse et la déperdition des ressources. Cette situation complique davantage son autonomisation. Or la réalisation de cet objectif est étroitement liée à la disponibilité, en quantités suffisantes, des ressources exploitables. 

À cause de la sécheresse, la femme retrouvera de l’importance, car les hommes chercheront à compenser la perte des revenus issus de certaines activités forestières en cherchant du travail dans les villes. Mais cette prise de pouvoir n’aura pas d’impact significatif si les ressources sont épuisées. Un cercle vicieux que l’ANEF tente d’enrayer à travers plusieurs projets : 

– le projet FERMA (Femmes résilientes au Moyen Atlas), d’un montant de 80 MDH, et le projet COPFAM (Autonomisation économique des femmes), d’un montant de 61 MDH, soutenus par la coopération canadienne à travers la Société canadienne de coopération pour le développement international (SOCODEVI) ; 

– le Projet Green Jobs (Promotion des emplois verts pour les jeunes en zones rurales et de montagnes), afin de renforcer la durabilité environnementale et de contribuer au développement économique et social des zones forestières. D’un montant de 61 MDH, il est appuyé par l’Agence de coopération internationale allemande (GIZ) ;

– le Programme Ghabati Hayati (Ma forêt, ma vie). D’un montant de 1 MMDH, financé par l’Agence française pour le développement (AFD) ; 

– le projet Activités de pleine nature au service de la biodiversité du Parc national d’Ifrane, d’un montant de 20 MDH, financé par le Fonds français de l’environnement mondial ;

– le Programme « Al Ard Al Khadraa » (Terre Verte), d’un montant de 1,2 MMDH, financé par l’Union européenne. 

Comment le Maroc a métamorphosé ses coopératives agricoles

Le Plan Maroc vert a totalement métamorphosé l’écosystème des coopératives agricoles. La stratégie Génération Green entend poursuivre sur cette lancée. De nos jours, 70% des coopératives du pays sont de nature agricole. Le secteur compte plus de 20.000 coopératives contre 4.000 en 2008. Néanmoins, cette croissance est par moment freinée par des conditions climatiques défavorables et une gestion perfectible. 

Sur le papier, une coopérative agricole prend la forme d’une entreprise collective. Elle permet à ses membres de mutualiser les moyens de production, d’optimiser les coûts d’acquisition des intrants et de rendre possible des investissements qui seraient hors de portée individuellement. 

Ce type de structure ouvre les portes de nouveaux marchés et permet de créer des enseignes commerciales. Tout un programme pour lequel le Maroc a initié plusieurs mesures d’accompagnement sur le volet humain, mais aussi en termes de valorisation des produits du terroir, dont certains sont uniques. 

A commencer par la convention qui porte sur la mise en place et l’exécution d’un programme national visant à accélérer la création et le développement de coopératives agricoles nouvelle génération. Cette convention, signée lors du lancement du Plan Maroc vert, a été reconduite en 2021,  pour accompagner l’implémentation de la nouvelle stratégie agricole Génération Green (2020-2030). 

« Les efforts d’accompagnement et de structuration ont permis de créer des coopératives agricoles, favorisant ainsi l’intégration des agriculteurs dans les chaînes de valeur. Plusieurs centaines de ces coopératives étaient présentes lors de la 15e édition du Salon de l’agriculture (SIAM), qui s’est récemment tenu à Meknès », se félicite Mahjouba Chkail. 

Pour Médias24, la directrice du développement de la commercialisation des produits du terroir au sein de l’Agence pour le développement agricole (ADA) revient sur les mesures d’accompagnement et les perspectives de développement des coopératives agricoles. 

3.000 coopératives identifiées 

Les coopératives agricoles garantissent une plus grande intégration dans le marché national et international. Elles sont également un des créneaux privilégiés pour encourager le développement de l’entrepreneuriat des jeunes ruraux. Les efforts d’accompagnement et de structuration des acteurs ont permis de créer plus de 10.000 coopératives agricoles lors de la dernière décennie, dont une majorité dans les régions de Souss-Massa, Béni Mellal-Khénifra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima. 

Si plus de 20.000 coopératives existent au Maroc, seules 3.000 d’entre elles sont identifiées. « On ne peut accompagner la commercialisation des produits des coopératives que pour les coopératives ayant cette autorisation », avance Mahjouba Chkail. « À cet effet, il y a un travail rigoureux opéré au niveau du ministère de l’Agriculture, en matière de formation et d’accompagnement des coopératives », indique-t-elle. 

« C’est également le cas de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), notamment grâce à la certification sanitaire qui permet à ces structures de mettre leur produit en vente sur le marché, tout en garantissant une bonne qualité aux consommateurs, mais aussi aux sociétés qui souhaitent revendre ces produits. »  

Technique managériale, campagne publicitaire, packaging…

La pérennité du modèle économique d’une coopérative est parfois mise à mal par une gestion où l’amateurisme prime. C’est l’un des principaux obstacles auxquels sont confrontées ces structures. En ce sens, l’ADA accompagne les coopératives à travers plusieurs programmes, « dont un sur la mise à niveau en matière de formation, de technique managériale, de gestion de l’unité et de la coopérative », assure Mahjouba Chkail. 

D’autres programmes sont également mis en place, notamment pour assurer la promotion des produits des coopératives par le biais de campagnes publicitaires et de packaging attrayants. « L’idée est d’exposer les produits du terroir marocain comme une marque collective garantie par l’Etat », souligne-t-elle.    

D’ailleurs, en termes de commercialisation, l’ADA a établi des conventions avec la grande distribution et certains marchés, au niveau national ou international, pour faciliter l’accès aux produits du terroir marocains. « On travaille également en amont pour que ces marchés ne soient pas déçus, que ce soit au niveau de la qualité ou de la disponibilité des produits de manière permanente », affirme Mahjouba Chkail, tout en assurant que c’est le cas des marchés solidaires, dont celui de Casablanca. 

« Ils abritent plus de 200 coopératives, toutes contrôlées en amont et en aval. L’ADA effectue des contrôles inopinés. Des agents se rendent incognito dans ces marchés, en tant que consommateurs, pour analyser le produit destiné au grand public », explique-t-elle. 

Le miel, l’huile d’olive et l’argan dans le top 3 

Grâce à cette structuration, plusieurs filières ont connu une belle croissance ces dernières années, « à l’image du miel et de la filière des céréales, notamment le couscous, et en particulier le couscous El Khoumasi et le couscous El Toulati », développe notre interlocutrice.  

Les filières de l’huile d’olive et de l’huile d’argan représentent une richesse nationale. Idem pour le safran. Ces dernières années, nous remarquons également une évolution positive de la filière des plantes aromatiques et médicinales (PAM) », ajoute Mahjouba Chkail. 

Cela dit, les produits du terroir et les coopératives qui les commercialisent subissent les effets néfastes des derniers épisodes de sécheresse. En conséquence, plusieurs filières marquent un recul en termes de production. Ce qui impacte inévitablement l’activité des coopératives. A l’instar du miel et de l’argan. 

« Nous avons en effet constaté que la sécheresse a touché l’arganeraie. Cela s’est traduit par une hausse du prix de la matière première », admet notre interlocutrice. Une situation problématique, dont les intermédiaires essayent de tirer profit en accaparant de grandes quantités pour les revendre à prix d’or. « Pour limiter ce fléau et augmenter la productivité de cette filière, l’ADA travaille sur l’agrégation de ces coopératives. »

Une agrégation qui va également concourir à la préservation des produits du terroir, dont certains sont estampillés bio. Une appellation extrêmement demandée. « Nous travaillons avec beaucoup de coopératives dont la production est bio par nature, comme l’argan. Actuellement, nous essayons de développer une filière bio d’huile d’olive », annonce Mahjouba Chkail. 

« Il y a aussi d’autres produits bio qui font leur apparition comme les dattes. Cette année, nous avons d’ailleurs signé une convention avec un groupe de grande distribution belge pour l’exportation des dattes bio. »

Une indépendance financière à favoriser

Toutefois, selon plusieurs professionnels, la certification bio est onéreuse, en particulier pour les coopératives naissantes. Son prix avoisine les 20.000 DH par an. « Cette certification est la seule dont le prix est aussi élevé. Par exemple, la certification ONSSA est gratuite », souligne notre interlocutrice. « Cela dit, si la certification bio est onéreuse, c’est parce qu’elle nécessite plusieurs étapes. Mais elle en vaut vraiment la peine, car elle permet aux coopératives d’accéder à des marchés où le bio est très prisé. »  

En outre, les coopératives ne peuvent être indéfiniment soutenues sur le plan financier. « L’idée est d’encourager l’autonomie financières de ces coopératives. Plusieurs d’entre elles réussissent à développer leur activité indépendamment du soutien du gouvernement. Elles favorisent l’intégration des femmes et des jeunes, tout en s’ouvrant à de nouveaux marchés. C’est un modèle que l’on souhaite généraliser », conclut Mahjouba Chkail.

L’exploitation du centre Targant confiée à la Fondation du Sud

A travers cette convention, la Société d’aménagement et de promotion de la station de Taghazout (SAPST), qui a équipé et aménagé le centre Targant, s’engage à participer à la promotion du centre et au suivi des actions sociales menées dans le cadre de son exploitation.

Pour sa part, la Fondation du Sud pour le développement et la solidarité aura à charge de conclure des contrats de bail en vue de l’exploitation opérationnelle de chacune des composantes du centre Targant par des tiers de son choix, tout en garantissant une exploitation conforme aux clauses des contrats de bail et aux objectifs sociaux ciblés.

La Fondation du Sud, qui œuvre pour un développement durable dans les régions du sud du Maroc, devra également s’assurer de la qualité des services et promouvoir les différentes composantes du centre au niveau national et international.

Le centre Targant a été inauguré sur les hauteurs de la station touristique de Taghazout Bay, le 10 mai dernier, à l’occasion de la Journée mondiale de l’arganier. D’une superficie de 1.000 m2, son coût est estimé à 30 MDH, dont les deux tiers ont été consacrés à la réalisation du premier musée de l’Arganier au Maroc.

Les ateliers de production de l’argan bénéficieront à 1.450 femmes adhérant aux coopératives de la région, pour une production maximale de 500 litres/jour. Le centre Targant ambitionne d’améliorer les conditions et la productivité de ce processus de production, via une mécanisation dont l’investissement se chiffre à 1 MDH.

https://medias24.com/2022/05/09/visite-guidee-du-nouveau-musee-de-larganier-a-taghazout-bay/

Visite guidée du nouveau musée de l’Arganier à Taghazout Bay

« Jamais un sujet de recherche ne m’a autant ému. Je m’estime chanceux d’avoir conçu le musée de l’Arganier. » C’est avec une émotion non dissimulée que le muséologue et muséographe, Ahmed Ghazali, nous a confié sa fierté d’avoir « livré un espace moderne, à la hauteur du patrimoine national de l’arganier ».

Partie intégrante du centre Targant, situé sur les hauteurs de la station balnéaire de Taghazout Bay, le musée de l’Arganier a nécessité huit mois de préparation et dix mois de travaux. Son coût est estimé à 20 MDH par la Société d’aménagement et de promotion de la station de Taghazout (SAPST).

Ce musée interactif de 300 m2 recourt à des techniques modernes incluant l’hologramme, le show immersif et le vidéo hall. « Nous souhaitions offrir aux visiteurs une expérience inoubliable, attractive et forte en émotion », décrit Ahmed Ghazali.

Le créateur du musée de la Préhistoire de Casablanca a opté pour un scénario dont les rouages essentiels sont les habitants de l’arganeraie. L’écosystème de cet arbre ancestral, ses particularités et multiples usages, ainsi que les dangers qui le menacent, sont autant d’aspects décrits par Ahmad Ghazali à Médias24, lors d’une visité guidée.

Un show d’introduction immersif 

A l’entrée du musée, un tableau résume le programme. Une fois le rideau tiré, le spectacle peut commencer. « Les visiteurs sont accueillis par un show immersif, dans l’univers de l’arganier à travers une scénographie de cet arbre si particulier. »

« En plus d’une vidéo sur le mode méditatif, les multiples écrans collés aux murs affichent les dimensions essentielles de l’arganeraie : l’écologie, la cohabitation avec l’homme, la mémoire collective, les usages et la fragilité de l’arbre. » Le tout dans une atmosphère visuelle aux couleurs vives et harmonieuses.

La biosphère de l’arganier 

L’espace réservé à la biosphère permet de situer les territoires où l’arganier prospère, et ses multiples écosystèmes. « Une maquette et des tableaux illustrent les différences climatiques et morphologiques qui caractérisent l’arganier. Un arbre que l’on trouve aussi bien dans le littoral, que dans les montagnes, les plaines et le désert. »

« Les particularités de chaque système écologique sont expliquées, via des écrans interactifs mis à la disposition des visiteurs, en vue de récolter des informations complètes sur la faune et la flore de la biosphère de l’arganier sans lesquelles des centaines d’espèces d’animaux et de plantes disparaîtraient. »

Des photographies sensibilisent les visiteurs sur la fragilité de l’arganier et les dangers qui le menacent dont l’urbanisme, l’agriculture extensive et l’élevage abusif.

Caractéristiques et usages de l’arganier 

Le musée de l’Arganier propose également des informations sous différents formats, comme en témoigne l’espace consacré aux composantes de l’arbre.

« Cet espace expose l’écorce, les fleurs, les racines, les épines et les fruits de l’arganier, conservés dans une résine qui les garde en l’état pendant une longue durée. Des vidéos didactiques présentent la morphologie de l’arbre qui est extrêmement variable. Il y a des arganiers massifs, d’autres en multiples troncs, certains qu’on appelle les pleureurs. »  

Quelques mètres plus loin, Ahmed Ghazali met en avant les multiples usages de l’arganier, développés à travers les siècles. « Notamment l’extraction de l’huile d’argan, mais aussi l’élevage, le cosmétique, la gastronomie moderne, l’apiculture et le tourisme. »

Ces usages sont consultables dans un espace où l’hologramme tient le premier rôle. « Cette technique basée sur des points de lumière met en scène un arganier en miniature, et l’hologramme d’un apiculteur qui déambule près de l’arbre. Des animaux, dont des chèvres, apparaissent au fur et à mesure. »

Le rôle des femmes

« Nous avons estimé qu’il était important de donner la parole à l’ensemble des personnes qui vivent de l’arganeraie. A travers un combiné de téléphone, les visiteurs ont la possibilité d’écouter les témoignages de ces gens qui parlent de leurs rêves et de leurs craintes. » 

Des émotions ambivalentes qui n’enlèvent rien au charme d’un musée, dont le créateur souhaite qu’il soit décliné dans chaque région où l’arganier est présent.

Agadir accueille en décembre deux événements internationaux autour de l’arganier

Organisés par l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (Andzoa), ces deux événements permettront aux différents acteurs du secteur de discuter des moyens de promotion et de valorisation de la chaîne de valeur de l’arganier, afin de renforcer son rayonnement à l’échelle nationale et internationale.

L’organisation du congrès et du salon de l’arganier constituera l’occasion idoine pour mettre en valeur les progrès réalisés par les acteurs du secteur, et permettre de capitaliser sur les efforts déployés dans le cadre du Plan Maroc vert, note l’Andzoa dans un communiqué.

La 5e édition du Congrès international de l’arganier se tiendra autour du thème: « Capital naturel de l’arganier: valeur et valorisation », avec la participation de plus de 230 chercheurs et experts dans le secteur représentant plus de neuf pays. Ils s’attelleront aux dernières contributions de la communauté scientifique et académique pour orienter et développer le secteur et évaluerons les moyens de valoriser la réserve de biosphère de l’arganier (RBA) tout en exposant leurs recherches et travaux scientifiques.

Le congrès sera marqué par le couronnement de jeunes chercheurs et doctorants ayant effectué les meilleures recherches scientifiques publiées par des institutions scientifiques nationales et internationales.

Parallèlement, la première édition du Salon internationale de l’arganier se tiendra, du 7 au 11 décembre, offrant aux visiteurs une immersion dans l’univers de la biosphère de l’arganeraie à travers la visite de divers espaces et expositions de photographies et de peintures.

Par ailleurs, ce salon de cinq jours sera l’occasion d’organiser des réunions en BtoB et des side-events qui réuniront les différents acteurs et professionnels du secteur dans le but de créer des réseaux d’échange d’expériences et de promotion des produits de l’arganeraie et de sa dimensions culturelle et patrimoniale.

Dans le cadre des activités parallèles, un espace a été consacré aux histoires et contes autour du patrimoine de l’arganier, et un autre espace dédié aux enfants afin d’enseigner aux jeunes générations une culture de la préservation du patrimoine matériel et immatériel de l’arganier. Les visiteurs découvriront également les méthodes traditionnelles d’extraction de l’huile d’argan, et pourront s’offrir une dégustation de plats préparés à base de cette huile.

Afin de créer une dynamique à l’échelle de toute la ville, cinq sites ont été dédiés aux activités commerciales et culturelles dans les principales places de la ville d’Agadir avec la participation de 200 coopératives issues de huit provinces de la biosphère de l’arganeraie: Essaouira, Tiznit, Taroudant, Chtouka Ait Baha, Inezgane Ait Melloul, Guelmime, Agadir Ida-Ou-Tanane.

Projet de loi sur le locatif : ce qui va changer

Obligation de conclure un contrat: Le projet de loi est clair, il devient obligatoire de rédiger un contrat précisant les droits et obligations de chaque partie.

Cet acte daté, signé et légalisé établit l’état des lieux dans ses moindres détails au moment de la conclusion de la transaction. Les formules générales du type «bon état» par exemple sont à bannir. Un deuxième contrat est signé au terme de l’accord.

 «Le nouveau projet de loi a instauré l’obligation de rédiger un contrat écrit, mais il a omis de préciser quelles seront les répercussions pour l'une ou l'autre des parties dans le cas où cette condition n’est pas respectée», nuance Me Nezha El Azarifi, avocate inscrite au barreau de Casablanca.

Salubrité des biens  loués: le bien doit répondre aux règles minimales de salubrité et être raccordé au réseau eau et électricité. Le bailleur est tenu de mettre à la disposition du locataire non seulement le bien loué mais aussi ses dépendances :salle d’eau, cuisine….

Au cas où le bien loué ne satisfait pas à toutes les conditions de salubrité, les deux parties peuvent se mettre d’accord sur les travaux à engager et la manière d’en déduire les frais du loyer convenu.

Si le bailleur s’y refuse, la loi a donné au locataire le droit de le mettre en demeure afin d’exécuter ces réparations. «Passé un mois, le locataire pourra l’y contraindre en obtenant une ordonnance rendue par le président du tribunal de première instance. Cette dernière fixe le montant des frais des réparations et autorise le locataire à les retenir sur le prix du loyer», poursuit Me El Azarifi.

Termes du contrat :le texte fraichement adopté par la chambre des conseillersa apporté une nouvelle disposition qui relève le montant de la caution payée par le locataire à l'équivalent de deux mois de loyer au lieu d'un mois seulement.

Aussi, il n’est pas possible d’augmenter le loyer dans un délai inférieur à trois années à partir de la date de signature du contrat. Idem pour le pourcentage de révision du prix qui ne peut en aucun cas être supérieur à 8% pour les logements et 10% pour les bureaux. Une exception existe toutefois pour les loyers mensuels inférieurs à 400DH. Dans ce cas, l’augmentation peut atteindre jusqu’à 50%.

Changement de propriétaire :Au cas où le bien, objet du bail, change de propriétaire, les termes du contrat initial restent de rigueur. La loi s’est contentée d’instaurer une obligation d'information à l'égard du locataire selon les règles déterminées par le code de procédure civil.

Résiliation :Une fois le contrat arrivé à terme, le locataire est tenu de vider les lieux. Autrement, le juge peut exiger un dédommagement d’au moins le double du loyer convenu.  

Expulsion :Pour pouvoir engager une action en expulsion, le bailleur doit désormais être propriétaire des lieux pendant une durée égale ou supérieure à 18 mois.

En cas d'expulsion pour raison de démolition, le bailleur doit verser au locataire une indemnité égale au loyer d'une année.

Toutefois, au cas où la mauvaise foi du bailleur est établie, autrement dit s’il poursuit son action en expulsion alors qu'il a déjà touché le montant des loyers, le locataire dispose d’une voie de recours.

En effet, «outre son droit de porter plainte devant le tribunal correctionnel (ce qui est une nouveauté), il sera également en droit d'engager une action en dommages et intérêts et obtenir une indemnité d'un montant pouvant aller jusqu’à l’équivalent de 2 à 6 mois de loyer», poursuit notre avocate.

Actions en Justice :Le législateur a également réduit la durée de prescription des actions engagées par le bailleur contre le locataire pour demander restitution des lieux dans leur état initial à 3 mois au lieu de 6 mois.

Cession des biens loués :«Par dérogation au principe de l'interdiction de cession des biens loués sans l'accord du bailleur, ces derniers peuvent l'être sans cet accord quand ces biens sont à usage professionnel», explique Me El Azarifi.  

Que le nouveau locataire exerce la même activité ou une encore une activité similaire, la loi donne des largesses.

Exemple : «désormais un avocat est en droit de sous-louer ses locaux  à un notaire sans avoir besoin d'obtenir l'accord du bailleur», ajoute la même source.

Préavis :le délai fixé dans la lettre de congé est revu à la baisse. Il passe de trois mois, dans l’ancien texte,  à deux mois seulement.