Les trésors oubliés d’Aouli et Mibladen : quand la recherche de minéraux fait vivre une population oubliée

Le Maroc possède une longue histoire minière, qu’elle soit à ciel ouvert ou souterraine. La spécificité de son secteur minier fait que les grands projets miniers sont naturellement situés dans des régions éloignées.

Auparavant, plusieurs villes marocaines ont été fondées ou développées autour de l’activité minière. C’est le cas de Jerada, capitale du charbon, et de Youssoufia, dédiée aux phosphates et qui portait le nom de Louis Gentil, celui qui a découvert les gisements de phosphates de la région. À cela s’ajoutent les cités de Touissit, Aouli, Mibladen qui portèrent la production marocaine de minerai de plomb.

Le projet d’une mine est limité dans le temps malgré les richesses qu’il peut apporter, condamnant plusieurs villes minières à dépérir ou disparaître. Cette problématique est mondiale et est survenue à une époque où la réhabilitation des sites miniers était une option plutôt qu’une obligation, et bien qu’elle soit également actuellement limitée.

Au Maroc, la vie dans plusieurs cités minières s’est soudainement arrêtée, stoppant les opportunités socio-économiques autour d’une activité minière (commerce, emploi, stabilité sociale, taxes et impôts…). Cependant, l’ingéniosité marocaine a su s’adapter à ces réalités autour de ces cités mortes, démontrant une adaptation obligée émanant d’une volonté de vivre. Au début, il s’agissait d’une activité vivrière qui s’est développée progressivement en des commerces bien établis, mais est-ce que cette évolution profite à l’artisan qui s’aventure dans des galeries profondes et risquées ?

Pourquoi le Maroc est un pays minier très riche

Le Maroc est un pays minier diversifié, avec des sites comme ceux d’Imiter, de Bou Azzer ou d’Imini, qui approchent d’un siècle d’activité minière continue. Cette richesse minière spécifique se matérialise par des spécimens minéralogiques qui ont été découverts pour la première fois au Maroc et qui portent ainsi un nom lié au pays.

Le Maroc est ainsi la source de plusieurs minéraux topotypes, c’est-à-dire découverts et nommés d’après leur localité d’origine.

C’est le cas de l’imiterite, un minéral unique baptisé en référence à la célèbre mine d’argent d’Imiter. Composé de mercure et d’argent, ce spécimen fut découvert dans les années 1980 et officiellement approuvé par l’Association internationale de minéralogie (IMA) en 1983. Il se distingue par ses cristaux accolés, qui forment des figures en V ou des structures cycliques en étoile.

La bouazzerite tire son nom du gisement de cobalt de Bou Azzer. Approuvée par l’Association internationale de minéralogie (IMA) en 2005, elle est reconnaissable à sa couleur vert-pomme pâle, son éclat adamantin et sa présence fréquente aux côtés de minéraux cobaltifères, comme l’érythrite, ainsi que du quartz, de l’or natif et de divers minerais de cuivre.

Crédit : Georges Favreau

L’agardite est un minéral découvert pour la première fois dans la mine de cuivre de Bouskour. Son nom rend hommage à Jules Agard, premier chef du Service d’études des gîtes minéraux du Maroc. Il s’agit d’un minéral très rare, un complexe arséniate de cuivre et de terres rares, souvent de couleur bleu-vert à jaune-vert. Le spécimen découvert au Maroc est notamment associé à l’yttrium. Il se présente typiquement en très fins cristaux aiguilleux formant des gerbes ou des touffes cotonneuses.

La marokite doit son nom explicite au Maroc, où elle a été découverte en mars 1962 dans les mines de manganèse de Tachgagalt situées aux environs de Ouarzazate. C’est un minéral opaque, de couleur noire, qui présente des réflexions internes carmin-rouge et se cristallise sous une structure prismatique.

Spécimen minéralogique de Marokite.

La gaudefroyite est un minéral rare découvert en 1962 dans le gisement de Tachgagalt aux environs de Ouarzazate. Souvent associé à la marokite, ce borate de calcium et de manganèse est nommé en hommage à l’abbé Gaudefroy, qui a largement contribué aux études minéralogiques du Service géologique du Maroc pendant les années de protectorat. Ce minéral opaque, de couleur noirâtre, se caractérise par ses cristaux en aiguilles hexagonales au bel éclat métallique. Leurs contours sont typiquement hexagonaux et leurs faces présentent des ondulations, leur donnant un aspect tantôt brillant, tantôt terne.

Aouli, vestiges d’une mine oubliée, là où l’histoire a laissé place au silence

À l’époque du Protectorat, la région sud-orientale, située entre Bouarfa et Midelt, a été le sujet de l’exploitation de plusieurs mines, notamment de plomb à Zaïda, Mibladen et Aouli aux environs de Midelt, et de manganèse à Bouarfa.

Découverte en 1923, la mine de plomb et de zinc d’Aouli a mobilisé des investissements massifs en raison du cours élevé du plomb à cette époque, ce qui a notamment conduit à la création d’une des premières centrales électriques du Maroc en 1928, de chemins de fer, ainsi que des infrastructures minières de valorisation du minerai extrait.

Après l’indépendance du Maroc, ces mines entrent à plusieurs reprises dans des périodes difficiles en raison de la variabilité du cours du plomb. Elles ont cependant maintenu une activité jusqu’à la fermeture de Mibladen et Aouli en 1983. Jusqu’à sa fermeture, le site a livré près de 16,4 millions de tonnes de plomb (selon le Guide minier du Maroc).

Alors que l’économie de cette région était centrée sur l’activité minière, la fermeture de ces sites a été une condamnation à mort pour la population de cette région aride. Du jour au lendemain, ces mines, qui en plus de générer une grande part de la production minière nationale de l’époque, permettaient également une vie digne à la population qui travaillait avec des salaires décents, se sont soudainement arrêtées.

De plus, la fermeture de ces sites sans réhabilitation et sans gestion des déchets a causé une pollution due aux résidus miniers générés par cette activité.

Malgré ces entraves, la difficulté de mettre en place un développement socio-économique alternatif et le départ d’une grande partie de la population, une part a choisi de rester dans une période où les alternatives étaient bien moindres qu’aujourd’hui.

Un grand silence règne aujourd’hui sur ces sites, désormais des villages fantômes, qui furent jadis la source de la richesse du Maroc et le moteur socio-économique de la région de l’Oriental. Ce silence est brisé par l’activité d’une dizaine d’artisans qui cherchent incessamment leur gagne-pain à travers le minerai.

La vanadinite, source de vie pour les ménages après la fermeture de la mine  

À l’échelle mondiale, les spécimens les plus spectaculaires de vanadinite proviennent des régions de Mibladen et d’Aouli. Leur prix varie considérablement, allant de quelques centaines de dirhams, voire moins pour les faux, pour les échantillons ordinaires à plusieurs dizaines de milliers de dirhams, voire plus, pour les pièces exceptionnellement rares.

De couleur rouge sang et d’un éclat brillant, ce minéral a été historiquement découvert par les mineurs d’Aouli, où il apparaît lors de l’extraction des minerais de plomb.

La vanadinite est l’une des principales sources de vanadium, un métal essentiel utilisé dans la fabrication d’alliages industriels. Cependant, la demande principale et la valorisation pour ce minéral sont portées par les collectionneurs et les musées.

Spécimen minéralogique d’un agate

Dans les mines abandonnées d’Aouli, les artisans récupèrent d’autres spécimens minéralogiques comme les géodes de quartz, les agates, l’azurite, la cérusite, la malachite, la wulfénite, la romanéchite…

Bien que l’essor du commerce électronique ait aboli les distances avec les principaux marchés internationaux, son impact sur les bénéfices des artisans mineurs d’Aouli, Mibladen et Zaida demeure marginal.

 

Est-ce que cette activité est légale ?

La loi 33-13 relative aux mines a initié l’encadrement de ces activités artisanales de collectes et de fouilles à travers l’article 116 qui exige que l’extraction, la collecte et la commercialisation des spécimens minéralogiques nécessitent une autorisation de la part de l’administration chargée des mines.

S’il est vrai que cette activité est autorisée, ce texte doit être profondément amélioré et clarifié. En effet, la réalité du terrain révèle que ces artisans mineurs ne bénéficient pas des prix élevés dans les marchés internationaux. Ils privilégient souvent la vente locale pour un gagne-pain immédiat, laissant le marché informel acquérir leurs produits à des prix nettement inférieurs au marché pour ensuite réaliser des profits substantiels à l’exportation.

Bien que ce cadre ouvre la voie à d’importantes opportunités, l’action publique actuelle, bien que présente, ne parvient pas à stimuler le plein potentiel de développement de ces régions. Il est important que la société civile joue un rôle pour catalyser et maximiser ces opportunités. Pour cela, un nouveau texte est nécessaire, lequel devra encadrer rigoureusement cette activité artisanale avec, comme objectif principal, la création d’opportunités socio-économiques durables tout en parvenant à la protection du patrimoine, élément essentiel pour la promotion du tourisme durable.

Cet accompagnement doit commencer par la reconnaissance des activités de fouilles minérales et leur intégration dans les circuits formels de commercialisation des produits artisanaux. En effet, le Maroc dispose de nombreuses régions similaires, telles que Jerada, Taouz ou Erfoud, qui possèdent également une activité artisanale et un fort potentiel pour impulser un développement local générateur de revenus.

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Exportation de l’artisanat : les formalités désormais digitalisées via PortNet

Une convention de partenariat a été signée, le 7 mai à Rabat, pour la dématérialisation des formalités d’exportation des produits de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire.

Cette convention a été paraphée par le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, le secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’économie sociale et solidaire, Lahcen Essaadi, le directeur général de l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII), Abdellatif Amrani, et le directeur général de Portnet S.A, Youssef Ahouzi.

Elle concerne le projet de digitalisation des formalités liées à la délivrance des certificats d’exportation des produits de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire via la plateforme PortNet, et de celles liées à la souscription au registre des exportateurs de l’artisanat.

Initié par le ministère de l’Industrie et du commerce, ce projet est mis en œuvre en concertation avec le secrétariat d’État chargé de l’Artisanat et de l’économie sociale et solidaire qui est chargé du traitement des formalités d’octroi des certificats d’exportation et d’enregistrement au registre des exportateurs de l’artisanat, le guichet unique PortNet, en charge de la mise en œuvre technique et l’ADII pour l’échange électronique de ce certificat avec son système pour l’aboutissement des formalités à l’export des produits de l’artisanat.

Intervenant à cette occasion, Omar Hejira a souligné qu’il s’agit d’un pas de plus vers le renforcement de la compétitivité des exportateurs de l’artisanat national et de leur alignement avec les exigences du commerce international.

« La signature d’aujourd’hui illustre notre engagement à moderniser et à dynamiser le commerce extérieur dans ce secteur clé, et nous soutenons pleinement cette transition digitale qui contribuera à faciliter l’accès des acteurs de l’export de l’artisanat aux marchés internationaux, tout en renforçant la transparence, l’efficacité et la rapidité des formalités d’exportation », a-t-il ajouté.

De son côté, Lahcen Essaadi a indiqué que le secteur de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire constitue un levier stratégique du développement économique et social au Maroc.

Le secrétariat d’État, a-t-il poursuivi, s’emploie activement à renforcer la présence de ces produits sur les marchés internationaux, relevant que cette convention de partenariat vient consolider cette dynamique et ajouter une nouvelle pierre à l’édifice des exportations des coopératives et des entreprises, dans la perspective de leur intégration au sein de l’écosystème national du commerce extérieur.

Pour sa part, Abdellatif Amrani a mis en exergue l’importance de cette convention qui, pour lui, permettra de fluidifier les échanges commerciaux et de réduire considérablement les délais de traitement des dossiers d’exportation. « Cette initiative s’aligne parfaitement avec la stratégie nationale de dématérialisation des procédures douanières et contribuera à améliorer le classement du Maroc dans les indices internationaux de facilitation du commerce ».

Quant à Youssef Ahouzi, il s’est félicité de cette initiative qui permettra à la plateforme PortNet de proposer un ensemble de procédures administratives facilitant l’exportation des produits de l’artisanat. « Nous sommes heureux que ces procédures aident les acteurs du secteur à améliorer leur efficacité et à faciliter les démarches administratives nécessaires à l’exportation de ces produits à l’international ».

Plusieurs initiatives de formation et de sensibilisation ont été organisées au profit des services de l’artisanat et des opérateurs du secteur, sous la coordination du ministère de l’Industrie et du commerce et avec l’encadrement des équipes de PortNet, afin d’accompagner le lancement de la phase expérimentale de ce projet.

(Avec MAP)

Artisanat : 10 enregistrements de marques déposées auprès de l’Ompic

Ces enregistrements concernent huit nouvelles marques qui s’ajoutent au bilan du secrétariat d’État chargé de l’Artisanat et de l’économie sociale et solidaire en matière de dépôt des labels et marques collectives de certification et des marques simples, dont le nombre des enregistrements est porté à 75 dépôts, indique un communiqué de la Direction de la préservation du patrimoine, de l’innovation et de la promotion auprès du secrétariat d’État.

Il s’agit du dépôt des labels et marques collectives, dont une marque collective de certification concernant le caftan « Caftan marocain »,  » قفطان مغربي » , qui englobe une gamme de caftans confectionnés selon les méthodes artisanales traditionnelles marocaines, fait savoir la même source.

Une autre marque collective de certification concerne le « Zellige de Tétouan », « زليج تطوان », issu d’un processus de fabrication artisanal avec tous les motifs ornementaux et dessins géométriques associés (carreaux de revêtement, éléments décoratifs architecturaux intérieurs et extérieure…).

Pour ce qui est des marques simples, « Zellig », »الزليج « , « ⵊⵊⵍⵍⵉⵊ » ou « Zellige marocain », « الزليج المغربي « , et « ⵊⵊⵍⵍⵉⵊ ⴰⵎⵖⵔⴰⴱⵉ » , elles concernent le mot zellige marocain en trois langues (arabe, français et tamazight), ayant trait à tous les motifs ornementaux et dessins géométriques associés.

Quant à la « Haute couture marocaine », « الخياطة الرفيعة المغربية « , « ⵜⵉⴳⵏⵉ ⵜⴰⵎⵖⵔⴱⵉⵢⵜ ⵢⴰⵜⵜⵓⵢⵏ », elle concerne l’habillement traditionnel marocain et se compose de trois marques simples.

Sur le plan des renouvellements de dépôt, deux marques sont arrivées à expiration, à savoir, « Tazerzite » qui concerne tous les bijoux en argent de la région Souss-Massa, notamment Tiznit, Anzi, Lakhsass et Ida Ou Semlal.

Il s’agit aussi de « Idoukan N Oudrar » ou babouche de la montagne de Souss, ayant trait aux babouches artisanales de la région Souss-Massa, notamment Tafraout, Tiznit, Chtouka Ait Baha, Biougra, Ait Melloul, Inezgane, Agadir Ida Outanane et Taroudant.

Lesdites marques ont été créées dans le cadre de l’engagement du département envers la préservation et la promotion du patrimoine immatériel marocain de l’artisanat.

Ces marques collectives de certification visent à améliorer la reconnaissance et la notoriété des produits en relation avec les marques susmentionnées, à valoriser et à promouvoir la production artisanale locale, à préserver le savoir-faire ancestral des artisans ainsi qu’à garantir aux clients la qualité, l’authenticité et la fabrication des produits de l’artisanat.

La publication du dépôt de ces labels à l’Ompic, organisme étatique chargé de la protection de la propriété industrielle, constitue l’avant-dernière étape du processus d’enregistrement des marques collectives de certification avant de procéder prochainement à leur dépôt au niveau international, notamment au niveau des pays de l’Union européenne, aux Etats-Unis, au Canada et dans les pays de la CEDEAO.

Les marques collectives de certification contribuent inéluctablement au renforcement des engagements du secrétariat d’Etat chargé de l’Artisanat et de l’économie sociale et solidaire en matière de préservation du savoir-faire des artisanes et artisans marocains et de valorisation du patrimoine immatériel national, conclut le communiqué.

(Avec MAP)

ENQUÊTE. La ruée vers l’os, ou le commerce de fossiles au Maroc (3/3)

Précédemment, notre enquête nous a conduits à Oued Zem où un souk, hors du commun, est spécialisé dans la vente des squelettes et ossements fossiles de vertébrés marins. Souvent dans l’ombre, des milliers d’hommes et de femmes, de tous âges, contribuent à cette chaîne de production sans organisation, créant une économie solidaire à Beni Smir et Oulad Bouali, aux environs d’Oued Zem.

À eux s’ajoutent les étrangers, connaisseurs des spécificités des fossiles d’Oued Zem, qui achètent les fossiles soit directement du souk, soit à travers des intermédiaires, pour les revendre ensuite à des prix multipliés par cinq ou dix.

La forte demande internationale crée fatalement la tentation de tirer profit de ce business. Le trafic illégal de fossiles, en quête de profits rapides et plus importants, est un fléau qui engendre un manque à gagner considérable pour les artisans et les fouilleurs qui peinent à valoriser leur savoir-faire et leurs trouvailles.

La question se pose alors de savoir si l’exportation de fossiles du Maroc est légale et comment concilier la protection du patrimoine avec les besoins socio-économiques de cette région.

Légal ou illégal… que dit la loi ?

Contrairement à ce que pense la majorité, le commerce des fossiles n’est pas interdit. Un cadre réglementaire autorisant l’extraction, la collecte et la commercialisation des spécimens de fossiles existe. Il s’agit de l’article 116 de la loi 33-13 relative aux mines et carrières. Celui-ci conditionne cette activité à l’obtention d’une autorisation délivrée par la Direction chargée des mines.

La durée de validité de cette autorisation est fixée à cinq ans renouvelables, selon le décret d’application 2.18.968. Pour sa part, l’administration doit s’assurer du respect de la préservation du patrimoine géologique, de la délimitation de la zone géographique et des normes de sécurité en vigueur.

Une circulaire (n° 6014/311) de la Direction des douanes est venue encadrer le volet relatif à l’exportation des fossiles, minéraux et météorites, exigeant l’octroi d’une autorisation de la part de l’administration gouvernementale en charge pour chaque opération.

Mais cette dernière mise à jour réglementaire encadrant le processus d’exportation est rejetée par les artisans, qui l’interprète comme une interdiction à l’export.

Ce que pensent les artisans d’Oued Zem de la mise à jour réglementaire

Les artisans et les fouilleurs ont catégoriquement rejeté cette nouvelle réglementation. Bien que la loi n’interdise pas le commerce des fossiles, les artisans rencontrés au cours de cette enquête nous ont confié que, depuis plusieurs années, ils sont confrontés à d’importantes difficultés pour exporter leurs marchandises. Les fouilleurs éprouvent la même déception. Ils constatent une baisse significative de leurs revenus ces dernières années, qu’ils rapportent à cette difficulté d’exportation. De peur que la marchandise ne soit pas vendue, ils préfèrent brader les prix et l’écouler sur le marché local.

Abdelhay, l’un des fouilleurs rencontrés par Médias24, nous explique la situation en détail : « Quand on appelle le marchand à qui on vend nos fossiles, il refuse. Il nous dit qu’il ne peut pas acheter davantage, car il ne peut pas écouler son stock et sa marchandise est déjà bloquée à la douane. À la fin, c’est nous, les fouilleurs, qui en pâtissons, nous qui devons subvenir aux besoins de nos familles ».

« L’exportation est la seule voie pour vendre les fossiles. Nous aurions préféré que les Marocains achètent nos fossiles et que cette marchandise reste dans le pays au lieu de la vendre à l’étranger mais, malheureusement, les gens ne comprennent pas l’intérêt de cette activité », ajoute Abdelhay.

De même, les artisans peinent toujours à s’adapter à la nouvelle réglementation, quatre ans après son entrée en vigueur.

« Ce métier, je l’ai appris enfant, il est ancré dans notre famille depuis des générations. Nous faisons face à de grandes difficultés pour vendre et exporter nos produits. Nous demandons aux autorités de réexaminer notre situation car, étant analphabètes, nous n’avons pas d’alternative. Ces fossiles ne sont pas rares, nous en dégageons des milliers. Les objets que nous créons sont vendus à un prix très abordable et nous sommes disposés à remettre à l’État tous les spécimens exceptionnels que nous trouverons », précise Hamid, artisan et préparateur de fossiles au souk d’Oued Zem.

Saïd, également artisan-commerçant exprime les mêmes difficultés : « J’ai commencé en tant que fouilleur, et après m’être développé, j’ai obtenu un registre de commerce pour devenir commerçant et, depuis, j’achète les fossiles des fouilleurs. Grâce à ce métier, j’ai pu faire vivre ma famille et répondre à ses besoins. Depuis la crise du Covid, malheureusement, les affaires se sont réduites. Nous achetons les fossiles des fouilleurs, les préparons mais nous rencontrons des difficultés pour les commercialiser ». Pour nos différents interlocuteurs, commercialiser équivaut à exporter, car le seul véritable marché pour ces produits est celui de l’export.

« Même les gens qui veulent juste exposer à l’étranger, et non vendre ces fossiles, trouvent des problèmes. Ces expositions sont très importantes pour nous, car c’est ce qui amène les intéressés de l’étranger à venir jusqu’au Maroc », ajoute Saïd.

« Nous rejetons fermement le marché noir et plaidons pour une réglementation claire qui nous permettrait d’exercer nos activités de manière légale et autorisée de la part du ministère, car nous souhaitons toujours donner une bonne image de notre pays », affirme Saïd.

Une source qui connaît bien ce secteur, souhaitant garder l’anonymat, nous a confié que le trafic illicite semble être le secteur le plus lucratif dans ces conditions de complexité. D’une part, il offre à l’artisan une solution sûre et plus rapide pour gagner de l’argent, loin de toutes formalités. D’autre part, étant donné qu’il s’agit du moyen le plus facile d’écouler la marchandise, les trafiquants réussissent souvent à envoyer les pièces à l’étranger en échappant aux services de contrôle.

Précisions de la Direction de la géologie, des mines et des hydrocarbures

Nous avons contacté Ahmed Benlakhdim, directeur de la géologie, des mines et des hydrocarbures au ministère de la Transition énergétique (DGMH). Il nous explique que « le Maroc abrite un patrimoine géologique d’une richesse incomparable à l’échelle mondiale. Il offre une fenêtre sur l’histoire de notre planète, depuis ses origines jusqu’à l’émergence de l’espèce humaine. Le ministère, à travers sa Direction de la géologie, a pour première mission de sauvegarder et de valoriser ce patrimoine exceptionnel ».

« Dès le départ, la question des fossiles contenus dans le bassin d’Oued Zem a été clairement identifiée par la DGMH. Il s’agit bien de couches sédimentaires qui renferment une très grande abondance de fossiles de vertébrés marins, constituant un important patrimoine paléontologique national et en même temps une source de revenus aux familles avoisinant les exploitations. Contrairement à cette idée répandue, la Direction n’a pas souhaité mettre fin à cette activité. Elle a plutôt cherché à mettre en place une solution qui valorise cette activité tout en veillant à la protection du patrimoine », précise le directeur de la DGMH.

Interrogé sur les difficultés rencontrées par les exportateurs, Ahmed Benlakhdim nous a assuré que la procédure d’obtention de la licence d’exportation a été largement dématérialisée via la plateforme « Portnet ». Celle-ci ne requiert désormais qu’un simple formulaire nécessitant la validation. Il s’agit des informations sur l’exportateur, son autorisation, son engagement sur l’honneur concernant l’objet déclaré, ainsi que des détails et des photos sur le fossile objet de l’export. Une fois les informations vérifiées quant à la nature commune de l’espèce, l’avis favorable est accordé dans des délais réduits.

Selon la Direction de la géologie, l’avis administratif ne représente pas une contrainte pour les exportateurs agissant en toute légalité. La rapidité de cette procédure, conditionnée par la véracité des déclarations fournies, permet un suivi efficace et assure à l’État un droit de préemption lui garantissant de protéger le patrimoine du pays.

Entre sauvegarde du patrimoine et commerce, un équilibre est-il possible ?

La coexistence entre les impératifs de protection du patrimoine, nécessitant un cadre législatif strict, et les pratiques locales, notamment dans des régions comme Oued Zem ou Errachidia où une partie de la population dépend économiquement des fossiles, pose un véritable dilemme.

Afin d’explorer les pistes d’un possible équilibre, nous avons sollicité l’avis de Mohammed Boutakiout, professeur retraité en géologie et paléontologie de l’Université Mohammed V de Rabat, expert en protection et sauvegarde du patrimoine géologique et président de la Commission nationale des géoparcs.

Le Pr Boutakiout , à droite, lors de la cérémonie d’ouverture du Musée du géoparc de M’goun à Azilal.

« Le patrimoine géologique du Maroc est l’un des plus riches au monde en raison de sa diversité et de son étendue temporelle exceptionnelle, capable d’en déchiffrer l’histoire la plus complète de la Terre. Il est donc important de préserver ce patrimoine géologique, dans la mesure du possible. Par le passé, le Maroc manquait d’infrastructures muséales adaptées à la préservation de son patrimoine géologique. Actuellement, notre pays s’est orienté vers deux stratégies pour préserver son patrimoine. La première est la création des musées et la seconde émane de la création des géoparcs. Ce sont des espaces multidimensionnels auquel on associe des sites d’intérêts géologiques à des aspects économiques, culturels et historiques » , nous explique le Pr Boutakiout.

Concept de l’UNESCO, le géoparc nécessite une concentration des moyens pour assurer la préservation, la valorisation et le maintien de ses atouts afin de garantir des retombées économiques et sociales durables et de contribuer aux objectifs du développement durable.

Le Maroc compte actuellement un seul géoparc reconnu par l’UNESCO, le géoparc du M’Goun, situé dans la province d’Azilal. Ce géoparc, labellisé en 2014, est l’un des plus étendus d’Afrique. Il recèle un patrimoine géologique et naturel exceptionnel, mis en valeur par le musée d’Azilal où est exposé le squelette complet de l’Atlasaurus Imelakei.

Au cœur du Musée du géoparc du M’Goun d’Azilal, le squelette d’un Atlasaurus trône majestueusement, tandis qu’en arrière-plan figure le squelette d’un mosasaure.

Selon le Pr Boutakiout, outre le géoparc du M’Goun, le Maroc développe actuellement sept projets de géoparcs : Chefchaouen (le plus avancé), Rehamna, Jbel Bani, Jbel Zerhoun, Beni Znassen, le Moyen Atlas et Ouarzazate.

En 2021, le ministère de l’Énergie et des mines a créé une commission scientifique chargée d’évaluer l’importance du patrimoine paléontologique de Khouribga-Oued Zem. Le Pr Boutakiout siégeait au sein de cette commission qui rassemblait un ensemble d’experts scientifiques dans le domaine.

« Dans un premier temps, nous avons convenu qu’il était nécessaire de réaliser un inventaire exhaustif des fossiles. En allant sur le terrain, on s’est aperçu qu’il y avait des milliers de spécimens rendant la tâche de les classer difficile, ainsi qu’une grande communauté qui s’est spécialisé dans la préparation des fossiles », nous explique-t-il

« À partir des données recueillies, on s’est aperçu que la légalisation de ce métier ne serait pas préjudiciable au patrimoine, mais pourrait au contraire résoudre tous les problèmes. D’une part, elle permettrait d’améliorer les conditions sociales de la communauté concernée, de générer des revenus en devises pour le pays. Et, d’autre part, de créer une traçabilité où le vendeur est obligé d’informer où il a vendu ses fossiles pour garantir le droit de l’Etat à protéger son patrimoine, et de lutter efficacement contre le trafic illégal qui ne trouverait plus d’intérêt dans un cadre légal », souligne le Pr Boutakiout.

Afin de trouver une solution durable pour ces artisans, notre interlocuteur estime qu’il serait mieux de clarifier davantage le décret n° 2.18.968, à travers une classification à trois échelles :

Selon le Pr Boutakiout, « pour établir cette classification, l’avis des scientifiques est certes le plus crédible, mais leur expertise, bien qu’importante, ne suffit pas toujours à appréhender la complexité du terrain. Leur vision, parfois théorique, peut manquer de précision. D’un autre côté, les professionnels, bien qu’ayant un intérêt commercial, sont souvent les mieux placés pour connaître les réalités du terrain. Une approche participative entre scientifiques et professionnels est donc indispensable pour parvenir à une classification juste et exhaustive ».

Dans cette perspective, un projet de loi relatif à la protection du patrimoine culturel, naturel et géologique est en cours de finalisation, selon nos informations.

Ce texte promet de renforcer considérablement la protection du patrimoine géologique à travers des mesures plus concrètes et efficaces qu’auparavant. Parmi les nouveautés prévues par ce texte figurent notamment la création d’un comité national dédié au patrimoine géologique ainsi que la mise en place d’un registre national pour recenser ce patrimoine.

Ce que proposent les professionnels

Les professionnels, s’organisant dans de nombreuses associations et coopératives locales, espèrent que le décret n° 2.18.968 sera clarifié et complété. Ils estiment qu’il est possible de définir clairement les spécimens à conserver sur le territoire national et ceux susceptibles d’être exportés à l’instar de certaines pratiques internationales.

À l’image des dispositions fixées pour le commerce des météorites, qui requiert une donation en cas d’exportation, les professionnels exerçant dans l’export, rencontrés par Médias24, suggèrent d’instaurer un mécanisme systématique de dons pour toute exportation de fossiles.

Cela permettrait d’enrichir les collections des musées nationaux et des établissements d’enseignement supérieur qui sont actuellement démunis malgré la richesse géologique du pays. C’est ainsi qu’on peut concilier le commerce des fossiles tout en protégeant le patrimoine à travers une solution gagnant-gagnant pour le pays, la science, les artisans et leurs familles qui bénéficient de cette source de revenus.

Ces professionnels proposent également au ministère de tutelle d’inclure les dons et les donations des entreprises, constitués de fossiles, d’échantillons minéraux et de météorites en faveur des musées spécialisés et des collections nationales, dans la liste des dépenses exonérées d’impôt.

Par exemple, si une entreprise souhaite acquérir un dinosaure rare et de grande valeur matérielle et décide de le donner à un musée national, une université nationale ou un institut de recherche scientifique, elle pourrait le faire en bénéficiant d’une déduction des taxes dans les limites raisonnables, comme c’est le cas dans d’autres pays leaders dans ce domaine comme le Canada par exemple.

« Si cette proposition était adoptée, nous pourrions alors enrichir les collections de nos musées nationaux et les voir se développer et se transformer en un gigantesque musée d’histoire naturelle à l’image de celui de Paris ou de New York », conclut un membre du groupement d’association et coopératives de fossiles d’Oued Zem.

ENQUETE. La ruée vers l’os, ou le commerce de fossiles au Maroc (2/3)

Dans la première partie de notre enquête, nous avons exploré une richesse exceptionnelle en fossiles dans la région d’Oued Zem et qui ne cesse d’exposer périodiquement de nouvelles espèces méconnues. D’une grande valeur scientifique, celles d’Oued Zem sont particulièrement intéressantes, car elles aident à comprendre la vie avant et après la grande crise ayant entraîné l’extinction des dinosaures.

Ce qui n’était au départ que de simples campagnes de fouilles scientifiques s’est transformé, au fil du temps, en une activité socio-économique florissante dans cette région aride du centre du Maroc, où les opportunités d’emploi ne sont pas légion.

Sans concurrence, aucune, la figure emblématique d’Oued Zem est le mosasaure. Ce géant des mers, méga-prédateur pouvant atteindre une longueur vertigineuse de 17 mètres, régnait en maître sur les océans quelques millions d’années avant la disparition des dinosaures. Les squelettes de ce reptile marin, ainsi que ceux d’autres vertébrés marins, sont abondants dans la région d’Oued Zem et font l’objet d’une chaîne d’exploitation complète, allant de la recherche des fossiles à leur préparation et leur commercialisation à l’échelle internationale.

Oued Zem, quand les fossiles font vivre

Autour d’Oued Zem, les tribus de Beni Smir et d’Oulad Bou Ali se sont spécialisées dans les fossiles et en ont fait leur gagne-pain depuis des décennies. Les jeunes ont repris le métier artisanal qu’ils avaient appris de leurs parents et grands-parents, anciens mineurs, et qu’ils exercent activement maintenant.

Les fouilles quotidiennes impliquent des milliers de personnes à la recherche d’un revenu quotidien. Grâce à un savoir-faire transmis de génération en génération, ces fouilleurs ne cherchent pas à l’aveuglette et connaissent bien les couches abritant plus de fossiles.

Les sites de fouilles à Oued Zem sont principalement situés dans des collines autour de la région. Malgré des décennies de fouilles, ces sites continuent de révéler d’abondantes quantités de fossiles. Une autre option consiste à creuser les profondeurs, où la probabilité de trouver plus de squelettes et de nouvelles espèces est plus grande après la mise en découverte du niveau abritant les fossiles.

Nous avons rencontré Hamza, un jeune fouilleur de Beni Smir, ainsi que d’autres jeunes de son âge, sur un site de fouilles. Ils grattent les couches de terre à l’aide de pioches, de pelles, et même de brosses, à la recherche de fossiles enfouis. Lors de notre visite ce jour-là, vers midi , ils avaient déjà réussi à collecter de nombreuses dents et vertèbres, mais n’avaient pas encore la chance de trouver la pièce rare. 

« On passe la journée à chercher les dents dans cette région. On commence à 6 heures du matin, et dans ces conditions, on rentre avec à peine 100 dirhams, voire moins », nous confie Hamza.

À la fin de leur journée, les fouilleurs reviennent avec des centaines de fossiles, notamment des dents de requins, de mosasaures, des vertèbres, ainsi que quelques mâchoires de mosasaures. Ils se rendent ensuite chez les artisans-commerçants pour vendre leur récolte dont la recette dépasse rarement le seuil de 100 dirhams par jour.

En revanche, les fouilleurs ayant la chance de découvrir des crânes ou des squelettes entiers sont naturellement mieux rémunérés, en fonction de la rareté du fossile, de son état de conservation et de la demande du marché.

 

 

Aussi, les fossiles ne manquent pas dans la région. Mais combien en extrait-on ? Selon nos informations, il n’y a pas de données officielles, mais les coopératives opérant à Oued Zem affirment que des centaines, voire des milliers de squelettes et de crânes sont extraits chaque année. Deux coopératives spécialisées dans les fossiles ont mené un inventaire des fossiles extraits par leurs membres sur une année.

Ces chiffres sont bien évidemment à titre indicatif. Le nombre réel de fossiles extraits est bien plus important, car de nombreux individus opérant dans ce domaine ne sont pas membres des coopératives. Pour ces dernières, le nombre de fouilles est le facteur déterminant pour trouver plus de fossiles. Cependant, ces dernières années, le nombre de fouilleurs a considérablement diminué en raison de la baisse de leurs revenus, rendant ce métier vulnérable avec le risque qu’il disparaisse avec le temps.

Malgré les difficultés rencontrées et les conditions difficiles de fouilles, les fouilleurs considèrent ce métier qui est souvent perçu comme une menace pour le patrimoine comme un véritable sauveteur de celui-ci. Sans leur intervention, ces milliers de fossiles auraient inévitablement été détruits par l’érosion ou jamais mis au jour.

Le souk des fossiles d’Oued Zem

Loin d’être un souk traditionnel, celui d’Oued Zem se démarque par une spécialisation inhabituelle : la fabrication et la vente de fossiles. Les habitants ont aménagé leurs maisons pour en faire des ateliers et des showrooms dédiés à ce commerce.

Au Douar de Beni Smir, cette activité est omniprésente : chaque foyer possède des stocks considérables de fossiles, révélant l’importance socio-économique de cette ressource dans la région.

Les artisans spécialisés dans la préparation des fossiles, qui sont aussi parfois eux-mêmes fouilleurs, achètent les trouvailles des fouilleurs. Ils ont acquis les capacités et qualités nécessaires, en développant à la fois une dextérité manuelle et une connaissance approfondie des méthodes de préparation de fossiles, notamment des mosasaures.

Les dents sont les fossiles les plus abondants, on en extrait des millions de spécimens annuellement. Ces spécimens sont confiés aux femmes au foyer et adolescents pour les nettoyer et les classer en fonction de leur qualité. Pour certaines dents, elles y placent un support en fil métallique pour une rémunération d’environ 30 centimes la pièce.

En plus des dents et vertèbres, les artisans s’intéressent beaucoup à la préparation de ce qu’ils appellent dans leur jargon  [byaça], « la pièce ». Elle désigne souvent la partie supérieure de l’espèce. Ces pièces, qui nécessitent plus de temps de travail pour la préparation, sont plus rentables pouvant générer plus de revenus car elles sont plus demandées. La préparation de fossiles peut générer des revenus à la source allant de 2000 à 7000 dirhams pour les pièces abondantes.

La pièce ou [byassa] dans jargon des artisans.

Les squelettes complets sont aussi travaillés. Ils peuvent dépasser le seuil de 10.000 dirhams après des centaines d’heures de travail nécessitant concentration et précision dans le travail.

Il arrive fréquemment que les pièces découvertes soient fragmentaires. Sans formation académique, ces artisans disposent tout de même d’un savoir-faire acquis de manière participative dans la restauration des squelettes de vertébrés. Leur connaissance intuitive, développée grâce à leur proximité des scientifiques et des professionnels, leur permet de reconstituer les pièces manquantes avec une grande précision.

Ce savoir-faire, utile pour la restauration des fossiles, est parfois utilisé à mauvais escient. Certains artisans sont, malheureusement, impliqués dans la production de faux fossiles à partir des nombreuses dents extraites qu’ils utilisent comme matières premières. Ils arrivent à créer des pièces falsifiées très proches de la réalité, comme des mâchoires complètes assemblées à partir de dents authentiques et de matrices préfabriquées.

Grâce au plâtre et à d’autres matériaux disponibles sur place, certains artisans sont aussi capables de créer des squelettes entiers, reproduisant ceux existants dans les sédiments ou inventant de toute pièce des créatures fantastiques. Ces faux, d’une qualité souvent remarquable, sont difficiles à distinguer des originaux pour un œil non averti, tant leur apparence est soignée. Ils sont vendus à des prix très abordables sur les souks d’Oued Zem, généralement entre 200 et 500 dirhams.

Le marché local est principalement axé sur la production de fossiles montés, destinés au circuit touristique. Ces spécimens, identifiés par leur nom scientifique, sont présentés dans des cadres de différentes dimensions.

En revanche, la plus grande partie de la demande provient de l’étranger. Des touristes visitent régulièrement le Maroc pour acheter des fossiles des souks d’Oued Zem et d’Erfoud à des prix très bas, qu’ils revendent ensuite à des prix bien supérieurs lors d’événements internationaux, dans les bourses de fossiles à l’étranger, ou en ligne, multipliant ainsi leur valeur par cinq ou dix.  Également, une quantité non négligeable de fossiles sort illégalement exportés du pays, alimentant les profits des réseaux de trafic illicite de fossiles.

De nouvelles espèces, rares et précieuses, font régulièrement leur apparition dans le souk d’Oued Zem. Le bouche à oreille est particulièrement efficace dans ce milieu réservé et permet aux grands acheteurs et aux chercheurs d’être rapidement informés de ces découvertes. Les sommes en jeu peuvent être considérables, dépassant aisément les 100.000 dirhams pour les spécimens les plus exceptionnels.

Le souk d’Oued Zem est devenu un lieu incontournable pour les paléontologues. Il s’est transformé au fil du temps en une véritable mine de paléontologie, offrant une alternative efficace aux fouilles officielles menées par les paléontologues. Contrairement à ces dernières, qui sont limitées dans le temps, le souk d’Oued Zem assure une prospection quasi continue tout au long de l’année.

Plusieurs artisans et professionnels confirment que les récentes découvertes, notamment celle d’un dinosaure à bec de canard, ont été réalisées par des équipes scientifiques au souk d’Oued Zem. En effet, de nombreux paléontologues visitent régulièrement ce marché et, grâce à leurs connaissances spécifiques, sont en mesure de repérer des fossiles de nouvelles espèces, qui passent souvent inaperçus aux yeux des fouilleurs.

Maîtrisant parfaitement les nouvelles technologies, la nouvelle génération de fouilleurs s’est massivement tournée vers la vente en ligne, notamment via les réseaux sociaux et des plateformes spécialisées comme Etsy et eBay. Cette transition leur permet de générer des revenus plus importants et rapidement.

 

On trouve sur ces plateformes des ventes archivées de squelettes de mosasaures pouvant atteindre 700.000 DH pour un squelette complet, entre 30.000 et 80.000 dirhams pour un crâne de mosasaure, et de quelques dizaines à quelques centaines d’euros pour les dents de mosasaures. Cependant, l’authenticité de ces pièces et le respect de la réglementation en vigueur par ces jeunes vendeurs restent incertains.

A SUIVRE…

L’artisanat marocain en force au salon « Maison et Objet » de Paris

Avec la présence de Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, le Maroc a dévoilé des produits, alliant tradition séculaire et innovation contemporaine, qui ont captivé un public international d’acheteurs, indique un communiqué du ministère du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire.

« La France est déjà le deuxième importateur d’artisanat marocain, mais le potentiel de croissance reste considérable. En effet, les tendances actuelles révèlent un engouement croissant des Français pour les produits marocains. Pour développer ce marché, nos artisans doivent renforcer leur présence digitale et physique dans les salons professionnels, et adapter leurs créations aux tendances actuelles tout en préservant leur authenticité. Nous sommes pleinement engagés à les accompagner dans ces démarches, qui prendront une ampleur nouvelle dans le cadre de la feuille de route de l’artisanat », a déclaré Fatim-Zahra Ammor, citée dans le communiqué.

Pour cette édition, huit entreprises marocaines spécialisées dans diverses filières de l’artisanat ont exposé dans un pavillon de 180 m² spécialement aménagé par la Maison de l’Artisan, souligne le communiqué.

Il s’agit de Arthubatelier (vasques en céramique et objets décoratifs en zellige), Bouamrani Creation (mobilier design), Doum (luminaires, bougies et objets décoratifs) Maison Ashoosh (art de la table et objets décoratifs en poterie et céramique), Milsouls (luminaires, objets décoratifs et objets d’art de la table en rafia), Noun Design (Meubles et accessoires), Sania (objets décoratifs en poterie) et Studio LID (tapis rural fait main).

En marge du salon, Fatim-Zahra Ammor, accompagnée de Tarik Sadik, directeur général de la Maison de l’Artisan, a mené des réunions de travail avec des opérateurs internationaux, dont des représentants de l’enseigne « Maisons du Monde », pour explorer un partenariat commercial qui faciliterait l’accès des artisans marocains à un vaste réseau de distribution en France, ajoute la même source. Elle a également rencontré Guillaume Prot, directeur du salon Maison et Objet, pour renforcer la visibilité du Pavillon Maroc, ainsi que Stéphane Galerneau, président d’Ateliers d’Art de France, l’organisation qui regroupe les artisans d’art en France, pour initier des projets conjoints valorisant le savoir-faire artisanal marocain.

Première réunion du Conseil national de l’artisanat

Cette stratégie vise à relever les défis du secteur, y compris la conservation du patrimoine, la généralisation de la couverture sociale, le renforcement du rôle des chambres d’artisanat, le développement des coopératives, la formation professionnelle, l’approvisionnement en matières premières, la commercialisation et la valorisation des exportations, souligne le département du chef du gouvernement dans un communiqué.

Le Conseil national de l’artisanat, institué par la loi 50.17, entrée en vigueur en 2022 pour régir et moderniser l’exercice des activités artisanales, marque ainsi « une étape cruciale » dans la stratégie nationale de développement de l’artisanat, explique le département du chef du gouvernement. Et de préciser que la mission principale de cette entité est de proposer des mesures concrètes visant à dynamiser, moderniser et développer ce secteur afin d’améliorer la compétitivité des artisans et leurs conditions socio-économiques, tout en préservant le riche patrimoine artisanal du Royaume.

Lors de cette réunion, Aziz Akhannouch a souligné l’importance stratégique de l’artisanat pour l’économie nationale, rappelant le rôle essentiel de ce secteur, qui représente un atout majeur pour le tourisme, dans l’identité culturelle marocaine, note le communiqué. Le chef du gouvernement a, par là-même, affirmé l’engagement ferme du gouvernement à soutenir et développer ce secteur, en ligne avec les hautes orientations du Roi Mohammed VI, poursuit la même source.

De son côté, la ministre du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, citée dans le communiqué, a exposé un bilan détaillé des chantiers-phares lancés par le gouvernement depuis 2021 dans le secteur de l’artisanat, mettant en exergue l’accélération de la mise en œuvre de la loi 50.17, avec la publication de ses textes d’application, ainsi que le lancement réussi du Registre national de l’artisanat, qui a permis l’inscription de plus de 400.000 artisans ainsi que l’enregistrement de 647.000 artisans à l’Assurance maladie obligatoire, une avancée majeure pour le secteur, détaille le communiqué.

Le Conseil national de l’artisanat se veut une plateforme collaborative, réunissant l’ensemble des parties prenantes du secteur : organismes professionnels, établissements publics, départements ministériels, experts et représentants des artisans. Cette synergie permettra d’identifier des pistes de progrès, de proposer des solutions innovantes, d’élaborer les mesures législatives et réglementaires nécessaires et de coordonner les actions pour un développement harmonieux et durable du secteur.

Lancement de la 1re vague de programmes d’appui à la compétitivité des artisans

Le ministère du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire et la Maison de l’artisan ont lancé la première vague des trois programmes d’appui à la compétitivité des artisans, annoncés en décembre 2023.

Un premier groupe de 103 artisans sélectionnés suivront plusieurs formations théoriques et ateliers pratiques dans des domaines clés comme la recherche et développement, l’accès au marché, le financement, la productivité et la digitalisation, et ce jusqu’en décembre 2024, indique un communiqué du ministère.

Sept partenaires de renom sont engagés dans la mise en œuvre de ces programmes, souligne la même source, précisant que la fondation internationale Label Step guidera la labellisation des artisans de la filière du tapis pour accroître leur renommée à l’échelle mondiale, tandis que l’Académie des arts traditionnels et le Centre technique du textile et de l’habillement offriront des formations techniques pour renforcer les compétences des artisans.

L’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), quant à elle, apportera son expertise en recherche et développement, en mobilisant ses laboratoires de recherche au profit de certaines filières artisanales.

De son côté, l’Association marocaine des exportateurs (Asmex) facilitera l’expansion des artisans sur les marchés internationaux, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives de commercialisation pour leurs créations, et « Start Up Maroc » accueillera de jeunes entreprises artisanales pour un programme d’incubation focalisé sur leur transformation digitale.

Enfin, 8 artisans triés sur le volet suivront un programme de résidence au prestigieux Faenza Ceramic Center en Italie, portant notamment sur les techniques d’émaillage, de cuisson et d’amélioration de la qualité des produits de poterie/céramique.

Pour la prochaine vague, l’appel à candidatures sera lancé à la fin de l’année en vue d’un démarrage du programme au début de 2025.

« Notre engagement pour l’artisanat vise la modernisation globale du secteur tout en préservant son authenticité unique. Ceci nécessite impérativement un renforcement de la compétitivité des artisans », a déclaré la ministre du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, citée dans le communiqué. « Nous adoptons pour ce faire une approche inclusive, qui cible aussi bien les artisans individuels que ceux évoluant au sein d’entreprises d’artisanat », a-t-elle précisé, notant que ces programmes, avec des partenaires prestigieux, permettront d’accroître significativement leur capacité d’innovation, de production et de commercialisation autant localement qu’à l’international.

Pour relever les nouveaux défis posés par la concurrence croissante et les évolutions des modes d’achat et de consommation, tant sur le plan national qu’international, le ministère du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, en partenariat avec la Maison de l’artisan, avaient initié en décembre 2023 trois ambitieux programmes nationaux, à savoir le programme d’excellence, le programme d’accompagnement à l’export et le programme d’accompagnement des agrégateurs.

Le programme d’excellence cible, dans une première étape, les filières « Tapis » et « Poterie & Céramique ». Il permettra de structurer les unités de production en les accompagnant sur tous les maillons de la chaîne de valeur.

Le programme d’accompagnement à l’export accompagne, quant à lui, les opérateurs pour accéder aux marchés internationaux, tandis que le programme d’accompagnement des agrégateurs renforce les capacités d’agrégation pour améliorer la capacité de production et de commercialisation des artisans individuels.

(Avec MAP)

« Trésors des arts traditionnels marocains » : vers la préservation de 32 métiers menacés

La ministre du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, a présidé, mercredi 20 mars, le 2e comité de pilotage du « Trésors des arts traditionnels marocains ».

A l’occasion de la tenue de ce comité, la ministre a réitéré « l’engagement de son département à réussir cette 2e édition et à atteindre à terme l’objectif fixé de préservation et transmission de 32 métiers menacés », indique un un communiqué du ministère.

Ce 2e comité de pilotage, instance de gouvernance principale du programme, a rappelé les résultats de la première édition, ayant permis en 2023 de sélectionner six maîtres artisans émérites représentant des métiers emblématiques tels que la Blousa Oujdia, les Selles Brodées, la Lutherie, le Zellige de Tétouan, le Tissage des tentes et la Broderie de Salé. Les six maîtres artisans ont pu partager leur expertise avec 57 apprentis, dont 72% de femmes, précise la même source.

Par ailleurs, le comité a examiné les recommandations pour accompagner ces jeunes apprentis, notamment en les organisant en coopératives, en les aidant à trouver des locaux équipés, en les formant pour accéder au financement et en les accompagnant pour participer à des foires et salons internationaux.

Compte tenu du succès rencontré lors de l’édition précédente, il a été décidé d’augmenter le nombre de métiers pour cette 2e édition à 10 au lieu de 6 initialement prévus.

Ainsi, le comité de pilotage a statué sur différents métiers, à savoir le pisé, la vannerie du Sud, le caftan rbati, le Tataoui, le deg essouiri, le soufflet, le feutrage de laine, le pouf en cuir brodé, le cuir Ziouani, et la céramique de Meknès.

Les prochaines étapes concerneront dans un premier temps, l’identification des 10 maîtres artisans et 100 apprentis pour ensuite passer à l’étape de formation, relève le ministère.

Signature de trois conventions de partenariat pour l’accompagnement des artisans marocains

Ces conventions signées dans le cadre de la Semaine nationale de l’artisanat (SNA) ont pour objectif de soutenir la compétitivité des acteurs de l’artisanat.

Les deux premières conventions ont été paraphées par la ministre du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, le directeur général de la Maison de l’artisan, Tarik Sadik, et le directeur général du groupe Barid Al-Maghrib, Amin Benjelloun Touimi.

La première vise à améliorer la performance opérationnelle des acteurs du secteur de l’artisanat marocain, notamment par la promotion des exportations vers les marchés internationaux. Elle porte principalement sur la mise en place d’une tarification préférentielle au profit des acteurs de l’artisanat marocain.

La deuxième convention concerne, quant à elle, l’émission d’une série de timbres-poste dans le cadre des programmes philatéliques de Barid Al-Maghrib, à partir de 2024, en vue de promouvoir et de mettre en valeur la richesse du patrimoine artisanal marocain et du savoir-faire exceptionnel de ses artisans.

Conclue entre le ministère du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, la Maison de l’artisan et l’Organisation mondiale du commerce équitable, la troisième convention vise à faciliter les opérations d’exportation des produits artisanaux marocains.

Premier contrat d’application de la feuille de route du tourisme pour la région Fès-Meknès

Le contrat d’application de la feuille de route du tourisme pour la région Fès-Meknès a été signé, ce mardi 30 janvier à Fès, entre le ministère du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, la wilaya et le conseil de la région Fès-Meknès, ainsi que la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT).

Ce contrat d’application Fès-Meknès englobe plusieurs programmes importants, incluant un projet locomotive, des initiatives d’animation, des développements d’hébergement, un plan marketing et aérien dédié, ainsi que des projets transversaux.

Il s’agit du premier contrat d’application régional signé dans le cadre du déploiement de la feuille de route du tourisme.

Une fois réalisés, ces projets permettront de valoriser significativement l’offre touristique de la région, en vue d’atteindre l’objectif ambitieux de 800.000 touristes à l’horizon 2026.

« Aujourd’hui nous franchissons une nouvelle étape dans la mise en œuvre de cette feuille de route audacieuse qui, d’ailleurs, commence déjà à porter ses fruits », a souligné la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor.

Elle a également procédé à la signature de deux accords avec l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, portant sur la collaboration dans la recherche, la formation technique et la formation en langues étrangères au profit des artisans.

En marge de la signature de ces accords, la ministre a lancé plusieurs chantiers dans le secteur de l’artisanat, notamment l’inauguration de l’Institut spécialisé des arts traditionnels (ISAT) de Fès, fruit d’un projet de réhabilitation et d’extension réalisé avec le soutien du fonds « Charaka » du Millennium Challenge Corporation (MCC).

Cette journée a également été marquée par le lancement de la formation des jeunes autistes dans le domaine de la poterie et de la céramique, ainsi que la remise de certificats des marques collectives de certification pour les métiers de la poterie « Madmoun » et du zellige « Zellige Fès » au profit des artisans de la ville de Fès.

Une visite au Centre de formation et de qualification dans les métiers de l’artisanat Al Batha a également été entreprise, soulignant son rôle crucial dans la formation, à date, de plus de 6.500 apprentis.

A cette occasion, la ministre a remis des wissams royaux à un groupe d’artisans en reconnaissance de leur contribution à la préservation du patrimoine marocain.

(Avec MAP)

Artisanat : un record de 984 MDH d’exportations à fin novembre 2023

« Les actions de promotion, les partenariats commerciaux stratégiques que nous avons signés ainsi que la mobilisation de tous les partenaires publics et privés ont porté leurs fruits », s’est félicitée la ministre du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, dans son discours d’ouverture à l’occasion de la tenue du conseil d’administration (CA) de la Maison de l’Artisan, mercredi 27 décembre.

« L’accent sera mis sur le renforcement des actions commerciales et promotionnelles ainsi que sur l’amélioration de la compétitivité des acteurs afin d’accélérer les exportations », a ajouté la ministre citée dans un communiqué de son département.

Pour sa part, le directeur général de la Maison de l’Artisan, Tarik Sadik, a présenté les principales réalisations au titre de l’année 2023, dont notamment le lancement des programmes d’appui conçus pour améliorer la compétitivité d’une large frange d’artisans. Il s’agit du programme d’accompagnement des exportateurs, du programme d’accompagnement des agrégateurs et du programme des centres d’excellence.

Par ailleurs, le conseil d’administration s’est enquis de l’état d’avancement du déploiement du dispositif de Market Intelligence ainsi que du « Baromètre des exportations de l’artisanat marocain » qui permettent de mieux cerner la demande des marchés et d’identifier les principales tendances du secteur, afin de rester en adéquation avec les évolutions du marché mondial.

Les membres du CA ont également pris acte de l’état d’avancement du déploiement du programme d’urgence pour l’accompagnement des artisans impactés par le séisme d’Al Haouz, et des orientations du plan d’action de la Maison de l’Artisan pour l’année 2024. Ils ont aussi adopté le budget de l’établissement au titre de la même année.

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